EDITION ELECTRONIQUE N°231
Résultats du premier tour : Dans la
confusion générale
Les
résultats sortis des urnes avant hier soir donnaient un net avantage à la
coalition autour du président Elbak. Des candidats
qui étaient annoncés élus tels que
Mohamed Sinani dans le Pimba,
Yousouf Said dans le Bude
se retrouveraient finalement en ballottage pour le second tour.
La
CNEI, après une gigantesque pagaille (procès verbaux égarés ou résultats
inversés) a fini par publier les résultats hier après-midi dans la confusion
générale. On retiendra finalement que trois candidats de Mdjidjengo
sont déclarés élus : Moegné Ahmed dit Mdoumbé de Moroni Sud et les deux candidats de Bambao, dont Al Hadhuir, ainsi
que le candidat de la mouvance Azali du Hamanvu.
Youssouf
Said quant à lui, continue de proclamer qu'il a
obtenu 50,40, donc qu'il est élu dès ce premier tour, alors que la CNEI ne lui
attribue que 49,42 !
Un
candidat de Bambao ya Bwani du CRC conteste l'élection du candidat de Chuma. La candidate de l'Itsandra,
Saniat Boina Boina, est contestée par son adversaire au motif qu' elle
aurait utilisée l'identité d'une nièce pour pouvoir se présenter étant donnée
qu'elle n'est pas inscrite sur les listes électorales étant rentrée au pays
après la fermeture des inscriptions.
Bref,
c'est la confusion totale. En proclamant ces résultats, le ministre de
l'Intérieur par intérim, Dini Nassur,
n'avait pas lui-même l'air très convaincu par leur fiabilité. Il s'est empressé
de dire qu'ils sont provisoires et qu'ils attendent le verdict de la commission
d'homologation. La dite commission a prêté serment hier au bureau de liaison de
l'UA. Elle est composée de huit
magistrats. Quatre désignés par les présidents de l'Union et des îles et quatre
autres de la communauté internationale (deux de l'UA, un de la Ligue arabe et
un de l'OIF).
Ils
devraient se réunir dès ce matin pour commencer à examiner les nombreux recours
déposés par les candidats.
Si vous
ajoutez à cela, l'énigme de la coupure prolongée de l'électricité et la
suspension du réseau du téléphone portable alors que de nombreux bureaux
n'avaient pas fini le dépouillement, vous comprendrez la confusion qui a caractérisée
la fin des opérations.
Résultats du 1er tour des élections
législatives des îles
La Commission d'homologation doit se réunir aujourd'hui
La
Commission d'homologation devant plancher sur le premier tour des élections
législatives des îles est en place depuis hier suite à la prestation de serment
de ses membres tenue hier au Bureau de liaison de l'Union africaine à Moroni
devant le grand cadi Saïd Mohamed Djelane. Il s'agit
de huit magistrats représentant les exécutifs des îles autonomes, de l'Union et
de la communauté internationale (Union Africaine, Ligue des Etats arabes,
Organisation internationale de la francophonie.
Cette
cérémonie s'est déroulée en l'absence des deux magistrats de l'Union africaine,
un Malgache et un Mauricien, ''qui n'ont pu avoir leur place d'avion'' mais
qui, assure-t-on au Bureau de l'UA, seront à Moroni aujourd'hui. De même, le
magistrat désigné par le gouvernement de l'Union ne s'est pas rendu à la
prestation de serment.
Les
différentes parties comoriennes ont toutes désigné leurs représentants. Il
s'agit de Abbas Cheik Salim pour l'Union, de Mourad Said Ibrahim pour Ngazidja,
de Fazul Mohamed pour Mwali
et de Rafik Mohamed pour Ndzuwani.
En ce
qui concerne la communauté internationale, c'est l'Organisation internationale
de la francophonie (OIF), la Ligue des Etats arabes, et l'Union africaine (UA)
qui ont mis à la disposition des Comores
les quatre autres magistrats membres de la Commission d'homologation. Le PNUD
avait, lui aussi, promis de dépêcher un magistrat pour
faire parti de la Commission d'homologation.
La majorité est requise
Il a,
par la suite, renoncé. L'OIF est représenté par un magistrat béninois, Abraham Zinzindohoue qui assure la présidence de la commission. La
ligue des Etats arabes a envoyé un magistrat algérienne,
qui répond au nom de Youcef Rahamania.
Et l'UA a désigné deux magistrats pour tenir la place qui devait l'être par un
représentant du PNUD. Il s'agit d'un malgache et d'un mauricien.
Avant
d'entrer en matière, très probablement aujourd'hui, les membres de la
Commission d'homologation ont prêté serment, hier, devant le grand cadi de
Moroni, Said Mohamed Djailan. La cérémonie s'est
déroulée au bureau de l'Union africaine
à Moroni en présence de cinq membres de la commission. Les deux représentants
de l'UA et du gouvernement de l'Union étaient absents. Selon Benjaloun du bureau de liaison de l'UA, les deux premiers,
seraient retardés suite à un problème de place d'avion. Ils sont, cependant,
attendus à Moroni, au plus tard, aujourd'hui.
En ce
qui concerne le représentant de l'Union, aucune raison de son absence n'aurait
été fournie. Pour l'attendre, la cérémonie de prestation de serment a été retarder de plus d'une heure, en vain. ''Les membres
présents constituant la majorité de la commission, celle -ci peut commencer à
se mettre au travail'' a déclaré un des membres présents qui dit se référer au
règlement qui régissent l'activité de la commission.
Le
texte de prestation de serment a été lu en français par Benjaloun
en présence du grand cadi.
Règlements et versets coraniques
''Je
jure (devant Dieu) de bien et fidèlement remplir mes fonctions de magistrat de
la Commission d'homologation et d'exercer les dites fonctions en toute
impartialité sans autres considérations que celles de l'Accord cadre pour la
réconciliation aux Comores du 17 février 2001, de la constitution de l'Union
des Comores du 23 décembre 2001, de l'Accord sur les dispositions transitoires
aux Comores du 20 décembre 2003, des lois, des règlements en vigueur aux
Comores, de garder le secret des délibérations et des votes même après la
cessation de mes fonctions et de ne prendre aucune position publique sur les
questions relevant de la compétence de la Commission d'homologation''. Le grand
cadi, de son côté, a cité des versets du coran sur ''le devoir d'impartialité
pour toute personne appelée à juger''. Les membres présents avaient levé les
mains comme signe d'approbation du texte du prestation
de serment.
La
commission est installée dans un hôtel de la ville. Rappelons que le Comité de
suivi, dans sa dernière réunion, du 8 au 10 mars, avait décidé que la
Commission devait démarré ses activités
au plus tard le 12 mars dernier pour, entre autre, élaborer son budget.
Football
: la ligue du centre est née
L'une
des trois ligues prônées, corps et âme, par le ministère de la Jeunesse et des
Sports de l'île de Ngazidja vient de voir, enfin, le jour.
En
mettant en place cette structure, les sportifs du centre, footballeurs et dirigeants,
ont montré qu'ils peuvent lier la parole au geste. Sept membres répondant aux
conditions exigées vont diriger la ligue du centre. Satisfait, le délégué des
Attaquants de Djomani s'était exprimé ainsi : ''C'est
une des structures prévues par le ministère. Un défi que nous avons relevé.
Nous allons encourager les autres régions à faire autant. Le monde
d'aujourd'hui nécessite des instances innovées, adaptées et compétitives''.
Après
des mois de tractation, la ligue du centre est enfin créée le dimanche 10 mars,
grâce à la persévérance du directeur régional de la Jeunesse et des Sports du
ministère de l'île autonome de Ngazidja, Abdouraouf
avec l'étroite collaboration des quatre districts concernés (districts de Bambao, Centre, Itsandra-Hamanvu
et Washili-Dimani).
Les
critères classiques requis pour être membres actifs d'une instance sportive ont
été remplies. A savoir, être majeur, jouir de ses droits civiques et civils, avoir
une moralité crédible, et ne pas avoir fait l'objet d'une sanction sportive
grave. "Nous souhaiterions aussi
que les candidats soient des personnes disponibles, dévouées et qui aiment le
sport", avait suggéré sagement le délégué de l'équipe de Volcan-club, Oussouf Oudini.
Les
membres choisis et admis par cooptation sont Albert, Saleh Ahmed, Abdourazak, et Ahmada Hamadi. Les représentants du ministère sont Madi Soilihi, Goulamali
et Ali Mohamed Issihaka.
"Le
quorum est atteint. Des vingt-neuf équipes recensées et opérationnelles dans le
championnat de nos quatre districts, dix-huit sont représentés'', avait rappelé
le délégué de l'équipe Angelus de Mwandzaza
Mbwani, Zaïnoudine Mohamed.
La création de cette ligue constitue un vrai défi qui vient d'être relevé par
les sportifs des quatre districts concernés.
Le sort
des équipes qui se sont retirées du championnat inter district en signe de
solidarité à l'initiative du directeur du département de la Jeunesse et des
Sports, et la position de la future ligue par rapport aux classements généraux
des championnats des deuxième et troisième divisions ont été longuement
discutés.
Le
doyen de l'assistance, le délégué de l'Union Sportive de Selea
(USS) avait exprimé une attitude sage et conciliatrice. Il se trouve qu'elle
rejoint celle du directeur Abdouraouf, concepteur,
initiateur et défenseur de cette réforme qui, reconnaissons-le, soulève des
réactions controversées.
Selon Oussoufa de l'USS : ''Tous les efforts qui ont été fournis
par les équipes, toutes divisions confondues, (D1, D2 et D3) seront pris en
considération. Celles qualifiées et engagées dans l'inter district garderont
leur classement. A nous maintenant de rester homogènes, de coopérer étroitement
avec cette nouvelle instance. Elle représente notre volonté. Si elle échoue,
nous échouerons. Et ce serait dommage
pour tout le monde. Cette ligue doit servir de référence aux deux autres
(ligues du Sud et du Nord) qui vont voir le jour incessamment. Elle va mettre
démocratiquement en place les quatre
districts recommandés.
Gondet
Le bureau élu
Président
: Saleh Ahmed de Hahaya Force-club (Hahaya)
Vice-Président
: Madi Soilih dit Sureté de Ngale (Moroni)
Secrétaire
Général : Goulamali de Rapid-Club
(Moroni)
S/G
Adjoit : Albert de Karthala (Vuvuni)
Trésorier
général : Abdourazak de Ngaya-Club
(Mde)
T/G
adjoint : Ali Mohamed Issihaka de Etoile du centre (Batsa)
Contrôleur
Général : Ahmada Mmadi de Mlawuni-Club (Itsinkudi)
ils ont dit …
Mchangama Razida (président de la ligue dissoute): "Le ministère ne peut pas
prétendre se conformer aux textes qui régissent le football comorien et les
piétiner en même temps.
Nos
règlements généraux fixent une fédération et trois ligues dont une par île.
S'il persiste à mettre en place ses ligues unilatéralement, il doit d'abord
modifier les textes. Il préconise du sécessionniste. En tout cas, il n'y aura
jamais d'une ligue du Sud et encore moins, du Nord.
Zaïnoudine
Mohamed, (délégué d'Angelus de Mwandzaza
Mbwani) : ''Les équipes sans ressources suffisantes
n'auront plus le souci des longs déplacements.
Les
rencontres de troisième division même payant ne font pas de recettes. De plus
les fréquents et longs déplacements nous affaiblissent financièrement.
Les
arbitres doivent être contents aussi.
Ils
n'auront plus à parcourir, en stop ou en taxi, de longues distances pour aller
officier un match''.
A propos d’enfants exclus d’Henri
Matisse Communiqué de l'ambassade de France à Moroni
A la
suite d'informations erronées publiées dans le Journal la Gazette du 09 mars
2004, l'Ambassade de France souhaite apporter les précisions suivantes :
A
l'étranger, c'est le système scolaire du pays qui s'applique et donc les règles
applicables en France ne le sont pas aux Comores.
Dans un
certain nombre de pays où il existe des enfants français à scolariser, la
France intervient par l'intermédiaire de l'Agence pour l'Enseignement Français
à l'Etranger (AEFE)
1.
L'école française Henri Matisse de Moroni est un établissement géré par une
association privée de parents d'élèves dont l'assemblée générale élit ses
représentants au Conseil de Gestion.
Elle
n'est donc pas un établissement public, mais un établissement de droit privé
associatif conventionné avec l'AEFE.
L'association
gestionnaire de l'école française perçoit des droits de scolarité (dits
''écolages''), dont le montant est fixé annuellement par le Conseil de gestion.
Des bourses d'études sont attribuées aux parents d'élèves français dont le
faible niveau de ressources le justifie.
Ces
bourses, inexistantes en France dans l'enseignement primaire et secondaire,
visent à compenser le fait que la règle de la gratuité de l'enseignement public
et ne s'applique pas à l'étranger (pas plus d'ailleurs que la scolarité
obligatoire jusqu'à 16 ans).
2.
L'AEFE établissement publique sous la double tutelle des ministères des
Affaires étrangères et de l'Education nationale, anime le réseau d'enseignement
français à l'étranger.
Ce
réseau comprend 413 établissements scolarisant près de 16.000 élèves, dont 60%
d'étranger, dans 132 pays : 74 établissements sont directement gérés par
l'AEFE, 194 sont conventionnés avec elle (dont l'école française Henri Matisse)
et 145 sont simplement homologués par le ministère de l'Education nationale.
Dans le
cadre de cette convention, l'AEFE accorde à l'association gestionnaire de
l'école française Henri Matisse, des subventions d'équipement et prend
également en charge les salaires des enseignants (résidents ou expatriés)
détachés par le ministère de l'Education nationale.
3. Le
Conseil de gestion de l'école fixe les tarifs des écolages qui sont recouvrés
par la direction. Le montant exceptionnel des impayés constatés a contraint
l'association gestionnaire de l'écoles à réagir en rappelant aux parents
d'élèves par trois lettres successives (datées des 5 et 19 février, et du 6
mars), l'impérieuse nécessité d'être à jour des frais de scolarité, qui
constituent une ressource essentielle à la survie de l'établissement. Les
parents concernés ont été préalablement prévenus de ne pas envoyer leurs
enfants à l'école pour leur éviter la gêne d'être refusés en classe.
La
France est le pays au monde qui consacre le plus d'argent public à soutenir un
réseau d'établissement d'enseignement à l'étranger qui bénéficie, non seulement
aux Français expatriés et binationaux, mais aussi, dans la limite des places
disponibles, aux expatriés étrangers et aux nationaux du pays d'accueil.
Ces
établissements ont en commun de dispenser un enseignement conforme aux
programmes, aux objectifs pédagogiques et aux règles d'organisation
applicables, en France, aux établissements de l'enseignement public.
L’ambassade
de France a expliqué comment fonctionne le système des écoles françaises à
l’étranger, c’est sans doute une bonne chose. Ce qu’on n’aurait souhaité, plus
encore, c’est qu’elle nous précise sa position sur le fait que des enfants
soient exclus des salles de classe pendant les cours.
La muraille de Chine ne sera bientôt
plus visible de l'espace dans les manuels scolaires des petits Chinois
La
Chine a décidé de retirer de ses manuels scolaires le mythe selon laquelle sa
célèbre muraille était visible depuis l'espace, après que le premier astronaute
chinois eut rapporté que ce n'était pas le cas.
Depuis
plusieurs dizaines d'années et encore aujourd'hui les manuels des écoles
primaires affirment que la plus célèbre création de l'Empire du milieu est visible
à l'oeil nu par un homme dans l'espace.
Mais le
ministère de l'Education a décidé de les réécrire depuis que le premier
astronaute chinois, Yang Liwei, a brisé le mythe en
affirmant au retour de ses 21 heures passées en orbite qu'il n'avait pas pu voir
la muraille de Chine, a rapporté vendredi le "Times" de Pékin.
Un
responsable du ministère a expliqué qu'il avait été demandé à l'imprimeur des
manuels d'arrêter la production des livres contenant l'erreur. "Avoir
cette erreur imprimée dans nos manuels de primaires est probablement la cause
principale de cette fausse idée si répandue", affirme le quotidien.
Le
mythe "est un obstacle aux vraies connaissances acquises par nos élèves de
primaires", explique Wang Xiang, délégué à la
Conférence politique consultative chinoise, un organisme consultatif de
l'assemblée populaire réunie la semaine dernière à Pékin, cité par le
"Times" de Pékin.
La
muraille de Chine s'étend sur plusieurs milliers de kilomètres dans le nord de
la Chine mais elle n'est large que de quelques mètres. Selon la NASA, à la
différence de nombreuses constructions de l'homme elle n'est pas visible de
l'espace car elle n'est pas assez large et qu'elle a été construite avec des
matériaux dont la couleur ne ressort pas du paysage alentour.
AP
Saïd Mohamed Cheikh : Notes
bibliographiques
Ce 16
mars marque le 34è anniversaire de la mort du premier président du conseil de
gouvernement des Comores, le docteur Saïd Mohamed Cheikh et le centenaire de sa
naissance. Pour célébrer cet évènement, des manifestations de natures diverses
sont prévues, notamment, dans sa ville natale de Mitsamihuli.
Pour
mieux connaître, celui qui est considéré comme l'un des plus grands hommes
politiques comoriens de tous les temps, nous vous proposons de larges extraits
d'une biographie tirée du livre ''La Naissance de l'élite politique comorienne
(1945-1975), publiée dans L'Harmattan, 2000.
Né en
1904 à Mitsamihuli (Ngazidja), dans une famille
noble, il est l'homme politique le plus connu des Comores. Son père est issu du
clan Hinya Fwambaya. Sa
grand-mère faisait aussi partie d'une famille du Washili,
du sous-clan Mbatze. C'est dans ce sous-clan que se
recrutaient les vizirs de Dimani. Il a aussi des
origines anjouannaises du côté de sa mère. Il fait
des études de médecine à Madagascar, qu'il termine en 1928. Il devient
auxiliaire de l'administration coloniale dans les années 1930. Il est affecté à
la Grande-Comore comme médecin responsable de
l'hôpital de Foumbouni. Mais, après des démêlés avec
l'administration qui souhaite qu'il ne s'occupe pas de politique, il est muté à
Mwali.
En
mars-avril 1940, pendant la révolte du Nuymakele (Ndzuwani), il accompagne l'inspecteur Thomas dans sa
mission d'enquête. Les archives nous apprennent qu'il est alors en fonction
dans l'administration de Madagascar. Elu député à l'assemblée constituante en
1945, il propose une loi contre le travail forcé aux Comores.
Élu
député (circonscription de Madagascar et dépendances) à l'assemblée
constituante française en 1945, il propose une loi contre le travail forcé aux
Comores. Élu dans la première assemblée de la IVe République, il s'inscrit dans
le groupe de l'Union démocratique et socialiste de la résistance (UDSR) de
François Mitterrand et R. Pleven. Dès son élection, il se bat pour que les
Comores soient détachées de Madagascar et deviennent un territoire d'outre-mer
''autonome''. Ce qu'il obtient dès 1946.
En
1954, il est désigné pour représenter la France et l'Union française à
l'assemblée des Nations-Unies.
En
décembre 1961, il est élu au nouveau poste de président du conseil de
gouvernement par la chambre des député des Comores. Il
démissionne de son mandat de député et est remplacé par Mohamed Ahmed, qui
était vice-président lorsque le poste revenait au chef de la colonie. Il
s'installe alors à Moroni avec son fidèle ami, qui restera son chef de cabinet
jusqu'à sa mort, Raymond Groussolles.
En
décembre et janvier 1962, il se rend à Paris où il a deux audiences auprès du
général de Gaulle à propos de l'avenir institutionnel et économique des
Comores. Il accepte la proposition du général d'attendre que la France fasse
des Comores le ''joujou''de l'Océan indien avant de
demander l'indépendance.
Pendant
le régime d'autonomie interne (1957-1962) ou de l'autonomie interne élargie par
la suite, il usera aussi bien de son poids en tant que notable traditionnel que
de son prestige d'intellectuel qui a les connaissances du ''mmanga''
pour imposer sa vision des choses à la classe politique comorienne et aux
Comoriens. Il décidera, par exemple, de réprimer les manifestations des lycéens
en janvier-février 1968, alors que ceux-ci ne visaient que les autorités
coloniales, dans un premier temps. Les opposants au parti ''vert'' qui
deviendra l'Union démocratique des Comores sont inquiétés et même souvent
exclus de la fonction publique. Aujourd1hui, on peut dire qu'il était fasciné
par l'homme du 18 juin, et essayait sans doute de reproduire la méthode
autoritaire et populaire qui a marqué le gaullisme.
Il
meurt le 16 mars 1970, à l'hôpital de Tananarive, et sera remplacé par Saïd
Ibrahim.
Mahmoud
Ibrahime
(D'après
une biographie extraite de La Naissance de l'élite politique comorienne
(1945-1975), L'Harmattan, 2000)