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EDITION ELECTRONIQUE N°265

 

Assemblée nationale : Les députés des îles peuvent-ils désigner en dehors d'eux leurs représentants à l'assemblée de l'Union?

 

L'assemblée des députés de Ngazidja est convoquée ce matin à 9 heures 30 en séance plénière. A son ordre du jour la désignation des cinq députés devant siéger à l'assemblée de l'Union pour représenter l'île. On sait qu'un débat est soulevé sur la question de savoir si les cinq représentants doivent être choisis parmi les députés ou en dehors.

L'article 20 de la constitution de l'Union stipule : ''l'assemblée de l'Union est composée de représentants désignés par les assemblées des îles, à raison de cinq députés par île et de dix-huit représentants élus au suffrage universel direct dans le cadre d'un scrutin majoritaire à deux tours'''.

Il ne précise pas que les représentants doivent être choisis ''au sein des assemblées'', ce qui laisse la possibilité à chaque assemblée de désigner ses représentants en dehors de ses membres. Il n'y a pas d'ambiguïté possible. La constitution a laissé aux assemblées des îles le libre choix de désigner les représentants de leur choix.

Certains s'étonnent que des personnes non élues au suffrage universel direct puissent siéger dans l'assemblée de l'Union. Il faut se rappeler que dans les systèmes à deux assemblées, l'une des deux, celle qui représente les Etats ou l'entités (généralement appelées sénat) est élus au suffrage indirect.  Cela n'a rien d'anormal. Dans les systèmes fédéraux ou confédéraux, il y a toujours deux assemblées. Celle qui représente les populations et dont les membres sont élus au suffrage universel direct avec une représentation proportionnelle au nombre d'habitants, et celle qui représente les entités (Etats ou Régions) dont les membres sont élus au suffrage indirect avec un même nombre de représentants, pour tous, grands et petits!

Dans le cas de l'Union des Comores, les constituants, par soucis d'économie, ont fait cohabiter dans la même assemblée, les représentants des deux : les dix-huit élus au suffrage universel direct qui représentent les populations et les quinze élus au suffrage indirect qui représentent les îles autonomes.

Par conséquent il n'y a rien qui doit nous étonner si des personnes désignées par des élus au suffrage universel direct siègent dans une assemblée. La nouveauté dans le système comorien réside dans le fait qu'on ait fusionné les deux assemblées dans une seule!

S'étonne-t-on lorsqu'un président élu au suffrage universel direct désigne un premier ministre ou un gouvernement ou dans les régimes parlementaires lorsque la majorité des députés désignent un chef de gouvernement qui va rassembler entre ses mains les pouvoirs de l'exécutifs? Toutes les démocraties fonctionnent, la plupart du temps, par délégation.

Cessons les faux débats, le suffrage universel a tranché en faveur d'une majorité, ne lui mettons pas les bâtons dans les roues. C'est cela la démocratie!

 

SOA

 

El H. Hamidi et H. M. Bolero : Paroles croisées

 

Quelques jours après la proclamation des résultats des législatives des îles et de l'Union, notre correspondant permanent à Mwali s'est entretenu avec le directeur de cabinet du président de l'île, chargé de la sécurité intérieure et le ministre de la Défense de l'Union et candidat malheureux au scrutin de l'assemblée de l'Union dans la première circonscription de Mwali, avant sa démission.

 

Ahmed el Harif Hamidi lance des accusations très graves vis-à-vis du ministre démissionnaire la Défense de l'Union qu'il accuse d'avoir politisé des militaires et ''d'avoir semé la terreur avec des méthodes qui rappellent certains pays en d'autres temps de triste mémoire''.

Selon le directeur, les Mohéliens ''refusent d'être traités de citoyens de seconde zone… et d'être à la merci  d'un petit directeur d'entreprise d'Etat qui, au gré de ses humeurs, nous parachute un jour une ''fontaine'', le lendemain déclare avec dédain qu'il va retirer une petite carte-mère et il y aura zéro communication à Mwali comme si la société était sa chose. Désormais, dit le directeur, ''avec nos frères des autres îles autonomes, nous devons nous atteler à mettre en place les lois organiques afin de sortir notre pays de l'impasse''.

L'ancien ministre de la Défense nous avait reçu. Il a répondu sans détour à nos questions.  ''Je n'ai rien contre une autonomie dans des Comores unies, mon combat depuis toujours c'est contre le séparatisme.

J'ai confiance aux élus de Mwali qui sont des séparatistes de circonstances, histoire de se faire élire et de revenir par la suite à des positions réalistes et raisonnables.

''Pour la première fois où je suis descendu sur l'arène électorale, je me trouve aujourd'hui avec près de la moitié de la population mohélienne qui me fait confiance''.

 

 

 

El Harif Hamidi, directeur de cabinet à la présidence de Mwali

''C'est la victoire des Mohéliens défenseurs indéfectibles de l'autonomie et Comoriens convaincus''

 

Q : Monsieur le directeur, où en est la sécurité à Mwali

R. : Il y a problème et cela est du au ministre de la Défense, Hamada Madi Boléro ex-candidat aux législatives de l'Union et ancien ministre de la Défense alors qu'il détenait ce poste avec tout ce que cela suppose, de son point de vue, comme intimidation et politisation des militaires et, en particulier, des gendarmes.

Q. : justement l'ancien ministre de la Défense estime que se sont les présidents des îles qui ont semé la zizanie au sein de l'armée en indemnisant les militaires mis à leur disposition pour assurer leur sécurité…

R. : Tout comme Monsieur Boléro, j'ai eu à assumer des hautes fonctions dans ce pays et je sais comment se passent certaines choses. Je sais bien qu'il excelle dans l'art oratoire et est capable à de transformer une pierre blanche en noire. A Mwali, qui pas n'a vu ces militaires emprisonnés pour faute très grave dans le camp de la FCD de Fomboni et qui ont été, par la suite, mutés à Moroni après des interventions alors que ces militaires devraient être embastillés et radiés des corps de l'armée.

Mais quelques temps après le ministre de la Défense en congé spécial ne les a-t-il pas rapatriés à Mwali pour semer la terreur avec des méthodes qui rappelaient certains pays en d'autres temps de triste mémoire. Et puis les promesses de grade à tout va, ce n'est pas pour souder notre armée. Les gendarmes en civil et en tenue qui ont voulu lancer des grenades sur notre meeting de la place de l'indépendance, n'ont pas ramassé ces armes par hasard au coin de la rue.

Q. : Qu'allez vous faire de votre victoire? Et quelle est la signification que vous donnez à ce ras de marée électorale en votre faveur?

R. : C'est la victoire, avant tout des Mohéliens qui, je vous rappelle, sont des défenseurs indéfectibles de l'autonomie tout en restant des Comoriens convaincus. Nous refusons simplement d'être traités de citoyens de seconde zone qu'un petit directeur d'entreprise d'Etat, au gré de ses humeurs, nous parachute un jour une ''fontaine'', le lendemain déclare avec le dédain qui le caractérise qu'il ''va retirer une petite carte-mère et il y aura zéro communication à Mwali'' comme si l’entreprise d’Etat était sa chose.

Ces manières là et d'autres encore, les Mohéliens en ont assez et l'ont fait savoir en sanctionnant les Mohéliens qui sont les suppôts de ces genres d'humiliation. Et puis on peut pas rester à Ngazidja et prétendre venir se faire élire à coups de billets de banque détournés des fonds publics.

Dans cette belle victoire, les Mohéliens ont voulu légitimer une fois de plus son excellence le président Fazul qui ne doit son élection à la tête de l'île qu'aux seuls Mohéliens et non à Boléro ou Azali.

Q. : Et qu'allez vous faire de votre victoire?

R. : Tout d'abord se mettre au travail tout de suite pour bâtir Mohéli et les Comores sur de nouvelles bases plus solides qui nous apporterons à noue et aux générations à venir paix, stabilité, développement et bien être.

Bien entendu, nous tendons la main à tous ceux qui s'étaient égarés dans l'autre camp mais qui croient aux vertus de l'autonomie et en Mwali pour bâtir ensemble cette belle terre que nous ont léguée nos ancêtres. Dans un avenir très proche avec nos frères des autres îles autonomes, nous allons nous atteler à mettre en place les lois organiques afin de sortir notre pays de l'impasse.

Q. : Beaucoup s'inquiètent des proportions prises par la corruption électorale…

R. : C'est un sujet grave, je dirais même très grave. Il n'y a pas d'autres alternatives que de combattre ce fléau qui menace notre démocratie. Pour ce faire, une cour des comptes qui veillerait à une bonne utilisation de l'argent publique s'impose. Il en est de même pour une haute juridiction indépendante qui jugerait les cas de détournements des deniers publics et de haute trahison.

Q. : Vaste programme…

R. : Vos avez parfaitement raison, mais il n'y a pas d'autre alternative.

 

Propos recueillis par

 Riziki

 

 

Hamada Madi Bolero

''J'ai essayé d'élever le débat mais mes adversaires ont préféré la démagogie de la ''défense des intérêts de Mwali''

 

Q. : Estimez-vous avoir atteint les objectifs que vous vous êtes assignés en vous lançant dans cette élection?

R. : Les Mohéliens ont choisi. Je respecte leur choix et remercie tout ceux qui m'ont apporté leur confiance. Je remercie également tous ceux qui ont contribué pour que ces élections se déroulent dans des conditions acceptables. J'estime que mes sont atteints à… 60% car Mwali a choisi des autonomistes et non des séparatistes. Je n'ai rien contre une autonomie dans des Comores unies, mon combat depuis toujours c'est contre le séparatisme.

J'ai confiance aux élus de Mohéli qui sont des séparatistes de circonstances, histoire de se faire élire et de revenir par la suite à des positions réalistes et raisonnables.

Vous savez, c'est pas nouveau, c'est plutôt classique dans notre île. Dhoifir qui a été le numéro deux d'un régime très centraliste ne peut pas être un séparatiste. Oucacha (qui a battu l'ancien ministre à l'élection, NDLR), je connais moins bien mais je crois que lui aussi n'est pas un séparatiste. Le grand danger qui nous guette c'est de vouloir concilier promesses électorales et réalités, mais je leur laisse la soin de gérer leurs contradictions.

Je me félicite que pour la première fois où je suis descendu sur l'arène électorale contre des politiciens de longue date, je me trouve aujourd'hui avec près de la moitié de la population mohélienne qui croit en moi et me fait confiance. ''En cette période de globalisation et de regroupement des régions, un micro état insulaire ne peut se permettre d'aller à contre courant de l'histoire''.

Q. : On a surtout assisté à un conflit de personnes et non à un débat de fond notamment sur l'autonomie…

R. : Vous avez raison. J'ai essayé d'élever le débat mais mes adversaires n'ont jamais voulu m'emboîter le pas. Ils ont préféré la démagogie du genre ''défense des intérêts de Mwali opprimée par les autres îles. C'est un langage que le Mohélien moyen gobe facilement sans tenir compte d'autres paramètres''. Je suis fier d'avoir choisi la difficulté, mais la vérité. En réalité, ces prétendus séparatistes ne sont mêmes des autonomistes. Ils ont refusé de voter des textes que nous avion élaborés dans ce sens par cette démagogie. Comment en cette période de globalisation et de regroupement des régions, un micro état insulaire peut se permettre d'aller à contre courant de l'histoire. Aujourd'hui, le parlement est là et il reste à légiférer pour mettre en place les textes et structures devant régir notre pays. On verra…

Q. : On vous accuse d'étouffer la politique et la démocratie par la corruption électorale. On vous accuse d'avoir déverser plusieurs millions de francs détournés du trésor public…

R. : On parle de 100 millions. Vous savez, il faut 50 millions pour payer les agents de l'Etat à Mwali. Avec le double, en quelques jours on serait dans une inflation alors qu'on assiste au phénomène inverse.

Moi c'est plutôt le dénigrement systématique qui m'ulcère. A radio Ngazidja, un proche de mon adversaire m'a accusé d'avoir déversé des faux billets. J'ai passé la grande partie de mon temps à expliquer que je suis mohélien alors que ceux qui me dénigrent ne sont même pas nés à Mwali. Bref il y a des actions en justice pour diverses irrégularités et j'en fais pas partie.

Q. : Les Mohéliens ont peur des dissensions au sein de la gendarmerie partagée en partisans de Boléro et Fazul. Ces militaires faisaient campagne les armes à la main…

R. : … Vous êtes trop neutre dans le sujet. Nous avons affecté un certain nombre de militaires pour la sécurité des présidents des îles autonomes. Contrairement aux usages militaires, les présidents des îles ont crée un système d'indemnisation à leur bénéfice, ce qui a généré au sein des casernes, frustration, haine et jalousie. Les prétendus partisans de Boléro sont plutôt des frustrés des avantages des autres. C'est pas un problème mohélien mais comorien . Il y a beaucoup à faire même la police judiciaire est infectée par les interventions de certains hommes politiques. Je profite pour rappeler que même les magistrats sont astreints à un droit de réserve.

Q. : La campagne électorale était dure avec ses nombreux coups bas. Alors les enfants de Mwali ne devraient-ils pas s'asseoir sur la même table pour défendre les intérêts de l'île?

R. : Respectons les règles du jeu. La majorité dirige et la minorité veille. En ce qui,me concerne je ne mettrais pas inutilement de l'huile sur le feu. Mais nous jouerons pleinement notre rôle.

 

 

Propos recueillis par

Riziki et Antufati

 

Journée internationale de la presse

Comores : 1 pas en avant, 2 pas en arrière

 

Comme chaque année, les journalistes du monde ont célébré hier 3 mai la journée internationale de la presse. Cette dernière devient jour après jour un métier à haut risque, bien qu'il est devenu dorénavant le quatrième pouvoirs. En effet, la liberté de la presse ne cesse d'être bafouée. Un tiers de la population mondiale est privée de la liberté de la presse. Des menaces, des enlèvements, des emprisonnements illégales, des disparitions et des assassinats, se sont multipliés ces deux dernières année dans le monde. Actuellement, selon des enquêtes, plus de cent vingt-huit journalistes se trouvent derrière les barreaux. En 2003, quarante-deux journalistes ont été assassinés. C'est le cas de Jean Hélène, journaliste de Radio France Internationale assassiné en Côte d'Ivoire par un policier).

Aux Comores, bien que le pays n'est pas catalogué parmi les pays africains où sévissent les ''prédateurs de la liberté de la presse'', le statut du journaliste est loin d'être respecté. De toute évidence, la vérité n'y est pas toujours bonne à dire. L'année dernière et cette année a vu l'arrestation ou le limogeage de leur travail de plusieurs journalistes et directeurs d'organes de presse et des autres médias. Parfois pour des motifs incroyables tels que des propos tenus dans les colonnes d'un journal par… un ministre en exercice. De même, on a tous en mémoire le saccage, le mois dernier, de Radio Ngazidja par des ''inconnus''.

Les médias publics sont systématiquement interdits aux opinons différentes de celles du pouvoir. Lors des dernières législatives, les traditionnels temps d'antenne n'ont pas été respectés. Cela constitue une grave régression par rapport aux réelles avancées constatées depuis 1990. 

Ahmed Bourguiba

 

 

Opinion. Législatives de l'Union. La défaite du colonel Azali (Suite)

La peur d'un nouveau conflit entre les insulaires

 

Les citoyens de la nouvelle Union des Comores ne semblent effectivement pas tous convaincus de la nécessité de garder les "les îles de ce petit archipel unis à un moment où Mayotte, l'île soeur demeurée française, donne l'impression de prendre de plus en plus le large. A la moindre contrariété, Mohéli et Anjouan menacent de quitter l'ensemble constitué. Avec le soutien de leurs ''populations respectives''. C'est ce que nous confie un membre de l'entourage de Abdou Soulé Elbak, qui renchérit aussitôt : ''les guillemets sont de rigueur, parce qu'il n'y a pas trois populations différentes. Disons que le discours que la France a instillé dans les esprits pour encourager le départ de Mayotte il y a trente ans a bien pris. Je serais surpris de voir nos parlementaires défendre un autre discours. Ils risqueraient de perdre les promesses de privilèges qui leur sont faites chaque jour par notre exécutif à Moroni. Or c'est le premier problème qui risque de se poser. Comment faire fonctionner un pays aussi minuscule avec quatre exécutifs''. Par prudence et par peur de se faire éjecter du staff présidentiel, notre interlocuteur souhaite garder l'anonymat.

On se rappelle alors que Aboubacar Mchangama, journaliste, rendait compte de cette ''difficulté'' dans un éditorial du journal l'Archipel au tout début de la crise en 1997: ''les rapports, écrivait-il, entre Comoriens - si tant est que l'on puisse parler de Comoriens - sont en train de pourrir, infectés par le doute. Dans les bureaux, dans la rue, dans les taxis et les lieux publics, la même fiente suspicieuse irrigue les propos et les commentaires - vite tus dès que ''l'étranger'' apparaît [.] Progressivement, la méfiance et la peur installent un peu partout des frontières invisibles, engendrant un malaise indéfinissable et indéchiffrable. Une gène. Quelle qu'en sera l'issue, rien ne sera plus comme avant''.

La peur de voir surgir un nouveau conflit entre des élus insulaires, qui ne pensent qu'à défendre leur terre d'appartenance, et un pouvoir fédéral, qui rame à imposer un idéal national, n'est donc pas tout à fait écartée. Tout se décide désormais comme sur un mode caricatural. Soit vous êtes pour le clan Azali, soit vous êtes contre lui et vous êtes alors applaudi par les ''îliens'', aussi appelés ''mdjidjengo''. A se demander si le citoyen comorien est véritablement le gagnant de ces élections, qui sont les premières à se dérouler presque sans incident depuis la création de l'Union des Comores en décembre 2001.

 

Soeuf Elbadawi

(Paris)

 

 

Mwali. Brèves

 

Pénurie de carburants.

Depuis des semaines Mohéli vit au rythme de la pénurie de carburants. En effet le Choungui habituellement chargé du ravitaillement de l'île de Djoumbé Fatima en hydrocarbures, est en réparation en Afrique de l'Est. Le pétrole lampant et le gasoil est acheminé par boutres qui refusent absolument le transport de l'essence plus inflammable et qui semble-t-il endommage les moteurs. Ceci entraîne une pénurie et un marché noir s'est instauré. L'essence, quand on le trouve, amené par les japawas coûte 750 fc. La pénurie de gasoil a obligé la Mamwe à ne fonctionner que de 14 heures à 2 heures du matin. Les responsables des hydrocarbures estiment que la seule solution durable reste l'augmentation des capacités de stockage des citernes, ce qui est très onéreux.

 

CHR entre surcharge et pénurie.

Depuis des jours au Centre hospitalier régional de Fomboni, on ne sait où donner de la tête avec les nombreuses caisses qui jonchent les couloirs et salles. Il s'agit d'un matériel ultra moderne et diversifié allant du mobilier jusqu'à un équipement médical dernier cri. Le centre de santé du district de Wanani a, lui aussi, bénéficié de cette manne du projet Santé/IDA.

Mais ceci ne doit pas masquer de graves disfonctionnements à l'exemple du fait que l'hôpital de référence de l'île fonctionne sans infirmier anesthésiste, ce qui  rend inopérante toute intervention chirurgicale car l'unique technicien dans le domaine qui durant huit n'a pas joui de ses droits de congé, est tombé à son tour malade et nécessite une évacuation sanitaire à l'extérieur.

 

Chabouhane veur rejoindre les rangs… fazuliens.

De source autorisée, Abdallah Said Sarouma dit Chabouhane, un des principaux  animateurs du camp de l'Union de Hamada Madi Boléro, serait entrain de négocier sa réintégration chez Fazul. Il aurait téléphoner au député Elfarouk, un proche du président de l'île autonome de Mwali pour lui demander de ''jouer les bons offices''. Si de telles négociations se concrétisent, Fazul ferait mieux que Brejnev car il disposerait de la totalité du parlement. En effet, le seul député qui manque en ce moment à son appel est le ''chabouhaniste'' Mohamed Elhamid dont le papa, un fazuliste de la première heure, ne manque pas une occasion pour essayer de ramener son mouton perdu dans la bergerie.

Quant à Baguiri, une fois n'est pas coutume, a fait sa campagne contre la corruption et le détournement des fonds publics, demande, en toute modestie, juste à redevenir ministre pour ne pas être loin de ''lacazera'' de ''Wanilo''. 

 

Rassemblées par

Riziki

 

Habari za udungza

 

Au pays des chefs

Une des caractéristiques des îles de la lune, c'est la prolifération du nombre de chefs dans tous les recoins du pays. Tout le monde veut être chef de quelqu'un ou de quelque chose. Vous verrez une multitude de directeurs, de chefs de service et autres adjoints aux directeurs. Ne vous étonnez point que nous ayons quatre présidents et tout le florilège qui va avec. Chacun à son protocole, ses chargés de mission, ses conseillers en tous genres et autres porte-malette. A ceux là, il faut ajouter la cohorte des gens qui viennent à toute heure du jour et de la nuit prodiguaient des conseils arguant d'avoir l'oreille du grand chef des chefs.

A son époque, le Mongozi avait essayé de mettre sur pied un programme de formation professionnelle. On a vite fait de l'accuser de vouloir former des citoyens de seconde zone. Aujourd'hui avec notre université, certains ne cachent pas leur pessimisme de ce qu'il considère à tort ou à raison comme une aventure.

Il n'empêche que pour faire fonctionner cette institution chacun exhibe son parchemin non pour étaler un savoir quelconque mais beaucoup pour gagner des grades dans la hiérarchie.

La guerre des chefs est une réalité que tout le monde fait semblant d'ignorer alors qu'elle constitue un frein pour notre développement. Il faudrait qu'un jour nos multiples prétendants aux postes les plus hauts et aux fonctions les plus honorifiques signent une paix de braves et accordent aux îles de la lune une trêve dans ce combat suicidaire. Il faut dire que notre fonction publique est passée maître dans l'art de distribuer les indices aux amis du moment, à eux de savoir grimper l'échelle et éviter les chutes malencontreuses. 

Il  faut savoir que dans notre pays, il n'existe pas une liste protocolaire établie qui puisse permettre de savoir la place des uns et des autres dans les grandes manifestations publiques. Tout est élastique.

La seule parade qu'on a trouvée c'est d'avoir des sièges en réserve pour ''éviter toute mauvaise surprise''. Un ancien président de l'assemblée avait demandé qu'on lui établisse une liste protocolaire. Il est parti sans avoir eu en main la fameuse liste.

Aujourd'hui, comme hier les choses n'ont guère évoluées. Il s'agit seulement de rappeler aux uns et aux autres que jamais un deus ex-machina ne viendra nous sortir du trou. Nous sommes les maîtres ou les esclaves de la voie que nous aurons choisie. La balle est dans notre camp. Trama tsilo bowendza manyo!

 

Hachime Abdérémane