EDITION ELECTRONIQUE N°249
Estimations aux législatives de l'Union :
Mwali et Ndzuwani : vers
une large victoire des Midjindjengo
Dans notre édition n°246, nous avons rendu
public une estimation des résultats pour Ngazidja où il ressort nettement que
sur les neuf sièges à pourvoir, la CRC peut espérer en remporter deux , alors que le Mdjidjingo est
en position d'en enlever cinq. Deux circonscriptions sont incertaines, il
s'agit de l'Itsandra-Hamanvu et le Washili-Dimani. Notre enquête s'était basée essentiellement
sur les chiffres des dernières élections.
Aujourd'hui, nous publions notre estimation
pour Mwali et Ndzuwani.
Dans ces deux îles, la victoire des Mdjidjengo apparaît encore plus évidente.
A Mwali, les deux
sièges à pourvoir ont de fortes chances de revenir au camp Fazul.
Mais un partage de sièges n'est pas totalement à exclure, une surprise est
toujours possible dans la première circonscription où se présente le ministre
de la Défense de l'Union, Madi Boléro. Ce dernier
peut toujours créer la surprise.
A Ndzuwani, l'absence de réelles conditions pour une
élection libre et équitable amplifie à l'évidence ''les chances'' des candidats
du président Mohamed Bacar. Sur cette île, les jeux
semblent déjà faits. Le pouvoir de l'île peut rafler, pratiquement la totalité
des sièges! Seul celui de la région de Sima où se présente le ministre délégué
à la Coopération de l'Union M. Moustadrane, peut
échapper aux partisans de Mohamed Bacar. Dans la
capitale anjouanaise, Mutsamudu où Loutfi Adinane (un proche de l'Union) fait face à deux candidats
soutenus par le pouvoir de l'île, le siège sera probablement enlevé au second
tour par les amis de Mohamed Bacar. Il en est de même
pour la région de Wani ou celle de Domoni, où les chances des candidats soutenus par l'Union,
Chocolat, dans la première et Nourdine Midilhadji dans la seconde, respectivement secrétaire
général au ministère de la défence et ministre de la solidarité de, paraissent minces.
Au total, dans l'ensemble des trois îles, la
victoire des midjidjingo, pour ces élections à
l'assemblée de l'Union, s'annonce très forte. Les deux tiers de députés
nécessaires pour voter les lois organiques leur seront largement acquis. La
question est de savoir quelle ampleur prendra la défaite du pouvoir Azali.
Mwali : le bras de fer continue...
Le déplacement de la communauté internationale
n'a pas réussi à apaiser la crise mohélienne
provoquée par le limogeage des directeurs régionaux des établissements publics.
Le pouvoir de l'Union continue de vouloir installer les nouveaux directeurs
qu'il vient de nommer pendant que celui de l'île veut maintenir ceux qui
étaient en place. Le compromis proposé avant-hier par la communauté
internationale de confier la gestion de ces établissements à des expatriés a
été rejeté par la partie Union.
Dans l'après-midi d'hier le vice-président Ben
Massound Rachid avait tenté d'installer le directeur
régional de la SNPT nommé par l'Union sans succès. Pour éviter des heurts entre
les partisans des deux camps, les forces de l'ordre avaient bouclé tout le
quartier menant à la poste de Fomboni. La situation
hier soir était toujours bloquée. On annonce la venue ce samedi à Mwali d'un membre du bureau de l'Union africaine (UA) pour
une ultime tentative de compromis.
Qu'est-ce qu'est la Confejes?
La Conférence des ministres de la jeunesse et
des Sports des pays ayant en partage le français, la Confejes,
est une organisation internationale. Elle a des ramifications dans tous les
coins du monde. Elle est caractérisée par l'appui technique et les soutiens
logistiques et matériels qu'elle accorde aux pays membres. La Confejes n'est pas exclusive aux seuls Francophones. A
quatre mois des jeux des jeunes nous vous présentons le principal organisme qui
finance les jeux des moins de 20 ans.
La Confejes a fixé
son siège social à Abidjan. Elle a des correspondants dans tous les pays
membres. Ibouroi Mohamed, inspecteur de la Jeunesse
et des Sports est le Coordonnateur national de la Confejes
aux Comores. ''La Confejes soutient également, la
création des micro-projets, notamment les petites et
moyennes entreprises.
Il arrive que l'organisation intervienne pour
la recherche de la paix en cas d'instabilité, de conflits au sein des pays
membres.
Pour bénéficier du soutien de la Confejes, les pays membres doivent saisir le bureau central
pour la présentation des dossiers. Les dossiers sont visés par le Coordonnateur
national avant d'être acheminés au siège.µ
A ce jour, aucune fédération sportive, aucun
regroupement ni aucune autre association comorienne n'a formulé de demande de
soutien pour un projet quelconque : ''Je suis étonné. Les autres pays n'hésitent
pas à saisir la Confejes pour des financements de
projets'', interpelle le coordonnateur Ibouroi.
Deux formes de contribution
L'organisation est ouverte à des pays non
francophones. La présence de l'Angola, du Cap vert, de la Suisse et d'autres
dans sa sphère illustre bien cette ouverture. D'autres nations lusophones
doivent adhérer. La multiculturalité constitue une
des richesses et la force de la Confejes.
Au début du 3e millénaire, la Confejes avait organisé et financé un séminaire sur la lutte
contre le dopage aux Comores. Il avait regroupé des médecins nationaux et des
professeurs d'éducation physique. Le coordonnateur national précise que ''les
87 % des éducateurs physiques comoriens et des animateurs de jeunes formés à
l'extérieur ont bénéficié de bourses de la Confejes''.
Actuellement, huit boursiers comoriens sont au Cameroun pour une formation de
quatre ans et sont entièrement pris en charge jusqu'en 2006. Ce sont de futurs
professeurs d'éducation physique. Ils étaient retenus suite à un concours
national.
Les ressources de la Confejes
proviennent des quote-parts annuels de chaque pays
membre et de la contribution volontaire d'Etats membres ou non. Il existe deux
sortes de contribution : la contribution statutaire obligatoire pour chaque
pays (2.600.000 francs comoriens) et le fonds d'aide. Ce dernier est
facultatif. La somme à verser varie en fonction des moyens et des disponibilités
des pays donateurs.
Parmi les bailleurs de fonds les plus fidèles
il y a la Belgique, le Canada et la France. A la veille de l'ouverture
officielle des Jeux des jeunes de l'Océan indien, en août prochain, l'antenne
nationale de la Confejes n'a reçu aucune requête de
financement. Le coordonnateur national se dit ''surpris".
A la question de savoir si des correspondants
régionaux sont implantés dans les îles, notre interlocuteur s'était montré
évasif et prudent. "Je suis le directeur national adjoint de la Culture,
de la Jeunesse et des Sports auprès du ministère des Affaires sociales. A ce
titre donc, j'informe régulièrement nos collègues de Mwali
et de Ndzuwani". Avis à messieurs les directeurs
régionaux de la Culture, de la Jeunesse et des Sports…
BM Gondet
Micro-finance : L'Union
des Mutuelles d'épargne et crédits des Comores (Meck)
a son directeur
L'ancien ministre des Finances, Assoumany Aboudou est devenu le
premier directeur général de l'Union des Mutuelles d'épargne et crédits des
Comores (Meck). Son installation dans ses nouvelles
fonctions a eu lieu, hier, au cours une cérémonie tenue à l'ex-Cefader de Mde. Il a été retenu,
parmi d'autres candidats, par le comité de sélection du conseil
d'administration de l'Union des Meck.
Il y a huit ans que l'Union des Meck a été mise en place. Le dernier atelier de travail a
élaboré le plan d'action de la période 2003-2004 qui comportait quatre
chantiers, à savoir, l'élaboration d'un plan d'affaire, la mise en place d'un
système d'information et de gestion, l'élaboration d'un manuel de procédures et
la mise en place de la direction.
Le processus de recrutement du directeur
général a été lancé en janvier 2004. Et le conseil d'administration, selon
l'article 70 du règlement des Meck au cours de la
session du 28 mars dernier, a retenu l'ancien ministre des Finances. ''Le
candidat retenu n'est pas un spécialiste de la micro-finance'',
reconnaît le président du conseil d'administration. Mais, a-t-il, précisé,
''nous avons choisi celui qui avait plus de compétence et d'expérience dans le
domaine et qui pourra évoluer beaucoup plus facilement vers le micro-finance''. Le processus de désignation du directeur a
été soumis à de fortes pressions de la part des autorités nationales dont la
préférence allait vers un autre candidat: ''Assoumany
Aboudou n'avait pas leur faveur, laisse-t-on
entendre, ''parce que l'ancien ministre commencerait à prendre ses distances
avec le régime et serait considéré comme très indépendant dans ses décisions et
actions''.
Lourdes taches
Mais, semble-t-il, le comité de sélection du
conseil d'administration a refusé de céder. Le nouveau directeur aura la tâche
de ''concrétiser la mise en place de l'Union des Mecks
et de la rendre opérationnelle''. Il aura, estime-t-on, à gérer plus de 6 milliarde nos francs.
La mission qui lui est assignée est, dans un
premier temps, ''d'organiser l'encadrement, le suivi, le contrôle et la
formation des Mecks''.
De même il doit s'occuper de ''la gestion et
du contrôle de toutes les activités de l'Union de Mecks''
et c'est sur la base des recommandations du directeur, que les instances de
l'Union des Meck prendront les décisions sur les
objectifs, les orientations, les politiques et les plans d'action.
Le président du conseil d'administration a
rappelé au nouveau directeur le principal objectif des Mecks
à savoir : ''disposer d'institutions financières de proximité capables de
répondre efficacement aux besoins des petits artisans, des producteurs
agricoles et des pêcheurs. Bref, soutenir les couches les plus défavorisées''.
Depuis la mise en place de ces institutions,
''des résultats significatifs ont été enregistrés'', annonce-t-on. Le conseil
d'administration demande que ''ces résultats soient consolidés et pérennisés''.
Après cette mise en place, le nouveau
directeur, accompagné des membres du conseil d'administration, va
effectuer une tournée à travers les Mecks de Ngazidja, de Mwali et de
Ndzuwani pour une première prise de contact avant de
constituer sa direction.
Mmadi Moindjié
Habari za udungza :
La mauvaise conscience
Parmi les reproches que les gens font aux
habitants des îles de la lune, l'un d'eux revient souvent comme un leitmotiv, à
savoir : leur fatalisme légendaire. Tout est écrit et personne ne peut échapper
à son destin. On nous y montre les cinq doigts de la main pour nous signifier
que l'égalité tant rêvée n'est que de la poudre aux yeux. Autant d'images
symboliques pour perpétuer un ordre que les gouvernants ont, de tout temps,
voulu imposer à la société. Avec tout ce qui nous tombe sur la tête, on peut se
demander si nous arrivons à appréhender tous les problèmes dans leur vraie dimension?
Il ne s'agit pas de jouer chaque fois les âmes courroucées face à l'adversité
mais d'agir comme citoyen, tout simplement. Il faudrait que l'ensemble de la
société prenne conscience de ce qui fait son fondement et examine les principes
et les valeurs de base qui la sous-tend. L'arrogance des uns et
l'irresponsabilité des autres sont devenus le moteur qui nous guide depuis un
petit bout de temps. Les habitants des îles de la lune ont droit au respect en
tant qu'êtres humains doués de … raison face à ce monde devenu si
déraisonnable.
De ce fait, nous devons de temps à autre faire
jouer notre mauvaise conscience face à nos lâchetés et à nos peurs. Nous ne
pourrons pas toujours nous réfugier derrière notre petit doigt pour laisser le
soin aux autres de décider à notre place et pouvoir ensuite se donner bonne
conscience (yemfwana didike,
mindjakaya yapvo!).
Si, face à un monde où les bouleversements se
succèdent à un rythme effréné, nos compatriotes s'interrogent, il n'y a rien à
redire. Mais le pays étant ce qu'il est, tout le monde baigne dans un
scepticisme ambiant et le fatalisme est devenu une seconde nature en nous.
Comme disait l'autre :
''Commençons à voir honte'' et adoptons une démarche citoyenne en prenant part
aux affaires de la cité. Un voeu de plus, direz-vous!
Hachime Abdérémane