EDITION ELECTRONIQUE N°251
Législatives des îles : L’autorité de Ndzuwani refuse d’organiser la partielle de Domoni
Un quatrième tour des législatives des îles
devait avoir lieu, avant-hier dimanche, dans la 14e circonscription de Domoni à Ndzuwani. Annulées à
deux reprises par la commission d'homologation, les élections dans cette
circonscription, n'ont pas se tenir comme prévu pour plusieurs raisons.
Dans une lettre en date du 9 avril adressée au
Comité de Suivi par le président de la CNEI, Antenne-Anjouan,
ce dernier affirme que les résultats du 28 mars n'ont pas été communiqués à la
CNEI de Ndzuwani par la Commission d'Homologation :
''suite à des informations de coulisse, les élections partielles du 28 mars de
la 14è circonscription ont été annulées. Jusqu'ici, l'antenne d'Anjouan ignore
les raisons de cette annulation. Nous n'avons pas été saisis de cette
opération. Ce n'est qu'à la dernière minute qu'on essaie de nous mettre sur le
fait accompli''.
Le président de CNEI de Ndzuwani
constate, par ailleurs, que le climat sur cette île ne se prête pas à des
élections dans cette circonscription. Les autorités anjouannaises
rejettent la décision de la Commission d'Homologation. Elles considèrent que
leur ''candidat Kamitoine Hilali
a été élu et qu'il n'est pas question d'organiser une autre élection dans la 14
ème circonscription''.
Mohamed Rachadi
Abdou conclut sa lettre au Comité de Suivi en ces termes : ''considérant que
l'autorité d'Anjouan par l'intermédiaire du ministre de l'Intérieur et des
institutions en fait de cette affaire une affaire d'Etat, la CNEI ne se sent
pas en mesure d'organiser un partiel dans la 14è circonscription''.
Il faut noter par ailleurs que le matériel
électoral qui était adressé à la CNEI de l'île a été confisqué à l'aéroport de Wani par le ministre de l'Intérieur Djaffar
Salim. Ce dernier a signé au membre de la CNEI venu de Moroni et qui avait
transporté ce matériel, une décharge dans laquelle on peut lire : ''je,
soussigné Djaffar Salim, ministre de l'Intérieur du
gouvernement de l'île autonome d'Anjouan, Union des Comores, atteste par la
présente, confisquer le matériel électoral acheminé ce samedi 10 avril
conformément aux délibérations arrêtées en conseil des ministres invitant le
Comité de Suivi à inscrire à son ordre du jour les questions objet à
contentieux relevant de la 14è circonscription électorale des législatives des îles''.
Grève dans l'enseignement public : Les
instituteurs mettent leur menace à exécution
Depuis hier, les écoles primaires sont
désertées par les instituteurs qui suivent le mot d'ordre d'arrêt de travail
illimité lancé par le Syndicat national des instituteurs comoriens. Les
dirigeants du SNIC menacent de ''maintenir leur mouvement tant que les
enseignants du primaire n'auront pas perçu leur salaire de février''. Rappelons
que les agents de l'Etat ont touché leur premier paie de l'année 2004,
seulement, en début de semaine dernière. Selon le patron du syndicat des
professeurs (SNPC), les professeurs des lycées et collèges pourraient emboîter
le pas à leurs collègues du primaire si cette revendication n'était pas
satisfaite. La grève serait même ''entrain de prendre forme'', si l'on en croit
Ibouroi Ali Toibibou qui
prévient : ''Cette fois-ci, la situation est grave, parce que la grogne est
profonde''.
Les instituteurs de Ngazidja ont déclenché un
mouvement de grève, depuis hier, pour protester contre les arriérés de
salaires. Dans leur préavis de grève, déposée au ministère de l'Education de
l'île et à celui des Affaires sociales de l'Union, le 1er avril dernier, les
instituteurs avaient menacé de décréter une grève illimitée tant qu'ils n'auront
pas perçu trois mois de salaire. Autrement dit, les trois mois d'arriérés de
2004. Après le paiement des salaires du mois de janvier intervenu ces derniers
jours, les instituteurs refusent de changer de position. Cependant, des
dirigeants du Syndicat national des instituteurs comoriens (SNIC) laissent
entendre que les instituteurs pourraient reprendre leur travail ''si le
paiement du mois de février suivait immédiatement celui de janvier. ''Avec
moins de deux mois de salaire, il n'est pas question de reprendre les cours'',
avait martelé un responsable syndical.
Jusqu'à la semaine dernière, les agents de
l'Etat n'avaient touché aucun salaire depuis le début de cette année.
Deux mois de
salaire ou rien
Hier, les instituteurs ont massivement suivi le
mot d'ordre de grève lancé par leur syndicat dans les différentes
circonscriptions pédagogiques de Ngazidja. Toutes les écoles primaires de l'île
ou presque, ont fermé leur porte. Les écoliers qui s'étaient présentés n'y ont
pas vu l'ombre d'un enseignant.
Au niveau des autorités compétentes, c'est le
silence. Au ministère de l'Education de Ngazidja, selon un dirigeant syndical,
ont dit ne disposer d'aucune posibilité de satisfaire
les revendications des instituteurs. Le ministère des Affaires sociales, quant
à lui, n'aurait même pas réagi au préavis de grève.
A en croire des dirigeants syndicaux qui
citent des autorités de l'Education, l'île autonome de Ngazidja se préparerait,
pour sauver l'année scolaire, à verser les salaires du mois de février aux enseignants
du primaire et du secondaire. Ces derniers, en effet, pourraient suivre
l'exemple des premiers, selon le secrétaire général du syndicat des professeurs
(SNPC), Ibouroi Ali Tabibou.
En attendant que leur syndicat se prononce sur
la question, beaucoup de professeurs du secondaire ont cessé le travail depuis
hier. Ils mettent en exécution, la menace qu'ils avaient émis de ne pas
reprendre les cours à la fin des vacances du second trimestre, le 12 avril,
s'ils ne reçoivent pas, au moins, deux salaires. C'est ainsi, que malgré la
rentrée programmée pour hier, les cours n'ont pas vraiment repris dans les
établissements secondaires. ''Le SNPC n'a pas encore lancé un mot d'ordre de
grève mais n'y est pas défavorable. Nous ne pouvons pas être en désaccord avec
l'expression de mécontentement des enseignants'', expliquait, hier, le
secrétaire général du SNPC selon qui, ''la grève est entrain de prendre
forme''. Cette fois-ci, la situation est grave parce que la grogne est
profonde. Nous sommes devant des lendemains incertains''.
Mmadi Moindjié
Promotion de l'ecotourisme
comme : un des axes du développement des îles
Au cours de l'atelier il s'agissait, entre
autres, de voir dans quelle mesure, cette expérience peut permettre d'étendre l'extension de l'étude
sur les autres îles de l'Union. L'atelier a vu la participation d'une large
gamme d'acteurs allant de responsables d'agence de voyages, d'organisations
non-gouvernementales, de projets de développement et de fonctionnaires.
L'écotourisme est une forme de tourisme qui
s'intéresse aux ressources écologiques et aux dimensions culturelles des
régions visitées. Il vise à minimiser l'impact de l'activité sur
l'environnement.
Situer les facteurs
de blocage
S'il est maîtrisé, il génère des revenus au
bénéfice des populations locales et contribue à la préservation du milieu
naturel et humain dont les populations bénéficient, ce qui permet de réduire
leur dépendance sur les activités déprédatrices des ressources.
Il joue un rôle majeur dans la sensibilisation
et la connaissance environnementale de l'ensemble des parties prenantes :
récepteurs, acteurs et émetteurs du tourisme.''(Equaterre,
2001).
Il est reconnu que dans la structure de la
filière tourisme, le marché est situé principalement dans les pays du Nord et
que l'aval de cette ''filière globale'' est dominée
par les fameux ''tour operators''.
L'écotourisme est un petit segment du tourisme
mondial. Ainsi, l'écotourisme est surtout un atout pour le développement local
des territoires riches en biodiversité comme c'est le cas chez nous. C'est une
activité basée sur ce que l'on appelle les ''actifs spécifiques''. C'est le
cas pour le cœlacanthe et autres
roussettes de Livingstone dans notre pays.
Cette étude sur l'île de Mwali
a permis aux uns et aux autres de voir où se situent les facteurs de blocage.
Ainsi, a-t-il été signalé un certain nombre de préalables à surmonter pour rendre
effectif cette activité.
En effet, nous sommes dans une zone enclavée
donc d'accès difficile, ce qui rend les coûts de voyage, relativement, élevés.
Notre capacité d'accueil est inégalement reparti sur
l'ensemble du territoire national et la fermeture de l'hôtel ''Le Galawa'' a porté un coup rude au secteur touristique. A
l'étranger, il y a une absence d'image touristique pour le produit Comores
comme disent les spécialistes.
Formidables
potentialités
Il a été aussi proposé d'encourager le tourisme de proximité surtout en direction des ''Je viens''
issus de la seconde génération. C'est une cible potentielle pour les
acteurs de l'écotourisme.
Le développement de l'écotourisme devrait
figurer parmi les priorités des décideurs du pays.
Et, comme nous le savons, l'argent n'aime pas
le bruit et pour ce qui est du bruit nous sommes des grands champions. Si nous
voulons que nos îles reprennent leur charme d'antan, il est nécessaire qu'à
tous les niveaux, nous prenions conscience du formidable potentiel dont nous
disposons.
On espère que lors du 9è FED, le développement
de l'écotourisme fera réellement son entrée dans le cadre de la coopération
décentralisée. Pour ce faire, il est nécessaire de responsabiliser davantage
les ressources nationales et travailler en synergie pour éviter le gaspillage
des ressources disponibles à tous les niveaux. Pour certains participants, il
convient d'éviter les grands discours et s'atteler à promouvoir des activités
de terrain avec les acteurs locaux. Mais encore, faut-il savoir où on met ses
pas! Le débat sur le plan directeur pour l'écotourisme pour Mwali
aura au moins eu le mérite de tirer la sonnette d'alarme sur ce qu'il convient
de ne pas faire. Et, ce n'est pas rien!
Hachime Abdérémane
Jeunesse : Pour une redynamisation du
scoutisme comorien
Depuis le 6 avril dernier, le pays a l'honneur
d'accueillir une importante personnalité de l'organisation mondiale du
scoutisme. Olivier Waïndi est originaire du Kenya.
C'est un formateur des formateurs. Il est membre du scoutisme kenyan depuis
l'âge de six ans. Il a débuté dans les groupes de jeunes appelés "Cubs" (litt=lionceau).
Patient et persévérant, il a gravi les échelons du mouvement scout jusqu'à
atteindre, aujourd'hui, le grade de directeur général adjoint de la région
Afrique. Il assume les structures de programmation et de formation des jeunes
responsables en Afrique continentale et insulaire. Swahilophone
et anglophone, il avait comme interprète aux Comores un pionnier du scout
comorien, Ali Mhadji. Impressions.
LGDC : Quel est l'objet de votre mission
actuelle aux Comores?
Oliver Waïndi :
Permettez-moi, d'abord, de saluer votre initiative et la direction de votre
journal pour son intérêt pour le mouvement scout, donc pour la jeunesse
comorienne. Ailleurs, les presses se préoccupent de tout, sauf du mouvement des
jeunes.
Cela m'encourage en pensant que le scoutisme
vous intéresse.
En décembre dernier, j'avais séjourné ici pour
une mission d'évaluation. Aujourd'hui, je concrétise ma démarche. Je viens pour
former les cadres techniques des boys scouts comoriens des deux sexes. Je vais
tenter de les initier surtout aux techniques de programmation et d'élaboration
de plan d'action spécifique.
LGDC : Quelles sont vos impressions sur le
pays?
O.W. : Je suis surpris par l'accueil
chaleureux et l'exceptionnelle ouverture de vos compatriotes. De l'extérieur,
on est submergé par des images plus ou moins désagréable
des Comores souvent véhiculées par la presse. On y dit que les Comores, c'est
le terrorisme, alors qu'ici, c'est la paix et
la fraternité.
De même, les jeunes scouts comoriens sont plus
militants, plus combatifs et plus persévérants qu'ailleurs. Aux Comores, ces
jeunes se débrouillent personnellement pour assurer le bon fonctionnement du
mouvement scout. Dans bien d'autres pays, les autorités soutiennent
structurellement et financièrement les activités du scoutisme. J'admire les boys scouts comoriens. Ils sont un bon
exemple pour leurs collègues des autres pays.
LGDC : Avez-vous un dernier mot?
O.W. : Je voudrai d'abord m'adresser aux
parents comoriens. Je leur conseille d'inscrire leur enfant dans le mouvement
scout. Le scoutisme est une seconde famille. Il assure l'éducation des jeunes,
cultive l'amour de la patrie, développe la fraternité et le sens de la
responsabilité. Un scout appliqué est le gage d'un bon citoyen, utile à la
société.
De leurs côtés, les gouvernants nationaux
doivent s'impliquer davantage dans l'encadrement des jeunes et la promotion du
mouvement scout. L'avenir d'un pays dépend largement de la qualité de formation
prodiguée à sa jeunesse. Aux responsables des boys scouts, je demanderais de
rester toujours courtois, disponibles et utiles.
Les jeunes qui sont à leur charge doivent voir
en eux un comportement chevaleresque et exemplaire. Ces responsables sont des
femmes et des hommes de caractère, d'honneur et qui luttent pour un monde
meilleur.
S'ils se dérobent à leur mission, ce sont les
jeunes qui seront désorientés. C'est la société comorienne qui perd de bons
citoyens.
BM Gondet
Quelques repères...
Le scoutisme (ou les boys scouts) est un
mouvement des jeunes de renommée mondiale. Il est implanté dans les cinq
continents. Il regroupe de nombreuses associations, laïques et
confessionnelles. La politique n'y a pas droit de cité. Ces associations
partagent les mêmes principes fondamentaux en vue de la formation morale,
physique, pratique et civique des enfants et des adolescents, tout sexe
confondu. Le mouvement scout a été fondé en 1908 par le général anglais Robert
Stephenson Smyth Baden Powel.
Le scoutisme comorien a vu le jour en période
coloniale. Il fut un moment où il était très actif dans dix villages de Ndzuwani, six de Mwali et
quarante de Ngazidja. A Maore ce mouvement connaît
une certaine activité jusqu'à ce jour. Le siège social du mouvement scout se
trouve à Genève en Suisse. Le Jamboree est la réunion internationale des
associations scoutistes, tout pays, tout âge et tout sexe confondus.