LGDC N° 175
Syndicats de
l'Education : Les assises des retrouvailles.
Abdoulhafour Madi et Charkane Mouzidou ont représenté les bureaux régionaux de Ndzuwani et de Mwali au séminaire du SNIC, mardi et mercredi derniers. Ils renouent ainsi les contacts interrompus depuis plusieurs mois avec les instances sensées représenter la direction nationale. Lors de ce séminaire, les dirigeants syndicaux ont ''constaté que les libertés syndicales se réduisaient de jour en jour''. Ils ont réaffirmé la nécessité de l'indépendance des mouvements syndicaux, condamné les ''sanctions arbitraires et injustes'' prises contre les responsables du Snic de Ndzuwani et dénoncé l'interdiction, par le gouvernement de l'Union, de la dernière manifestation publique sur les droits de l'homme à Moroni..
La direction nationale et les bureaux régionaux de Ngazidja, Ndzuwani et de Mwali, du Syndicat national des instituteurs comoriens (Snic) étaient en séminaire, mardi et mercredi derniers au siège de l'ACDH, pour réfléchir sur la situation générale du syndicat.
Ce sont les assises des ''grandes retrouvailles'', estime un responsable de la section du Snic de Ngazidja qui espère que cette rencontre va constituer ''un nouveau départ'' pour leur syndicat. Durant ces deux jours de discussions, les séminaristes ont commencé par faire un état de lieu de leur mouvement qui, selon des militants, a perdu son ''dynamisme et toute sa combativité''.
Les assises des retrouvailles
Pour les militants, les divergences internes et le non respect des directives et des mots d'ordre de la direction privent le syndicat de son efficacité et mettent à mal sa crédibilité : ''Le syndicat s'est, ainsi, transformé à un forum sans aucun impact'', a déploré un participant, déçu.
Les dirigeants syndicaux ont passé en revue la question des libertés syndicales ''qui se réduisent de jour en jour.'' Ils en veulent pour preuve, entre autres, ''l'Etat qui renie ses engagements vis à vis des conventions internationales'' et notamment celle de l'Organisation internationale du travail de 1987.'' L'Etat garant, en principe du respect de la loi est devenu le principal obstacle à l'organisation syndicale et à l'exercice des droits syndicaux, accuse Rachid Moumine du Snic. Ali Hassane du secrétariat du Snic de Ngazidja a évoqué la vie dure que mènent les responsables du syndicat à Ndzuwani en butte à des mesures ''illégales et arbitraires'' prises par les autorités de l'île à leur encontre.
Indépendance du mouvement
syndical
Ainsi, quarante enseignants, dont des responsables du Snic, section de Ndzuwani, ont vu, selon Ali Hassane, leurs salaires de deux mois suspendus. Ceci pour avoir refusé d'intégrer leur structure dans le ''Collectif'', un regroupement de travailleurs généralement considéré comme proche du président de l'île, Mohamed Bacar.
Au cours de cette rencontre, les représentants des instituteurs comoriens ont évoqué la nécessité de renforcer l'Union des syndicats autonomes des travailleurs comoriens (Usatc). Et, au-delà, de toute la société civile, dans ''un combat commun pour la défense des droits et des intérêts des citoyens.'' L'interdiction du rassemblement de la société civile prévu le 17 décembre dernier à la place Badjanani, à l'occasion de la célébration de la journée internationale des Droits de l'Homme, rappelle selon les responsables syndicaux, ''la nécessité de s'unir''.
Enfin, les séminaristes ont discuté de la tenue du congrès du Snic. Le mandat du secrétaire général du syndicat, Salim Soulaimane, à plusieurs reprises reconduit à ce poste, est arrivé à son terme. Lors du prochain congrès, les militants auront à élire un nouveau secrétaire, l'actuel ne se représentant pas.
Les assises ont été closes après avoir pris un certain nombre de résolutions. Notamment sur la réaffirmation de l'indépendance des mouvements syndicaux, et sur une ''condamnation des sanctions arbitraires et injustes'' prises contre les responsables du Snic de Ndzuwani.
Mmadi Moindjié
Sagesse d'un
côté du Canal de Mozambique, ne l'est pas, forcément, de l'autre côté...
Marc Ravalomanana, le président de la République malgache, vient d'autoriser l'ex-premier ministre de Didier Ratsiraka, Tantely Andrianarivo à se rendre dans le pays de son choix pour se faire soigner, car la Grande Ile ne dispose pas des moyens nécessaires pour assurer les soins qu'exigent le détérioration de son état de santé. Or, l'ex-premier ministre, a été condamné la semaine dernière, à douze ans de travaux forcés et à 48 milliards de francs malgaches pour sa participation dans la crise politique qui a suivi les élections présidentielles de 2001. Un jugement qui a été considéré par les observateurs comme plutôt "sévère."
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Le directeur
de la Gazette des Comores convoqué à la gendarmerie
Cela n'a pas tardé ! Après les menaces à peine voilées de ces dernières semaines contre les médias, le directeur de La Gazette des Comores, Saïd Omar Allaoui, est convoqué à la brigade de recherche de la gendarmerie, "pour affaire vous concernant", "dès réception de la convocation".
Et cela, à quelques heures de fêter la nouvelle année.
Le directeur de la Gazette des Comores répondra dès ce matin à cette invitation. Il y a fort à parier que cette dernière est en relation avec l'interview que le docteur Sounhadj a accordé à notre journal, le 30 décembre 2003 à propos de l’affaire Larifou. Saïd Omar Allaoui se rendra donc serein à ce "rendez-vous", dans la mesure où toutes les règles de déontologie ont été respectées dans la conduite de l'interview, y compris pour le traitement des déclarations données en "off" qui n'ont pas été reprises dans le texte publié.
Nos informations demain matin…
LGDC
Le président
de la CVC est limogé
Un décret signé par le président de l'Union vient de mettre fin aux fonctions de Said Abdallah Cheikh, président de la Commission de vérification des comptes. Ce limogeage intervient quelques jours après que la commission ait rendu public un rapport accablant sur l'exécution du budget de l'Etat 2002.
Lors d'une conférence tenue la semaine dernière au Palais du peuple, Said Abdallah Cheikh n'a pas mâché ses mots.
Il a dressé un véritable réquisitoire contre la manière dont est exécuté le budget : ''le budget est exécuté sans le moindre contrôle d'un organisme de l'Etat, il n'existe aucun mécanisme de contrôle interne. Certains directeurs détiennent tous les pouvoirs (…) Le budget d'investissement fait l'objet d'une gestion séparée au commissariat général au plan et échappe au contrôle du Trésor public (…) la situation des décaissements opérée au profit des projets de développement échappent au contrôle et à la centralisation des comptes du Trésor public (…) les achats de biens et services et les cessions des biens de l'Etat se font en dehors de toute réglementation. Les abus de surfacturation et d'acquisition de biens usités à des prix forts, et les cessions de biens publics à des prix symboliques sont très courants, etc.
Ces observations seraient-elles à l'origine de ce limogeage ?
Il convient de s'interroger sur la signification d'une telle mesure, lorsque l'on sait que la mission de cette commission est précisément de garantir la rigueur de la gestion des finances publiques.
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Université
des Comores : Où l'on confond vitesse et précipitation…
La formation des jeunes est un sujet important qui concerne les Comoriens dans leur ensemble. Un faux pas de notre part mettra en péril les valeurs même de la République. L'université comorienne doit-être un véritable creuset humain capable d'asseoir en elle l'espoir de toute une nation.
L'idée de créer une institution universitaire aux Comores est sans doute salutaire. Les Comores sont un des rares pays de la sous région à être dépourvus d'infrastructures universitaires, tremplin vers plus de connaissances. Cet handicap majeur était lourdement ressenti par la population, et financièrement éprouvant pour les ménages comoriens obligés d'expatrier à grand frais leurs progénitures vers des contrées éloignées et méconnues.
Aujourd'hui un rêve d'antan s'est réalisé, mais avouons-le, dans la précipitation. Force est de constater que les conditions nécessaires ne sont pas réunies. Jusqu'alors la machine tourne au ralenti faute de ressources humaines et de logistique.
Interrogations
La majorité des professeurs retenus n'a pas encore de contrats de travail leur permettant de connaitre leurs attributions respectives et les émoluments qu'ils percevront. Des études préalables (pouvant au besoin s'étaler sur plusieurs années) sont souvent nécessaires pour évaluer les besoins du pays et l'impact du projet dans le développement intégré, en harmonie avec les exigences du moment.
Le Comorien s'interroge sur le bien-fondé de ce projet alors que l'enseignement de base, pilier de toute formation, est laissé à la ruine et la formation professionnelle inexistante.
On observe une sorte de silence coupable de la part de ceux qui sont sensé intervenir en amont comme en aval dans l'éducation des plus jeunes. Le délabrement de l'enseignement de base est un secret de polichinelle. Absence de mobilier, non recyclage du corps enseignant, vétusté des locaux et absence de coordination entre l'Etat et les partenaires sociaux. N'aurait-il pas été judicieux de restructurer le système du bas vers le haut? Le corps enseignant est-il réellement au diapason avec les normes universitaires requises? C'est là que le bât blesse. Des professeurs dont le niveau mériterait peut être des encadrements en travaux dirigés et pratiques se voient titularisés et autorisés à dispenser des cours magistraux . Sommes-nous sûr que les diplômes qui seront délivrés à nos étudiants leur ouvriront les portes des universités étrangères ? Ne sommes-nous pas en train de déshabiller Paul pour habiller Pierre en dépouillant l'enseignement secondaire de ses meilleurs éléments au profit de l'université ? Un renforcement des écoles supérieures existantes (ISFR, ENAC…) en matière d'outils didactiques et de formation des formateurs aurait dû préparer en douceur l'implantation de l'université dans un site adapté.
Financée par le pauvre
Autre aspect de cette université, son financement. Le prélèvement de cinquante francs sur le prix du kilo du riz ordinaire est, selon les initiateurs le moyen le plus efficace pour subventionner l'université. Les dernières manifestations contre la hausse du prix du riz dans trois grandes villes de Ngazdja ont montré le désaccord de larges franges de la population avec cette mesure.
Pour ce faire, au lieu de rendre exorbitant un produit de première nécessité comme le riz, on aurait pu par exemple augmenter les taxes sur le tabac, l'alcool et les produits de luxe pour permettre à d'autres couches de la société de contribuer eux aussi à l'édification de notre université.
Une affaire trop sérieuse
Mais comme un malheur n'arrive jamais seul, on redemande à ceux là mème qui cotisent quotidiennement (pour l'université) un droit d'inscription onéreux sans la moindre subvention comme il est d'usage. Ces étudiants aux conditions de vie précaires se sentent abandonnés et désabusés.
Ce chantier gigantesque qu'est l'édification de la première université des Comores, méritait un véritable débat national constructif dépouillé d’arrières-pensées et de calculs partisans pouvant permettre à tout le monde, cadres expatriés inclus, de se retrouver et d’élaborer un vrai projet prenant en considération les projections dont le pays s'enorgueillira dans le futur. Une occasion de perdue pour mettre à plat les problèmes du pays en matière de formation.
Le problème de la formation des jeunes est un sujet délicat qui concerne tous les Comoriens, à commencer par les responsables de tous bords. L'avenir dépend de l'orientation et du degré de considération que l'on accordera à ces générations en quête du savoir. Un faux pas de notre part mettra en péril les valeurs même de la République.
L'université comorienne doit être un véritable creuset humain capable d'asseoir en elle l'espoir de toute une nation.
Aujourd'hui la conscience collective nous interpelle et nous pousse vers un approche beaucoup plus pragmatique. L'éducation, un des maillons sensibles de la société, mérite un traitement plus réfléchi. Tout le monde s'accorde à dire qu'aborder ce sujet à la légère constituera un véritable bombe à retardement pour la nation. L'université oui, mais pas à n'importe quel prix.
Said M. Mohamed
Professeur de sciences
naturelles
Agenda
Animation
Mashababi Mawona Haya de Sanfil
Journée de l'informatique dans les locaux de l'école communautaire.
Vendredi 2 janvier 2004, à partir de 9h
Exposition-vente
Samedi 3
janvier 2004, à partir de 9h
Dimanche 4 janvier 2004
- 9h - Course d'endurance autour du quartier et course de 100 et 200 mètres.
- 20h30 - Clôture des festivités par le Wassilat Shafi
- 21h - Conférence-débat sur le Sida aux Comores avec la participation du Pnls, de médecins et d'Ulémas.
- 22h45 - Remise des prix.
- 23h Discours de remerciements par les responsables du quartier.
Théâtre
L'alliance franco-comorienne et la troupe " Les fans de Molière " présentent " un ZB 12 pour recommencer ", le samedi 3 janvier 2004 à 16 h, à l asalle de spectacle de l'Alliance. Entrée 500 Fc
Toirab
Dans le cadre de la semaine culturelle du C.L.A.C d'Iconi, une grande soirée "Toirab y a shi arab", animée par l'association "Abanaou El Habachi" se tiendra le dimanche 4 janvier 2004, à partir de 21h, au stade Foundi Carnet. Entrée 500 Fc et 1.000 Fc.
Exposition
A voir à l'Alliance franco-comorienne, jusqu'au 10 janvier 2004, une exposition de quatre plasticiens venus de Mayotte. André Noël, Jonny Chaduli, André Chaix et Camille présentent leurs photographies, leurs peintures et leurs sculptures.
Associations culturelles et sportives, si vous voulez faire la promotion de vos activités et figurer dans l'agenda,.. un seul numéro, celui de la Gazette des Comores, 73 58 59.
Habari za udungza
"Nous sommes condamnés à nous entendre". Ce sont des paroles qui courent ces jours-ci. En effet, les gens se demandent toujours, pourquoi avec tout notre potentiel nous trouvons toujours le moyen de nous mettre des bâtons dans les roues. Nous recelons une force intérieure qui a pour principale fonction d'annihiler les efforts des uns et des autres. Certains diront une malédiction. Il nous faudrait nous donner les moyens et le temps d'étudier l'énergie dépensée dans des activités sans aucun rapport avec une productivité quelconque.
Ce que d'aucun appelle la ''superstructure'' occupe dans notre pays, une place disproportionnée par rapport aux autres secteurs de la vie nationale. La mise en application des nouvelles institutions nous permettra d'avoir une vue claire des chevauchements qui risquent de se produire. Il faudrait dès à présent voir sous quel angle toutes ces nouvelles structures vont pouvoir cohabiter pour éviter des confrontations inutiles. Il requiert de la part du microcosme de faire preuve de maturité, d'un sens aigu de responsabilité et surtout d'être innovateur, ce qui est loin d'être notre point fort. Il va s'agir de transcender les clivages qui n'ont pas de raisons d'être, vous le savez très bien, mais qu'il est toujours utile de rappeler. Nous sommes parmi les pays où le taux de politisation au mètre carré, de tous les aspects de la vie, est le plus élevé. Or si nous voulons donner une chance réelle à nos îles de la lune, il conviendrait de tracer des perspectives à notre jeunesse et éviter de nous engager dans les palabres dont nous sommes coutumiers et… fiers.
Avec l'avènement de la nouvelle année, c'est aujourd'hui et maintenant qu'il faut agir pour éviter de refaire une fois encore un saut en arrière. Est-ce trop demander ?
Hachime Abdérémane
CONFÉRENCE-DÉBAT : Associations de jeunesse : un outil de
développement ?
Dans le cadre de la relance de ses activités, le Mtv-CASM, en collaboration avec le Centre Culturel et de Loisirs de Badjanani (CCLB) organise ce vendredi 2 janvier 2004 à partir de 20H30 une conférence-débat qui sera télédiffusée sur le thème : " Histoire des associations de jeunesse : de l'AJC. au CASM/CCLB".
Selon Mr.Djalim Ali qui va animer cette conférence, son but est de contribuer à la réflexion sur l'importance des associations de jeunesse en tant que structures communément reconnues comme susceptibles d'appuyer le développement socio-économique des comores.
De façon spécifique, cette causerie permettra aux invités et au public de débattre sur les enjeux de ce que le conférencier appelle le " communautarisme " que d'aucuns présentent comme un atout pour le développement, tant il implique des pratiques et des comportements constitutifs d'un "capital social" dont seul notre pays dispose.
Mais, selon le conférencier qui a accepté de nous livrer une synthèse de ses réflexions, le communautarisme est source des graves événements qui traumatisent la société comorienne comme toute autre communauté humaine par les divisions et les formes de sectarisme qu'il engendre. En effet, " si une société est traumatisée, elle développe des tendances à se refermer sur elle-même et à développer, d'une façon quasi morbide, une culture de la différence où elle tente de refaire son identité et son homogénéité par le truchement de ce qu'on appelle les "valeurs refuges".
Ce qui est certain, c'est que ce thème sur les associations de jeunesse promet un vif et passionnant débat surtout si le conférencier ne renonce pas au franc-parler qui lui est reconnu.
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Sagesse d'un
côté du Canal de Mozambique, ne l'est pas forcément de l'autre
Ce qui vient de se passer chez nos voisins donne à réfléchir. On ne peut pas dire qu'à Madagascar l'heure est à la réconciliation et à la concorde. De lourdes peines de prison pleuvent sur les dirigeants d'hier, comme si on voulait définitivement décapiter une opposition potentiellement capable de contester la majorité de Marc Ravalomanana.
Et pourtant, Tantely Andrianarivo a bien été autorisé à quitter le pays pour aller se faire soigner.
Comment ne pas faire le rapprochement avec le sort réservé, ici dans l'Union des Comores, à Maître Saïd Larifou, secrétaire général du Ridja, accusé d'avoir voulu déstabiliser l’Etat. Ce qu'il nie fermement, arguant, ce qui est connu de l'ensemble de la population comorienne, qu'il avait simplement organisé deux manifestations pacifiques contre la vie chère.
En foi de quoi, un homme politique honorablement connu, a été jeté en prison, puis placé en résidence surveillée depuis des mois. Seulement voilà, cet homme souffre également d'anomalies cardiaques. Cela a été dûment constaté par le seul cardiologue exerçant en Grande Comore. Lequel, à l'examen d'un dossier médical qui n'aurait jamais dû être divulgué à d'autres personnes fussent-ils enquêteurs, a décidé l'évacuation sanitaire de Maître Saïd Larifou. Ce qui a été contresigné par le directeur de l'hôpital régional El Maarouf.
Mieux, cette décision, à distance, a été avalisée par le médecin traitant de Maître Saïd Larifou. Ce dernier, depuis La Réunion, a en effet déclaré hier sur les ondes de R.F.I. que les antécédents médicaux de l'avocat Saint-Pierrrois exigeaient un examen approfondi de l'état de son patient. Un examen qui nécessite, faut-il le rappeler, des moyens qui n'existent pas actuellement dans l'Union des Comores.
Et oui ! Ce qui a été autorisé à Madagascar - très vite - à un homme condamné par la justice de son pays, est refusé dans l'Union des Comores, à un homme qui n'a pas été jugé. Et qui est donc présumé innocent des charges dont on l'accuse et dont on sait par ailleurs quelles sont extrêmement minces, pour ne pas dire inexistantes.
Alors puisque Madagascar est communément considérée comme une démocratie - ce que certains n'admettent qu'avec réserves - faut-il en tirer la conclusion, que l'Union des Comores est une démocratie limitée ? Qu'en pense Jacques Sylla, premier ministre de Madagascar et signataire de l'accord de Moroni ?
Mais en nous interrogeant ainsi ne commettons nous pas un délit de presse gravissime ? Ne va-t-il pas se trouver quelqu'un, dans l'appareil d'Etat ou dans l'entourage présidentiel pour se déclarer offensé par cette interrogation ? La réponse dans nos prochaines éditions.
I.M.
Enseignement
destiné aux pauvres : Pour une stratégie plus efficace
Un atelier de réflexion sur les ''les approches alternatives et les systèmes d'enseignement destinés aux populations marginalisées'',, initié par le ministère des Affaires sociales de l'Union et la Commmision des Comores pour l'Unesco, s'est tenu mercredi dernier au Centre d'action sociale de Mtsangani (Casm) à Moroni.
Cette réunion, basée sur un document du même nom, portait sur la préparation d'une ''stratégie d'approches alternatives pour une éducation de bases accessible aux populations marginalisées et exclues''. Cela, dans la perspective du plan national ''Action/Education pour Tous pour l'horizon 2015''.
Le document a été préparé par Abdoulafourou Matain, une planificatrice et Youssouf Moussa, un inspecteur de l'enseignement.
Les participants, représentants les organismes du Système des Nations unies, l'Education des trois îles autonomes, les Affaires sociales, la promotion de la femme, les institutions commerciales et financières et la presse, ont planché, toute la journée sur le sujet.
Le document dresse, dans un premier temps, un diagnostic général de la politique éducative du pays, le constat toujours ''négatif'' du système éducatif national.
Accès un enseignement primaire
de qualité
Selon le rapport, tout cela serait dû au faible niveau de prise de conscience sur les questions de l'éducation, au bas niveau d'instruction des parents, à la pauvreté, au manque de structures de prises en charge des enfants non scolarisés et scolarisés, à l'accès tardif à l'école et encore au ''sous développement du capital humain''. Il émet, ensuite, quelques propositions, en guise d'''objectif stratégique'', susceptible de valoriser l'enseignement destiné aux populations marginalisées.
Comme alternative, les auteurs du document pensent qu'il faudra ''promouvoir l'accès des personnes de condition modeste à une éducation primaire de qualité, répondre aux besoins éducatifs de tous les adultes par l'alphabétisation fonctionnelle, contribuer à la promotion de l'insertion professionnelle et rendre plus efficace le système d'éducation et de formation.''
Après examen, pour mieux affiner le texte, les participants ont apporté quelques amendements au document pour, notamment ''approfondir'' certaines idées, ''préciser les approches spécifiques'' pour mieux cibler les populations concernées et rappeler, enfin, le rôle de l'Etat, de la societé civile, des communes et des Ongs. Les participants ont également insisté sur la synergie qui doit s'installer entre les différents acteurs intervenant dans ce programme de manière à ''garantir un développement harmonieux'' de cette stratégie.
Mmadi Moindjié
LGDC N° 176
Suivi de
l’accord de transition : La première réunion du comité se tiendra lundi prochain à Moroni
Les invitations ont été adressées à toutes les parties désignées par l'accord qui devraient, en principe, assister toutes à cette première rencontre. Les délégations étrangères arrivent aujourd'hui, après-demain et mardi.
La Commission de l'Union africaine ''dans le souci de s'assurer un suivi effectif'' de l'application de l'accord, va dépêcher des experts de l'organisation qui resteront sur place pendant toute la durée de la transition.
Cette première rencontre doit déterminer les modalités de mise en oeuvre de l'accord, en particulier en ce qui concerne les questions douanières, budgétaires et électorales.
La première réunion du comité de suivi de ''l'accord sur les dispositions transitoires aux Comores'', signé le 20 décembre, aura lieu le 5 et 6 janvier prochain au bureau de liaison de l'Union africaine à Moroni. Toutes les parties signataires devraient, en principe, assister à cette rencontre. Selon le chef par intérim du bureau de liaison de l'Union africaine, Bendjaloun, les invitations ont, déjà, été adressées aux parties désignées par l'accord pour en être membre. Il s'agit de trois pays de la région (Madagascar, Maurice et la Tanzanie); du pays coordonnateur des efforts de l'Union africaine pour la réconciliation comorienne, l'Afrique du Sud; du principal partenaire des Comores, la France; des Nations unies; de la Francophonie; de la COI; de la Ligue des Etats arabes; du Fonds monétaire international (FM) et de la Banque mondiale (BM).
UA : Une
délégation renforcée
Certains membres, parmi lesquels la Francophonie, la Coi, Maurice et l'Afrique du Sud, ont déjà confirmé leur participation à cette première rencontre. D'autres, comme la France et le système des Nations unies, seront présents à travers leurs représentations de Moroni.
Les délégations étrangères commencent à arriver aujourd'hui. Celle de la Banque mondiale est attendue à Moroni mardi prochain.
Du côté de l'Union africaine, l'Envoyé spécial du président de la Commission de l'Union africaine, le ministre Madeira arrive, également aujourd'hui. Il sera accompagné par des fonctionnaires du siége de l'organisation panafricaine, précisément, des spécialistes des questions de douane. Ces derniers vont travailler avec des représentants de la Banque mondiale et des parties comoriennes sur la mise en place et le fonctionnement du Conseil de direction de la douane, le CDD, prévu dans l'accord de transition.
Cette première rencontre, apprend-on, aura à déterminer les modalités de mise en oeuvre de l'Accord, en particulier en ce qui concerne les questions douanières, budgétaires et électorales.
La sécurité ne figure pas à l'ordre du jour de cette rencontre. Au bureau de liaison de l'Union africaine, on fait savoir toutefois, que d'autres sujets, à la demande des parties comoriennes, pourront être discutées. A l'issue de cette réunion, le comité sera opérationnel. Le processus, croit-on savoir au Bureau de liaison, a commencé à connaître un début de concrétisation.
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en page 3
Assemblée
générale de la CNEI “Tout retard peut compromettre le calendrier des opérations
électorales”
La Cnei n'a certes pas de temps à perdre si elle veut relever le pari d'organiser les élections législatives dans un délai de quatre mois. C'est, selon Ali El Mihidoir Saïd Abdallah, secrétaire général, un véritable défit que la Cnei entend bien relever.
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Votre
journal : Nos confrères entendus une nouvelle fois
Le directeur de la Gazette des Comores, Saïd Omar Allaoui, et un journaliste, Maoulana Saïd Mohamed, se sont rendus hier à la Brigade de recherche de la gendarmerie. Ils ont affirmé que les propos du Dr Souhnadj Attoumane, dans l'interview du 30 décembre 2003, avaient été rapportés fidèlement, selon les règles de déontologie que s'imposent les journalistes. Nos deux confrères sont une nouvelle fois convoqués pour ce jour, cette fois au Parquet du Tribunal de Moroni, par le substitut du Procureur général.
Le ministre Younoussa au juge d'instruction
''Il est temps de rectifier une grave erreur madame...''
a écrit le ministre des Finances de Ngazidja, Younoussa Assoumani, détenu à la maison d'arrêt de Moroni depuis le 15 décembre de l'année dernière, dans une lettre au juge d'instruction en charge de son dossier, Thanay Tasonine.
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Pèlerinage
2004 Douche froide pour les agences de voyage
Le gouvernement de l'Union s'était engagé à laisser la partie commerciale du voyage pour les lieux saints aux voyagistes privés. Ces derniers s'étaient organisées sur cette règle du jeu qu'elles ''avaient mis au point, en accord avec le gouvernement''. Mais, patatra.. Hier, le même gouvernement change, semble-t-il à l'insu des agences, les règles en annonçant son intention d'affréter des vols bons marchés pour le même voyage. Mises devant le fait accompli, les agences veulent se maintenir. Pas évident, à moins de dix jours des premiers départs…
A dix jours du départ des pèlerins comoriens pour la Mecque, le ton se durcit entre les agences de voyage et le gouvernement de l'Union. Pourtant, tout semblait aller pour le mieux entre les deux parties.
Les contacts se poursuivaient depuis deux mois et les deux parties affichaient une bonne compréhension, après chaque rencontre. Il y a une semaine, les responsables du syndicat des agences de voyages avaient même adressé un message de ''remerciement'' aux autorités de l'Union pour les ''dispositions prises en faveur des organisateurs du pèlerinage.''
En effet, outre l'allégement des conditions soumises aux agences pour être autorisées à organiser le voyage, le gouvernement se serait engagé devant les responsables des agences, à ''ne pas organiser le pèlerinage cette année''.
Engagements
et louanges
Rappelons que tous les ans, le gouvernement affrète des avions pour le transport des pèlerins à des prix, souvent, bien plus bas que ceux pratiqués par les agences privés.
Ces dernières avaient, suite à ces engagements, ''loué cette nouvelle volonté de l'Etat de ne s'occuper que du côté officiel du pèlerinage (visa, passeport) et de laisser la partie commerciale aux professionnels''.
Dans le cahier de charges fixant les conditions de transport, d'encadrement et d'hébergement des pèlerins comoriens à la Mecque, auxquelles devaient se conformer les agences pour être admissibles à l'organisation du pèlerinage, le gouvernement de l'Union avait ''exigé'' que seules les compagnies opérant au pays soient autorisées à transporter les pèlerins au départ des Comores.
Mais les 20 agences autorisées, trouvant les tarifs de Yemenia airways et de Soudan Airlines trop élevés, étaient entré en contact avec Ethiopian Airlines qui leur aurait proposé des tarifs plus bas : ''Nous avons fait cela dans l'intérêt des pèlerins'', a expliqué un gérant d'agence.
Dans cette optique, les agences ont entamé avant-hier, des démarches auprès du directeur de cabinet du chef de l'Etat pour obtenir l'autorisation d'affréter la compagnie de leur choix. Selon un responsable du syndicat des agences, le directeur de cabinet du président leur aurait promis de plaider en leur faveur auprès du ministre des transports.
Malheureusement, dans la soirée du même jour de la rencontre, le gouvernement annoncé, par la radio que, contrairement à son engagement, il allait affréter un avion. Cette annonce a mis hors d'eux certains responsables d'agence qui s'estiment trompés : ''Nous sommes surpris et choqués'', confie un responsable du syndicat des voyagistes qui poursuit : ''On nous a trompés.
Si les autorités avaient décidé de changer d'idées, pourquoi, ne nous ont-elles pas informé à temps?
Agences :
Faire cause commune
Cette décision, si l'on en croit les gérants d'agences va ''nous déstabiliser. Elle risque de porter de graves préjudices à certains d'entre nous.'' En effet, il y a fort à parier que nombre de pèlerins qui s'étaient déjà engagés chez eux se rétracteront au profit de vols, meilleurs marchés affrété par le gouvernement de l'Union. Soit 320.000 francs au lieu des 500.000 proposés par les privés : ''J'ai engagé des dépenses importantes et émis des billets. Si nous devons enregistrer des retraits de clients, cela va nous coûter cher'', s'inquiète un gérant d'agence. En effet, en cas de demande de remboursement, la compagnie qu'il a affrétée devrait retirer un frais de remboursement équivalent à 15% du tarif avant le départ, et de 50% à la fin de la saison.
En guise de réaction, les responsables des agences, réunies hier, on décidé de ''faire cause commune et de ne pas differer le départ de leurs pèlerins, prévu pour le 10 janvier.
Mmadi Moindjié
Habari za udungza Ulime
kawuna shiba
Cet adage qu'affectionnait feu le président AAA semble revenir dans l'actualité au vue des multiples déclarations des uns et des autres et aux conséquences imprévisibles qu'elles entraînent. Dans nos chères îles de la lune, où nous passons le plus clair de notre temps à parler de la pluie et du soleil ''qui casse la tête'', il peut arriver que de temps à autre, nous disions des choses sensées. Il nous arrive d'avoir des éclairs de lucidité dans des moments de béatitude. Nous nous demandons quelle est notre ''mission'' sur cette terre, quel avenir allons-nous laisser aux générations futures ? Sommes-nous de simples témoins dans ce monde où chacun tire la couverture vers soi ? On a l'impression que deux êtres sommeillent en nous. L'un nous dit que ''utsaha shamvuvuni unyama'', ''mledjeya nangwe kakoza'' et l'autre nous dit que ''ufabeyani harusi''.
Il n'est pas rare de voir certains de nos compatriotes discuter avec force détails de ce qui se passe à des milliers de kilomètres de chez nous.
Certains sont ''spécialistes'' de la guerre des courants au sein du Parti socialiste français et d'autres suivent au jour le jour les déclarations du président George W. Bush sur l'Irak et ignorent superbement ce qui se passe à deux pas de chez nous.
Comme le disait l'humoriste français Pierre Dac : ''Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs de tous ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l'ouvrir''. Yemfwana didike mindjakayapvo !
Hachime Abdérémane
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Suivi des
accords de transition La première réunion du comité...
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De son coté, la présidence de la Commission de l'Union africaine, ''dans le souci d’assurer un suivi effectif'' de l'application de l'Accord, va dépêcher des experts de l'organisation qui resteront sur place pendant toute la durée de la transition. Le successeur de feu Oumarou, chef du bureau de liaison, décédé l'année dernière, a été désigné pour ce rôle comme cela a été confirmé par le ministre comorien des Relations étrangères, hier. Il est attendu aux Comores dans les prochains jours, ''pour coordonner le processus au quotidien''.
En attendant, la rencontre du 5 janvier, les gens attendent les premières mesures sur l'application des dispositions de l'accord qui doivent, en principe, intervenir, au plus tard, à cette date. Il s'agit, notamment, du décret du président de l'Union pour rendre exécutoire le budget consolidé. A ce propos, il semble que tous les exécutifs des îles aient, déjà, transmis leur budget à la présidence de l'Union pour être joints celui de l'Union avant promulgation. Les décrets portant convocation du collège électoral devraient, eux aussi, être publiés lundi prochain, 5 janvier (lire ci-dessous).
La Commission nationale électorale indépendante (Cnei) a, dans son assemblée generale, tenue à Ndzuwani la semaine dernière, fixé les dates des élections. Son rapport serait, en ce moment, entre les mains des chefs des exécutifs. Ce rapport constituait un des préalables pour la publication des décrets portant convocation du collège électoral.
Mmadi Moindjié
''Il est
temps de rectifier une grave erreur...”
Dans sa lettre le ministre écrit, “vous n'êtes pas sans savoir que conformément aux articles 73 et 74 de la constitution de Ngazidja, la poursuite d'un ministre en exercice est subordonnée à sa comparution devant une commission de trois magistrats de la cours d'appel qui détermine, le cas échéant, la juridiction compétente. (…) Et qu'en vertu de l'article 652 du code de procédure pénal, un membre du gouvernement ne peut, même à titre de témoin, être entendu qu'après délibération du conseil des ministres sur rapport motivé du ministre de la justice”.
Il poursuit : Vous conviendrez avec moi que l'inobservation des articles 73 et 74 précités constituent une violation flagrante de l'ordre constitutionnel comorien.
Il s'en suit que vous auriez dû, conformément à la loi, rendre une ordonnance de refus d'information, au procureur général et de refuser, par ces mêmes motifs, d'engager des poursuites à mon égard. Il est temps de rectifier cette faute grave”.
Avec le respect que je vous doit
Poursuivant, Younoussa Assoumani, rappelle : ''La constitution de l'île autonome de Ngazidja, déclarée conforme à celle de l'Union, s'applique aussi longtemps et pour autant qu'elle n'aura pas été modifiée et la qualité de membre de gouvernement prévue à l'article 111 du code pénal comorien et 652 du code de procédure pénal couvre aussi bien les membres de l'exécutif de l'Union que ceux des îles autonomes''.
Par conséquent, estime le ministre, ''l'application objective des dispositions précitées voudrait que vous prononciez mon élargissement dès ma comparution devant vous, persuadée que la procédure requise en la matière a été manifestement violée''.
Le ministre demande, donc, le rétablissement du droit et de la justice car ''me mettre en détention pour avoir délivré un agrément sur présentation des pièces requises constitue une insulte au droit et aux institutions de notre pays''.
Le ministre conclut sa lettre en ces mots : ''Madame le juge, avec tout le respect que je vous dois, vous même et votre institution, je vous demande de corriger cette faute de m'emprisonner pour rien et aider le pays à consolider le réconciliation nationale tant souhaité par tous les Comoriens''.
Assemblée
générale de la CNEI "Tout retard peut compromettre le calendrier des
opérations électorales…"
La Cnei n'a certes pas de temps à perdre si elle veut relever le pari d'organiser les élections législatives dans un délai de quatre mois. C'est, selon Ali El Mihidoir Saïd Abdallah, secrétaire général, un véritable défit que la Cnei entend bien relever.
L'assemblée générale de la Commission nationale électorale indépendante (CNEI) s'est réunie du 26 au 29 décembre 2004, à Anjouan où elle a son siège. Quatre jours de travail intense. Car, comme l'a souligné son secrétaire général, Ali El Mihidoir Saïd Abdallah, "nous n'avons pas de temps à perdre, si nous voulons respecter le délai de quatre mois qui nous est imposé par les accords de Moroni. Tout retard peut compromettre le calendrier des opérations électorales ".
Pas de refondation totale des
listes
Le principal point de l'ordre du jour de l'assemblée générale était d'ailleurs la définition d'un chronogramme, car l'accord sur les dispositions transitoires aux Comores du 20 décembre 2003 stipule très précisément : "Les parties comoriennes conviennent de parachever le processus électoral avant la fin du mois d'avril de l'année 2004 au plus tard. A cet effet, la Cnei élabore un calendrier électoral permettant de respecter cette échéance."
L'organisation des élections législatives (assemblées de l'Union et des trois assemblées des îles autonomes) en quatre mois est un véritable défi pour la Cnei. Son secrétaire général estime, en effet, que six mois sont normalement nécessaires pour organiser correctement des élections de cette ampleur.
Du coup, il semblerait que les listes électorales ne seront pas refondues dans leur totalité, mais qu'elles seront juste réactualisées. Elles seraient donc soigneusement contrôlées au sein des commissions électorales des préfectures, afin d'éliminer les erreurs, les doubles inscriptions s'il en existe, les radiations par décès, etc. Par contre, il sera peut-être impossible d'inscrire les jeunes qui ont atteint la majorité électorale (18 ans) depuis l'établissement des listes électorales actuelles.
Deuxième point à l'ordre du jour de l'assemblée générale, le plan d'action de la Cnei.
Cette dernière, dont le rôle est défini dans l'Accord - cadre de Fomboni doit en effet suivre la mise en œuvre de toutes les opérations électorales avant, pendant et après le scrutin. Ce plan d'action sera soumis aux autorités de l'Union et des îles autonomes. La primeur leur est donc réservée. On sait aussi, parce que c'est inscrit "noir sur blanc" dans l'accord sur les dispositions transitoires que "les autorités respectives compétentes de l'Union et des îles autonomes signent les décrets de convocation du corps électoral dans un délai de deux semaines au plus tard suivant la signature du présent accord", soit lundi prochain, 5 janvier 2004.
Veiller au respect du chronogramme
On sait aussi que les élections législatives pour l'Union devraient se dérouler après les élections législatives dans les îles autonomes qui auront lieu simultanément dans les trois îles.
A l'issue des travaux de l'assemblée générale de la Cnei, une correspondance a été envoyée au président de l'Union et aux présidents des trois îles autonomes, pour convocation du collège électoral, dans la perspective des élections législatives dans l'Union et dans les trois îles. Mais aussi pour poser la question du découpage en circonscription au regard de la constitution de l'Union et des lois fondamentales des trois îles.
Troisième point à l'ordre du jour, examiné par les membres du Cnei, la réactualisation du budget. Il avait en effet été prévu pour des élections devant se dérouler avant le 31 décembre 2003.
D'après Ali El Mihidoir Saïd Abdallah, "nous devrons veiller à l'application scrupuleuse du chronogramme". Les signataires de l'accord sur les dispositions transitoires aux Comores conclu le 20 décembre dernier n'ont pas droit à l'erreur. Et du même coup, les commissions techniques, et en particulier la Cnei, doivent jouer très serré.
La prochaine étape pour les membres de la Cnei consistera en l'opération de réactivation des listes électorales. Ce qui n'est pas une mince affaire.
Issam Mohamed
En bref…
Composition
La Cnei est composée de dix-sept membres dont un représentant de chacun des quatre présidents, des représentants de Société civile et de l'opposition. Son siège a été fixé à Mutsamudu, à Anjouan.
Assemblée nationale
L'Assemblée de l'Union sera composée de 33 membres : Cinq députés désignés par les assemblées de chacune des îles autonomes ; neuf députés élus pour la grande Comore; sept députés pour Anjouan et deux députés pour Mohéli.