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EDITION ELECTRONIQUE N°195

 

Grève des transporteurs en commun à Ngazidja Contre ''l'état lamentable'' des routes

 

Les nids de poules et l'étroitesse des routes sont les causes principales des accidents estiment les chauffeurs de taxis et de transports en commun. Il reprochent aux autorité de l'Union et de l'île autonome de Ngazidja de ne pas s'intéresser à leurs problèmes alors que ''tout le monde s'agite pour percevoir les recettes de la patente et de la vignette''. Le syndicat Usukani wa Masiwa lance un mot d'ordre de grève à partir de ce jour. 

 

Les routes de Ngazidja devraient être désertées aujourd'hui par les transporteurs de l'île si ces derniers maintiennent leur mot d'ordre de grève. Le syndicat national des propriétaires et des chauffeurs de taxis, ''Usukani wa Masiwa'', a déposé, le 22 janvier dernier, devant les autorités de l'île autonome de Ngazidja, un préavis de grève illimitée. Dans un courrier, adressé au président de l'île, le secrétaire général d'Usukani Wa Masiwa, Abdou Boina Djohar, annonce que les transporteurs en commun de Ngazidja vont déclencher un mouvement de grève illimitée. Selon le secrétaire général du syndicat, cet arrêt de travail est une ''expression du mécontentement grandissant des routiers de Ngazidja''.

 

Elles n’ont pas tenu leur engagement

 

Les transporteurs en commun s'insurgent contre ''l'état lamentable'' des routes de Ngazidja et contre ''l'indifférence'' des autorités face à cette situation. Ils l'a jugent ''dommageable'' pour leurs véhicules et ''dangereux'' pour les passagers.

''Les nids de poules qui caractérisent nos routes et l'étroitesse de certaines pistes sont devenus les causes de la plupart des accidents enregistrés ces derniers mois'', constate Bigo, un taximan de la ligne Moroni-Iconi. Les responsables du syndicat accusent les autorités de l'Union de n'avoir pas tenu leur engagement pris lors de la rencontre, le 25 décembre dernier, entre les responsables du syndicat et le ministère des Transports internationaux de l'Union. Ce dernier se serait, au cours de cette réunion, engagé à débloquer 120 millions de francs comoriens pour des travaux de réfection et d'élargissement de certaines routes de Ngazidja.

Les autorités, selon le secrétaire général d'Usukani wa Masiwa, avaient demandé aux responsables du syndicat de procéder à une petite enquête sur l'état des routes pour déterminer ''la plus meurtrière'', suivant les statistiques des accidents, pour bénéficier en priorité de travaux de réfection.

Les responsables d'Usukani wa Masiwa avaient, après cette rencontre, réuni les sept bureaux préfectoraux du syndicat, au niveau de Ngazidja. La route Bambao-Mbadjini avait été désignée comme le passage le plus dangereux. Les autorités avaient, par la suite, fait un petit geste en engageant l'entreprise SOGEA pour réaliser quelques travaux de réfection sur la route Simamboini-Chindini.

Depuis rien. ''Cette ligne ne représente même pas un dixième de celle convenue par les autorités pour bénéficier d'une réfection urgente'', fait observer le contrôleur du syndicat, Ali Kassim.

Depuis trois semaines, les dirigeants d'Ussukani wa Massiwa chercheraient à rencontrer les autorités de l'Union dans le but d'obtenir des explications : ''Nous avons voulu savoir pourquoi les travaux de réfection des routes ne continuent pas comme prévu'', explique Abdou Boina Djohar. Mais ils ont toujours trouvé portes closes. ''Nous avons fini par comprendre que le geste sur l'axe Simaboini-Chindini n'était qu'un trompe l'oeil'', dit le secrétaire général. Il ajoute, d'un ton ferme : ''quant les portes de la négociation sont fermées, il n'y a pas d'autres choses à attendre que le durcissement des positions. Nous avons donc décidé de décréter une grève illimitée.

 

Les dernières dispositions

 

''Au niveau de l'exécutif de l'île, les responsables du syndicat ont dit être à la fois ''déçus et choqués'' par l'attitude des autorités de Ngazidja “qui n'ont jamais voulu répondre” à nos courriers. Tout le monde nous ferme les portes parce que les deux parties ne veulent pas s'acquitter de leur devoir. Mais quand il est question de percevoir les recettes de la patente et de la vignette, tout le monde s'agite''.

Les responsables préfectoraux d'Usukani wa Masiwa se sont réunis, hier, pour “prendre les dernières dispositions pour que la grève soit suivie par tous les transporteurs en commun.''

 

Mmadi Moindjié

 

Mohamed Hassanally, leader de l'opposition mohélienne

''J'ai l'impression que l'on essaie de faire les élections en s'écartant de l'accord...''

 

Mohamed Hassanally ne sera pas présent personnellement dans les élections législatives. Place aux jeunes. Mais le vieux lion rugit toujours. Il exige des élections ''libres, démocratiques et transparentes...''. Il en appelle à la vigilance de la communauté internationale. ''Nous n'accepterons ni les pressions, ni la corruption'', souligne-t-il fermement.

 

LGDC : Comment analysez vous la situation après l'accord du 20 décembre?

Mohamed Hassanally : Après l'accord du 20 décembre, l'île autonome de Mohéli est prête à participer à la mise en place des assemblées locale et nationale. Il est insupportable de voir comment l'Union gouverne. La constitution est à mon avis incomplète. Des lois organiques doivent définir les compétences des îles autonomes. Il faut vite mettre en place les assemblées afin que les compétences soient partagées comme prévu par la constitution.

LGDC : Dans quel état d'esprit abordez-vous ces élections ? 

M.H. : Nous réclamons des élections libres, démocratiques et transparentes organisées sous l'égide de la communauté internationale. Nous souhaitons qu'elles se déroulent en présence d'observateurs qui agiront, qui pourront faire quelque chose quand ils constateront des irrégularités et non d’observateurs qui ne font qu'observer, mais n'agissent jamais. L'accord du 20 décembre prévoit la présence d'observateurs civils et militaires. Jusqu'à présent, ils ne sont pas sur place. Nous sommes très inquiets. Quand vont-ils arriver ? Les élections seront-elles transparentes et libres ? J'ai l'impression que l'on essaie de faire les élections en s'écartant de l'accord.  

LGDC : Présenterez-vous des candidats dans toutes les circonscriptions ?  

M.H. : Le mouvement qui s'appelle la coordination pour l'opposition de Mohéli présentera des candidats dans toutes les circonscriptions de Mohéli. Je ne serais pas personnellement présent dans ces élections. Il y a dans ce mouvement des jeunes qui sont très capables. Il n'était pas nécessaire que j'y soit.

LGDC : Sur quelle plate-forme allez-vous aux élections ?

H.H. : Nous allons aux élections pour une application pleine et entière de l'accord. Il n'y a pas de développement possible dans l'instabilité politique. La première chose à faire, c'est donc de mettre en place les institutions. Nous avons à lutter pour le partage des compétences. Pour le reste, nous reprenons notre programme de la présidentielle pour le développement de l'agriculture, du tourisme et de la pêche. C'est un programme colossal qui demande beaucoup d'argent et qui tient compte de la réalité mohélienne. Nous disposons d'une terre riche, de sites touristiques extraordinaires et d'un océan poissonneux. Nous devons exploiter ce dont nous disposons et axer notre développement à partir de ce que nous possédons.

LGDC : Qu'attendez-vous de ces élections ?

M.H. : Il y a à Mohéli dix circonscriptions pour les élections législatives locales et deux circonscriptions pour les élections législatives de l'Union.  Nous espérons beaucoup de ces élections. Mais si elles se déroulent comme il y a deux ans, avec des fraudes flagrantes, ce serait grave. Cela amènerait la population dans une situation catastrophique. Nous demandons à la communauté internationale d'être vigilante. Nous n'accepterons ni les pressions, ni la corruption.

 

Propos recueillis par

Issam Mohamed

 

Préparatifs électoraux La CNEI explique

 

''Nous sommes fin prêts en ce qui concerne la logistique. Les retards et les quelques manquements observés jusqu'ici sont dus au faite que nous sommes dépendants de contributaires étrangers pour le financement des opérations. De l'avis de beaucoup, la conférence-débat télédiffusée tenue vendredi par la CNEI n'a répondu qu'à une partie des interrogations du public.

Une confèrence-débat sur les enjeux des prochaines élections législatifs, organisé par l'observatoire des élections, s'est tenue vendredi soir dans les locaux du CASM. Le thème a été abordé suivant deux axes de réflexions à savoir les ''rôles et les missions des acteurs du processus électoral'' et ''les rôles et les missions des assemblées législatifs''.

Les conférenciers, des membres de la Commission nationale électorale indépendante (Cnei) dont Ali El-Mihdhoir et Idi Boina; une personne ressource, le juriste Nidhoim Attoumane, ont à tour de rôle abordé le sujet sous l'oeil bienveillant de l'assistance rehaussée par la présence du ministre de l'Education de Ngazidja Mohamed Issimaïla.

L’essentiel du temps a été consommé par les conférenciers, limitant du coup les interventions de l'assistance.  Cette dernière est restée sur sa faim. Certains intervenants ''extérieurs'' ont estimé que les ''plaidoyers'' des divers intervenants n'avaient pas été à la hauteur des espérances car limités à un simple état des lieux.

 

Dépendance financière et retard

 

En effet, pour l'essentiel, les conférenciers s'étaient contentés d'énumérer les lacunes constatées dans la préparation des élections. Dans le public, Ali Mohamed Djalim s'est demandé comment on pouvait parler de démocratie et d'équité alors que les jeunes de 18 ans qui composent à 65% la population sont d'emblée exclues des élections''. L'intervenant faisait allusion à la décision de limiter, semble-t-il pour une question de temps, les électeurs aux seules personnes inscrites aux dernières élections en à 2001.

Sur le nombre des candidatures présentées jusqu'ici, El-Mihdhoir a reconnu, qu'à ce jour peu de prétendants s'étaient manifestés mais qu'il fallait attendre dimanche, date de clôture des inscriptions, pour se prononcer. ''Les Comoriens sont des adeptes de la dernière minute'', a-t-il lancé.

Selon les conférenciers, des retards dans la préparation sont dûs au fait que la CNEI tributaire de l'extérieur dans le financement du processus électoral. Cette dépendance expliquerait, entre autres, le retard  observé dans le toilettage des listes  électorales, qui n'a pas été effectué jusqu'ici.

Les membres de Cnei reconnaissent les ''failles du système''. Ils renvoient la balle au Comité de suivi qui est l'organe ''habilité à prendre les décisions politiques'' dans le processus en cours. ''Le temps qui nous est imparti pour l'organisation de ses élections réduit notre marge de manoeuvre. Toutefois, nous sommes fin prêt pour tout ce qui est logistique'' assure Idi Boina.

Les Comoriens sauront apprécier. Shenda katsihule na kume.

 

 

Saîd Maoulana

 

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Quelques petites choses que je connais de  la poésie comorienne

 

Dans le cadre de la rubrique ''Nkoho'', un nouvel espace d'expression, nous avons reçu cette contribution sur la poésie comorienne de M.A.B Elhad. La poésie comorienne a connu plusieurs formes et différents genres qui ont subi trois influences : arabe, swahilie et française. Pour vous aidez à mieux comprendre ce genre qui demeure encore très marginal au sein de la littérature comorienne. Nous proposons quelques pistes de l’auteur de ‘'Kawulu la mwando'' aux éditions Komédit.

 

Les oeuvres des poètes classiques comoriens dont Mbaye Trambwe, sultan du Washili, roi et poète ou M'chinda M'timbé sont le résultat d'une méditation sur le destin de l'homme, se référant à son patrimoine, l'histoire, la mythologie, la religion et la philosophie. Ceux qui ont eu la chance de participer au FIPIA de Koimbani et qui ont pu s’avourer sur le poème de M'chinda M'timbo, récité par Toilib ont pu constater le style ésotérique de sa composition. Tandis que feu commissaire Said Toihir, originaire de Singani était un poète du sacré ou religieux. Ses poèmes (Mashayinri) qu'on entent régulièrement sur Radio Comores au mois de ramadan, en témoignent.

On trouve dans cette catégorie des contemporains comoriens qui écrivent en langue française comme l'officier de police, M'baé Saandi dont les œuvres sont empreintes de traits religieux.

 

Orale uniquement, orale-écrite

 

La poésie comorienne d'inspiration panégyrique est, avant tout, orale. Elle est présente en toute circonstance sur l'ensemble du territoire. Que ce soit au cours d'un mariage, lors de festivités de circoncision, quand elle n'est pas utilisée comme instrument de propagande politique ou pour bercer un enfant. C'est tout simplement une poésie de louange, le plus souvent chantée.

La poésie comorienne d'expression arabe est orale ou écrite. Orale, elle est beaucoup plus sacrée que magico-religieuse et prend la forme de ''Kaswida''  aux accents panégyriques à l'égard des saints ou des lieux saints tels que la Mecque et Médina. Parfois, cette poésie qui n'est pas forcément rimée peut ressembler à un discours ou alors prendre la forme d'une prière.

Quant à la poésie arabe écrite aux Comores, elle peut l'être avec des lettres arabes et une signification arabe ou comorienne. Ici on retrouve des érudits tels que Kamardine de M'béni ou Sélim A. Bakre (père du politicien et homme d'affaires Bazi Sélim), originaire de Mitsoudjé. Ou encore des hommes cultivés plus jeunes tels que Mouhiddine de Mbéni, sortant d' El-Azhar du Caire, une des prestigieuses écoles de culture arabo-islamique. Il est l'auteur d'une poésie que nous pouvons estimer comme étant élaborée, écrite en arabe classique d'inspiration lyrique ou épique.

Quant à la poésie de courant swahilophone, elle est très limitée par rapport au reste. Son influence se limite à la population comorienne ayant étudié ou ayant vécue dans le monde swahilophone, (la Tanzanie, Zanzibar, et Mombassa) et utilisant comme langue véhiculaire le kisawahili. C'est une poésie tantôt lyrique, tantôt satirique.

 

Mab El Had

 

Droit de réponse accordé au ‘‘Directeur national des impôts” Ahmed Djaffar

 

Dans vos numéros 193 et 194 du vendredi 14 et samedi 24 janvier 2004, votre journal a rapporté avec des larges commentaires les propos du Directeur des Impôts de l'île autonome de Ngazidja sur des éventuelles mésententes dans l'application des accords du 20 décembre 2003 en matière de recettes fiscales. Je me dois de préciser ce qui me semble essentiel. Si le budget 2004 est bel est bien signé, il n'est pas entré en vigueur car, le décret promulguant ce budget stipule dans son article 11 : ''Le budget ne sera exécutoire qu'après harmonisation et révision par le comité d'harmonisation''. L'accord du 20 décembre en son point III alinéa b dit exactement la même chose.

Donc, le budget ne sera mis en œuvre qu'après la réunion du comité d'harmonisation qui devait tenir sa première réunion le 22 janvier 2004 et qui a pris du retard car les experts qui devraient en faire partie commencent seulement à arriver  à Moroni.

Du reste, le Relevé de Conclusions du Comité de Suivi a bien précisé que les recettes propres de l'île autonome de Ngazidja seront perçues comme cela  se fait à Mohéli.(cf Point 22 du Relevé de Conclusions).

Alors, pourquoi continuer à vouloir tromper l'opinion et à se faire des interprétations hasardeuses dépourvues de tout fondement alors que l'accord est clair et net. Ce sont des comportements de ce genre qui contribuent à semer le trouble et accentuer la méfiance.

Alors je le dit de façon très claire : Les recettes propres appartiennent aux îles autonomes qui doivent en jouir en toute liberté. Et dès que le budget entrera en vigueur après l'avis du Comité d'Harmonisation, les recettes propres perçues seront restituées à l'île autonome de Ngazidja.

Cependant, j'ai le devoir de préciser que l'obligation de consolidation des recettes publiques exigent qu'un droit de contrôle soit exercé sur les recettes propres et j'entend exercer cette prérogative qui relève de mes fonctions car chaque île autonome est une partie de l'Etat, mais elle n'est jamais un Etat. J'assume les fonctions de Directeur National des Impôts et j'ai donc, entre autres, la responsabilité d'assurer un contrôle sur la  perception des recettes fiscales sur l'ensemble des services de l'Etat.

Nos bonnes relations avec le FMI et la Banque Mondiale et même nos partenaires exigent qu'un contrôle continu soit exercé afin de s'assurer que les objectifs et les performances attendus soient respectés.

L'interlocuteur auprès de ces institutions est le Gouvernement de l'Union. Il faut savoir que le FMI n'ira pas demander à chaque île les raisons des bonnes ou mauvaises performances. Seule l'Union qui détermine la politique globale du pays, devra répondre de la gestion d'ensemble.

Dans les comptes consolidés, les recettes propres figurent en bonne place avec des objectifs précis. Il faut bien que les collègues acceptent que la Direction Nationale des Impôts ait un rôle de supervision, de contrôle, d'harmonisation et de régulateur.

Alors pourquoi tout ce remue ménage ? Je voudrais préciser aussi que l'autonomie n'est pas une indépendance et que l'autonomie n'exclue pas les contrôles obligatoires de l'Etat. Les îles sont des entités de l'Etat comorien et qu'il n'est pas acceptable que certains se permettent de raconter des âneries.

Pour conclure, je prends à témoin les collègues de l'île autonome de Moili qui étaient bien représentés à la réunion technique. Nous nous sommes entendus qu'une concertation est nécessaire pour préparer les conditions techniques de mise à la disposition des recettes propres aux îles.

C'est pourquoi, je tiens à rappeler à mes collègues qu'il est toujours facile de transformer l'esprit des accords pour en tirer un avantage politique, mais cela ne sera que de courte durée dans la mesure où une simple lecture de l'accord suffit pour mieux comprendre la situation à moins que certains veulent que ces accords soient traduits en langue nationale.

J'ose espérer que ces éléments contribueront à éclairer vos lecteurs et j'appelle à plus de sérénité et de responsabilité de la part de tous.

La presse que je respecte doit éviter la surenchère et ne doit pas être le support des contrevérités préjudiciables à l'évolution harmonieuse et positive de notre pays.

Informer, oui mais peut être s'informer d'abord pour être sûr de  ce que l'on transmet.

 

Ahmed Djaffar      

 

Habari za Udunga

 

Ndo mfalakati

 

Dans quelques semaines, nous irons aux urnes. Et comme vous le savez, dans les îles de la lune rien n'est simple. Nous prenons un malin plaisir à inverser le cours des choses en mettant toujours la charrue avant les zébus comme si nos ancêtres n'étaient pas les gaulois. Quelqu'un disait quelque part “pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué''.

Ainsi, l'on reparle des problèmes liés aux listes électorales. Nous savons que dans la plupart des pays du monde, chaque année, les jeunes ayant atteint leur majorité sont priés d'aller s'inscrire sur les listes électorales. Et pourtant dans ces pays on n'organise pas des élections chaque année. On peut donc se demander, si sous nos cocotiers toujours malades, cette histoire de listes ne fait pas le jeu de tout ce beau monde. Si tout cela ne fait pas partie d'un folklore qui ne veut pas dire son nom.

A chaque élection, c'est le même branle-bas de combat, la même rengaine, le même charivari. On refait les listes, les cartes, les urnes, les isoloirs, etc

On imagine le temps passé à refaire tout cela et le prix que tout cela coûte en temps et en argent.

Vous n'avez jamais entendu un parti politique faire de l'élaboration des listes électorales fiables une des bases de sa participation à une élection. La plupart du temps, c'est au dernier moment, après des multiples conciliabules, que le microcosme se met d'accord pour y prendre part. Certaines personnes se demandent, à juste titre, à quoi servent nos cartes d'identité ? A prendre des sous à Western-Union, à la Bic et à la Meck ?

Des organismes internationaux ont même fait des propositions pour utiliser les cartes d'identité lors des élections et sortir de ce cercle vicieux mais c'est fut un cri dans le désert. En réalité  nous préférons le bricolage et autres rafistolages qui ne reposent sur rien de solide. Nous improvisons à tout bout de champ et nous nous adonnons au ''matsatsaliyano''. En réalité on ''falakate'' comme on l'a toujours fait.

 

Hachime Abdérémane

 

Ministre Younoussa en tole

N'est-on pas en train de pousser le ministre des Finances de l'île autonome de Ngazidja  à se faire hara-kiri? s'interroge le commun des mortels vu l'internement prolongé dont ce dernier est victime. Le microcosme politique de la place manifeste un silence coupable comme on l'a observé lors de la détention de l'avocat Said Larifou.

Nul n'ignore que cette trop longue et très incroyable détention de Younoussa dans les geôles de Moroni constitue une entrave sérieuse au bon fonctionnement de la machine financière de l'île autonome de Ngazidja surtout en cette période de budget consolidé et… juste au moment où on allait signer les accords que l'on sait.

N'est-il pas temps d'évaluer les charges retenues contre Younoussa? Le ministre, dans cette sombre histoire d'agrément, est-il  responsable ou coupable ? Où sont les techniciens qui ont ficelé ce dossier ''hautement sensible'' que certains ont osé comparer à une trahison (heureusement pour certains, le ridicule ne tue pas).

Une administration se limite-t-elle au seul ministre? Ne sommes-nous  pas face à un casus belli type armes de destruction massive (ADM) en Irak? Que Dieu nous préserve de la Bushmania...

Tiens,… au fait, si vous avez un mot, une information, une suggestion que vous voulez passer à Younoussa ?

N'hésitez pas. Envoyez-le à La Gazette qui se chargera de le lui envoyer sur cette place même. Mais, surtout, merci d'écrire court.

 

 

Saïd Maoulana