EDITION ELECTRONIQUE N°233
Le Sam Son
n'était pas assuré
Nous
sommes en mesure d'affirmer que le Sam Son, qui a coulé avec probablement près
de deux cents passagers' n'était pas assuré. Son assurance a expiré le 22
octobre 2003. L'armateur JAG Marine avait entamé les démarches de
renouvellement de l'assurance du navire une semaine avant le naufrage.
Il
s'est écoulé quatre mois depuis l'expiration de l'assurance qui avait été
souscrite auprès de CTI Aassurance, un assureur
comorien placé chez SEN Ré à Dakar, une société sénégalaise. Le Sam Son aurait
donc continué à naviguer durant quatre mois en transportant des passagers sans
être assuré. Du temps où M. Joulette JAG Nadishe avait assuré
son navire, il payait une prime annuelle de 1,5 millions de francs comoriens,
une somme modique pour un navire qui transportait officiellement 115 personnes.
Il
semble, par ailleurs, que le Sam Son qui avait été mis à l'eau en 1967 était
bon pour la casse. Il présentait de nombreuses anomalies au niveau de la coque
comme des moteurs. Malgré tout, l'armateur réussissait toujours à obtenir un
permis de navigation délivré par la direction des Affaires maritimes
comoriennes. Sur quelle base a-t-on fourni le certificat de sécurité et le
permis de navigabilité? Qui effectuait les visites techniques ?
Autant
d'interrogations que doit éclaircir l'enquête. Les familles des victimes ainsi
que le peuple comorien veulent savoir la vérité. Les coupables doivent être
poursuivis.
Sam Son : Des familles de victimes
portent plainte
Une plainte pour non-assistance à personne en danger
A
Madagascar, Saïd Larifou est mandaté par 25 familles
de victimes comoriennes, malgaches et françaises ayant perdu des proches lors
du naufrage du ferry. ''Lors de vérifications techniques précédant son départ
des Comores, des réserves avaient été émises sur les capacités de navigation du
Sam Son. Je ne comprends pas que l'on ait laissé ce ferry prendre la mer, et ce
d'autant plus que deux pannes successives de moteur ont été signalées après son
départ d'Anjouan'' a déclaré l'avocat.
Le
bateau, avec 120 personnes à son bord, devait rallier Moroni à Mahajanga, sur
la côte nord-ouest de Madagascar. Il a sombré corps et biens, alors que le
cyclone Gafilo sévissait sur cette partie de la
Grande île. "Ce que j'ai vu sur les côtes de Mahajanga, près du lieu où a
sombré le Samson, est très difficile à soutenir", a confié l'avocat.
"Une dizaine de cadavres, dont plusieurs non identifiés, étaient étendus
sur une plage. Ils ont été mis dans des sacs et enterrés dans des fosses
communes. J'ai également vu de nombreuses familles veiller sur la côte en
espérant que les vagues allaient rendre les corps de leurs proches. C'était
vraiment terrible''.
Négligences
Devant
ces situations de détresse, Saïd Larifou refuse de
jeter la pierre à l'État malgache, bien au contraire : ''J'ai remercié
publiquement les autorités malgaches pour ce qu'elles ont accompli avec les
faibles moyens dont elles disposent".
L'avocat
saint-pierrois place aujourd'hui son action sous deux
aspects : l'un est humanitaire, et se traduit par un appel à la solidarité
internationale lancé en faveur des sinistrés. L'autre est judiciaire puisque,
selon lui, plusieurs négligences ont été commises : ''Lors de vérifications
techniques précédant son départ des Comores, des réserves avaient été émises
sur les capacités de navigation du Sam Son. Je ne comprends pas que l'on ait
laissé ce ferry prendre la mer, et ce d'autant plus que deux pannes successives
de moteur ont été signalées après son départ d'Anjouan''.
L'autre
pomme de discorde concerne le nombre exact des victimes : "Les chiffres
officiels avancent 120 disparus, mais nous savons que de nombreuses personnes
ne se trouvaient pas sur la liste des passagers''. Une plainte a donc été
déposée auprès du tribunal de Mahajanga pour non-assistance à personne en
danger. "Cette procédure ne vise absolument pas l'État malgache, mais
demande seulement que la lumière soit faite sur ce drame", souligne Saïd Larifou.
Source : Clicano
Vers le second tour des législatives des
îles : La tendance du premier tour devrait se confirmer sur les trois îles
A
Ngazidja, à Mwali comme à Ndzuwani,
il y a de fortes chances qu'à l'issue du second les représentants des pouvoirs
élus des îles obtiennent la majorité dans les assemblées. Même si, dans certains
endroits, ils auront fort à faire face aux candidats proches du colonel Azaki ou de son ministre de la Défense et, parfois, aux
indépendants.
A
l'heure où nous bouclons cette édition, la Commission d'Homologation n'a
toujours pas rendu public les résultats du premier tour. Mais, on peut tout de
même affirmer que le chiffre de 14
déclarés élus ne devrait pas changer. A Ngazidja, on devrait rester sur les
quatre élus annoncés par la Commission nationale électorale. A savoir, trois Mdjindjengo et un pour la mouvance Azali.
A Mwali également les deux élus proches du président Fazul devraient être confirmés. Sur cette île, il y aura
trois duels Fazul-Boléro, trois duels
Opposition-Boléro et deux duels Fazul-Hassanali.
Le clan Fazul et la
coalition autour de Mohamed Hassanali ont conclu un
accord de soutien mutuel, un front pour barrer la route au ministre de la
Défense, Hamadi Madi
Boléro.
Au
niveau de cette île, la coalition Fazul-Hassanali
devrait obtenir la majorité. Sur les huit sièges en ballottage, le clan Boléro
peut, au mieux, espérer en remporter trois (Fomboni-Mdjimbiya,
Bandar Salama-Djwaezi et Djando II).
A Ndzuani, les huit annoncés élus au premier tour - six
proches du président de l'île, Mohamed Bacar, et deux
indépendants-, vont probablement être confirmés.
Il
semble que c'est, surtout, au niveau des admis au second tour à Mutsamudu que
des problèmes sérieux se posent. Les deux candidats de Mohamed Bacar sont éliminés dès le premier tour. Dans la
circonscription de Hamumbu, le centre ville de la
capitale de l'île, c'est le candidat Bacar Abdou de
l'opposition qui arrive en tête, suivi d'Abdoul Anziz,
un indépendant qui a fait sa campagne sur la dénonciation de la corruption au
sein du pouvoir.
Dans
l'autre circonscription de Shitsangani, c'est un
indépendant, Youssouf Combo, qui est en première position avec 44%, suivi de la
candidate Sitti-Mariama Nadhoiri,
une proche d'Azali qui a engrangé 29% des suffrages.
La bataille de Mutsa...
Le
pouvoir anjouanais voudrait voir annuler le bureau de vote de Shitangani II pour permettre à son candidat, Miftahou Youssouf, arrivé en troisième position de figurer
au second tour. Très impopulaire à Mutsamudu, le pouvoir Mohamed Bacar fait tout pour avoir un élu dans la capitale anjouannaise.
A Ouani également, le pouvoir semble rencontrer de sérieux
problèmes. Surtout depuis que le divorce a été consommé entre l'extrémiste
Abdallah Mohamed, originaire de cette ville, et le président Bacar. Au second tour, le candidat du pouvoir risque de se
trouver en position difficile face à un candidat soutenu par le colonel Azali.
Le
second tour s'annonce très serré dans la plupart des
circonscriptions anjouannaises qui restent à
pourvoir. Mais, au total, Mohamed Bacar devrait
arriver une majorité a peu près confortble.
A
Ngazidja, la mouvance Azali doit tenter de limiter la
casse. Dans la plupart des sièges à pourvoir la coalition Mdjidjungo
est en ballottage favorable. Arithmétiquement, dans le Mitsamihuli,
le Badjini ou
l'Itsandra, elle bénéficie d'un total de voix qui
devrait normalement lui assurer la victoire. L'élection de Fundi
Maoulida à Moroni-Nord, celle de Youssouf Said dans
le Bude ou celle de Sinani
dans le Pimba, qui ont raté de peu leur élection dès
le premier tour, ne devrait pas poser de gros problèmes. De son côté, la
mouvance Azali peut espérer remporter le Hambu, le Hamahamet-M'Béni et
peut-être le Bwanku.
A moins
d'un miracle, la tendance du premier tour devrait se confirmer dimanche
prochain dans les trois îles.
Rapport de l'Observatoire national sur
le 1er tour à Ngazidja
De nombreuses recommandations
L'Observatoire
pense que pour le second tour il faut notamment améliorer le dispositif de
supervision (tournées et visites dans les bureaux) de la CNEI et la mise en
place des moyens de communication supplémentaires qui permettent d'instaurer un
contact permanent entre la sous préfecture et les bureaux de vote ainsi que le
renforcement de la sécurisation des bureaux de vote et de l'acheminement des
résultats.
L'Observatoire
national des élections a rendu public, hier, son rapport sur le premier tour du
scrutin. Intitulé ''Observation du premier tour des législatives de l'île autonome de Ngazidja'', ce document de
trente-huit pages traite différents aspects des élections : du contexte
politique, du cadre juridique, du calendrier, de l'observation des élections,
avant le scrutin et le jour du vote, des difficultés rencontrées. Il fait une
''évaluation générale et des recommandations''.
Dans
cette évaluation, l'observatoire estime que la présence des observateurs
nationaux a contribué à rendre'sereine et équitable les opérations de vote et à
instaurer un climat de confiance. Elle a permis aussi d'accroître la confiance
de la population dans les élections''. Les électeurs auraient fait preuve de
''civisme en votant dans le calme et la discipline'' et les membres des bureaux
de vote ont accompli leur mission avec ''sérieux et abnégation''.
Il
considère que le scrutin s'est déroulé dans des conditions acceptables avec,
toutefois, des irrégularités qui n'ont pas été de nature à affecter de façon
significative l'intégrité du processus
électoral.''
Prévoir des lampes
La
mission nationale d'observation estime,
par conséquent, que ''le 1er tour a répondu sur l'île de Ngazidja a aux
critères d'un scrutin libre et
transparent'' Elle souhaite, à cet
effet, ''la correction des irrégularités constatées lors du premier tour afin
d'assurer un meilleur déroulement au second tour et une bonne acceptation des
résultats qui en seront issus''.
Elle
dit avoir pris connaissance du communiqué de presse de la mission d'observation
de l'Union africaine conduite par l'ancien premier ministre et ancien président
de la haute cour constitutionnelle malgache, Ratsirahonana
Norbert. Cette mission a estimé que les législatives des îles ''se sont
déroulées dans leur ensemble dans des conditions de régularités acceptables''.
La
mission nationale fait pour terminer des recommandations aux organisateurs du
scrutins à savoir, entre autres, : transmettre aux bureaux de vote des listes électorales
identiques en quantité suffisante,
cachetées par la CNEI pour permettre l'affichage de ces listes; fourniture complète du
matériel électoral (bulletins, extraits de procès verbaux, cires, cadenas pour
les urnes, lampes. Elle insiste sur l'élévation de la fréquence de supervision
(tournées et visites dans les bureaux) de la CNEI et des gendarmes et la mise
en place des moyens de communication supplémentaires qui permettent d'instaurer
un contact permanent entre la sous préfecture et les bureaux de vote et le
renforcement de la sécurisation des bureaux de vote et de l'acheminement des
résultats.
Compte
rendu,
Mmadi Moindjié
60è session de la Commission des droits
de l'homme des Nations-Unies
La mascarade continue de plus belle
Cuba et
la Chine sont les deux plus grandes prisons du monde pour les journalistes,
l'Arabie saoudite est un véritable royaume de la censure et le Zimbabwe met
tout en oeuvre pour réduire à néant la presse indépendante. Tous siègent à la
Commission des droits de l'homme des Nations-Unies. Ils sont les exemples les
plus frappants de ce système absurde où des Etats sont à la fois juges et parties.
Vingt
cinq Etats qui siègent à la Commission n'ont même pas ratifié les textes qu'ils
sont chargés de faire respecter.
Du 15
mars au 23 avril 2004, se tient à Genève la 60è session de la Commission des
droits de l'homme des Nations-Unies. Après le scandale provoqué, l'an passé,
par la nomination de la Libye à sa présidence, cette commission a perdu toute
crédibilité.
Cette
année, parmi les 53 Etats qui y siègent et sont chargés de faire respecter
pactes, conventions et autres traités sur les droits de l'homme, 25 n'ont même
pas ratifié l'ensemble de ces textes.
Juges et parties
C'est
un peu comme si l'on demandait à des voleurs de présider un tribunal et de
juger d'autres malfrats.
Reporters
sans frontières a réalisé une campagne de presse, parue hier dans un journal
suisse, pour dénoncer cette mascarade. L'organisation pointe notamment du doigt
les cas de l'Arabie saoudite, de la Chine, de Cuba et du Zimbabwe. Ces quatre
pays sont parmi les plus répressifs au monde en matière de liberté
d'expression.
Cuba et
la Chine sont les deux plus grandes prisons du monde pour les journalistes,
l'Arabie saoudite est un véritable royaume de la censure et le Zimbabwe met
tout en oeuvre pour réduire à néant la presse indépendante. Tous siègent à la
Commission des droits de l'homme des Nations-Unies. Ils sont les exemples les
plus frappants de ce système absurde où des Etats sont à la fois juges et parties.
Il est
urgent de réformer en profondeur cette commission. Déjà, en 2003, Reporters
sans frontières avait adressé un certain nombre de recommandations aux
Nations-Unies et à plusieurs Etats. L'organisation avait notamment proposé que
seuls siègent à la commission les pays qui ont ratifié l'ensemble des
instruments internationaux des droits de l'homme. Reporters sans frontières
avait également demandé la suppression des motions de non-action, qui empêchent
tout débat sur des pays qui violent massivement les droits de l'homme.
Louise Arbour
succède à Sergio Viera de Mello au poste de haut commissaire
Ancienne
procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), la
Canadienne Louise Arbour a été nommée, le 20 février
2004, haut commissaire des Nations-Unies pour les droits de l'homme, en
remplacement de Sergio Vieira de Mello,
tué le 19 août 2003, lors de l'attaque terroriste menée contre le siège des
Nations unies à Bagdad. Le haut commissariat, établi à Genève, était dirigé
depuis septembre 2003 par l'adjoint de Vieira de Mello,
Bertrand Ramcharan.
Louise Arbour, juge à la Cour suprême du Canada depuis 1999 - est
diplômée en droit de l'université de Montréal.
En mai
1999, l'inculpation du président yougoslave, Slobodan Milosevic, avait fait de
cette petite femme énergique, née à Montréal en février 1947, une célébrité
internationale.
Louise Arbour aura besoin de toutes ses qualités pour ce poste qui
consiste à prendre des coups de tous les côtés : que ce soit de certains Etats
qui veulent faire silence sur leurs méthodes brutales, soit des ONG qui, au
contraire, estiment qu'un haut commissaire aux droits de l'homme doit dénoncer
haut et fort la répression des libertés fondamentales.
Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International, organisations de défense des droits
de l'homme, se sont félicitées du choix du secrétaire général. HRW a souligné
que Mme Arbour prend ses fonctions à un moment
"particulièrement difficile", la Commission des droits de l'homme
comptant elle-même "quelques-uns des pires adversaires" des libertés
individuelles. L'organisation souhaite que Mme Arbour
essaie d'obtenir la création d'un mécanisme indépendant pour "contrôler la
façon dont les gouvernements utilisent la guerre contre le terrorisme comme une
excuse pour affaiblir les droits de l'homme".
Louise Arbour va prendre les rênes d'un Haut Commissariat aux
droits de l'homme dans un moment crucial: entre la sale guerre de Tchétchénie
conduite par l'armée russe, les libertés prises par l'administration Bush avec
les Conventions de Genève à Guantanamo, la dégradation des libertés civiles et
politiques dans certaines républiques de l'ex-Asie soviétique, la situation
plus que préoccupante dans plusieurs pays africains... Louise Arbour aura du pain sur la planche. (Le Temps, Genève).
Tuberculose pharmacorésistante
Dix fois plus fréquente en Europe de
l'Est et en Asie centrale
Dans
certaines régions de l'Europe orientale et de l'Asie centrale, les malades ont
une probabilité dix fois plus grande de présenter une tuberculose à bacilles multirésistants (TB-MR) que dans le reste du monde, selon
un rapport de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur cette maladie
infectieuse mortelle. L'Afrique du Sud, la Chine, l'Equateur et Israël sont également concernés.
Les nouvelles
données publiées aujourd'hui confirment des concentrations géographiques de la pharmacorésistance de la tuberculose dans la Communauté des
Etats indépendants. Avec jusqu'à 14% des nouveaux patients présentant une pharmacorésistance, l'Estonie, le Kazakhstan, la Lettonie,
la Lituanie, certaines zones de la Fédération de Russie et l'Ouzbékistan sont
six des dix régions préoccupantes dans le monde.
"La
pharmacorésistance de la tuberculose pose un problème
urgent de santé publique dans les pays issus de l'ancienne Union
soviétique," explique le docteur Mario Raviglione,
Directeur à l'OMS du département Halte à la tuberculose. "Chaque pays a
intérêt à soutenir un renforcement massif et rapide de la lutte
antituberculeuse si nous voulons résoudre le problème de la TB-MR. Seul un
investissement mondial en matière de prévention y parviendra."
Les
experts de l'OMS sur les maladies infectieuses estiment à 300000 le nombre
annuel de cas de TB-MR dans le monde.
De
nouvelles informations permettent d'affirmer que les souches deviennent de plus
en plus résistantes et qu'elles ne réagissent plus aux traitements actuels.
Désormais, 79% des cas de TB-MR sont dus à des "super souches"
résistantes au moins trois des quatre principaux médicaments utilisés pour
traiter la tuberculose.
Développer de nouveaux antituberculeux
Les
plus forts taux de prévalence de la TB-MR se juxtaposent aux taux de croissance
les plus élevés du monde pour l'infection à VIH en Europe de l'Est et en Asie
centrale. Le Programme des Nations Unies pour le développement a signalé
récemment que plus de 1,5 million de personnes étaient séropositives dans la
région, contre seulement 30000 en 1995. La défaillance du système immunitaire
provoquée par le VIH multiplie la probabilité de contracter toutes les formes
de tuberculose.
Certains
succès ont été enregistrés depuis la dernière étude, il y a quatre ans, en
particulier à Cuba, à Hongkong et aux Etats-Unis. Dans ces pays, les taux ont
baissé gràce à des stratégies antituberculeuses
énergiques et soutenues dans la durée.
Selon
le rapport, "la stratégie DOTS est la plus efficace pour éviter
l'apparition de pharmacorésistances". Il s'agit de la stratégie
thérapeutique reconnue au niveau international et connue pour veiller à ce que
les malades prennent correctement leurs médicaments.
Dans
les pays les plus touchés, des programmes novateurs "DOTS Plus" sont
mis en place pour diagnostiquer et traiter efficacement les cas résistants. sans réserve la lutte pour éradiquer la tuberculose pharmacorésistante.
Il faut
aussi d'urgence rechercher et développer de nouveaux antituberculeux pour
raccourcir la durée du traitement et lutter contre les souches résistantes.
"Plus
nous enquêtons, plus nous trouvons de TB-MR", reconnaît l'auteur principal
d'un rapport sur ce sujet, le docteur Mohamed Aziz. "On a retrouvé des cas
multirésistants dans presque toutes les régions que
nous avons étudiés. Mais on ignore toujours la véritable charge du phénomène
qui pourrait être plus élevée dans les régions où nous n'avons pas enquêté. Il
faut donc développer pleinement la surveillance des pharmacorésistances."
Lu dans la presse étrangère
Comores : 13 députés élus au premier
tour d'un scrutin "régulier"
Sept
candidats dont cinq du camp de l'Union des Comores ont été élus sur l'île de Ndzuwani, l'une des trois îles autonomes de l'Union avec Mlwali et Ngazidja, selon la Commission nationale
électorale indépendante (CNEI). Soixante-quatorze candidats étaient en
compétition pour 25 sièges à pourvoir à Ndzuwani.
A Mwali, deux candidats ont été élus au premier tour.
Trente-trois candidats y étaient en lice pour 10 sièges. A Ngazidja, quatre
candidats de la coalition d'opposition soutenant le président de l'île, Abdou Soulé Elbak, contre le président
de l'Union des Comores, le colonel Azali Assoumani, ont été élus au premier tour, avait annoncé
lundi le porte-parole de Elbak.
Tous
ces résultats sont provisoires et doivent être validés par la commission
d'homologation, réunie depuis hier matin pour délibérer.
Les
observateurs de l'UA, venus d'Afrique du Sud, du Bénin, de Madagascar, du Kenya
et de Tunisie, ont estimé que le premier tour des élections s'était déroulé
dans des "conditions de régularité normale", mais a invité les
autorités locales à améliorer leur logistique, dans un communiqué diffusé lundi
soir. Ils ont également fait état de "l'existence de quelques
imperfections dans l'établissement des listes électorales".
Des
problèmes logistiques ont entraîné des retards à l'ouverture des bureaux dans
plusieurs circonscriptions, en particulier à Moroni la capitale, selon l'UA.
Elle a encouragé la CNEI à corriger ces imperfections avant le second tour,
dimanche 21 mars.
"Aucun
incident majeur ayant pu entraîner la suspension ou l'arrêt définitif des
opérations électorales n'a été observé", ont souligné les observateurs.
La
commission d'homologation doit annoncer les résultats officiels aujourd'hui au
plus tard, selon la CNEI. Elle doit examiner "une vingtaine de
réclamations tout au plus" déposées "sur l'ensemble du
territoire", a-t-on précisé à l'UA.
Clicanou (La Réunion)
Mahamoud Soidiki &
Said Abdou Salime :
Candidat et suppléant indépendants de la
première circonscription
Le
premier tour des élections législatives de l'île autonome de Ngazidja a eu lieu
le 14 mars 2004 conformément au calendrier fixé par la CNEI à l'issu de
l'Accord de Beït-Salam en date du 20 décembre 2003.
Toutefois,
ce premier tour de ces élections s'est déroulé dans des conditions des plus
chaotiques et demeurent entachés de grossières irrégularités :
Grossières
irrégularités :
- le
travail de toilettage des listes électorales a été fait dans des conditions des
plus opaques ;
- la
représentativité des parties prenantes au scrutin a fait cruellement défaut
dans ce travail, au nom d'une bipolarisation autorités Ile-Union,
fondée sur une interprétation tendancieuse de l'accord du 20 décembre 2003,
faisant la part belle à la représentation des deux pouvoirs constitués, en
conflit larvé de compétences ;
- le
manque de transparence au niveau de ce travail a permis la soustraction
frauduleuse d'un nombre important d'électeurs, des transferts complaisants et
fantaisistes, des radiations on fondées. C'est ainsi que le bureau de Hankounou II, à titre d'exemple, s'est trouvé avec une
liste électorale ramenée à 400 inscrits alors que la liste-mère comportait plus
de 800 inscrits ;
-
confection frauduleuse et distribution de nouvelles cartes électorales
(contrairement à ce qui a été officiellement annoncé par la CNEI) ;
- saut
injustifié de numéros d'ordre sur les listes électorales ;
-
subtilisation des lites électorales et refus de les diffuser, et leur
confiscation par les seules autorités de l'île et de l'Union ;
-
non-affichage des listes électorales au moins 24 heures avant la tenue du
scrutin ;
-
défaut de cachet de la CNEI sur certaines listes électorales ;
- non
acheminement du matériel électoral en temps et en heure ;
-
ouverture tardive conséquente des bureaux de vote, entre 10 heures et 14 heures
selon le cas, sans que le retard accusé soit répercuté
sur l'heure de fermeture ;
-
existence de deux listes des membres de bureaux de vote, dont une primaire radiodiffusée et une secondaire comportant des
modifications à la suite de réclamations. Cette dernière n'ayant pas été
diffusée, ni communiquée à qui de droit, a jouté à la confusion générale du
scrutin ;
-
clôture simultanée des bureaux de vote à 18 heures sans tenir compte du retard
à l'ouverture ;
-
absence de réaction de la CNEI face aux réclamations des candidats contre
certains agissements contraires au code électoral ;
-
ineptie et complaisance de l'instance de supervision électorale
-
légèreté et peu de sérieux de la CNEI et la collusion d'intérêts de ses
membres, le tout traduit par la réduction de tout candidat hors confrontation, Ile-Union, à une quantité négligeable, sans réelle
représentativité
-
défaut du bulletin vert de notre candidature dans certains bureaux, et
l'épuisement du même bulletin dans d'autres, sans incidence en terme de vote ;
-
égarement, pour le moins bizarre, de procès verbaux pourtant remis à la CNEI (HankounouII par exemple ;
Désintérêts des Wangazidja
De ces
élections, il ressort que les Wangazidjas semblent
s'être désintéressés du scrutin du 14 mars 2004. Les abstentionnistes
avoisinent les 60 % à l'échelle de l'île et plus de 70 % dans la première
circonscription pour l'ensemble du corps électoral. Les abstentionnistes
constituent ainsi et de loin le premier parti des Comores. Ce manque d'intérêt
n'est pas traditionnel pour des élections législatives. La nouvelle Union des Comores
et ses institutions apparaissent bien lointaines et sont souvent incomprises
par beaucoup de nos compatriotes. La multiplication des listes indépendantes
encouragées par la bipolarisation Union-Mdjidjenjo
autant que par une frénésie d'ambitions personnelles contribuent à la
perception dérisoire par les électeurs de l'enjeu du scrutin législatif. Nous
ne pouvons pas nous satisfaire d'un tel état d'esprit. Car il se pourrait que
la démocratie meurt de l'indifférence des citoyens,
qui par leur passivité se seraient transformés en des spectateurs d'une vie
politique de plus en plus extérieure à leur monde et à leur préoccupations.
Union des Comores et Ngazidja, le
véritable enjeu
Les
élections du 14 mars 2004, comme toutes les élections, dont aucune ne doit être
négligée, ont un enjeu. Et c'est à nous de le rappeler en priorité. Cet enjeu
ne consistait pas à savoir dès le soir du 14 mars, quelle formation, quelle
personnalité, quelle coterie se seront assurées d'une
bonne position pour les échéances suivantes, différentes dans leurs modalités
comme dans leurs finalités.
Le
véritable enjeu est la nouvelle Union des Comores et, par conséquent, Ngazidja
dans laquelle nous vivons. A l'heure où cette présente déclaration est faite,
les premiers résultats et les analyses qui découlent de ce scrutin ne sont ni
brillants ni encourageants. Ils ne sont
exaltants ni pour le pouvoir de l'Union, ni pour l'île, au vu des moyens
mobilisés.
Le
chiffre le plus attristant est celui de l'abstention, grossi par le rejet de nombreux
électeurs qui se sont pourtant présentés pour voter. Que tant de Comoriens
aient préféré vaquer à leurs occupations traditionnelles du dimanche, rester
chez soi, regarder la télévision, jouer aux cartes et au domino à l'ombre du
badamier, plutôt que d'accomplir leur devoir électoral de citoyen, ne fait que
confirmer, malheureusement, la distance inquiétante que prennent nos
compatriotes vis-à-vis de la chose publique. Les abstentionnistes n'auront pas
le droit de se plaindre, en voyant l'incompétence au pouvoir dans leur
quartier, le profil mineur de leur représentation, en voyant leurs intérêts
bafoués. Sans l'avoir voulu, ils auront donné à ces partis politiques tant
décriés un encouragement à continuer plus avant encore vers l'impasse.
En hommes libres et indépendants
Nous ne
saurions clore cette déclaration sans adresser nos chaleureux remerciements aux
électrices et aux électeurs qui nous ont exprimé leur confiance en votant pour
notre candidature, à l'occasion de ce premier tour.
Comme
ces électeurs, nous continuons à croire que tout n'est pas perdu, que l'espoir
est permis. Mais qu'il faut continuer à ouvrir l'autre voie, d'autres
alternatives, contribuer à faire renaître l'espérance, à construire l'avenir.
La mobilisation manifestée à l'occasion de ce scrutin interpelle nos
responsabilités communes sur la suite à donner face aux dangers qui guettent
notre pays.
Sur les
deux candidats qui restent en lice, nous
voulons seulement leur citer un vers du poète René Char : ''Impose ta chance,
sert ton bonheur et va vers ton risque''.
A
celles et à ceux qui ont voté en notre faveur, nous rappelons que nous nous
sommes présentés à vous en hommes libres et indépendants. Vous avez été libres
dans l'expression de votre suffrage. Nous n'entendons pas vous aliéner votre
précieuse liberté dans le jeu politique stérile du moment.
Aussi, ne donnons-nous aucune consigne de vote ni en
faveur de l'un ni en faveur de l'autre des deux candidats restés en lice. Tel
est le gage de notre sincère indépendance affirmée au cours de la campagne
électorale et fermement réaffirmée ici à l'occasion du deuxième tour du 21 mars
2004.
Déclaration
faite à Moroni,
le 18 mars 2004