EDITION ELECTRONIQUE N°273
Vers les examens de fin d'année scolaire :
Sur fond de grogne des enseignants
A Ngazidja, le dispositif semble en place pour
entamer en temps et heure l'ensemble des près de six examens et concours de
l'année. Plus de 8200 candidats se sont inscrits pour les seuls baccalauréat et
Brevet d'études du premier cycle (BEPC). Le baccalauréat, l'examen le plus
attendu verra concourir près de 3900 personnes, candidats libres inclus. Les
listes définitives sont établies. Elles n'attendent que l'aval de la
''commission de vérification'' pour être définitive.
Au total, le coût de la totalité des examens
s'élèverait à plus de 90 millions de francs qui seront supportés à égalité par
les élèves et les deux exécutifs de l'Union et de l'île. De même, il semble que
les conflits qui, les deux années précédentes, ont émaillé les préparatifs en
rapport avec le conflit des compétences entre les deux pouvoirs font partie du
passé. Seul inconnu dans le dispositif, le comportement des enseignants qui,
jusqu'ici, n'ont pas reçu leur salaire de février.
A Ngazidja, l'Office des examens et des concours
de l'île entre dans la dernière phase des préparations des examens et concours
de fin d'année au moment où dans les établissements secondaires publics règne
une atmosphère très morose. Après les vacances de pâques, les cours n'ont pu
reprendre de façon effective.
Découragés par le non paiement des arriérés de
salaires (plus de trois mois pour la seule année en cours), beaucoup
d'enseignants se disent démotivés et se rendent très irrégulièrement au
travail. Les élèves des terminales des autres classes d'examen se disent
inquiets de la persistance de cette situation à un mois du début du
baccalauréat. Il débutera, comme d'habitude, le sport, du 24 juin au 4 juillet.
Quelques anomalies
ou insuffisances
Les épreuves écrites commenceront le 8 et dureront
quatre jours, jusqu'au 11 juillet. Le jury de la correction commencera son
travail, le lendemain, le 12, pour le finir le 19 juillet. Après les épreuves
écrites, les candidats auront un repos de six jours avant d'entamer les
épreuves d'options (les oraux), le 17 juillet. La proclamation des résultats du
premier groupe est prévue pour le 24 juillet. Pour cette année, plus de 3800
personnes se sont inscrits.
Ces chiffres ont été établis avant que la
commission de vérification ait rendu son rapport final qui doit permettre de
dresser la liste définitive des candidats retenus. Hier encore, beaucoup
d'entre eux étaient en instance : ''Leurs dossiers présentent quelques
anomalies ou insuffisances'', explique le président de l'Office des Examens de
Ngazidja, Mohamed Abdoulhamid.
''Essentiellement des candidats libres ou
candidats isolés'' précisent le responsable. 39 au centre de Moroni, 21 à Mitsamihuli, 17 à Fumbuni et 8 à Mbeni.
En ce qui concerne le Brevet d'études du
premier cycle (BEPC), ils sont plus de 4366 à concourir. Les épreuves écrites
sont programmées du 14 au 16 juillet et les oraux du 26 au 29 juillet. L'examen
professionnel et le concours d'entrée en 6è se tiendront, respectivement, le 28
et le 30 juin prochain.
45 millions de francs
pour les concurrents
Selon notre interlocuteur, tous les examens
doivent, en principe, pouvoir se terminer le 31 juillet pour permettre aux
enseignants de jouir d'au moins deux mois pleins de vacances (août-septembre).
Au niveau des préparations, tout semble aller dans le bon sens, à en croire les
responsables chargés des examens : ''Toutes les dispositions sont prises et,
cette année, nous travaillons en parfaite collaboration avec les responsables
concernés au niveau de l'Union'', confie Mohamed Abdulhamid
avant de préciser : ''entre nous et les autorités de l'Union, les
responsabilités sont partagées et nous avons procédé à une répartition des
fonctions et des compétences dans presque toutes les étapes de la préparation
des examens jusqu'à l'établissement des diplômes''. Il espère que toutes ces
dispositions prises seront appliquées ''pour éviter les désaccords de l'année
dernière qui ont failli mettre à mal l'organisation des examens''.
Cette année, le coût d'organisation des
examens s'élèverait à 91 millions de francs. Les divers frais demandés aux
candidats doivent s'élever à 45 millions de francs. Les 46 millions restant
seront comblés par les deux exécutifs de l'île et de l'Union, chacune, en
fonction de son quote part.
Mmadi Moindjié
Cette année, comme en 2003, on assiste, chaque
fois que c'est possible à une décentralisation de l'organisation et du passage
des examens. Le baccalauréat est prévu à Moroni, Mitsamihuli,
Fumbuni et Mbeni. Les
quatre centre accueilleront au total, pour le baccalauréat et le BEPC plus e
8000 concurrents. Pour le première épreuve, au centre
de Moroni, 2694 candidats sont inscrits dont 1645 en série A4, 290 en A1, 560
en D, 112 en C et 87 en G. A Misamihuli, ils sont 641
candidats dont 536 en A4, 58 en D, 22 en C et 15 en A1. Le centre d'examen de Fumbuni a enregistré 207 candidats dont 155 en A4, 52 en D.
Le centre de Mbeni va accueillir, quant à lui, 296
candidats répartis comme suit : 256 en A4 et 40 en D. Ces chiffres n'incluent
pas encore la totalité des candidats ''isolés'' ou ''libres''.
Au niveau du Brevet d'étude du premier cycle,
ils sont 2745 candidats au centre d'examen de Moroni, 921 à Mitsamihuli,
377 à Fumbuni et 323 au centre d'examen de Mbeni.
M.M.
Habari za udungza
Sous les cocotiers, un certain nombre de personnes
se sont créées des vérités à elles et vous pouvez avoir toutes les raisons du
monde, il vous sera difficile de les convaincre de quoi que ce soit.
''Peut-être le jour où les poules auront des dents'', vous lancent-elles d'un
air narquois.
Vous nous direz que partout ailleurs, on
retrouve cette catégorie de personnes. Le problème chez nous est que, vivant
dans un espace exiguë, ces personnes arrivent à semer le doute dans certains
esprits.
Qui n'a pas entendu l'histoire de cette
personne qui donnait des explications à un congénère? Son interlocuteur avait
pris un caillou, en lui disant que s'il arrivait à convaincre ce caillou alors
il n'aurait pas de mal à le comprendre! Sans commentaire!
Ainsi donc, dans les îles de la lune, il
existe trop de préjugés qui sont des handicaps sérieux dans le processus
d'appropriation de la problématique de notre développement. Il n'est pas rare
de trouver dans les bangwe, des gens qui vous
expliquent, avec tout le sérieux du monde, comment avec quelques doses d'explications
de leur cru, on pourrait sortir le pays de l'ornière. Certains de ces personnes
sont allées faire un tour dans l'orbite du pouvoir, comme d'autre vont faire le
''oumra'' et personne n'a rien vu venir. A part eux,
bien sûr!
Nous parlons souvent de l'absence de volonté
de faire ceci ou de faire cela. En fait, ce que nous abhorrons c'est surtout
les gens qui prennent des initiatives. Nous avons une sainte horreur des
entrepreneurs. On préfère s'asseoir et distribuer les mauvais points à ces
bandits qui sucent le sang du peuple, tout ça pour avoir la conscience
tranquille. Et pourtant, les choses à faire ne manquent pas, ce qui manquent c'est l'innovation. Ce que nous avons en surplus,
c'est une bureaucratie qui commence à être envahissante et qui étouffe tout
esprit d'entreprise.
Hachime Abdérémane