abonnez-vous à la Gazette

EDITION ELECTRONIQUE N°225

 

Législatives des îles : Moroni : Le suspens subsiste

 

Deux sièges sont à pourvoir dans la capitale. Celui de Moroni Sud, la circonscription qui s'étale de Badjanani à Shezani, que se disputent le ministre démissionnaire des Affaires sociales de l'Union, Ali Mohamed et le candidat présenté par la coalition autour du président de l'île de Ngazidja, Moegné Ahmed dit Mdoumbé.

Si dans le Sud de la capitale les choses sont suffisamment claires  pour l'électeur, il n'en est pas de même dans la première circonscription, Mtsangani-Magudju-Coulée, où le pouvoir de l'Union aligne deux candidats à savoir Ali Mouigni, tendance Fakri et Issa Gauda proche du ministre du Développement, Houmed Msaïdié. La coalition Elbak envoie, quant à lui, un candidat unique en la personne de Fundi Maoulida, un opposant notoire qui a fait plusieurs fois la prison. Face à eux, un candidat indépendant, l'homme d'affaires Mahamoud Soidiki.

Ce dernier se présente comme ''le candidat de la société civile qui n'appartient à aucun parti politique''.

A  cinq jours du scrutin, il est difficile d'avancer de pronostic quant aux chances des uns et des autres.

 

Second tour indécis

 

Ce qui est sûr, le nom du député du Sud sera connu dimanche soir, étant donné qu'il n'y a que deux candidats au premier tour. Ce député s'appellera Moegné Ahmed ou Ali Mohamed.

Pour le Nord de la capitale, les choses sont un peu plus compliquées. Toute fois, on peut dire que Fundi Maoulida franchira, vraisemblablement, le cap du premier tour, étant donné qu'il représente l'union de l'Opposition et, de surcroît, dans une circonscription qui avait l'habitude de voter massivement pour Elbak. Qui sera son challenger au second tour? Tout porte à croire que  Mahamoud Soidiki, un notable  qui dispose de sérieux atouts dans cette circonscription, a de sérieuses chances de se trouver au second tour.

Toutefois, au finale, l'élection risque de se jouer dans un mouchoir de poche. En effet, en cas de deuxième tour, ce qui est fort probable, les deux candidats du camps Azali peuvent appeler difficilement à voter pour le candidat de l'opposition soutenu par Elbak! L'élection n'est pas gagnée d'avance pour le candidat unique de l'opposition. Le suspens existe.

 

L'Ecole française à l'Ecole comorienne : De jeunes enfants franco-comoriens ont été expulsés des cours pour… non paiement des frais d'écolage

 

Une dizaine d'enfants franco-comoriens dont le plus vieux a 13 ans ont été expulsés des cours hier. Motif : non paiement des frais d'écolage ! C'est le directeur en personne qui est rentré dans les salles de classe pour demander aux enfants de déguerpir. Un surveillant expatrié indigné, a qualifié cet acte de ''grosse connerie''.

Le collège français a-t-il un statut d'établissement public ou non? Si oui pourquoi expulser de l'enseignement des élèves dont le seul motif est le non paiement des frais d'écolage? Que certaines écoles privées comoriennes dont la raison d'être est de gagner de l'argent, instaurent de telles pratiques traumatisants pour de jeunes enfants, passent encore. Mais venant d'un établissement français à caractère public, un tel comportement est scandaleux. Monsieur le directeur a-t-il oublié que l'école est obligatoire pour les enfants jusqu'à l'âge de 16 ans? Comment peut-on humilier de la sorte un enfant de 9 ans devant ses petits camarades?

Cette décision du chef d'établissement a-t-elle été prise en concertation avec son conseil d'administration? De tels comportements ternissent, malheureusement, l'image de ce grand pays démocratique qu'est la France.

 

Jules Ferry doit se retourner dans sa tombe!

 

Football. Première demi-finale de la coupe de la solidarité : USZ sauve l'honneur du district du centre

 

Samedi 06 mars 2004, au stade de Moroni, vers 16h 15, Coin Nord de Mitsamiouli s'était incliné sur le score de 2 buts à 1 face à Union sportive de Zilimadju.

En disposant de Coin Nord par 2 buts à 1, pourtant une équipe bien placée au classement du championnat 2003, Union sportive de Zilimadju (USZ), qui vacille au milieu du classement, a sauvé l'honneur du district du centre. Les Moroniens sont les premiers à se qualifier pour la finale, comptant pour la coupe de la solidarité.

Le match était très serré considérant la détermination de chaque équipe à vouloir disposer de l'autre. USZ n'avait pas brillé à la saison 2003. Les joueurs n'avaient pas pu suivre le rythme qu'impose un championnat. C'est ce qui explique la place peu honorable qu'elle occupe au classement. Elle s'était efforcée pour assurer le maintien. Cette année, l'effectif a été rajeuni et renforcé. "Nous comptons relever la tête, et nous hisser en haut du tableau cette saison", avait affirmé le président du club, Mohamed Attoumani,.

En revanche, Coin Nord est une équipe régulière. Elle a toujours co-occupé le haut de classement dans les différents championnats des Comores. En 2003, il a terminé quatrième derrière US Selea (3e), Elan-club de Mitsudje (2e) et Volcan-club des Comores (1e). "Ce n'est pas toujours facile de se mesurer avec une équipe remodelée à 80 %, et qui évolue à domicile. Mais je suis serein.

 

"Une-deux" et slalom

 

Nous comptons sur notre homogénéité et notre expérience pour nous imposer" avait glissé un remplaçant de l'équipe de Coin Nord avant le match.

USZ est consciente du manque d'expérience de ses jeunes joueurs, et de sa formation. Elle se consolide au fil des rencontres et est entrain de compléter son répertoire. Sa stratégie est donc de faire, le plus vite possible, la différence avant l'épuisement des joueurs.

Dès la troisième minute donc elle ouvre la marque, grâce à la nouvelle recrue Ali Mmadi, ex joyau du Canon d'Iconi. Ce but avait réveillé les Nordistes et leur a servi de stimulus. Ils ont réagi immédiatement par des incursions dangereuses opérées par les collègues d'Ahmed Kohinor, notamment aux 13e, 19e et 22e minute. USZ s'était sentie étouffée. Nani Youssouf, le nouveau gardien de but des Moroniens, ex Pouzzolanes de Mbashile, n'a pas cédé à cette forte poussée. A la 23e minute, l'attaquant Anziz, suite à un "une-deux" suivi d'un formidable slalom, permet à Coin Nord d'égaliser par un but partout. Cette parité reste inchangée jusqu'à la mi-temps.

En deuxième période, USZ se réoxygène et se réorganise. Trois attaquants entrent, et renforcent la ligne offensive. L'objectif est le même : mener avant d'être mené.

 

Report et... condoléances

 

Parmi ces nouveaux entrants figure Jean Claude Ambrass. Rapide et fin dribbleur, mais trop prudent, il est à l'origine de toutes les attaques de son équipe. A la 20e minute, il est bousculé à la périphérie de la surface de réparation adverse. Hélas, le coup franc n'est pas cadré. Le ballon part dans les nuages. Les tirs se succèdent sans trouver le chemin des filets. A la 30e minute, Jean Claude Ambrass était victime d'un accrochage intentionnel à 30 m du camp de Saïd Ahmed dit 15 ans. Ali Mmadi envoie un long ballon vers le point de penalty. Nasser saute plus haut que tout le monde. Il creuse l'écart par un meurtrier coup de tête piqué. Les deux équipes regagnent le vestiaire par le score serré de 2 buts à 1, en faveur de USZ.

En disposant de Coin Nord, 2 buts à 1, USZ sauve l'honneur du district du centre. Elle est la première équipe à se qualifier à la finale, comptant pour la coupe de la solidarité.

L'autre demi-finale (Volcan contre Apache) a été reportée à une date ultérieure, suite à la mort de Mhadji à Mulhouse (France), ex joueur des Moroniens, Paix à son âme. Mes vives condoléances.

 

Bacar Madi dit Gondet

 

Ils ont dit...

 

Mohamed Attoumani, président de USZ : "L'équipe se reconstitue. Les joueurs reprennent. Nous allons renforcer les entraînements en vue de bien aborder la nouvelle saison. Nous avons confiance à nos jeunes. Ils sont disciplinés, et manifestent un engouement certain".

 

Sais  Ahmed dit 15 ans, gardien de Coin Nord : "Nous sommes responsables de notre déroute. Nos joueurs ont commis des fautes inadmissibles, des fautes dignes de débutants. Cela nous servira certes de leçon. Dans l'ensemble, nous nous sommes battus convenablement. L'avenir n'est pas encore compromis."

 

Gondet

 

Maamoune, journaliste de Radio-Comores

''J'ai été licencié pour mes convictions''

 

Le journaliste de la Radio-Comores, Mohamed Maamoune, récemment  licencié, a tenu hier une conférence de presse au foyer Aouladil Comores. L'objectif était d'expliquer aux médias nationaux et étrangers les motifs de son licenciement.

Mohamed Maamoune a travaillé près de dix ans à Radio-Comores dans la section de langue arabe où il a été présentateur du journal.

Il est titulaire d'une maîtrise en droit international obtenu au Soudan et est réputé pour sa maîtrise de l’arabe.

Le directeur de la radio nationale, Ali Djaé, a justifié ce licenciement pour ''faute grave (rébellion contre l'autorité investie)''. Quelle autorité? on en saura pas davantage.  D'autres licenciements de la radio nationale ont touché, ces derniers temps, des journalistes, des techniciens de studio et d'autres employés de la maison de la radio. On peut citer entre autres Omar Assoumani, Faissoil Nassor, Djamal Ahamada, Mme Dhahabou (l'épouse d'un ancien directeur général de… Radio-Comores), Mbaé. Selon M. Maamoune, avant de le licencier son directeur l'a convoqué pour lui dire : ''celui qui ne soutien pas les candidats du gouvernement de l'Union aux législatives doit aller implorer ses Dieux ailleurs''. Maamoune aurait répondu qu'il mettait ses compétences au service de son pays, mais ''pas pour une personne ou un groupuscule''.

La conviction du journaliste, c'est que son licenciement est motivée par ces ''prises de position en faveur d'un candidat que j'estime à même de défendre les intérêts de Ngazidja et de ma région''.

 

Saïd Maoulana

 

 

L'ASCOBEF-Ngazidja améliore son équipement

 

Le bureau de la section régionale de Ngazidja de l'Association comorienne poure le bien être de la famille (ASCOBEF), a remis officiellement à son secrétariat permanent un ordinateur complet et un ventilateur flambants neufs. La cérémonie a été rehaussée par la présence du président national, du directeur exécutif de l'ASCOBEF ainsi que par l'ensemble des membres du bureau de la section régionale de Ngazidja et de volontaires.

La présidente nationale, Touhoufat Issamidine, a, dans son allocution, remercié la section de Ngazidja en ces termes : ''c'est la première fois dans l'histoire de notre association qu'une section régionale se dote d'un matériel de ce genre sur fond propre''.

L'achat de ce matériel informatique a été possible grâce aux activités organisés pendant la semaine de mobilisation et à la contribution des sponsors officiels. ''Cette volonté de la section régionale de Ngazidja d'organiser une semaine de mobilisation sans aucune subvention, illustre la détermination de la section à apporter un nouveau souffle à l'association”.

Pour le président de la section de Ngazidja, ce matériel devrait permettre à la section d'avoir une certaine autonomie dans la gestion et l'harmonisation de ses activités quotidiennes. Selon la président, ''cette réalisation s'inscrit dans un cadre d'un projet de redynamisation de l'ensemble des activités de notre association. Nous ne comptons pas nous arrêter en si bon chemin''.

La section compte beaucoup sur les volontaires pour la promotion et le recadrage de ses activités en conformité avec les besoins du moment. C'est un travail énorme, ''mais nous n'aménagerons pas nos efforts pour arriver à cet objectif '' a-t-il conclut.

 

Saïd Maoulana

 

Législatives : Note de campagne Youssouf Said innove...

 

Le candidat de la circonscription de Mbude, Youssouf Saïd, a innové dans l'art de faire sa campagne. Le candidat a inséré dans son programme des conférences-débats ouverts au public. Ainsi, chaque électeur peut directement interroger le candidat sur son diagnostic de la situation actuelle et les remèdes qu'il compte apporter une fois élu.

Toutes les localités de Mbude ou presque, ont salué cette nouvelle approche participative qui permet, notamment, à la gent féminine de s'épanouire dans des places publiques traditionnellement réservées  aux hommes.

A Djongwe, à une question sur son choix de rentrer aux Comores en abandonnant son statu de fonctionnaire international, Youssouf Saïd a répondu que le jour de son départ pour l'étranger, ''le président Ali Swalihi Mtsashiwa m'avait dit compter sur ma personne pour continuer son oeuvre car, disait-il, il ne sera pas là le jour de mon retour. Depuis ce jour, je ne l'ai jamais revu''. ''Il était de mon devoir de répondre à cette aspiration de celui qui fut mon mentor en politique et mettre ma compétence au service de mon pays''..

De l'avis des personnes qui ont pris part à ces rendez-vous, la technique des conférences-débats ''permet à la population d'avoir une image globale du candidat et d'apprécier à juste titre la prestation de celui-ci''. Pour l'essentiel, le candidat Youssouf Saïd arrive à s'en sortir.

Selon lui, une multiplication de ses conférences-débats contribuerait à réduire la “démagogie et les promesses sans lendemain''.

 

 

Saïd  Maoulana

Habari za udungza

 

Encore du ''senema ya masera''

 

Devant une situation politique et sociale de plus en plus confuse, un certain nombre d’habitants des îles de la lune s'interrogent sur ce qu'ils appellent ''senema ya masera'', entendre par-là cette bande dessinée ou dessins animés.

Quand l'homme de la rue se met à comparer notre microcosme à des personnages de bandes dessinées, cela doit nous interpeller sur la façon dont sont dirigées les affaires de la cité à tous les niveaux.

Cela veut tout simplement dire que leur vision se brouille et qu'ils commencent à marquer une certaine distance avec les discours tonitruants des uns et des autres. Dans la mesure où à force de se chamailler les propos deviennent de plus en plus inaudibles.

Sous les cocotiers toujours malades de la fumagine, nous nous plaisons à construire des châteaux de sable à défaut de faire des propositions à la mesure de nos capacités  financières.

 Dans un pays où la plupart des réalisations se font sur financements extérieurs, il importe que nous donnions une image positive du pays. Chacun de nous, dans notre façon de nous comporter dans la vie de tous les jours, doit être un indicateur d'une démarche solidaire. La modestie et la prudence dans les propos sont autant de qualités qu'il convient de cultiver.

Dans notre minuscule pays, où tout est relatif, il requiert d'avancer prudemment dans les propos à l'emporte pièce. La guerre de la salive chère au défunt président AAA doit, elle aussi, avoir ses codes de bonne conduite même si nous disons trop souvent que ''la langue n'a pas d'os''.

Le développement ne correspond pas aux nombres de kilomètres des discours tenus ici et là par le microcosme sinon Cuba serait le premier pays développé dans le monde.

Nous savons, depuis peu, que la bonne gouvernance recouvre les interactions entre les structures, les processus, les traditions et les systèmes de connaissance qui déterminent de quelle manière s'exercent le pouvoir et la responsabilité et se prennent les décisions.

Les îles de la lune méritent plus que d'interminables palabres et des slogans creux. Elles méritent de goûter un jour, aux fruits de leurs durs labeurs.

 

Hachime Abdérémane

 

Perfectionnement au maintien de l'ordre à Ngazidja

Pot d'adieu pour les instructeurs

 

Après Ngazidja, les militaires sud-africains qui ont instruit les deux semaines de perfectionnement des opérations de maintien de l'ordre en période électorale se sont envolés, hier pour Mwali et Ndzuwani.

A cette occasion un sympathique pot d'adieu a été organisé en leur honneur à la messe des officiers de la gendarmerie de Ngazidja à Moroni. Cette cérémonie a été honorée de la présence d'officiers comoriens et du procureur de la République près du parquet de Moroni,  Idi Bazia.     

Le contingent d'instructeurs est composé, entre autres, d'officiers de police sud-africains. A la fin de la cérémonie, le commandant de la gendarmerie de Ngazidja, Youssouf Idjihadi, leur a remis des tenues militaires que les sud-africains sont censés porter pendant leur travail dans les deux autres îles pour ''montrer l'unicité de la force comorienne''.

 

Toimimou Abdou