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EDITION ELECTRONIQUE N°254

 

 

Editorial : Que les Comores gagnent!

 

Demain dimanche près de deux cents mille électeurs comoriens vont se rendre pour la neuvième fois, certains, comme les Grands Comoriens, pour la dixième fois en deux ans, dans un bureau de vote pour déposer un bulletin dans l'urne. Ils ont adopté des constitutions, voté des présidents, ils viennent d'élire les députés des îles et s'apprêtent à parachever ce très long processus avec le vote de leurs représentants à l'assemblée de l'Union.

 

Le peuple comorien a accompli, à chaque fois, cet acte fondateur de la démocratie en sachant préserver ce qu'il a de plus cher : la paix civile. Durant ce long cheminement démocratique, il n'y a pas eu d'incidents majeurs. La guerre de la salive a toujours prévalu. En faisant preuve de retenu et de maturité, les Comoriens ont fait la démonstration qu'ils sont mûrs pour la démocratie. Ce dimanche et celui d'après, ils se rendront, de nouveau, avec calme pour accomplir leur devoir civique.

 

Si la démocratie commence par le choix de ses gouvernants par le peuple, elle ne peut exister que par l'acceptation par la minorité d'être gouvernée par la majorité. C'est l'alternance démocratique sans laquelle il ne saurait y avoir de démocratie.

 

La majorité qui sortira des urnes ne sera pas appelée à changer de gouvernants, elle aura la lourde tâche de bâtir les fondements du nouvel ensemble comorien. Elle devra tracer la ligne de partage entre le domaine de compétences qui appartient aux îles et celui que ces dernières concèdent à l'Union dans le respect des constitutions.

 

Cela ne sera pas simple, il faudra que chacun y mette du sien pour que les Comores puissent être les seules vainqueurs.

 

Il n'y aura pas de place pour des manœuvres politiciens qui viendraient remettre en cause le choix qui aura été fait par les Comoriens. La communauté internationale qui nous a accompagné durant ce long processus de réconciliation y veillera!

 

SOA

 

Législatives de l'Union Derniers réglages à la CNEI

 

 

A la Commission nationale électorale indépendante, la CNEI, ont ''met les bouchées double'' pour être au rendez-vous, demain. Entre les membres des Commissions préfectorales venus récupérer le matériel électoral et les délégués des candidats, les navettes se suivaient. Un réel effervescence.

Sur cette dernière ligne droite, la CNEI a enregistré quelques retards sur son planning. Les listes, par exemple, n'étaient toujours pas affichées contrairement à ce qui a été prévu (voir notre édition d'hier). La défaillance dans cette opération qui, pourtant, avait provoqué débats et polémiques, semble n'avoir choqué personne. Tout simplement, parce que personne n'était venue les consulter.

 

Les Comoriens vont se rendre aux urnes, demain dimanche, pour élire les députés de l'Assemblée de l'Union des Comores. Et cela après une campagne, souvent passionnée et tendue, qui a été marquée par des propos menaçants proférés par certains orateurs dans des meetings et la volonté d'en découdre affiché par certains partis politiques. Le risque de confrontation dans certaines circonscriptions, notamment dans la capitale, est perceptible.

Pour le moment, la Commission nationale électorale indépendante (CNEI) ''met les bouchées double'' pour réunir toutes les conditions matérielles et administratives et être au rendez-vous, demain : ''Nous nous déployons pour réduire au maximum les lacunes et les retards constatés en début de journée des opérations électorales dans les bureaux de vote, à l'occasion des législatives des îles'', explique un membre de la Cnei.

Depuis hier matin, une certaine effervescence gagne la commission. Son siège a été envahi par une foule nombreuse et les membres de la Commission se trouvaient quelques peu débordés. Des membres des Commissions préfectorales venus récupérer le matériel électoral aux délégués des candidats qui cherchaient à confirmer les noms des membres des bureaux de vote de leurs circonscriptions, tous faisaient la navette dans les locaux de la CNEI.

Dans le souci d'être à temps et éviter, cette fois-ci, les retards dans l'ouverture des bureaux, elle avait programmé de commencer la distribution du matériel électoral dès hier matin. Mais jusqu'à 12 heures, la distribution n'avait pas encore commencé. Ce qui avait provoqué une certaine colère chez certains représentants des sous-commissions préfectorales qui estimaient ''avoir trop attendu pour rien''.

 

Concernant les agents des bureaux de vote, une formation d'une journée a été organisée, hier, à leur intention, ''pour réactualiser les notions et instructions acquises à la veille des législatives des îles''. Le but, selon un membre de la CNEI, ''c'est de rappeler les instructions et renforcer les capacités des membres des bureaux de vote à mieux gérer leurs bureaux''.

 

Une décision

‘‘incomprise’’

 

Concernant les listes électorales, suivant les recommandations de la dernière réunion du Comité de Suivi, les ''listes'' mères et les ''listes actualisées'' devaient être affichées dans la ''Villa Shmitt'' à Ntsudjini, face à la grande mosquée du village, une maison louée pour l'occasion.

La délocalisation de cette opération - prévue initialement à la CNEI - aurait été motivée par la nécessité de ''désengorger le siège de la CNEI''. Mais à la dernière minute, le nouveau vice-président de la CNEI de Ngazidja, Haliba, représentant de l'autorité de l'Union, a décidé de changer de maintenir l'opération au siège de la CNEI. Une décision qui n'avait pas été ''comprise'' par certains de ses collègues.

L'affichage, recommandée par le Comité de suivi, visait à donner une dernière chance aux électeurs figurant sur la liste mère qui peuvent, ainsi, vérifier s'ils sont inscrits sur les listes actualisées. Un comité d'informaticiens et des membres de la CNEI devrait être mis en place pour instruire les réclamations des électeurs concernées.

Il faut noter que ''seuls les recours individuels en inscription ont été autorisés par la CNEI  laquelle instruit et avise la Commission d'homologation qui prend une décision en inscription''. Toutefois, jusqu'à 11h, cette opération prévue pour vingt-quatre heures, n'avait pas encore commencé. Les listes n'étaient, toujours pas, affichées. Cela ne semble pas avoir choqué grand monde tout simplement, parce que, à cette heure-là, très peu de gens s'y étaient présentés pour consulter les dites listes. L'opération, apparemment, ne fait pas courir les électeurs.

 

Mmadi Moindjié

 

Rapport à mis-parcourt de l'Observatoire des élections : Inquiétudes et recommandations

 

Même si elle a salué ''l'absence d'incidents notables'' pendant la campagne, elle a déploré des ''actes de nature à perturber le bon déroulement des opérations''. Il cite, entre autres, ''les propos violents de certains partis, la volonté d'en découdre de certains en cas de perturbation avérée des élections, la violation manifeste par les médias des dispositions portant sur le temps d'antenne, l'utilisation abusive des biens de l'Etat et l'opacité qui entoure le financement de la campagne de certains candidats. Il recommande, notamment, l'augmentation des tournées de supervision par la CNEI et les gendarmes, le renforcement de la présence des observateurs nationaux et internationaux sur le terrain les jours du scrutin.

 

L'observatoire national des élections a publié, le 14 avril dernier, un ''rapport à mi-parcours de l'observation avant scrutin des élections législatives de l'Union'' des 18 et 25 avril 2004 sur l'île autonome de Ngazidja. Dans cette évaluation à mi-parcours, la mission d'observation a constaté ''le calme et la sérénité'' qui avaient caractérisé les rassemblements politiques et ''l'absence d'incident notable'' lors des réunions publiques. Selon le rapport, cette mission a, cependant, relevé ''des actes de nature à perturber le bon déroulement des prochains scrutins.'' Le rapport a cité, entre autres, les menaces proférés par les orateurs dans certains rassemblements politiques, la volonté d'en découdre de certains en cas de perturbation avérée des élections, la violation manifeste par les médias des dispositions portant sur le temps d'antenne, l'utilisation abusive des biens de l'Etat, l'opacité qui entoure le financement de la campagne de certains candidats.

La mission d'observation estime, par conséquent, ''qu'il y a un risque de perturbation et de violence le jour du scrutin''. Ainsi, pour éviter les éventuelles perturbations, la mission a fait plusieurs recommandations, notamment ''le renforcement de la sécurité des bureaux de vote et de l'acheminement des résultats le jour du scrutin, l'acheminement de tout le matériel, y compris les bougies, au plus tard le 17 avril à 12h, l'augmentation de tournées de supervision dans les bureaux de vote par les membres de la CNEI et par les gendarmes, la mise en place d'un système de communication et de contact permanent et le renforcement de la présence des observateurs nationaux et internationaux sur le terrain.

 

M.Moindjié

 

 

Santé : Médecins Sans Frontières (MSF) lance une campagne de mobilisation contre le paludisme

 

A l'occasion de la quatrième journée africaine de lutte contre le paludisme du 25 avril, l'organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé jeudi à Paris une campagne de mobilisation contre une "maladie qui gagne du terrain", le paludisme. Le mot d'ordre de cette campagne qui s'étendra sur toute l'année 2004 est "Contre le paludisme, il est temps de passer aux ACT!".

 

MSF pour qui "le paludisme est une arme de destruction massive", plaide à nouveau en faveur d'un traitement combiné à base d'artémisinine (TCA ou ACT en Anglais), "efficace et recommandé par l'OMS". Les dérivés d'artémisinine (provenant d'une plante chinoise) peuvent en effet être associés à un autre antipaludéen (comme par exemple la sulfadoxine-pyriméthamine ou Fansidar, ou encore l'amodiaquine) constituant ainsi les TCA/ACT. Des associations thérapeutiques qui sont "encore que trop marginalement employées" dans les pays fortement touchés par le paludisme, déplore MSF qui souhaite aussi une diminution du prix ces traitements pour les pays les plus pauvres. "Alors que l'on rêvait de l'éradiquer dans les années 1960, la maladie gagne du terrain. Aujourd'hui, on compte 4 fois plus de cas, 3 fois plus de morts que dans les années 1970", selon MSF.

Le moustique femelle anophèle est le vecteur essentiel du parasite Plasmodium falciparum, principal responsable du paludisme (encore appelé malaria). La maladie cause chaque année dans le monde "au moins" un million de décès, selon l'OMS.

Avec sa campagne en France, MSF souhaite inciter les dons pour développer les traitements efficaces qu'elle organise sur le terrain (plus d'1,1 million de patients, essentiellement en Afrique, pris en charge par MSF, toutes sections confondues).

Le prix d'achat d'un traitement (test diagnostic + thérapeutique efficace) coûte environ 2 euros, relève l'association.

Selon l'OMS, "90% des décès dus au paludisme surviennent en Afrique, au sud du Sahara, touchant principalement les jeunes enfants. Le paludisme tue un enfant africain toutes les 30 secondes. De nombreux enfants qui survivent à un accès de paludisme grave peuvent présenter des troubles de l'apprentissage ou une atteinte cérébrale".

 

 

AFP