EDITION ELECTRONIQUE N°263
Extraits du ''Projet de rapport du président
de la commission de l'UA sur la situation aux Comores'' : ''Si rien n'est
fait, on s'achemine petit à petit vers une nouvelle crise séparatiste et
institutionnelle aux Comores''
Le représentant de l'Union africaine aux
Comores a, dans un projet de rapport interne datant du 26 Avril 2004, évalué
l'évolution du climat politique du mois d'avril dans notre pays. Ce document de
onze pages s'est rabattu sur le relevé des conclusions du Comité de suivi du 12
au 14 Avril. Il a permis au représentant de l'Union africaine de tirer ses observations,
souvent accablant pour le gouvernement de l'Union des Comores. ''Il existe un
grand risque que l'Union fasse recours à tous les moyens en sa possession pour
bloquer le processus électoral actuel et par voie de conséquence le processus
de réconciliation nationale aux Comores'', écrit entre autre le projet..
Ce rapport pointe du doigt les agissements de
l'Union des Comores en matière de ''sécurisation des recettes et des dépenses
et du non-respect en général des décisions du Comité d'harmonisation et du
comité de suivi''.
Pour le président de la commission, ''il
existe un grand risque que l'Union fasse recours à tous les moyens en sa
possession pour bloquer le processus électoral actuel et par voie de
conséquence le processus de réconciliation nationale aux Comores''. Cette
inquiétude est ''sérieuse'' car l'Union des Comores a déjà ''refusé de débloquer les salaires destinés
aux agents publics de l'île de Mohéli, violé la législation en vigueur en
matière électorale par une campagne musclée et provocatrice effectuée par un
ministre candidat député du gouvernement de l'Union''.
En ce qui concerne le ''non-respect'' du
processus électoral en cours par l'Union, le président de la commission de
l'Union africaine est formel
: ''Toutes ces manœuvres de la part de l'Union visaient sans
aucun doute à saboter le processus en cours''. Le président tire, à travers son
rapport, sur la sonnette d'alarme car pour lui ''si rien n'est fait, on
s'achemine petit à petit vers une nouvelle crise
séparatiste et institutionnelle aux Comores''.
Ce rapport qui sera examiné, aujourd'hui, dans
le cadre d'une réunion, à Addis Abeba,
du conseil de paix et de sécurité permettra à cette institution d'apprécier
l'évolution du processus de réconciliation national aux Comores et de formuler
par conséquence ses recommandations. Pour le président de la commission, ''le
conseil de paix et de sécurité pourrait exhorter les parties comoriennes, plus
particulièrement l'Union des Comores, à respecter scrupuleusement les
engagements pris et à s'abstenir de tout acte ou démarche susceptible de
fragiliser le processus actuel''.
Dans son mot de la fin, le représentant a
''remercié'' l'ensemble des partenaires internationaux qui ont concouru pour la
bonne réussite de l'accord de transition aux Comores.
Compte rendu de
Saïd Maoulana
Source : ''Projet de rapport du président de
la commission de l'UA sur la situation aux Comores''
Résultats du second tour des législatives de
l'Union : La C.H. confirme les résultats provisoires
Malgré quelques ''rectifications d'erreur
matériels, à des redressements'', la Commission d'homologation (CH) a confirmé,
hier, les résultats provisoires publiés, lundi, par la Commission nationale
électorale indépendante (CNEI). A propos des violentes critiques à son encontre
qui l'accusent ''de jugement partisan et politique'', le président de la CH
s'est dit serein : ''les critiques ne manquent jamais de part et d'autre. Il a
rappelé que les membres de la CH sont ''les juges suprêmes et il ne peut plus
avoir d'autres recours''. La Haute cour constitutionnelle, a-t-il dit, ''ne
peut revenir sur leur décisions remettre en cause les élections de la période
transitoire''.
Sur l'absence des trois anciens collègues de
la commission, le magistrat béninois rappelle que la proclamation des résultats
est ''valable et réglementaire'' : ''la majorité peut travailler et décider,
comme le stipule le règlement de la commission'' avait-il conclut.
La Commission d'homologation (CH), très
réduite après l'absence des trois membres représentant les îles autonomes, a
proclamé, hier matin, les résultats définitifs du deuxième tour des
législatives de l'assemblée de l'Union des Comores. Malgré les requêtes
déposées, le verdict de la Commission d'homologation a validé les résultats
provisoires publiés par la Commission électorale indépendante (CNEI), (voir
notre édition du lundi 26 avril). A Ngazidja, cinq candidats sont déclarés
définitivement élus. Il s'agit de Youssouf Mondoha de
la deuxième circonscription dans l'Itsandra-Hamanvu,
Said Ali Kémal de la troisième dans le Bambao, Abdou Moumine de la
cinquième dans le Mbadjini-Est, Mohamed Chatur de la sixième dans le Hamahame-Mbwanku
et Abdou Soefou de la septième dans le Mbadjini-Ouest.
A Mwali, un seul
candidat a été proclamé définitivement admis. C'est Mohamed Larif
Oukacha de la première circonscription de Fomboni. A Ndzuwani, il s'agit de
Nourdine Midiladji de la
quatrième circonscription à Domoni, de Maanrouf Mohamed Elarif de la
deuxième à Mutsamudu, de Mohamed Djafar de la
septième à Sima et de Bacar Houmadi
de la cinquième dans le Nyumakele.
Selon le président de la Commission
d'homologation, Maître Abraham Zinzindohoue, de
nombreuses requêtes en annulation avaient été déposées au bureau de la
commission par certains candidats. C'est le cas, par exemple de recours déposées par le candidat Hamada Madi
Bolero de la première circonscription de Mwali, de Ali Boina de la
cinquième circonscription de Ngazidja, de Ibrahim Ali Mzimba
de la septième à Ngazidja et de Youssouf Edinne Abdou
de la deuxième à Ndzuwani.
Toutes ces requêtes se plaignaient, selon le
président de la CH, ''d'erreurs matériels, de fraudes, de corruptions
caractérisées, d'actes de violences, d'intimidations et d'arrestations
arbitraires'', dans certaines localités de Ndzuwani.
Maître Abrahame a tenu à préciser que ''si ces actes
étaient avérés, l'annulation du scrutin dans les localités concernées
s'imposait''. Mais, avait-il insisté, ''ces faits n'étaient pas appuyés''.
Des preuves
irréfutables
La commission a, toutefois, note son
président, procédé à ''des rectifications d'erreur matériels, à des
redressements et à des rectifications''. Et, probablement, tenter de mettre fin
à la polémique née de la proclamation des résultats du premier tour, le
président de la commission a tenu, avant de procéder à la proclamation des
résultats, à faire ''quelques explications pédagogiques sur le rôle du juge
électoral''.
Selon lui, ''le juge cherche les
irrégularités, à déjouer les manoeuvres qui cherchent à tromper la vigilance
des gens et entacher l'honnêteté du scrutin''. Et il a expliqué que
''l'annulation intervient lorsque les irrégularités ont eu une incidence sur
l'issue finale du vote''.
Maître Abraham a insisté que sur les cas
avérés, ''la Commission disposait des preuves irréfutables''.
Irrévocables
Les magistrats de la commission ''se basaient
toujours sur les procès verbaux des bureaux de vote, comme pièce de travail
pour rendre son verdict'', avait tenu à préciser le président. Devant les
violentes critiques à son encontre qui l'accusent, notamment, ''de jugement
partisan et politique'', le président de la commission a voulu se montrer
''serein'' : ''les
critiques ne manquent jamais de part et d'autre. C'est normal. Après les
résultats des législatives des îles, nous avions été l'objet des critiques des
autorités de l'Union et avec ces législatives de l'Union se sont les autorités
des îles qui nous accusent de tous les mots''.
Au sujet de leurs anciens collègues
démissionnaires, représentants des îles autonomes, maître Zinzindohoue
pense qu'''ils sont des juges désignés par des
responsables politiques mais qui ne doivent pas en dépendre après avoir pris
leur fonction''.
Malgré l'absence des trois membres de la
commission, son président confirme que la proclamation des résultats, faite
hier, est ''valable et réglementaire'' : ''la majorité peut travailler et
décider, comme le stipule le règlement de la commission. C'est ce qui s'est
passé''.
Il a, en fin, précisé que concernant ces
élections, ''ils sont les juges suprêmes et il ne peut plus avoir d'autres
recours''. La Haute cour constitutionnelle, a-t-il dit, ''ne peut revenir sur
la décision de la Commission d'homologation et elle ne peut, donc, rien
remettre en cause concernant ces élections de la période transitoire''. Maître
Abraham a voulu, visiblement, s'adresser à ceux des candidats qui ont déclaré
leur intention de déposer un recours à la Haute cour constitutionnelle, une
fois mise en place, pour tenter d'annuler les décisions de la CH.
Mmadi Moindjié
Dans la mesure où les Comores n'ont toujours
pas ratifié l'accord de Florence (exonération des taxes douanières sur le
livre) il semble difficile de pouvoir mettre à la disposition des élèves,
étudiants et au public comoriens des livres à des prix abordables. L'année dernière,
une pétition a été signé dans notre pays en faveur de
cet accord. Dans la mesure où les Comores n'ont toujours pas ratifié l'accord
de Florence (exonération des taxes douanières sur le livre) il semble difficile
de pouvoir mettre à la disposition des élèves, étudiants et au public comoriens
des livres à des prix abordables. L'année dernière, une pétition a été signé dans notre pays en faveur de cet accord.
La défaite du colonel Azali
Dans les rues, c'est la liesse générale qui
l'emporte sur tout le reste. Azali et son clan ont
subi une défaite historique, aussi bien au niveau des parlements des îles que
du parlement de l'Union. Les exécutifs autonomes de la Grande-Comore,
d'Anjouan et de Mohéli ont fait le plein des voix.
Après avoir remporté une majorité absolue dans
leurs assemblées respectives (42 sièges sur un total de 55) en mars dernier,
ils ont cette fois-ci imposé leurs candidats au niveau national face au camp de
l'Union. M. Hamadi Madi Bolero, ministre de la Sécurité intérieure et de la Défense
de l'Union et numéro deux du pouvoir Azali, a
lui-même été battu dans une circonscription de Mohéli, son île natale. Tout un
symbole.
En attendant les résultats officiels de la
Commission nationale indépendante, la CNEI,
(Il s'agit en fait de la Commission d'homologation, NDLR) mercredi
prochain, il semble d'ores et déjà que cinq sièges sur dix, qui étaient à
pourvoir lors de ce second tour, reviennent au camp des Azaliens
contre quatre pour leurs adversaires unionistes. Au premier tour, qui s'est déroulé
le 18 avril dernier, ils avaient également remporté cinq sièges contre trois.
Plus de 60% de taux
de participation
Quinze autres sièges devraient par ailleurs
être désignés par les assemblées des îles, où ils sont largement majoritaires.
Dans une assemblée fédérale prévue pour
fonctionner avec trente trois élus, les pouvoirs exécutifs des îles autonomes
apparaissent renforcés dans leurs volontés politiques. Reste à savoir de quelle
manière vont s'établir désormais les liens -jusqu'alors tendus- entre les élus
au niveau de chaque île et ceux qui dirigent l'exécutif national.
Ali Toihir,
porte-parole de la Convention pour le Renouveau des Comores (CRC), le parti du
président, ne cache son appréhension : ''Nous craignons qu'une Assemblée de
l'Union à forte coloration néo-séparatiste ne constitue une menace sérieuse
pour l'unité nationale''.
Ces élections, qui ont connu plus de 60% de
taux de participation, sont censées représenter la dernière étape du processus
de réconciliation nationale mis en place par la communauté internationale, afin
de mettre fin à la crise séparatiste et institutionnelle déclenchée en 1997 par
les ''indépendantistes'' anjouanais. Cependant, la situation est loin d'être
totalement stabilisée.
Sur les îles de la Grande-Comore,
d'Anjouan et de Mohéli, le pouvoir de l'Union a eu du mal à défendre ses
prérogatives jusqu'à très récemment. Un conflit de compétences a perduré entre
les ''îliens'' et les ''unionistes''. Un conflit que les nouveaux
parlementaires doivent théoriquement désamorcer, en mettant en place une série
de lois organiques, susceptible de faciliter la gestion du jeune Etat aux
quatre exécutifs.
Dans un pays, où il n'y a pratiquement plus
d'opposition d'envergure nationale, où l'on ne parle plus qu'en termes d'appartenance
insulaire, et où les Anjouanais et les Grand-Comoriens s'accusent mutuellement
d'être les responsables du naufrage de l'Etat depuis plus de vingt-cinq ans,
pendant que les Mohéliens se plaignent de n'avoir
jamais eu leur part du gâteau, la suite des événements ne paraît donc pas aussi
simple que le laisse croire la mise en place des nouvelles institutions
parlementaires. ''S'il suffisait d'une baguette magique pour que ça aille
mieux, confie S. Ahmed, assesseur dans un bureau de vote sur l'île d'Anjouan,
on pourrait le croire. Mais c'est plus compliqué. Ceux qui ont gagné ces
élections, non seulement, n'ont aucun projet de société à caractère national,
mais en plus de ça ils ne rêvent que d'une chose, c'est de pouvoir disposer
d'une manne financière, qui ne soit pas contrôlé par l'Etat ou par les hommes
d'Azali. Je ne suis pas certain que ce soit la
manière de gérer l'avenir de nos concitoyens''.
Première partie d’un long texte de notre
confrère Soeuf Elbadawi à
Paris
Communique du ministère de l'Educationde la Formation professionnelle et technique
chargé de la Culture, de la Jeunesse et des Sports
Depuis le 12 avril 2004, les enseignants du
primaire sont en grève suite au préavis adressé au Ministère des Affaires
Sociales et de Reformes Administratives. Les Instituteurs réclament entre
autres le paiement intégral des salaires des mois de janvier, février et mars
2004.
Compte tenu de la gravité de la situation
pouvant entraîner de sérieuse perturbation aussi bien dans le programme que
dans le calendrier des examens, le Ministre de l'Education de Ngazidja a pris
l'initiative d'ouvrir le dialogue et a tenu plusieurs réunions avec les
responsables du SNIC à l'issue desquelles, une convergence de vue a été
constatée entre les deux parties et la volonté de sortir de la crise le plutôt
possible a été affirmée. Toutefois les responsables du SNIC demandent le
paiement du mois de février avant de reprendre les cours.
Face à celle situation, le Ministre a organisé
une séance de travail avec les responsables des finances pour explorer les
voies et moyens permettant de payer le salaire du mois de février pour mettre
fin à la grève.
Les responsables des finances de l'île
Autonome de Ngazidja ont fait observer que les fonds disponibles à ce jour ne
suffisent pas à payer un mois de salaire, néanmoins ils affirment si le
gouvernement de l'Union verse les compensations financières qu'il doit aux
gouvernements des îles, le déblocage suivra.
Au vu du climat qui a prévalu au cours des
négociations et compte tenu du fait que la reprise des cours obsède tous les
esprits, le Ministère de l'Education en appelle au sens de responsabilité des
uns et des autres , plus particulièrement des autorités nationales compétentes
en vue de maintenir les dates arrêtées pour les examens de fin d'année scolaire
et permettre aux enseignants de bénéficier des vacances dans la période prévue
et réaliser la rentrée scolaire 2004-2005 conformément au calendrier scolaire.
Moroni, le 27 avril 2004
Le Secrétaire Général, a.i.
Said Houssen
Deuxième tour des législatives de l'Union
''Acceptables sauf po
ur la 6è circonscription où des irrégularités
majeures ont été observées''
C'est, entre autres, ce qui ressort du
communiqué de la mission nationale d'observation des élections publié avant-hier.
Ce communiqué considère que par endroits à Ndzuwani
''les conditions de liberté de vote n'étaient pas assurées''… et que des
intimidations à l'encontre de supporteurs de certains candidats ont été
''opérés'' et dans certains bureaux, ''le dépouillement n'était pas effectué
correctement''. La mission estime, toutefois, que ''les anomalies constatées
n'affectent pas, de façon significative la régularité du scrutin''. Elle a, en
fin, exprimé son souhait que la mise en place prochaine des assemblées législatives
des îles et de l'Union des Comores puisse s'effectuer dans les délais afin de
rendre effectif le parachèvement des institutions de l'Union des Comores''.
La mission nationale d'observation du 2éme
tour des législatives de l'Union des Comores a fait état de ses observations
dans un communiqué rendu public avant-hier.
A Ngazidja, la mission constate que le scrutin
s'est déroulé ''dans le calme et la sérénité'', la sécurité des opérations
électorales a été assurée ''correctement'' et les procédures électorales ont
été ''appropriés''. Elle a noté, par contre, que ''la majorité des urnes
n'étaient scellée dans les normes'', rapporté des actes d'intimidation, de
perturbation et d'influence des électeurs'' à l'intérieur et aux alentours de
certains bureaux de vote, de corruption des électeurs en nature'' au profit de
certains villages en vue d'influer le vote et l'implication des autorités
administratives dans les actes d'influences et d'intimidation des électeurs et
des membres des bureaux de vote''.
En dépit de ces anomalies et irrégularités
constatées, ''le deuxième tour des législatives de l'Union des Comores sur
l'île autonome de Ngazidja s'est déroulé dans des conditions acceptables à
l'exception de la sixième circonscription (Hamahame
et Mbwanku) où des irrégularités majeures ont été
observées.''
Sur l'île autonome de Ndzuwani,
la mission nationale d'observation a constaté que le scrutin s'est déroulé
''dans le calme'' que la sécurité a été assurée ''conformément à l'Accord du 20
décembre''.
Elle a, cependant, noté que les conditions de
liberté de vote ''n'étaient pas assurées'', la corruption a été ''généralisée''
et que des intimidations à l'encontre de supporteurs de candidats ont été
''opérés''. De même, des autorités administratives et politiques ''s'introduisaient,
parfois, dans des bureaux de vote, dans certaines localités, pour influencer
les électeurs''. D'autre part, dans certains bureaux, ''le dépouillement
n'était pas effectué correctement''.
La mission estime, toutefois, que ''les
anomalies constatées n'affectent pas, de façon significative la régularité du
scrutin''. Elle exprime, en fin, le souhait que la mise en place prochaine des
assemblées législatives des îles et de l'Union des Comores puisse s'effectuer
dans les délais, la paix et la concorde afin de rendre effectif le
parachèvement des institutions de l'Union des Comores''.
M. Moindjié