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EDITION ELECTRONIQUE N°300

 

 Deuxième session extraordinaire du parlement de l'Union

Les députés pourraient ce saisir du dossier des cinq mois d'arriéré de salaire des agents de l'Etat

 

Un décret du président de l'Union, Azali Assoumani, signé jeudi 17 juin, convoque l'assemblée de l'Union à une deuxième session extraordinaire, aujourd'hui mercredi à 16 heures. Au cours de cette deuxième session, les tous nouveaux parlementaires doivent adopter la loi organique relative à la Cour constitutionnelle et le règlement intérieur de l'assemblée, d'après le décret du colonel Azali.

 

Cependant, d'autres points de discussion pourraient s'inviter à la table des représentants du peuple. En effet, des sources du Syndicat National des professeurs comoriens (SNPC), les parlementaires ont promis de plancher sur la question des arriérés de salaire de 2004 de l'ensemble des agents de l'Etat qui sont à leur cinquième mois sans salaire.

 

Pour ce faire, les parlementaires comptent convoquer à leur session, toutes les personnes et les institutions (ministère des Finances de l'Union et de Ngazidja, Comité d'harmonisation, certaines entreprises d'Etat, etc.) concernées par ce dossier dont la gravité n'échappe à personne pour voir les  moyens de trouver une solution à ce qu'il est convenu d'appeler la ''crise des salaires''.

 

La promesse de se saisir de ce dossier, les parlementaires l'ont faite, dimanche dernier, lors d'une rencontre avec des membres du bureau de la plus puissante et la plus active des syndicats des travailleurs comoriens, le SNPC, par ailleurs membre influant de l'Inter-syndical (USATC).

 

Le SNPC, dans le cadre de ses rencontres avec les structures intéressées par la question des salaires avait demandé au parlementaire de jouer pleinement leur rôle et contribuer, ainsi, à dénouer la crise.

 

On se souvient qu'à l'issue de leur assemblée générale extraordinaire de dimanche dernier, les enseignants des lycées et collèges ont décidé de ''frapper fort'' pour obtenir leur dû (Lire notre dernière édition). Le ''dispositif de lutte'' en trois points - terminer l'année mais ne pas remettre les notes à l'administration, ne pas tenir les examens et empêcher, par la force s'il le faut, toute tentative des pouvoirs publics de les faire organiser par d'autres corps, et blocage de la rentrée 2004-2005 - constitue le dispositif le plus dur jamais adopté par des travailleurs comoriens depuis très longtemps.

 

Dans ses conditions, et face à la dégradation fulgurante des conditions de vie des agents de l'Etat et, par ricochet, de très larges franges de la population, consécutives au non-versement, depuis très bientôt de cinq mois, des salaires dans le public, on ne peut que saluer cette initiative des parlementaires. Toute autre attitude serait incompréhensible et dénoterait, de leur part, un réel dédain de la condition de la population dont ils représentent.

 

Promotion des arts et de la Culture

Un conseil comorien du mouvement international ''Delphique'' est ouvert à Moroni

 

Deux membres du conseil régional du mouvement international ''Delphique'', à La Réunion, séjournent à Moroni, depuis quelques jours et ce jusqu'au lundi. Il s'agit d'Elie Mellou et d'Olivier Pascalin qui sont venus faire connaître leur mouvement et ouvrir un conseil régional Delphique aux Comores. Ils ont travaillé avec les responsables de la division de la culture au ministère de l'Education de Ngazidja et le conseil Deliphique aux Comores a été installé dans ce ministère.

 

Ce mouvement a été établi en 1994 afin de ''préserver nos racines culturelles et contribuer à la compréhension entre les gens'', a expliqué Olivier Pascalin, au cours d'une conférence de presse qu'ils ont tenue, hier au CNDRS. Le Mouvement Delphique, souligne-t-il, ''définit les Arts et la Culture comme les taches nationales qui ont besoin d'être encouragées avec les ressources financières et personnelles''. Parce que, ajoute-t-il, les arts et la culture sont les parties nécessaires du système éducateur dans nos écoles ou université et donne de l'importance à ces matières artistiques et culturelles''.

 

Pendant leur séjour aux Comores, les membres du mouvement Delphique ont travaillé avec les responsables de la division de la culture au ministère de l'éducation de Ngazidja. A cet effet, le conseil Deliphique aux Comores a été installé dans ce ministère et le chef de division de la culture a été désigné comme le responsable. Pour être membre ou obtenir d'autres informations sur Delphique, l'endroit indiqué, c'est désormais au ministère de l'Education.

 

Selon ces responsables Delphique, leur mouvement, va pouvoir aider les Comores à ''promouvoir et à sauvegarder leur art, leur culture et leur artisanat''. A travers, le mouvement Delphique,  des aides et un appui financier, en équipement, en formation seraient possibles. : ''Nous agissons, nous aidons à faire les choses concrètement, nous ne voulons pas nous perdre dans les discours''.

 

Le mouvement pourrait, également, à en croire les deux membres de Delphique, aider le pays à faire connaître son art à l'extérieur et à le faire représenter dans le monde. Ils ont, ainsi, annoncé que le mouvement va mettre à la disposition de son conseil comorien les moyens de se rendre à Madagascar, en novembre prochain, ''pour montrer l'art comorien'' dans un grand forum qui s'y tiendra. ''Il reviendra ensuite aux Comoriens de montrer aux autres qu'ils sont là et qu'ils existent avec leur art de bonne qualité''.

 

Le mouvement a crée des ''Jeux Delphiques'' sur six catégories et disciplines à savoir la musique, les arts spectacles, les beaux arts, les arts linguistiques et littéraires, les arts traditionnels et les arts sociaux et écologiques.

 

Mmadi Moindjié

 

L'escroc du bac

se fait prendre

 

Hier, s'est déroulé au tribunal de Moroni le jugement d'une personne qui s'est servi de la naïveté de certaines candidates au baccalauréat pour se faire de l'argent.

 

Les faits : l'année dernière un certain Charif Said alors gardien à l'ISFR et actuellement agent de bureau à l'Université des Comores, raconte à des candidates au bac qu'il connaît, personnellement, le secrétaire du centre des examens, surnommé Satellite et que, par son intermédiaire, ce dernier peut, moyennant finances modifier les notes à l'examen.

 

Ainsi donc notre bonhomme empoche de l'argent soit disant pour intervenir auprès de Satellite.

 

Après la tenue de l'examen, toutes les filles réussissent leur baccalauréat, sauf une. Cette dernière s'en va avoir des explications auprès de ''l'intermédiaire'' que lui explique que vu ses notes trop basses, il était difficile de faire des ajustements sans éveiller les soupçons. Il lui promet d'attendre l'année prochaine pour une seconde intervention.

 

Cette année-ci, la fille se présente au secrétariat et demande à la secrétaire de Satellite qu'elle voudrait le voir au sujet d'une intervention à l'examen du bac. La secrétaire lui fait savoir qu'à sa connaissance son patron n'entre jamais dans ces genres de combine, mais va toutefois, en parler à Satellite.

 

Mis au courant de l'affaire ce dernier va immédiatement porter plainte et l'affaire a été jugé en comparution directe hier, vu la proximité des examens de fin d'année.

 

Durant son réquisitoire, le substitut du procureur a qualifié de ''très grave'' ces faits. Il n'a requis, cependant, que… six mois avec sursis. L'affaire est mise en délibéré pour aujourd'hui.

 

Si Satellite se dit satisfait d'avoir été lavé dans cette affaire, il estime que la peine proposée par le procureur ne reflète pas suffisamment la gravité des faits. ''Cela, estime-t-il, ne va pas décourager les potentiels aventuriers du genre Charif Said''.  

 

Dans cette histoire, vous aurez toutefois remarqué que la majorité des filles ont eu leur baccalauréat, tout simplement grâce à leurs efforts.