EDITION ELECTRONIQUE N°248
La Communauté internationale au chevet de la
crise mohélienne
Les travaux de la troisième session du Comité
de suivi, qui avait débuté avant-hier mercredi, ont été quelque peu perturbés
par la tension qui règne à Mwali, provoquée par le
bras de fer qui oppose les autorités de l'île et les partisans du ministre de
la défense et candidat Bolero.
Hier les travaux avaient été, momentanément
suspendus, pour permettre à une délégation de la communauté internationale,
siégeant au Comité de suivi de se rendre à Mwali. La
veille, les représentants des autorités autonomes de l'île au Comité de suivi, Elarif Hamidi et Archad, avaient
quitté les travaux du Comité, qui se déroulent au bureau de liaison de
l'Union africaine, pour ''protester contre les limogeages politiques
électoralistes'' opérés par les autorités de l'Union sur l'île à l'encontre des
directeurs des établissements publics qui ne soutiennent pas les candidats de
la CRC.
Experts internationaux
La délégation de la communauté internationale,
composée, notamment de l'ambassadeur de France, du représentant de l'OIf au Comité de suivi, était arrivée sur place,
accompagnée du chef de la délégation de Mwali au
Comité de suivi, Elarif Hamidi.
La délégation a rencontré le président de l'île entouré de certains ministres
de son gouvernement. Après plus d'une heure de discussions, les autorités de
l'île auraient toujours campé sur leur position : ''Il n'est pas question de
céder sur des décisions arbitraires et injustes'', avaient-elles insisté. Le
président de Mwali exige l'annulation des décisions
qui avaient limogé cinq directeurs des sociétés et établissements d'Etat dans
l'île. Il demande, en outre que ''toute décision du genre soit soumise à
l'approbation des autorités de l'île autonome''. Un peu plus tard, cette
délégation a eu des entretiens avec les partisans de l'Union, conduits par le
ministre Bolero.
Après ces discussions, une deuxième rencontre
avec les autorités de l'île a eu lieu à 16 h 30. Après cette rencontre, Elarif Hamidi nous a déclaré
qu'on s'acheminait vers un accord qui consiste à ''confier la gestion des établissements
publics à des experts internationaux jusqu'à la fin des élections''.
“Si nous n’obtenons
pas satisfaction...”
En ce qui concerne ''le problème de la
sécurisation des élections, la cellule de concertation où sont présents des
observateurs militaires, qui existe au niveau national, doit être représentée
sur l'île''. De son côté, Abdallah Sarouma du camp
Boléro que nous avons interrogé, nous a tenu un autre
son de cloche. Pour lui, l'accord consiste à ''nommer des intérimaires choisis
au sein des établissements par les directeurs nationaux qui relèvent de
l'Union. Les passations seront faites à ceux-là. Il n'est pas question de
confier des sociétés d'Etats à des expatriés''.
En ce qui concerne leurs revendications sur la
représentativité de la CNEI à Mwali ainsi que la
neutralité de la gendarmerie, l'ancien ministre affirme en faire une condition
de la tenue des élections : ''Si nous n'obtenons pas satisfaction, il n'y aura
pas d'élections à Mwali''.
Un document devait intervenir dans la soirée,
après le bouclage de cette édition, pour préciser ce qui a été convenu, si
accord il y a eu.
Mmadi Moindjié
Législatives. Saïd Ali Kémal
à Vuvuni
Premier grand meeting pour le leader du Chuma
Saïd Ali Kémal, qui
représente la coalition autour du chef de l'exécutif de Ngazidja dans le Bambao, a ouvert sa campagne avant-hier à Vuvuni. En présence de la presque totalité des leaders des
partis de la coalition Elbak, Kémal
a rappelé la tâche du député au parlement de l'Union qui est, selon le leader
du Chuma, est de mettre en place les structures du
pays et le mode de fonctionnement de l'Etat, de veiller à leur respect.
Le candidat Saïd Ali Kémal
de la 2éme circonscription des législatives de l'Union (Les deux Bambao), a tenu son premier grand meeting avant-hier
mercredi, dans le village de Vuvuni. Le leader du Chuma, qui se présente sous la bannière de Mdjidjengo, a été entouré par des responsables des
principaux partis de la coalition autour du président Elbak.
A savoir le docteur Mtara Maecha
du RND-Rénovateur, le ministre Karani du Shawiri, le ministre Cheik Ali Bacar
du MDP-NGDC, Mohamed Ali Mbalia du PASOCO et un
responsable du Djawabu, le parti de Youssouf Said.
Ces leaders, par leur présence à ce meeting,
ont voulu, selon eux, ''exprimer leur soutien à Kémal,
le candidat qu'ils ont désigné pour défendre la couleur de la coalition''. Ils
voulaient ainsi, précisent-ils, ''être claire devant les électeurs et lever
l'amalgame sur les deux candidatures Mdjidjengo dans
le Bambao, celle de Saïd Ali Kémal
et celle du ministre Mohamed Issimaïla. Dans une
courte intervention, le candidat de la circonscription de Moroni, Cheik Ali Bacar a tenu à préciser la position de son parti : ''malgré
la présence de notre ami, Mohamed Issimaila, dans la
course qui nous met dans une position un peu difficile, mon parti soutien Said
Ali Kémal''. Le notable de la région qui avait pris
la parole, lui, a vanté le parcours politique ''exemplaire'' de Kémal : ''sa franchise, son honnêteté et son engagement
pour les plus vulnérables nous donnent confiance''.
Le leader du PASOCO, pour sa part, avait axé
son intervention sur la corruption ''érigée en système de gouvernement et sur
la dépravation des nos moeurs par des rites importés de l'extérieur''.
De son côté, le candidat Kémal,
après avoir expliqué les démarches qu'il avait entreprises devant Mohamed Issimaïla pour parvenir à une candidature unique dans la
région, a insisté sur l'importance de ces législatives'' pour bâtir un pays
solide et un peuple solidaire''. Il a rappelé qu'il n'est pas là pour faire des
promesses d'embauches ou de réalisations de projets de développement local :
''ce n'est pas mon rôle. Les questions de développement concernent les députés
des îles. Notre rôle est de mettre en place les structures du pays et le mode
de fonctionnement de l'Etat, de veiller à ce fonctionnement et au respect des
règles et des engagements pris''.
M. Moindjié
Notes de campagne
La “Convention” veut privilégier la
proximité à Itsandra
La semaine dernière, la coordination de la
Convention pour le renouveau des Comores (CRC) d'Itsandra
a ouvert le quartier général de campagne du candidat de Assoumani
Youssouf Mondoha (Ndjizi) à
Bandamadji- Itandra en
présence du candidat, de son suppléant et de certaines autorités de l'Union
dont l'ambassadeur Mohamed Ali Dia, des responsables des directions de campagne
de la région d'Itsandra et des membres de la CRC.
Le choix d'ouvrir le quartier général dans ce
village n'est pas un hasard, car, a précisé un responsable de la CRC, les Bandamadjiens ont su témoigné leur
fidélité à la politique du résident Azali Assoumani lors des élections législatives des îles.
A cette occasion, une réunion a été organisée
entre la coordination et les direction de campagne de
la région d'Itsandra, sous la présidence de Soulahdine.
Il en est ressorti que la coordination est décidé à privilégier une campagne de proximité, en adoptant
une stratégie qui tienne compte de la spécificité de chaque localité. Ainsi,
par endroit, elle va prendre la forme de conférences débats : ''Désormais, il
est impératif que le candidat, comme cela se passe avec d'autres candidats de
la CRC, passe dans toutes les villes qui composent sa circonscription, sans
négliger, toutefois, les meeting'', résume cet autre responsable.
Pendant que se tennait
la réunion, des jeunes de Ntsudjini et de Bandamadji, manifestaient, dehors, leur soutient au
candidat Assoumani Youssouf Mondoha.
Ahmed Bourguiba
Commentaire
Des élections à deux doigts d'être reportés,
faute de stock de papier bleu homogène
Alors que la campagne des législatives de
l'Union bat son plein, la Commission nationale électorale indépendante (CNEI)
s'active pour que l'organisation du scrutin des 18 et 25 avril prochain
garantisse à tous les candidats les conditions de transparence et d'équité
voulues.
Tel est en tous cas le souhait toujours
exprimé par cet organe, à la veille de chaque élection, depuis sa mise en place
en avril 2001.
Malgré toutes les critiques qu'elle a
essuyées, au cours de ses trois années d'existence, et en dépit des faibles
moyens mis à sa disposition, la CNEI a su, relativement, imposer ses marques,
grâce au rôle modérateur et souvent déterminant de sa composante ''société
civile'', évitant le piège des pressions ou manipulations venant d'un camp ou
de l'autre.
Toujours est-il que des imperfections sont
relevées, notamment en ce qui concerne les listes électorales, l'acheminement
tardif du matériel électoral, et le non respect du temps d'antenne pour
l'ensemble des candidats par les médias publics.
Mais le cas non moins délicat des bulletins de
vote, constaté lors des législatives des îles, mérite clarification. La
fabrication des bulletins avait fait l'objet d'un appel d'offre restreint qui a
vu l'attribution du marché à une société non spécialisée dans le secteur de
l'imprimerie. La raison était que cette dernière avait fait l'offre la moins
chère, sans pour autant avoir la garantie de disposer d'un stock de papier
suffisant, du moins pour les bulletins de couleur bleu homogène. D'où la
mésaventure qui a donné lieu à l'édition des bulletins ''bleu'' à trois nuances
différentes, immédiatement rejetés par les candidats concernés. Il a donc fallu
recourir de toute urgence à une imprimerie concurrente (IMPREDOC) pour honorer
les engagements pris, et permettre ainsi l'impression des milliers de bulletins nécessaires et ce, 48 heures avant le premier
tour.
Autre problème, à la grande surprise de la
CNEI, certains candidats se trouvaient dépourvus de bulletins dans certains
bureaux de vote, alors que ces bulletins étaient supposés livrés et distribués.
Là encore on a eu recours à IMPREDOC, dans la nuit du 13 au 14 Mars, pour que
les bulletins volatilisés dans la nature soient rapidement remplacés. D'où le
retard signalé dans quelques bureaux de vote.
Il reste à espérer que pour le prochain
scrutin, les institutions chargées de la réalisation de ces marchés publics
privilégieront le critère du mieux faisant afin que cette mésaventure ne puisse
se reproduire.
El-Had Said
Omar
Premier bureau du parlement de l’île
autonome de Ngazidja
Le bureau du premier parlement de l'île
autonome de Ngazidja a été élu dans la journée d'hier. Les députés ont accordé
le perchoir à Soudjayi Hamadi
qui sera secondé par Mohamed Moumine Youssouf à la
vice-présidence.
Said Mmadi
et Hamada Attoumani ont été élus, respectivement,
premier et deuxième questeur. Les postes de secrétaires sont, quant à eux,
tenus par Ali Ahamad Mkoudou,
Moegné Abdou et Mohamed Soilihi.
L'ensemble des postes de ce premier bureau sont entre les mains de membres de la coalition autour du
chef de l'exécutif de l'île, hormis celui d'un des questeurs qui est revenu à
un indépendant en la personne de Mohamed Soilihi.
Les parlementaires membres de la Convention
pour le renouveau des Comores ont quitté l'hémicycle et n'ont pas pris part au
vote.
Habari za udungza
Eshadjana subira ndrongowo mbi
Hala yilayilele
…C'est ainsi que débute les contes dans les îles de la lune. On pourrait
essayer d'imaginer comment dans le futur nos petits enfants vont raconter la
manière dont nous avons vécu et se demanderont comment on pouvait vivre dans
des situations aussi saugrenues que ce que nous vivons dans le temps présent.
Même si une personnalité aussi avisée que Paul Emile Victor a écrit, concernant
cette capacité de l'homme à l'oubli, que ''Ce qui m'inquiète, c'est la pensée
que l'homme est capable de s'habituer aux pires conditions de vie''. Il pourra
trouver parfaitement normal d'ici un siècle, de vivre prostré dans quelque bunkers, avec des masques, de l'air artificiel. Il
ne saura même plus alors que l'on vivait autrement… Que restera-t-il alors de
l'homme?" On peut sans risque de tromper dire qu'on racontera ces
histoires aux futures générations sous forme de conte sans les bonnes fées,
cela va de soi. Nous devons reconnaître que nous sommes passés maîtres dans
l'art de créer des situations surréalistes. Nous avons acquis cette capacité
extraordinaire de nous muer nous-même en notre propre adversaire. Car à
examiner les choses de près, nous ne voyons pas d'ennemi déclaré et clairement
identifié. Nous refusons de nous appliquer les lois que nous élaborons à coup
de déclarations intempestives. Nous voulons vivre sans véritable contrat
social. Le coran, le livre sacré des Musulmans, est utilisé comme paravent
contre les foudres non de Dieu mais contre les revendications légitimes des
travailleurs. Les îles de la lune ont sans nul doute des spécificités à
défendre, il n'empêche que les lois du monde moderne nous concernent au plus
haut point si nous voulons sortir de l'ornière. Le président AAA disait que les
Comoriens sont pauvres mais ne sont pas malheureux. Aujourd'hui on se demande à
tort ou à raison si on n'est pas en même temps pauvre et malheureux. Et cette
situation aboutit de temps à autre à des reniements et des remises en causes de
toute une vie exemplaire de la part de certains.
Nos compatriotes sous les cocotiers ne sont
pas dupes de la rhétorique politico-dialectique
que lui déverse une partie du microcosme
politique. Puissent-ils un jour nous pardonner nos dérives? Le problème est que
''wusomo wayece kafanya kosa'' et nous sommes
dans ce cas de figure.
Hachime Abdérémane