
EDITION ELECTRONIQUE : LGDC
édition n°114 du 19 avril 2002
Editorial : Non, pas ça !
Les locaux du Programme des
Nations Unies, pour le Développement, viennent d'être victimes d'un incendie
vraisemblablement d'origine criminelle. En s'attaquant au PNUD, les auteurs de
cet acte odieux, ont voulu, comme on peut aisément l'imaginer, s'en prendre à
l'Organisation qui avait la charge de superviser un processus électoral jugé
" chaotique " et par la même occasion exprimer sans doute leur
mécontentement à une Communauté Internationale accusée de " partialité
".
Il est vrai que l'appui
organisationnel des élections fourni par l'APEC, une émanation du PNUD, s'est
révélé défaillant. Il est vrai aussi que certaines prises de position de
représentants de la communauté internationale sont contestables. Mais rien ne
saurait justifier le recours à des tels actes. Rien, jamais en effet, ne vaudra
la paix et la concorde dans notre pays. Le recours à la violence, on sait où il
commence, on ne sait pas où il finit. N'oublions pas que la seule véritable
richesse que possède notre pays, réside, dans la paix et l'hospitalité
légendaire du peuple comorien. Nos belles îles restent encore un des rares
endroits de la planète des hommes où l'on peut circuler à n'importe quelle heure
de la nuit sans se faire agresser. Pourvu qu'au-delà des aléas politiques du
moment, notre peuple sache préserver cette oasis de paix.
Doit-on rappeler aux auteurs de
cet attentat que, malgré ses nombreuses imperfections, l'ONU et le Système des
Nations Unies qui la compose constituent sans nul doute, l'instrument
privilégié qui forge cette Communauté Internationale en gestation ? Malgré un
Conseil de Sécurité confisqué par les Grands de ce monde (le drame actuel du
peuple palestinien est là pour nous le rappeler), le "machin" reste
tout de même une tribune et une garantie pour les petits pays comme le nôtre.
Est-il nécessaire de souligner le rôle ô ! combien inestimable joué par
l'Organisation Mondiale dans la décolonisation ?
Si dans notre pays des représentants
d'Institutions Internationales affichent un comportement qui n'est pas conforme
aux idéaux des organisations dont ils sont les représentants, apprenons tout de
même à discerner la paille du grain. La " guerre de la salive " vaut
nettement mieux que celle des armes !
Said Omar Allaoui
Présidentielle de l’Union : Les résultats ne sont pas
homologués
Le second tour de la présidentielle de l'Union a été
maintenu à la date du 14 avril, malgré les appels au boycott lancés par les
candidats Mahamoud Mradabi et Said Ali Kémal, estimant que les conditions d'une
élection démocratique et transparente n'étaient pas réunies. La Commission
nationale électorale indépendante et d'homologation (CNEIH), avait sorti un
communiqué suite à une décision prise en Assemblée Générale le 10 avril pour
demander un report du scrutin, à une date postérieure à l'élection de
l'exécutif des îles, conformément à l'ordre chronologique de mise en place des
institutions, initialement établi par l'Accord-cadre du 17 février 2001.
Mais, curieusement, ce même communiqué de la CNEIH sera
démenti deux jours plus tard par la déclaration radiodiffusée du secrétaire
général de cette même structure, Ahmed Haliba, un proche de la mouvance du
colonel Azali. Finalement, l'élection s'est déroulée sans la participation de
deux des trois candidats en lice. A la Grande-Comore, de nombreux bureaux de
vote n'ont pas ouvert dans différentes régions et localités, notamment dans le
Bambao et le Badjini. Dans la capitale la majorité des bureaux de vote sont
restés closes. A Iconi, sur 7 bureaux, un seul avait ouvert dans le domicile du
Directeur général de l'Aviation civile. On estime le taux de participation à
moins de 20%. Pour Anjouan et Mohéli ce taux n'atteindrait pas 15% selon des
sources concordantes. Il est à relever aussi des incidents ayant fait cinq
blessés. Dans la plupart des bureaux qui ont fonctionné, seuls les bulletins du
candidat Azali étaient disponibles, ceux des deux autres candidats étant
retirés.
Tard dans la soirée, le quartier général d'Azali annonçait
déjà la victoire, avec 56256 voix sur 56256 suffrages exprimés en
Grande-Comore, soit un score de 100%, qualifié le lendemain par RFI de "
digne d'un maréchal ". Des chiffres provisoires fournis par le ministère
de l'Intérieur, et relayés par la radio nationale. Du jamais vu de mémoire d'un
électeur comorien. S'adressant à ses partisans, le colonel-candidat savoure
cette victoire comme étant " celle de la volonté de changer ".
Azali félicité avant les résultats
Et sans attendre la publication des résultats officiels, les
messages de félicitations sont lus à la radio par des commentateurs qui ne
tarissent pas déloges à l'endroit de l'auteur du putsch du 30 avril 1999,
aujourd'hui "légitimé par les urnes ". Et déjà les préparatifs vont
bon train pour l'investiture officielle du candidat élu. Mais c'est surtout le
communiqué des observateurs internationaux, rendu public le mardi 16 avril, qui
jette le trouble, en déclarant que l'élection s'est déroulée dans le calme. Or,
pour leur part, les observateurs nationaux ne partagent pas ce jugement, et
soutiennent que les conditions d'un scrutin transparent n'étaient pas réunies.
C'est ainsi que l'atmosphère se réchauffait dans les
quartiers généraux des candidats Mradabi et Kémal, où l'appel à la mobilisation
des militants est lancé pour rejeter toute décision de validation de ce qu'ils
qualifient de " hold up électoral ". Pourtant, du coté de la
Sous-commission d'homologation, dont on attendait jusqu'à hier jeudi après-midi
la validation des résultats, c'est la surprise générale. Aucune décision n'a
été prise dans le sens d'une validation du scrutin du 14 avril, car le débat
fut, semble-t-il, très houleux, entre ceux qui voulaient malgré tout
l'homologation des résultats d'une part, et ceux qui s'y opposaient, estimant
que les conditions d'un scrutin équitable n'étaient pas réunies, conformément
au code électoral, notamment les articles 7, 14, 18 et 22, relatif à la
désignation des membres des bureaux de vote qui sont choisis 5 jours avant le
scrutin.
Siégeant à Anjouan en chambre constitutionnelle, depuis le
lundi, les neuf membres de la Sous-commission d'homologation estiment qu'après
l'acceptation par la Cneih de la demande de retrait des bulletins des candidats
Mradabi et Kémal, à la demande des intéressés, il ne serait pas honnête de
comptabiliser ces bulletins dans le décompte des suffrages exprimés. Ce qui
s'est donc traduit par le résultat phénoménal de 100% en faveur de l'unique
candidat Azali Assoumani, en Grande-Comore, à Anjouan et à Mohéli.
Suite à cet imbroglio politico-juridique, une Assemblée
générale élargie aux 27 membres de la Cneih s'est tenue hier jeudi, pour tenter
de débloquer la situation. Mais là encore, aucune solution de compromis ne
s'est dégagée. D'où le recours au Comité de suivi, qui doit se réunir
rapidement en session extraordinaire " pour arbitrer ", en vertu du
point 27 de l'Accord-cadre, et " non pour homologuer ", selon un
membre de la Cneih qui a requis l'anonymat. La présence de la Coordination du
comité de suivi assurée par l'OUA pourrait contribuer à trouver une issue
acceptable pour toutes les partie.
SOE.
Bureaux du système des Nations unies : Un incendie
d'origine criminel
Le mercredi 17 avril, vers 19 h 30, un incendie s'est déclenché
dans l'enceinte de la Maison des Nations unies à Moroni, dans le quartier de
Hamramba. Cet acte d'origine criminel a consisté à incendier le groupe
électrogène installé à l'arrière des bâtiments, dans un abri en dure de 3m2.
L'auteur a d'abord sectionné le grillage qui entoure l'ensemble des bâtiments,
pour pouvoir y pénétrer sans se faire repérer par le service de sécurité. Il a
ensuite aspergé d'essence le groupe électrogène qui a immédiatement pris feu.
Parmi les indices retrouvés sur place, un bidon vide qui contenait probablement
du carburant.
La gendarmerie s'est présentée sur les lieux pour faire le
premier constat. Toutes les dispositions sont alors prises afin d'éviter tout
risque de propagation des flemmes. L'incendie n'a été maîtrisé qu'au bout de
deux heures de temps. Mais force est de constater que le système interne
anti-incendie ne pouvait suffire si par malheur le feu s'était intensifié.
Le coordinateur du système des Nations unies, M. F. André
Carvalho, a d'ailleurs déploré l'absence d'une unité de sapeurs pompiers dans
la capitale. Dans un point de presse convoqué le lendemain, M. Carvalho a
affirmé ne pas connaître le mobile d'un tel acte, tout en souhaitant que toute
la lumière soit faite. Interrogé si un tel acte était lié au contexte politique
actuel aux Comores, le représentant résident du PNUD s'est contenté d'observer
" une certaine coïncidence " avec l'annonce attendue des résultats du
second tour de la présidentielle par la Commission nationale électorale indépendante
et d'homologation (CNEIH).
La proximité des bureaux du projet Appui au processus
électoral (APEC) peut-elle expliquer cet acte condamnable ? Il réfute toute
rumeur, préférant attendre les résultats des enquêtes en cours. Toutefois, M.
Carvalho a tenu à préciser que l'Organisation des Nations Unies qu'il
représente n'avait qu'un rôle de coordination technique et d'appui logistique
au processus électoral ", notamment l'élaboration d'une grille commune de
critères objectifs d'observation des élections. Et d'ajouter, suite au
communiqué controversé publié hier par les observateurs internationaux, que
" les Nations Unies n'avaient pas d'observateurs internationaux " et
donc " n'avaient pas à se prononcer sur le déroulement des élections aux
Comores ". Selon le diplomate onusien, le PNUD ne saurait être mêlé à
aucune décision prise par les organes de la transition, instances auxquelles il
ne participe pas, dit-il.
Dans la journée du mercredi, le représentant du PNUD avait
reçu dans son bureau les directeurs de campagne des candidats Mahamoud Mradabi
et Said Ali Kémal, venus lui remettre copie de leur requête en annulation du
scrutin du 14 avril, d'une part, et lui donner leur avis sur les conclusions
des observateurs internationaux. Pour M. Carvalho, l'acte commis le mercredi
soir n'empêchera pas le système des Nations Unies de " continuer sa
mission aux Comores " et qu'il appartient maintenant au gouvernement
comorien, saisi sur cette affaire, d'assumer les responsabilités qui sont les
siennes. Le représentant résident estime à 15 000 dollars le coût des dégâts
provoqués par cet incendie.
SOE
Communiqué de la mission nationale d'observation à
Ngazidja du 2nd tour des présidentielles
Au lendemain du scrutin du 14 avril, l’Observatoire national
des élections a rendu public un communiqué qui se démarque catégoriquement de
celui des observateurs internationaux. Il semblerait que cette divergence de
fond entre les deux composantes a provoqué des remous, y compris au sein de la
communauté internationale où les avis restent encore partagés sur
l’appréciation du déroulement des opérations électorales de dimanche dernier.
L’OUA aurait notamment une position plus nuancée, ce qui n’est pas le cas de
l’Union européenne, principal bailleur de fonds du processus électoral comorien.
Lire ci-après l’intégralité du Communiqué de l’Observatoire.
Sur l'accréditation renouvelée par la Commission nationale
électorale indépendante et d'homologation, l'Observatoire des élections et la
coordination des organisations de la société civile ont procédé à l'observation
à Ngazidja du 2e tour de l'élection présidentielle de l'Union des Comores du 14
avril 2002, après avoir observé le 1er tour de ce scrutin le 17 mars 2002.
La mission nationale a travaillé en collaboration avec les
observateurs internationaux dépêchés aux Comores par les partenaires bi et
multilatéraux pour participer à l'observation du second tour de l'élection
présidentielle de l'Union des Comores. A cet effet, 11 des observateurs
nationaux ont été intégrés dans les équipes coordonnées par la mission
internationale d'observation. Les autres membres de la mission nationale
étaient repartis en 8 équipes déployées sur l'ensemble des préfectures de
l'île.
La mission nationale a observé 271 bureaux de vote sur 321
officiellement recensés et a visité 33 bureaux de vote fermés dont 7 saccagés.
Elle a constaté que le scrutin s'est déroulé dans une atmosphère partiellement
tendue et a relevé des anomalies et irrégularités qui seront consignées dans le
rapport qui sera destiné aux acteurs du processus électoral.
De l'ensemble des avis exprimés par les observateurs
nationaux, il ressort que :
1. Les électeurs ont voté dans la discipline dans certaines
régions et dans d'autres, notamment à la préfecture du Centre, ils n'ont pas pu
accomplir leur devoir civique ;
2. Le taux de participation a été faible ;
3. L'absence des assesseurs de deux des trois candidats dans
les bureaux de vote ;
4. Plusieurs urnes n'ont pas été scellées ;
5. Des incidents majeurs surtout à la préfecture du centre
ont troublé le bon déroulement du scrutin ;
6. Plusieurs bureaux de vote ont ouvert tardivement après
l'heure officielle ;
7. Le déroulement des opérations de dépouillement a été
généralement acceptable en dépit de la fermeture prématurée de certains bureaux
de vote ;
Compte tenu des irrégularités majeures constatées par les
observateurs notamment les bureaux de vote fermés et saccagés, le non
scellement des urnes et la non utilisation systématique de l'encre indélébile,
la mission nationale d'observation peut estimer que les conditions d'un scrutin
transparent et acceptable dans l'île de Ngazidja n'étaient pas réunies.
Enfin, la mission nationale d'observation se félicite de
l'excellent travail conjoint réalisée avec les observateurs internationaux et
de l'accueil qui leur a été réservé tant dans les rencontres qu'à l'occasion de
leur visites dans les différents bureaux de vote.
Moroni, le 15 avril 2002.
Communiqué de la Mission internationale d'observation du
Scrutin présidentiel de l'Union des Comores
Dans le cadre de l'engagement et de l'implication de la
communauté internationale tout au long du processus de Réconciliation et de
transition dans l'Union des Comores, tenant compte de la date de la tenue du
scrutin annoncée par la Commission Nationale Indépendante et d'Homologation
(CNEIH), et en réponse à l'invitation des Autorités de la République Fédéral
Islamique des Comores, adressée à S.E.M. Amara
Essy, Secrétaire général de
l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), à S.E.M. Boutros Boutros-Ghali,
Secrétaire général de la Francophonie, à S.E.M. Wilfrid Bertile Secrétaire
général de la Commission de l'Océan Indien (COI), et S.E.M. Amir Moussa,
Secrétaire général de la Ligue des Etats Arabes, une mission internationale
d'observation a séjourné à Moroni, pendant le déroulement du scrutin
présidentiel du 14 Avril 2002.
La mission internationale était dirigée pour l'OUA par
S.E.M. Mamadou Diawara ancien ambassadeur de la République de Guinée auprès de
l'OUA, et comprenait, S.E.M. Kati Kirga ambassadeur du Togo à Addis Abeba, de
hauts fonctionnaires du Secrétariat général et des observateurs d'Afrique du
Sud
La mission de la Francophonie, pour sa part était dirigée
par Maître Saleck Ould Abdel Jelil, Premier Vice- Président du SENAT, de la
Mauritanie et composée de parlementaires et d'expert venant d'Albanie, du
Benin, de Belgique, du Cap Vert, de Cote d'Ivoire, de France, de Maurice et du
Sénégal.
Une mission financée par l'Union Européenne et Parrainée par
la COI était dirigée par Maître Renaud du Commissaire Electoral de l'Ile
Maurice, un représentant de la Réunion et des observateurs internationaux.
La mission de la Ligue Arabe quant à elle était conduite par
M Raissi Abdel Waheb, directeur au Secrétariat général de la Ligue Arabe et
comprenait en outre deux hauts fonctionnaires de la Ligue.
A la requête des
autorités de l'Union des Comores et de la Commission Nationale Electorale
Indépendante et d'Homologation (CNEIH) un Secrétariat de coopération avec l'OUA
et la Francophonie, a fait un travail considérable de préparation,
d'organisation et de coordination des activités des membres de la mission
internationale
Les quatre missions ont fondé leur observation, d'une part,
pour l'OUA, sur la Déclaration d'Addis Abeba (juillet 1990) qui consacre la
nécessité du renforcement des institutions démocratiques et de la Déclaration
de Lomé (juillet 2000) sur les changements anti-constitutionnels de
gouvernement, d'autre part, pour la Francophonie, ainsi que sur la Déclaration
de Bamako (novembre 2000), pour la COI, sur les accords de Victoria (1982),
enfin pour la Ligue des Etats Arabes, sur la Charte de la Ligue des Etats
Arabes du 22 mars 1945.
Les observateurs de l'OUA, de la Francophonie, de la COI, et
de la Ligue Arabe, ont rencontré les Autorités politiques et administratives,
les institutions impliquées dans l'organisation, la tenue et le contrôle du
scrutin présidentiel (notamment la Commission Nationale Electorale,
Indépendante et d'Homologation (CNEIH), le Chef du Gouvernement d'Union
Nationale de Transition (GUNT), l'Observatoire des Elections (observateurs
nationaux) et les partenaires au développement.
Les différentes
rencontres ont permis aux membres de la mission internationale de constater :
· le fonctionnement
satisfaisant des institutions en charge des opérations pré-électorales ainsi
que l'excellente collaboration régissant leurs relations dans le cadre de leurs
compétences respectives ;
· l'état d'avancement
des opérations préparatoires au scrutin ;
· l'assistance
effective de la mission d'Appui au Processus Electoral aux Comores (APEC) ;
· Le souhait de
certains acteurs et protagonistes du jeu politique et électoral de reporter le
second tour du scrutin présidentiel au motif d'irrégularités dans la mise à
jour du fichier électoral, et de l'existence de désaccords sur la chronologie
des élections ;
· l'assurance donnée
par la CNEIH de maintenir le second tour de l'élection présidentielle au
dimanche 14 avril 2002.
L'opération de
déploiement des observateurs internationaux commencé le jeudi 12 avril 2002,
sur les îles d'Anjouan (12 équipes) et de Mohéli (08 équipes), et s'est achevée
le samedi 13 avril 2002, sur l'île de Grande Comores (26 équipes).
Le dimanche 14 avril 2002, ils ont observé le déroulement du
scrutin présidentiel dans 474 bureaux de vote, sur un total de 534 soit :
Grande Comores : 321 sur 321 ;
Anjouan : 116 sur 176
Mohéli : 37 sur 37.
De manière convergente et sur la base d'une grille
d'observation commune, les membres de la mission internationale ont fait les
observations suivantes :
· le scrutin d'une
manière générale s'est déroulé dans un climat calme ;
Cependant des incidents divers on été rapportés dont
certains ont pu être constatés par les observateurs eux -mêmes.
· les retards dans
l'ouverture de certains bureaux de vote, en raison des contraintes liées au
délai plus ou moins long observé dans la distribution et la mise en place du
matériel électoral ;
· la grande majorité des membres des bureaux de vote ont
effectué leur travail avec sérieux et responsabilité ;
· le retrait au dernier moment de deux candidat, semble a
voir eu un certain effet sur le taux de participation électorale ;
· les bureaux de vote n'ont pas tous bénéficié de mesures de
sécurité adéquate, les électeurs comoriens ont su faire preuve de discipline et
de civisme dans l'accomplissement de leur devoir civique.
En conséquence les observateurs internationaux expriment le
souhait que le processus de réconciliation et de démocratisation en cours se
poursuive et se consolide dans la paix, la stabilité et le dialogue entre tous
les acteurs de la vie politique et sociale comorienne.
Moroni, le 15 avril 2002
Coup de théâtre au Palais de Justice : Ministère public
contre ministère de la Justice dans l'affaire du beurre périmé
On se serait cru au théâtre ce mardi17 avril, en écoutant le
réquisitoire du Ministère public dans l'affaire l'opposant à Lila Kamoula et
consorts. L'histoire en elle-même est rocambolesque et illustre assez bien
l'adage qui dit que "la justice est une toile d'araignée qui s'en prend
aux petits pour laisser passer les grands". Et le public présent dans la
salle d'audience était ébahi, d'entendre un magistrat dénoncer la main mise sur
l'indépendance de la justice et, quand les actes sont du Ministère de tutelle
"le Garde de sceau et ses compagnons", cela se passe de commentaire.
L'affaire du beurre périmée aurait pu sembler banale comme
tant d'autres affaires judiciaires qui souffrent dans les tiroirs de la justice
comorienne. Mais quand la mise en cause porte le nom de Kamoula cela change
tout, entraînant un bras de fer entre le Ministère public défendant les
intérêts des citoyens et le Ministre de la Justice, qui aurait exigé et obtenu
la mise en liberté du prévenu de Lila Kamoula, laissant à son sort Omar
Nourdine l'autre prévenu gardé en mandat de dépôt, sans consulter le Premier
substitut qui a ordonné cette décision de justice.
D'où la colère du 1er substitut du Procureur de la
République qui durant une heure a dénoncé les maux qui nuisent à la justice
comorienne, dont les interventions de toutes sortes, l'hypocrisie et les
atteintes aux règles de la Procédure Pénale, affirmant qu'il ne peut y avoir
deux poids et deux mesures pour une même loi. Comment une personne placée en
mandat de dépôt puisse être libérée sans une mainlevée, or il faut que la
personne soit jugée. Cependant la prévenue ayant été placée le vendredi a été
semble-t-il extraite de prison le lendemain à l'insu du Substitut.
Le juge Bazi se fait l’avocat du petit peuple
L'ayant appris selon toujours des sources proches des
témoins, le juge Bazia l'a replacé en prison, ce qui n'aurait pas plu à la
hiérarchie. Faudrait-il comprendre que la prévenue serait si importante pour ne
pas faire de la prison comme tout autre citoyen reconnu coupable d'une
infraction ? En tout cas ce qui est certain c'est que le jeune juge n'a pas eu
froid aux yeux à entendre son réquisitoire implacable et développé comme une
évidence en demandant au président de séance de ne pas prendre le risque
d'enfermer une telle personnalité au risque de perdre son poste de magistrat.
Même si elle a pertinemment et " consciencieusement " fait écouler
sur le marché des marchandises périmées dont son beurre, dédaignant la santé de
la population ne pensant qu'au gain.
Ce à quoi Maître Fahmi Said Ibrahim, avocat de la défense
rétorque en s'étonnant d'apprendre que le peuple consomme du beurre, estimant
que si c'est le cas, alors il y a eu une évolution positive dans le mode de vie
du petit peuple comorien. Puisque jusqu'à une date encore récente le beurre
était supposé faire partie des " produits de luxe réservés à une minorité
de privilégiées ", semblait-il dire. " Le parquet serait-il si loin
de la réalité comorienne au point d'oublier que le petit peuple d'ici ne
consomme pas du beurre, mais des sardines vendues non loin d'un dépôt d'ordures
de la capitale ". Il soulève des vices de forme dans la procédure pour
demander la mise en liberté de ses clients, notamment le fait que toute
infraction soit constatée en présence d'un service phytosanitaire, d'une part,
et que la procédure du flagrant délit n'était pas applicable.
Quand au rôle de " complicité " joué par l'un des
responsables des services phytosanitaires en la personne de Omar Nourdine, le
substitut Bazia a estimé que c'est une autre paire de manche, puisque Mme Lila
Kamoula épouse chouchou ne niera pas les faits mais portera la responsabilité à
ce fonctionnaire de l'Etat qui lui a délivré le certificat de conformité
l'autorisant de vendre son beurre malgré la date d'expiration du produit. Pire,
le certificat en question est rédigé sans date de telle sorte qu'il puisse
servir jusqu'à épuisement des stocks altérés.
Intime conviction et cohérence pénale du verdict.
L'avocat de la famille Kamoula, Maître Fahmi n'a pas manqué
d'argument non plus pour demander au Tribunal de mettre en liberté ses clients.
Il a notamment refusé le terme d'étranger utilisé contre sa cliente, en
déclarant qu'il n'est pas question de faire le procès des indiens ou des
malgaches aux Comores, mais de juger une infraction ", car dans le
contexte sociopolitique actuel le parquet doit assurer la sécurité des
personnes et des biens " sans considération d'origine ni de nationalité
". Et de s'exclamer, " nous venons tous de quelque part ! ". Le
verdict est tombée, le Président du Tribunal Mohamed Housseine prononce une
amande de deux millions de francs comoriens contre Lila Kamoula, mais aussi la
somme de 750 000 francs à l'encontre du dénommé Rinishe et de 500 000 francs à
l'encontre de Belmondo.
S.S
Musique : Salim Ali Ami, parcours d’un artiste
Né le 15 juillet 1964 à Moroni, Salim Ali Amir fréquente les
écoles coraniques et les établissements scolaires de sa ville natale. Jusqu'en
1985 date à laquelle, il se voit intégré dans le rang des bacheliers de
l'époque. Salim Ali Amir est un passionné de la musique et avec une envie folle
de vouloir sortir de sa coquille, se présente au concours DECOUVERTE organisé
par Radio France Internationale et s'arrache le 1er prix avec son irréfutable
composition " MDJEWIRI "
Salim Ali Amir savoure le bonheur d'une petite victoire et
prend goût. Cette même année il décide de se rendre en France où il connaît
quelques difficultés à trouver une école de musique. Il s'accroche au temps qui
passe et se décide de faire des études sociologie. L'étudiant artiste ne
désespère pas, il sort son premier album " MDJEWIRI " avec l'aimable
collaboration de son ami DANIEL YVON.
Le voici à Moroni, où il vient reculer pour mieux sauter.
Salim formule une demande de bourse qu'il ne gagnera pas. Il va se mettre à
réalisé un rêve de gosse, il installe un studio d'enregistrement avec ses amis.
Ce studio qu'ils ont préféré appeler STUDIO 1 et donne ses premiers fruits avec
" N'GOMA ", son 2éme album en
1989.
Nous voici en 1992, notre artiste encore une fois sort son
marteau et cogne fort sur l'enclume, et entre les deux naît un son merveilleux
" NARIENSHI " son 3éme album
qui vient confirmer l'extraordinaire talent d'un artiste pas comme les autres.
A ce stade Salim ne va pas perdre la note et encore moins la voie.
Nous revoici en 1995, Salim démontre encore une fois son
talent et sa capacité de faire la différence avec " USIWU ", suivi de
" RIPVIRWA " en 1998. Et enfin " SHIENGO " sortie en 2001
qui montre l'album de la maturité.
Toujours du talent, d'un succès à un autre, d'un pays à un
autre ; il ne cesse pas d'étonner, d'apprendre, de surprendre et surtout de
prévenir. Salim Ali Amir est considéré comme la véritable star des îles de la
lune. Pourvu qu'aujourd'hui soit demain, pourvu que le bonheur soit vrai. Salim
le porte- parole de l'enfant, de la femme, des amoureux, de la jeunesse, des
amoureux et de tout un peuple. Il laissera toujours une parole sur un coin de
nos lèvres.
MOHAMED ABDEREMANE AWADI
Courrier des
lecteurs : Toutes mes condoléances à la famille Soudjay
Apprenant par Habari la disparition du lieutenant, les
images de nos souvenirs communs défilent dans ma tête. Ma première rencontre
avec lui remonte au dimanche 30 décembre 1980. Arrêté à 8heures du matin pour
activités militantes contre le régime des mercenaires, je me suis trouvé devant
l'Etat-major des forces armées comorienne (commandant Ahmed, lieutenant Soudjay
et bien d'autres) et le chef de la police politique Massourouali pour
interrogatoire. Depuis, un rapport filial s'est installée entre nous ; il me
disait toujours ceci : " je te considère comme mon fils ". Peut être
parce que j'étais le plus jeunes parmi mes camarades en détention politique, il
a tout de suite eu un réflexe de père qui ne s'est jamais démentit tout le long
de nos relations. Il me parlait souvent d'un fils qui étudiait en France.
Malheureusement je n'ai jamais pu le rencontrer. Peut être cela se fera un jour
en souvenir du père dont la chaleur humaine faisait de lui quelqu'un de joyeux,
même dans les moments difficiles de son travail.
Ce qui m'amène à
évoquer mon deuxième souvenir. C'était, je crois le 14 mars 1982, jeune
militant du Front Démocratique, j'étais "assesseur" du candidat
Moustoifa Saïd Cheikh dans le bureau de vote de "la coulée de lave".
Des incidents ont éclaté au sujet des militaires de la Garde présidentielle
venus voter loin de leur circonscription, si tant est que la garnison de
Kandani en constituait une. Vers la fin de la soirée, une brigade des FAC fut
envoyée sur place étant donné les tensions dans le bureau de vote avec le
bourrage des urnes faites par les suppôts du régime Abdallah sous nos yeux et
surtout avec le vote à deux fois de Massourouali. Les militaires envoyés sur
place étaient commandés par le lieutenant Soudjay. M'apercevant à son arrivé à
l'école primaire publique de "la coulée", il m'appela et m'exposa sa
mission sur place. J'ai fait part à mes camarades sur place et aux militants de
l'opposition de la situation, ce qui nous fit prendre rapidement une décision,
qui sauva certainement des vies : étant donné que le pouvoir s'apprêtait à user
de la force quel qu'en soit le prix. Je suis resté en bonne relation avec le
Lieutenant.
Paix à son âme.
KAMALIDIN Ben Ali (Lyon, France)
Farha , ma bien aimée
Comment vas-tu ainsi que les autres ?
Alors, je t'ai écrit une lettre il y a plus de trois
semaines, je suis toujours à l'attente d'une suite. Sinon, ça va ? En effet, je
t'écris ensuite celle-ci qui paraîtra longue je pense. Mais tout d'abord je
veux te poser une question. Car un de tes oncles était technicien au ministère
des affaires étrangères comoriennes. Je veux savoir franchement, mais vas lui
demander que pour quoi, lors du régime de l'apartheid en Afrique du Sud au
moment où toutes les organisations humanitaires et internationales, toutes les
nations...avaient leurs dos tournés vers cet Etat, notre défunte république
avait une très bonne relation avec Pretoria, et même ce dernier avait son
ambassadeur à Moroni. Et par la suite, dès que ce système a été aboli, et que
l'Afrique du sud a eu un siège sur toutes les audiences, le pont qui le liait
avec les Comores est tombé est coupé brusquement ?
J'avais demandé ça à Sitty, il y a plus d'un an, mais elle
ne m'a donné aucune suite. Sinon, j'ai entendu que un de tes oncles a perdu les
élections non ? C'est normal, quand même, son système c'est un système pourri,
tu n'es pas d'accord avec moi ? Les Comores ont suffisamment souffert. Sache
bien que l'espoir et l'enthousiasme avec lesquels "Huria" est née le
6 juillet 1975, sont transformés vite en amertume et désolation qui font naître
le désespoir panique sous lequel les comoriens sont engloutis aujourd'hui.
Farha, je sais bien que ton oncle t'estime profondément, car
tu es "mwa anda présumée" et il tiens beaucoup pour toi et sur toi.
Dis lui donc de se retirer du terrain...car "yeka umuri wu baki mshashi ye
mwigni ye hu pvama". Qu'il laisse la place aux autres. Je peux lui
conseiller un endroit pour se réfugier s'il veut : dans les mosquées pour
attendre, les "badri", les "swadaka"et les "tahalili".
Surtout il ne faut pas qu'il fasse comme...il ne faut qu'il tente d'écrire un
livre,je sais bien qu'il n'a pas encore écrit et il a un talent, mais il ne
faut pas qu'il ose. Les comoriens en ont marre. Pour lire, il faut faire
l'école et pourtant, il est l'un des artisans de la destruction de
l'enseignement, de l'économie, de la santé...et même de nos mœurs. Il est parmi
les gens qui ont attenté notre unité, disloqué l'archipel. Si je dis qu'il
laisse la place aux autres...c'est vrai, je ne vois pas le bon, mais il y a des
moins mauvais que ton oncle, que tes oncles. Je suis ouvrier, je n'ai pas fait
l'école des "wazungu" tu sais très
bien donc il faut quelqu'un aussi qui nous donnera notre
place du temps que je serai grand...je ne suis pas loin d'ailleurs. Mon père
est un ouvrier ; avec certains il a interpellé "huria" de loin et à
petits pas elle nous joigne. Mais bonheur et honneur où sont ils ? Tu sais
Farha, tes oncles nous ont plongés dans un cul-de-sac; moi, toi, nos amis du
quartier, nos amis et frères du village, nos amis et frères de la défunte
république, tes frères et sœurs du Lycée...tout le monde est victime. Même eux,
les coupables, ils sont victimes, ils ne se sentent pas heureux. Leurs courses
, ils les font ensemble avec ma mère qui n'a rien au marché volovolo ou aux
petits marchés de nos villages. Certains meurent comme mon grand père à
l'hôpital El-Maarouf ou Mitsamiouli. On renifle ensemble l'odeur du sale parfum
du café du port, de volovolo et de partout, on renifle ensemble l'odeur d'ylang
ylang... de nos "midjindze", on attend ensemble avec eux l'arrivé des pêcheurs...sur les lieux de
pêche à Iconi, Itsambuni, Hantsambu et Befuni, on attend ensemble avec eux
l'arrivé des "wa mwali" pour qu'on achète à moins cher leur
"ndrovi" et autres produits.
Malheur au petit peuple abandonné sur une brûlante lave,
malheur à moi ; jeune à l'avenir rendu minable. A "Huria" je demande
pardon, car si nous savions qu'elle serait traitée de cette manière, nous ne
l'aurions pas pressé de nous joindre même si c'était le moment opportun.
Nos pleurs et nos plaintes sur toutes les tribunes, nous les
avons faits avec amour pour que notre défunte archipel aie sa place aux
différentes audiences. Ca fait mal au cœur Farha... pour clore, ma lettre, je
te dis bosse bien. Je travaille dans un restaurant à Lyon comme tu le sais, je
suis plongeur, pour sauver ceux qui meurent loin de mes yeux mais près de mon
cœur, alors si tu maintiens l'idée de venir faire tes études ici je vais
t'héberger. Je n'ai jamais fait l'école... mais tu me résistera, tu résisteras
ma qualité d'illettré que j'espère.
Salue moi tout le monde surtout notre "fundy" de
"shioni", fundy chez qui toi et moi et nos voisins avons usé les
fonds de nos culottes sur le "gombe la mtsambu" et parfois sur un
"djuniya". Fundy je l'aime beaucoup, il aimait tout le temps
m'appeler damasoha. Et il a dis que nous irons à Hadombwe, tu te souviens ?
Said ahmed said yassine
(Yassine) Lyon
De l'impérialisme au Néocolonialisme “sommes- nous
condamnés à vivre ainsi"
Pendant des siècles ces colons nous ont maltraité, exploité
même vendu et en plus se sont accaparés de toutes nos richesses de toutes nos
richesses .
mais plus tard sans qu'ils ne s'en aperçoivent au nom des
valeurs de la liberté, de la démocratie qu'ils ont enseigné aux indigènes, que
ces derniers ont aspiré à devenir indépendant . Mais apparemment on a toujours
pas retrouvé cette liberté, notre souveraineté et notre dignité sont bafouées
par ces hommes qui se disent être les artisans et les défenseurs des droits de
l'Homme et continuent eux mêmes de les violer .
au nom de quelle raison ?
Mais aujourd'hui grâce à l'histoire et à la réalité
quotidienne, que les nouvelles générations sont conscients de ces mauvais
traitements que subissent notre pays, conscientes qu'une partie des richesses
de ces colons provient essentiellement de nos pays africains, également
conscients qu'ils ont pu compter sur les efforts fournis par les indigènes
pendant la période de l'entre deux guerres et qu'actuellement les anciens
guerriers ne perçoivent pratiquement pas leurs Droits, indemnisations.
On se rend compte qu'après notre accession à l'indépendance
c'est autour des petits fils de ces colons qui continuent de vouloir nous
dominer et de nous priver, d'opprimer notre liberté, de même qu'on nous réduits
en mendiants ce que FIDEL CASTRO nomme d'Aumône humiliante, le pire c'est que
les étudiants comoriens n'ont plus l'accès dans leurs universités, n'allons
nous pas vers une fin de la francophonie ?
Mais un jour cette liberté perdue triomphera !
Kamardine Mohamed (Terminale
A, NEPM)
Coin poésie :
KWASSA KWASSA , UN VRAI CRIMINEL
Les
naufrages des Kwassa Kwassa, augmentent,
La
disparition des citoyens nous tourmente,
Les vagues
renversant leur embarcations,
Aï ! Ces chiffres
troublants des disparus
et
rescapés qui ont pu faire la nation.
Toi,
traversée Anjouan-Mayotte, comme tu es dangereuse !
Responsables,
cherchez une solution à cette question épineuse,
C'est la
jeunesse, qui est surtout en danger,
Sans elle,
le pays sera aussi naufragé.
Jeunes !
voulez-vous voyager, récupérer notre Mayotte ?
Lui dire
de revenir à ses paillotes ?
Luttons
courageusement contre la misère,
Ne nous
précipitons pas vers les
débarcadères.
Frères et
sœurs ! cessez de donner vos corps aux Requins et aux dorades,
Il vous
mangent savoureusement, ils ont formé une escouade,
Kwassa
Kwassa, sort d'ici, ouste !
Dis aux
poissons, de manger seulement les langoustes.
ANISSAT
BINTI MOHAMED
Hasseindjé-Oichili
Echos de la diaspora
COMORES : Où se trouve notre avenir ?
Tout le monde s'exaspère de tout ce qui arrive à notre pays
depuis son accession à l'indépendance jusqu'à nos jours. mais ceux qui sont
sérieusement affectés sont ceux qui se trouvent loin de la patrie c'est à dire
la diaspora comorienne.
A l'aube du troisième millénaire, nous assistons à travers
le monde à un tournant de métamorphose
dans le sens du développement aussi bien sur le plan économique que
technologique. Notre pays hélas s'enlise de façon imperturbable dans son
inertie et ne s'apprête guère à suivre ce rythme de croissance. A la différence
des autres nations africaines, les Comores se déversent vers le sens du sous
développement en dépit de ses ressources humaines érudites.
En effet, depuis son histoire, l'archipel lunaire à savoir
les Comores, fut sur les jougs des
puissances coloniales occidentales qui sont la source incontestable de sa
décroissance. Son accession à l'indépendance demeure à mes yeux précoce.
Inaptes de prendre notre pays à bon escient , nos anciens dirigeants eussent
commis l'irréparable d'avoir proclamé impulsivement notre autonomie à l'égard des colonisateurs. Il fallut
patienter jusqu'à ce que nos esprits fussent capables de mener à bien la route
d'échafaudage de notre patrie qui jusqu'à l'heure actuelle a du mal à panser
ses plaies béantes causées par les européens dévastateurs.
L'esprit du mal ne cesse de faire de ravages et incite
nombre des comoriens à s'en vouloir de leur identité originaire, à
l'instar des étudiants comoriens à
l'étranger qui nient par honte d'être comoriens en apprenant à chaque fraction
de seconde les troubles diaboliques qui déchirent notre pays mais aussi en
découvrant sa place misérablement caduque sur le plan non pas international
mais continental. Nous, étudiants comoriens à l'étranger ,déplorons le sort
périlleux réservé à notre pays et par conséquent nous invitons à cour ouvert
tout le monde à faire preuve de diligence pour que conscience soit à notre
côté. Les déboires qui asphyxient notre développement sur tous sont flagrants
et nous inquiètent sensiblement. Il me semble qu'il est grand temps de mettre
le train aux rails et faire renaître la justice qui jusqu'à présent est bâclée
par nous même.
Tel est le seul moyen d'éradiquer les esprits malfaiteurs
qui ne se soucient malheureusement pas
de notre pays. Néanmoins, si nous continuons à laisser chacun de nous faire ce
que bon lui semble, notre pays traversera automatiquement courant ce millénaire
porteur de prospérité et d'opportunité, une histoire singulière de décadence
sans précédent ; et elle resterait dans les archives aussi bien nationales que
internationales. Nous, jeunes étudiants comoriens ailleurs, loin où nous nous
trouvons, sommes très conscients de malédiction qui frappe notre pays et nous
agissons à la manière la plus loisible en vue d 'apporter un soutien
considérable pour l'essor de notre chère patrie que nous adorons beaucoup. En
mon sens les solutions de nos problèmes sont aux Comores et non pas ailleurs.
Il appartient à tout un chacun d'apporter le minimum de son
effort afin de poser la pierre de la construction étatique. Pour cela, il
faudrait bien tenir le taureau par les deux cornes de peur qu'il nous renverse
par terre pour l'avoir mal maîtrisé. La situation problématique des Comores
fait la une des articles inspirés par ses étudiants vivant à l'étranger.
Pour eux, la grande part de responsabilité retourne, en
amont, à nos dirigeants politiciens qui, au lieu de prendre la question avec
les deux mains, ne font que paradoxalement mettre le couteau à la plaie. Seuls
ce qui les préoccupent leurs intérêts personnels au détriment de ceux de la
collectivité voire de la nation. Ces gens là, une fois au pouvoir s'apprêtent à
s'accaparer des biens de la nation pour se rendre précocement opulents ; par conséquent,
ils laissent notre économie moribonde.
Nombre parmi eux extorquent
tous pour se construire des
villas et s'approprient des belles voitures aux yeux des va-nu-pieds qui ne
réclament que le " pain quotidien " pour survivre. Ces frustrés ont
aussi le droit de tous ces biens car ils leurs appartiennent eux aussi. Mais
l'inégalité illégale fait que " ces richards escrocs " n'entendent
pas par leurs oreilles et ne regardent pas non plus par les yeux.
Alors comment peut-on
vivre dans une société où les uns meurent d'avoir trop mangé et les autres
meurent de n'avoir rien mangé ? Je pense que la première des choses à faire
pour relancer la machine de développement, est de juguler les inégalités
existantes entre les citoyens quelques soient leurs places au sein de la
société.
Destituer les voleurs de notre pays et éviter qu'ils
continuent à s'attribuer la part de lion, sera une des solutions de nos
problèmes économiques . D'autre part, dans le souci de promouvoir notre
économie, il faudrait que justice soit faite pour mettre un terme au sabotage
et au détournement des fonds publiques. Mais c'est une entreprise de longue
haleine.
Donc pour la mettre sur pied, nécessite effectivement un
esprit de patriotisme et un travail d'arrache pied. Nul doute que les Comores
ont besoin d' une politique de nettoyage spirituel histoire de se mettre au
diapason de son développement. Essayons de porter un regard sur nos pays
voisins et voir comment ils " s'autogérent " leurs pays. Prenons de
près l'exemple d'un minuscule pays comme le Maurice où le monde vient
d'assister à un époustouflant baby-boom sur le plan économique grâce entre
autre à son tourisme qui demeure à nos jours attractif.
Notre pays détient, à l'instar de ce voisin historique, les
mêmes ressources et se jonche sur une bonne positon stratégique sur le plan
géographique. S'agissant des ressources humaines, les Comores ont des têtes
capables de hisser notre pays vers le sens d'épanouissement et de lui doter un
certain nombre de valeurs dont il en a besoin il y a belle lurette. Ce qui est
paradoxal c'est le fait qu'un pays comme le notre n'ayant même pas atteint le un million, qui
n'arrive pas à satisfaire les besoins de la population. Qui plus est, sur le
plan international il est toujours porté coup de main alors qu'aucun signe
d'avance n'est remarqué.
Dans les nuits de temps on nous disait à longueur de journée
que les Comores sont " bannis " et ce qu'en fait je viens de
découvrir. Sur ce même ordre d' idée nos grand- pères connurent le sort jeté
aux Comores de rester statique alors que
les autres s'ingénient à se faire valoir aux yeux des comoriens. Pour clore mon
article plaintif, je tiens cette occasion, une bonne fois pour toute, à
réveiller les esprits qui jusqu'à là endormis dans le but opportun, de prendre
conscience d'eux afin de dire " halte à la nonchalance " et de se
soucier pleinement du déluge de notre pays macabre.
Définitivement, qu'ils mettent un terme à leur passivité et
à leur pensée égocentrique, qui sont le pilier de notre sous-développement. Et
pour terminer, je tiens cette opportunité à remercier tous ceux qui,
compréhensifs, embrasseront cette idée novatrice.
Ahamada Lavani, étudiant comorien
au Maroc.
La communauté
internationale discréditée aux Comores
Après plus de quatre ans de bons offices et de négociations
parfois difficiles pour réconcilier le peuple comorien, la communauté
internationale au premier de laquelle il y a l'OUA, vient de perdre la face aux
Comores. Son hypocrisie est mise à nue en raison de sa complicité dans les
opérations de fraude, de propagande mensongère et de triche menées, ce
dimanche, par Hamada Boléro et colonel Campagnard pour faire élire Azali, par
la force, à la tête du Nouvel Ensemble comorien. Ce sont la liberté et la
démocratie qui montrent leurs limites en tant que valeurs universelles que
l'occident cherche à imposer au reste du monde.
Désormais il est clair que les honorables représentants de la communauté
internationale qui coordonnent la mise en application de l'Accord-cadre de
Fomboni ont agi en concertation pour des intérêts autres que ceux du peuple
comorien. Ils ont trouvé dans leurs basses œuvres des Comoriens aux esprits
faibles qui ont accepté de monnayer l'honneur et la dignité et la souveraineté
de leur pays pour des miettes. En boycottant
massivement le scrutin de dimanche, le peuple libre et souverain des Comores a
fait la preuve de sa maturité à démasquer ses ennemis. Il saura se relever un
jour.
conscience-comorienne
Soutien à Chamanga
L'association franco-anjouanaise qui a soutenu la politique
des divers pouvoirs et milices séparatistes de 1997 à 2001 a envoyé récemment
un huissier de justice chez Mohamed Chamanga pour lui demander de régler la
somme de 15 000 FF, suite à une condamnation datant de janvier 2000. L'affaire
a commencé le 31 mars 1998, par une plainte déposée par Mohamed Choudjaïddine
président de l'association franco-anjouanaise pour "insulte".
Le but de cette plainte était de museler, à travers
Chamanga, tous les anjouanais qui en France, refusaient de soutenir le
séparatisme. Une grande soirée de solidarité a été organisée à Paris et divers
dons ont été remis à l'association Fraternité Comorienne. Ce qui a permis de
régler les honoraires ou frais de transport des avocats de Chamanga.
Une grande Journée de solidarité avec Fraternité comorienne
a eu lieu le samedi 23 mars au Centre Curial
à Paris, avec la participation des artistes Abou Chihabi et Abou Junior,
Baco, Karthala Music (twarabu), "Les 4 étoiles" (Rap), Mikidache,
Noël, Ramos, Saïd Ali Mzé, ainsi que les associations culturelle des comoriens
de Nanterre, les femmes de Bimbini, d'autres association féminines.
La voix d'or
crée son site web
La chanteuse comorienne Zainaba Ahmed, qui s'est installée
en France depuis quelques mois, s'est vu dédiée un site Internet entièrement
consacré à sa promotion. Jacques Leroy, le concepteur du site entend ainsi
participer à la promotion internationale des artistes comoriens, dont Zainaba
Ahmed. Il propose à La Gazette des Comores de faire un lien vers ce tout
nouveau site dédié à " la voix d'or " des Comores, à travers une
bannière en page d'accueil du site http://www.chez.com/lavoixdor
Ce même webmaster est en train de finir un autre site sur
l'Afrique, spécialement orienté sur l'Océan indien, et dont La Gazette pourrait
être bientôt partenaire.
Vous pouvez déjà le visiter sur http://jacques-leroy.com
LA
GAZETTE DES COMORES
Route du Port, Moroni
BP 2216 Tel
73.07.08
E-mail : la_gazette@snpt.km
Directeur de la publication : Said Omar ALLAOUI
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