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EDITION ELECTRONIQUE N°233

 

Le Sam Son n'était pas assuré

 

Nous sommes en mesure d'affirmer que le Sam Son, qui a coulé avec probablement près de deux cents passagers' n'était pas assuré. Son assurance a expiré le 22 octobre 2003. L'armateur JAG Marine avait entamé les démarches de renouvellement de l'assurance du navire une semaine avant le naufrage.

Il s'est écoulé quatre mois depuis l'expiration de l'assurance qui avait été souscrite auprès de CTI Aassurance, un assureur comorien placé chez SEN Ré à Dakar, une société sénégalaise. Le Sam Son aurait donc continué à naviguer durant quatre mois en transportant des passagers sans être assuré. Du temps où M. Joulette JAG Nadishe  avait assuré son navire, il payait une prime annuelle de 1,5 millions de francs comoriens, une somme modique pour un navire qui transportait officiellement 115 personnes.

Il semble, par ailleurs, que le Sam Son qui avait été mis à l'eau en 1967 était bon pour la casse. Il présentait de nombreuses anomalies au niveau de la coque comme des moteurs. Malgré tout, l'armateur réussissait toujours à obtenir un permis de navigation délivré par la direction des Affaires maritimes comoriennes. Sur quelle base a-t-on fourni le certificat de sécurité et le permis de navigabilité? Qui effectuait les visites techniques ?

Autant d'interrogations que doit éclaircir l'enquête. Les familles des victimes ainsi que le peuple comorien veulent savoir la vérité. Les coupables doivent être poursuivis.

 

Sam Son : Des familles de victimes portent plainte

 

Une plainte pour  non-assistance à personne en danger

 

A Madagascar, Saïd Larifou est mandaté par 25 familles de victimes comoriennes, malgaches et françaises ayant perdu des proches lors du naufrage du ferry. ''Lors de vérifications techniques précédant son départ des Comores, des réserves avaient été émises sur les capacités de navigation du Sam Son. Je ne comprends pas que l'on ait laissé ce ferry prendre la mer, et ce d'autant plus que deux pannes successives de moteur ont été signalées après son départ d'Anjouan'' a déclaré l'avocat.

Le bateau, avec 120 personnes à son bord, devait rallier Moroni à Mahajanga, sur la côte nord-ouest de Madagascar. Il a sombré corps et biens, alors que le cyclone Gafilo sévissait sur cette partie de la Grande île. "Ce que j'ai vu sur les côtes de Mahajanga, près du lieu où a sombré le Samson, est très difficile à soutenir", a confié l'avocat. "Une dizaine de cadavres, dont plusieurs non identifiés, étaient étendus sur une plage. Ils ont été mis dans des sacs et enterrés dans des fosses communes. J'ai également vu de nombreuses familles veiller sur la côte en espérant que les vagues allaient rendre les corps de leurs proches. C'était vraiment terrible''.

 

Négligences

 

Devant ces situations de détresse, Saïd Larifou refuse de jeter la pierre à l'État malgache, bien au contraire : ''J'ai remercié publiquement les autorités malgaches pour ce qu'elles ont accompli avec les faibles moyens dont elles disposent".

L'avocat saint-pierrois place aujourd'hui son action sous deux aspects : l'un est humanitaire, et se traduit par un appel à la solidarité internationale lancé en faveur des sinistrés. L'autre est judiciaire puisque, selon lui, plusieurs négligences ont été commises : ''Lors de vérifications techniques précédant son départ des Comores, des réserves avaient été émises sur les capacités de navigation du Sam Son. Je ne comprends pas que l'on ait laissé ce ferry prendre la mer, et ce d'autant plus que deux pannes successives de moteur ont été signalées après son départ d'Anjouan''.

L'autre pomme de discorde concerne le nombre exact des victimes : "Les chiffres officiels avancent 120 disparus, mais nous savons que de nombreuses personnes ne se trouvaient pas sur la liste des passagers''. Une plainte a donc été déposée auprès du tribunal de Mahajanga pour non-assistance à personne en danger. "Cette procédure ne vise absolument pas l'État malgache, mais demande seulement que la lumière soit faite sur ce drame", souligne Saïd Larifou.

 

Source : Clicano

 

 

Vers le second tour des législatives des îles : La tendance du premier tour devrait se confirmer sur les trois îles

 

A Ngazidja, à Mwali comme à Ndzuwani, il y a de fortes chances qu'à l'issue du second les représentants des pouvoirs élus des îles obtiennent la majorité dans les assemblées. Même si, dans certains endroits, ils auront fort à faire face aux candidats proches du colonel Azaki ou de son ministre de la Défense et, parfois, aux indépendants.

A l'heure où nous bouclons cette édition, la Commission d'Homologation n'a toujours pas rendu public les résultats du premier tour. Mais, on peut tout de même affirmer que  le chiffre de 14 déclarés élus ne devrait pas changer. A Ngazidja, on devrait rester sur les quatre élus annoncés par la Commission nationale électorale. A savoir, trois Mdjindjengo et un pour la mouvance Azali.

A Mwali également les deux élus proches du président Fazul devraient être confirmés. Sur cette île, il y aura trois duels Fazul-Boléro, trois duels Opposition-Boléro et deux duels Fazul-Hassanali.

Le  clan Fazul et la coalition autour de Mohamed Hassanali ont conclu un accord de soutien mutuel, un front pour barrer la route au ministre de la Défense, Hamadi Madi Boléro.

Au niveau de cette île, la coalition Fazul-Hassanali devrait obtenir la majorité. Sur les huit sièges en ballottage, le clan Boléro peut, au mieux, espérer en remporter trois (Fomboni-Mdjimbiya, Bandar Salama-Djwaezi et Djando II).

A Ndzuani, les huit annoncés élus au premier tour - six proches du président de l'île, Mohamed Bacar, et deux indépendants-, vont probablement être confirmés.

Il semble que c'est, surtout, au niveau des admis au second tour à Mutsamudu que des problèmes sérieux se posent. Les deux candidats de Mohamed Bacar sont éliminés dès le premier tour. Dans la circonscription de Hamumbu, le centre ville de la capitale de l'île, c'est le candidat Bacar Abdou de l'opposition qui arrive en tête, suivi d'Abdoul Anziz, un indépendant qui a fait sa campagne sur la dénonciation de la corruption au sein du pouvoir.

Dans l'autre circonscription de Shitsangani, c'est un indépendant, Youssouf Combo, qui est en première position avec 44%, suivi de la candidate Sitti-Mariama Nadhoiri, une proche d'Azali qui a engrangé 29% des suffrages.

 

La bataille de Mutsa...

 

Le pouvoir anjouanais voudrait voir annuler le bureau de vote de Shitangani II pour permettre à son candidat, Miftahou Youssouf, arrivé en troisième position de figurer au second tour. Très impopulaire à Mutsamudu, le pouvoir Mohamed Bacar fait tout pour avoir un élu dans la capitale anjouannaise.

A Ouani également, le pouvoir semble rencontrer de sérieux problèmes. Surtout depuis que le divorce a été consommé entre l'extrémiste Abdallah Mohamed, originaire de cette ville, et le président Bacar. Au second tour, le candidat du pouvoir risque de se trouver en position difficile face à un candidat soutenu par le colonel Azali.

Le second tour s'annonce très serré dans la plupart des circonscriptions anjouannaises qui restent à pourvoir. Mais, au total, Mohamed Bacar devrait arriver une majorité a peu près confortble.

A Ngazidja, la mouvance Azali doit tenter de limiter la casse. Dans la plupart des sièges à pourvoir la coalition Mdjidjungo est en ballottage favorable. Arithmétiquement, dans le Mitsamihuli, le Badjini  ou l'Itsandra, elle bénéficie d'un total de voix qui devrait normalement lui assurer la victoire. L'élection de Fundi Maoulida à Moroni-Nord, celle de Youssouf Said dans le Bude ou celle de Sinani dans le Pimba, qui ont raté de peu leur élection dès le premier tour, ne devrait pas poser de gros problèmes. De son côté, la mouvance Azali peut espérer remporter le Hambu, le Hamahamet-M'Béni et peut-être le Bwanku.

A moins d'un miracle, la tendance du premier tour devrait se confirmer dimanche prochain dans les trois îles.

 

 

Rapport de l'Observatoire national sur le 1er tour à Ngazidja

De nombreuses recommandations

 

L'Observatoire pense que pour le second tour il faut notamment améliorer le dispositif de supervision (tournées et visites dans les bureaux) de la CNEI et la mise en place des moyens de communication supplémentaires qui permettent d'instaurer un contact permanent entre la sous préfecture et les bureaux de vote ainsi que le renforcement de la sécurisation des bureaux de vote et de l'acheminement des résultats.

L'Observatoire national des élections a rendu public, hier, son rapport sur le premier tour du scrutin. Intitulé ''Observation du premier tour des législatives de l'île  autonome de Ngazidja'', ce document de trente-huit pages traite différents aspects des élections : du contexte politique, du cadre juridique, du calendrier, de l'observation des élections, avant le scrutin et le jour du vote, des difficultés rencontrées. Il fait une ''évaluation générale et des recommandations''.

Dans cette évaluation, l'observatoire estime que la présence des observateurs nationaux  a contribué à rendre'sereine et équitable les opérations de vote et à instaurer un climat de confiance. Elle a permis aussi d'accroître la confiance de la population dans les élections''. Les électeurs auraient fait preuve de ''civisme en votant dans le calme et la discipline'' et les membres des bureaux de vote ont accompli leur mission avec ''sérieux et abnégation''.

Il considère que le scrutin s'est déroulé dans des conditions acceptables avec, toutefois, des irrégularités qui n'ont pas été de nature à affecter de façon significative l'intégrité  du processus électoral.''

 

Prévoir des lampes

 

La mission nationale  d'observation estime, par conséquent, que ''le 1er tour a répondu sur l'île de Ngazidja a aux critères d'un scrutin libre  et transparent'' Elle  souhaite, à cet effet, ''la correction des irrégularités constatées lors du premier tour afin d'assurer un meilleur déroulement au second tour et une bonne acceptation des résultats qui en seront issus''.

Elle dit avoir pris connaissance du communiqué de presse de la mission d'observation de l'Union africaine conduite par l'ancien premier ministre et ancien président de la haute cour constitutionnelle malgache, Ratsirahonana Norbert. Cette mission a estimé que les législatives des îles ''se sont déroulées dans leur ensemble dans des conditions de régularités acceptables''.

La mission nationale fait pour terminer des recommandations aux organisateurs du scrutins à savoir, entre autres, : transmettre  aux bureaux de vote des listes électorales identiques en quantité  suffisante, cachetées par la CNEI pour permettre l'affichage  de ces listes; fourniture complète du matériel électoral (bulletins, extraits de procès verbaux, cires, cadenas pour les urnes, lampes. Elle insiste sur l'élévation de la fréquence de supervision (tournées et visites dans les bureaux) de la CNEI et des gendarmes et la mise en place des moyens de communication supplémentaires qui permettent d'instaurer un contact permanent entre la sous préfecture et les bureaux de vote et le renforcement de la sécurisation des bureaux de vote et de l'acheminement des résultats.

Compte rendu,

Mmadi Moindjié

 

60è session de la Commission des droits de l'homme des Nations-Unies

La mascarade continue de plus belle

 

Cuba et la Chine sont les deux plus grandes prisons du monde pour les journalistes, l'Arabie saoudite est un véritable royaume de la censure et le Zimbabwe met tout en oeuvre pour réduire à néant la presse indépendante. Tous siègent à la Commission des droits de l'homme des Nations-Unies. Ils sont les exemples les plus frappants de ce système absurde où des Etats sont à la fois juges et parties.

Vingt cinq Etats qui siègent à la Commission n'ont même pas ratifié les textes qu'ils sont chargés de faire respecter.

Du 15 mars au 23 avril 2004, se tient à Genève la 60è session de la Commission des droits de l'homme des Nations-Unies. Après le scandale provoqué, l'an passé, par la nomination de la Libye à sa présidence, cette commission a perdu toute crédibilité.

Cette année, parmi les 53 Etats qui y siègent et sont chargés de faire respecter pactes, conventions et autres traités sur les droits de l'homme, 25 n'ont même pas ratifié l'ensemble de ces textes.

 

Juges et parties

 

C'est un peu comme si l'on demandait à des voleurs de présider un tribunal et de juger d'autres malfrats.

Reporters sans frontières a réalisé une campagne de presse, parue hier dans un journal suisse, pour dénoncer cette mascarade. L'organisation pointe notamment du doigt les cas de l'Arabie saoudite, de la Chine, de Cuba et du Zimbabwe. Ces quatre pays sont parmi les plus répressifs au monde en matière de liberté d'expression.

Cuba et la Chine sont les deux plus grandes prisons du monde pour les journalistes, l'Arabie saoudite est un véritable royaume de la censure et le Zimbabwe met tout en oeuvre pour réduire à néant la presse indépendante. Tous siègent à la Commission des droits de l'homme des Nations-Unies. Ils sont les exemples les plus frappants de ce système absurde où des Etats sont à la fois juges et parties.

Il est urgent de réformer en profondeur cette commission. Déjà, en 2003, Reporters sans frontières avait adressé un certain nombre de recommandations aux Nations-Unies et à plusieurs Etats. L'organisation avait notamment proposé que seuls siègent à la commission les pays qui ont ratifié l'ensemble des instruments internationaux des droits de l'homme. Reporters sans frontières avait également demandé la suppression des motions de non-action, qui empêchent tout débat sur des pays qui violent massivement les droits de l'homme.

 

 

Louise Arbour succède à Sergio Viera de Mello au poste de haut commissaire

 

Ancienne procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), la Canadienne Louise Arbour a été nommée, le 20 février 2004, haut commissaire des Nations-Unies pour les droits de l'homme, en remplacement de Sergio Vieira de Mello, tué le 19 août 2003, lors de l'attaque terroriste menée contre le siège des Nations unies à Bagdad. Le haut commissariat, établi à Genève, était dirigé depuis septembre 2003 par l'adjoint de Vieira de Mello, Bertrand Ramcharan.

Louise Arbour, juge à la Cour suprême du Canada depuis 1999 - est diplômée en droit de l'université de Montréal.

En mai 1999, l'inculpation du président yougoslave, Slobodan Milosevic, avait fait de cette petite femme énergique, née à Montréal en février 1947, une célébrité internationale.

Louise Arbour aura besoin de toutes ses qualités pour ce poste qui consiste à prendre des coups de tous les côtés : que ce soit de certains Etats qui veulent faire silence sur leurs méthodes brutales, soit des ONG qui, au contraire, estiment qu'un haut commissaire aux droits de l'homme doit dénoncer haut et fort la répression des libertés fondamentales.

Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International, organisations de défense des droits de l'homme, se sont félicitées du choix du secrétaire général. HRW a souligné que Mme Arbour prend ses fonctions à un moment "particulièrement difficile", la Commission des droits de l'homme comptant elle-même "quelques-uns des pires adversaires" des libertés individuelles. L'organisation souhaite que Mme Arbour essaie d'obtenir la création d'un mécanisme indépendant pour "contrôler la façon dont les gouvernements utilisent la guerre contre le terrorisme comme une excuse pour affaiblir les droits de l'homme".

Louise Arbour va prendre les rênes d'un Haut Commissariat aux droits de l'homme dans un moment crucial: entre la sale guerre de Tchétchénie conduite par l'armée russe, les libertés prises par l'administration Bush avec les Conventions de Genève à Guantanamo, la dégradation des libertés civiles et politiques dans certaines républiques de l'ex-Asie soviétique, la situation plus que préoccupante dans plusieurs pays africains... Louise Arbour aura du pain sur la planche. (Le Temps, Genève).

 

Tuberculose pharmacorésistante

Dix fois plus fréquente en Europe de l'Est et en Asie centrale

 

Dans certaines régions de l'Europe orientale et de l'Asie centrale, les malades ont une probabilité dix fois plus grande de présenter une tuberculose à bacilles multirésistants (TB-MR) que dans le reste du monde, selon un rapport de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur cette maladie infectieuse mortelle. L'Afrique du Sud, la Chine, l'Equateur et Israël sont également concernés.

Les nouvelles données publiées aujourd'hui confirment des concentrations géographiques de la pharmacorésistance de la tuberculose dans la Communauté des Etats indépendants. Avec jusqu'à 14% des nouveaux patients présentant une pharmacorésistance, l'Estonie, le Kazakhstan, la Lettonie, la Lituanie, certaines zones de la Fédération de Russie et l'Ouzbékistan sont six des dix régions préoccupantes dans le monde.

"La pharmacorésistance de la tuberculose pose un problème urgent de santé publique dans les pays issus de l'ancienne Union soviétique," explique le docteur Mario Raviglione, Directeur à l'OMS du département Halte à la tuberculose. "Chaque pays a intérêt à soutenir un renforcement massif et rapide de la lutte antituberculeuse si nous voulons résoudre le problème de la TB-MR. Seul un investissement mondial en matière de prévention y parviendra."

Les experts de l'OMS sur les maladies infectieuses estiment à 300000 le nombre annuel de cas de TB-MR dans le monde.

De nouvelles informations permettent d'affirmer que les souches deviennent de plus en plus résistantes et qu'elles ne réagissent plus aux traitements actuels. Désormais, 79% des cas de TB-MR sont dus à des "super souches" résistantes au moins trois des quatre principaux médicaments utilisés pour traiter la tuberculose.

 

Développer de nouveaux antituberculeux

 

Les plus forts taux de prévalence de la TB-MR se juxtaposent aux taux de croissance les plus élevés du monde pour l'infection à VIH en Europe de l'Est et en Asie centrale. Le Programme des Nations Unies pour le développement a signalé récemment que plus de 1,5 million de personnes étaient séropositives dans la région, contre seulement 30000 en 1995. La défaillance du système immunitaire provoquée par le VIH multiplie la probabilité de contracter toutes les formes de tuberculose.

Certains succès ont été enregistrés depuis la dernière étude, il y a quatre ans, en particulier à Cuba, à Hongkong et aux Etats-Unis. Dans ces pays, les taux ont baissé gràce à des stratégies antituberculeuses énergiques et soutenues dans la durée.

Selon le rapport, "la stratégie DOTS est la plus efficace pour éviter l'apparition de pharmacorésistances". Il s'agit de la stratégie thérapeutique reconnue au niveau international et connue pour veiller à ce que les malades prennent correctement leurs médicaments.

Dans les pays les plus touchés, des programmes novateurs "DOTS Plus" sont mis en place pour diagnostiquer et traiter efficacement les cas résistants. sans réserve la lutte pour éradiquer la tuberculose pharmacorésistante.

Il faut aussi d'urgence rechercher et développer de nouveaux antituberculeux pour raccourcir la durée du traitement et lutter contre les souches résistantes.

"Plus nous enquêtons, plus nous trouvons de TB-MR", reconnaît l'auteur principal d'un rapport sur ce sujet, le docteur Mohamed Aziz. "On a retrouvé des cas multirésistants dans presque toutes les régions que nous avons étudiés. Mais on ignore toujours la véritable charge du phénomène qui pourrait être plus élevée dans les régions où nous n'avons pas enquêté. Il faut donc développer pleinement la surveillance des pharmacorésistances."

 

Lu dans la presse étrangère

Comores : 13 députés élus au premier tour d'un scrutin "régulier"

 

Sept candidats dont cinq du camp de l'Union des Comores ont été élus sur l'île de Ndzuwani, l'une des trois îles autonomes de l'Union avec Mlwali et Ngazidja, selon la Commission nationale électorale indépendante (CNEI). Soixante-quatorze candidats étaient en compétition pour 25 sièges à pourvoir à Ndzuwani.

A Mwali, deux candidats ont été élus au premier tour. Trente-trois candidats y étaient en lice pour 10 sièges. A Ngazidja, quatre candidats de la coalition d'opposition soutenant le président de l'île, Abdou Soulé Elbak, contre le président de l'Union des Comores, le colonel Azali Assoumani, ont été élus au premier tour, avait annoncé lundi le porte-parole de Elbak.

Tous ces résultats sont provisoires et doivent être validés par la commission d'homologation, réunie depuis hier matin pour délibérer.

Les observateurs de l'UA, venus d'Afrique du Sud, du Bénin, de Madagascar, du Kenya et de Tunisie, ont estimé que le premier tour des élections s'était déroulé dans des "conditions de régularité normale", mais a invité les autorités locales à améliorer leur logistique, dans un communiqué diffusé lundi soir. Ils ont également fait état de "l'existence de quelques imperfections dans l'établissement des listes électorales".

Des problèmes logistiques ont entraîné des retards à l'ouverture des bureaux dans plusieurs circonscriptions, en particulier à Moroni la capitale, selon l'UA. Elle a encouragé la CNEI à corriger ces imperfections avant le second tour, dimanche 21 mars.

"Aucun incident majeur ayant pu entraîner la suspension ou l'arrêt définitif des opérations électorales n'a été observé", ont souligné les observateurs.

La commission d'homologation doit annoncer les résultats officiels aujourd'hui au plus tard, selon la CNEI. Elle doit examiner "une vingtaine de réclamations tout au plus" déposées "sur l'ensemble du territoire", a-t-on précisé à l'UA.

 

Clicanou (La Réunion)

 

Mahamoud Soidiki & Said Abdou Salime :

Candidat et suppléant indépendants de la première circonscription

 

Le premier tour des élections législatives de l'île autonome de Ngazidja a eu lieu le 14 mars 2004 conformément au calendrier fixé par la CNEI à l'issu de l'Accord de Beït-Salam en date du 20 décembre 2003.

Toutefois, ce premier tour de ces élections s'est déroulé dans des conditions des plus chaotiques et demeurent entachés de grossières irrégularités :

 

Grossières irrégularités :

 

- le travail de toilettage des listes électorales a été fait dans des conditions des plus opaques ;

- la représentativité des parties prenantes au scrutin a fait cruellement défaut dans ce travail, au nom d'une bipolarisation autorités Ile-Union, fondée sur une interprétation tendancieuse de l'accord du 20 décembre 2003, faisant la part belle à la représentation des deux pouvoirs constitués, en conflit larvé de compétences ;

- le manque de transparence au niveau de ce travail a permis la soustraction frauduleuse d'un nombre important d'électeurs, des transferts complaisants et fantaisistes, des radiations on fondées. C'est ainsi que le bureau de Hankounou II, à titre d'exemple, s'est trouvé avec une liste électorale ramenée à 400 inscrits alors que la liste-mère comportait plus de 800 inscrits ;

- confection frauduleuse et distribution de nouvelles cartes électorales (contrairement à ce qui a été officiellement annoncé par la CNEI) ;

- saut injustifié de numéros d'ordre sur les listes électorales ;

- subtilisation des lites électorales et refus de les diffuser, et leur confiscation par les seules autorités de l'île et de l'Union ;

- non-affichage des listes électorales au moins 24 heures avant la tenue du scrutin ;

- défaut de cachet de la CNEI sur certaines listes électorales ;

- non acheminement du matériel électoral en temps et en heure ;

- ouverture tardive conséquente des bureaux de vote, entre 10 heures et 14 heures selon le cas, sans que le retard accusé soit répercuté sur l'heure de fermeture ;

- existence de deux listes des membres de bureaux de vote, dont une primaire radiodiffusée et une secondaire comportant des modifications à la suite de réclamations. Cette dernière n'ayant pas été diffusée, ni communiquée à qui de droit, a jouté à la confusion générale du scrutin ;

- clôture simultanée des bureaux de vote à 18 heures sans tenir compte du retard à l'ouverture ;

- absence de réaction de la CNEI face aux réclamations des candidats contre certains agissements contraires au code électoral ;

- ineptie et complaisance de l'instance de supervision électorale

- légèreté et peu de sérieux de la CNEI et la collusion d'intérêts de ses membres, le tout traduit par la réduction de tout candidat hors confrontation, Ile-Union, à une quantité négligeable, sans réelle représentativité

- défaut du bulletin vert de notre candidature dans certains bureaux, et l'épuisement du même bulletin dans d'autres, sans incidence en terme de vote ;

- égarement, pour le moins bizarre, de procès verbaux pourtant remis à la CNEI (HankounouII par exemple ;

 

Désintérêts des Wangazidja

 

De ces élections, il ressort que les Wangazidjas semblent s'être désintéressés du scrutin du 14 mars 2004. Les abstentionnistes avoisinent les 60 % à l'échelle de l'île et plus de 70 % dans la première circonscription pour l'ensemble du corps électoral. Les abstentionnistes constituent ainsi et de loin le premier parti des Comores. Ce manque d'intérêt n'est pas traditionnel pour des élections législatives. La nouvelle Union des Comores et ses institutions apparaissent bien lointaines et sont souvent incomprises par beaucoup de nos compatriotes. La multiplication des listes indépendantes encouragées par la bipolarisation Union-Mdjidjenjo autant que par une frénésie d'ambitions personnelles contribuent à la perception dérisoire par les électeurs de l'enjeu du scrutin législatif. Nous ne pouvons pas nous satisfaire d'un tel état d'esprit. Car il se pourrait que la démocratie meurt de l'indifférence des citoyens, qui par leur passivité se seraient transformés en des spectateurs d'une vie politique de plus en plus extérieure à leur monde et à leur préoccupations.

 

Union des Comores et Ngazidja, le véritable enjeu

 

Les élections du 14 mars 2004, comme toutes les élections, dont aucune ne doit être négligée, ont un enjeu. Et c'est à nous de le rappeler en priorité. Cet enjeu ne consistait pas à savoir dès le soir du 14 mars, quelle formation, quelle personnalité, quelle coterie se seront assurées d'une bonne position pour les échéances suivantes, différentes dans leurs modalités comme dans leurs finalités.

Le véritable enjeu est la nouvelle Union des Comores et, par conséquent, Ngazidja dans laquelle nous vivons. A l'heure où cette présente déclaration est faite, les premiers résultats et les analyses qui découlent de ce scrutin ne sont ni brillants ni encourageants. Ils ne sont  exaltants ni pour le pouvoir de l'Union, ni pour l'île, au vu des moyens mobilisés.

Le chiffre le plus attristant est celui de l'abstention, grossi par le rejet de nombreux électeurs qui se sont pourtant présentés pour voter. Que tant de Comoriens aient préféré vaquer à leurs occupations traditionnelles du dimanche, rester chez soi, regarder la télévision, jouer aux cartes et au domino à l'ombre du badamier, plutôt que d'accomplir leur devoir électoral de citoyen, ne fait que confirmer, malheureusement, la distance inquiétante que prennent nos compatriotes vis-à-vis de la chose publique. Les abstentionnistes n'auront pas le droit de se plaindre, en voyant l'incompétence au pouvoir dans leur quartier, le profil mineur de leur représentation, en voyant leurs intérêts bafoués. Sans l'avoir voulu, ils auront donné à ces partis politiques tant décriés un encouragement à continuer plus avant encore vers l'impasse.

 

En hommes libres et indépendants

 

Nous ne saurions clore cette déclaration sans adresser nos chaleureux remerciements aux électrices et aux électeurs qui nous ont exprimé leur confiance en votant pour notre candidature, à l'occasion de ce premier tour.

Comme ces électeurs, nous continuons à croire que tout n'est pas perdu, que l'espoir est permis. Mais qu'il faut continuer à ouvrir l'autre voie, d'autres alternatives, contribuer à faire renaître l'espérance, à construire l'avenir. La mobilisation manifestée à l'occasion de ce scrutin interpelle nos responsabilités communes sur la suite à donner face aux dangers qui guettent notre pays.

Sur les deux candidats qui restent en  lice, nous voulons seulement leur citer un vers du poète René Char : ''Impose ta chance, sert ton bonheur et va vers ton risque''.

A celles et à ceux qui ont voté en notre faveur, nous rappelons que nous nous sommes présentés à vous en hommes libres et indépendants. Vous avez été libres dans l'expression de votre suffrage. Nous n'entendons pas vous aliéner votre précieuse liberté dans le jeu politique stérile du moment.

Aussi,  ne donnons-nous aucune consigne de vote ni en faveur de l'un ni en faveur de l'autre des deux candidats restés en lice. Tel est le gage de notre sincère indépendance affirmée au cours de la campagne électorale et fermement réaffirmée ici à l'occasion du deuxième tour du 21 mars 2004.

 

Déclaration faite à Moroni,

 le 18 mars 2004