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EDITION ELECTRONIQUE N°267

 

Discours du président Azali : ''Je m'engage à respecter le choix du peuple''

 

Le président Azali s'est adressé à la population, hier soir, dans un message radiodiffusé. Tirant les enseignements des élections des assemblées, le président de l'Union a pris acte de la nouvelle configuration politique et s'est engagé à respecter le choix du peuple. Il s'est félicité que les engagements pris à Fomboni et à Beït-Salam soient respectés par les différentes parties comoriennes. Il a félicité les élus et a lancé un appel pour la concorde et l'unité nationale. Il a tendu la main aux forces politiques nationales et a annoncé un remaniement de son gouvernement et de son cabinet pour faire entrer les composantes reflétant l'unité de la nation comorienne. Il a annoncé la convocation de l'assemblée de l'Union pour le 27 mai. Il a souligné le rôle essentiel qu'auront à jouer les députés de l'Union qui ''auront à compléter la constitution''. L'assemblée ''jouera le rôle d'une constituante…''. Le président Azali a appelé les élus à ''ne pas faire un face-à-face mais plutôt à s'élever au-dessus du militantisme pour travailler dans la concertation pour le bien du pays''. En attendant la mise en place de la Cour Constitutionnelle, le chef de l'Union s'est prononcé pour la mise en place d'un organe de substitution consensuel, comme le préconise le comité de suivi.

Le président Azali s'est félicité de la défaite du séparatisme, mais prône ''la vigilance, car les idées séparatistes ne sont pas encore totalement vaincues''.

Pour terminer, le chef de l'Union a salué le travail réalisé par la CNEI, le Comité d'Homologation et le Comité de Suivi. Il a remercié la Communauté internationale d'avoir accompagné ce processus jusqu'au bout. Le colonel Azali a rendu hommage à ses frères d'armes, officiers, sous-officiers, soldats qui l'ont soutenu depuis le 30 avril 1999.

 

 

'Rapport du président de la Commission de l'U.A. sur les Comores : ''Le régime de dédouanement des hydrocarbures échappe complètement au contrôle de l'administration des Douanes''

 

La résolution des présidents des îles ''dans laquelle ils affirment avoir fait le constat de manquements graves dans les procédures d'homologation des résultats du scrutin du 18 avril 2004 et du premier du premier tour de l'élection (législatives de l'Union) et de la partielle de la 14éme circonscription électorale de l'île autonome d'Anjouan''.

Le rapport est sans complaisance en ce qui concerne les questions douanières et budgétaires : ''''De manière générale, écrit-il, il n'y a pas eu de progrès substantiel sur les dossiers fondamentaux''. Il précise : ''le  régime de dédouanement des hydrocarbures échappe complètement au contrôle de l'administration des Douanes. ''Il semble, renchérit-il, que tous les efforts n'ont pas été faits pour collecter les recettes ou que les recettes collectées ne sont pas toutes portées à la connaissance du Comité d'harmonisation ou mis à la disposition du mécanisme d'exécution du budget de transition''. D'après le rapport ''la victoire remportée par les îles… leur permettra de peser sur les équilibres de l'Union... et de favoriser l'adoption de lois organiques allant dans le sens de leur préoccupations''.

 

S.AM.

 

Le rapport rappelle les circonstances difficiles qui ont entouré l'élection dans la circonscription de Domoni à Ndzuwani : ''le Comité de suivi, tenue à Moroni, du 12au 14 avril 2004, celui-ci a été saisi par l'Union des Comores du problème organisationnel… qui a amené la commission d'homologation à invalider, deux fois de suite, les résultats de cette circonscription''. Il rappelle les circonstances : ''Alors que la CNEI s'apprêtait à organiser, le 11 avril, un scrutin partiel dans la circonscription concemée le ministre de l'intérieur de l'île  a saisi le matériel électoral''. Le rapport a rappelé la ''vive condamnation par le comité de suivi'' de ces agissements.

Le rapport relate les évènements survenus après la proclamation des résultats du premier tour des législatives de l'Union, notamment, la démission des représentants des l'îles autonomes au sein de la commission d'homologation en signe de protestation et la résolution des présidents des îles ''dans la quelle ils affirment avoir fait le constat de manquements graves dans les procédures d'homologation et délibération des résultats du scrutin du 18 avril 2004 et du premier du premier tour de l'élection (législatives de l'Union) et de la partielle de la 14éme circonscription électorale de l'île autonome d'Anjouan… qu'ils ont imputé ces manquements au président de la commission d'homologation.. et exigeant son remplacement et le réexamen des cas litigieux constatés…''.

Le rapport indique que ''le scrutin s'est déroulé dans le calme''.

Il est revenu sur les événements survenus à Mwali consécutifs aux décisions - contestées par l'île autonome - du gouvernement de l'Union de remplacer les directeurs régionaux de trois établissements nationaux. ''la MIOC a été sollicitée pour enquêter sur place''.

Après de la gestion commune des douanes, le rapport indique que ''malgré la mise en place du CDD et la nomination des Directeurs régionaux, l'administration des douanes comoriennes fait face à de très graves difficultés.

 

Absence d’autorité

 

''De manière générale,  il n'y a  pas eu de progrès substantiel sur les dossiers fondamentaux''.

Il précise : ''le  régime de dédouanement des hydrocarbures échappe complètement au contrôle de l'administration des Douanes. ''La décision portant harmonisation de la procédure de dédouanement des marchandises a prévu un système de contrôle à posteriori des déclarations d'importation et d'exportation, centralisé au niveau de la Direction générale des Douanes : mensuellement, les déclarations déposées aux différents centres douaniers dans les trois îles doivent être acheminées à la Direction générale pour un contrôle à posteriori. Cette mesure n'est pas appliquée… ainsi que les décision du CDD portant harmonisation du tarif douanier. Pour des considérations électorales, les parties Comoriennes  n'ont pas voulu mettre en vigueur le nouveau tarif, dont l'application aurait sensiblement amélioré les recettes douanières''.

De même, '' indépendamment de leur niveau exceptionnellement faible, les recettes à partager accusent une évolution que le seul caractère saisonnier de certaines d'entre elles ne saurait explique. En effet, il semble que tous les efforts n'ont pas été faits pour collecter les recettes ou que les recettes collectées ne sont pas toutes portées à la connaissance du Comité d'harmonisation ou mis à la disposition du mécanisme d'exécution du budget de transition''.

 

Respect de la plupart

des engagements

 

Le rapport remarque, toutefois, que : ''depuis la signature de l'Accord du 20 décembre, la situation dans l'archipel connaît une évolution  globalement encourageante. Les parties comoriennes ont, jusqu'ici, respecté la plupart des engagements pris''.

Dans son point 24, le rapport rappelle que le Comité de suivi ''sur rapport circonstancié du Comité d'harmonisation, a constaté le blocage du mécanisme d'exécution du budget de transition par le gouvernement de l'Union qui a, unilatéralement décidé, en violation du décret portant budget de l'Union et des îles autonomes… de faire mobiliser en sa faveur, par le gouverneur de la Banque centrale des Comores (BCC), la somme de 850 millions de francs comoriens pour les dépenses en salaire de agents civils et militaires de l'Union, de Ngazidja et de Mohéli ainsi que pour payer la dette''.

''La victoire remportée par les îles, conclue-t-il, lors des élections législatives leur permettra de peser sur les équilibres de l'Union, car, disposant d'une majorité au niveau de l'assemblée de l'Union, elles pourront favoriser l'adoption de lois organiques allant dans le sens de leur préoccupations… et, en particulier, renforcer leur autonomie par rapport à l'Union.

 

Compte rendu

Maoulana

 

  

Rassemblement de partisanes du docteur Maecha

 

Plus de quatre cent militantes de la branche féminine du Mdjidjengo du Mitsamihuli et du Mbud, soutenant la candidature du docteur Mtara Maecha, se sont réunies dimanche dernier à Mitsamihuli au domicile de Bosco. Ce rassemblement, rehaussé par la présence de la femme du président Elbak, a revêtu les couleurs de la contestation et du raz le bol suite à l'incertitude née des législatives de l'Union dans cette circonscription.

Dans l'après-midi, le docteur Mtara Maecha accompagné du député du Mbude au parlement de Ngazidja, Youssouf Saïd, entourés de notabiles du Mitsamihuli, se sont rendus dans les lieux.

La première oratrice a remercié l'assistance et montré la ''disponibilité'' des femmes de la circonscription à ''lutter sans relâche'' jusqu'à ce que ''le verdict sorti des urnes soit respecté et que le Dr Maecha recouvre son siège de député comme l'a voul le suffrage universel''. Elle a, a en outre, ''fait part de l'inquiétude des femmes quant à l'issue du processus de réconciliation national en cours''. Pour conclure elle a réitéré la ''disponibilité des femmes à défendre notre victoire par tous les moyens'' avant de lancer ''Nous protestons énergiquement contre l'usurpation de la volonté exprimée par la population''.

Le Docteur Maecha s'est ensuite adressé à la foule en affirmant haut et fort sa ''victoire à l'occasion des législatives de l'Union''. Le Docteur s'est dit ''choqué'' par ''les tractations visant à renverser les tendances sorties des urnes via des pièces sonnantes et trébuchantes''. Pour terminer, il s'est dit ''confiant'' quant à l'''émancipation'' de la femme de la circonscription de Mitsamihuli-Mbude.

Le député Youssouf Saïd a, à son tour, souligné l'''importance'' d'une telle mobilisation ''qui illustre la détermination des femmes à en découdre avec un système qui a déjà fait son temps''. Il a ''rappelé les irrégularités constatés dans certains bureau de votes notamment à Maweni, Ntsaweni II et Mdjwaezi. ''Ces irrégularités ont fait l'objet de requêtes, qui sont hélas restés lettre morte'' a-t-il poursuivi. Le rassemblement a pris fin dans une ambiance bon enfant.

 

Saïd  Maoulana

 

 

Communiqué de la sixième session du conseil de paix et de sécurité de l'U.A. sur la situation aux Comores

 

Le Conseil de Paix et de Sécurité :

1. Se félicité du bon déroulement des élections aux assemblées des îles et de l'Union, qui ont eu lieu aux mois de mars et d'avril 2004;

2. Félicite les parties comoriennes pour l'esprit de coopération dont elles ont fait montre dans la mise en œuvre de l'Accord du 20 décembre 2003 sur les dispositions transitoires aux Comores ;

3. Félicite la mission d'observation militaire de l'UA aux Comores (MIOC) pour la qualité de son travail et l'encourage à poursuivre les efforts déployés dans le cadre de l'exécution de son mandat. Le Conseil remercie les Etats   membres qui ont fourni des observateurs militaires ;

4. Exprime sa gratitude à l'Afrique du Sud, qui coordonne les efforts régionaux sur les Comores, et aux autres pays de la région et de la Troïka, pour leur engagement et leur contribution au processus de réconciliation au Comores ;

5. Exprime également sa gratitude aux partenaires de l'UA, en particulier l'OIF, la ligue des Etats arabes, l'Union européenne, la France et la Commission de  l'Océan indien, ainsi qu'à l'Allemagne, pour l'appui apporté au processus de réconciliation et aux efforts de l'UA, et souligne que la poursuite d'une telle collaboration est essentielle à la promotion d'une réconciliation et d'une stabilité durables aux Comores ;

6. Lance un appel pressant à toutes les parties comoriennes pour qu'elles continuent de faire montre d'un esprit de responsabilité et de compromis dans le parachèvement de la mise en place, ainsi que dans le fonctionnement des nouvelles institutions de l'Union des Comores. A cet égard, le Conseil demande aux parties comoriennes de placer l'intérêt de l'archipel et de ses populations au-dessus de toute autre considération et de continuer à travailler dans l'esprit de consensus qui a guidé le processus jusqu'ici ;

7. Exhorte les  parties comoriennes à se conformer scrupuleusement aux dispositions pertinentes de l'Accord de 20 décembre 2003relatives aux questions  douanières et budgétaires, afin de créer les conditions d'une assistance internationale accrue, plus que jamais nécessaire pour le redressement socio-économique de l'archipel. A cet égard, le Conseil demande au Comité de Suivi de la mise en œuvre de l'Accord du 20 décembre de prendre les mesures requises pour assurer le respect de l'Accord, en attendant le vote des lois organiques devant régir la répartition des compétences entre l'Union et les Iles autonomes;

8. Lance un appel à la communauté internationale, en particulier les bailleurs de fonds, pour qu 'elle apporte l'appui financier et économique nécessaire pour le redressement socio-économique des Comores.

 

 

Habari za udungza : Le temps qui passe

 

Sourate ''Le Fer'' : '' Sachez que la vie de ce monde n'est que jeu, divertissement, vaine parure, lutte de vanité entre vous, rivalité dans l'abondance des richesses et des enfants. Elle est semblable à une ondée : la végétation qu'elle suscite paît aux incrédules, puis elle se fane. Tu la vois jaunir et elle devient ensuite sèche et cassante'' (LVII, 20)

 

Dans les îles de la lune où tout est relatif, nous regardons toujours les choses sans vraiment les voir. La forme et le fond sont deux termes extrêmement liés. Sous nos cocotiers toujours malades, c'est le ciel et la terre. ''Ye essentiel nde muhimu'', entend-on de la part de jeunes soit-disant branchés. En effet, nous avons tendance à voir toujours l'aspect superficiel des choses. Nous nous contentons souvent des explications simples et même des plus simples. Combien d'entre nous se disent que ce pays est comme il est, pourquoi vouloir que ça change? Pourquoi ne pas se contenter de regarder les boutres du vieux port? De compter les immatriculations des nouvelles voitures? De comptabiliser les arriérés de salaire? De gueuler contre les nids de poule? De calculer combien ça coûte l'entretien d'un ministre? Autant de questions que tout le monde se pose mais dont la plupart de gens sont persuadés que cela ne sert à rien de crier dans le noir. Et pourtant, un proverbe chinois nous dit que dans ''les ténèbres, il suffit d'allumer une petite lumière''.

Chez nous, l'esprit d'initiative n'est pas le mieux partagé. Nous nous engouffrons  dans les sentiers battus. Il suffit d'aller dans les boutiques pour voir que tout le monde vend la même chose et tout le monde a la fausse impression que le commerce bouge. Nos responsables se contentent souvent de ne pas faire des vagues, seulement de faire des vagues promesses, cela ne coûte rien.

Nous le voyons, il faut avoir une grosse dose d'optimisme dans le crâne pour avancer dans cet océan de scepticisme. ''Pvelawa melimeli pvotsondjiya lasi''. On ose le croire ! Et le temps passe!

 

Hachime Abdérémane

 

Un homme arrêté pour avoir abattu une chèvre à… l'arme à feu

 

Hier un homme, la soixantaine, ancien retraité de l'armée française et originaire de Usipvo (Ngazidja) a été transféré au parquet de Moroni par la brigade judiciaire de la gendarmerie. Il venait d'abattre au ''fusil de chasse'' une chèvre qui vagabondait dans son champs.

Toute fois, l'arme ne serait pas le mobile de son arrestation car ''il a un permis de porte d'arme'' selon gendarme. La charge qui pèse sur lui, poursuit notre interlocuteur, c'est l'abattage de la bête.

L'arme en question très semblable à celles utilisées par les forces de maintien de l'ordre, ainsi que ''des balles réelles'' sont réquisitionnées par la brigade judiciaire.

On apprend par ailleurs, que cet ancien militaire est un récidiviste. La loi, pourtant, veut que les bêtes attrapés dans les propriétés privée, soient transférés à la fourrière et que des dommages et intérêts pourraient être obtenus le cas échéant. Cependant, elle n'interdit pas l'abattage d'une bête en divagation dans un lieu de cultes comme les mosquées et les églises.

 

Ahmed Bourguiba