La junte militaire de Moroni, le pouvoir séparatiste de l'île d'Anjouan et l'opposition aux Comores se sont entendus sur un accord de réconciliation destiné à mettre fin à la double crise séparatiste, née de l'indépendance unilatérale d'Anjouan en 1997, et institutionnelle, après le coup d'Etat à Moroni en 1999.
-1997-
3 août:
Déclaration unilatérale de l'indépendance d'Anjouan.
5 août: Les
séparatistes élisent Abdallah Ibrahim président de l'"Etat
d'Anjouan".
11 août: Les
séparatistes de Mohéli proclament l'indépendance de leur île, qui réintégrera
le gouvernement central en 1998.
3-5
septembre: L'armée fédérale débarque à Anjouan pour y rétablir l'ordre.
L'intervention échoue devant la résistance des séparatistes: un militaire tué
selon le gouvernement, une quarantaine selon les séparatistes. Plus de 80 sont
faits prisonniers.
9 septembre:
Le président comorien Mohamed Taki Abdoulkarim assume les pleins pouvoirs.
26 octobre:
Les séparatistes organisent un référendum qui, affirment-ils, se solde par
99,47% de "oui" à l'indépendance.
10-13
décembre: Echec d'une conférence de réconciliation sous l'égide de
l'Organisation de l'unité africaine (OUA).
-1998-
25 février:
Les Anjouanais adoptent une constitution séparatiste, qui déclare
l'indépendance de l'île et met en place de nouvelles institutions.
9 novembre:
Tadjidine ben Saïd Massounde, devenu président comorien par intérim après le
décès de Mohamed Taki Abdoulkarim, appelle à l'unité des Comores. Le 10, les
séparatistes affirment que l'indépendance d'Anjouan est
"irréversible", mais se déclarent favorables à "l'établissement
de liens entre Etats indépendants".
26 novembre:
Le "président" Abdallah échappe à une tentative d'assassinat.
5-12
décembre: Violences entre séparatistes rivaux à Anjouan, où la tension qui
règne depuis des mois se transforme en mini-guerre civile: plusieurs dizaines
de morts et blessés.
-1999-
19-23 avril:
Conférence inter-îles à Antananarivo (Madagascar), sous l'égide de l'OUA, pour
tenter de mettre fin à la crise d'Anjouan. Les représentants de la Grande
Comore et Mohéli signent un accord créant l'Union des îles Comores, un futur
Etat doté d'une large autonomie et dont les institutions doivent se mettre en
place d'ici un an.
26-27 avril:
Manifestations, parfois violentes, contre la communauté anjouanaise de Grande
Comore.
30 avril:
L'armée, dirigée par son chef d'état-major, le colonel Azali Assoumani, prend
le pouvoir à Moroni. Le 6 mai, il prête serment comme chef de l'Etat sur une
constitution qu'il a lui-même promulguée.
18 mai:
Reprise de la guerre des clans séparatistes anjouanais.
1er juillet:
Le colonel Azali Assoumani et le représentant des séparatistes anjouanais, le
lieutenant-colonel Saïd Abeid Abderamane, s'engagent à "oeuvrer ensemble
pour une solution durable à la crise".
3 août: Le
"président" Ibrahim termine son "mandat" et désigne le
lieutenant-colonel Abeid Abderamane comme "coordinateur national", à
la tête d'un "comité exécutif" qui fait office de gouvernement.
4 sept:
Interpellation de leaders de l'opposition au lendemain de manifestations à
Moroni.
3-5 sept:
Combats de rues à Mutsamudu, "capitale" d'Anjouan, qui s'achèvent par
l'exil forcé d'un chef de milice anti-séparatiste vers l'île voisine de
Mayotte.
7
septembre : Le « coordinateur national et les délégués
généraux » ont signé un décret interdisant de séjour sur le territoire
d’Anjouan pendant un an en attendant une décision définitive de la
« justice » : Ahmed Fouad, Wakidou Bourhane, Zainou Mouhdine,
Ibrahim Charif, Saïd Ali Chahalane, Djaffar Salim, Milka Mahmoud et Daniel
Hoaro.
25
sept. :Le secrétaire général de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA),
Salim Ahmed Salim, a rencontré à Addis Abeba des représentants de partis
politiques des Comores pour évoquer de la médiation dans la crise séparatiste
de cet archipel de l'Océan indien. L'OUA, qui n'a pas reconnu le nouveau
pouvoir, continue de réclamer un "retour à l'ordre constitutionnel" à
Moroni, selon le communiqué.
8
novembre : 21 partis politiques comoriens signent le Manifeste pour une
sortie de la crise comorienne.
3 décembre:.
Le 2ème sommet de la Commission de l'Océan indien (COI) a adopté vendredi à
Saint-Denis une déclaration finale exprimant son "attachement à l'unité et
à l'intégrité territoriale" de la République fédérale islamique des
Comores et demandant le "rétablissement de l'ordre constitutionnel".
La COI a invité "la partie anjouanaise à signer rapidement l'accord
d'Antananarivo, cadre approprié pour le règlement pacifique de la
crise". Le "président"
Abeid appelle à une "médiation" de plusieurs organisations
Internationales pour régler la crise
17
décembre : Le colonel SAID ABEID en compagnie d'ABDALLAH MOHAMED, SAINDOU
CHEI et de IBRAHIM BACHIR ont quitté le port de Mutsamudu vendredi 17/12/99
locale à destination de Mayotte. Arrivée au port de Dzaoudzi ABDALLAH MOHAMED
et SAINDOU CHEI possédant des laissée-passées de « l'état
d'Anjouan » sont interdits de descendre à Mayotte par manque de visa. Ils
ont repris le bateau en compagnie 53 expulsés.
21 décembre:
L'OUA et une dizaine de pays africains réunis à Pretoria somment la junte de
ramener "l'ordre constitutionnel" dans l'archipel. Ils exigent
qu'Anjouan signe d'ici le 1er février 2000 l'accord d'Antananarivo.
24 décembre
le pouvoir séparatiste décide de dissoudre toutes les organisations syndicales.
25
décembre : La Fondation anjouanaise des Droits de l'Homme (FADH), ONG
reconnue par la FIDH et le PNUD a dénoncé dans un communiqué la dissolution des
organisations syndicales et demande aux chefs séparatistes de revenir sur leurs
décisions de violation des Droits de l'Homme et des libertés démocratiques.
31 décembre:
Le chef séparatiste Abeid critique l’accord d’Antananarivo, qui, affirme-t-il,
risque de faire revenir Anjouan "sous l'autorité de Moroni et des Grands
Comoriens".
L’Organisation de l'unité africaine
(OUA) a décidé d'imposer aux dirigeants séparatistes anjouanais des sanctions
portant sur leurs déplacements et leurs finances, a annoncé mercredi 2 février
2000 un communiqué de l'organisation panafricaine publié à Pretoria.
Le gouvernement comorien a dressé une
liste de 88 séparatistes anjouanais "frappés d'interdiction de
voyage" au sein de l'archipel des Comores et vers l'étranger, conformément
à des mesures préconisées par l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA).
Cette liste figure dans une note circulaire (n°00/38
MI) signée du ministre comorien de l'Intérieur, Mohamed Abdou Soimadou, a
indiqué à l'AFP une source proche des autorités.
« La France ne reconnaît pas le
gouvernement qui est issu de la prise de pouvoir du colonel Azali. Au sommet de
la COI, les Comores étaient représentées par un fonctionnaire. Nous ne pouvons
que souhaiter que les Comores retrouvent la stabilité des différentes îles qui
les composent. » a déclaré le 17/2/00 Jean-Jack Queyranne, le secrétaire
d’Etat français chargé de l’Outre-mer.
-2000-
23 jan: Un référendum organisé et étroitement
contrôlé par les séparatistes rejette à 94,47% la signature de l'accord
d'Antananarivo.
1er fév et 20 mars: L'OUA impose des sanctions
aux dirigeants séparatistes anjouanais.
26 août: Le chef de la junte à Moroni et le
chef des séparatistes anjouanais signent à Fomboni (Mohéli) un accord de réconciliation
prévoyant la mise en place d'un "nouvel ensemble comorien".
19 nov: Saïd Abeid Abderemane nomme les
membres d'une nouvelle assemblée législative à Anjouan, remplaçant la Chambre
des députés qu'il avait dissoute le 10 octobre, après que ses membres eurent
refusé une prolongation de son mandat présidentiel.
10 déc: A Moroni, le nouveau Premier ministre,
Ahamada Madi "Boléro", forme un gouvernement composé uniquement de
partisans de la junte.
Une mission de l’OUA dirigée par Mr Madeira a
séjourné à Moroni du 10 au 16 pour évaluer les conditions d’un rapprochement
entre les différentes parties comoriennes.
30 déc : Des ministres d'Afrique australe
et orientale ont décidé samedi d'envoyer une mission de l'Organisation de
l'Unité Africaine (OUA) aux Comores début janvier pour mettre fin à la crise
sécessionniste et constitutionnelle qui affecte cet archipel de l'Océan indien.
-2001-
1 janv : Les "députés" de
l'ancienne "Assemblée Nationale" d'Anjouan ont adressé un message au
chef du pouvoir séparatiste de l'île, le lieutenant-colonel Said Abeid
Abdérémane, pour lui annoncer que son "mandat de chef d'Etat prenait fin à
compter du 1er janvier 2001 à 0 heure".
5 jan: L'ancien Premier ministre comorien
renversé Abbas Djoussouf affirme que l'opposition a soumis au pouvoir militaire
une proposition de "solution globale de sortie de crise" avec pour
objectif de "doter l'archipel d'institutions démocratiquement élues".
7 janvier : Une mission de l’OUA composée
de hauts fonctionnaires des pays de la région et de la Troïka de l'Organe
central de l'OUA.est arrivée à Moroni pour poursuivre les négociations.
Elle est dirigée par le Mozambicain José Francisco Madeira Caetano, envoyé
spécial pour les Comores du Secrétaire général de l'OUA, Salim Ahmed Salim.
10 jan : Une mission de l'Organisation de
l'Unité Africaine (OUA) est arrivée mercredi 10 janvier dans l'île séparatiste
d'Anjouan pour la première fois depuis un an.
11 jan. : Le chef de la mission de
l'Organisation de l'unité africaine (OUA) aux Comores a salué dans l'île
séparatiste d'Anjouan le processus de "réconciliation nationale
engagé" dans l'archipel.
13 jan : Le colonel Abeid déclare à la
presse que l’OUA est venue constater l’indépendance de l’ïle d’Anjouan.
14 janv : Le chef du pouvoir séparatiste
de l'île comorienne d'Anjouan, le lieutenant-colonel Saïd Abeid Abdérémane, a
réclamé à l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) la "levée
officielle" de l'embargo imposé le 1er février 2000 mais qui demeure
presque sans effet depuis août dernier.
16 janv : La mission de médiation de
l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) effectue une seconde visite sur l'île
séparatiste d'Anjouan pour présenter à ses dirigeants un projet d'accord visant
à mettre fin à la crise
23 janv. : Le projet d'accord de
l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) sur les crises séparatiste et
constitutionnelle aux Comores est accueilli favorablement sur l'île séparatiste
d'Anjouan mais se heurte à des blocages de la junte à Moroni
27 janv. : L'organisation internationale
de la Francophonie (OIF) est optimiste sur l'imminence d'un accord dans la
crise séparatiste et institutionnelle aux Comores, a déclaré son envoyé spécial
André Salifou.
28 janv. : Des représentants des trois
îles comoriennes se sont réunis à Anjouan, dans le cadre d'une commission mise
en place par le régime militaire de Moroni et par le pouvoir séparatiste
anjouanais.
2 fév. : La mission de médiation dans la
double crise séparatiste et institutionnelle comorienne a quitté Moroni vendredi
2 février matin pour se rendre une
nouvelle fois dans l'île séparatiste d'Anjouan
2 fév. : Une émissaire de la Ligue des
Etats arabes est arrivé à Moroni pour "pour constater l'évolution de la
Commission Tripartite",
6 fév. : Des incidents ont opposé, dans
la nuit de lundi à mardi 6 février, des manifestants aux forces de l'ordre sur
la route menant de l'aéroport de Ouani à Mutsamudu, la "capitale" de
l'île indépendantiste d'Anjouan. Les irréductibles du mouvement séparatiste
Abdallah Mohamed, Bagoulam et Saindou Chei veulent par cette action empêcher
une délégation de l’OUA de se rendre à Anjouan.
8 fév. : Plusieurs personnes ont été
arrêtées sur l'île séparatiste comorienne d'Anjouan. Le secrétaire d'Etat à
l'Information du gouvernement anjouanais, Ali Soubira, a appelé la population
au calme, affirmant que les autorités garantissaient "la paix et la
sécurité
11 fév. : Le mercenaire français Daniel
Clérino, dit l'"Ange", a été discrètement libéré et a pris
immédiatement l'avion pour l'île de la Réunion d'où il est originaire
15 fév : Réunion houleuse pour finaliser
l’accord cadre. L'évocation du sort de l'île de Mayotte, quatrième île de
l'archipel, restée française, a provoqué des remous, selon plusieurs
participants. L'ambassadeur de France à Moroni, Jean-Pierre Lajaunie, qui
représentait l'UE à la réunion, a quitté la salle temporairement quand des
délégations ont revendiqué Mayotte à l'évocation du tracé des frontières des
Comores.
16 fév. : La junte militaire de Moroni,
le pouvoir séparatiste de l'île d'Anjouan et l'opposition aux Comores se sont
mis d'accord sur le texte définitif d'un accord de réconciliation destiné à
mettre fin à la crise séparatiste et institutionnelle, a annoncé vendredi un
représentant de l'Organisation de l'unité africaine (OUA).