EDITION ELECTRONIQUE N°181
Circonscriptions électorales
Union/Ngazidja : La polémique
Le chef de la délégation de l'Union au Comité
de suivi ''regrette'' la décision du gouvernement de Ngazidja de fixer à vingt
le nombre de circonscriptions. Ce qui, selon lui, "risque de léser et de
mettre en minorité l'île dans un éventuel congrès qui réunirait tous les élus
des îles et de l'Union. Ce que réfute le porte-parole du gouvernement de l'île,
chef de la délégation de l'île au Comité de suivi, Mohamed Issimaïla : ''Il n'y
a pas lieu de parler d'équilibre sur cette question. Il ne s'agit pas de
circonscriptions pour l'assemblée de l'Union dans laquelle la représentation de
Ngazidja est supérieure à celle des autres îles, compte-tenu de son poids
territorial et démographique.''
Selon ce dernier les autorités de l'Union
lance un faux débat. Elles ''tentent de se donner bonne conscience auprès des
Wangazidja après les avoir asphyxié et confisqué leurs droits et intérêts''.
Des responsables du gouvernement de l'Union ne
décolèrent pas suite à la décision des autorités de l'île autonome de Ngazidja
d'arrêter à vingt le nombre des circonscriptions pour les législatives de
l'assemblée de l'île. Ils dénoncent une ''stratégie politicienne contre les
intérêts de l'île''. Le chef de la délégation de l'Union au Comité de suivi
Abdou Soefo, ''regrette'' la décision du gouvernement de Ngazidja qui risque,
selon lui, de léser et de mettre en minorité l'île dans un éventuel congrès qui
réunirait l'ensemble des élus des îles et de l'Union. Un conseiller de la
présidence de l'Union ''ne comprend pas'' que ceux qui disent défendre les
intérêts de Ngazidja ''agissent contre ses intérêts pour des motivations
électoralistes''.
Les responsables de l'Union estiment qu'avec
vingt circonscriptions dans l'assemblée de l'île, alors que Ndzuwani en dispose
de vingt-cinq et Mwali de dix : ''il n'y a pas d'équilibre. Ngazidja est
lésée'', raisonnent-il.
Selon des responsables de l’Union, Le
gouvernement de Ngazdja aurait fait un ''découpage électoraliste'' aux dépens
des intérêts de l'île
Selon Mohamed Ismaïlia la décision du
gouvernement de Ngazidja serait motivée principalement par des raisons
économiques. Il a rappelé que la constitution de Ngazidja a laissé une marge
sur le nombre de députés de l'île qui ne doit pas être
en dessous de vingt.
De son côté, le porte-parole du gouvernement de
l'île, chef de la délégation de l'île au Comité de suivi, Mohamed Issimaïla,
réfute ces accusations de calculs politiciens : ''Il n'y a pas lieu de parler
d'équilibre sur cette question. Il ne s'agit pas de circonscriptions pour
l'assemblée de l'Union dans laquelle la représentation de Ngazidja est
supérieure à celle des autres îles, compte-tenu de son poids territorial et
démographique.'' Dans l'assemblée de l'Union, Ngazidja disposera de quatorze
députés contre douze pour Ndzuwani et sept pour Mwali.
Pour Mohamed Issimaïla, ''c'est dans cette
institution que Ngazidja doit être bien représentée pour pouvoir jouer
pleinement la compétition avec les autres îles. L'équilibre a donc été
respecté.'' Le porte-parole du gouvernement de Ngazidja ''accuse'' les autorités
de l'Union de lancer un faux débat'' pour tenter de se donner bonne conscience
auprès des Wangazidja après les avoir asphyxié et confisqué leurs droits et
intérêts.''
Passation de pouvoir à la direction de
l'hôpital El-Maarouf : A fleurets mouchetés…
Petite passe d'arme hier, lors de la passation
de pouvoir à l'hôpital El-Maarouf entre le docteur Ben Imane et le médecin
capitaine Naoufal Boina. Ce dernier a réaffirmé sa volonté de lutter contre
" l'absentéisme flagrant" des médecins. Le docteur Issa Soulé, chef
de la commission médicale et soignante de l'hôpital, a souligné la
disponibilité et la motivation du personnel médical et soignant. Le médecin
sortant a demandé à l'Etat ''de verser sa contribution au fonctionnement de
l'hôpital''.
Le directeur du centre hospitalier régional
d'El Maarouf, le docteur Ben Imane, a passé la main à son confrère, un
militaire, le médecin capitaine, Naoufal Boina. Ce dernier retrouve son poste,
seize mois après l'avoir cédé au
chirurgien, le docteur Ben Imane. Celui-ci, semble-t-il, aurait été
limogé et remplacé par son prédécesseur suite à l'affaire Larifou.
Ben Imane avait donné son accord, en qualité
de médecin chef de l'hôpital, à l'évacuation sanitaire de Maitre Larifou, suite
au malaise cardiaque de ce dernier. Cette évacuation a toujours été refusée par
les autorités judiciaires. Cela, apprend-on, lui aurait valu les foudres des
autorités de l'Union.
Son confrère, le docteur Sounhadji, le seul
cardiologue du pays, qui avait signé l'autorisation d'évacuation, avait été
interpellé par la gendarmerie.
Les deux médecins avaient été accusés de
''complicité de tentative d'évacuation'' et avaient passé quelques heures dans
les locaux de la brigade de recherche de la gendarmerie.
La cérémonie de passation de service s'est
déroulée hier, dans la nouvelle salle de conférence de l'hôpital, en présence
d'une forte délégation de notables de Hahaya et du Hamanvu, village et région
natale du capitaine Naoufal Boina. Ce dernier, dans son allocution, a invité le
corps soignant de l'hôpital à enterrer les ''rancoeurs et les ressentiments''
qui avaient marqué les rapports de travail avec le personnel lors de son
précédent passage à la direction.
En effet, les relations entre le capitaine
Naoufal et le personnel de l'hôpital, notamment les médecins, avaient été très
tendues.
Les médecins revendiquaient une gestion du
centre hospitalier régional d'El Maarouf par l'île autonome de Ngazidja. Le
directeur Naoufal, de son côté, disait vouloir sanctionner ''l'absentéisme
flagrant'' des médecins. Selon lui, les médecins se mettaient beaucoup plus à
la disposition de leurs cliniques privés que du service public.
Art. ''Mayotte Lézard Locomotiv'' :
Une expérience enrichissante pour tous
''Mayotte Lézard Locomotiv'' tire à sa fin, c'est
l'occasion de faire le bilan de cette échange culturel entre les quatre îles de
l'archipel des Comores. Angélique Orru-Gaille et Tonino Orru, les principaux
initiateurs de l'évènement quittent Moroni ce samedi, satisfaits. Des projets
pleins la tête. Nous avons recueilli leurs impressions. Ils ont parlé,
également, des perspectives d'avenir par rapport à ce projet.
Par ailleurs, l'Alliance franco-comorienne
vient de créer son site*. Cela va permettre de découvrir à travers les
activités de cet établissement, nombres d'aspects culturels des Comores.
Entretien.
''Mayotte Lézard Locomotiv'' tire à sa fin,
c'est l'occasion de faire le bilan de cet échange culturel entre les quatre
îles de l'archipel des Comores. Angélique Orru-Gaille et Tonino Orru, les principaux
initiateurs, de l'évènement quite Moroni ce samedi, satisfaits. Des projets
pleins la tête. Nous avons recueilli leurs impressions. Ils ont parlé,
également, des perspectives d'avenir par rapport à ce projet.
Par ailleurs, l'Alliance franco-comorienne
vient de créer son site web*. Cela va permettre de découvrir, à travers les
activités de cet établissement, nombre d'aspects culturels des Comores.
Entretien.
LGDC : Quel a été exactement l'objet de votre
séjour et vos rapports avec ''Mayotte : Lezard locomotiv''?
Angélique : Nous-nous sommes occupés du choix
des artistes, de l'organisation du voyage des artistes et du transport des
œuvres, ainsi que de la communication.
LGDC : Que pensez-vous des résultats
enregistrés à Moroni ?
Angélique : Très positifs. Cela montre qu'avec
peu de moyens et des gens motivés, sans avoir besoin de budgets énormes, on
peut organiser une exposition d'art de qualité. En outre, les Comoriens sont
venues voir l'exposition. Il y a des retours très positifs puisque les gens
répondent aux questionnaires et trouvent l'exposition très enrichissante.
LGDC : Comment vous est venue l'idée de
l'exposition ''Lézard locomotiv'' ?
Angélique : J'avais déjà noué des liens avec
l'Alliance franco-comorienne. J'avais déjà mis en contact le directeur général
de l'A.f-c avec des troupes comme celles qui ont joué la pièce “Ngaya et
Monsieur Plouf”. Soit dit en passant, ce fut un très beau spectacle de
marionnettes qui a pour thème ''l'environnement et l'eau''. Puis le système de
réseau culturel s'est mis en place entre l'A.F.C et nous. Tonino a fait
l'affiche en sa qualité d'infographiste.
Tonino : Angélique était en contact avec
l'Af-c. De mon côté, je connais pas mal
d'artistes à Mayotte, car j'ai été amené à faire des affiches d'artistes de par mon métier. L’A.f-c voulait faire
connaître des artistes, créer un échange culturel entre la Grande Comore et
Mayotte. A partir de là, il était facile de nouer les deux bouts. Nous avons
cherché quelque chose de cohérent et sélectionné les oeuvres d'artistes pour
faire en sorte que le travail aille dans le bon sens.
LGDC : Croyez-vous qu'une telle initiative
puisse être menée dans l'autre sens?
Angélique : En fait les œuvres et les artistes
ne sont pas choisi au hasard, le travail présenté à l'exposition est produit à
Mayotte.
Ces œuvres représentent une certaine vision de
la réalité mahoraise. D'autant plus que des quatre artistes présents, trois
sont des wazoungou et un est mahorais. Ce qui fait un échange enrichissant.
Dans cet ordre d'idée, nous aimerions
continuer à développer les échanges artistiques et culturels entre Mayotte et
les autres îles des Comores
Tonino : C'est notre souhait et celui d'autres
artistes à Mayotte qui n'ont pas eu la chance d'exposer. J'espère que dans
l'avenir ils auront cette chance. Le projet immédiat sera d'emmener cette
exposition à Mayotte avec peut être une petite variante puisque l'artiste
photographe Mahorais Jonny, a pris cette fois des photos de la Grande-comore
qu'ils pourraient faire découvrir aux Mahorais.
Quand à la possibilité de voir des artistes de
la Grande-comore venir montrer leur travail à Mayotte, ce ne serait possible
que sous couvert d'une association, que nous envisageons de créer à Mayotte.
Une personne est motivée pour monter une association.
Elle aura pour vocation de recenser et mettre en relation les artistes de
Mayotte et d'organiser des ateliers pour la formation artistique des jeunes
Mahorais, il s'agit de Jan Van Der Hoeven. D'ailleurs à notre retour, je dois
le revoir parce qu'il attend de savoir si les Comoriens sont venus voir l'expo
et ce qu'ils en ont pensé. Tous les artistes comoriens seront les bienvenus à
Mayotte, justement pour cet échange. Les musiciens vont bien jouer à Mayotte,
je ne vois pas pourquoi cela ne serait pas possible avec d'autres artistes.
D'ailleurs le conteur Salim Hatub était
venu et cela à très bien marché.
LGDC : Un dernier mot ?
Tonino : On souhaiterait que ce soit
''Monsieur tout le monde'' qui vienne voir l'expo, qu'elle ne soit pas limitée
à une minorité ou aux seuls intellectuels. En la matière notre slogan préféré
c'est ''L'art pour tous!''
Angélique : Je tiens à remercier l'A.f-c et
plus particulièrement Air Austral Mayotte qui a soutenu l'événement en
accordant, un excédent gratuit sur le fret qui a permis de transporter des
œuvres en plus grand nombre.
Haled A. Boina
*http://
perso.wanadoo.fr/alliances.franco-comoriennes
Habari za udungza: L'autre planète
Il y a un sujet dont on ne discute que lors de
l'arrivée du mois de Ramadan. Il s'agit des problèmes liés à la débauche
sexuelle dans nos jolies îles de la lune drapées sous une dignité qui prend de
plus en plus du plomb dans l'aile. Et pourtant, il y a des moments où il nous
faut regarder où nous mettons les pieds. Il semble que la situation devienne de
plus en plus préoccupante au rythme où évolue la situation.
Quand nous parlons de l'autre planète nous
avons en vue le monde de la nuit dans certains de nos quartiers aux noms si
pittoresques. Dans beaucoup de discussions, il nous est arrivé d'entendre une
personne décrire des situations qui n'ont rien à envier aux quartiers paumés de
Manille et autres villes du sud-est asiatique avec leur cohorte de jeunes
filles à la recherche d'une clientèle. Il nous est interdit de fermer les yeux,
de refuser de voir au cœur de la nuit, même si on dit que la nuit tous les
chats sont gris.
Nous pouvons penser que lors de la prochaine
campagne électorale ces messieurs et dames du microcosme nous diront autres
choses que les banalités habituelles, du genre je suis l'enfant du coin et
autres discours à dormir debout sur les arbres généalogiques interminables. Les
sujets graves ne manquent pas.
La pédophilie et autres agressions sexuelles
sont le lot quotidien d'une frange non négligeable de la population pauvre qui
veut tout simplement vivre. Et quoi de plus facile que l'appât du gain facile.
Le code de la famille et autres instruments pour combattre le déni de droit aux
femmes ne sont qu'un aspect de ce que doivent être des mesures sévères pour
préserver les droits des femmes.
Ne serait-il pas temps de créer une brigade
des moeurs et combattre, dès à présent, un proxénétisme qui ne veut pas dire
son nom?
Hachime Abdérémane
Une question de responsabilité
Et il ajoute : '' Il est vrai que la vie réserve
des surprises incroyables. Voilà que ceux qui avaient refusé tout pouvoir, tout
droit et intérêt à Ngazidja se transforment en défenseur de l'île.'' Mohamed
Ismaïlia explique que cette décision a été motivée principalement par des
raisons économiques. Il a rappelé que la
constitution de Ngazidja a laissé une marge sur le nombre de députés de l'île
qui ne doit pas être en dessous de vingt. ''La constitution de Ndzuwani a fixé
à vingt-cinq, le nombre des députés de son assemblée et celle de Mwali à dix.
Cela relève de la responsabilité de chaque île. Si nos frères anjouanais et
mohéliens ont la capacité de prendre en charge un grand nombre des députés,
c'est leur affaire.'' Selon le porte-parole du gouvernement de Ngazidja, son
gouvernement ne peut s'aventurer avec un grand nombre de députés sans avoir une
maîtrise de son budget. Pour lui, ''le plus important n'est pas d'avoir plus de
députés, mais plus de développement économique et social.'' Sans cacher que
cette décision comporte une dose de motivation politique, Mohamed Ismaïlia a
montré que les Wangazidja pourront plus tard décider, s'ils le jugent
nécessaire, l'augmentation du nombre des députés.
Mmadi Moindjié
Amélioration des conditions de travail
Naoufa Boina a semblé persister dans sa logique
''de ne pas tolérer'' les absences : ''Je m'engage à mettre à la disposition du
personnel les conditions matérielles et financières nécessaires, mais j'exige
la ponctualité et la régularité.'' Le capitaine Naoufal, soutenu par plusieurs
officiers de l'And présents à la cérémonie, répondait à la mise en garde voilée du docteur Issa Soulé,
chef de la commission médicale et soignante de l'hôpital.
Ce dernier a souligné ''la disponibilité et la
motivation'' du personnel médical et soignant. Mais l'amélioration des
conditions de travail du personnel figure parmi ses priorités. Les blouses
blanches d'El Maarouf. se plaignent, depuis longtemps, du manque de matériel et
de conditions salariales difficiles.
De son côté, le directeur sortant, dans son
intervention, a insisté sur les réalisations de l'hôpital au cours de son
exercice. Il a cité, en exemple, la
rénovation, l'agrandissement et l'équipement des services des urgences, de la
pédiatrie et de la néo-natalité. Il a évoqué, également, des projets en cours, comme
la construction d'un pavillon sur un financement du projet Santé III. Ce
dernier a déjà mis à la disposition d'El Maarouf des équipements et matériels
dont une partie serait sur place. Ben Imane a terminé en demandant à l'Etat de
verser sa contribution au fonctionnement de l'hôpital.
Une contribution qui ne serait pas versée
depuis des années. Il a notamment appelé au déblocage du ''Fonds de
développement sanitaire'', spécialement créé pour l'investissement dans les
hôpitaux.
Mmadi Moindjié