EDITION ELECTRONIQUE N°174
Ni vainqueur, ni vaincu : un
seul bénéficiaire, le peuple comorien
A vos marques… Prêts… Appliquez !
Les discussions ont été âpres les 18 et 19 décembre 2003 entre les experts des parties comoriennes chargées de préparer l'accord de Moroni à partir du mémorandum de Pretoria signé le 17 août 2003. Elles se sont poursuivies le 20 décembre à Beït-Salam. Et là, ce ne fut pas une partie de plaisir. Elles ont duré huit heures, parfois à huis clos, mettant aux prises les parties comoriennes ; le débat étant arbitré par Thabo Mbeki qui a jeté tout son poids dans la balance.
Et pourtant, quand on compare le texte du mémorandum de Pretoria, chapitre par chapitre, paragraphe par paragraphe, phrase par phrase, au texte de l'accord de Moroni, on se rend compte que les modifications ne sont pas considérables.
Elles concernent la mise en place du Comité d'harmonisation "chargé de veiller à l'harmonisation des normes et des structures douanières, ainsi que des données macroéconomiques" ; les dispositions exceptionnelles concernant la dotation de l'île de Ngazidja ; l'organisation des élections législatives ; la création d'un Comité de suivi de l'accord.
Il s'agit donc, essentiellement, de mesures permettant de mettre en oeuvre le mémorandum de Pretoria. Ce qui est dans la logique de la démarche entreprise depuis l'arrivée de la diplomatie sud-africaine dans le processus d'application de l'accord-cadre de Fomboni.
C'est en ce sens que l'on peut dire que l'accord de Moroni est un bon accord. Un accord où "il n'y a aucun vainqueur et aucun vaincu". A moins que l'on dise que le vainqueur pourrait être finalement le peuple comorien.
Pour l'heure ce qui est vraiment et util, ce que ce peuple espère, c’est que les engagements pris soient suivis d'effet. C'est que nos politiques respectent ce à quoi ils se sont engagés. Alors : A vos marques…
Cinq jours après la signature de l'accord, les choses semblent se précipiter. L'objectif semble être de se conformer à la minute près à la date butoir fixée pour débuter sa mise en œuvre. Pour ce faire, un délai de quinze jours, au plus tard, aurait même été convenu entre les parties. La commission d'harmonisation est déjà à pied d'oeuvre. Au niveau de la douane, les choses ont l'air d'aller plus vite encore. Une antenne de la Cotecna s'apprête à s'installer à Ndzuwani et deux experts du Pnud, spécialistes en matière de douane sont, déjà, à Moroni pour aider à la mise en oeuvre des dispositions sur la Douane, et probablement pour occuper la place des trois experts internationaux au sein du Conseil de direction des douanes (Cdd) comme prévu dans l'accord. Les décrets des présidents de l'Union et ceux des îles pour nommer le directeur général et les directeurs généraux adjoints des douanes doivent tomber incessamment. La commission d'harmonisation s'affaire pour régler la question de l'installation des nouveaux venus avec leurs équipes avant la publication des dits décrets. Au niveau de Moroni, les locaux de la douane-port seraient surchargés.
Lanteures administratives
On espère, cependant trouver une solution pour installer tout le monde.
Concernant les dispositions sur la sécurité, là aussi, le train serait en marche. Le ministre d'Etat à la Défense extérieure et à la Sûreté du territoire, Hamada Mmadi Bolero a rencontré, avant-hier, le ministre de la Sécurité intérieure et de l'administration du territoire de l'île autonome de Ngazidja, Cheikh Ali Bacar Kassim pour discuter du processus de la mise à la disposition de l'île de la gendarmerie, comme il est stipulé dans l'accord. Les deux ministres se seraient mis d’accord sur les modalités à suivre.
En ce qui concerne les échéances électorales, la Commission nationale électorale indépendante (Cnei) s'est mise au travail dès le lendemain de la signature de l'accord sur la période transitoire. ''Nous n'avons plus de temps à perdre, le délai de quatre mois nous paraît trop juste au vue de la tâche qui nous reste à remplir. Le temps presse'., confie un membre de la Cnei régionale de Ngazidja.
Le président de l'Union : “La
sagesse a triomphé, le peuple a gagné”
Avant-hier, dans un message radiodiffusé à la Nation, le colonel Azali Assoumani a ''livré ses impressions'' sur l'événement ''majeur'' et souhaité ses meilleurs voeux 2004. Selon le président de l'Union ''la raison et la sagesse ont triomphé, le peuple comorien a gagné.'' Il considère que ''la voie est, désormais, ouverte pour l'organisation des élections des assemblées des îles et de l'Union.
Il est entendu qu'il n'y a qu'un seul Etat garant des frontières nationales qui s'exprime dans tout le pays.''
Le président de l'Union des Comores, Azali Assoumani, a adressé, hier soir un message à la Nation pour livrer ''ses impressions'' sur l'évènement “majeur'' et souhaiter ses meilleurs voeux 2004. Le président a voulu par ce message ''dire toute sa satisfaction et partager, enfin, son soulagement de parvenir à la dernière étape du processus de réconciliation nationale''. Le président considère qu'en ce mois de décembre, ''notre pays a franchi un pas décisif dans le désir partagé de parachever son architecture institutionnelle''. Le chef de l'exécutif de l'Union a dit ''éprouver un réel plaisir de partager la fierté de notre pays qui a su, avec intelligence et pragmatisme dépasser les passions et les blocages divers pour faire converger les positions des uns et des autres vers un compromis salutaire garants d'avenir, de stabilité et de sérénité''. Il a rendu hommage aux artisans de cette ''conclusion heureuse'', les présidents des îles, son cabinet et le gouvernement de l'Union. Il a exprimé ''la gratitude du peuple comorien'' à la communauté internationale, notamment, l'Afrique du Sud, pour son soutien au processus de réconciliation nationale comorienne.
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Amina Housseine, gérante de Safar Colis Services
"Petit à petit, l'activité
de l'entreprise se structure… "
Les femmes-courage sont souvent la force d'un pays. Amina est de celles-là. Elle n'a pas hésité à ouvrir à La Réunion, une entreprise de groupage de colis entre son île de résidence et l'archipel des Comores. Les débuts moyens de l'entreprise ne l'ont pas découragée. Au contraire, ils l'ont conforté dans sa volonté de poursuivre ses efforts.
Amina Houseine a ouvert, depuis le 1er janvier 2003, au cœur de la vieille ville du Port où vivent de nombreux Comoriens, une entreprise de groupage de colis entre La Réunion et les îles de l'archipel comorien. Safar Colis Services affiche fièrement une devise, " d'une île à l'autre ", qui classe l'entreprise dans la catégorie des entreprises indianocéniennes.
Il fallait être courageuse pour occuper un créneau des plus incertains du point de la rentabilité. Mais du courage, Amina Housseine, femme énergique s'il en est, n'en manque pas.
C'est même une battante qui sait écouter et vivre ses rêves. " Cette activité de groupage de colis entre La Réunion et les îles de l'archipel, c'est une idée que j'avais depuis longtemps. Il existe un besoin.
Des raisons d'espérer…
Une forte communauté comorienne habite La Réunion. Des particuliers qui expédient des marchandises à Mayotte et dans les trois autres îles. Et je me disais souvent qu'il existait là un créneau commercial à exploiter. D'autant que La Réunion s'ouvre de plus en plus sur la région", explique la jeune femme.
Elle ouvre donc son entreprise, sous une forme juridique qui lui permet de contrôler les choses du début à la fin. Mais les débuts ne sont pas aussi faciles qu'elle l'espérait. "C'est un parcours difficile. Comme tout entrepreneur, je suis passée par des organismes sensés m'épauler dans le cadre de l'aide à la création d'emplois. Mais, ces derniers ont estimé qu'il n'y aurait pas suffisamment de trafic et m'ont refusé les primes sur lesquelles je comptais ", note Amina, nullement découragée.
Le téléphone sonne, interrompant notre conversation. D'une voix ferme, sans hésitations, elle demande un devis à une entreprise pour mettre ses ordinateurs en réseau, car elle doit prochainement accueillir une stagiaire. " Faites - moi vite ce travail que l'on démarre l'année 2004 du bon pied ", dit-elle à son interlocuteur. Amina n'est pas prête à renoncer à son rêve. " Je me suis trouvée devant l'alternative de cesser mon activité, à cause du risque d'échec. J'ai pris la décision de continuer à fonctionner sur mes fonds propres ", note-elle.
Après une petite année d'exercice, elle a atteint 40 % du chiffre d'affaires espéré. " C'est peu pour qu'une entreprise équilibre ses comptes", remarque Amina. Mais elle trouve des raisons d'espérer. " J'ai déjà soixante-dix clients particuliers et je commence à avoir, parmi ma clientèle, des entreprises."
Besoins de capitaux
Avec lucidité, elle analyse la situation de Safar Colis Services. " Le manque de moyens financiers ne nous a pas, jusqu'à présent, permis de démarrer l'activité de fret aérien. Il y a pourtant un marché au niveau de l'Océan Indien, mais nous devons nous faire connaître."
L'entreprise compte aujourd'hui dans son effectif, deux employés et une stagiaire. Mais il est nécessaire d'avancer. "Petit à petit, l'activité de l'entreprise se structure. Mais nous avons besoins de capitaux pour nous faire connaître à La Réunion et pour développer notre site Internet. Ce dernier est un outil intéressant pour entrer en contact avec des clients potentiels ici et aux Comores. Je suis prête à ouvrir le capital de Safar Colis Services.", lance-t-elle, presque à regret, mais résolue.
Un marché potentiel, du courage, un savoir-faire. Amina Housseine ne peut échouer. La gérante de Safar Colis Services fait partie de ces gens qui dans l'archipel ou dans la diaspora, font gagner les Comores.
Issam
Mohamed
Safar Colis
Safari
8, rue Jules Ferry
97420 Le Port
Tel 0262 421701
Fax 0262 429807
Courriel : safarcolis@wanadoo.fr
Siteweb :
safarcolisnet.com/
Portrait
" Quand on a une idée, il faut aller au bout… "
Cheveux tressés, port altier, allure de battante, Amina Housseine s'avance sans complexe dans une vie qui n'est pas exempte d'embûches. Originaire de Moroni, 39 ans, mère de deux enfants de 17 et 14 ans qu'elle éduque seule, la jeune femme part en France en 1980. Elle passe son bac général en 1985, puis s'installe à La Réunion en 1995. Elle aurait pu se contenter d'un " petit boulot ", mais elle veut aller plus loin. Elle passe donc, en 1998, son bac professionnel de secrétaire-comptable. Un diplôme qui lui permet d'occuper des postes de secrétaire-comptable chez des concessionnaires automobiles.
" Quand on a une idée, il faut aller au bout. J'apprends le monde de l'entreprise. Cela me plaît bien. J'ai envie d'avancer et d'améliorer mon niveau de vie."
Amina a surtout envie, comme elle l'indique, " de voyager et d'aller voir beaucoup plus souvent ma famille." Encore un désir, qu'Amina, soyons en sûr, saura satisfaire.
I.M.*
Point de Vue : Accord de
Moroni : L'avenir est une page vierge
Samedi 20 décembre à 21h 42mn, les Comores ont tourné une nouvelle page de leur histoire en signant le document de la dernière chance. "Ni gagnant ni perdant", tels sont les propos avancés par le président de l'île autonome de Mohéli. Certes, oui, mais appelons un chat un chat : dans l'état actuel des choses, nous pouvons affirmer qu'il s'agit d'une large victoire des îles autonomes. Cependant, cette victoire ne peut pas être totale car l'histoire nous parle autrement.
Prenons certains exemples concrets.
- En 2001, les ministres des pays de la région, de la Troïka et de l'organe central du mécanisme de prévention des conflits de l'Union Africaine(UA) s'étaient réunis en Afrique du Sud pour examiner la situation et évaluer le processus de réconciliation national. Echec !
- En octobre et novembre 2002 deux fois successivement, les délégués des îles autonomes et de l'Union des Comores se sont rendus en France pour les négociations de Paris I et Paris II : Echec !
- Du 28 au 29 janvier 2003 sous la présidence de Mme Zuma, ministre sud-africaine des affaires étrangères s'est tenu à Moroni la première réunion des pays de la région et de la Troïka de l'union africaine (Troïka I). Echec !
- Les 16 et le 17 juillet 2003, à Moroni, réunion de la Troïka II. Echec !
- Août dernier à Pretoria, en Afrique du sud, les chefs des exécutifs des îles autonomes et le représentant de l'Union des Comores ont ensemble signé un mémorandum. Résultat : Echec !
- Le 20 décembre dernier le chef de l'Etat et les chefs des exécutifs des îles autonomes ont paraphé le document de la dernière chance. L'avenir est une page vierge qui nous dira si les accords-là ont été appliqués.
Peuple comorien, si on se permet de prêcher que notre constitution n'est pas le Saint Coran, cela signifie quoi ? La nouvelle page d'histoire tournée le 20 décembre 2003 à Beït-Salam ne nous laisse pas pessimiste, mais réservé. Notre souhait est l'application à la lettre de ces accords en commençant par les législatives prévues au mois d'avril prochain. En somme, il est trop tôt pour porter des appréciations, trop tôt pour les jugements, c'est le temps des remarques.
Nous nous réservons le droit de proclamer le colonel Azali comme le père de la réconciliation nationale pour qu'il puisse à son tour entrer dans le livre des dignitaires de notre Nation tels que: feu Ahmed Adallah Abderemane, père de l'indépendance; feu camarade président Ali Soilihi Mtsachiwa, père de la révolution et enfin, Saïd Mohamed Djohar, père de la démocratie.
Ne soyons pas naïf, Peuple comorien, ne chantons pas victoire avant la guerre.
Il est vrai qu'il y a eu des document signés. Mais, ce ne sont que des documents, rien que des documents. Comme tant d'autres signés avant cette fameuse date du 20 décembre 2003 .
Réservons nos appréciations et applaudissements pour la communauté internationale.
C'est cette dernière, et non pas par le peuple comorien qui a légitimé des élections qui n'ont pas eu lieu pour qu'elles portent le chef d'État actuel au pouvoir .
En définitive, nos appréciations et applaudissements vont bel et bien tout droit à la population comorienne. C'est qui a, jusqu'alors, supporté les effets du séparatisme Anjouanais de 1997. L'accord du 20 décembre est un espoir et pourtant son application est une affaire à suivre…
Ali Athoumani Boina (Camara Laye),
enseignant-chercheur à l'E.S.T de Moroni
Que faire ?
Telle est la question que beaucoup se posent après la signature de l'accord de Beït-Salam. Certains s'étonneront d'entendre une telle question dans la mesure où c'est en principe l'objectif dudit document. Il n'est pas inutile de rappeler que nous avons voté des constitutions qui expliquent de long en large le fonctionnement de nos institutions, or cela fait un bout de temps que nous ramons à contre-courant, jouant au passage les amnésiques et se livrant à des croche-pieds de circonstance. Enfin, ne jouons pas les oiseaux de mauvais augure et entrons dans l'air du temps. Soyons positifs comme disent les jeunes!
L'accord a au moins le mérite de créer un climat général d'apaisement qu'il convient de consolider par des mesures allant dans le sens de la paix social et d'une véritable réconciliation des cœurs, et des âmes ajouteront certains.
Une chose doit être notée, nos dirigeants à tous les niveaux ont, semble-t-il, pris la mesure de la fracture qui commençait à prendre des proportions alarmantes ces temps-ci.
Les élections prochaines doivent donc être mises à profit pour que les uns et les autres puissent éclairer nos concitoyens sur les vrais défis du moment et surtout ceux à venir. Il leur faudra refuser de jouer à la politique de l'autruche pendant cette période cruciale que traverse le pays. Nous devons prendre conscience que nous sommes en train de mettre sur pied des mécanismes nouveaux et que des grippages sont toujours possibles. La volonté de nos dirigeants sera plus que jamais mise à rude épreuve. A eux de faire preuve de bon sens et d'esprit de compromis pour que le navire arrive à bon port. Les gesticulations et les effets de manche doivent être réservés à des moments plus appropriés pour ces genres d'exercices. Nous savons que dans nos îles de la lune les paradoxes sont légions et nous les cultivons chaque jour. Si au moins une fois, nous pouvions faire taire nos ambitions au profit de l'intérêt général. Est-ce trop demander ?
Hachime Abdérémane
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“La sagesse a triomphé, le
peuple a gagné”
Suite de
la première page
Il a, aussi, félicité les organes nationauxd'informations ''pour avoir su, en ce moment charnière de l'histoire de notre pays, faire preuve de sagesse et de professionnalisme''. Il leur demande de persévérer et de s'abstenir de verser dans le sensationnel'' et de savoir le rôle qu'ils doivent jouer pour l'éducation de la population.
Pour le président Azali, le 20 décembre (date de la signature, Ndlr), ''la raison et la sagesse ont triomphé, le peuple comorien a gagné.'' Il considère que ''la voie est, désormais, ouverte pour l'organisation des élections des assemblées des îles et de l'Union et qu'il a été entendu qu'il n'y a qu'un seul Etat garant des frontières nationales et qui s'exprime dans chaque tout le pays.'' Le président appelle chacun, en ce qui le concerne, à faciliter le déroulement des élections dans les délais impartis, dans la transparence, la paix et la sécurité. Il a dit se réjouir que pour l'accord du 20 décembre ''les Comoriens ont montré leur capacité à transcender les clivages partisans pour défendre l'intérêt de la Nation.'' Il a exprimé, enfin, son souhait de voir l'année 2004, être celle de la poursuite de la construction du pays, de la consolidation de la démocratie et du développement socio-économique.
Mmadi Moindjié
A vos marques… Prêts… Appliquez
!
Ici, tout ou presque resterait à faire : révision et réactualisation des listes et des cartes électorales, et acquisition des fournitures et des équipements électoraux. Une partie de ceux qui avaient servi aux dernières élections auraient disparu. Dans la foulée, les membres de la Cnei de Ngazidja avaient, ainsi, prévu de partir, aujourd'hui, pour Ndzuwani pour tenir, du 27 au 28 décembre, une assemblée générale avec leurs collègues de Mwali et de Ndzuwani. L'argent destiné à financer les travaux de cette assemblée et accordé par le Pnud, n'était pas débloqué, hier. A en croire un membre de la Cnei Ngazidja, le ministère des Relations extérieures n'aurait pas transmis, au Pnud, malgré la demande de l'organisme des Nations Unies, le courrier confirmant la demande de financement de cette réunion et confirmant le budget. “Nous pâtissons de la lourdeur administrative'', lâche notre interlocuteur. Après le courrier du Pnud au ministère des Relations extérieures, explique-t-il, le ministère devrait s'enquérir auprès des responsables de la Cnei de l'évaluation du budget pour la tenue de l'assemblée pour le communiquer au Pnud. Mais, semble-t-il, rien de tout cela n'a été fait. ''Si de telles lourdeurs persistaient, nous risquons d'hypothéquer la tenue des législatives dans les délais prévus'', s'inquiète ce membre de la Cnei..
Mmadi Moindjié
Accord de Moroni : Ce qui a
été ajouté au mémorandum de Pretoria
(…) a) Douane
Les parties conviennent de mettre en place un Comité (Ci-après dénommé Comité d'Harmonisation) présidé par un représentant de la communauté internationale et composé comme suit : les représentants des parties comoriennes, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale, le Programme des Nations Unies Pour le Développement (PNUD), l'Union africaine, l'Union européenne (UE) et l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), chargé de veiller à l'harmonisation des normes et des structures douanières, ainsi que des données macroéconomiques. Ce travail doit être achevé au plus tard deux mois après la signature du présent accord.
Dans l'intervalle, les parties conviennent de la mise en place immédiate, à Anjouan, d'une structure privée internationale recommandée par la Banque mondiale et chargée de veiller à la transparence et au contrôle des opérations douanières. Cette structure aura une obligation de résultat.
b. Budget pour la période transitoire
(…) - Le Comité d'harmonisation vérifie dans quelle mesure les budgets soumis par l'Union et les îles autonomes, sur la base des quotes-parts, correspondent aux besoins respectifs de l'Union et des îles. Lorsque les charges de l'une des parties ne sont pas proportionnelles à sa quote-part, le Comité d'harmonisation procède à la modification du taux des quotes-parts et, par voie de conséquence, du montant des budgets, et peut, le cas échéant, avoir recours dans la mesure du possible aux fonds fiduciaires à créer.
Dans le même temps, les parties comoriennes conviennent des dispositions suivantes:
- mise en place, à travers le Comité d'harmonisation, d'un mécanisme de contrôle chargé de vérifier la fiabilité et la transparence des dépenses effectuées pendant la période transitoire par l'Union et les îles autonomes;
- élaboration, à travers le Comité d'harmonisation, aux fins d'examen et de décision, d'une étude sur les effectifs des fonctionnaires et les masses salariales, étant entendu que les recrutements seront gelés jusqu'à l'identification des besoins de l'Union et des îles autonomes;
- en attendant le parachèvement de la mise en place des institutions de l'Union des Comores, en particulier le vote des lois organiques sur la répartition des compétences, le président de l'Union met en application par décret, deux semaines au plus tard après la signature du présent accord, le budget transitoire que constitue le budget de l'Union et ceux des îles autonomes d'Anjouan, de Ngazidja et de Mwali.
c. Dispositions exceptionnelles pour l'île de Ngazidja
Une dotation exceptionnelle correspondant à la différence entre le montant effectivement versé à Ngazidja et le montant qui aurait dû être versé sera accordé à l'île pour couvrir les dépenses occasionnées par le fonctionnement de l'exécutif de l'île depuis janvier 2003. Le Comité d'harmonisation sera saisi de cette question.
d. Budget consolidé
Dès l'adoption des lois organiques sur la répartition des compétences, les parties comoriennes conviennent d'adopter un budget consolidé reposant sur le compte spécial mentionné plus haut et un transfert automatique sur les comptes individuels des gouvernements respectifs de l'Union et des îles autonomes.
V. Elections législatives
Les parties comoriennes conviennent de parachever le processus électoral avant la fin du mois d'avril de l'année 2004 au plus tard. A cet effet, la Cnei élabore un calendrier électoral permettant de respecter cette échéance. Pour leur part, les autorités respectives compétentes de l'Union et des îles autonomes signent les décrets de convocation du corps électoral dans un délai de deux semaines au plus tard, suivant la signature du présent accord.
Le Comité de suivi prévu au chapitre VI du présent accord renouvellera la composition de la commission d'homologation, laquelle validera les résultats des prochaines élections législatives.
VI. Suivi de la mise en oeuvre du présent accord
En vue d'assurer la mise en oeuvre scrupuleuse et de bonne foi du présent accord, il est mis en place un Comité de suivi comprenant les représentants des parties comoriennes signataires du présent accord et ceux de la communauté internationale. Ce Comité de suivi veille au respect des engagements pris et à l'interprétation des dispositions du présent accord, et prendra toutes les mesures requises à cet effet.
Le comité sera présidé par l'Union africaine (Afrique du Sud en sa qualité de pays coordonnant les efforts régionaux sur les Comores, et la Commission de l'Union africaine) et comprendra les représentants des pays de la région et de la troïka de l'UA, de la France, de l'Union européenne, de l'Organisation internationale de la francophonie, des Nations Unies, du FMI, de la Banque mondiale, de la Ligue des Etats Arabes et de la Commission de l'Océan indien.
Le Comité adopte son propre règlement intérieur.
A chaque fois que les parties comoriennes décident de se réunir, le président du Comité de suivi participe, en tant que besoin, à de telles réunions.
Chronologie d'une crise 1997 - 2003
3 août 1997 : Début de la crise anjouanaise. Abdallah Ibrahim est élu président.
11 août 1997 : Mohéli suit la voie ouverte par Anjouan.
3 au 5 août 1997 : Intervention de l'armée à Anjouan : un échec.
25 février 1998 : Adoption de la constitution anjouanaise.
19 au 23 avril 1999 : Conférence interîles à Antananarivo sous l’égide de l'O.U.A. Les trois îles signent un accord.
30 avril 1999 : L'armée dirigée par le Colonel Azali Assoumani prend le pouvoir.
23 janvier 2000 : L'accord d'Antananarivo est rejeté lors d'un référendum à Anjouan.
17 février 2001 : Signature de l'accord - cadre de Fomboni.
25 septembre 2001 : Mohamed Bacar se proclame chef de l'autorité d'Anjouan.
19 décembre 2001 : Des mercenaires débarquent à Mohéli.
23 décembre 2001 : Référendum sur la nouvelle constitution qui crée l'Union des Comores et octroie une large autonomie aux trois îles.
31 mai 2002 : Mohamed Bacar est élu président d'Anjouan.
7 avril 2002 : Mohamed Saïd Fazul est élu président de Mohéli.
14 avril 2002 : Azali Assoumani est élu président de l'Union des Comores.
19 mai 2002 : Mzé Soulé El Bak est élu président de Grande Comore
14 juin 2002 : Occupation des principaux établissements publics par l'armée.
28 août 2002 : Affrontement entre l'armée et les partisans du présidant de la Grande Comore.
11 février 2003 : Arrestation de deux ministres et d'une douzaine de gendarmes accusés d'avoir voulu renverser le président Azali Assoumani.
17 août 2003 : Mémorandum de Pretoria.
24 septembre 2003 : Arrestation de Saïd Larifou, président du Ridja.
26 novembre 2003 : L'armée tire sur une manifestation pacifique conduite par Mzé Soulé Elbak.
18 décembre 2003 : Arrestation du ministre des Finances de l'île autonome de Grande Comore, Younouss Assoumani.
20 décembre 2003 : Signature de l'accord de Moroni signé par les présidents de l'Union, des trois îles autonomes et de nombreux représentants de la communauté internationale.
Numéro 171
Université : départ laborieux
L'Université des Comores a ouvert ses portes récemment. Un mois après, quatre facultés n'ont pu démarrer leur enseignement, faute d'enseignants ou d'accord avec l'équipe pédagogique. C'est le cas, notamment de la Faculté Imam Chafiou. Par ailleurs, nul ne connaît la valeur de certains des diplômes à délivrer. Surtout pas les étudiants de l'école de médecine et de la santé publique dont le diplôme n'a pas encore été identifié. ''Nous sommes dans une année d'expérimentation'', indique le directeur des études et de la scolarité, Ali Abdallah dit Moimbassa.
Voilà plus d'un mois que la toute nouvelle Université des Comores a ouvert ses portes. Les choses se mettent en place lentement mais ''sûrement'', selon le directeur des études et de la scolarité, Ali Abdallah dit Moimbassa. Les 1.362 étudiants seraient tous accueillis dans les différentes facultés. Elles sont quatre, pour vingt huit départements.
Quatre facultés
Il s'agit de la faculté des ''Lettres, des Sciences humaines et des Sciences de l'Education'', constituée de six départements : Lettres modernes françaises, Lettres anglaises, Lettres arabes, Histoire, géographie, et IFERE. Ce dernier conserverait sa vocation initiale : la formation initiale des bacheliers au métier d'instituteur et la formation continue pour les diplômés d'une licence ou d'une maîtrise qui voudront se lancer dans l'enseignement pour l'apprentissage de la pédagogie. Le département des ''langues étrangères appliquées'', basé sur l'enseignement de l'anglais, de l'arabe et du swahili prévu pour faire partie des premiers départements de l'Université, n'a pas été ouvert cette année pour ''insuffisance de ressources humaines'', explique le directeur. Dans cette faculté, un nouveau département sur la langue, la littérature et la civilisation comoriennes va, selon le programme arrêté, être créé cette année. Cet enseignement sera diffusé comme module complémentaire par les étudiants de première comme de deuxième année de toutes les facultés.
Ces études sur les valeurs comoriennes, fait savoir Moibassa, vont être assurées par Chamanga et Bionko, actuellement professeurs à l'institut des langues et des civilisations étrangères de Paris et par Moinaecha Cheik, auteur d'un fascicule, ''Parler comorien''. Les deux années d'étude dans cette faculté des Lettres, des Sciences humaines et des Sciences de l'Education seront sanctionnées par un Diplôme d'étude universitaire générale (DEUG), à l'exception de l'IFERE qui délivrera le traditionnel Difosi.
IUT et DUT
La deuxième faculté accueille le ''Droit, les Sciences économiques et les Sciences politiques.'' Elle est formée de trois départements : droit, administration économique et sociale (AES) et sciences politiques. Faute d'enseignants, l'ouverture de ce troisième département a été renvoyée à l'année prochaine. A côté de ces trois départements, la faculté comporte un ''Institut universitaire de technologie'' (IUT), dans lequel, dit-on, on va enseigner la gestion des entreprises et administrations, le génie informatique, l'écotourisme et le commerce. Les étudiants de cet institut se verront délivrés un Diplôme universitaire de technologie (DUT).
En troisième, la faculté des sciences et techniques avec deux départements : sciences de la vie et sciences de la terre et de l'environnement. Le département de mathématiques appliquées, prévu pour ouvrir cette année n'a pas vu le jour “ faute de ressources humaines”.
Divergences
L'école de médecine et de la santé publique fait partie de cette faculté des sciences et techniques. Les étudiants de cette école, qui est sensée dispenser des études de soins infirmiers et d’obstétrique, vont préparer un diplôme d'Etat ''qui n'a pas encore été identifié'' selon le directeur. Cette ''école'' deviendra plus tard, la ''faculté de médecine''.
Une quatrième faculté, la ''Faculté Imam Chafiou'', est programmée pour enseigner les sciences islamiques et la langue arabe. Mais des divergences profondes persistent entre la commission de l'université des Comores et les responsables de la faculté Imam Chafiou. Ces derniers ne sont pas d'accord sur le programme d'enseignement prévu poure leur faculté. Ils demandent que leur faculté dispense les Lettres arabes et non pas seulement la langue arabe.
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Le président El Bak crée les
communes… : La décentralisation sur ordonnance
L'année dernière, la Gazette des Comores a fait le tour des villes et villages, à Fombouni, à Mbéni, à Chindini… pour constater l'émergence d'appareils municipaux informels. Les habitants, ressentant le besoin de créer un échelon de décentralisation ont, en effet, pris l'initiative d'élire un maire et un conseil municipal. De créer, en quelque sorte, des communes de fait. Sans que ces dernières soient instituées dans les textes. Des infrastructures d'intérêt public ont été réalisées. Et comme il était théoriquement impossible de percevoir des taxes, il a été fait appel à la coutume - un prélèvement sur chaque activité coutumière a été institué -, et à la contribution de la diaspora.
Cet échelon de décentralisation existe dans les textes, y compris les textes constitutionnels, depuis la colonisation, sans jamais avoir été mis en oeuvre. (voir encadré). Les constitutions de l'Union des Comores en date du 23 décembre 2001 et de l'île autonome de Ngazidja, en date du 7 avril 2002, donnent une large autonomie aux autorités de l'île. Avec le partage des compétences, l'organisation des communes est devenue une compétence exclusive des îles. D'autant que la loi fondamentale des îles précise que l'organisation administrative et politique repose sur les communes.
Une ordonnance, signée Mzé Abdou Soulé Elbak, en date du 2 octobre 2003, portant création, organisation et fonctionnement des communes pilotes sur l'île de Ngazidja, vient donc à la fois combler un vide juridique, satisfaire les aspirations à la décentralisation des populations des villes et villages et tenter de créer un cadre réglementaire s'inspirant des expériences en cours.
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Ibouroi Ali Toibibou : ''Pour une
meilleure implication dans les structures touchant l'enseignement''
Ibouroi Ali Toibibou, secrétaire général du Syndicat national des professeurs comoriens (Snpc), s'explique sur la grève des professeurs contractuels et renvoie la balle en direction des politiques. Il appelle au "recrutement immédiat de nos collègues contractuels…" D'autre part, il demande, dans le cadre de la mise en place des nouvelles structures suite à l'application de la nouvelle constitution, une meilleure implication du syndicat dans les structures touchant l'enseignement.
LGDC : Depuis près de deux semaines les professeurs contractuels sont en grève. Quelles sont leurs revendications ?
Ibouroi Ali Toibibou : Le Syndicat national des professeurs comoriens (Snpc) n'a pas été mis au courant du mot d'ordre de grève lancé par les enseignants contractuels. Je déplore ce manque d'information. Cependant, le
syndicat est gêné car la grève actuelle était prévisible. Nous avons, lors de la signature du protocole d'accord d'avril 2003 signé avec le ministère des Affaires sociales, inclus le problème du recrutement des enseignants contractuels. Aujourd'hui, nous terminons le premier trimestre alors que le problème persiste. Nous comprenons nos collègues.
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Le président El Bak crée les
communes… : La décentralisation sur ordonnances
Depuis la colonisation, les textes prévoient l'organisation de communes. Une volonté "textuelle" qui ne s'est jamais traduite par des faits concrets. Tout simplement par volonté de concentrer les pouvoirs dans un minimum de mains. Mais les village "poussent". Les populations exigent des élus au plus près des problèmes des administrés. Des communes de fait ont été créées depuis un plus d'un an. Une ordonnance de Mzé Abdou Soulé Elbak, en date du 2 octobre 2003, porte création, organisation et fonctionnement des communes pilotes sur l'île de Ngazidja.
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Elle autorise la mise en place de communes "à titre transitoire et expérimental". Elle fixe certaines compétences déléguées aux communes, en attendant une loi qui devra être soumise à la future assemblée de l'île autonome.
Un décret des autorités de l'île autonome de Ngazidja institue un Comité d'appui aux structures communales. Il est chargé de veiller à la mise en application de l'ordonnance du 2 octobre 2003. Et notamment, de procéder à des études relatives à l'organisation administrative des communes, les finances publiques communales, ainsi que l'élaboration du budget communal ; d'élaborer les textes d'application de l'ordonnance; d'orienter et de superviser la politique de coopération décentralisée…
Le Comité d'appui devra par ailleurs proposer au ministre compétent la liste des communautés villageoises susceptibles d'être transformées en commune de plein exercice, de moyen exercice ou rurale. Enfin, il aura un rôle de formation des élus et du personnel communal.
Il n'y a pas de doute, "les villages avancent". En souplesse, puisque la loi indique que la réglementation devra prendre en compte, autant que faire se peut, ce qui a déjà été fait."
Issam Mohamed
Un peu d'histoire…
Des textes jamais appliqués
Mbéni
Abdillah Mbaé passe la main
Demain, dimanche, la commune pilote de Mbéni doit élire le deuxième maire de son histoire. La commune qui a vu le jour il y a 4 ans sous l'impulsion, notamment, de celui qui en avait été élu tout premier maire, Abdillah Mbaé.
La commune estime pouvoir se prévaloir d'un bilan positif, pour l'essentiel. A l'actif du maire sortant et de sa ville, on peut citer l'acquisition d'un camion citerne offert par la Chine. Ce véhicule a servi à fournir de l'eau à plusieurs villages de la région du Hamahamet et d'ailleurs. Cela a été d'un grand secours, surtout pendant les périodes de grandes sécheresses des deux dernières années. L'autre réalisation importante de la commune, c'est la visite de travail d'une équipe médicale chinoise qui s'est livrée à plusieurs consultations dans divers hôpitaux et postes de santé de la région. Ces deux initiatives d'Abdillah Mbaé ont été très bien accueillies dans la commune et au-delà. En effet, elles répondaient à un besoin vital de populations souvent livrées à elle-même.
Toutefois, la plus grande réalisation de la commune est la construction des nouveaux locaux de l'Hôtel de ville. Ce bâtiment financé sur des fonds propres de la commune a été inauguré en mi-novembre dernier. Il est doté de neuf pièces et d'une grande salle de spectacle et doit recevoir, outre l'administration communale, les locaux de la préfecture, le bureau de l'Etat civil et celui du cadi.
En étant devenu le premier maire de cette ville moyenne du Nord de Ngazidja, chef-lieu du Hammahamet, Abdillahi Mbaé, qui ne se présente pas pour un second mandat, est entré dans l'histoire en ces toutes premières années du système communal aux Comores. Merci Monsieur le maire.
LGDC
LE COIN DES SIM
Une chronique des technologies
de l’information et de la communication
1ère phase du Sommet Mondial sur la Société de l'Information (SMSI)
Un bilan mitigé au plan international
Le "Sommet Mondial sur la Société de l'Information" (SMSI) initié par Koffi Annan a tenu sa première phase à Genève en Suisse du 10 au 12 décembre 2003. "11 000 délégués de 175 pays, 663 organisations non gouvernementales (ONG), 111 entreprises privées et 72 organisations internationales " y ont participé." Sur près de 70 chefs d'Etat et de gouvernement annoncés, seule une quarantaine ont fait le déplacement. Les dirigeants des grands pays du Nord s'étaient décommandés l'un après l'autre.. Vingt-sept heures de discours en séance plénière, (chaque pays disposait de cinq minutes à la tribune officielle). On dirait qu'il s'agit du même discours lu par tous les chefs d'Etat." Voilà la description de l'événement par l'AFP. En matière de résultat, cette même dépêche datée du 12/12/03, 17h51 souligne que : "l'enjeu (du SMSI) était mince… les décisions avaient été prises à l'avance au fil de réunions préparatoires. Celles-ci ont débouché sur une déclaration de principe et sur un plan d'action pour soutenir le développement des technologies de l'information et de la communication (TIC) dans les pays pauvres, mais sans engagements. Ces textes de compromis sont truffés de formules vagues ou ambiguës et renvoient à plus tard la question essentielle du financement. Les pays en développement, qui attendaient des engagements financiers du Nord, restent sur leur faim, les décisions concrètes étant reportées à la seconde phase du sommet, prévue en 2005 à Tunis". On apprend par ailleurs que " plusieurs ONG ont publié une déclaration finale alternative qui déplore que "l'information et les connaissances sont transformées en marchandises privées qui peuvent être contrôlées, achetées et vendues comme des matières premières". "On retiendra néanmoins la mise en place d'un Fonds de Solidarité Numérique sur proposition du président du Sénégal. Bilan mitigé donc au plan international.
Sur le plan national, le SMSI passa quasiment inaperçu. Les journées nationales sur les TIC (SIM en comorien) organisées par la Cellule de réflexion, d'Analyse, d'Action et de Suivi les 3 et 4 décembre 2003, n'a pas produit le sursaut espéré. La participation du Chef de l'Etat comorien au SMSI et les reportages d'un talentueux journaliste de Radio Comores n'ont pas réussi à sensibiliser la population comorienne. Il faut aussi souligner que les acteurs comoriens du secteur des SIM n'ont pas réussi à organiser une manifestation quelconque en liaison avec la tenue du SMSI.
Il n'en reste pas moins que le SMSI a mobilisé aux Comore, et cela dans un contexte marqué par le lancement de HURI. Les annonces à caractère stratégique du Chef de l'Etat à l'occasion du SMSI en portent témoignage. Si l'élan pris est poursuivi, si la volonté politique exprimée se concrétise sans sectarisme, il y a fort à parier que des perspectives de développement se dessineront avec netteté. Et si l'année 2004 qui se profile sous les bons auspices des accords historiques du 20 décembre 2003 nous réservait des bonnes surprises, pourrions-nous formuler au pays de meilleurs vœux de bonne et heureuse année 2004 ?
Idriss
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Université des Comores : ''Nous
sommes dans une année d'expérimentation''
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''Pas question parce que l'enseignement des Lettres arabes exige un enseignement bilingue, français-arabe.
La faculté Imam Chafiou n'a ni cette vocation, ni cette capacité'', note le directeur des études.
L'autre point de discorde entre cette faculté et l'université réside dans les modalités de recrutement des professeurs et d'inscription des étudiants. Les responsables de l'Université disent avoir constaté que le recrutement des enseignants et des étudiants ne répond pas aux conditions exigées : ''Beaucoup de professeurs n'ont pas les qualifications requises et on accepte des étudiants sans bac ou muni d'un bac étranger. Ce qui est contraire au règlement.
La faculté Imam Chafiou ne peut se situer en dehors des règlements de l'Université''.
La divergence persiste et les responsables de cette faculté menacent de quitter l'université et de continuer à faire cavalier seul, comme l'année dernière. Plus de 100 professeurs enseigneraient à l'Université.
Qualification
Suivant ces statuts, seuls les titulaires d'un doctorat et d'une maîtrise plus cinq années d'expérience dans l'enseignement sont autorisés à enseigner à l'université. Pour le moment, ce sont les professeurs des anciennes écoles et instituts (Enac, Ifere et Isefr), qui constituent la majorité des enseignants. Les autres sont des enseignants de lycée. Des polémiques se font jour sur les statuts, la promotion et les indemnités dont bénéficient certains intervenants non fonctionnaires et les professeurs des lycées intervenant à l'université. Avec les conditions qui leur sont proposées, certains disent préférer ''rester dans leurs lycées ou continuer à exercer à plein temps dans leurs bureaux''.
Selon les responsables, des professeurs de Madagascar et de Tanzanie, par exemple, auraient fait part de leur désir d'enseigner'' : ''Nous n'avons pas pu nous prononcer parce que nous ne maîtrisons pas encore notre budget'', a expliqué Mombassa.
De son côté, la présidence de l'Union serait prête à financer le voyage de tout comorien de l'extérieur qui se propose d'enseigner à l'université. Deux personnes se sont déclarées intéressées. Pour le moment, seulement une partie du budget promis serait versée à l'université. Ce fond, qui a spécialement servi à acheter le mobilier à Dubaï, a été débloqué à la dernière minute. Cela à la suite de fortes pressions de la commission auprès des hautes autorités de l'Etat. Ce qui expliquerait le retard dans la mise en place du mobilier.
Laborieuse
L’Université attend sa reconnaissance par ses soeurs du monde. Des démarches seraient entreprises auprès d'institutions et d'universités étrangères. Une délégation de l'université de Paris III et de Lyon est attendue à Moroni pour évaluer les modules d'enseignement de l'université des Comores. ''Des démarches sont engagées. Elles restent à concrétiser. Cela dépendra de la qualité de notre enseignement et de la bonne volonté de l'Etat'', précise le directeur des études.
En attendant l'Université fait ses premiers pas. Difficilement, il est vrai. La rentrée est laborieuse dans la plupart des facultés. Dans certaines, comme à la faculté des Lettres, des professeurs manquent toujours. Des étudiants non retenus demandent toujours à être inscrits. Beaucoup d'inscrits n'ont pas encore acquitté leurs droits d'inscription qui s'élève à 70.000Fc.
Commentaire du directeur des études : ''Cette année est une année d'expérimentation.''
Mmadi Moindjié
Enseignement : ''Pour une
meilleure implication dans les structures touchant l'enseignement''
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LGDC : Certains contractuels ont, dans une précédente grève, regretté l'absence de solidarité de la part du syndicat. Que répondez-vous à ces derniers ?
I.A.T : Il existe une incompréhension entre les contractuels et le syndicat. Les premiers disent faire cavaliers seuls alors que le syndicat a âprement défendu leur cause. Ils ont continué à travailler lors de notre grève pour enfin revenir s'aligner sur les termes de l'accord d'avril 2003. Le vrai problème est que le ministère des Affaires sociales voulait mettre son homologue de l'île de Ngazidja dans l'embarras. On a eu droit à deux notes d'affectations (Union et île autonome de Ngazidja) et à deux notes fixant la rentrée scolaire. Par rapport à cette situation, nos amis contractuels ont choisi de suivre la note d'affectation des Affaires sociales alors qu'ils avaient comme préalable la concrétisation de leur décision de recrutement. En réalité, le problème majeur est que le gouvernement de l'Union renie toujours ses engagements.
LGDC : L'absence prolongée de vos collègues contractuels ne risque-t-elle pas de perturber le déroulement des examens trimestriels ?
I.A.T : Naturellement. Une centaine de contractuels en grève, cela ne peut qu'affecter le bon déroulement des examens. L'administration procédera-t-elle à un remaniement du calendrier ? C'est à elle d'en décider.
LGDC : Quels sont les mesures prises par votre organisation face à cette épineuse question des contractuels ?
I.A.T : Le syndicat n'a pas pris de décision pour les seuls contractuels. Mais il a évalué l'accord conclu avec
le ministère des Affaires sociales systématisé dans un communiqué du 13 décembre 2003. Nous espérons que les autorités compétentes régleront ce problème.
LGDC : Les élèves commencent à être lassés de ces grèves à répétition. N'est-il pas temps de régler définitivement ce contentieux ?
I.A.T : Ce n'est pas une revendication nouvelle. La réponse se trouve dans l'application de l'accord par le
gouvernement, à savoir le recrutement immédiat de nos collègues contractuels.
LGDC : Avec la signature de l' " accord sur les dispositions transitoires aux Comores ", le pays est appelé à remodeler son administration. Etes-vous associé à ce processus en votre qualité de partenaire social ?
I.A.T : Nous disons qu'il doit y avoir respect entre partenaires. Mais à l'heure qu'il est le gouvernement de l'Union ne reconnaît pas le rôle de la direction syndicale. Nous demandons une meilleure implication sur les structures touchant l'enseignement. Nos organisations regrettent leur mise à l'écart. Les autorités doivent entrer dans cette logique de réconciliation en nous associant à la refléxion sur les problèmes qui nous concernent.
LGDC : Observera-t-on une réorganisation interne au sein de vos structures ?
I.A.T : Naturellement. Nous avons rappelé aux autorités que la constitution de l'Union et les lois fondamentales des îles nous accordent des droits sur lesquels nous comptons nous appuyer pour nous adapter à la nouvelle réalité. Cette réflexion reflète la position des syndicats dans leur ensemble.
Propos recueillis par
S. Maoulana
Numéro
Affaires
La liste sera longue... très
longue
La Justice suit son cours. C'est ce que l'on dit dans les couloirs du Palais de Justice. Certaines "affaires" pourraient trouver leur conclusion dans le courant du mois de janvier. Des dignitaires de ce régime et des régimes précédents, soupçonnés de "possession de compte avec des valeurs injustifiées", seraient dans le collimateur de la Justice.
Aucune date n'est encore précisée pour la tenue des procès sur les ''affaires'' qui ont jeté en détention provisoire plus d'une dizaine de personnes à la maison d'arrêt de Moroni. A l'heure actuelle, au parquet, on dit ne pas être en mesure de fixer les dates des procès concernant les affaires de la direction générale des impôts de l'Union, de la Banque centrale et du directeur général des douanes, Raoul Delapyerre.
Les procédures traînent et les procès tardent à venir, constatent certaines personnes. Lesquelles commencent à s'interroger sur ces lenteurs. Au parquet, on affirme toutefois que les enquêtes suivent leur cours. Ces affaires seraient toujours en phase d'instruction. Le juge d'instruction, assure-t-on, continue ses investigations.
Au niveau des huit agents de la Banque centrale, accusés ''de vol de numéraire'' tous seraient reconnus comme étant impliqués dans ce détournement de fonds au sein de leur institution.
Procès en janvier
Le juge avait, ainsi, ordonné une opération de saisie des biens de ces personnes ''impliquées'', en détention provisoire à la maison centrale de Moroni, depuis bientôt deux mois. Des véhicules, notamment, appartenant à ces personnes auraient été saisies. Et la justice, dit-on, ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Le juge pourrait aussi ordonner à la gendarmerie de saisir d'autres biens et propriétés de ces agents et procéder à leur vente aux enchères.
Mais pour le moment, la saisie opérée ne serait pas définitive. Le juge va évaluer la part de responsabilité de chacun et prononcera ensuite le montant de la saisie à opérer sur chacun.
DGI, vers la phase finale
Une part des biens déjà saisis, assure-t-on, sera remis à leur propriétaire s'il est avéré que sa part de responsabilité s'est révélé plus faible que la valeur de la saisie.
Sur cette affaire l'enquête policière serait, déjà, close et les gendarmes agissent ''sur instruction du juge en charge de ce dossier.'' Certaines sources laissent croire que les procès pourraient se tenir dans le courant du mois de janvier.
Dans l'affaire de la direction générale des Impôts, l'enquête serait dans sa phase finale. Elle aurait permis aux enquêteurs de mettre à jour de nouveaux éléments importants de l'affaire. Le procès, comme pour l'affaire du vol numéraire à la Banque centrale, pourrait se tenir courant janvier.
Le directeur général des douanes, Raoul Delapyerre, aurait également fait l'objet d’une saisie, mais au niveau de son compte personnel en France. Il avait été interpellé pour "possession de compte avec des valeurs injustifiées". Ce qui a amené les autorités judiciaires à diligenter une enquête. Une quinzaine de personnes, dignitaires de ce régime et des régimes précédents, soupçonnées d'être dans la même situation bancaire que Raoul Delapyerre, seraient dans le collimateur de la justice. L'enquête se poursuivrait et le directeur général reste en détention provisoire à la prison centrale de Moroni.
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Commune pilote de Mbéni
Assoumani Ousseini succède à Abdillah Mbaé Assoumani Ousseini a été élu maire de la commune de Mbéni, hier 28 décembre dès le premier tour, par 38 voix, soit 53,53% des votants. 5 candidats se disputaient la succession d'Abdillah Mbaé, premier maire de la ville de Mbéni. Le collège des grands électeurs est composé de 72 conseillers municipaux, représentants des associations et classes sociales traditionnelles.
Le vote s'est déroulé dans la sérénité et la transparence.
Le dépouillement s'est effectué à 17h en présence des conseillers municipaux, des candidats et de l'ancien maire de Mbéni.
Dans notre édition de demain nous vous proposerons le reportage de notre envoyé spécial, Ahmed Bourguiba.
A.B.
Azali après la signature de l'accord sur la
transition : ''Une lourde responsabilité devant le peuple et la communauté
internationale''
Selon le colonel Azali, et contrairement à ce que soutiennent certains responsables de l'opposition, l'accord de Beït-Salam ''ne vient pas enterrer celui de Fomboni''. L'accord de Fomboni a permis au pays de ''rétablir la sécurité et de sauvegarder son intégrité'', celui de Moroni vient ''résoudre une crise politique et administrative sur la gestion de l'Etat.
Il faut donc, sans attendre, mettre en place ses dispositions nouvelles''. Ce nouvel accord constitue, de l'avis du président de l'Union, un lourd engagement pris devant le peuple et le monde. C'est ce qu'a déclaré le président de l'Union, samedi, à l'issue d'une visite de travail au ministère des Relations extérieures.
Le président Azali Assoumani a rendu, samedi, une visite d'une demie heure au personnel du ministère des Relations extérieures. Le chef de l'Etat ''a tenu'' à effectuer cette visite pour ''le féliciter du travail formidable qu'il a accompli'' dans l'organisation et le déroulement des rencontres qui ont débouché sur la signature de l'Accord de Beït-Salam. De même, il a ''rappelé le rôle capital qu'il doit jouer pour la mise en oeuvre rapide de l'accord.''
Selon le président Azali, ''la signature constitue un début''. Le président a également parlé des dispositions à prendre et de la contribution de l'Etat ''pour mieux organiser le ministère, afin qu'il soit en mesure de jouer son rôle capital pour la mise en oeuvre de l'Accord et pour le développement du pays.'' ''Aujourd'hui, une bonne diplomatie doit être au service du développement'', a-t-il précisé.
Dans la foulée, un programme de rencontres avec le personnel va être établi, selon le chef de l'Etat, pour ''aider'' le ministère à réussir ce pari.
Au cours d'un point de presse improvisé après sa rencontre avec le personnel, le président l'Union s'ést exprimé sur le nouvel accord et son application : ''Cet accord appartient à tous les Comoriens et chacun doit oeuvrer, en ce qui le concerne, pour son application.''
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La CNEI se met au travail
Après l'accord intervenu entre les présidents de l'Union et des îles, les membres de la Commission nationale électorale indépendante se mettent au travail. Ils ont quatre mois pour organiser les élections. Ils ont siégé vendredi et samedi à Anjouan pour élaborer le calendrier des élections législatives. Quatre mois, c'est un peu juste pour mettre en oeuvre tout le processus qui doit aboutir à des élections transparentes, en révisant notamment les listes électorales. Ce travail qui avait été confié à des experts du PNUD, sous la supervision de la défunte CNEH, avait fait l'objet de nombreuses critiques et a même failli faire capoter la tenue des élections présidentielles.
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Etablissements d'enseignement
privé : Renforcer la qualité de l'enseignement
Au cours de l'assemblée générale de la Coordination des établissements d'enseignement privé, il a beaucoup été question du renforcement de la qualité de l'enseignement dispensé. Une question transversale qui est apparue tant à travers la formation des professeurs que de la question des redoublants qui errent d'école en école en trafiquant leur certificat d'exéat. Enfin, il a été remis sur le tapis le problème des taxes prélevées par l'Etat qui contribuent à alourdir les frais d'écolage ou à freiner les investissements.
Au centre de son assemblée générale annuelle qui s'est déroulée hier à l'école Abdoulamine, la Coordination des établissements d'enseignement à placé le renforcement de la qualité de l'enseignement au sein des établissements privés. Et pour cela, il a été décidé de mettre l'accent sur la formation des enseignants, notamment sur le recyclage.
La Coordination des établissements d'enseignement privé, représentative des établissements d'enseignement privé qui regroupent plus de 20.000 élèves, en Grande Comore uniquement, a repris un de ses cheval de bataille en demandant à nouveau l'abrogation des taxes qu'elles versent à l'Etat. "Nous avons le statut d'établissement privé à caractère social, et nous assurons un service public qui fait partie des compétences du gouvernement", a notamment affirmé un des participants à l'assemblée générale. Des taxes qui s'élèvent à plusieurs millions de francs par an et qui, évidemment contribuent à l'augmentation des frais d'écolage payés par les parents.
L'assemblée générale a également mis l'accent sur l'élimination d'une pratique qui porte préjudice à l'image de marque des écoles privées et qui porte atteinte à l'intérêt même des élèves. Il s'agit des élèves redoublants qui vont d'établissement en établissement, produisant de faux certificats d'exéat leur permettant de passer dans les classes supérieures alors qu'ils n'en ont pas le niveau.
Les représentants des écoles privées ont également décidé la création d'une Journée nationale des établissements privés. Elle pourra prendre la forme de manifestations sportives ou culturelles ; mais aussi de journées citoyennes ayant trait par exemple à l'environnement.
La Coordination est maintenant présidée par Abdullah Mbaé, l'ancien maire de Mbéni. Un homme dont on connaît l'attachement au développement d'un enseignement de qualité, soubassement d'un décollage économique. Il est secondé dans sa tâche par Mohamed Soihili (vice-président) et par Soidridine Youssouf (secrétaire général).
Issam Mohamed
105 RB : Entre difficultés et
vision d'avenir
Inaugurée depuis février 2000, 105 Radio Badjanani (105RB) est reçue dans toute la capitale et dans d'autres régions de Ngazidja. Radio des jeunes et de la culture, la station qui a beaucoup de mal à boucler ses fins de moi, compte sur la vitalité des ses jeunes et le partenariat pour continuer à vivre et à aller de l'avant.
Dans deux mois, la station de radio du Centre culturel et de Loisirs de Badjanani, 105RB Radio Badjanani, fêtera son quatrième anniversaire. ''La voie du centere'' a vu le jour un mois de février 2000 grâce à un financement de la section parisienne de cette association.
Aujourd'hui, la radio se porte bien, pour l'essentiel.
Des jeunes gens et jeunes filles du quartier, et parfois d'ailleurs, s'affèrent à peu près régulièrement autour d'elle. Ils en ont fait, de l'avis d'un de ses responsables, Farid Amada, une des toutes meilleurs stations de la capitale. Et peut-être même de toute l'île de Ngazidja.
En matière d'équipement, le tout premier rêve de la dizaine de jeunes animateurs est réalisé : 105RB émet sur un matériel entièrement numérique avec deux ordinateurs multimédias pour émettre, enregistrer, mais aussi pour le montage. Ce matériel sert beaucoup pour les spots publicitaires, plutôt bien faits que vous appréciez tous les jours à l'écoute de la ''radio intelligente'' comme est convaincu un de ses slogans de reconnaissance. Ce matériel numérique, explique, également, son confort d'écoute, une des principales caractéristiques de la station. Tout cela fait, de 150RVB une des trois meilleures radios les mieux équipées de Ngazidja.
Côté programme, les jeunes se démènent comme ils peuvent. Ici, on fait à la, fois culturel et communautaire. ''Tout en étant au service de la communauté du quartier et de la ville, nos émissions sont essentiellement culturelles et sont destinées aux jeunes de toutes conditions et de toute l'île.
Culture et jeunesse
Ainsi chaque semaine, les auditeurs peuvent suivre des émissions sur l'histoire des Comores, des émissions de connaissances générales, sur les relations entres les jeunes, des micro-trottoirs sur des sujets divers (les MST, le sida, la santé publique, la vie dans les écoles, l'activité des jeunes dans les quartiers).
La principale difficulté rencontrée par la station est d'ordre financier. ''Nous comptons essentiellement sur les recettes publicitaires pour vivre''. Mais cela ne suffit pas toujours et elle doit recourir à d'autres chapitres du budget du centre pour pouvoir continuer a émettre dans des conditions à peu près acceptables.
Toutefois, il ne semble pas que les jeunes animateurs bénévoles veillent baisser les bras. Bien au contraire. Des projets germent dans leurs têtes. Certains vont voir très bientôt, le jour. C'est ainsi qu'un partenariat avec d'autres stations (Radio Kaz et RTD), va se concrétiser dans les semaines à venir. Objectif : permettre aux stations partenaires de couvrir l'ensemble de l'île de Ngazidja et peut-être certaines régions de Mwali.
Ayiman
Habari za udunga Djwayi
na ntsidawe
Comme tout bon comorien, vous connaissez sans doute cette fable. En effet avant la signature de l'accord de Beït-Salam, nous pouvions dire que le microcosme midjidjegoiste a vécu dans ce dilemme pour ne pas dire avec ce syndrome. L'histoire relative à la convocation du corps électoral a obéi à cette logique du djwayi na ntsidawé. Présentement, pour parler comme les Québécois, tout le monde s'accorde à dire que le climat est à l'apaisement même s'il ne faut pas s'endormir sur les quelques lauriers chèrement acquis. Les cas de maître Larifou et du ministre Younoussa sont là pour nous appeler à la vigilance sur la question des libertés. En effet dans les îles de la lune, nous avons une tendance à allonger à l'infini nos débats et à accorder une importance toute relative aux écrits et aux faits. Nos fameux bangwes (place publique traditionnelle) n'ont d'autres finalités que d'exorciser notre magie du verbe. Le bangwe est devenu pour certains un véritable canapé pour des séances de psychanalyse à ciel ouvert. Certaines personnes sont parfois "en manque" si elles n'ont pas eu l'occasion de passer dans la journée dans le bangwe pour distiller et écouter quelques "scoops" des potins du village et du pays. Et cela va du chômeur longue durée en passant par le haut fonctionnaire non renseigné en mal de sensations et qui veulent en savoir plus, par exemple, sur le prochain remaniement et autres crocs en jambe et peaux de banane dans le microcosme. Les capacités imaginatives de nos compatriotes sur ce chapitre ne souffrent d'aucun doute. Certaines personnes se sont, nous pouvons le dire, spécialisées dans l'art du colportage et du racolage et c'est un domaine d'avenir affirment les mauvaises langues.
OmnisportsLe journal français l'Equipe a désigné le basketteur Tony Parker comme meilleur sportif de l 'année. Le jeune franco-américain a fait une saison d'enfer en N.B.A et vient de démarrer sa seconde saison en trombe. Même si sa réussite est un peu moins bonne en équipe de France - une hirondelle ne fait pas le bonheur - Tony Parker mérite largement cette distinction. En seconde position, on trouve l'équipe de France féminine de handball qui compte deux Réunionnaises dans ses rangs et vient de remporter le titre de championnes de monde. Le footballeur Thierry Henry, un ami proche de Tony Parker, est distingué deux fois derrière Zinédine Zidane, meilleure joueur désigné par la Fédération internationale de football (FIFA) et derrière le Tchèque de la Juventus Pavel Nedved élu "Ballon d'Or" de France-Football.
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Affaires : Des dignitaires de ce
régime et des précédents seraient dans le collimateur de la justice
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D'autres responsables de l'administration financière de l'Etat, ''impliqués'' dans des affaires ont pu regagner leur bureau. Les responsables des services des timbres fiscaux et des patentes à la direction générale des impôts de l'Union avaient été accusés d'un ''délit fiscal'. Ils avaient été suspendus de leurs fonctions et déferrés devant le juge. L'enquête restait en instance et les accusés demeuraient sous contrôle judiciaire.
Liberté provisoire
Le premier, responsable du service des timbres fiscaux avait été surpris en flagrant délit. Il était en possession de plusieurs dizaines de vignettes automobiles 2003 dans son sac. C'était lors d'une enquête de la brigade routière sur l'affaire de l'agence d'assurance ACM, fermée pour existence frauduleuse. Cet homme aurait eu le temps de vendre plus d'une centaine de vignettes. Le deuxième accusé est suspecté d'avoir délivré la fausse patente à cette agence, avec la complicité du responsable du service des timbres fiscaux.
Dans cette dernière affaire de l'agence d'assurances ACM, les deux principaux actionnaires sont toujours maintenus en détention provisoire.
Beaucoup d'affaires donc en cours. Mais comme on dit, la Justice suit son cours et quelques-unes pourraient trouver leur conclusion dans le courant du mois prochain.
Mmadi Moindjié
Le colonel Azali
: ''Une lourde responsabilité...''
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Azali a rappelé qu'il s'agissait d'une lourde responsabilité prise devant le peuple et auprès de la communauté internationale.''
Il a demandé aux gouvernements de l'Union ou des îles et à tous les responsables politiques de tout bord et administratifs de ''s'y atteler''. Il demande de faire en sorte que les commissions chargées de la mise en oeuvre de l'accord puissent se mettre au travail.
Le président n'a pas voulu répondre aux reproches émis par des responsables politiques qui dénonce leur ''mise à l'écart'' dans cette étape de la réconciliation et de la concorde nationale. Pour lui ''le plus important c'est que l'accord a été signé par des responsables comoriens quels qu'ils soient.
“Violations en série”
Ce débat n'a pas de sens: ''L'essentiel est dans le résultat''. Il s'est dit ''confiant qu'après les élections'', le pays retrouvera “la stabilité et un climat de confiance dans la gestion de l'Etat. C'est tout le monde qui a gagné.''
Le chef de l'exécutif de l'Union s'inscrit également en faux contre ceux qui pensent que cet accord est venu enterrer celui de Fomboni qui définissait les étapes et les mécanismes du processus de réconciliation nationale et la mise en place des institutions. En effet, certains politiques estiment qu'en signant cet accord, les présidents des îles, de l'Union et la communauté internationale, ont signé l'arrêt de mort de l'accord cadre de Fomboni''.
Ces derniers évoquent, entre autres, la modification du comité de suivi de la réconciliation nationale de ''manière illegale'', sans concertation avec le précédant comité, et une ''mise à l'écart'' des certains signataires de l'accord de Fomboni dans les discussions : ''Après la violation de la constitution, la communauté internationale vient de cautionner celle des termes de l'accord cadre de Fomboni'', soutient un responsable de l'opposition.
Pour Azali, le nouvel accord ne vient pas tout recommencer, mais ''compléter l'ancien conformément aux réalités nouvelles.''
L'accord de Fomboni, selon le président, a permis de ''rétablir la sécurité et de sauvegarder son intégrité'', celui de Moroni vient ''résoudre une crise politique et administrative sur la gestion de l'Etat. Il donc, sans attendre, mettre en place ses dispositions nouvelles''. Le colonel a terminé en saluant solennellement les signataires de l'accord de Fomboni.
Mmadi Moindjié
Boinariziki et Soubi à La Réunion : Comme
un souffle de Mohéli…
Boinariziki et Soubi ont une nouvelle fois connu le succès à La Réunion, lors du Festival Artkensièl. Mais l'actualité du trio mohélien, c'est tout d'abord la sortie de son second album en janvier prochain. Et sa présence au Midem 2003, à travers un de ses titres retenu pour la compilation destinée à la promotion internationale.
Sur la scène du théâtre en plein air de Saint-Gilles, les premiers accords de gabussi, de dzéndzé et de m'kayamba, emplissent la nuit. Ils accrochent tout de suite le public. Boinariziki et Soubi ouvrent, en avant-première de Bastèr, le groupe phare de La Réunion, le premier festival Artkenciel organisé par l'Office Départemental de la Culture. Une tâche toujours difficile dont le trio mohélien se tire plutôt bien.
Cette musique intéresse le public. C'est celle de Mohéli, " inspirée de la culture traditionnelle et jouée comme il y a des siècles, telle qu'elle a été transmise par les anciens ", souligne A. Cheikh, sur le livret qui accompagne "Bweni Marie." Leur premier album, sorti il y quatre ans au Studio 1.
Avec leur répertoire, note l'auteur, " ils font le tour des îles pour animer les festivités célébrant les mariages, les cérémonies traditionnelles, et les séances de " danses en transes."
Devant le public réunionnais, qu'ils connaissent pour avoir joué, en 1997 à Saint-Denis, lors du fameux festival des Iles de la Lune, Boinariziki et Soubi ont, comme d'habitude, chanté l'amour, imploré Dieu et les ancêtres et raconté les phénomènes de société sur des airs de m'godro, de shitété, de nyamandziya, de magandja…
Parfum d'Orient
Et ils ont séduit. Marine notamment, qui écrit dans le Journal de l'Ile de La Réunion : " On est juste passé faire un tour pour voir le décor, prendre le vent et écouter Boinariziki et Soubi, notamment, qui nous ont plongé direct dans le dépaysement familier des instruments simples et graves où se joue un répertoire lancinant au parfum d'Orient, rehaussé par les voix de tête, pour ne pas dire par les voix haut perchées qui font la spécialité de la tradition comorienne."
Une bonne sortie pour le trio mohélien qui, en janvier 2004, mettra son second album sur le marché. Et cela tombe à pic puisque, souligne Abdallah Chihabiddine, directeur de Studio 1, producteur de Boinariziki et Soubi qui les accompagnait à La Réunion, " nous avons pu échanger avec des organisateurs, des artistes… Il existe une ouverture sur La Réunion, car nous avons placé le prochain album en distribution."
Mais l'actualité du trio mohélien passe aussi par le Midem 2004. En effet, un titre du second album, "Utsilawé", a été retenu pour figurer sur la compilation qui servira pour la promotion internationale. Une action menée par le Conseil francophone de la chanson dont Abdallah Chihabiddine est le vice-président pour l'Afrique de l'Est et l'Océan Indien.
La musique comorienne peut s'exporter. Pour peu qu'on lui en donne les moyens. Sans doute parce qu'elle s'enracine dans une tradition forte et qu'elle sonne " authentique ", dans un monde qui tend à s'uniformiser.
Issam Mohamed
Vite dit
L'article sur l'Université des Comores paru samedi dernier a, semble-t-il , créé un débat à l'intérieur de son administration sur les sources d'information de la Gazette des Comores. Nous pouvons dire que notre rencontre avec Ali Mohamed, directeur des études, s'est seulement focalisée sur les aspects purement pédagogiques du rôle de l'Université. Les autres aspects de notre article étaient basés simplement sur les recoupements et vérifications habituels d'un organe d'information auprès d'autres sources. Il n'y a pas de quoi fouetter un chat.
Réctificatif
Dans notre brève “Evolution du stock”, inclu dans notre dossier sur le coelacanthe de notre avant-dernière édition, il fallait lire : “En 2000, grâce à la convention de Washington et à l’action de l’APG, la population (des coelacanthes) étaient évaluée à 600” , et non à 2000 comme nous l’avion malencontreusement écrit.
Numéro 173
Affaire Me Larifou : ''Demander à un médecin le contenu du dossier de son patient est insensé…''
''J'ai sollicité un complément de diagnostic car dans le pays il n'existe pas de matériel suffisamment performant dans le domaine de l'exploration cardiovasculaire''. ''Amener des médecins au poste comme des vulgaires voleurs est regrettable. Demander à un médecin le contenu du dossier de son patient ou pourquoi l'avoir signé est insensé voire idiot''. ''L'état de santé de Larifou se stabilise. Mais cela ne veut pas dire qu'il est hors de danger. La notion de ''mort subite'' est cardiologique. Ce n'est pas une plaisanterie''. Telles sont quelques unes des déclarations du cardiologue, le docteur Sounhadj Attoumane, qui a examiné Me Larifou actuellement hospitalisé à Moroni.
LGDC : Vous êtes un des deux médecins (avec le Dr Ben Imane) qui ont examiné maître Larifou suite à son malaise cardiaque. Votre diagnostic est formel: il faut une évacuation d'urgence . Où en est-on exactement ?
Dr Sounhadj attoumane : L'hospitalisation d'un patient veut dire que sa maladie est sérieuse ou grave. Dans le cas de Larifou, j'ai sollicité un complément de diagnostic car dans le pays il n'existe pas de matériel suffisamment performant dans le domaine de l'exploration cardiovasculaire. Un médecin utilise les moyens dont il dispose ou il passe la main. Nous avons négocié avec l'île Maurice pour avoir un quota dans le cadre de l'évacuation de nos malades cardiaques. Donc, orienter Larifou dans ce sens n'est pas une nouvelle extraordinaire vu nos moyens dérisoires.
LGDC : Cette affaire Larifou vous a conduit jusqu'à la brigade de recherche pour être entendu. Que vous reproche-t-on ?
S.A : Amener des médecins au poste comme des vulgaires voleurs est regrettable. Ils ont fait de l'excès de zèle. Demander à un médecin le contenu du dossier de son patient ou pourquoi l'avoir signé est insensé, voire idiot. Aujourd'hui l'incident est clos, car l'essentiel est l'état de santé de mon patient.
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Danse : Du mgodro
au mringe ou la danse de combat
Le célèbre Stars band effectue, en Grande Comore, une tournée jusqu'au 3 janvier 2004. Ce groupe anjouanais, connu pour ses chansons de wadah et de mgodro, avec des titres comme ''Darling'' ou encore le fameux ''Were were'' fera également des démonstrations de mringué. Cette danse guerrière dans laquelle le public, qui ne se fait pas prier, est invité à entrer dans le rond de combat. Le temps d'un échange, dans une chorégraphie artistique au rythme du mgodro.
Emouvants au revoir à l’AIMPSI
Un grand technicien s’en va après de bons et loyaux service
Le personnel et la direction générale de l'Aeroport international Prince Said Ibrahim (Aimps) ont fait leurs adieux à Mohamed Moussa, un haut fonctionnaire de l'Agence pour la sécurité et le contrôle de la navigation aérienne (Asecna), originaire du Sénégal. Ce technicien en aéronautique a travaillé, pendant deux ans, aux Comores en qualité de conseiller technique à la direction générale de l’Aimpsi. Il a servi pendant plus de quinze ans à l'Asecna, et était en poste au pays dans le cadre d'une convention d'assistance technique signée entre les Comores et l'Asecna. Mohamed Moussa a été envoyé spécialement pour accompagner les Comores dans le processus de son adhésion à cette agence prévue pour le 1er janvier prochain. L'Asecna regroupe des pays africains, Madagascar et la France.
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Danse : Du mgodro au mringe ou la danse de
combat
Le célèbre Stars Band effectue, en Grande Comore, une tournée jusqu'au 3 janvier 2004. Ce groupe anjouanais, connu pour ses chansons de wadah et de mgodro, avec des titres comme ''Darling'' ou encore le fameux ''Were were'' fera également des démonstrations de mringué. Cette danse guerrière dans laquelle le public, qui ne se fait pas prier, est invité à entrer dans le rond de combat. Le temps d'un échange, dans une chorégraphie artistique au rythme du mgodro.
Le stars Band est composé de treize personnes, dont deux danseuses et onze musiciens.
Avec comme chef d'orchestre Hamidou Ben Cheikh, Stars Band est apprécié pour l'exubérance de ses prestations, tant dans le message véhiculé que dans la rythmique endiablée. Des notes qui emportent, qui subjuguent le spectateur au point de l'amener à rentrer dans la danse et dans le rond de combat.
Car au-delà de la danse, Stars Band, fort de ses percussions puissantes aux rythmes ternaires, invite à la fête rituelle. Celles et ceux qui ont eu la chance d'assister au premier spectacle, à l'amphithéâtre de plein air, mercredi dernier à la Petite Coulée n'ont pas été déçus. Certains sont même retournés vendredi dernier à l'esplanade de l'Alliance Franco-comorienne.
Connu sous le nom de moringue à La Réunion, de mronguy à Madagascar, le mringue comorien est une danse de combat originaire d'Afrique qui a essaimé dans plusieurs pays du monde, emportée par les esclaves à qui il a servi de repère culturel. Cette danse rituelle où se mêlent le défi et la confrontation se retrouve dans l'Océan Indien, mais aussi dans les Caraïbes et en Amérique du Sud, notamment au Brésil sous le nom de Capoeira. Cette dernière, sous différentes formes, est très appréciée. Elle a réussi, à travers des films et des tournées de promotion à s’imposer en Europe où des clubs se sont formés.
Le Stars Band continuera de tourner à Vouvouni, Mitsamiouli, Bangoikouni, à la plage de Moindzaza, avant de revenir à Moroni pour un dernier concert à Al Camar, pour finir par un dernier mringue au stade omnisports de l'Oasis , le 3 janvier 2004 à 20h30.
Football féminin : Près de
dix matches en deux jours
Les dimanche 21 et 28 décembre 2003, le stade de Moroni a accueilli des matches de football entre équipes féminines de Mitsamiouli, Bambao, Hambu et Mbadjini. Une manifestation organisée par la Commission de sensibilisation et d'organisation du football féminin comorien (CSOFFC).
Le tournoi était organisé en deux poules. Dans la poule A, on trouvait : Club-Maman, Force-Club de Mitsamiouli et Uragan Caltex-Club ; et dans la poule B : Chouani-Club, Comores Sport de Zilimadju et Étoile du Sud de Fumbuni.
FCM, après avoir tenu en échec à domicile Uragan de Moroni sur le score nul de un partout, a éliminé le Club-Maman par deux buts à zéro. Club-Maman s'est imposé par 1 but à zéro devant Uragan Caltex-Club. Parallèlement, Comores-Sport de Zilimadju a écarté Chouani-Club par un but à zéro, et fait match nul 1 à 1 face aux Sudistes. Étoile du Sud et Chouani-Club ont fait match nul (1 but partout).
A l'issue de la phase éliminatoire, deux équipes se sont nettement distinguées. Force-Club de Mitsamiouli et Comores-Sport de Zilimadjou ont terminé invaincus, classées premières de leur poule. Et d'autre part, Club-Maman et Étoile du Sud ont fini seconds et se sont qualifiés pour les demies finales.
En demi-finales, d'une part, Comores-Sport a éliminé Club-Maman par 1 but à zéro, et d'autre part, Etoile du Sud s'est inclinée sur le score serré de 8 buts à 7 face FCM, après la série des tirs au but. La hiérarchie a été respectée. La finale a opposé FCM à Comores-Sport. Les deux capitaines se sont exprimées séparément avant le match.
La finale a attiré un grand public. Les deux équipes ont terminé à 1 but partout après le temps réglementaire. Les buts ont été signés respectivement par Hairiya Ishaka pour Comores-Sport, et l'égalisation du FCM par Moinaecha Mhoma sur penalty. La série de tirs au but a donné raison au capitaine des Nordistes. FCM s'est imposée sur le score de deux buts à un. Le stade a salué toutes les joueuses et a félicité les vainqueurs.
Gondet Bacar Madi
Résultats :
Classement par poules.
Poule (A) : 1er FCM (4 pts), 2e Club-Maman (3 pts) et 3e Uragan (1 pt).
Poule (B) : 1er Comores-Sport (4 pts), 2e Étoile du Sud (2 pts) et 3e Chouani-Club (0 pt).
Demies - finales :
F.C.M - Etoile du Sud 1 à 0
Comores-Sport - Club Maman 1 à 1 (8 à 7 après les tirs aux buts)
Finales :
FCM - Comores Sport 1 à 1 (2 à 1 après les tirs aux buts)
Ils ont dit…
Florine Albert (Capitaine de Comores-Sport) : " Notre équipe existe depuis juste deux mois. Notre préparation est insuffisante. Mais j'ai la chance de disposer des joueuses qui pratiquent d'autres disciplines. Donc, du point de vue de la condition physique, je n'ai pas à me plaindre. Nous comptons quand même nous imposer face à notre public"
Moinaecha Mhoma (Capitaine de FCM) : "Notre Club a été créé depuis trois ans. Notre équipe a un peu d'expérience par rapport aux Moroniennes. Nous nous sommes bien préparées pour affronter ce 1er tournoi ouvert à plusieurs équipes de l'île. Notre adversaire n'a pas d'expérience. C'est une chance pour nous. Mais personnellement, je souhaite d'abord que l'amitié et la concorde l'emportent avant la victoire. Nous avons toutes le même objectif : développer le sport féminin comorien."
Ibrahim Hamidi (Organisateur) : "Notre objectif est de promouvoir le football féminin comorien. Ce regroupement sera suivi d'autres. Ils pourraient, nous le souhaitons, réunir des joueuses des autres îles. Il est temps de suivre l'exemple des autres pays. Le football n'est pas un domaine exclusivement masculin. Même dans les pays musulmans, on trouve des footballeuses"
Habari za udungza : Redescendre sur
terre
Combien d'entre nous avons un jour pris la mappemonde pour situer à un étranger l'emplacement de nos belles îles de la lune? Quelques minuscules points entre Madagascar et l'Afrique. Bien sûr, il n'est nullement dans notre intention de minimiser quoi que ce soit. Dans le monde actuel dominé par les problèmes d'intérêts stratégiques, nous nous devons, de temps en temps, d'essayer de prendre un peu de recul et analyser les données de ce monde en plein changement. De quel poids pesons-nous dans la marche de notre région pour ne pas parler du monde?
Il va de soi que nous sommes un pays reconnu par la communauté internationale. Mais, comme nous le savons, les attributs de la souveraineté doivent être défendus dans des combats de tous les instants.
Et pourtant, peu de nos compatriotes ont une vision réaliste de toutes ces choses et le plus souvent nous prenons un malin plaisir à critiquer, à tout va, la bonne marche de l'Etat dont nous ignorons superbement les rouages.
Si par exemple vous interrogez quelqu'un par hasard dans la rue sur des problèmes politiques il est très rare que la personne vous dise qu'elle est profane en la matière. Au contraire elle se fait un réel plaisir d'essayer de vous démontrer par A+B que la situation est telle qu'elle est. Parce que ceci parce-que cela..
Ainsi donc nous sommes amenés à longueur de journée à parler de choses dont nous ignorons les tenants et les aboutissants.
Ne serait-il pas mieux que nous fassions preuve d'un peu de modestie dans l'approche des problèmes et de redescendre de notre petit nuage.
Hachime Abdérémane
Emouvants “au revoir” à
l'aéroport de Hahaya : Un grand technicien s’en
va après de bons et loyaux services
Un représentant du personnel a ‘‘apprécié la qualité du travail’’ du technicien sénégalais. ''Entre le conseiller technique et le personnel des relations de fraternelles s'étaient tissées''. Le gouvernement de l’Union a ‘‘exprimé la reconnaissance de l'Union des Comores pour le travail qui a rendu effective l'adhésion de notre pays à l'Aescna''.
Au cours de la réception organisée en son honneur, hier, le gouvernement comorien, la direction de l'aéroport et le personnel ont tous, dans leurs interventions, loué le travail effectué par le conseiller Mohamed Moussa durant sa mission aux Comores.
Selon le directeur général, si l'adhésion du principal aéroport comorien à l'Asecna est aujourd'hui acquise, c'est, en grande partie, grâce à Moussa : ''Il s'est comporté comme un Comorien qui servait son pays.''
Un représentant du personnel a dit avoir “apprécié'' la manière dont Mohamed Moussa assumait sa fonction. ''Entre le conseiller technique et le personnel des relations de fraternité s'étaient tissées''. Le ministre d'Etat au développement chargé des transports internationaux, Houmed Msaidié, a exprimé ''la reconnaissance du gouvernement de l'Union des Comores pour le travail accompli qui a rendu effective l'adhésion de notre pays à l'Aescna''.
Un projet, trois volets
De son côté, Moussa a remercié la direction et tout le personnel de l'aéroport pour ''leur collaboration sincère'' dans l'accomplissement de sa mission.
Le conseiller technique qui a appris à estimer tout le monde, part, sa mission accomplie.
Sa mission aux Comores, financée par la coopération française, a comporté trois volets qui devaient être exécutés pour mettre l'aéroport Prince Said Ibrahim aux normes exigées pour intégrer l'Asecna.
Le premier volet traitait de l'organisation de l'espace aérien des Comores. Il consistait, notamment, à mettre en place les dispositions nécessaires pour garantir le contrôle de l'espace aérien comorien. Jusqu'à récemment, les avions qui desservaient les Comores étaient suivis à partir des aéroports de pays voisins, notamment de Madagascar, les Comores n'étant pas suffisamment équipées pour effectuer ce contrôle.
Le deuxième volet de sa mission concernait l'équipement. Son renouvellement, entièrement financé par l'Agence française de développement (Afd), est en cours. Mais pour le moment, l'aéroport utilise les anciens qui, selon le directeur général de l'aéroport, seraient en bon état. Mais qu'il a fallu réhabiliter et rénover.
Le comité de surveillance de l'Afd va se tenir au mois de février prochain pour finaliser le financement des nouveaux équipements de contrôle et de surveillance de la navigation aérienne.
En matière de sécurité incendie, le parc des camions-citernes va être, bientôt, renouvelé ou réhabilité.
Le directeur général a fait savoir que l'équipement prévu est disponible et que le technicien de la société CDC, qui l'a fourni est attendue aux Comores dans les prochains jours. Cela dès que l'aéroport se sera acquitté de ses devoirs auprès de la dite société. Selon lui ''l'argent est disponible.
Pas un adieu, un “au revoir”
Le troisième volet portait sur la formation du personnel. Une quinzaine de personnes a bénéficié de formations sur les techniques nouvelles de la sécurité aéronautique et sur le fonctionnement des nouveaux équipements. Le conseiller Mohamed Moussa a assuré que ces volets avaient été réalisés : ''C'est ce qui a fait que le dossier des Comores - qui avait été bouclé dans les délais et les normes a été accepté à l'unanimité par le comité de validation de l'Asecna''.
Mohamed Moussa rentre à Dakar. Mais, laisse-t-on entendre, il pourrait revenir aux Comores dans le cadre d'une délégation de l'Asecna attendue au mois de janvier pour officialiser l'adhésion à l’Asecna.
Mohamed Moussa, selon des sources proches de l'aéroport, pourrait devenir le représentant de l'Asecna aux Comores, après l'adhésion du pays. Actuellement notre pays est représenté par une simple délégation.
Mmadi Moindjié
Affaire Me Larifou :
''Demander à un médecin le contenu du dossier de son patient est insensé…''
Suite de
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Le métier de médecin est en danger dans ce pays. Même les autorités n'ont pas confiance dans le corps médical. Ceci découle à mon avis du comportement général des médecins chez nous. Il nous appartient de restructurer l'ensemble de la profession.
LGDC : Votre patient est toujours hospitalisé à l'hopital El-Maarouf de Moroni. Comment évolue son état de santé ?
S.A : L'état de santé de Larifou se stabilise. Mais cela ne veut pas dire qu'il est hors de danger. La notion de ''mort subite'' est cardiologique. Ce n'est pas une plaisanterie. Personnellement, je ne suis pas en mesure de stabiliser les complications qui peuvent surgir, surtout pour un homme sous pression. Il faut qu'il soit dans un hôpital bien équipé pour subir un diagnostic global pour aboutir à un traitement efficace.
LGDC : Quelle est la position du conseil de l'ordre des médecins face à cette situation ?
S.A : Le conseil de l'ordre des médecins n'a pas réagi. Je n'ai même pas reçu un appel de la part de mes collègues. C'est très désolant. J'ai l'impression qu'ils s'en moquent éperdument. Cela montre une fois de plus la désorganisation du corps médical dans ce pays. Nous devons nous ressaisir pour expliquer à la population le rôle exact d'un médecin dans la société.
LGDC : N'avez-vous pas eu un soutien de la part de vos collègues de l'extérieur?
S.A : Les médecins de la région (Seychelles, Maurice, La Réunion et même de la France métropolitaine) m'ont appelé. Certains par curiosité car ce sont des choses impensables chez eux. Malgré cet incident regrettable, je continuerai à servir les intérêts de mon pays.
Propos recueillis par
Said Maoulana
Election municipale à Mbéni : Dans le calme et la sérénité
''L'émotion est trop forte, je ne peux vous faire un long discours. Toutefois, je remercie ceux qui m'ont élu et je m'engage à aider au développement de ma communauté''. C'est la première déclaration du nouveau maire, Assoumani Ousseini ce 28 décembre 2003 à Mbéni..
La commune de Mbéni composée de : Mbéni - de Batou, de Kourani, de Salimani, de Sadachihoué- Sadamhouamboi et Mdjihari.
Le maire sortant ne se représentait pas. Il pense qu'il faut encourager une culture de l'alternance et qu'il ne faut pas s'approprier la chose publique..
Rappelons que Abdillah Mbaé reste, jusqu'à 2005, vice-président de l'Association des villes et communes de l'Océan indien (AVCOI) qui, justement, tiendra une réunion le 10 janvier 2004 à l'hôtel de ville de Mbéni.
Commentant l'ordonnance du président de l'île autonome de Ngazidja sur la création des communes, le vice-président a dit : ''ce n'est pas parce qu'il y a un texte que les choses vont aller d'elles mêmes. Il existe un arrêt prévoyant la décentralisation et les communes depuis des lustres. Il n' a jamais été appliqué. Cela cause beaucoup de retard au pays. Il faut que les villes bougent, n'attendent pas et viennent bousculer les choses''.
La maire a été élu par un collège de 72 conseillers représentatifs des d'associations et classes traditionnelles. Le doyen d'âge, Abdérémane Abdoulanziz et le benjamin, Issihaka Himidi, assuraient l'intérim du maire et dirigeaient la commission électorale.
Un dispositif pour garantir la sérénité et la transparence des opération a été mis en place : ''nous essayons d'éviter tout soupçon d'une fraude', explique le benjamin.
Comme l'exige le règlement, les quatre candidats (Mohamed Boinali, Assoumani Ousseini, Abdérémane Hadji Himidi et Touma Abdou) sont des conseillers municipaux élus présentés leurs associations. Telle est la seule condition d'éligibilité.
Le vote a été béni par la traditionnelle fatha, lue par le cadi de Hamahamet, Saïd Ismaël. Le doyen a donné le feu vert. C'était parti. les quatre candidats ont ouvert les opérations de vote.
Celles si se sont déroulées dans le calme au sein de la mairie. A l'extérieur, une foule nombreuse attendait impatiemment les résultas. Manifestement, la population est très attachée à la vie politique de leur ville.
Au vu de cet engouement, il est permis de penser que qu'Abdillah Mbaé a réussi son pari de sensibiliser les Mbéniens sur l'importance de la commune.
Le dépouillement s'est déroulé en présence des conseillers, des candidats et du maire sortant. Il était 17h 15 quand le benjamin a rendu public les résultats. 38 voix sur 72, soit 53,53%, se sont portées sur Assoumani Ousseine.
La passation de pouvoir est prévu le 2 janvier prochain à 16 h.
Ahmed Bourguiba
Les résultas du vote
Inscrits : 71
Nuls : 00
Suffrages exprimés : 71
Abderemane Hadji .Himidi : 3 voix (4,23%)
Assoumani Ousseini : 38 voix (53,53%)
Said Mohamed S.Hassane : 27 voix (38,03%)
Touma Abdou Razida : 3 voix (4,23% )
Numéro 174
Dernière heure
Le Dr Sounhadji
arrêté
Nous apprenons l’interpellation du cardiologue. Il a été conduit à la brigade de recherche de la gendarmerie et placé en garde à vue. Il est à nouveau interrogé sur le dossier du transfert
Affaire Larifou :
Lettre ouverte de l’ACDH au président Azali
"Personne ne comprendrait qu'on refuse à un citoyen comorien
le droit de se faire soigner... "médical de Me Saïd Larifou. Le docteur Sounhadji avait accordé, hier, une interview sur ce sujet à La Gazette.
L'Association comorienne des Droits de l'Homme, dans une lettre ouverte en date du 29 décembre 2003, signée de son secrétaire général, Ali M'zé Ahmed, s'adresse au président de l'Union des Comores pour s'inquiéter de la situation de Maître Saïd Larifou "actuellement sous contrôle judiciaire et dont l'état de santé nécessite une évacuation sanitaire."
L'Association comorienne des Droits de l'Homme (A.C.D.H.) estime que le dossier médical de Maître Saïd Larifou "établi par l'unique cardiologue du pays, le docteur Sounhadji Attoumane, décèle des anomalies cardiaques qui exigent que le patient soit pris en charge par une unité de soins très spécialisée dont les Comores ne disposent malheureusement pas. "Un diagnostic corroboré par "le médecin chef de l'Hôpital El-Maarouf, le docteur Ben Imane (qui) a donné l'autorisation d'évacuation de Said Larifou''.
L'A.C.D..H. interpelle la conscience du premier magistrat du pays, "sur l'urgence de l'évacuation de Said Larifou". Car dit-elle, "vous n'êtes pas sans savoir que dans ce genre de maladie, chaque jour qui passe met en danger la vie du patient. Personne ne comprendrait qu'après avoir signé un accord de réconciliation, dont le but est de créer un climat d'apaisement et de concorde nationale, on refuse à un citoyen comorien et de surcroît leader politique, le droit de se faire soigner." Cette lettre ouverte dénonce " un cas de non-assistance à personne en danger. Le droit aux soins et à la vie constitue un droit fondamental de la personne humaine”.
L'ACDH, dont le rôle est la lutte pour la défense des libertés et des droits de l'homme, affirme ne pouvoir rester "insensible devant ce cas, qui constitue une violation flagrante du droit au soin et à la vie d'une personne." Elle s'adresse donc au président pour écrit-elle, "que vous usiez des prérogatives qui sont les vôtres" et que "Maître Said Larifou puisse jouir de son droit à se faire soigner convenablement comme l'exige son état de santé."
Gestion des deniers publics :
La commission de vérification des comptes met à nu le mécanisme de détournement
des fonds publics
Depuis sa création, la Commission de vérification des comptes (Cvc) aurait audité et contrôlé une vingtaine d'entreprises, sociétés et établissements publics, ainsi que des projets de développement. Dans son dernier rapport, on apprend que le fonctionnement de ces entreprises est, pour la plus part, ''irrégulier''. Le rapport fait apparaître beaucoup de défaillances, de négligences, et de manquements graves au respect des textes. Le Cvc, dans ce rapport publié la semaine dernière, dresse un constat sur les différentes anomalies relevées et sur le ''mécanismes qui engendrent la corruption et les détournements des fonds publics”. Avant première.
Dans un fascicule intitulé ''Les mécanismes de détournement des fonds publics'' et publié en même temps que le rapport on apprend qu'au niveau des sociétés d'Etat et des établissement publics, les statuts et les règlements qui les régissent ne sont pas respectés''. Ce qui engendre ''une situation de non-droit, de non-transparence et de malversations.'' Les directeurs généraux, y lit-on, ''assument sans partage la responsabilité de la gestion financière des entreprises.'' Selon le rapport, les conseils d'administration sont réduits à de simples structures incapables d'apprécier la gestion des sociétés et des établissements dont ils ont la charge d'administrer et de veiller au bon fonctonnement.'' Quand ils existent et se réunissent, ils n'assumeraient que des responsabilités limitées sans emprise avec la gestion réelle.
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Conseil législatif : Cherche
domicile, désespérément
Le conseil législatif doit quitter, provisoirement, le Palais du peuple pour laisser la place aux travaux de réhabilitation. Ceux-ci doivent, en principe, commencer au plus tard mi-janvier. Mais on a beau être conseillers législatifs, il n'est manifestement pas évident de trouver un local dans la capitale.
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Arts plastiques : Un hymne
à la femme africaine
L'alliance franco-comorienne propose, jusqu'au 10 janvier 2004, une exposition rassemblant des photographies, des sculptures et des tableaux… André Chaix, Jonny Chaduli, Camille Bolé Cerveaux et André Noël viennent tous de Mayotte pour présenter leurs œuvres.
André Chaix est un artiste complet. Il a plus d'une corde à son arc. Professeut d'arts plastique de son état, il peint depuis son plus jeune âge. Cet artiste de 48 ans s'inspire de son quotidien. Sa peinture est donc imprégnée de l'atmosphère des différentes régions qu'il traverse.
Pour la majorité de ses tableaux, André Chaix utilise le tissu. Mais il n'hésite pas non plus à utiliser des produits de récupération et des matériaux locaux (bois, métal…) pour faire surgir de la couleur, le plus souvent, des silhouettes de femmes.
On pourrait penser, en s'abîmant dans la contemplation de ses toiles que le peintre a cherché à matérialiser le poème de Léopold Sédar Senghor, " Femme nue, femme noire " et les beautés de la femme africaine, jusqu'à faire d'elles " des reines, des filles spirales."
S'il touche aussi à l'abstrait, André Chaix affectionne particulièrement les portraits et autres silhouettes. Il s'est fixé deux axes de travail dont " le matériel qui s'exprime et le regard privilégié qui lui a permis de combattre, de renoncer à certaines concours pour se sentir libre ", dit-il.
Une façon d'être heureux
Pédagogue, André Chaix conseille aux jeunes " d'être heureux dans leur choix et d'aimer ce qu'ils font, car si le travail devient un plaisir, le résultat est forcément meilleur. Les jeunes de ce pays sont d'une grande modestie, d'une grande humilité. Pour eux, l'art, c'est de l'artisanat. J'ai rencontré des gens qui ne veulent pas sortir de leurs cases, de leur " moi ", quand bien même leur technique est mille fois plus affirmée que celle d'artistes plus connus. Ici, j'ai rencontré des gens avec qui j'ai échangé des idées. Ça ouvre plein de portes. L'Art, pour moi, c'est une façon d'être heureux et de transmettre la beauté autour de soi. "
André Chaix a su transmettre son art. Sa fille Emilie expose à ses côtés des dessins, dont des portraits d'animaux sauvage à côté de toiles " naïves " et d'autres œuvres picturales ou sculpturales comme ce visage réalisé avec des supports de "mosquitos".
A voir absolument à l'Alliance franco-comorienne.
Haled A. Boina
Zaharia Said, organisateur du tournoi féminin
“Les perspectives sont prometteuses”
A déclaré Zaharia Said, co-organisateur du dernier tournoi féminin de football.
LGDC : Qu'est-ce qui vous a poussé à vous intéresser au football féminin ?
Zahariat Said : Le football féminin est en évolution dans le monde. Les Comores ne doivent pas être en marge du monde. Il est vrai que ce sport n'est pas encore entré dans les moeurs, mais avec le temps les gens s'y habitueront.
LGDC : Comment avez-vous trouvé le tournoi de la semaine dernière ?
Z.S : On observe une très nette évolution du jeu. Les jeunes sont motivés. Je crois qu'elles méritent d'être encouragées. Le football féminin doit pouvoir s'imposer. Les perspectives sont prometteuses. Nous allons continuer dans la sensibilisation en organisant d'autres tournois.
LGDC : Le football féminin est peu connu ici. Que comptez-vous faire pour attirer le public ?
Z.A : Il est vrai qu'il n'y a pas eu beaucoup de spectateurs cette fois-ci. Mais ceux qui ont fait le déplacement ont eu droit à un bon spectacle. Nous allons favoriser le beau jeu car ce n'est pas les jeunes talents qui manquent. Ceux qui ont vu les deux numéros dix des deux équipes finalistes, capitaines de surcroît, se sont bien régalés. D'ailleurs, si cette discipline avait été introduite avant, elle aurait dû talonner les autres vu la volonté et la qualité du jeu.
S. Maoulana
Habari za udungza : Nariyepve she Ipenya
L'année 2004 constituera pour les îles de la lune un moment charnière dans la mise en place des nouvelles institutions issues du nouvel ensemble comorien. L'accord de Beit-Salam constitue une étape importante dans ce processus. Nous devons à tous les niveaux faire preuve de retenue et éviter la surenchère et la démagogie. Autrement, nous tomberons inévitablement dans les travers qui ont jalonnés les accords précédents. Que Dieu nous en préserve ! Et pourtant il ne faut pas être grand clerc, pour prendre la mesure des dégâts qu'ont occasionnés nos multiples rebuffades.
Il est aisé de vérifier que nous n'avons jamais raté une occasion de multiplier les difficultés dans la réalisation de nos objectifs de développement. Peu de politiciens du microcosme s'intéressent réellement aux multiples travaux et études qui sont produits tous les ans dans le pays. Combien de dossiers qui auraient mérité et qui méritent d'être suivis et concrétisés dorment dans les tiroirs ministériels ? En courant le risque d'être accusé d'enfoncer des portes ouvertes, nous disons souvent que le pays regorgent de compétences qui ne demandent qu'à être reconnues et valorisées. Cette reconnaissance et cette valorisation doivent être reconnues dans la pratique et non dans les discours lénifiants de la classe discutante.
Il ne faudrait pas que les institutions qui seront mises en place soient à l'image de ce plat connu sous le doux nom d'ipenya. En langage imagé, un fourre-tout, où les mélanges aboutiront inexorablement à une pâte à modeler. Et là nous pouvons imaginer les résultats d'un tel scénario.
Les institutions qui doivent être mises en place ne doivent pas constituer une fin en soi. Elles doivent servir de levier au processus de décollage économique et social du pays.
Tout autre objectif ne fera que nous enfoncer davantage dans les méandres du sous-développement. Les îles de la lune sont fatiguées d'être toujours dans les starting-blocks. Elles ont hâte de prendre part aux épreuves. Et tout le monde le dit, elles ont des atouts pour gagner une place honorable. Ne ratons pas le coche.
Hachime Abdérémane
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Gestion des deniers publics
La commission de vérification des comptes démonte le mécanisme de détournement des fonds publics
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Les directeurs généraux, précise le document, ''se trouvent, dans la plupart des cas, seuls maîtres à bord sans aucune contrainte de contrôle.'' Dans la majorité de ces entreprises, les documents comptables ne sont ni fidèles, ni sincères, et ne reflètent en aucun cas la réalité des comptes de ces entreprises.''
Par ailleurs, plusieurs anomalies de plusieurs ordres ont été constatées. Ainsi, des investissements et des subventions de l'Etat ne sont pas comptabilisés et n'apparaissent pas dans les comptes des établissements. De même disparition et soustraction de documents comptable ne sont pas choses rares.
Concernant les passations de marchés, le document note que pratiquement toutes les entreprises publiques recourent rarement à l'appel d'offre public pour l'attribution des marchés. Le Cvc constate que l'attribution ''de gré à gré, aux adjudicataires'' est devenue la règle. De ces pratiques, estime le rapport du Cvc, il s'ensuit la surévaluation des marchés et la négociation d'avenant qui favorisent l'entreprise adjudicatrice.
Au niveau des projets, les passations de marchés ''ne sont pas toujours transparents et presentent beaucoup d'insuffisances''. Les études techniques présenteraient, ''souvent, des lacunes et le contrôle de l'exécution des travaux révèlent des défaillances et des légèretés''.
En fait, les détournements des fonds se cacheraient derrière plusieurs ''pratiques opaques et illicites''. Le fascicule cite, entre autres, évasions de recettes, soustractions de documents, surfacturations, exécutions de travaux onéreux et injustifiés, achats de biens d'occasions désuets à des prix exorbitants, gestions opaques des marchés publics avec des corollaires, attributions frauduleuses des exonérations des droits de douanes, non-paiement de l'impôt général sur les revenus, indemnités et divers avantages excessifs et missions à l'étranger, injustifiées, inopportunes ou de complaisance.
La Commission a, en fin, fait part de suggestions pouvant aider à mettre fin aux détournements des fond publics. Elle a insisté sur le renforcement du rôle des contrôleurs financiers, sur le remplacement des comptables incompétents et incapables, sur la mise en place d'une brigade financière et sur une application stricte des statuts des entreprises.
Mmadi Moindjié
Agenda :
Théâtre
L'alliance franco-comorienne et la troupe " Les fans de Molière " présentent " un ZB 12 pour recommencer ", le samedi 3 janvier 2004 à 16 h, à la salle de spectacle de l'Alliance.
Entrée 500 Fc
Réveillon
Le Café des Ecoles propose, pour le réveillon du 31 décembrre 2003, - ce soir ! - un dîner- dansant à partir de 20h30. Prix 5.OOO Fc. Il est prudent de retenir.
Toirab
Dans le cadre de la semaine culturelle du C.L.A.C d'Iconi, une grande soirée "Toirab y a shi arab", animée par l'association "Abanaou El Habachi" se tiendra le dimanche 4 janvier 2004, à partir de 21h, au stade Foundi Carnet. Entrée 500 Fc et 1.000 Fc.
Exposition
A voir à l'Alliance franco-comorienne, jusqu'au 10 janvier 2004, une exposition de quatre plasticiens venus de Mayotte. André Noël, Jonny Chaduli, André Chaix et Camille présentent leurs photographies, leurs peintures et leurs sculptures.
Associations culturelles et sportives, si vous voulez faire la promotion de vos activités et figurer dans l'agenda, un seul numéro, celui de la Gazette des Comores, 73 58 59.
Conseil législatif : Cherche
domicile, désespérément
Le conseil d'Etat cherchait, toujours, hier, un autre local pour se réinstaller ''provisoirement'', après que les Chinois aient demandé et obtenu l'évacuation du palais du peuple pour entamer les travaux de réhabilitation. La demande a été, selon des membres du conseil législatif, transmise à la deuxième quinzaine de décembre pour des travaux prévus pour commencer dans les dix jours. Précisément avant le 10 janvier prochain. Le délai est trop court, estime un conseiller : ''Il nous faut organiser le déménagement et réinstaller les différents départements et une partie du mobilier nécessaire au fonctionnement de l'appareil législatif.''
Le bureau du conseil législatif avait demandé à ''être averti du début des travaux, trois mois à l'avance''. Au conseil, on ''regrette'' que ''les amis'' chinois - qui n'auraient pas l'intention de déférer le début des travaux - n'aient pas tenu compte de cette suggestion: ''Ce temps nous était nécessaire pour prendre les dispositions d'un tel transfert''.
Les autorités du conseil législatif se sont, depuis, lancés à la recherche d'un local disponible et capable d'accueillir, ''au moins le bureau et les services essentiels du conseil''. Mais cela ne semble pas évident. Les bâtiments proposés pour abriter les conseillers ne sont pas, pour le moment, disponibles. Ils avaient envisagé de s'installer dans les locaux du Programme national de lutte contre le sida (Pnls), en délogeant, donc, ce dernier.
Gare aux partenaires !
Mais le coordonnateur du programme a refusé de céder les locaux, estimant qu'il appartenait à l'Etat de prendre la décision d'un éventuel départ du Pnls. La tension entre les deux institutions était telle qu'il a fallu l'intervention du conseil des ministres de l'Union qui a donné gain de cause au Pnls.
Rappelons que le bâtiment en question a été rénové et équipé par l'Onusida dans le cadre de son programme d'appui à la lutte contre le Sida dans le pays. Le gouvernement a estimé qu'un éventuel délogement du programme et son transfert dans un endroit qui n'était pas encore identifié risquerait de heurter les partenaires des Comores dans la lutte contre le Sida. Ils pourraient, en effet, considérer un tel acte comme une absence d'engagement et de volonté'' des autorités comoriennes dans la lutte contre la maladie.
Après ce bras de fer, les législateurs ont envisagé de s'installer dans les anciens locaux de la délégation de la Commission européenne à Moroni.
Mais d'autres obstacles semblent se dresser devant le conseil d'Etat. En effet, le bâtiment aurait subi des dégâts. Des voleurs auraient presque tout enlevé. Sans compter les questions d'ordre administratif qui ne manqueront pas de se poser.
Mmadi Moindjié
Chronique de Swalihi
Bwana : Accord : Azali
doit s'expliquer face au pays
Plus de dix jours après les accords " historiques " du 20 décembre, aucun indice tangible n'indique une progression quelconque sur la voie du règlement concerté des questions conflictuelles. Pire le ministre des Finances de Ngazidja est maintenu en prison sans aucun respect de la loi fondamentale de cette île autonome, ni considération du rôle qu'il est appelé à jouer dans l'application de l'Accord.
Alors le pays s'interroge : les accords du 20/12, un pas en avant ou deux pas en arrière ? Les déclarations unanimes sur le caractère salutaire des accords, adhésion sincère ou simple démagogie ? Le pays a-t-il vraiment gagné ?
En tout état de cause, les yeux doivent se tourner vers le président de l'Union. Suivant les dispositions de l'accord, c'est en effet à lui de prendre l'initiative sur toutes les matières, constitution du CONSEIL DE DIRECTION DES DOUANES, du COMITE D'HARMONISATION, d'une STRUCTURE PRIVEE INTERNATIONALE à Anjouan ainsi que la nouvelle composition du COMITE DE SUIVI. Rappelons que " le Président de l'Union met en application par décret, deux semaines au plus tard après la signature du présent Accord, (c'est nous qui soulignons) le budget transitoire que constituent le budget de l'Union, et ceux des Iles autonomes d'Anjouan, de Ngazidja et de Mwali " Le délai de deux semaines s'applique aussi à la " convocation du corps électoral " des îles autonomes.
Que la CNEI ait repris du service est une excellente chose, mais il faut veiller au grain. Budget et élections vont et doivent aller de paire, parler de l'un sans l'autre c'est de toute évidence vouloir faire machine arrière et renouer avec les conflits. Se contenter d'élaborer un calendrier électoral en " oubliant " les autres questions est un sabordage criminel de l'Accord qui veut ramener le pays dans la zone de turbulences et l'aventure.
Les yeux doivent donc se tourner vers le principal responsable des destinées du pays, à savoir le Chef de l'Etat, le colonel Azali Assoumani. Et le pays l'interpelle : quelles initiatives avez-vous prises Monsieur le Président ? Les négociations sont-elles entamées pour composer les différents organes et arrêter les différents budgets ? Si oui où en êtes vous ? Si non pourquoi ne sont-elles pas engagées et comment allez vous faire pour respecter les délais impartis ? Vous avez le devoir de vous expliquer face au pays.
Car l'angoisse monte chez les simples gens, on s'interroge. L'assistance formidable de la communauté internationale a débloqué la situation, c'est à vous d'abord, aux présidents des îles ensuite, de montrer au monde que nous continuons à être dignes de la solidarité internationale et que désormais le pays prend le relais, avance avec assurance vers son avenir et inaugure de la meilleure façon la nouvelle année qui commence.
30 décembre 2003