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EDITION ELECTRONIQUE N°259

 

Après la publication des résultats du 1er tour des législatives de l'Union : Les chefs des exécutifs des îles ''exigent'' le départ du président de la Commission d'homologation

 

Le président de la Commission d'homologation, le Béninois Abraham Zinzindohoue, est gravement mis en cause par les présidents des îles qui se sont réunis, hier vendredi à Ndzuwani et rendu public une résolution qui exige son remplacement (lire ci-dessous l'intégralité de cette résolution). Ils estiment que ''les agissements de maître Zinzindohoue constituent une menace grave à la transparence du processus électoral dont les conséquences directes sont le détournement du verdict populaire''.

 

Les résultats du premier tour des législatives de l'Union proclamés jeudi par la Commission d'homologation ont soulevé un tollé au sein de larges franges de l'opinion et des Mdjidjengos. Ces derniers estiment que le verdict relatif à la première circonscription (Mitsamihuli-Boude), et la sixième (Hamahame-Bwanku) à Ngazidja ainsi que la septième (Sima-Moya) à Ndzuwani ''est trop partisane pour être compatible avec ses nobles missions de juge''. Les chefs des exécutifs des îles ont également demandé à leurs représentants à la Commission d'homologation de démissionner. Celui de Mohamad Bacar de Ndzuwani, Rafiki Mohamed a remis sa décision dès jeudi, celui de Mzé Soulé Elbak, Mourad Said Ibrahim, a adressé sa lettre de démission hier soir et l'on attend celle du représentant de Mwali.

 

Par ailleurs, un communiqué publié, hier après midi par les membres de la CNEI représentants les exécutifs des îles autonomes et l'opposition, exige également le départ du président Abraham Zinzindohoue. Les auteurs de ce communiqué estiment que ''les décisions de la C.H. reposent sur l'arbitraire, l'injustice, car ne tiennent pas en considération les rapports circonstanciés de la CNEI''.

 

Résolution des présidents des îles autonomes

 

Les présidents des îles autonomes de Ngazidja , d'Anjouan et de Mwali se sont réunis au Palais présidentiel de Dar-Nadjah, ce vendredi 23 avril 2004 suite à la proclamation des résultats électoraux du premier tour du scrutin pour les législatives de l'Assemblée de l'Union, ainsi  que de la partielle de la 14è circonscription électorale de l'île autonome d'Anjouan et à la suite de la démission des représentants des autorités des îles autonomes dans la CH qui a ouvert une crise au sein de cet important organe.

 

Les présidents des îles ont fait le constat de manquements graves dans les procédures d'homologation et de délibération des résultats du scrutin du 18 avril 2004.

 

En effet, à la lumière des décisions relatives à la première circonscription électorale (Mitsamihouli-Mboudé), à la 6ème circonscription  électorale (Hamahamet-Mboinkou), à Ngazidja, à la 7ème circonscription électorale (Sima-Moya), à Anjouan, il est indéniable voire flagrant que la Commission d'homologation a fait preuve d'une attitude trop partisane pour être compatible avec ses nobles missions de juge.

 

Malheureusement, ce n'est que la récidive de ce qui s'est passé à la 4ème circonscription électorale à (Mutsamudu), à la 14ème circonscription électorale (Domoni) pour l'Assemblée de l'île autonome d'Anjouan), à la 8ème circonscription électorale (Pimba) et à la 9ème circonscription électorale pour l'Assemblée de l'île autonome de Ngazidja.

 

Il en résulte que ces manquements graves et ingérences répétées à tous les niveaux du processus électoral (CNEI, etc..) sont imputables à maître Abraham Zinzindohoue, président de la Commission d'homologation, qui par ailleurs a tenu publiquement des propos contraires à l'éthique : ''J'ai été très complaisant avec les îles et particulièrement envers Anjouan, et je ne le serais plus''.

 

Considérant que les propos tenus par maître Abraham Zinzindohoue dénotent, de sa part, une volonté manifeste et irréversible de se mettre en marge de sa mission de Juge et se comporter en partisan déclaré;

 

- Qu'une telle attitude est foncièrement incompatible avec les missions assignées à la Commission d'homologation et notamment à son président dont la voix est prépondérante en cas de partage;

- Considérant que les agissements de maître Abraham Zinzindohoue constituent une menace grave à la transparence du processus électoral dont les conséquences directes sont le détournement du verdict populaire et donc la trahison de la confiance du peuple;

- Que cette situation, si elle devait se perpétuer, risque de compromettre l'unité nationale et hypothéquer la paix civile qui est une condition nécessaire à l'expression démocratique de la volonté populaire.

- En conséquence, nous, présidents des îles autonomes de Ngazidja, d'Anjouan et de Moili adoptons les résolutions ci-après :

 

1 - Exigeons du Comité de suivi et notamment de l'OIFle remplacement de maître Abraham Zinzindohoue en sa qualité de membre au sein de la Commission d'homologation,

2 - Exigeons le réexamen des cas litigieux sus mentionnés et constatés au cours des dernières élections.

3- Rappelons que les exécutifs des îles autonomes ne désigneront pas des nouveaux représentants  au sein de la Commission d'homologation aussi longtemps que ces conditions ne seront pas satisfaites

 

Grave malaise au sein de la Commission d'homologation

 

Le représentant de l'île autonome de Ndzuwani, le magistrat Rafiki Mohamed démissionne quelques heures seulement après la publication des résultats après avoir dénoncé des décisions qui sont prises par le président de la commission en dehors des travaux de cette dernière. Mourad Said Ibrahim, son collègue de Ngazidja lui a emboîté le lendemain après avoir fait part, à plusieurs reprises, de son ''désaccord avec les méthodes de maître Abraham Zinzindohoue'' le Béninois président de la commission. Une partie des membres de la CNEI, dans un communiqué disent ''retirer la confiance qu'ils avaient toujours accordée à la Commission d'homologation… et exigent le départ de maître Abraham Zinzindohoue. Enfin, les chefs des exécutifs des îles ''exigent'' le remplacement du magistrat béninois ''en tant que membre de la Commission d'homologation'' et menacent de ne pas ''désigner de nouveaux représentants au sein de la Commission d'homologation'' aussi longtemps que leurs conditions ne seront pas satisfaites.

 

La Commission d'homologation des élections traverse un moment difficile avec la démission d'un de ses membres, le représentant de l'île autonome de Ndzuwani, le magistrat Rafiki Mohamed. Par ailleurs, le même jour, des rumeurs de plus en plus persistantes, prêtait à son collègue représentant l'île autonome de Ngazidja, Mourad Said Ibrahim l'intention de lui emboîter le pas.

 

Avant-hier, le magistrat anjouanais n'a pas assisté à la séance publique de proclamation des résultats définitifs du premier tour des législatives de l'Union. Ce qui pour l'opinion constituait une confirmation de la rumeurs de son départ. A la question de savoir pourquoi Rafiki Mohamed n'assistait pas à la proclamation des résultats, le président de la Commission d'homologation, le Béninois maître Abraham Zinzindohoue, avait répondu tout simplement ''qu'il a été empêché''.

 

Démissions en cascade

 

De son côté, Mourad Said Ibrahim qui avait, lui, assisté à la cérémonie de proclamation des résultats a refusé, contrairement à ses habitudes, de répondre aux questions des journalistes. Ce fait était d'autant plus remarqué que lors des précédentes proclamations, Mourad s'était prêté, volontiers à cet exercice. En privé, le magistrat grand comorien assurait, en début de matinée, ''qu'il avait rédigé sa démission et qu'il attendait le président de Ngazidja (qui était en réunion à Ndzuwani, NDLR) pour la déposer. A un ami proche, Mourad avait, à plusieurs reprises, fait part de son ''désaccord avec les méthodes de maître A. Zinzindohoue''. 

 

La confirmation de la démission du magistrat anjouanais devait tomber quelques heures seulement après la proclamation des résultats sous forme de lettre envoyée au président de l'île autonome d'Anjouan. Rafiki Mohamed écrivait, notamment que ''des faits qui se sont produits pendant le déroulement de nos travaux de la session du 19-22 avril 2004… interpellent ma conscience''.

 

Méfiance

 

Il précisait : ''La décision de l'homologation de cette circonscription (14è circonscription pour les législatives des îles, NDLR) n'a pas été prise au sain de notre commission..

 

Mais, aux dires de notre président, maître Abraham, bien avant le scrutin du dimanche 18 avril 2004 par une autre instance dont j'ignore la compétence….) (lire ci-contre des extraits de la lettre).

 

Hier après midi on apprenait la démission de Mourad Said Ibrahim. Cela après que dans une résolution signée le jour même à Dar-Nadjah, la présidence de l'île autonome de Ndzuwani, les trois chefs des exécutifs des îles oint ''exigé'', entre autres, du Comité de suivi et notamment de l'Organisation de la francophonie le remplacement de maître Abraham Zinzindohoue en sa qualité de membre de la Commission d'homologation, le réexamen des cas litigieux (…)'' et déclaré ''qu'ils ne désigneront pas de nouveaux représentants au sein de la commission aussi longtemps que ces conditions ne seront pas satisfaites''.

 

La tension qui traverse la Commission était perceptible bien avant et lors de la proclamation des résultats jeudi à la mi-journée. Rappelons que cette dernière a été fixée à mercredi à 18h, puis remise à 20h et, en fin, reportée pour le lendemain à midi.

 

La veille, à son siège au Royal Itsandra, les travaux s'étaient déroulés dans un climat tendu, ''compte tenu des divergences qui avaient surgit entre ses membres quant au procédure à suivre pour délibérer'' rapporte un des membres. La commission a dû plancher jusqu'à tard dans la nuit du mercredi pour tenter d'aboutir à un consensus. Le représentant de Ndzuwani aurait même claqué la porte. Cela n'avait pas, toutefois, empêché la Commission de prendre une décision.

 

Perte de confiance

 

Par ailleurs, un communiqué publié, hier après midi par les membres de la CNEI représentants les exécutifs des îles autonomes et l'opposition, exige également le départ du président Abraham Zinzindohoue. Les auteurs de ce communiqué estiment que ''les décisions de la Commission d'Homologation reposent sur l'arbitraire, l'injustice, car ne tiennent pas en considération les rapports circonstanciés de la CNEI''.

 

De l'avis général, lors de la proclamation des résultats du premier tour des législatives de l'Union, l'atmosphère était bien moins enthousiaste comparé aux précédentes cérémonies.

 

Mmadi Moindjié

 

 

  Extraits de la lettre de démission de Mourad Saïd Ibrahim

 

Les travaux de la Commission d'homologation se sont déroulés dans un climat acceptable lors du scrutin des législatives des îles. Lors de l'examen contentieux issu du scrutin des législatives de l'Union, force m'est de constater que les travaux se sont déroulés dans un climat très tendu, marqué par une suspicion permanente est dénuée d'un réel débat démocratique.

 

A cela s'ajoute une approche méthodologique variante et non cohérente d'un cas à un autre.

 

De surcroît, il m'a semblé que le choix dès débats c'est, d'avantage, porté sur une approche plutôt politique que juridique. Aussi ma conscience ne me permet plus de continuer à poursuivre sereinement la mission e magistrat que vous m'aviez confié''.

 

Rafiki Mohamed

 

''Ma conscience ne lui permet pas de cautionner une telle décision''

 

Rafiki Mohamed, il a remis sa démission, avant-hier, au président de l'île autonome de Ndzuwani qui l'a nommé comme membre représentant de l'île au sein de la Commission d'homologation. Il conteste les procédures suivies lors de la délibération de la partielle de la 14è circonscription des législatives des îles à Ndzuwani : ''Les procédures que nous avons toujours suivies n'ont pas été respectées'', a-t-il souligné dans sa lettre de démission. Rafiki révèle que ''la décision de l'homologation de cette circonscription n'a pas été prise au sein de notre commission''. Et Rafiki d'ajouter : ''Elle a été prise, aux dires de notre président, maître Abraham, bien avant le scrutin du dimanche 18 avril 2004 par une autre instance dont nous ignorons la compétence''.

 

Le magistrat démissionnaire fait remarquer que sur ce bureau se tenaient deux scrutins, l'un portant sur les législatives de l'Union et l'autre sur la partielle des législatives des îles. Et il s'est demandé : ''comment se fait-il que la Commission d'homologation ait validé le scrutin sur l'Union et annulé le scrutin de la partielle de la 14eme circonscription avec comme résultat la proclamation arbitraire d'un élu''.

 

Le magistrat trouve que la décision est ''inacceptable, injuste et partisane''. Il déclare que ''ma conscience ne lui permet pas de cautionner une telle décision''.

 

Ces derniers événements paraissent graves, aux yeux de certains qui craignent qu'ils ne mettent en difficultés le processus. Pour tenter de le sauvegarder, les représentants de la communauté internationale, notamment les membres du Comité de suivi, devaient rencontrer les quatre chefs des exécutifs de l'Union et des îles autonomes.

 

Mmadi Moindjié