EDITION ELECTRONIQUE N°258
Résultats définitifs du 1er tour des
législatives de l’Union
Un verdict contesté
La commission d'homologation a rendu son
verdict hier à la mi-journée. Si dans l'ensemble les résultats du premier tour
de Mwali et de Ndzuwani
sont sans surprise, ceux de la première et la sixième circonscription de
Ngazidja sont inattendus.
Beaucoup d'observateurs croyaient que dans le
contentieux qui opposait le docteur Mtara Maécha et le ministre Houmed Msaïdié, on s'acheminait vers une annulation pure et simple
du scrutin étant donné l'écart minime (26 voix) qui séparait les deux candidats.
Il existe d'ailleurs une jurisprudence du
Conseil d'Etat français qui veut qu'en cas de contestation de résultats,
lorsque la différence de voix qui sépare les deux candidats est infime,
l'élection est annulée et les candidats retournent devant leurs électeurs pour
les départager! Une telle décision aurait été sage et équitable.
Mais le plus incroyable est le cas de la 6ème
circonscription Hamahame-Bwaku ou les résultats
publiés par la CNEI donnaient une avance confortable à l'un des candidats, en l'occurrence
Mohamed Chafiou du Mdjidjengo
(464 voix). Le procès-verbal établi par la CNEI constate même une tentative de
détournement de certains résultats par un représentant de l'autre candidat.
Toujours est-il que l'annonce de ces résultats
provoque un tollé dans le camp des Mdjidjengos.
Le représentant anjouanais dans la commission Rafiki Mohamed a remis sa démission de cette instance.
Le docteur Maécha a
publié (lire page 3) une déclaration dans laquelle il met en cause le président
de la Commission d'homologation, le Béninois maître Abraham Zinzindohoue.
A l’issue de ce premier tour, cinq candidats mdjidjengo sont déclarés élus (trois à Ndzuwani,
un à Mwali et un à Ngazidja). L’Union remporte trois
sièges à Ngazidja.
Sur cette île, l’élection de la
circonscription de Ngazidja (Hamahame-Mbwanku) où le
candidat mdjidjengo, Mohamed Chanfiou,
été arrivé en tête a été annulé. Les électeurs seront
à nouveau convoqués pour dimanche.
Duel dans le Banbao
Kémal fait alliance avec la CRC
Le leader du parti CHUMA arrivé en deuxième
position, derrière le ministre de l'Education de Ngazidja Mohamed Ismaël, a
reçu le soutien de la CRC. Dans un meeting organisé à Vuvuni,
avant-hier, Saïd Ali Kémal a déclaré que la CRC le
soutient ''parce qu'elle mène le même combat que lui pour la défense de l'unité
des Comores''. Il semble que le patron de CHUMA n'a pas avalé le fait que
Mohamed Ismaël se soit présenté contre lui. Il faut noter que la coalition
autour du président Elbak n'avait pas réussi à
trouver un accord pour présenter un candidat commun dans toutes les
circonscriptions. Toutes fois, il était entendu qu'un code de bonne conduite
devrait être respecté par les candidats et qu'en cas de second tour, la
discipline républicaine devrait jouer.
Toujours est-il que cette position de Said Ali
Kémal a jeté le trouble dans le camp de Mdjidjengo et qu'elle risque de faire le jeu de
l'adversaire. D'ailleurs depuis cette décision Radio Comores qui était fermée
aux candidats qui ne sont pas de la CRC est largement ouvert au candidat de
CHUMA. Elle ne tarit pas d'éloges pour le leader du CHUMA.
Zone franc : Réunion des ministres des
Finances à Brazzaville
Les ministres des Finances, les gouverneurs
des Banques centrales et les dirigeants des institutions régionales des Etats
membres de la Zone franc se sont réunis le jeudi 15 avril denier à Brazzaville
du ministre français délégué au Commerce extérieur et de Xavier DARCOS,
ministre français délégué à la Coopération, au Développement et à la
Francophonie.
Leurs travaux ont porté en particulier sur la
mobilisation des recettes publiques au service de la croissance, le climat des
affaires, les émissions obligataires et la notation des Etats en zone franc,
ainsi que la convergence des politiques économiques des pays de la zone et la
préparation des comités de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et
de la Banque mondiale.
Dans le prolongement de leurs discussions en
septembre dernier à Paris sur la mobilisation des ressources fiscales en zone
franc pour financer les politiques publiques, les ministres ont débattu et
globalement endossé les recommandations opérationnelles qui ont été formulées à
l'issue d'un séminaire qui a réuni les directeurs de leurs administrations
fiscales et douanières à Libreville au Gabon en janvier. De même une assistance
a été demandée à la France pour le renforcement des capacités de ces
administrations. Conscients de la nécessité de redresser significativement le
niveau de la collecte fiscale dans les pays de la zone franc, qui reste inférieur
à la moyenne d'autres pays africains et qui est indispensable au financement de
politiques de réduction de la pauvreté et de croissance, les Ministres se sont
engagés à prendre les mesures nécessaires.
Le climat des affaires
A cette fin, ils se sont déclarés prêts à
assurer une application effective des recommandations de leurs administrations.
Les ministres ont réaffirmé l'importance de
l'amélioration du climat des affaires en Zone franc, ce qui passe notamment par
l'implication, dans chaque pays, des différentes administrations concernées et
du secteur privé. Ils ont rappelé leur souhait de progresser rapidement sur ce
thème, en étroite liaison avec leurs instances régionales en particulier pour
améliorer les systèmes juridique et judiciaire mettant en oeuvre le droit des
affaires prévu par l'OHADA. Les Ministres ont par ailleurs rappelé la démarche
initiée par les instances régionales lors de la réunion de septembre 2002 pour
mettre en place une surveillance multilatérale régulière de l'environnement des
affaires en Zone franc et ils ont appelé ces instances à poursuivre ce travail
essentiels pour la gouvernance et les progrès de la transparence. Ils ont
rappelé la nécessité de poursuivre les réflexions sur
les enjeux du développement du système bancaire en Zone franc en relation avec
les banques centrales.
Par ailleurs, les Ministres s'engagent à
mettre en oeuvre rapidement les textes communautaires adoptés en matière de
lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, notamment
en rendant opérationnelles les unités de renseignement financier.
La définition et la mise en oeuvre d'une saine
politique d'endettement des Etats est essentielle pour
le développement des pays. Avec la progression du nombre de pays atteignant le point
d'achèvement de l'initiative PPTE, cette question est d'autant plus cruciale
qu'elle participerait à éviter le retour à un surendettement.
Convergences des politiques économiques
Après un raffermissement en 2001, la
croissance économique réelle de la Zone franc a fléchi en 2002 et 2003. Malgré
des progrès notables dans le domaine monétaire avec notamment la réduction de
l'inflation, les ministres ont constaté que les efforts en matière de
convergence devaient être approfondis, en particulier s'agissant de la
réduction des déficits budgétaires.
Dans cette perspective ils ont insisté sur la
nécessité, entre autres, d'une mobilisation politique au plus haut niveau en
vue de respecter les horizons de convergence et de renforcer la solidarité et
la stabilité monétaires de la Zone, d'un renforcement de l'assainissement des
finances publiques, d'une amélioration de la collecte fiscale, d'un
développement des indicateurs complémentaires permettant de mieux mesurer
l'évolution à moyen terme des critères de convergence.
Microfinance : Assemblée générale des grands
électeurs de la Meck-Moroni
Le mercredi 21 avril, dans l'après-midi, s'est
tenu à l'Alliance franco-comorienne (AFC) la première assemblée générale des
grands électeurs. Les grands électeurs sont au nombre de 250 et devaient être,
en principe, être élus lors des assemblées de secteurs mais dans cette phase de
mise en place de ce nouvel organe, ces derniers ont été choisis sur un mode de
cooptation selon des critères arrêtés par les instances élus et validés par une
assemblée générale tenue en juillet 2003.
L'assemblée générale avait comme objectif de
regrouper les grands électeurs pour les informer de leur désignation et les
sensibiliser sur les rôles et missions et fonctionnement du nouvel organe qu'est
le collège des grands électeurs. Ainsi l'ordre du jour a porté sur la
présentation des objectifs, du rôle et la mission des grands électeurs,
l'affiliation à l'Union des Mecks et le problème des
locaux de la Meck-Moroni. Il faut savoir que la Meck-Moroni compte quelque dix mille membres, l'épargne
collectée s'élève à près de 2,2 milliards de francs et plus de 1600 crédits ont
été octroyés d'un montant total de près de un milliard huit cents millions de
francs.
C'est dans une atmosphère studieuse que les
participants ont pris part à cette assemblée. Les
débats se sont déroulés dans le souci de mieux clarifier le rôle dévolu à
chacun, que ce soit au niveau de l'Union des Mecks ou
au niveau des mutuelles. Le concept de mutuel a été expliqué de long en large
par certains participants pour mieux ressortir la philosophie qui
sous-tend cet organisme. Le mot de
solidarité est revenu plusieurs fois dans la bouche des orateurs pour mieux
différencier la mutuelle d'une banque commerciale. Sur tous les points de
l'ordre du jour, il s'est dégagé un consensus pour permettre au conseil
d'administration d'explorer les voies les meilleures pour que la mutuelle
s'engage progressivement dans l'Union des Mecks et
trouve une solution rapide à l'acquisition des locaux dont elle sera
propriétaire. L'assemblée générale ordinaire se tiendra en mai ou juin de cette
année.
L'assemblée générale a été clôturée par un
cocktail.
Hachime Abdérémane
2è tour des législatives de l'Union : La
bataille du Mbadjini du Sud-ouest : Souef-Mzimba : Entre David et Goliath
L'enjeu est grand et d'une envergure politique
particulière. Le 2ème tour qui oppose le puissant directeur général des
Hydrocarbures et n°1 bis du régime du colonel Azali à
l'ancien ministre des Affaires étrangères du président Mohamed Taki, Ibrahim Ali Mzimba, est
particulièrement important en ce sens que Abdou Souefo
constitue un des mythes du pouvoir de
l'Union. Il possède beaucoup d'atouts sur Mzimba.
Abdou Soefo détient
une véritable machine électorale à la hauteur d'une élection présidentielle
qu'aucun candidat ne possède. Tous les moyens matériels qui peuvent faciliter
son élection sont déployés (implantation de poteaux, fils électriques, téléphones…).
La campagne du patron de CRC est encadrée et
soutenue par les hauts fonctionnaires aisés du régime notamment le douanier Antoissi Abdallah.
Face à lui, un homme seul, qui se présente
pour la première fois, avec peu de moyens, et sans appareil politique. La
bataille est inégale. Mais Ibrahim Mzimba a quelques
atouts. Les Comoriens aspirent au changement, et ce dernier même s'il a été
quelques mois ministre, n'est pas un habitué de la politique. Il est perçu
comme un homme neuf. Il a révélé de réelles capacités à mobiliser une
population au tour d'un projet social. Selon un enseignant de la région de Mbadjini,
''Mzimba fascine par son discours moderne et sa
jeunesse. Ses exposés touchent la vie de
tous les jours. Il parle beaucoup de l'élaboration d'un nouveau code de la
famille qui doit protéger l'enfance et les mamans abandonnées''.
Dans sa vieille BMW, il sillonne seul avec le
professeur Ali Issiaka, son directeur de campagne
tous les villages du Mbadjini Ouest jusqu'à des
heures tardives de la nuit. Sa force repose sur le contact direct avec les
jeunes sur les stades du football et dans les places publiques des villages. Mzimba, officiellement soutenu par le président Elbak devrait être élu à condition que Mohamed Ali Diguera,
arrivé en troisième position, joue la discipline républicaine et accepte
d'appeler à voter pour lui. Ce qui n'est pas encore acquis.
L'enjeu est grand et d'une envergure politique
particulière. Le 2ème tour qui oppose le puissant directeur général des
Hydrocarbures et n°1 bis du régime du colonel Azali à
l'ancien ministre des Affaires étrangères du président Mohamed Taki, Ibrahim Ali Mzimba, est
particulièrement important en ce sens que Abdou Souefo
constitue un des mythes du pouvoir de
l'Union. Il possède beaucoup d'atouts sur Mzimba.
Abdou Soefo détient
une véritable machine électorale à la hauteur d'une élection présidentielle
qu'aucun candidat ne possède. Tous les moyens matériels qui peuvent faciliter
son élection sont déployés (implantation de poteaux, fils électriques, téléphones…).
La campagne du patron de CRC est encadrée et soutenue
par les hauts fonctionnaires aisés du régime notamment le douanier Antoissi Abdallah.
Face à lui, un homme seul, qui se présente
pour la première fois, avec peu de moyens, et sans appareil politique. La
bataille est inégale. Mais Ibrahim Mzimba a quelques
atouts. Les Comoriens aspirent au changement, et ce dernier même s'il a été
quelques mois ministre, n'est pas un habitué de la politique. Il est perçu
comme un homme neuf. Il a révélé de réelles capacités à mobiliser une
population au tour d'un projet social. Selon un enseignant de la région de Mbadjini,
''Mzimba fascine par son discours moderne et sa
jeunesse. Ses exposés touchent la vie de
tous les jours. Il parle beaucoup de l'élaboration d'un nouveau code de la
famille qui doit protéger l'enfance et les mamans abandonnées''.
Dans sa vieille BMW, il sillonne seul avec le
professeur Ali Issiaka, son directeur de campagne
tous les villages du Mbadjini Ouest jusqu'à des
heures tardives de la nuit. Sa force repose sur le contact direct avec les jeunes
sur les stades du football et dans les places publiques des villages. Mzimba, officiellement soutenu par le président Elbak devrait être élu à condition que Mohamed Ali Diguera,
arrivé en troisième position, joue la discipline républicaine et accepte
d'appeler à voter pour lui. Ce qui n'est pas encore acquis.
2è semaine de la grève des instituteurs :
Un mouvement oublié
Depuis la semaine dernière, les instituteurs
sont en grève illimitée. Ils réclament des arrières de salaires. ''Seul le
paiement du mois de février, lance un directeur d'établissement, peut mettre
fin à la grève''.
A seulement moins de quatre moins de la fin de
l'année scolaire, ce mouvement, si il devait se prolonger entraînerait de
graves perturbations dans les programmes et le déroulement même de l'année.
Certains parents ne peuvent s'empêcher de penser à un redoublement général dans
le primaire. Les élèves de la CM2, quant à eux, s'inquiètent pour leurs
examens. Le concours d'entrer en sixième devrait être précédé par un examen blanc
dans une dizaine de jours. ''Pourquoi les enseignants attendent toujours la fin
de l'année scolaire pour déclencher leur grève?'' s'interroge cet élève de la
CM2 qui a attendu des heures devant le portail de son établissement resté
désespérément fermé. Quand on sait qu'il est trop tard pour les parents - qui
ont les moyens - de transférer leurs enfants dans un établissement privé, on
comprend les dégâts qu'un prolongement du mouvement lancé par le syndicat des
instituteurs peut avoir sur la scolarité de milliers de tout jeunes enfants.
Ce qui plus grave encore c'est qu'on a
l'impression que le mouvement est mis entre parenthèse pendant les campagnes
électorales. En effet, à l'heure actuelle aucune rencontre entre le syndicat
des instituteurs et les autorités n'est prévue pour
trouver une solution.
Ahmed Bourguiba
C'est ''le triomphe de l'arbitraire'' écrit le
docteur Mtara Mlaecha dans
une déclaration intitulée ''Une décision injuste et partisane'' parue hier à
Moroni peu après la publication des résultats par la Commission d'homologation.
Le candidat de la première circonscription dit
''contester les résultats publiés par la CH concernant le premier tour des
législatives de l'assemblée de l'Union des Comores dans la première
circonscription de Ngazidja (Mitsamihuli-Mbude)''. Mtara Maecha parle d'''un hold-up électoral''. Selon lui, le Béninois, maitre Abraham Zinzindohoue,
président de la Commission d'Homologation représentant l'Organisation
Internationale de la Francophonie, ''a renoué avec les pratiques qu'il avait
utilisées pour faire du Colonel Azali, en 2002, alors
minoritaire dans le pays, ''Président'' de l'Union des Comores''.
Il qualifie cette décision ''affaire grave''
car Maître Abraham a ''usurpé la majorité des suffrages des électeurs de Mitsamihuli-Mbude qui s'était portée sur moi pour les
attribuer à mon adversaire''.
D'après le docteur Mtara
Maecha, les preuves concernant les fraudes massives
seraient entre les mains de maître Abraham mais, ce dernier ''a préféré aller
dans le sens contraire de la justice et de l'équité'' et valider une mascarade
électorale. ''Ce qui est une injustice surtout s'agissant d'un homme de loi
envoyé par la prestigieuse Organisation Internationale de la Francophonie dont
le leitmotiv est démocratie et Etat de droit''.
Cette décision ''partisane et située aux
antipodes de la réalité risque'', selon le docteur Mtara,
''d'annihiler tous les efforts déployés par la communauté internationale et
notamment l'Union africaine pour mettre en marche le processus de réconciliation
nationale''.
Cette décision ''ne respectant pas la volonté
librement et consciencieusement exprimée par la majorité des électeurs de la
région Mitsamihuli-Mbude'' le candidat dit tenir
''responsables les magistrats et au premier rang desquels maître Abraham qui
ont sciemment volé la victoire de tout un peuple pour l'attribuer à mon
adversaire''.