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EDITION ELECTRONIQUE N°232

 

Second tour des législatives : Les îles en position de l'emporter

 

La Commission d'homologation devrait publier les résultats définitifs du premier tour dans le courant de la journée. Plusieurs recours ont été déposés par des candidats. La campagne électorale du second tour qui aura lieu dimanche prochain n'a pas encore repris. Les états-majors analysent les résultats et mettent au point les stratégies du deuxième tour.

 

A Ngazidja, le camps d'Azali va essayer de limiter les dégâts alors que celui d'Elbak va tenter d'amplifier la victoire obtenu au premier tour. Au regard des résultas de dimanche dernier, Le camps Mdjidjengo est bien parti pour avoir la majorité dans la prochaine assemblée. Il peut espérer obtenir entre 13 et 16 députés à l'analyse des résultats du premier tour dans les différentes circonscriptions.

 

A Mwali, la coalition Fazul- Hassanali est presque assurée d'avoir la majorité. Le camps de Boléro aura du mal à remonter la pente. Le total des voix de cette alliance laisse augurer une sévère défaite des amis du ministre de la défense.

 

Quant à Ndzuwani, Mohamed Bacar est assuré de contrôler la prochaine assemblée tant il est vrai que sur cette île les conditions d'une élection libre et équitable sont loin d'être réunies.  

 

 

Naufrage du Samson : Qui n’a pas fait quoi?

 

Une semaine après la disparition du navire Samson avec officiellement 120 passagers, (mais on le sait beaucoup plus), 23 corps ont été repêchés, trois rescapés récupèrent dans un hôpital de Mahajanga ; les autres passagers sont, jusqu'à preuve du contraire, déclarés disparus.

 

Une enquête est ouverte. Les familles des victimes se sont constituées en association pour mieux défendre leurs intérêts.

 

A la surprise générale, on apprend que le Sam Son n'était pas assuré. Comment les autorités ont-il pu laisser un bateau sans assurance assurer le transport de passagers? L'état du navire, aux dires de certains, laissait à désirer. Il avait plus de 40 ans! ''Le ferry aurait subi trois pannes successives de  moteur, quelques heures après son départ du port d'Anjouan". Il semble que le transbordeur se trouvait à une centaine de kilomètres des côtes malgaches et que les autorités portuaires malgaches n' avaient pas accordé l'accès du port de Mahajanga au capitaine du Samson. Pourquoi?

 

Entre le moment où on a appris la disparition du navire et le déclenchement des recherches, il s'est passé plus de 24 heures. Pourquoi? L'armateur a-t-il averti à temps les autorités comoriennes et malgaches de la disparition de son bateau?

 

Quelle est la part de responsabilité des autorités comoriennes dans ce retard à réagir? On sait que notre pays n'a pas les moyens d'intervention appropriés, mais elles auraient pu demander immédiatement l'aide des pays voisins qui en ont. Telle la France à travers la Réunion.

En attendant les conclusions de l'enquête, on constate que le gouvernement comorien ne semble pas s'être beaucoup mobilisé pour venir en aide aux victimes et à leurs familles. Aucun ministre comorien n'a cru bon de se rendre sur place à Mahajanga pour aller superviser les recherches et les obsèques de ceux qui sont morts. Notre Chargé d'Affaires à Madagascar, Abdou Madi qui est parti de Moroni par un avion spécial n'a passé que quelques heures à Mahajanga avant de s'envoler pour Antananarivo!

 

Les familles n'ont reçu aucun soutien matériel ou psychologique de l'Etat.

 

Il faut saluer le geste louable et généreux de maître Saïd Larifou qui a fait le voyage de la Grande île en laissant son cabinet et ses préoccupations personnelles pour aller apporter son assistance à la communauté comorienne de Mahajanga fortement éprouvée par cette douloureuse épreuve de recherche, de récupération des corps et des enterrements.

 

Législatives des îles : L'''observatoire national des élections'' juge ''acceptable'' le premier tour des élections  législatives des îles

 

Même s'il a constaté des problèmes dans la conduite des opérations, l'''observatoire national des élections'' considère que ce premier tour c'est déroulé dans des conditions acceptables. ''Les lacunes constatées ne sont pas de nature à mettre en cause la régularité du scrutin'' a déclaré son animateur principal à un confrère étranger.

 

Contrairement au sentiment général sur les longues ''pannes'' d'électricité et du téléphone cellulaire intervenues alors que des bureaux de vote n'avaient pas fini le dépouillement des bulletins, l'observatoire n'a pas fait sien les soupçons de sabotage généralement admis au sein de la population et au-delà.

 

L'Observatoire national des élections estime que les opérations du 14 mars se sont déroulées dans des conditions ''relativement libres et démocratiques''. L'observatoire a, toutefois, relevé beaucoup de défaillances au niveau organisationnel. Il a déploré les retards constatés dans le début des opérations électorales dus à l'acheminement tardif du matériel dans la plus part des bureaux de vote de Ngazidja. Il note que beaucoup d'électeurs ont été pénalisés par les listes incomplets. En effet, beaucoup de personnes n'ont pas pu voté malgré la validité de leurs cartes d'électeurs.

 

Les membres de l'observatoire avaient, dans leur tournée d'observation, constaté que dans certains bureaux de vote, les bulletins de certains candidats avaient manqué ou étaient inférieurs au nombre des inscrits. Il a élevé ''avec inquiétude'' la coupure brusque de l'électricité et la panne du réseau du téléphone mobile alors que le dépouillement se poursuivait dans des bureaux de vote.

 

Pas un mot sur les pannes

 

L'observatoire national n'a toutefois pas relevé de défaillances graves et de cas majeurs d'irrégularités qui pourraient mettre en cause la validité du scrutin. Pour lui il s'agit d'élections ''régulières''.

 

Toutefois, étrangement et contrairement au sentiment général au sein de la population, l'Observatoire qui s'est exprimé dans une radio étrangère par la bouche de son principal animateur, Ismael Saandi, n'a pas jugé utile de relever le fait que les longues ''pannes'' d'électricité et du téléphone cellulaire, ont été considérées comme relevant de sabotage.

 

Malgré le satisfecit de l'Observatoire, certains candidats, notamment de la CRC, proche du gouvernement de l'Union, continuent de réclamer l'annulation de l'élection dans les circonscriptions où ils ont été battus où mis en difficulté. Ces réclamations souvent relayées de façon maladroite et dangereuse, par la radio du gouvernement de l'Union, évoquent essentiellement des problèmes d'ordre organisationnel et non des aspects touchant au déroulement des opérations électorales.

 

Beaucoup font porter la responsabilité des lacunes relevées au cours de ce premier tour des législatives des îles à la Commission nationale électorale indépendante  (CNEI).

Mais, les responsables de cette commission se défendent en mettant en avant le temps ''trop court qui leur avait accordé pour redémarrer le processus électoral''. Ils rejettent, à leur tour, la responsabilité sur le long retard mis pour mettre à leur disposition les moyens nécessaires pour organiser les opérations.

 

Des défaillances relevées bien avant les opérations

 

Les problèmes dans l'organisation  du processus électoral ont été relevé bien avant la tenue du scrutin du dimanche dernier par la mission de la communauté internationale  dans les îles. Le rapport de cette mission composée de représentants de l'OIF, de la France, de l'Union africaine, s'étaient rendue dans les trois îles. Elle y a rencontré les populations locales, les responsables politiques et les structures d'organisation des élections. Elle avait fait le constat que les populations et les structures électorales sont prêtes à aller aux élections, même si elle avait relevé des ''problèmes plus ou moins importants'' dans l'organisation du processus électoral en cours.

 

Ceux-ci ont trait à la composition de certaines structures d'administration des élections. Notons que la coordination  de l'observation des élections est assurée par l'Union africaine.

 

De son côté, le PNUD s'est engagé à fournir les moyens logistiques et financiers à l'Observatoire national des élections composé d'associations de la société civile  et de l'ONG ''Observatoire des élections''.

 

Mmadi Moindjié

 

Libre opinion

 

Ils ont tout, sauf le peuple...

 

Le premier tour des élections législatives des îles a eu lieu. La tendance générale, c'est que les candidats qui s'étaient réclamés des opposants au pouvoir de l'Union ont eu les faveurs de la population de Ngazidja et, selon toute vraisemblance, de Mwali et de Ndzuwani. Ces candidats se sont battus avec comme seul discours, comme seul bagage, comme seule arme leur opposition au régime et la ''défense des intérêts'' ou ce qu'ils croient en être, de leur île.

 

L'Etat comme jamais

 

Ils avaient devant eux des adversaires qui, pour aller à la bataille, ont transformé l'Etat en une arme, en un rouleau compresseur pour écraser les aspirations et les croyances profondes de centaines de milliers de simples gens.

 

Jamais, l'Etat n'a autant été mis à contribution pour aller contre la volonté librement forgée de centaines de milliers de simples gens. Les entreprises d'Etat, sans exception, les deniers de l'Etat, sans limite, ont servi, massivement, à détourner ou, à défaut, à écraser leurs convictions profondes. Les menaces sur la garantie de la tranquillité, sur la garantie de l'emploi, de l’Etat garant des libertés individuelles et collectives, les représentants de l'Etat, comme jamais dans ce pays, les ont mis, massivement, au service de cette idée de frustrer la population de la liberté de manifester, de la manière la plus démocratique qui soit, ce qu'elle croit être bon pour elle et pour sa terre.

 

Un message des urnes

 

Jamais l'Etat n'a autant été utilisé comme un instrument contre la populatio,n, contre ce qu’elle croit, simplement, au plus profond de ses tripes.

 

Le calme - à la limite, la naïveté - avec lesquels cette population s'est manifestée doit nous donner à réfléchir. On ne peut pas, impunément, se forger comme unique mode de fonctionnement de mettre la pression, de mettre la peur au ventre, de manipuler la population qu'on est sensé administrer ; d'utiliser l'argent de la population pour acheter et vendre la population, d'utiliser la force public pour écraser les citoyens et lui frustrer de ce qu'ils croient.

 

Les résultats sortis des urnes - qui sont la manifestation première, primaire, pure, animale et sans bavures des aspirations de ce peuple tapi dans les bas fonds de nos villages, de nos quartiers, de nos sous-quartiers, de nos bois et de nos champs (les autres importent peu) ont parlé. Ils disent à ceux qui savent les entendrent :

 

''Quant on a tout et qu'on a pas le peuple, c'est qu'on a rien du tout…''.

 

Sara

 

 

Hommage aux victimes du Sam Son

 

Ici, chez nous, tout devient introuvable, inaccessible, voire impossible parce que les restes du pays, nous n'avons pas cessé de les détruire. Alors, ils ont décidé de partir ailleurs, traverser l'océan, ce monstre tantôt doux, tantôt affreux.

 

Ils ont des projets au-delà desquels, un seul objectif commun : vivre et connaître un peu de bonheur un jour, grâce à ces projets et actions qu'ils vont réaliser là bas, à Madagascar. Pour certains, il s'agit de récupérer leurs diplômes et autres papiers en vue d'une éventuelle poursuite des études. Pour d'autres, c'est la recherche de soins de santé, de formation scolaire et universitaire, de marchandises pour la petite épicerie ; c'est la recherche de cette petite étincelle d'où jaillira un peu d'espoir, un peu de vie décente.

 

Pour y parvenir, pour arriver ''à bon port''', il a fallu, hélas, pour cause d'embargo aérien, de visas de transit à mendier, il a fallu monter dans ce monstre, le Sam Son, qui a rendu tant de services, qui a porté tant de bonheurs dans nos familles, qui a usé toutes ces forces pour des traversés périlleuses mais, qui reste un monstre. Un monstre à visage comorien car décoré de notre drapeau national on ne sait ni par qui, ni comment. Un monstre qui a entendu Gafilo roder et qui est allé se jeter dans sa gueule sur autorisation d'on ne sait qui. Il a failli y échapper et accoster avec des risques certes, mais, du port de majunga on l'a sommé de s'y engouffrer, d'aller chavirer avec plus de 120 vies enfermées dans son ventre.

 

Du coup, c'est le sauve qui peut, l'effondrement de tout  ce qui était projets, objectif, le néant ; l'instant de la vie et de la mort. Ils ont vu là, dans les profondeurs de l'océan, dans les entrailles du Sam Son, ils ont vu leur vie oh ! Combien pleine d'embûches mais, oh ! Combien si chère, si unique ; ils ont vu, cette vie se terminer, là, dans cinq, quatre, trois, deux, une puis, zéro minute. A un moment, ils n'ont même pas pensé à eux mais, plutôt à nous qui restons ici bas, qui allons les pleurer, et souffrir en imaginant leurs souffrances de ces instants fatidiques de la vie vers la mort.

 

Oui, ils étaient là, ils ont payé le prix de nos bêtises humaines, bêtises qu'on va vraiment taire ? Ils sont tout simplement morts, dans le chemin de Dieu.

 

Ayons pour eux, cette pensée profonde inspirée du saint coran : ''Ne dites pas morts ceux qui sont tués dans le sentier de Dieu. Ils sont vivants, au contraire, mais vous êtes inconscients. Tres certainement nous vous éprouverons de quelques façon, effroi et faim, et diminution de biens, de personnes et de fruits. Or fait bonne annonce aux endurants''.

 

Docteur Morchid  

 

La C.R.C remercie ses électeurs de Bandamadji-Itsandra

 

Hier après midi, Le suppléant de Sania Boina Boina Abdourahmane Ahmed (Kaf), candidate à la 20ème circonscription pour la C.RC, a rencontré ses électeurs de Bandamadji-Itsandra à la place publique du village. Il était accompagné par Mohamed Mohamed Ali Dia ambassadeur des Comores en Égypte, originaire du village et Allaoui Said Abasse, représentant de l'Union des Comores en France et une délégation des autorités de l'Union des Comores. Le but était de remercier le village en reconnaissance du bon résultat obtenu par la Sania Boina Boina qui s'est hissée au second tour. En effet sur 204 suffrages exprimés, la candidat de la CRC a obtenu 100 voix.

 

Kassim Zaki, chargé de protocole à la présidence de l'Union a déclaré que : ''la CRC remercie le village de Bandamadji pour avoir voté massivement sa candidate". Il reste maintenant la deuxième mi-temps, c'est une partie encore plus importante qu'il faut gagner.

 

Aboubacar Mmadi, un notable Bandamadjien, a pris la parole pour remercier la délégation pour ce geste. Il a lancé un appel aux électeurs de Bandamadji pour qu'il se rendent plus massivement encore à l'occasion du second tour.

 

 

Ahmed Bourguiba