EDITION ELECTRONIQUE N°253
Application des dispositions transitoires
Le Comité de suivi hausse le ton
Le Comité de suivi a demandé à l'autorité
anjouanaise de remettre immédiatement le matériel électoral et d'organiser la
partielle de la 14è circonscription le 18 avril. Il a autorisé l'Union à
''redéployer'' sa représentation aux l'antennes de la CNEI de Ndzuwani et de Mwali, ''à condition de garder un seul représentant au lieu
de trois à Ngazidja'' et a décidé que la communauté internationale sera
représentée, au même titre que les autres partenaires, au sein de la structure
nationale et des antennes de la commission. Toujours sur les élections, le
comité a accordé un délai de vingt-quatre heures aux citoyens figurant sur les
''listes-mère'' pour, le cas échéant, qu'ils s'inscrivent sur les ''listes
actualisées'' étant entendu que seules les listes dites ''actualisées''.
En ce qui concerne le vide juridique
occasionné par l'absence de la cour constitutionnelle il propose, ''en
l'absence d'un consensus entre les parties comoriennes de soumettre la question
à l'appréciation de hautes autorités du pays''.
En fin, il a relevé ''des graves
irrégularités'' dans la mise en œuvre du circuit financier et déploré que ''le
gouvernement de l'Union ait contourné unilatéralement le circuit des recettes
et des dépenses causant, ainsi, un grave préjudice à ses partenaires''. De
même, il a constaté que le gouvernement de l'Union, malgré ses multiples
engagements, ''n'a pas versé, comme prévu, le montant de la taxe unique sur les
hydrocarbures au compte commun des recettes et que cette violation a été
permise par le non-respect de ses obligations par la Banque centrale des
Comores''. Pour protester contre cette ''série de violations'', l'île de Ndzuwani a notifié ''la suspension de sa participation au
système jusqu'au remboursement intégral des sommes qui lui sont dues par
l'Union''. Le Comité de suivi a, pour sa part ''condamné, énergiquement ces
agissements du gouvernement de
l'Union''.
Le Comité de suivi a tenu, du 12 au 14 avril
2004, sa quatrième réunion au bureau de l'Union africaine à Moroni. Cette
quatrième session a été difficile, de l'avis de beaucoup de participants :
''Elle a été la plus mouvementée de toutes les réunions du Comité de suivi'', a
observé un membre de la Communauté international du Comité. Presque tous les
représentants des parties y ont pris part.
Les travaux avaient porté sur trois points.
D'après le processus électoral (Commission nationale électorale (CNEI), les
listes électorales, le contrôle de constitutionnalité), en suite, sur la
question sécuritaire et en fin sur le Comité d'harmonisation.
Concernant le premier point, après l'exposé du
président de la CNEI, le Comité a considéré que ''de façon globale'' les
législatives des iles se sont déroulées ''de manière
convenable'', sauf dans la 14è circonscription de Ndzuwani
où la Commission a relevé ''quelques irrégularités''. ''Des manquements
graves'' ont été imputés au président de la CNEI. Le Comité de suivi a fait le
constat que le président de la CNEI ''a failli à sa mission''. Le Comité a émis
de ''sérieuses réserves sur sa compétence, son indépendance et son
impartialité''. Le Comité de suivi s'est déclaré ''profondément préoccupé'' par
la décision du ministre de l'Intérieur de Ndzuwani de
confisquer le matériel électoral envoyé par le PNUD (voir notre avant-dernière
édition.
Fin de la troisième session du Comité de
suivi
''Condamnation énergique...’’
Concernant le contrôle de constitutionalité,
la communauté internationale a fait une proposition pour combler provisoirement
le vide juridique occasionné par l'absence de la cour constitutionnelle. Elle a
proposé aux parties comoriennes de mettre en place un comité constitutionnel ad
hoc. ''En l'absence d'un consensus entre les parties concernées, cette question
sera soumise à l'appréciation des hautes
autorités du pays''.
Il a demandé la remise immédiate du matériel
électoral à la CNEI pour la tenue du scrutin partiel dans la 14è
circonscription au plus tard le 18 avril.
A propos de la représentation de l'Union dans
les structures de la CNEI, le Comité a autorisé l'Union à ''redéployer'' sa
représentation à l'antenne de la CNEI de Ndzuwani et
à celle de Mwali, à condition de garder un seul
représentant au lieu de trois à l'antenne de Ngazidja. L'Union a procédé au
remplacement de ses représentants. Ainsi Haliba Ahmed
à Ngazidja est proposé en qualité de vice-président en remplacement de Mohamed
Ibrahim (ancien vice-président de la CNEI), Soifaoui Halidi Karani à Ndzuwani et Ali Said Mdahoma à Mwali. Toujours sur les représentations dans les structures
de la CNEI, il a été décidé que la communauté internationale soit représentée
au même titre que les autres partenaires au sein de la structure nationale et
des antennes de la commission.
Une dernière chance
pour s’inscrire
Concernant les listes électorales, deux
positions contradictoires entre, d'une part, la délégation de l'Union, qui
avait demandé à ce que les ''listes mères'' - celles qui avaient servi aux
référendums et aux élections présidentielles - soient exploitées et servent de
référence à l'élection à l'assemblée de l'Union'' et, d'autre part, celle des
îles, qui voulaient s'en tenir aux ''listes actualisées'', s'étaient opposées.
Faute de consensus entre les deux camps, une réunion restreinte au niveau de la
communauté internationale a pris les décisions suivantes: d'afficher, dès hier
jeudi 15 avril, les listes-mères et les listes actualisées dans les trois
antennes de la CNEI, d'afficher, à la même date, les listes actualisées dans
tous les bureaux de vote et accorder un délai de vingt-quatre heures aux
citoyens figurant sur la liste-mère pour qu'ils vérifient s'ils étaient
inscrits ou non sur les listes actualisées étant entendu que seules les listes
dites ''actualisées'' (celles qui avaient servi aux législatives des îles)
serviront de référence.
Concernant le contrôle de constitutionnalité,
la communauté internationale a fait une proposition pour combler provisoirement
le vide juridique occasionné par l'absence de la cour constitutionnelle.
Circuit financier contourné
unilatéralement
Elle a proposé aux parties comoriennes de
mettre en place un comité constitutionnel ad hoc. ''En l'absence d'un consensus
entre les parties concernées, cette question sera soumise à l'appréciation des
hautes autorités du pays''.
A propos des questions sécuritaires, le Comité
de suivi considère que, ''dans l'île de Ngazidja, les forces de sécurité
respectent la lettre et l'esprit de la loi''.
Mise en cause de la Banque centrale
A Ndzuwani et Mwali le Comité a ''condamné vivement l'interférence des
forces de sécurités dans les activités électorales''.
Concernant le Comité d'harmonisation, le
Comité de suivi a relevé ''des graves irrégularités'' dans la mise en œuvre du
circuit financier. ''Le gouvernement de l'Union a contourné unilatéralement le
circuit des recettes et des dépenses causant ainsi un grave préjudice à ses
partenaires. Cette violation constitue une récidive d'autant plus grave que
l'Union n'a pas versé, comme prévu, le montant de la taxe unique sur les
hydrocarbures au compte commun des recettes. Cette violation a été permise par
le non-respect de ses obligations par la Banque centrale des Comores''. C'est
pour protester contre cette ''série de violations'' que Ndzuwani
a notifié ''la suspension de sa participation au système jusqu'au remboursement
intégral des sommes qui lui sont dues par l'Union.'' Le Comité de suivi a
condamné énergiquement les agissements de l'Union.''
Compte rendu
Mmadi Moindjié
Médias : Arrestation de journalistes de
Radio Ngazidja
Deux journalistes de Radio Ngazidja, dont le
présentateur vedette du journal de la mi-journée, Andhum
Ali Abdallah dit Bouton et Amod Said dit Mbabufou, sans doute l'animateur le plus apprécié des
auditeurs de cette station, sont détenus à la brigade judiciaire de la
gendarmerie, depuis hier jeudi aux environs de midi. On leur reproche d'avoir
''diffusé de fausses nouvelles''. Du déjà entendu!
L'animateur aurait rapporté l'information
selon laquelle, des jeunes supporters de la CRC munis de couteaux, auraient
tenté d'empêcher des personnes de se rendre à Vuni
dans un meeting du candidat Mohamed Isisimaïla de Mdjidjengo.
C'est le nommé Mattoir, militant de la CRC,
originaire de cette localité qui aurait porté plainte.
L'exercice du métier d'informer commence à
devenir dangereux dans ce pays. Les gardes à vue abusives des journalistes se
multiplient depuis quelques temps. La liberté de la presse se trouve
sérieusement menacée.
La CRC face à la presse : ''Nous avons
été entendues pour l'essentiel''
La Coordination pour le renouveau des Comores
(CRC) a tenu une conférence de presse, hier au siège du secrétariat permanent
du parti à Hamramba. L'objectif était de faire leur
compte rendu des résultats des travaux de la dernière réunion du Comité de
suivi (voir plus haut). Selon les deux conférenciers, Ali Toihir,
porte- parole, et Ali Abdallah, secrétaire général adjoint du parti, ''presque
toutes leurs requêtes ont trouvé des réponses plus ou moins satisfaisantes''.
Dans ces conditions, ils ''s'engagent à tout faire pour que les élections se
tiennent et dans de bonnes conditions et dans la sérénité''.
Concernant les listes électorales, une des
leurs principales revendications, le Comité de suivi auraient donné son aval
pour la ''consultation'' des listes-mères. Les responsables de la CRC
reconnaissent, cependant, que la procédure est ''lourde dans un temps trop
limité''. Mais, a-t-il dit, ce n'est déjà pas mal si quelques personnes peuvent
s'inscrire''.
Sur la composition de la CNEI, le porte-parole
de la CRC a indiqué que le Comité a reconnu la faible représentation de l'Union
au sein de cette question.
Concernant la sécurité des opérations
électorales, suivant leur requête, le parti du président Azali,
aurait obtenu la mise en place d'une commission de sécurité, composée des
officiers comoriens et internationaux pour ''coordonner les actions des forces
de sécurités au cours des élections et superviser la régularité de ses actions
et décisions''. Les responsables de la CRC auraient, à ce sujet, constaté des
dysfonctionnements, au cours des dernières législatives des iles.
Selon eux, des autorités civiles, notamment des préfets, donnaient des ordres
aux forces de la gendarmerie et de la police ''alors qu'ils ne sont pas
habilités à le faire''.
Des arrangements sont possibles si...
Selon le parti du colonel Azali,
''les préfets n'ont aucune mission, aucun rôle à jouer dans le déroulement de
ces élections, et encore moins celle de donner des ordres aux forces de
sécurité''.
A propos du fonctionnement des assemblées des iles, notamment celle de Ngazidja, dont le règlement
intérieur n'a pu être validé par la Cour constitutionnelle, la CRC parle
''d'acte anti-constitutionnel'' et a émis des propositions pour la mise en
place rapide de la Haute cour ''afin de sortir vite du blocage''. (Voir, dans
cette même édition, le compte rendu des conclusions de la dernière réunion du
Comité de suivi.) Les conférenciers estiment que ''des arrangements sont
possibles à condition qu'elles soient le
fruit d'un consensus des trois tendances qui forment le parlement de Ngazidja.
Ce n'est pas parce qu'on est majoritaire qu'on peut décider tout ce qu'on
veut''.
Pour conclure, les responsables de la CRC ont
déclaré qu'ils ''s'engagent et feront tout pour que les élections se tiennent
et dans de bonnes conditions et dans la sérénité''.
M. Moindjié