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EDITION ELECTRONIQUE N°272

 

Conflits en cours : Le Conseil Constitutionnel tranchera

 

Est-il raisonnable de confier une si lourde responsabilité à une instance où ce sont des étrangers qui tranchent en dernier lieu, en cas de mésentente des parties comoriennes (règlement intérieur du Comité de suivi)?  

                      

Dans le cadre du processus de réconciliation nationale, la Cour Constitutionnelle est la dernière institution qui sera mise en place. Elle sera composée de sept membres désignés par les présidents, celui de l'Union, les trois des îles, le président de l'assemblée de l'Union et les deux vice-présidents de l'Union, à raison d'un chacun.

 

Le président Azali et ses deux vice-présidents ont désigné les leurs depuis un an déjà. Il semble même qu'ils auraient commencé à toucher leurs salaires avant la mise en place de cette institution.

 

Elle sera au complet après la mise en place du bureau de l'Assemblée. Celle-ci devra se réunir le 27 de ce mois. Le président Azali propose qu'on fasse trancher certains différends qui relèvent de la compétence de la Cour Constitutionnelle par le Comité de Suivi, ce qui est parfaitement logique dans la mesure où c'est l'instance habilitée à arbitrer les conflits durant la transition.

 

Mais étant donné que l'ensemble des élections a déjà eu lieu, est-il raisonnable de confier une si lourde responsabilité à une instance où ce sont des étrangers qui tranchent en dernier lieu, en cas de mésentente des parties comoriennes (règlement intérieur du Comité de suivi)?

 

Comme il ne reste que deux semaines avant la réunion de l'Assemblée de l'Union, il paraît raisonnable d'attendre la mise en place du Conseil constitutionnel qui se chargera de statuer sur toutes les questions qui relèvent de sa compétence. De toutes les façons, l'intervention de la haute cour se fait à posteriori. Elle se prononce sur la constitutionnalité d'une loi déjà votée. Elle aura toujours les prérogatives qui sont les siennes. Elle pourra annuler les lois qu'elle jugera anticonstitutionnelles.

 

Le temps que les membres du Comité de Suivi puissent être convoqués et se réunir, il faut compter une semaine. La plupart sont à l'extérieur. On aura gagné au plus une semaine. Cela vaut-il vraiment la peine de ne pas attendre la mise en place du Conseil Constitutionnel?  

 

Commission d'Homologation, le triomphe de l'arbitraire

 

Par le docteur Mtara Maécha, ancien président du comité du suivi et candidat aux législatives de l'Union.

 

C'est dans la langue française que l'on trouve les plus jolis mots : démocratie, droits de l'homme, etc.'', disait l'ancien Secrétaire général de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Boutros Boutros Ghali. La validation des résultats des récentes élections législatives notamment à Ngazidja oppose un démenti catégorique à cette affirmation de l'ancien diplomate égyptien.

En effet, la Commission d'Homologation a entériné, dans certaines circonscriptions, des fraudes électorales laissant ainsi perplexe bon nombre de Comoriens. Le président de cette commission, Abraham Zizindohoué, fut choisi, disons le, par l'Organisation internationale de la Francophonie, institution dont le noyau dur est la France, patrie des droits de l'homme.

 

Appelons un chat un chat, M. Abraham Zizindohoué a validé en dépit de l'opposition des magistrats comoriens nommés par les présidents des îles autonomes, une fraude électorale aux barbes et au nez de la Communauté internationale, des décisions sans ''considérant''. Le ''J'ai décidé ainsi'' jadis utilisait par les autocrates des Républiques bananières ou par les ''petits pères du peuple'' dans les dictatures tropicales ou d'acier. A toute demande d'explication, ''Je n'ai pas de comptes à rendre'', répondait Maître Zizindohoué. Il aurait donc oublié qu'il fut sélectionné par consensus par le comité de suivi, organe suprême de la transition.

 

Je fais partie, moi même, des victimes de l'arbitraire du magistrat de l'OIF. Ma victoire dans la circonscription de Mitsamiouli-Mboudé a été délibérément attribuée à mon adversaire, ministre d'Etat, dans la mouvance du colonel Azali. Et cela sans aucun respect du droit.  Quant à mon camarade de Hamahamet, Mohamed Chaffioun, c'est encore plus flagrant : avec plus de 450 voix d'avance sur son rival, M. Chature, directeur de cabinet du colonel Azali, il a vu son élection purement et simplement annulé.

 

En revanche, je ne tiendrai pas le même discours à l'endroit du président de la Commission d'Harmonisation, l'ancien Premier ministre, Lamine Loum, dont les qualités professionnelles et d'éthique sont appréciées par la majorité des Comoriens, toutes tendances confondues, alors qu'il vient de la même institution, l'OIF.

 

Cela ne surprend personne, M. Loum vient du Sénégal, un des nos exemples de démocratie en Afrique.

 

Le choix d'Abraham Zizindohoué a été une erreur de la part du Comité de suivi. Chat échaudé, craignant l'eau froide, il y a eu un précédent. Le magistrat béninois est celui qui avait, en 2002, validé l'élection du colonel Azali en donnant un premier coup de canif à notre constitution. Il est vrai qu'on n'importe pas un juge dont le pays a connu, deux décennies durant, les affres de la démocratie populaire. Cela laisse toujours des traces et des réflexes inattendues

 

Il est une réalité que les décisions arbitraires de M. Abraham  Zizindohoué, risquent d'annihiler les efforts de réconciliation nationale déployés par la Communauté internationale et notamment l'Union africaine et l'Afrique du Sud et nous ramener par la suite à la case départ. Ses prises de positions risquent d'alimenter les thèses selon lesquelles, certains de nos partenaires ne voudraient pas de stabilité aux Comores : ''Diviser pour mieux régner''.

 

Une chose est certaine : le colonel Azali n'a pas, à l'Assemblée nationale de l'Union des Comores, la minorité de blocage que certains voulaient et souhaitaient la lui attribuer par des voies artificielles.

 

Notre combat

continue

 

Il aurait essayé par tous les moyens d'acheter des députés de l'île autonome de Ngazidja à coup des millions de francs comoriens. Cela ne lui a ramené qu'un seul " poisson " et il reste minoritaire au niveau de l'île et le sera  au niveau  de l'Assemblée nationale de l'Union.

 

J'espère que les Grand- Comoriens, les Anjouanais et les Mohéliens resteront vigilants pour qu'on ne vienne pas leur voler leur victoire, qui est celle d'un peuple bâillonné depuis le 30 avril 1999.

 

Notre combat continue et nous espérons que le Comité de suivi prendra, demain, le temps nécessaire pour saisir la Haute cour constitutionnelle pour que toute la lumière soit faite et la justice  rendue aux candidats victimes de la fraude électorale. Il est bien évident et les exemples sont légions dans le monde, qu'une élection truquée peut engendrer une instabilité dans le pays.

 

Il ne peut y avoir donc de développement durable sans démocratie et un Etat de droit. Dans le cas contraire c'est de l'imposture et de la forfaiture.

 

M.M. 

 

Un escroc surnommé Socrate est appréhendé par la gendarmerie après avoir roulé un grand hôtel de la place

 

La brigade judiciaire de la gendarmerie de Moroni, a mis la main sur Toiha Mzé alias Socrate, un célèbre escroc grand-comorien, dans une chambre de Royal Itsandra où il s'était fait passé pour… un maire de Maore. Ce dernier, lui prêtera même une somme de 100.000fc, mettra à sa disposition un 4x4 - s'il vous plaît- et un chauffeur.

 

Socrate est un escroc de première classe. Il était justement entrain de purger une peine à la maison d'arrêt de Moroni. Atteint de maladie, il sera transféré à l'hôpital el-Maarouf. Peu surveillé, il en profite pour s'en fuir et disparaître de la circulation.

 

Plus tard, il débarquera en pleine nuit à l'hôtel Le Rroyal Itsandra où, il réussira à tromper la vigilance de la réception, et se faire passer pour Nassur Mahamoud, secrétaire général à la mairie de Mamudzu (s'il vous plaît) sans pour autant… présenter une pièce d'identité : ''J'ai oublié mes pièces d'identité et ma carte de crédit dans ma valise, demain matin vous les aurez''.

 

L'évadé n'a pas quitté sa chambre durant les premières vingt quatre heures. C'était samedi et comme la banque n'ouvre pas ses portes ce jour là, il a réussit à convaincre la direction ''qu'une somme d'argent destinée à mon hébergement est transférée à la BIC, le lundi je passerai la récupérer". Par ces mêmes manœuvres, Toiha gagnera la confiance de la direction. Cette dernière lui prêtera une somme de 100.000fc. Il mettra à sa disposition une voiture de location de l'hôtel, un 4x4 - s'il vous plaît- à raison de 37 500f par jour et un chauffeur. Ce dernier à qui on promettra, là aussi, 10.000fc par jour sera mis à sa disposition. Tantôt Toiha dit qu'il ''va à la banque'', tantôt, ''il va voir le consul de France''. Avec tout ça, il fini par se tendre un piège. La brigade judiciaire après avoir été informé, arrive et met la main sur l'évadé. Son procès devait avoir lieu hier après midi.

 

Pour l'adjudant Ramadane Mdahoma, commandant de la brigade judiciaire de Moroni, la carte d'identité est dorénavant importante dans notre pays : ''nous sommes arrivés à un stade ou la circulation doit être accompagnée d'une carte d'identité''. ''Parfois, poursuit l'adjudant, il arrive que des parties signent des contrats sans que la moindre identité soit présentée''.

 

Ahmed Bourguiba

 

Habari za udunga

 

Dans les îles de la lune, les jours passent et, même s'ils ne se ressemblent pas, on a l'impression que tout est figé alors que tout au contraire sous leurs aspects tranquilles, grouille toute une vie pleine de rebondissements. Un beau jour quelque chose peut vous tombez sur la tête et vous croyez avoir découvert quelque chose qui ne fonctionne pas bien sous les cocotiers alors que ce sont des choses de la vie de tous les jours. Quelques exemples pour illustrer nos propos. Vous voulez téléphoner, vous vous pointer un soir à la poste ''d'en haut'', vous êtes assailli par des vendeurs de cartes téléphoniques alors qu'en principe une permanence est sensée être assurée, et le permanencier se fait un plaisir d'aller se reposer ailleurs.

 

Vous voulez toucher de l'argent en urgence, le guichet automatique de l'unique banque ne fonctionne pas, surtout dans les moments où vous avez le plus besoin.

 

Vous vous trouvez du côté du marché volo-volo, par hasard, aux environs de midi, dans un taxi où les vitres ne fonctionnent pas et où sont entassés par derrière des poissons fumés. Vous y passez une bonne heure dans un embouteillage. Vous manquez de vous évanouir!

 

Et si, par malheur, vous atterrissez un autre jour au service des urgences du fameux hôpital de référence ou si vous vous faites couper l'électricité par la Ma-Mawe, vous vous demanderez sous quel pied vous vous êtes levé.

 

Les micmacs sous les cocotiers sont devenus banals dans la mesure où rien n'est considéré comme étant un droit. Les fonctionnaires se comportent le plus souvent en petits mandarins et vous regardent toujours de haut quand vous vous pointez dans une administration. Si vous ne connaissez personne, il vous faut prendre votre mal en patience. Ainsi va la vie dans les îles de la lune, où tout est paisible sauf que de temps à autre, comme le volcan Karthala, quelques séismes vous rappelle que vous êtes assis sur une chaudière. Au propre comme au figurée.

 

Hachime Abdérémane

 

Libre Opinion. Penser les Comores

 

Les élections finies, le politicien rebondit sur la désignation des députés à l'assemblée de l'Union. Si l'on ne prend pas résolument parti pour l'un ou l'autre camp, on devient suspect aux yeux de l'un et l'autre camp. Par politicien, il faut entendre cette attitude de certains politiques qui perdent de vue les intérêts du pays et ne pensent qu'à se remplir les poches, qui pratiquent la corruption à grande échelle. Mais, il ne faut pas non plus oublier ceux qui croient "sincèrement" que les intérêts de leur camp coïncident en tout lieu et à tout moment avec les intérêts du pays.

 

La situation a abouti à une extrémité : on ne sait plus qui représente les Comores, on en arrive à vouloir placer le pays sous tutelle internationale.

 

Socle de l'unité

 

Car il s'agit de cela lorsque l'on pense faire jouer provisoirement au Comité d'Homologation ou au Comité de Suivi le rôle de la Cour Constitutionnelle. Un scandale que le politicien ne perçoit même pas englué comme il est dans son combat partisan.

 

Ceux qui se sont fixés, pour des raisons obscures, l'objectif de balkaniser les petites îles Comores ont fait du bon boulot. Ils ont réussi à banaliser aux yeux des Comoriens et de l'opinion mondiale l'occupation de l'île comorienne Maore. Pensez-donc l'occupant, l'ambassadeur de France aux Comores, qui ose protester officiellement auprès de l'Etat comorien pour ingérence dans les "affaires intérieures françaises" parce qu'un chef religieux comorien a prêché à Mayotte. Bien sûr chacun a été choqué mais le politicien l'a emporté, résultat le "crachat au visage" des Comores n'a pas soulevé une indignation générale dans le pays.

 

Ils ont réussi à déstabiliser Ngazidja. Car, c'est dans cette île que les batailles politiciennes font rage. Et cela mérite que l'on s'y attarde. Pourquoi le politicien est-il si fort à Ngazidja? Bien sûr que plusieurs facteurs y concourent. Aux banalités du genre la tendance au palabre à Ngazidja, on pourrait ajouter le fait que ce soit à Ngazidja où deux pouvoirs s'affrontent. Ce dernier aspect est le plus visible. Il n'en reste pas moins qu'il faille pousser l'analyse. Et l'on découvre alors que la raison principale gît dans le fait que Ngazidja est le socle de l'unité du pays. C'est un constat évident. Le séparatisme l'a emporté à un moment ou à un autre dans chacune des îles sauf à Ngazidja. Il y eut d'abord le séparatisme maorais, suivi par des troubles séparatistes à Mwali qui ont ébranlé le pouvoir Djohar et enfin le séparatisme anjouannais qui est venu à bout de Taki.

 

Limiter les dégâts

 

Ce n'est pas que le séparatisme ne soit pas présent à Ngazidja, loin de là. On se rappelle les organisations séparatistes qui avaient émergé à la fin des années 90 en réaction, disaient-elles au séparatisme anjouannais. Comment oublier la tentative de prise du pouvoir à Ngazidja par certains partis durant la courte période de Tadjidine, une "révolution à la anjouannaise".

 

Enfin la flambée séparatiste d'avril 1999 qui servit de prétexte au dernier coup d'état, "l'interposition" de ceux qui devaient dans toutes les circonstances assurer la sécurité du pays, un incendie vraisemblablement allumé par des gens de l'ombre dans un but précis. En tout cas jamais dans l'Histoire du pays Ngazidja ne s'est laissé emporter par un courant séparatiste quelconque. Si le pays n'a pas disparu de la scène mondiale, comme l'est la Somalie, c'est parce que Ngazidja a résisté, a toujours hébergé un pouvoir d'Etat, formellement incontestable sur la scène internationale, un pouvoir d'Etat qui malgré ses incohérences incarnait l'Etat comorien et c'est cela qui enrage les ennemis des Comores.

 

Ngazidja a limité les dégâts. Malgré une fragilisation qui s'accentue, les Comores existent toujours.

 

Alors "Ils" y mettent les moyens, agissent de multiples façons dans l'ombre pour dénaturer l'accord de Fomboni, attiser les conflits politiciens, faire pression sur le soutien international pour le dévoyer, etc. Ils poussent à la guerre civile. Une situation à la rwandaise pour en finir avec les Comores.

 

Cri du cœur

 

Il ne faut pas s'illusionner et croire qu'un conflit armé est impossible à Ngazidja ou qu'en pareilles circonstances un camp pourra l'emporter sur l'autre. Me vient à l'esprit des échanges avec certains politiques qui croyaient en 1974, qu'un coup d'état aux Comores était un non-sens, le fruit d'une imagination farfelue d'un militant extrémiste. Ils se reconnaîtront!

 

Il est en tout cas important que les deux camps à Ngazidja prennent la mesure de leurs responsabilités historiques face à notre pays et recherchent des compromis sur toutes les questions qui les opposent.

 

Monstre à quatre têtes

 

Loin de nous l'idée de nier les partis politiques et le combat politique, la démocratie en dépend. Il s'agit simplement d'un cri du cœur pour la sauvegarde du pays, pour une stabilisation du pays, pour un fonctionnement ordinaire des institutions.

 

Car le petit monstre à quatre têtes qui nous a été concocté n'est pas prêt de laisser la paix prévaloir ni de créer les conditions d'un développement du pays. Au contraire il a déblayé le terrain aux interférences de toutes sortes et si l'on n'y prend pas garde il peut légitimer la séparation. Pour nous en sortir il convient donc pour ceux qui sont réellement attachés au pays de ne jamais perdre de vue les véritables enjeux, l'existence des Comores en premier lieu

 

Idriss

08/05/04