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EDITION ELECTRONIQUE N°226

 

Le ''Samson'' disparaît : Il y aurait plus de 120 passagers à bord

 

Il a été pris dans la tourmente du cyclone tropical "Gafilo" qui a touché le Nord de Madagascar au cours du week-end et dont les dégâts sont en cours d'évaluation.

Le "Samson", ce bateau qui assure la liaison régulière entre Moron, et Mahajanga, sur la côte ouest de Madagascar, est porté disparu avec une centaine de passagers à bord, dont la plupart sont de nationalité comorienne. Officiellent, il y aurait 120 passagers inscrits au départ d'Anjouan où le bateau  a pris le depart samedI aux environs de 14 heures . Il avait quitté Moroni  le vendredi 5 mars .

Le "Samson" a été pris dans la tourmente du cyclone tropical "Gafilo" qui a touché le Nord de Madagascar au cours du week-end et dont les dégâts sont en cours d'évaluation.

Son dernier message a été reçu par l'armateur le dimanche soir vers 20 heures et le situait à environ 120 milles de Mahajanga. La traversée était prévu  normalement pour une durée d'une trentaine d'heures. Au moment de son dernier appel, le "Samson" ne disposait que 24 heures de carburant.

Bien qu'enregistré à Moroni et battant pavillon comorien, le "Samson" appartient à un commerçant d'origine indo-pakistanaise installé à Mahajanga.

Selon des informations privées, en l'absence de réaction officielle des autorités maritimes comoriennes et malgaches, le "Samson" avait 18 membres d'équipage, de nationalité comorienne et malgache, sans compter les éventuels "clandestins autorisés" en raison des relations historiques traditionnelles entre les Comores et Madagascar.

La persistance d'un très mauvais temps sur l'ensemble du pays et tout particulièrement dans le sillage du passage de "Gafilo" rend difficile les recherches, aussi bien par mer que par air.

A la demande des autorités d'Antananarivo, Paris a dépêché deux avions Transall pour transporter l'aide de première urgence, a annoncé le ministère français de la défense. Ils ont décollé mardi matin de l'île de la Réunion avec 25 pompiers et 20 tonnes de fret de première urgence (tentes, couvertures, bâches, produits de traitement de l'eau). Ce matériel provient des stocks de la délégation à l'action humanitaire du ministère des Affaires étrangères "pré positionnés" à la Réunion.

A l'heure où nous mettons sous presse, les recherches se poursuivent et les familles des passagers attendent toujours avec anxiété des nouvelles du Samson et de connaître le sort de leurs proches. Le directeur général des transports maritimes est présent à l'agence Jag Marine à Moroni, pour apporter un peu de réconfort aux familles.

 

La douane après les accords du 20 décembre : Ça fonctionne pour l'essentiel mais…

 

Le mécanisme mis en place à la Direction des douanes se porterait bien. Les dispositions prévues pour faire fonctionner les services des douanes seraient presque toutes opérationnelles et le système de cogestion gère, actuellement, l'ensemble de la douane des Comores.

Toutefois, à ce jour, le Conseil de direction des douanes (CDD) - qui devrait trancher en cas de conflit au sein de la direction des douanes-, ne serait pas encore opérationnel. Il attend toujours, selon des sources douanières à Moroni, l'arrivée de certains de ses membres, experts internationaux, pour tenir sa première réunion. Ce retard avait entraîné un ralentissement de la mise en oeuvre des différentes dispositions au niveau des douanes. A défaut, et ''pour débloquer la situation'' on a dû faire appel au Comité d'harmonisation.

Cependant, un litige subsiste entre l'administration de Ngazidja et celle de l'Union après que le gouvernement du colonel Azali ait nommé, contrairement à ce qui s'est passé à Mwali et à Ndzuwani, un receveur de douane à Moroni au nez et à la barbe des autorités de Ngazidja. Ces dernières qui reclament la tutelle de ce poste soutiennent que ''Comme ce receveur se charge des services opérationnels au niveau de la seule île de Ngazidja, ce poste doit revenir de droit à l'île et non à l'Union''. ''Ngazidja, estiment-elles, doit être placée à un même pied d'égalité que Ndzuwani et Mwoili qui nomment eux-même les receveurs des douanes de Mutsamudu et de Fomboni''.

Les obstacles qui bloquaient la marche du processus, notamment au niveau de Ngazidja, auraient, pour l'essentiel, été levés et les divergences aplanies. Les recettes douanières vont être transférées directement à la Banque centrale des Comores, sans transiter par le Trésor public, comme il a été convenu auparavant. Toutes les nominations au niveau des différents services de la douane ont été faites et entre l'Union et l'île de Ngazidja, les directions des services auraient été partagées, à en croire un agent de la douane. Le directeur régional et le chef des visites, au niveau de la douane de Moroni, sont nommés par l'autorité de Ngazidja. Par contre le nouveau receveur, qui vient d'être nommé récemment, a été mis en place par les autorités de l'Union. ''Mais l'administration de Ngazidja continue de réclamer ce poste de receveur de douane de Moroni'', précise notre interlocuteur :

''Comme ce receveur se charge des services opérationnels au niveau de la seule île de Ngazidja, ce poste doit revenir de droit à l'île et non à l'Union'', argumente un responsable du ministère des Finances de l'île qui insiste : ''Ngazidja doit être placée à un même pied d'égalité que Ndzuwani et Mwali qui nomment eux-même les receveurs des douanes de Mutsamudu et de Fomboni''.

Notons que la gestion des services relève de la responsabilité d'une Direction des douanes comprenant le directeur général et les directeurs généraux adjoints, et fonctionne sur la base du principe  de collégialité. Dans l'exécution de ses fonctions, la direction des douanes s'appuie sur les services opérationnels au niveau des îles, lesquels sont dirigés par des directeurs régionaux désignés par les autorités des îles et nommés par la direction des douanes. La direction des douanes prend ses décisions par consensus. Faute de quoi, les décisions sont prises par le Conseil de direction des douanes (CDD).

Toutefois, à ce jour, le CDD ne serait pas encore opérationnel. Ce qui avait, selon un membre de la direction des douanes, ralenti la mise en oeuvre des différentes dispositions au niveau des douanes. En cas de litiges, la direction des douanes doit s'en remettre à l'arbitrage du Comité de suivi qui se réunit une fois par mois. Le CDD attendrait toujours l'arrivée de certains de ses membres, des experts internationaux, pour tenir sa première réunion et être opérationnel.

En attendant sa mise en place, le Comité d'harmonisation a pu débloquer la situation et tout semble aller pour le mieux à la direction des Douanes. Les services de la COMACO et de la COTECNA seraient déjà opérationnels à Ndzuwani et Mwali.

 

Mmadi Moindjié

 

 

Législatives de l'Union  Coalition Elbak :  Ça bataille dure !

 

Des responsables de la coalition autour du président Elbak, parmi lesquels Kémal, Mradabi et le docteur Mtara Maecha, insistent pour que la coordination désigne des candidats uniques dans l'ensemble des circonscriptions. Ils pensent que la stratégie appliquée pour les élections de l'assemblée de l'île (douze candidats uniques seulement sur vingt) est risquée. Pour le moment rien ne semble acquis.

La coordination des partis de l'opposition au colonel Azali négocie dure, en ce moment, pour désigner leurs candidats aux législatives de l'Union. Samedi dernier, les principaux leaders des onze formations politiques de la coordination avaient tenu une réunion, au domicile de Saïd Ali Kémal, pour arrêter leur stratégie de désignation des candidats. Certains responsables de ce rassemblement, parmi lesquels Kémal, Mradabi et Mtara Maecha, insistent pour que la coordination désigne des candidats uniques au niveau de toutes les circonscriptions dans lesquelles elle compte être représentée. Ces responsables politiques refusent d'admettre, pour les législatives de l'Union, la stratégie appliquée pour les élections de l'assemblée de l'île.

Sur les vingt circonscriptions de Ngazidja, la coordination n’a pu imposer que douze candidatures uniques.

Cette stratégie est jugée, par certains dirigeants de partis, ''très risquée et même dangereuse'' pour le rassemblement des onze partis. Beaucoup ne veulent pas rééditer la même chose pour les législatives de l'Union. ''Il n'est pas normal que des candidats de même tendance s'opposent dans une même circonscription'', aurait déclaré le leader du parti Chuma. ''Ou on est une même famille politique et on présente des candidats uniques ou on ne l'est pas et chaque  formation se débrouille seule et vole de ses propres ailes'', insiste Kémal.

A ce jour, on prévoit plusieurs candidats uniques issus de la coordination dans le Hambu, le Bambao et le Mbude-Mitsamihuli. Mais, les discussions continuent.

Selon un négociateur, la question la plus débattue est celle relative à la candidature de l'actuel ministre de l'Education de Ngazidja, Mohamed Ismael qui se présente sous l’étiquette du FD dans la même circonscription que Saïd Ali Kémal. Devant le risque d'éclatement de la coalition, le dirigeant du Front démocratique aurait demandé un temps de réflexion.

 

Mmadi Moindjié

 

Un képi emplumé : Du fond du Kart hala nous provient un poète qui sait mêler à merveille les paradoxes

 

Kaulu la mwando ( MAB Elhad, éditions Komedit), littéralement "première parole" est le premier recueil du gendarme poète Mab Elhad. Entre la garde des institutions qu'il pratique quotidiennement et l'envolée vers le lyrisme, il n' y voit aucune contradiction.

A tous ceux qui prétendent que ces deux activités sont difficilement conciliables, notre poète répond sans ambages que son seul objectif est la recherche de l'harmonie, et plus particulièrement servir le peuple et la paix en laquelle il est profondément attaché. Il nous invite à percer sa communauté de gens d'armes, celui qui se sert des armes, pour éviter des larmes. Nul doute que le poète est en quête par le biais du désordre des sens provoqué par sa poésie, est en quête de la liberté.

Liberté pour lui-même en tant qu'homme d'ordre et de normes. Nous voilà devant la tentative purement humaine d'aller toujours au-delà des catégories de la vie quotidienne. Si la liberté est ce qu'i l chérit de plus, elle est également indispensable à la grandeur de sa nation. Avec Mab Elhad, nous sommes dans la lignée des grands poètes défenseurs de la liberté qui selon Eluard sont nés pour la nommer, donc la connaître et la vivre pleinement. Cette exigence de liberté ne peut se faire sans le respect d'autrui.

Le tendre baiser destiné à Bichara nous émeut dans l'humilité du message, qui loin d'être simple, nous enclins à la tolérance et au respect d'autrui. Liberté  signifie  également pour lui, un engagement pour des causes nobles et justes. La Crise, évoque la balkanisation des Comores et les relents séparatistes qui menacent notre pays.

 

Toute honte bue

 

Il prend fait et cause pour l'unité nationale. " La famille est en crise, l'une des soeurs est partie sur un coup de tête, l'autre, un mauvais rhume l'a prise, le troisième se cherche et fait sa quête, La grande, partagée, étouffe dans son coin........Toute honte bue, la première des quatre soeurs fit son choix, l'autre s'est dite: divisons nous, pour mieux hériter". Mab Elhab ne reste pas indifférent des soubresauts de la politique internationale. Il l'exprime d'une manière forte et émotionnelle sur un poème dédié à Mohamed Al-Dora, jeune palestinien de 12 ans abattu sauvagement par l'armée israélienne. "Tu n'es pas mort mon fils. C'est l'innocence qu'ils ont tué, de leurs balles criminelles et sionistes.

Ton sang béni a arrosé nos coeurs, pour que l'espoir un jour éclose! Et que sur la Palestine naisse la paix".

Sa poésie nous emmène dans des cieux où les mots d'ordre sont beauté, amour, famille, insularité, unité de la nation, amitié et fidélité. Il est sur que dans un contexte mondial tel que nous le vivons, nous ne pouvons rester insensible à la rythmique poétique provoqué par ce sulfureux poète comorien, qui reprend le flambeau de Mbayé Trambwé et son oncle Hamada Mboréha, alias Ropiya Chenda.

 

Nakidine Mattoir

 

Habari za udungza

 

Nipe ni kupe

 

Au cours de cette campagne, un débat s'est instauré sur les réalisations touts azimut qui sont opérés, semblent-ils, par des candidats se réclamant du CRC dans certaines localités. Si tout le monde salue de telles réalisations, les opposants au régime ne voient pas d'un bon œil le moment choisi, c'est à dire en pleine campagne électorale. En fait, ce ne sont pas des promesses électorales, ce sont des réalisations électorales. Pour les habitants des îles de la lune, habitués aux promesses jamais tenues, les élections sont le moment privilégié pour faire du chantage social. C'est une stratégie qui a toujours étaient utilisée, même avant l'indépendance, et il n'y a pas de raison que ça change. En effet nos compatriotes ne jurent que sur ce qu'ils voient et comme dit, l'autre les promesses n'engagent que ceux qui les tiennent.

Le moyen et long terme est banni dans leurs perspectives. Au-delà de l'aspect pratique qui consiste à donner pour recevoir, il n y a rien à dire.

Mais certains s'interrogent sur l'aspect purement éthique quand il s'agit de donner sa voix en échange d'une réalisation donnée pour la communauté. Ils s'interrogent sur la notion de libre arbitre du citoyen face à des choix qui vont l'engager dans le temps. Cependant, il faut nous rendre à une certaine évidence, il reste un long chemin à parcourir pour que la citoyenneté puisse s'installer durablement dans les esprits et que les choix des uns et des autres obéissent à une logique.

Aujourd'hui, l'esprit dominant chez nos compatriotes est le fameux ''nipe nikupe'' qui demeure un simple échange et non un contrat moral qui lie les électeurs et ceux qui veulent être élus. Un jour, il faudra transcender les clivages et voir un peu plus loin que le bout de notre lorgnette et construire le pays sur des bases solides.

 

 

Hachime Abdérémane