EDITION ELECTRONIQUE N°228 et 229
Naufrage du Samson : Les Comores
endeuillées
Il n'y
a plus d'espoir de retrouver vivants les passagers du Samson qui a été emporté
par le terrible cyclone qui a ravagé le nord de Madagascar, dimanche dernier.
Les deux rescapés ont confirmé le
naufrage de bateau.
L'Etat a déclaré un deuil national de trois jours et les
drapeaux sont en berne. Le président Azali s'est
adressé, hier à 20 heures, à la nation. Il a présenté au nom des présidents des
îles et en son nom personnel, les condoléances aux familles des disparus.
Il
a déclaré que ''toutes les recherches qui
ont été entreprises avec l'aide de nos voisins notamment réunionnais, n'ont pas
permis de repérer le bateau. Les déclarations des deux rescapés qui ont affirmé
que le Samson avait coulé ne laisse, malheureusement plus de doute, on peut
considérer que tous les passagers ont péri''. Il a demandé que tous les corps
qui seraient retrouvés soient inhumés à Mahajanga.
Le
président de l'Union a affirmé que les recherches vont se poursuivre et qu'une
enquête serait ouverte pour déterminer les responsabilités dans cette affaire.
Selon
un dirigeant du CRC, les autorités de l'Union auraient demandé un report du
scrutin de dimanche mais les présidents des îles n'ont pas jugé opportun
l'ajournement de l'élection.
Les
autorités de Ngazidja, pour leur part, souhaitent la suspension des meeting de campagne.
Ligue des Etats Arabes-Comores :
Un don de 200 millions de francs comoriens
La
Ligue des Etats Arabes vient d'octroyer aux Comores un don de 400 mille dollars
soit l'équivalent d'un peu moins de 200 millions de francs comoriens. Un
protocole d'accord a été signé mardi 9 mars entre M.Youcef Rahmania,
chef de la mission de la ligue et madame Giuseppina Mazza, représentant résident du PNUD. Il met à la
disposition du Programme des Nations Unies pour le Développement cette
contribution de la LEA au Fonds fiduciaire dont la mise en place a été décidée
par les partenaires des Comores le 21 janvier dernier à Paris.
Ce fond
est destiné à soutenir la mise en œuvre de l'accord de transition du 20
décembre 2003 à Moroni dans le domaine de l'appui du processus électoral
notamment. Ce financement de la Ligue arabe sera complétée
dans les mois à venir par une contribution additionnelle.
Listes électorales, campagne dans les
médias publiques et violation des règles dans la campagne des législatives des
îles
Les
inquiétudes des associations de la société civile
Un
recul grave de conséquences pour le bon déroulement de ces élections et pour
l'avenir, constate la Fédération comorienne des organisations de la société
civile (FECOSC) en cette fin de campagne du 1er tour. Elle déplore, notamment,
le fait que “la radio nationale soit mise au service de certains candidats (CRC
en particulier) alors que la répartition du temps d'antenne pour tous les
candidats a été un des acquis démocratiques majeurs dans notre pays”.
Malgré
la déclaration du mois de février dernier, la FECOSC a tenu à rencontrer la
CNEI le 1er mars dernier pour lui faire
part à nouveau de ses inquiétudes. Force est de constater, qu'en cette fin de
la campagne du 1er tour des législatifs des îles, la situation ne s'est guère
améliorée, au contraire.
- les
citoyens ayant atteint la majorité depuis les dernières élections en 2002 sont
dangereusement exclus du processus électoral pour plusieurs scrutins. D'aucuns
ne comprennent que l'on pouvait seulement soustraire des listes les morts et ne
pas rajouter des listes ceux qui ont obtenu la majorité civile. Cette question,
pourtant, relève de la souveraineté nationale.
- La
radio nationale est mise au service de certains candidats (CRC en particulier)
alors que la répartition du temps d'antenne pour tous les candidats a été un
des acquis démocratiques majeurs dans notre pays. Cela constitue pour tout le
pays un recul grave de conséquences pour le bon déroulement de ces élections et
pour l'avenir.
- La
CNEI est restée muette sur la procédure de saisine pour mettre fin à des
pratiques interdites par le code électoral : usage des biens publics au profit
des candidats (adduction d'eau, véhicules administratifs etc.).
Considérant
les enjeux de ces élections que l'on voudrait libres, démocratiques et
transparentes, la FECOSC appelle à la mobilisation de tout un chacun à militer
pour la réalisation de cet objectif et à dénoncer ces manquements.
Habari za udungza
Paroles d'ici et d'ailleurs
C'est
un pays où les gens ont presque tout pour vivre heureux et pourtant, chaque
jour qui passe, nous inventons des faux alibis pour nous persuader que nous ne
sommes en rien sur les causes de notre
propre régression.
Nous
avons cette faculté d'adaptation à toutes les situations qui nous confèrent une certaine admiration teintée de scepticisme de
la part des étrangers qui nous observent. Nous sommes le pays de l'urgence.
Nous avons compris que les îles de la lune ont une certaine horreur de tout ce qui
est prévisionnel, de tout ce qui est planification. Car si vous faites des
prévisions ou si vous planifiez quelque chose, les gens viennent vous demander
des comptes. Or plus c'est urgent, plus il y a des chances qu'on vous donne des
circonstances atténuantes. On peut émettre l'hypothèse que le plan Mayendeleyo du Mongozi a été
parmi les causes de sa chute. Lui qui avait eu le tort de penser pour le long
terme. J'ai un vieil oncle qui me disait que dans les îles de la lune, le seul
moment où quelqu'un ne te fausse pas compagnie, c'est qu'à la sortie de la
mosquée tu l'invites à la maison (Sayid, ngarirongoziwawo pvanu…) pour y
goûter quelque chose au cours d'une cérémonie quelconque. Dans tous les autres
cas de figure, tu dois te lever de bonheur comme dirait l'autre.
Pour
nous résumer nous dirons, que d'expérience, ceux qui ont
le mieux réussi sous les cocotiers, ce sont ceux qui ont l'instinct de survie, ceux qui ont
horreur des analyses logiques ou autre
vision à moyen ou long terme. Est-ce une raison de s'engager sur ces sentiers
battus, et qui laisse au bord de la route ceux qui refusent les solutions de
facilité et qui prônent une vraie justice sociale. Notre pays s'il veut prendre
la voie de la croissance, ne peut pas faire l'économie d'une véritable
restructuration à tous les niveaux. A l'heure où nous allons multiplier les
structures par trois, la tâche s'avère des plus délicate. ''Trama tsilo …''
Hachime Abdérémane
Honko
Les déshérités et les oiseaux
Les
îles de la lune, un archipel hantés
Coups
d'Etat, constitutions, assassinats
Gabegie,
clientélisme, corruption, dislocation
Que de
méfiances, de haines
Tourbions
et déboires
Notre
malheur atteint le paroxysme !
Enfin
accord e Fomboni
Union,
île, large autonomie
Et
voilà qu'un artisan s'enorgueillit
Que de
désespoirs !
Ngazidja
à l'autonomie avilie
Notre
malheur atteint le paroxysme !
Ses
enfants, un parti, les oiseaux sont le symbole
Politique
anti-autonomie… un hold-up
Ils
foulent au sol les textes votés
Ces
textes dont ils ont eux-mêmes à l'origine
Intérêts
personnels éphémères contre leur sol
Notre
malheur atteint le paroxysme !
Décidément,
les oiseaux me font peur
Gabegie,
pillage, clientélisme... une seconde nature
Ils
l'ont toujours fait, ils chantent en cœur
Appétit
insatiable, corps sans cœurs
Notre
malheur atteint le paroxysme !
Ngazidja,
par les urnes, exprimes tes malheurs
Car
cabines et fontaines en échange d’un âme
Ce
n'est pas dignité et bien être
Ici, la
vie est hors d'atteinte,
Le
bonheur est un rêve
Ngazidja,
par les urnes, exprimes tes malheurs
Notre
malheur atteint le paroxysme !
Nourdine Mbayé,
étudiant en lettres
Cyclone à Madagascar : Au moins 170
disparus et 32 morts
Le
bilan du cyclone tropical Gafilo, qui a balayé le
nord de Madagascar le 7 mars ne cesse de grimper: au moins 170 personnes sont
portées disparues, dont près de 120 passagers d'un ferry comorien, et 32 autres
ont trouvé la mort.
Les
autorités comoriennes ont annoncé jeudi trois jours de deuil national après le
naufrage du ferry, Le Samson, qui transportait 120 personnes, dont deux
Françaises, et appelé au report des élections législatives dont le début est
prévu dimanche.
Le
ferry faisait la liaison entre les Comores et le nord-ouest de Madagascar
dimanche lorsqu'il a été touché par le cyclone tropical Gafilo
qui venait de traverser le nord de Madagascar. "On s'achemine vers une
certitude du naufrage du Samson", a déclaré jeudi à l'AFP le ministre des
Transports et porte-parole du gouvernement de l'Union des Comores, Ali Msaidie, ajoutant qu'il venait de "parler avec une
rescapée qui affirme avoir vu le bateau couler".
"C'est
une véritable tragédie, il y a deux rescapés sur 120 passagers", a-t-il
conclu, en faisant référence à un homme et une femme ayant réussi à gagner la
côte malgache grâce à un radeau de survie.
Selon
l'armateur du Samson, Nadir Joulette Aly, "le
manifeste fait état de 67 adultes comoriens, 22 adultes malgaches, deux adultes
françaises, cinq enfants comoriens et trois enfants malgaches, soit 99
passagers et 21 membres d'équipage, dont 11 Comoriens et 10 Malgaches, soit 120
personnes".
Il n'a
toutefois pas exclu qu'un certain nombre de passagers supplémentaires n'aient
pas été enregistrés. Outre le ferry Somson, le
cyclone tropical est responsable d'un autre drame en mer. Un bateau de pêche à
la crevette industrielle a en effet coulé avec 15 personnes à bord, dont une a
été sauvée, dans l'embouchure du fleuve Betsiboka à
Mahajanga, au nord-ouest de Madagascar.
C'est
dans cette même région que le ferry comorien a très probablement coulé. "Un
bateau de pêche industrielle appartenant à la société Somapêche,
long de 25 mètres, a été retrouvé la coque en l'air dans l'embouchure de la Betsiboka", a déclaré à l'AFP Bertrand Couteaux,
secrétaire du groupement professionnel des pêcheurs industriels de crevettes de
Madagascar.
Un
membre de l'équipage est rescapé et quatorze des quinze occupants du bateau
sont portés disparus, selon lui.
Le
ministre malgache de l'Agriculture, de l'élevage et des pêches, Edmond Randriarimanana, a confirmé l'information à l'AFP mais en
précisant que, selon ses renseignements, treize personnes étaient à bord et que
deux d'entre elles avaient été sauvées.
Naufrage du Samson : ''Le Samson a
péri au milieu de la nuit''
a déclaré l'un des
rescapés, Ibrahim Abdou, au commissaire de police de Mahajanga, Harivony Rakotomalala.
Les
craintes que chacun nourrissait quant au sort du ferry Samson, long de 47
mètres, ont été confirmées hier. Selon la Royale, la forte probabilité de
naufrage provient des témoignages de deux personnes s'étant présentées hier
comme des rescapés du drame et qui sont arrivées sur un radeau de survie à Majahanga, le port de destination du ferry.
Selon
nos informations, ces deux personnes -un homme et une femme de nationalité
comorienne- ont été récupérés dans le village d'Ampasimaniry, à 28
km de Mahajanga. Une fois prévenue, les autorités de cette ville ont envoyé un
hélicoptère pour chercher ces deux personnes, qui ont été admises à l'espace
médical avant d'être interrogées par les autorités.
Selon
leurs témoignages, tous les membres de l'équipage et les passagers du Samson,
dont les deux Français et là ils sont formels -, se seraient enfermés dans la
cabine du ferry lorsque la mer est devenue violente. Ils ont voulu quitter le
navire à bord d'une petite embarcation. Ils ont déclaré que le navire avait
bien sombré, quasiment corps et âmes, dans le canal de Mozambique.
L'homme,
''Ibrahim Abdou, a déclaré que le ferry avait sombré au milieu de la nuit'', a
déclaré Harivony Rakotomalala,
le commissaire de police de Mahajanga.
Il a
déclaré que la femme qui était avec lui à bord du radeau de survie est nommée
Fatima. Il a aussi affirmé qu'une troisième personne avait essayé de monter
dans le radeau de survie, mais n'y était pas parvenue. Selon lui, ''il n'y avait
pas d'autres radeaux de survie à bord''.
Les
recherches se sont poursuivies ensuite hier à l'endroit indiqué par les deux
rescapés.
En
recoupant leurs identités avec la liste des personnes à bord en notre
possession, nous pouvons assurer qu'ils se trouvaient bien sur le ferry, a
déclaré hier le commissaire Bucas, adjoint au
commandant de la Marine à la Réunion. Selon lui, le pronostic est très
pessimiste sur le sort des autres passagers du Samson.
“L'armateur du Samson, N-J. Aly, n’exclu
pas la présence de clandestins”
Les
autorités comoriennes ont annoncé jeudi trois jours de deuil national après le
naufrage du ferry, Le Samson, qui transportait 120 personnes, dont deux
Françaises, et appelé au report des élections législatives dont le début est
prévu dimanche.
Le
ferry faisait la liaison entre les Comores et le nord-ouest de Madagascar
dimanche lorsqu'il a été touché par le cyclone tropical Gafilo
qui venait de traverser le nord de Madagascar.
"On
s'achemine vers une certitude du naufrage du Samson", a déclaré jeudi à
l'AFP le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement de l'Union des
Comores, Ali Msaidie, ajoutant qu'il venait de
"parler avec une rescapée qui affirme avoir vu le bateau couler".
"C'est
une véritable tragédie, il y a deux rescapés sur 120 passagers", a-t-il
conclu, en faisant référence à un homme et une femme ayant réussi à gagner la
côte malgache grâce à un radeau de survie.
Selon
l'armateur du Samson, Nadir Joulette Aly, "le
manifeste fait état de 67 adultes comoriens, 22 adultes malgaches, deux adultes
françaises, cinq enfants comoriens et trois enfants malgaches, soit 99
passagers et 21 membres d'équipage, dont 11 Comoriens et 10 Malgaches, soit 120
personnes".
Il n'a
toutefois pas exclu qu'un certain nombre de passagers supplémentaires n'aient
pas été enregistrés.
Outre
le ferry Somson, le cyclone tropical est responsable
d'un autre drame en mer. Un bateau de pêche à la crevette industrielle a en
effet coulé avec 15 personnes à bord, dont une a été sauvée, dans l'embouchure
du fleuve Betsiboka à Mahajanga, au nord-ouest de
Madagascar.
C'est
dans cette même région que le ferry comorien a très probablement coulé.
Courrier International : "Les
rescapés comoriens sont les seuls survivants"
Le
ferry porté disparu depuis le passage du cyclone Galifo
ce week-end à Madagascar a coulé avec 111 passagers et membres d'équipage à son
bord, annoncent jeudi les autorités, s'appuyant sur le témoignage de deux
rescapés.
"Les
rescapés comoriens sont les seuls survivants", a déclaré à Reuters Jean Ralambo, responsable de la marine marchande malgache, à
l'issue de leur audition.
Le
Samson, à bord duquel se trouvaient 92 passagers et 21 membres d'équipage, a
été porté disparu alors qu'il se trouvait à 90 milles au nord de Mahajanga,
deuxième port commercial de l'île où il devait accoster lundi matin en
provenance d'Anjouan, dans l'archipel des Comores. Les deux survivants, un
homme et une femme, ont atteint lundi la côte nord-ouest de Madagascar sur un
radeau. "Interrogés séparément, ils ont livré la même version des faits,
ce qui confirme sa véracité", a expliqué Jean Ralambo.
Tous
deux, a-t-il poursuivi, ont rapporté que le ferry avait chaviré sous l'effet de
la forte houle dimanche. Le navire a rapidement sombré, entraînant les
passagers par le fond.
Renversés
par un réfrigérateur, les rescapés ont eu la chance d'être éjectés par dessus
bord. Après avoir dérivé toute la nuit sur leur radeau, ils ont atteint la côte
à proximité d'Ampasimariny dont les habitants leur
ont porté secours, a précisé Ralambo, ajoutant qu'ils
étaient toujours hospitalisés.
Le
cyclone Galifo a tué 25 personnes et fait plus de
100.000 sans-abri ce week-end à Madagascar.
Source
: Reuters
Deux avions mobilisés
Le
Samson avait Moroni pour port d'attache, mais son port de départ vers
Madagascar, le week-end dernier, était Mutsamudu (Anjouan), qu'il avait quitté
avec 113 personnes à bord (92 passagers et 21 membres d'équipage). Ayant pris
connaissance de la situation, le ministre comorien des Transports Houmed Msaidie a déclaré hier
soir à Moroni que le ferry avait "vraisemblablement coulé". Selon
lui, un cadavre "a également été trouvé".
Au
journaliste qui lui demandait si le gouvernement de l'Union des Comores allait
annoncer officiellement le naufrage du ferry, M. Msaidie
a répondu "bien sûr", sans préciser quand cette annonce
interviendrait. Les recherches organisées hier face aux côtes de Madagascar par
l'armée malgache, soutenue par la France à partir de la Réunion, n'ont en effet
rien donné. Deux avions avaient été mobilisés toute la journée. Un Cessna malgache, qui a survolé les côtes, dans une zone
parsemée d'îlots et de rochers.
Et,
sous l'autorité du Cosru (Centre opérationnel de
sauvetage de la Réunion) -appelé à la rescousse par les autorités comoriennes-,
un Transall des Fazsoi qui
est intervenu au grand large, prêt à larguer radeaux et équipements de survie
embarqués dans ses flancs si, par chance, on avait retrouvé trace du Samson.
Avec
une vingtaine de sauveteurs à bord, qui se relayaient tous les quarts d'heure
aux postes d'observation, l'appareil a ainsi procédé, 60 nautiques par 60
nautiques, d'abord à un survol complet de la zone côtière, puis à une
investigation systématique, dans un carré de 60 milles, du côté situé au nord
de Mahajunga.
A un
moment donné, une note d'espoir a fait vibrer les occupants du Transall : un navire échoué, de type ferry, a été repéré en
bande côtière. Ce n'était malheureusement pas le Samson, mais un autre navire,
le Bac Baobab, qui d'ailleurs n'avait pas été signalé en difficulté jusque-là.
LGDC N°
229
Naufrage du Samson
Établir les responsabilités
Les
Comoriens pleurent pour l'instant leurs morts. Il n'y a pas une famille qui
n'ait été touchée par le drame du Sam Son, un parent, un ami, un voisin… Et
lorsque le moment sera venu, et ça ne saurait tarder, il faudra établir les
responsabilités. Les Comoriens, et en premier lieu les familles, ont besoins de
connaître la vérité sur les circonstances du naufrage du Sam Son.
Le
navire était-il en règle, présentait-il toutes les garanties de sécurité lui
permettant de transporter des passagers? Depuis quand remonte sa dernière
visite technique? Avait-il souscrit à
une assurance fiable? A-t-il respecté le nombre de passagers autorisés à embarquer? Qui a donné l'autorisation au Sam Son de
quitter le port en sachant qu'un cyclone était signalé aux environs? Autant de
questions qui attendent des réponses précises.
Le
temps du ''Al hamdoulillah, Dieu l'a voulu, c'est le
destin…'' est révolu. Les familles
veulent savoir ce qui s'est exactement passé, ils exigent que les
responsabilités soient établies, que l'enquête ouverte soit menée jusqu'au bout
et que la justice fasse son travail…D'ailleurs elles viennent de se constituer
en association pour mieux défendre leurs droits.
Ce
n'est pas la première fois qu'un nombre important de nos compatriotes périssent en mer dans des circonstances non élucidées.
On se
rappelle encore du drame du bateau mohélien le ''Niati-Soifat'' qui avait coulé le 27 juillet 1996 avec une
centaine de passagers à bord et qui aura fait plus d'une cinquantaine de
victimes! Les familles ne connaîtront
jamais la vérité sur ce naufrage.
Personne
n'a été indemnisé jusqu'aujourd'hui. Les familles se sont consolées avec le
''dieu l'a voulu''. Personne n'est responsable, ni l'armateur, ni les
autorités… Pour que de tels drames ne se
reproduisent plus, les responsabilités doivent être établies. Si des fautes
sont commises, elles doivent êtres sanctionnées.
Saura-t-on
un jour, au moins, combien étaient ils
montés à bord du dernier voyage du Sam Son?
Libre opinion
Trop de politicien tue la nation
Le
naufrage du Sam Son est une catastrophe nationale sans précédent : plus de
soixante-dix morts, des familles entières décimées. Aucun coin du pays qui
n'est pas touché.
Comment
comprendre alors que les dirigeants de ce pays, après une réconciliation
nationale chantée sur tous les tons, ne puissent pas se retrouver, communier
ensemble avec le peuple dans un deuil national, engager ensemble le nécessaire
travail qui doit identifier et punir les fautifs s'il y en a et mettre en place
des dispositifs sécuritaires devant régir les transports maritimes, aériens et
terrestres afin de prévenir ce qui peut l'être.
Bien
sûr la vie continue et ceux qui sont directement touchés se doivent de puiser
en eux, dans leur foi, dans leur courage pour accepter l'inacceptable. Mais de
là à assister au spectacle lamentable de ceux qui cherchent à gagner des voix
pour les élections il y a un fossé que certains dirigeants du pays franchissent
allègrement.
Dans
tous les pays, en des moments où le peuple est lourdement frappé par des
catastrophes naturels et autres, la nation se dresse comme un seul homme pour
faire face en rangs serrés à l'adversité. L'Espagne nous en offre un témoignage
vivant. N'y aurait-il pas là-bas des partis politiques qui s'affrontent ? N'y
aurait-il pas là bas des luttes pour le pouvoir ?
Honte à
ceux qui tentent d'utiliser ce drame national dans leur combat politicien.
Mettre
en avant en tout lieu et à tout moment ses intérêts partisans, réduire la
politique à du cynisme et du machiavélisme est un avilissement de l'homme; une
négation de la morale et de tous les acquis de l'humanité en matière de droit
de l'homme, des pays et des peuples; un indice tangible d'une aliénation mentale,
un ferment de desespoir.
Cette
tendance est lourde chez nous. On la voit chez les détenteurs du pouvoir qui agissent souvent en clan, on la voit chez les oppositions
qui misent sur la déstabilisation et les coups d'Etat. On l'a vu en 1975 sur la
question de l'île comorienne Mayotte, on l'a vu en 1979 quand les mercenaires
ont assassiné le Président du pays et pris le pays en otage, on l'a vu en 1978
quand Anjouan a déclaré son "indépendance". Jamais un sursaut
national comorien n'a pris corps.
Que
jusqu'ici il n'ait pas été possible d'engager un mouvement d'envergure national
sur la question de Mayotte, qu'aujourd'hui où le pays est frappé dans sa chair
il n'a pas été possible d'organiser une manifestation religieuse unique qui
regroupe tout le monde, voila des constats suffisamment graves pour interpeller
tout ce que le pays compte d'intelligence patriotique.
Idriss
Cyclone à Madagascar 50 morts, selon un
nouveau bilan
Au
moins 50 personnes ont trouvé la mort lors du passage du cyclone tropical Gafilo, qui a balayé le 7 mars le nord de Madagascar, a
indiqué vendredi le centre national de secours, qui est toujours sans nouvelles
d'un ferry transportant 120 personnes.
Le
centre national de secours a recensé vendredi matin 47 disparus et 11.873 sinistrés.
Ce
bilan officiel ne prend toujours pas en compte les disparus des deux naufrages
de bateaux à Mahajanga (côte ouest).
Le
ferry Le Samson, avec à son bord 120 personnes, ne donne plus de nouvelles
depuis dimanche soir et a très probablement fait naufrage. Seuls deux rescapés
ont à ce jour été signalés.
Le
bateau de pêche industrielle à la crevette "Véga 9" a été retrouvé
mercredi la coque en l'air au milieu de la baie de Mahajanga
.
Sur les
15 personnes à bord, une a été retrouvée vivante, une noyée et 13 autres sont portées disparues, selon les responsables locaux de la
société Somapêche, propriétaire du bateau.
Alors
que l'Union des Comores entame aujourd'hui trois jours de deuil national en
hommage aux disparus, en majorité comoriens, le gouvernement malgache tarde à
reconnaître officiellement le naufrage du ferry. "Ce n'est pas du ressort
du ministre de la Défense de se prononcer officiellement sur ce point", a
déclaré vendredi Petera Behajaina,
ministre de la Défense malgache, en marge d'une réception à Antananarivo du
secrétaire d'Etat français aux anciens combattants, Hamlaoui
Mekachera. "J'ai appris que le ferry était déjà
coulé. La recherche des rescapés se poursuit. Il y a toujours espoir de
retrouver des survivants", a-t-il ajouté. "Il faut attendre que le
ministre de tutelle, le ministre des Transports, se prononce
officiellement", a pour sa part déclaré vendredi le général Marcel Ranjeva, ministre des Affaires étrangères malgache.
Personne n'était joignable vendredi matin au ministère du Transport.
"Nous
continuons les recherches, mais nous ne considérons toujours pas le ferry Le
Samson comme coulé", a déclaré un cadre, sous couvert d'anonymat, de
l'agence portuaire, maritime et fluviale (APMF), organisme rattaché au
ministère du transport chargé de l'administration des ports malgaches.
Source
: AFP
Sécurisation des opérations électorales Le
dispositif est en place
Il sera déployé, au niveau de chaque préfecture,
un détachement de la gendarmerie ''sous le commandement d'un officier'' pour
assurer le calme et la sérénité du scrutin. Des dispositions ont été prise pour renforcer la sécurité du siège de la Cnei et le bâtiment où vont s'effectuer les dépôts et les
décomptes des résultats. Concernant les déplacements d'une région à une autre,
le dispositif qui avait court aux dernières échéances électorales a été
reconduit. La Cnei va délivrer des laisser-passer aux
personnes autorisées à circuler.
Le
ministère de la sécurité intérieure de l'île, le commandement de la gendarmerie
et les préfets insistent sur la ''nécessité de travailler en étroite
collaboration pour assurer le calme, la sérénité et l'impartialité des élections''.
Hier,
en fin de journée, le ministre de la Production, qui assure l'intérim du
ministre de la sécurité intérieure de l'île
autonome de Ngazidja, Dini Nassuri,
a tenu une réunion de travail avec le commandement de la gendarmerie régionale
de Ngazidja, Youssouf Idjihadi, des responsables de
la police de l'île, des membres de la Commission nationale électorale indépendante
(Cnei) et tous les préfets de l'île. L'essentiel des
officiers de la gendarmerie de l'île y avait assisté.
L'objectif
de cette rencontre au sommet était, selon le ministre, ''d'organiser la sécurisation des opérations
électorales''.
Il a été décidé de déployer, au niveau de chaque
préfecture, un détachement de la gendarmerie ''sous le commandement d'un
officiers'' pour assurer le calme et la sérénité du scrutin. Ainsi, le
lieutenant Abou Issa assure le commandement du détachement qui va être stationné
dans le centre de l'île (Bambao, Hambou
et Itsandra), le lieutenant Abdulkarim,
pour la région de Washili-Dimani, les lieutenants Ali
Mohamed et Dossar pour les régions de Hamamet et Mbwanku, le lieutenant
Djaffar Adbou pour la
ville de Moroni, le lieutenant Djaffar pour la région d'Itsandra
Hamvu, le lieutenant
Abdillah Youssouf pour le Mbadjini.
Le
détachement, qui va être localisé dans la région de Mbude,
sera, également, supervisé par un officier. Une unité de réservistes est en
instance au bureau central de la gendarmerie de Moroni.
Dans
cette réunion, il a été convenu que les préfets et les officiers qui commandent
les détachements de la gendarmerie dans les régions vont travailler ''en
étroite collaboration'' avec la commission
électorale préfectorale. Les préfets assumeront leur mission
administrative habituelle de maintien de l'ordre et de la paix.
On
insiste, toutefois, que sur le plan électoral, les forces de la gendarmerie
exécuteront les consignes de la Cnei. Il appartiendra
aux préfets de recevoir les actes des réquisitions. Les préfets joueront aussi, selon le compte rendu de la rencontre,
le rôle ''d'encadrement au processus électoral''. Les commissions électorales
étant chargées de veiller et de coordonner toutes les opérations au niveau des
préfectures.
Au
cours de cette réunion, on a discuté des dispositions à prendre pour renforcer
la sécurité du siège de la Cnei et du bâtiment où
vont s'effectuer les dépôts et les décomptes des résultats, ''pour parer à
toute éventualité''.
Concernant
les déplacements d'une région à une autre, le dispositif antérieur a été
reconduit. La Cnei va délivrer des
laissés-passer pour ceux qui seront
autorisés à circuler. Mais pour alléger un peu la mesure, la rencontre d'hier a
adopté des dispositions ''pour faciliter la circulation en cas d'absolue
nécessité''. Notamment les personnes malades qui se rendent à l'hôpital ou à
l'aéroport.
A la
fin de la rencontre, les différentes parties (ministère de la sécurité
intérieure de l'île, le commandement de la gendarmerie et les préfets) ont
insisté sur la ''nécessité de travailler en
étroite collaboration pour assurer le calme, la sérénité et
l'impartialité des élections''.
Parallèlement,
le ministre par intérim de la sécurité a reçu, au début de l'après midi,
l'officier de l'Union africaine, un
colonel, chargé de cordonner les actions et les commandement des forces de la
gendarmerie des trois îles autonomes. Il a été accompagné du membre du bureau
de liaison de l'Union africaine à
Moroni, Benjaloun. La rencontre avait, apprend-on du
côté du ministère, à ''harmoniser les dispositions prises''. Cette délégation
a, ensuite, effectué une visite de courtoisie auprès du du
chef de l'exécutif de l'île, Mzé Abdou Soulé Elbak.
Mmadi Moindjié
Législatives des îles : Une campagne qui
ne restera pas dans les annales
Des
autorités démissionnaires ont continué à exercer, la radio nationale a été,
plus que jamais, la voix de son maître au service d'un régime, les deniers et
biens de l'Etat ont été mis à contribution au profit des candidats d'un courant
au vu et au su d'une Commission nationale électorale indépendante, décidément
bien muette. La liberté, l'égalité et la transparence promises par la
Commission nationale n'ont pas été au rendez-vous au cours de la campagne. Souhaitons
qu'elles le seront dans le déroulement du scrutin.
Comme
prévu, la campagne électorale pour les législatives des îles a pris fin,
officiellement, hier à minuit.
Mais,
la fin de la campagne effective est intervenue plutôt que prévu à cause du drame
de Sam Son qui endeuille le pays. Presque tous les candidats et leurs états majors politiques ont dû renoncer à poursuivre leurs
campagnes en annulant leurs meetings programmés pour les deux derniers jours.
Cette
campagne ne diffère guère des précédentes. Elle a été terne et n'a pas suscité
de véritable mobilisation populaire. Seuls quelques maigres cortèges de
voitures on été aperçus ici et là. Il s'agissait de véhicules transportant des
hommes et femmes, souvent, spécialement invités par les candidats pour des meeting, plutôt que des supporters convaincus.
Très
peu de gens ont accordé un intérêt réel à cette campagne. Beaucoup déclarent
avoir déjà fait leurs choix bien avant le début de la campagne : ''On se connaît tous et nous vivons les actes et les
comportements de nos politiciens et de leurs formations politiques au
quotidien. Nous n'avons pas besoin d'entendre les mensonges et les démagogies
pour faire notre choix'', explique une vendeuse du marché Volo-Volo. Cette
position semble refléter celle de beaucoup d'électeurs qui boudent les meetings
et se désintéressent, de plus en plus, de la politique.
Il est
vrai que le contenu des messages des candidats ont été
pauvres et très en deça des attentes de la
population.
Circulez, il n’y a rien à voir
Rares
étaient les candidats qui avaient pris le soin d'exposer leurs visions de la
législature à venir ou fait état des priorités pour leurs régions une fois à
l'assemblée. Les discours de campagne ont été, le plus souvent, caricaturaux.
On a même entendu des promesses d'embauches, de visas pour la France,
d'adduction d'eau, d'électrification et autres.
Le vrai
débat que tous les Wangazidja attendaient, notamment sur le mal de vivre de
la population et sur le type de société
et structures pour Ngazidja a été rarement abordé. La grande majorité des
candidats et de leurs état-majors politiques, se sont livrés à des insultes et
à des règlements de compte politiques: ''Ce genre de discours est malhonnête et
doit être banni'', s'indigne un notable du village de Vuvuni : ''Ce
n'est pas en dénigrant l'adversaire qu'on peut s'attirer l'adhésion des
électeurs''.
Les
candidats et leurs directions de campagnes ont donné l’impression de s’être
trompés d'élections. Le débat s’est limité au conflit Azali-Elbak
et Union-Mdjidjingo.
Mais où est donc est passé la CNEI?
Les
dispositions et règles destinées à garantir des élections équitables libres et transparantes ont été allègrement ignorées. De l'argent et
des biens matériels ont été distribués, des menaces de licenciement dans
l'administration publique ont été formulée et même mis en exécution contre des
agents de l'Etat. Les deniers et biens de l'Etat, notamment les véhicules, ont
été utilisés par des candidats. Des ministres démissionnaires pour raison de
candidature ont continué à exercer leurs fonctions au vu et au su de tous et de
la Commission électorale qui est restée sans voix. Des officiels ont fait
campagne en violation du code électoral.
Concernant
la répartition de temps d'antenne, le principe d'équilibre, pour tous les
candidats au niveau des médias officiels recommandé par la Cnei,
n'a pas été respecté. Bien au contraire la radio nationale a eu, dans cette
campagne, l'occasion de rappeler qu'elle reste toujours la voix de son maître
et au service d'un régime et de ses candidats. La liberté, l'égalité et la
transparence promises par la Commission nationale n'ont pas été au rendez-vous
au cours de la campagne. Souhaitons que cela le soit dans le déroulement du
scrutin.
Mmadi Moindjié
Santé : Identification d'une variation
génétique prédisposant au diabète
Une
équipe internationale de chercheurs a identifié la présence d'une variation
génétique qui augmente les risque d'être frappé par le
diabète à l'âge adulte, ont annoncé des responsables de ces travaux.
Etudiant
le chromosome 20 déjà connu pour son rôle dans le déclenchement du diabète,
deux équipes de chercheurs ont identifié quatre variations génétiques sur un
gène (appelé HNF4A) qui paraissent fortement associées à l'apparition du
diabète dans la population étudiée en Finlande et en Israël. "La
prévalence du diabète de type 2 est de 6,7% de la population (américaine), avec
cette variation, le risque passe à 10%", a expliqué le Dr Francis Collins,
patron de l'Institut national de recherche sur le génome humain au sein des
Instituts nationaux de la Santé (NIH) lors d'une conférence de presse à Bethesda (Maryland) près de Washington.
"Si
vous possédez cette variation, cela augmente votre risque de 30%. Mais la
variation ne va pas causer le diabète à moins de posséder cette variation en
association avec d'autres facteurs génétiques qui restent à découvrir, ainsi
que certaines influences extérieures, comme l'obésité ou l'inactivité
physique", a poursuivi le Dr Collins.
Les
résultats des travaux seront publiés dans le numéro d'avril de la revue
américaine Diabetes.
"C'est
un exemple exceptionnel de la façon dont les chercheurs utilisent les outils de
la biologie moderne pour comprendre les causes des plus courantes des maladies
les plus dévastatrices de notre pays", a pour sa part commenté le
directeur des NIH, Elias Zerhouni.
La
semaine dernière, des chercheurs avaient annoncé avoir
réussi à détecter des défauts dans les protéines réglant l'expression de gènes
dans le pancréas et le foie, facteurs de développement du diabète.
Leur
technique consiste à analyser l'ensemble du génome humain pour détecter de tels
défauts dans les protéines, pour estimer le risque génétique d'une personne
d'être touchée par le diabète à l'âge adulte.
Tabagisme : Et maintenant, la dysfonction
érectile...
D'après
une étude récente, le tabagisme augmente bien le risque de dysfonction
érectile. En Grande-Bretagne, plus de 100 000 fumeurs seraient ainsi concernés.
Sans oublier les autres aspects de la reproduction humaine qui pâtissent du
tabagisme...
Publié
par la British Medical Association (BMA), un rapport
intitulé Smoking and Reproductive Life (Tabagisme et
reproduction) confirme les risques générés par le tabagisme, en termes de
fertilité et de sexualité.
Car la
dysfonction érectile n'est pas un inconvénient isolé. Les auteurs attribuent
également au tabagisme, en Grande-Bretagne, quelque 1 200 cas de cancers de col
de l'utérus et 4 000 avortements spontanés. Il augmenterait également le délai
de latence dans la conception d'un enfant par le couple. Du côté des hommes ?
Outre la dysfonction érectile donc, il se confirme que le fait de fumer altère
la qualité du sperme.
Sources:
The Lancet, Vol.363, n°9409