EDITION ELECTRONIQUE N°233 et 234
Familles des naufragés du Sam Son :
Appel à la solidarité nationale
Le
comité va dépêcher une délégation de quatre personnes à Mahajanga pour
s'enquérir de l'Etat des recherches. Il se bat pour qu'un membre de chaque
famille de victimes puisse se rendre sur place. Il organise un dispositif de
soutien matériel et psychologique.
Il
appelle à la solidarité de tous et de toute. ''Cela, lance une membre du
comité, n'arrive pas qu'aux autres''. Aujourd’hui, une délégation composée de
membres du comité de soutien et du collectif des familles doit se rendre, à
Mahajanga, pour aller se rendre compte de la situation sur place. La compagnie
Air Austarle a offert quatre billets au comité.
Par
ailleurs, les étudiants comoriens à Antananarivo ont organisé une manifestation
devant l’ambassade des Comores, pour protester contre ‘‘les défaillances
manifestées par les autorités comoriennes dans le traitement de ce dossier’’.
Ils exigent que les liaisons aériennes entre les Comores et Madagascar
soient rétablies au plus
vite’’.
Un
comité de soutien aux familles des victimes du naufrage du ferry le Sam Son est
mis en place lundi dernier. Il est constitué de personnalités diverses issues,
notamment, de la société civile et du milieu des affaires.
Son
principal objectif, selon un des initiateurs de ce comité, c'est d'essayer
d'apporter assistance
matérielle et soutien moral aux familles des victimes. Et, surtout, à
celles dont les foyers sont particulièrement affectés par la perte d'un membre
de la famille. Par leurs actions, les membres de ce comité ''veulent sensibiliser la population de la
gravité de l'événement pour les familles
éprouvées, plongées, souvent, dans la détresse totale.
Comme
première action, le comité va dépêcher cette semaine à Mahajanga une délégation
de quatre personnes pour s'enquérir des opérations de recherches. Le comité
aurait entamé des démarches auprès des autorités nationales pour qu'un membre
de chaque famille de victimes puisse se rendre à Mahajanga. L'objectif est de
leur permettre de suivre les recherches et de participer, éventuellement, à des
enterrements. Le comité va envoyer ses membres féminins dans les différentes
localités pour rencontrer les femmes dans le ''ida''.
Elles vont, par la même occasion, s'enquérir de leurs problèmes ce qui
permettra d'envisager de leur apporter assistance et les aider à face aux
difficultés de la vie quotidienne du fait de la disparition de leurs maris.
Soutien aux familles des victimes du
naufrage du Sam Son : Appel à la solidarité nationale
Le
''Comité de soutien aux familles des victimes du naufrage du Sam Son'' va
ouvrir un compte à la banque pour recueillir les aides et contributions en
faveur des familles. Plusieurs personnes
se seraient, déjà, montrées disposées à apporter leurs contributions.A côté du
comité de soutien aux familles des victimes, un collectif des familles des
victimes a été crée.
Pour ce
faire, le comité lance un appel à tous et à toutes, personnes morales ou
physiques pour qu'on lui apporte l'aide qui lui permettra, à son tour, de
soutenir les familles : ''Ces familles ont besoin d'une assistance matérielle
et d'un soutien psychologique. Nous appelons tous les Comoriens à faire un
geste de solidarité'', lance une membre
du comité, Zahara Toyb''.
Le
comité a ouvert une permanence au siége de l'Association comorienne des droits
de l'Homme (ACDH) à Moroni, à côté de la préfecture du centre. Il invite les
familles (femmes, enfants, maris, mères ou pères) des victimes à se faire
connaître. ''Nous avons à notre possession une liste des passagers. Mais nous
voulons être sûrs du nombre parce que d'autres sources laissent croire qu'il
serait plus élevé, compte tenu de possibles passagers clandestins'', précise un
autre responsable du comité.
Le
''Comité de soutien aux familles des victimes du naufrage du Sam Son'' va
ouvrir un compte à la banque pour recueillir les aides et contributions en
faveur des familles. Plusieurs personnes
se seraient, déjà, montrées disposées à apporter leurs contributions. Il faut
se rappeler que cela n'arrive pas qu'aux autres.
A côté
du comité de soutien aux familles des victimes, un collectif des familles des
victimes a été crée.
Il a
constitué des avocats auprès du parquet de Mahajanga et de Moroni pour
''défendre les droits de leurs familles''.
Beaucoup
de familles estiment que les passagers de Sam Son ont été victimes ''de
défaillance du ferry et de négligence''. Selon
un des avocats, maître Fahami, les familles
''veulent savoir toute la vérité''. D'après lui, ''Plusieurs questions restent
sans réponses. ''Comment le bateau a osé prendre le départ alors que les services
météorologiques malgaches avaient déjà prévu un cyclone? Qu'est ce qui est arrivé exactement au bateau? Est-ce vrai
que le bateau n'était plus couvert par une assurance, comme on l’a affirmé
certains?''
Mmadi Moindjié
Coalition Elbak
: Un accord de candidatures uniques aux législatives de l'Union a été obtenu
La
coalition des partis d'opposition au colonel Azali
pourrait présenter des candidatures uniques,
dans toutes les circonscriptions de Ngazidja à l'occasion des
législatives de l'Union.
Le docteur
Mtara Maecha et Said Ali Kémal n'auront, désormais, plus face à eux des candidats de
la coalition, comme cela avait été envisagé précédemment. Le ministre de
l'Education de Ngazidja, qui avait fait part de son intention d'être candidat
dans le Bambao, aurait fini par y renoncer.
Une
rencontre qualifiée de très importante avait réuni, autour du président Elbak à sa résidence de Mrodju,
tous les chefs des partis formant la coalition autour du chef de l'exécutif de
l'Ile autonome de Ngazidja. L'objectif était de chercher à se mettre d'accord
sur la ''nécessité'' de présenter des candidatures uniques aux élections de
l'assemblée de l'Union.
Engagement présidentiel
Le chef
de l'exécutif de Ngazidja se serait engagé, personnellement, à arracher cet
accord. Cette rencontre aurait aplani les divergences et mis tout le monde
d'accord. Ainsi les cas les plus sensibles, comme dans le Bambao,
le Mitsamihuli-Mbude, ont été réglés. Le docteur Mtara Maecha et Said Ali Kémal n'auront plus face à eux des candidats de la
coalition, comme cela avait été envisagé précédemment.
Le
ministre de l'Education de Ngazidja, Mohamed Issimaïla,
qui avait fait part de son intention de briguer le siège du Bambao,
aurait fini par y renoncer. Il a, dores et déjà, repris ses fonctions de
ministre. ''L'unité et le renforcement de la coalition prime sur les ambitions
personnelles des uns et des autres et de nos formations politiques'', a déclaré
un responsable de la coalition.
Après
cet accord, un proche de l'autorité de Ngazidja ''se félicite de l'esprit
consensuel, de responsabilité et de courage politique'' dont ont fait preuve
les leaders des formations politiques de la coalition.
Cette
rencontre de Mrodjou, la énième réunion de la
coalition destinée à aboutir à un accord de candidatures unique dans toutes les
circonscriptions, aura finalement abouti.
Selon
des proches du président, ce souci du chef de l'autorité de Ngazidja à parvenir
à des candidatures uniques constitue une des leçons tirées des résultats du
premier tour des législatives des îles. Dans les circonscriptions où la
coalition avait à soutenir un seul candidat, la mouvance se serait, en général,
bien tirée d'affaire : ''Nous devons unir nos forces et non les disperser. Les
circonstances nous l'imposent'', a insisté un responsable de la coalition.
Mmadi Moindjié
Sport à Ndzuwani :
Une certaine vitalité, malgré tout
Les
péripéties politiques des quatre dernières années dans l'île de Ndzuwani n'ont pas compromis la vie sportive en général et
celle du football en particulier. La jeunesse s'y adonne toujours avec
dynamisme et conviction. Les structures (ligue et districts) et les
compétitions (championnats des Comores et coupes) se poursuivent. Elles sont
conformes aux textes qui régissent le football comorien. Notre confrère, Bacar Madi Gondet,
revient d'un séjour dans le monde sportif de l'île. Il témoigne. Il est séduit.
Dès la
descente d'avion, j'ai été accueilli par une forêt de chiromanis,
ébloui par des visages embellis par les masques de msindanu., enivré par une forte
odeur des essences aromatiques et enfin charmé par la qualité de l'accueil.
Anjouan n'a pas perdu ses attraits touristiques.
Les
structures traditionnelles d'organisation, d'administration et de gestion des
compétitions : districts, ligue, fédération (antenne régionale) et leurs
différentes commissions techniques spécialisées fonctionnent conformément aux
règlements généraux et au règlement du championnat des Comores.
Elles
jouissent intégralement de leur compétence dévolue depuis la création de la Fédération
comorienne de Football (FCF), en 1976.
La
ligue, une seule pour toute l'île, organise et coordonne le championnat des
Comores et les tournois des équipes de première et deuxième division, phase
régionale. Elle a à sa responsabilité environ vingt équipes.
Commissions spécialisées
Douze
districts sont répartis dans l'île. Ils gèrent toutes les compétitions des
équipes de troisièmes divisions. La FCF, antenne régionale, supervise toutes
les rencontres interligues, officielles et amicales,
organisées surplace. Elle parraine également les déplacements des équipes
invitées à se rendre dans les autres îles : Maore, Mwali et Ngazidja, ou qui doivent participer à des tournois
internationaux en dehors de l'archipel. Le contrôle sur l'activité sportive
reste efficace. ''Dissuasif ou répressif, en fonction des situations et des
événements'', précise un membre de la ligue.
L'équipe
de première division de Sima a eu l'occasion de s'en rendre compte. Elle purge
actuellement une suspension de quatre ans suite à de chaudes échauffourées, à
domicile, avec l'Etoile d'or de Mirontsi. Les
procédures rigoureuses de rétrogradation des équipes de première et deuxième
divisions qui languissent au bas du classement et de la promotion des équipes
de troisième et deuxième divisions qui occupent les premières places du
championnat reflètent parfaitement l'esprit des règlements généraux et du
règlement du championnat des Comores en vigueur.
Moursoidi Abdallah est le
directeur technique "national" (DTN), régional. Ses attributions sont
limitées dans l'île. Il supervise les sélections de Ndzuwani
et encadre les autres entraîneurs, notamment l'entraîneur de la sélection des
jeunes gens, l'ancien joueur national, Troubi.
Réorganisation tous azimut
Un
autre a pris en charge la destinée des ces dames. Le football féminin est au
stade embryonnaire. Les rares rencontres livrées surplace sont plus récréatives
que compétitives. La présentation des licences n'est pas de rigueur. Dans toute
l'île, on dénombre seulement trois équipes féminines et opérationnelles. Elles
sont implantées respectivement à Bandrani-Mtsangani, Domoni et Mutsamudu. Cette carence s'explique
vraisemblablement par la préférence des filles pour les disciplines pratiquées
en milieu scolaire que sont l'athlétisme, le basket-ball et le handball.
La
détection des jeunes s'opère dans les compétitions régionales : football à six
pour les benjamins et minimes, à onze pour les cadets et juniors.
La
dernière personne rencontrée pour clarifier ou compléter les informations est le
directeur régional du département de la Culture, Jeunesse et des Sports, Riday Allaoui. Interrogé sur une
éventuelle reforme des instances sportives sur l'île, il s'est montré
laconique. "Par manque du temps", s'était-il expliqué. Évasivement,
il conclut : "Nous avons élaboré un document technique relatif à la
réorganisation du sport. Il est riche et constructif. Tout y est. Je vous
conseille de le consulter. Il suggère les remèdes qu'il faut pour promouvoir le
sport comorien''.
Les
péripéties politiques des quatre dernières années n'ont, donc, pas compromis
l'activité sportive. C'est bon pour le moral… sportif.
Baca Madi Gondet
Lutte contre le tabac Près de 50% de
succès avec la pilule
La
pilule antitabac Zyban, Bupropion
selon son nom technique, est efficace dans 46% des cas contre 30% pour les
timbres antinicotiniques et 23% pour les placebos,
selon deux études présentées mercredi par les tabacologues
au 32e MEDEC, le salon de la médecine.
Le taux
d'abstinence au bout de sept semaines de traitement avec le Zyban
est de 46 %. Un an après le traitement toutefois, le nombre de fumeurs ayant
définitivement renoncé est de 21%. Avec le timbre seulement, ce taux ne dépasse
pas 10 à 15 %, a annoncé le docteur Henri-Jean Aubin, psychiatre au centre
hospitalier Emile-Roux à Limeil-Brévannes"Des
taux à peu près identiques ont été observés dans une étude portant sur des
fumeurs souffrant de maladies cardiovasculaires", a souligné le professeur
Bertrand Daudzenberg, chef de service de pneumologie
à la Pitié-Salpétrière à Paris.
Les
maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité induite par le
tabac, mais le risque diminue très rapidement après l'arrêt de même que les
risques de mortalité chez les fumeurs ayant déjà fait un accident
cardiovasculaire, a-t-il précisé.
Le Zyban, un antidépresseur utilisé depuis une dizaine
d'années aux Etats-Unis, présente la particularité d'agir sur le système de
récompense du cerveau, de contrer les symptômes de manque et d'être le seul
antidépresseur agissant sur les récepteurs nicotiniques.
Plusieurs
études sont en cours pour vérifier si l'utilisation du Zyban
conjointement avec un timbre antinicotinique
améliorerait encore l'arrêt du tabagisme.
Le
professeur Daudzenberg a expliqué que ce médicament
n'avait provoqué que O,O26 cas d'allergies parmi les
330.000 patients traités la première année, quelques cas d'épilepsie et aucun
décès en relation directe avec ce produit.
Ces
chiffres sont à comparer, selon le pneumologue, avec les 600.000 décès annuels
engendrés par le tabac.
AFP
La Chine va recruter des femmes pour les
missions spatiales
Le
président Mao Tse-Toung avait dit que les femmes
"soutenaient la moitié du ciel". Maintenant, la Chine veut en envoyer
dans ses vaisseaux spatiaux.
Des
Chinoises seront recrutées comme astronautes potentiels pour effectuer des
voyages dans l'espace à partir de l'année prochaine, avec des candidates
choisies en Chine continentale, à Hong Kong et à
Macao, a annoncé vendredi le gouvernement à Pékin.
"Notre
sélection de femmes astronautes ne sera pas simplement symbolique", a
affirmé Hu Shixiang, un des
responsables du programme spatial chinois, lors d'un entretien avec l'agence
officielle Chine Nouvelle. La Chine recrute déjà des femmes pilotes dans
l'armée de l'air depuis 1951.
AP
Conférence de presse Un avocat à
l'assaut des législatives de l’Union
Je vais
me présenter aux prochaines élections législatives de l'Union''. C'est ce qu'a
déclaré l'avocat Fahami Said Ibrahim à l'occasion
d'une conférence de presse mercredi 17 au foyer de Bountsini
à Itsandra-mdjini.
Il se
présenterait en tant que candidat indépendant.
Fahami qui n'est ''pas un
professionnel de la politique", dixit lui même, s'il était élu va
"défendre l'unité des îles et les intérêts de la région d'Itsandra". Partisan d'un ''Etat unitaire'', il ''va se
battre pour qu'un code de la famille voit le jour pour garantir la sécurité de
l'enfant, son éducation, son encadrement et prévenir la délinquance".
Fahami a terminé sa
prestation en promettant de céder la totalité de son salaire de député à
l'élève de la région qui aura les meilleures notes au baccalauréat ce qui,
permettrait à l'élève de poursuivre des études à l'étranger.
Rappelons
que le métier d'avocat n'est pas incompatible avec celui de député.
Habari za udungza
Mbe kali mbe?
Quand
un étranger se pointe dans les îles de la lune pour apporter sa précieuse
contribution à nous sortir de là où nous nous sommes fourrés, il a l'impression
qu'il va sortir de sa botte magique une petite recette pour résoudre en un
quart de tour l'équation de notre mal développement. Et au bout de quelques
années de séjour, il repart laissant la situation où il l'a trouvée, se
demandant comment des gens aussi passionnants peuvent être en même temps
désespérants. Cruel dilemme, pour un si petit pays! Il doit tout de même
exister des solutions pour mettre les gens au travail et refuser de se cacher
derrière des justifications qui n'ont pas de raisons d'être pour rester à la
traîne dans un monde globalisé.
Comment
imaginer quatre minuscules îles perdues dans l'océan se regarder en chiens de
faïence pendant des générations? Des analystes disent que nous avons le
microcosme politique que nous méritons. Qui peut les contredire quand nous
observons les joutes verbales à longueur de journées et cela sans le moindre
résultat sur ce qu'il convient de faire…ensemble!
Il se
trouve comme toujours à tous les niveaux des personnes pour vous affirmer, la
main sur le cœur, qu'avec eux à la barre les choses ne seront plus les mêmes et
que tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Dans ce domaine, ce
genre de discours génère son lot de contradictions et de paradoxes et les
désillusions ne sont pas très loin.
Et,
finalement on peut se demander ce qu'il convient de faire dans la situation
présente dans la mesure où chacun des
acteurs est plus ou moins conscient des enjeux. Feu le président AAA aimait à
dire que ''Mbe kali mbe''
(une vache ne mange pas une vache). Entre temps, il y a eu cette histoire de la
vache folle. Peut-être ceci, explique cela. Et comme nous disent
nos compatriotes ''Mdjufumuwo mwanadamu''.
Hachime
Abdérémane
Le Sam Son
n'était pas assuré
Nous
sommes en mesure d'affirmer que le Sam Son, qui a
coulé avec probablement près de deux cents passagers' n'était pas assuré. Son
assurance a expiré le 22 octobre 2003. L'armateur JAG Marine avait entamé les
démarches de renouvellement de l'assurance du navire une semaine avant le
naufrage.
Il
s'est écoulé quatre mois depuis l'expiration de l'assurance qui avait été
souscrite auprès de CTI Aassurance, un assureur
comorien placé chez SEN Ré à Dakar, une société sénégalaise. Le Sam Son aurait donc continué à naviguer durant quatre mois
en transportant des passagers sans être assuré. Du temps où M. Joulette JAG Nadishe avait assuré son navire, il payait une prime
annuelle de 1,5 millions de francs comoriens, une somme modique pour un navire
qui transportait officiellement 115 personnes.
Il
semble, par ailleurs, que le Sam Son qui avait été
mis à l'eau en 1967 était bon pour la casse. Il présentait de nombreuses
anomalies au niveau de la coque comme des moteurs. Malgré tout, l'armateur
réussissait toujours à obtenir un permis de navigation délivré par la direction
des Affaires maritimes comoriennes. Sur quelle base a-t-on fourni le certificat
de sécurité et le permis de navigabilité? Qui effectuait les visites techniques
?
Autant
d'interrogations que doit éclaircir l'enquête. Les familles des victimes ainsi
que le peuple comorien veulent savoir la vérité. Les coupables doivent être
poursuivis.
Sam Son : Des familles de victimes portent
plainte
Une plainte pour non-assistance à personne en danger
A
Madagascar, Saïd Larifou est mandaté par 25 familles
de victimes comoriennes, malgaches et françaises ayant perdu des proches lors
du naufrage du ferry. ''Lors de vérifications techniques précédant son départ
des Comores, des réserves avaient été émises sur les capacités de navigation du
Sam Son. Je ne comprends pas que l'on ait laissé ce
ferry prendre la mer, et ce d'autant plus que deux pannes successives de moteur
ont été signalées après son départ d'Anjouan'' a déclaré l'avocat.
Le
bateau, avec 120 personnes à son bord, devait rallier Moroni à Mahajanga, sur
la côte nord-ouest de Madagascar. Il a sombré corps et biens, alors que le
cyclone Gafilo sévissait sur cette partie de la
Grande île. "Ce que j'ai vu sur les côtes de Mahajanga, près du lieu où a
sombré le Samson, est très difficile à soutenir", a confié l'avocat.
"Une dizaine de cadavres, dont plusieurs non identifiés, étaient étendus
sur une plage. Ils ont été mis dans des sacs et enterrés dans des fosses
communes. J'ai également vu de nombreuses familles veiller sur la côte en
espérant que les vagues allaient rendre les corps de leurs proches. C'était
vraiment terrible''.
Négligences
Devant
ces situations de détresse, Saïd Larifou refuse de
jeter la pierre à l'État malgache, bien au contraire : ''J'ai remercié
publiquement les autorités malgaches pour ce qu'elles ont accompli avec les
faibles moyens dont elles disposent".
L'avocat
saint-pierrois place aujourd'hui son action sous deux
aspects : l'un est humanitaire, et se traduit par un appel à la solidarité
internationale lancé en faveur des sinistrés. L'autre est judiciaire puisque,
selon lui, plusieurs négligences ont été commises : ''Lors de vérifications
techniques précédant son départ des Comores, des réserves avaient été émises
sur les capacités de navigation du Sam Son. Je ne
comprends pas que l'on ait laissé ce ferry prendre la mer, et ce d'autant plus
que deux pannes successives de moteur ont été signalées après son départ
d'Anjouan''.
L'autre
pomme de discorde concerne le nombre exact des victimes : "Les chiffres
officiels avancent 120 disparus, mais nous savons que de nombreuses personnes
ne se trouvaient pas sur la liste des passagers''. Une plainte a donc été
déposée auprès du tribunal de Mahajanga pour non-assistance à personne en
danger. "Cette procédure ne vise absolument pas l'État malgache, mais
demande seulement que la lumière soit faite sur ce drame", souligne Saïd Larifou.
Source : Clicano
Vers le second tour des législatives des
îles : La tendance du premier tour devrait se confirmer sur les trois îles
A
Ngazidja, à Mwali comme à Ndzuwani,
il y a de fortes chances qu'à l'issue du second les représentants des pouvoirs
élus des îles obtiennent la majorité dans les assemblées. Même si, dans
certains endroits, ils auront fort à faire face aux candidats proches du
colonel Azaki ou de son ministre de la Défense et,
parfois, aux indépendants.
A
l'heure où nous bouclons cette édition, la Commission d'Homologation n'a
toujours pas rendu public les résultats du premier tour. Mais, on peut tout de
même affirmer que le chiffre de 14
déclarés élus ne devrait pas changer. A Ngazidja, on devrait rester sur les
quatre élus annoncés par la Commission nationale électorale. A savoir, trois Mdjindjengo et un pour la mouvance Azali.
A Mwali également les deux élus proches du président Fazul devraient être confirmés. Sur cette île, il y aura
trois duels Fazul-Boléro, trois duels Opposition-Boléro et deux duels Fazul-Hassanali.
Le clan Fazul et la
coalition autour de Mohamed Hassanali ont conclu un
accord de soutien mutuel, un front pour barrer la route au ministre de la
Défense, Hamadi Madi
Boléro.
Au
niveau de cette île, la coalition Fazul-Hassanali
devrait obtenir la majorité. Sur les huit sièges en ballottage, le clan Boléro
peut, au mieux, espérer en remporter trois (Fomboni-Mdjimbiya,
Bandar Salama-Djwaezi et Djando II).
A Ndzuani, les huit annoncés élus au premier tour - six
proches du président de l'île, Mohamed Bacar, et deux
indépendants-, vont probablement être confirmés.
Il
semble que c'est, surtout, au niveau des admis au second tour à Mutsamudu que
des problèmes sérieux se posent. Les deux candidats de Mohamed Bacar sont éliminés dès le premier tour. Dans la
circonscription de Hamumbu, le centre ville de la
capitale de l'île, c'est le candidat Bacar Abdou de
l'opposition qui arrive en tête, suivi d'Abdoul Anziz,
un indépendant qui a fait sa campagne sur la dénonciation de la corruption au
sein du pouvoir.
Dans
l'autre circonscription de Shitsangani, c'est un
indépendant, Youssouf Combo, qui est en première position avec 44%, suivi de la
candidate Sitti-Mariama Nadhoiri,
une proche d'Azali qui a engrangé 29% des suffrages.
La bataille de Mutsa...
Le
pouvoir anjouanais voudrait voir annuler le bureau de vote de Shitangani II pour permettre à son candidat, Miftahou Youssouf, arrivé en troisième position de figurer
au second tour. Très impopulaire à Mutsamudu, le pouvoir Mohamed Bacar fait tout pour avoir un élu dans la capitale anjouannaise.
A Ouani également, le pouvoir semble rencontrer de sérieux
problèmes. Surtout depuis que le divorce a été consommé entre l'extrémiste
Abdallah Mohamed, originaire de cette ville, et le président Bacar. Au second tour, le candidat du pouvoir risque de se
trouver en position difficile face à un candidat soutenu par le colonel Azali.
Le
second tour s'annonce très serré dans la plupart des
circonscriptions anjouannaises qui restent à
pourvoir. Mais, au total, Mohamed Bacar devrait
arriver une majorité a peu près confortble.
A
Ngazidja, la mouvance Azali doit tenter de limiter la
casse. Dans la plupart des sièges à pourvoir la coalition Mdjidjungo
est en ballottage favorable. Arithmétiquement, dans le Mitsamihuli,
le Badjini ou
l'Itsandra, elle bénéficie d'un total de voix qui
devrait normalement lui assurer la victoire. L'élection de Fundi
Maoulida à Moroni-Nord,
celle de Youssouf Said dans le Bude
ou celle de Sinani dans le Pimba,
qui ont raté de peu leur élection dès le premier tour, ne devrait pas poser de
gros problèmes. De son côté, la mouvance Azali peut
espérer remporter le Hambu, le Hamahamet-M'Béni
et peut-être le Bwanku.
A moins
d'un miracle, la tendance du premier tour devrait se confirmer dimanche
prochain dans les trois îles.
Rapport de l'Observatoire national sur
le 1er tour à Ngazidja
De nombreuses recommandations
L'Observatoire pense que pour le second tour il faut
notamment améliorer le dispositif de supervision (tournées et visites dans les
bureaux) de la CNEI et la mise en place des moyens de communication
supplémentaires qui permettent d'instaurer un contact permanent entre la sous
préfecture et les bureaux de vote ainsi que le renforcement de la sécurisation
des bureaux de vote et de l'acheminement des résultats.
L'Observatoire national des élections a rendu public, hier,
son rapport sur le premier tour du scrutin. Intitulé ''Observation du premier
tour des législatives de l'île autonome
de Ngazidja'', ce document de trente-huit pages traite différents aspects des
élections : du contexte politique, du cadre juridique, du calendrier, de
l'observation des élections, avant le scrutin et le jour du vote, des
difficultés rencontrées. Il fait une ''évaluation générale et des
recommandations''.
Dans
cette évaluation, l'observatoire estime que la présence des observateurs
nationaux a contribué à rendre'sereine et équitable les opérations de vote et à
instaurer un climat de confiance. Elle a permis aussi d'accroître la confiance
de la population dans les élections''. Les électeurs auraient fait preuve de
''civisme en votant dans le calme et la discipline'' et les membres des bureaux
de vote ont accompli leur mission avec ''sérieux et abnégation''.
Il
considère que le scrutin s'est déroulé dans des conditions acceptables avec,
toutefois, des irrégularités qui n'ont pas été de nature à affecter de façon
significative l'intégrité du processus
électoral.''
Prévoir des lampes
La
mission nationale d'observation estime,
par conséquent, que ''le 1er tour a répondu sur l'île de Ngazidja a aux
critères d'un scrutin libre et
transparent'' Elle souhaite, à cet
effet, ''la correction des irrégularités constatées lors du premier tour afin
d'assurer un meilleur déroulement au second tour et une bonne acceptation des
résultats qui en seront issus''.
Elle
dit avoir pris connaissance du communiqué de presse de la mission d'observation
de l'Union africaine conduite par l'ancien premier ministre et ancien président
de la haute cour constitutionnelle malgache, Ratsirahonana
Norbert. Cette mission a estimé que les législatives des îles ''se sont
déroulées dans leur ensemble dans des conditions de régularités acceptables''.
La
mission nationale fait pour terminer des recommandations aux organisateurs du
scrutins à savoir, entre autres, : transmettre aux bureaux de vote des listes électorales
identiques en quantité suffisante,
cachetées par la CNEI pour permettre l'affichage de ces listes; fourniture complète du
matériel électoral (bulletins, extraits de procès verbaux, cires, cadenas pour
les urnes, lampes. Elle insiste sur l'élévation de la fréquence de supervision
(tournées et visites dans les bureaux) de la CNEI et des gendarmes et la mise
en place des moyens de communication supplémentaires qui permettent d'instaurer
un contact permanent entre la sous préfecture et les bureaux de vote et le
renforcement de la sécurisation des bureaux de vote et de l'acheminement des
résultats.
Compte
rendu,
Mmadi Moindjié
60è session de la Commission des droits
de l'homme des Nations-Unies
La mascarade continue de plus belle
Cuba et
la Chine sont les deux plus grandes prisons du monde pour les journalistes,
l'Arabie saoudite est un véritable royaume de la censure et le Zimbabwe met
tout en oeuvre pour réduire à néant la presse indépendante. Tous siègent à la
Commission des droits de l'homme des Nations-Unies.
Ils sont les exemples les plus frappants de ce système absurde où des Etats
sont à la fois juges et parties.
Vingt
cinq Etats qui siègent à la Commission n'ont même pas ratifié les textes qu'ils
sont chargés de faire respecter.
Du 15
mars au 23 avril 2004, se tient à Genève la 60è session de la Commission des
droits de l'homme des Nations-Unies. Après le
scandale provoqué, l'an passé, par la nomination de la Libye à sa présidence,
cette commission a perdu toute crédibilité.
Cette
année, parmi les 53 Etats qui y siègent et sont chargés de faire respecter
pactes, conventions et autres traités sur les droits de l'homme, 25 n'ont même
pas ratifié l'ensemble de ces textes.
Juges et parties
C'est
un peu comme si l'on demandait à des voleurs de présider un tribunal et de
juger d'autres malfrats.
Reporters
sans frontières a réalisé une campagne de presse, parue hier dans un journal
suisse, pour dénoncer cette mascarade. L'organisation pointe notamment du doigt
les cas de l'Arabie saoudite, de la Chine, de Cuba et du Zimbabwe. Ces quatre
pays sont parmi les plus répressifs au monde en matière de liberté
d'expression.
Cuba et
la Chine sont les deux plus grandes prisons du monde pour les journalistes,
l'Arabie saoudite est un véritable royaume de la censure et le Zimbabwe met
tout en oeuvre pour réduire à néant la presse indépendante. Tous siègent à la
Commission des droits de l'homme des Nations-Unies.
Ils sont les exemples les plus frappants de ce système absurde où des Etats
sont à la fois juges et parties.
Il est
urgent de réformer en profondeur cette commission. Déjà, en 2003, Reporters
sans frontières avait adressé un certain nombre de recommandations aux Nations-Unies et à plusieurs Etats. L'organisation avait
notamment proposé que seuls siègent à la commission les pays qui ont ratifié
l'ensemble des instruments internationaux des droits de l'homme. Reporters sans
frontières avait également demandé la suppression des motions de non-action, qui empêchent tout débat sur des pays qui
violent massivement les droits de l'homme.
Louise Arbour
succède à Sergio Viera de Mello au poste de haut commissaire
Ancienne
procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), la
Canadienne Louise Arbour a été nommée, le 20 février
2004, haut commissaire des Nations-Unies pour les
droits de l'homme, en remplacement de Sergio Vieira
de Mello, tué le 19 août 2003, lors de l'attaque
terroriste menée contre le siège des Nations unies à Bagdad. Le haut
commissariat, établi à Genève, était dirigé depuis septembre 2003 par l'adjoint
de Vieira de Mello, Bertrand Ramcharan.
Louise Arbour, juge à la Cour suprême du Canada depuis 1999 - est
diplômée en droit de l'université de Montréal.
En mai
1999, l'inculpation du président yougoslave, Slobodan Milosevic, avait fait de
cette petite femme énergique, née à Montréal en février 1947, une célébrité
internationale.
Louise Arbour aura besoin de toutes ses qualités pour ce poste qui
consiste à prendre des coups de tous les côtés : que ce soit de certains Etats
qui veulent faire silence sur leurs méthodes brutales, soit des ONG qui, au
contraire, estiment qu'un haut commissaire aux droits de l'homme doit dénoncer
haut et fort la répression des libertés fondamentales.
Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International, organisations de défense des droits
de l'homme, se sont félicitées du choix du secrétaire général. HRW a souligné
que Mme Arbour prend ses fonctions à un moment
"particulièrement difficile", la Commission des droits de l'homme
comptant elle-même "quelques-uns des pires adversaires" des libertés
individuelles. L'organisation souhaite que Mme Arbour
essaie d'obtenir la création d'un mécanisme indépendant pour "contrôler la
façon dont les gouvernements utilisent la guerre contre le terrorisme comme une
excuse pour affaiblir les droits de l'homme".
Louise Arbour va prendre les rênes d'un Haut Commissariat aux
droits de l'homme dans un moment crucial: entre la sale guerre de Tchétchénie
conduite par l'armée russe, les libertés prises par l'administration Bush avec
les Conventions de Genève à Guantanamo, la dégradation des libertés civiles et
politiques dans certaines républiques de l'ex-Asie soviétique, la situation
plus que préoccupante dans plusieurs pays africains... Louise Arbour aura du pain sur la planche. (Le Temps, Genève).
Tuberculose pharmacorésistante
Dix fois plus fréquente en Europe de
l'Est et en Asie centrale
Dans
certaines régions de l'Europe orientale et de l'Asie centrale, les malades ont
une probabilité dix fois plus grande de présenter une tuberculose à bacilles multirésistants (TB-MR) que dans
le reste du monde, selon un rapport de l'Organisation mondiale de la Santé
(OMS) sur cette maladie infectieuse mortelle. L'Afrique du Sud, la Chine,
l'Equateur et Israël sont également concernés.
Les
nouvelles données publiées aujourd'hui confirment des concentrations
géographiques de la pharmacorésistance de la
tuberculose dans la Communauté des Etats indépendants. Avec jusqu'à 14% des nouveaux
patients présentant une pharmacorésistance,
l'Estonie, le Kazakhstan, la Lettonie, la Lituanie, certaines zones de la
Fédération de Russie et l'Ouzbékistan sont six des dix régions préoccupantes
dans le monde.
"La
pharmacorésistance de la tuberculose pose un problème
urgent de santé publique dans les pays issus de l'ancienne Union
soviétique," explique le docteur Mario Raviglione,
Directeur à l'OMS du département Halte à la tuberculose. "Chaque pays a
intérêt à soutenir un renforcement massif et rapide de la lutte
antituberculeuse si nous voulons résoudre le problème de la TB-MR.
Seul un investissement mondial en matière de prévention y parviendra."
Les
experts de l'OMS sur les maladies infectieuses estiment à 300000 le nombre
annuel de cas de TB-MR dans le monde.
De
nouvelles informations permettent d'affirmer que les souches deviennent de plus
en plus résistantes et qu'elles ne réagissent plus aux traitements actuels.
Désormais, 79% des cas de TB-MR sont dus à des
"super souches" résistantes au moins trois des quatre principaux
médicaments utilisés pour traiter la tuberculose.
Développer de nouveaux antituberculeux
Les
plus forts taux de prévalence de la TB-MR se
juxtaposent aux taux de croissance les plus élevés du monde pour l'infection à
VIH en Europe de l'Est et en Asie centrale. Le Programme des Nations Unies pour
le développement a signalé récemment que plus de 1,5 million de personnes
étaient séropositives dans la région, contre seulement 30000 en 1995. La
défaillance du système immunitaire provoquée par le VIH multiplie la
probabilité de contracter toutes les formes de tuberculose.
Certains
succès ont été enregistrés depuis la dernière étude, il y a quatre ans, en
particulier à Cuba, à Hongkong et aux Etats-Unis. Dans ces pays, les taux ont
baissé gràce à des stratégies antituberculeuses
énergiques et soutenues dans la durée.
Selon
le rapport, "la stratégie DOTS est la plus efficace pour éviter
l'apparition de pharmacorésistances". Il s'agit
de la stratégie thérapeutique reconnue au niveau international et connue pour
veiller à ce que les malades prennent correctement leurs médicaments.
Dans
les pays les plus touchés, des programmes novateurs "DOTS Plus" sont
mis en place pour diagnostiquer et traiter efficacement les cas résistants. sans réserve la lutte pour éradiquer la tuberculose pharmacorésistante.
Il faut
aussi d'urgence rechercher et développer de nouveaux antituberculeux pour
raccourcir la durée du traitement et lutter contre les souches résistantes.
"Plus
nous enquêtons, plus nous trouvons de TB-MR",
reconnaît l'auteur principal d'un rapport sur ce sujet, le docteur Mohamed
Aziz. "On a retrouvé des cas multirésistants
dans presque toutes les régions que nous avons étudiés. Mais on ignore toujours
la véritable charge du phénomène qui pourrait être plus élevée dans les régions
où nous n'avons pas enquêté. Il faut donc développer pleinement la surveillance
des pharmacorésistances."
Lu dans la presse étrangère
Comores : 13 députés élus au premier
tour d'un scrutin "régulier"
Sept
candidats dont cinq du camp de l'Union des Comores ont été élus sur l'île de Ndzuwani, l'une des trois îles autonomes de l'Union avec Mlwali et Ngazidja, selon la Commission nationale
électorale indépendante (CNEI). Soixante-quatorze candidats étaient en
compétition pour 25 sièges à pourvoir à Ndzuwani.
A Mwali, deux candidats ont été élus au premier tour.
Trente-trois candidats y étaient en lice pour 10 sièges. A Ngazidja, quatre
candidats de la coalition d'opposition soutenant le président de l'île, Abdou Soulé Elbak, contre le président
de l'Union des Comores, le colonel Azali Assoumani, ont été élus au premier tour, avait annoncé
lundi le porte-parole de Elbak.
Tous
ces résultats sont provisoires et doivent être validés par la commission
d'homologation, réunie depuis hier matin pour délibérer.
Les
observateurs de l'UA, venus d'Afrique du Sud, du
Bénin, de Madagascar, du Kenya et de Tunisie, ont estimé que le premier tour
des élections s'était déroulé dans des "conditions de régularité
normale", mais a invité les autorités locales à améliorer leur logistique,
dans un communiqué diffusé lundi soir. Ils ont également fait état de
"l'existence de quelques imperfections dans l'établissement des listes
électorales".
Des
problèmes logistiques ont entraîné des retards à l'ouverture des bureaux dans
plusieurs circonscriptions, en particulier à Moroni la capitale, selon l'UA. Elle a encouragé la CNEI à corriger ces imperfections
avant le second tour, dimanche 21 mars.
"Aucun
incident majeur ayant pu entraîner la suspension ou l'arrêt définitif des
opérations électorales n'a été observé", ont souligné les observateurs.
La
commission d'homologation doit annoncer les résultats officiels aujourd'hui au
plus tard, selon la CNEI. Elle doit examiner
"une vingtaine de réclamations tout au plus" déposées "sur
l'ensemble du territoire", a-t-on précisé à l'UA.
Clicanou (La Réunion)
Mahamoud Soidiki &
Said Abdou Salime :
Candidat et suppléant indépendants de la
première circonscription
Le
premier tour des élections législatives de l'île autonome de Ngazidja a eu lieu
le 14 mars 2004 conformément au calendrier fixé par la CNEI à l'issu de
l'Accord de Beït-Salam en date du 20 décembre 2003.
Toutefois,
ce premier tour de ces élections s'est déroulé dans des conditions des plus
chaotiques et demeurent entachés de grossières irrégularités :
Grossières
irrégularités :
- le
travail de toilettage des listes électorales a été fait dans des conditions des
plus opaques ;
- la
représentativité des parties prenantes au scrutin a fait cruellement défaut
dans ce travail, au nom d'une bipolarisation autorités Ile-Union,
fondée sur une interprétation tendancieuse de l'accord du 20 décembre 2003,
faisant la part belle à la représentation des deux pouvoirs constitués, en
conflit larvé de compétences ;
- le
manque de transparence au niveau de ce travail a permis la soustraction
frauduleuse d'un nombre important d'électeurs, des transferts complaisants et
fantaisistes, des radiations on fondées. C'est ainsi que le bureau de Hankounou II, à titre d'exemple, s'est trouvé avec une
liste électorale ramenée à 400 inscrits alors que la liste-mère
comportait plus de 800 inscrits ;
-
confection frauduleuse et distribution de nouvelles cartes électorales
(contrairement à ce qui a été officiellement annoncé par la CNEI) ;
- saut
injustifié de numéros d'ordre sur les listes électorales ;
-
subtilisation des lites électorales et refus de les diffuser, et leur
confiscation par les seules autorités de l'île et de l'Union ;
- non-affichage des listes électorales au moins 24 heures
avant la tenue du scrutin ;
-
défaut de cachet de la CNEI sur certaines listes électorales ;
- non
acheminement du matériel électoral en temps et en heure ;
-
ouverture tardive conséquente des bureaux de vote, entre 10 heures et 14 heures
selon le cas, sans que le retard accusé soit répercuté
sur l'heure de fermeture ;
-
existence de deux listes des membres de bureaux de vote, dont une primaire radiodiffusée et une secondaire comportant des
modifications à la suite de réclamations. Cette dernière n'ayant pas été
diffusée, ni communiquée à qui de droit, a jouté à la confusion générale du
scrutin ;
-
clôture simultanée des bureaux de vote à 18 heures sans tenir compte du retard
à l'ouverture ;
-
absence de réaction de la CNEI face aux réclamations des candidats contre
certains agissements contraires au code électoral ;
-
ineptie et complaisance de l'instance de supervision électorale
-
légèreté et peu de sérieux de la CNEI et la collusion d'intérêts de ses
membres, le tout traduit par la réduction de tout candidat hors confrontation, Ile-Union, à une quantité négligeable, sans réelle
représentativité
-
défaut du bulletin vert de notre candidature dans certains bureaux, et
l'épuisement du même bulletin dans d'autres, sans incidence en terme de vote ;
-
égarement, pour le moins bizarre, de procès verbaux pourtant remis à la CNEI (HankounouII par exemple ;
Désintérêts des Wangazidja
De ces
élections, il ressort que les Wangazidjas semblent
s'être désintéressés du scrutin du 14 mars 2004. Les abstentionnistes
avoisinent les 60 % à l'échelle de l'île et plus de 70 % dans la première
circonscription pour l'ensemble du corps électoral. Les abstentionnistes
constituent ainsi et de loin le premier parti des Comores. Ce manque d'intérêt
n'est pas traditionnel pour des élections législatives. La nouvelle Union des
Comores et ses institutions apparaissent bien lointaines et sont souvent
incomprises par beaucoup de nos compatriotes. La multiplication des listes
indépendantes encouragées par la bipolarisation Union-Mdjidjenjo
autant que par une frénésie d'ambitions personnelles contribuent à la
perception dérisoire par les électeurs de l'enjeu du scrutin législatif. Nous
ne pouvons pas nous satisfaire d'un tel état d'esprit. Car il se pourrait que
la démocratie meurt de l'indifférence des citoyens,
qui par leur passivité se seraient transformés en des spectateurs d'une vie
politique de plus en plus extérieure à leur monde et à leur préoccupations.
Union des Comores et Ngazidja, le
véritable enjeu
Les
élections du 14 mars 2004, comme toutes les élections, dont aucune ne doit être
négligée, ont un enjeu. Et c'est à nous de le rappeler en priorité. Cet enjeu
ne consistait pas à savoir dès le soir du 14 mars, quelle formation, quelle
personnalité, quelle coterie se seront assurées d'une
bonne position pour les échéances suivantes, différentes dans leurs modalités
comme dans leurs finalités.
Le
véritable enjeu est la nouvelle Union des Comores et, par conséquent, Ngazidja
dans laquelle nous vivons. A l'heure où cette présente déclaration est faite,
les premiers résultats et les analyses qui découlent de ce scrutin ne sont ni
brillants ni encourageants. Ils ne sont
exaltants ni pour le pouvoir de l'Union, ni pour l'île, au vu des moyens
mobilisés.
Le
chiffre le plus attristant est celui de l'abstention, grossi par le rejet de
nombreux électeurs qui se sont pourtant présentés pour voter. Que tant de
Comoriens aient préféré vaquer à leurs occupations traditionnelles du dimanche,
rester chez soi, regarder la télévision, jouer aux cartes et au domino à
l'ombre du badamier, plutôt que d'accomplir leur devoir électoral de citoyen,
ne fait que confirmer, malheureusement, la distance inquiétante que prennent
nos compatriotes vis-à-vis de la chose publique. Les abstentionnistes n'auront
pas le droit de se plaindre, en voyant l'incompétence au pouvoir dans leur
quartier, le profil mineur de leur représentation, en voyant leurs intérêts
bafoués. Sans l'avoir voulu, ils auront donné à ces partis politiques tant
décriés un encouragement à continuer plus avant encore vers l'impasse.
En hommes libres et indépendants
Nous ne
saurions clore cette déclaration sans adresser nos chaleureux remerciements aux
électrices et aux électeurs qui nous ont exprimé leur confiance en votant pour
notre candidature, à l'occasion de ce premier tour.
Comme
ces électeurs, nous continuons à croire que tout n'est pas perdu, que l'espoir
est permis. Mais qu'il faut continuer à ouvrir l'autre voie, d'autres
alternatives, contribuer à faire renaître l'espérance, à construire l'avenir.
La mobilisation manifestée à l'occasion de ce scrutin interpelle nos
responsabilités communes sur la suite à donner face aux dangers qui guettent
notre pays.
Sur les
deux candidats qui restent en lice, nous
voulons seulement leur citer un vers du poète René Char : ''Impose ta chance,
sert ton bonheur et va vers ton risque''.
A
celles et à ceux qui ont voté en notre faveur, nous rappelons que nous nous
sommes présentés à vous en hommes libres et indépendants. Vous avez été libres
dans l'expression de votre suffrage. Nous n'entendons pas vous aliéner votre
précieuse liberté dans le jeu politique stérile du moment.
Aussi, ne donnons-nous aucune consigne de vote ni en
faveur de l'un ni en faveur de l'autre des deux candidats restés en lice. Tel
est le gage de notre sincère indépendance affirmée au cours de la campagne
électorale et fermement réaffirmée ici à l'occasion du deuxième tour du 21 mars
2004.
Déclaration
faite à Moroni,
le 18 mars 2004