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EDITION ELECTRONIQUE N°302

 

Grève, gouvernement de l'Union, session parlementaire…

La course contre la montre

 

Aussi bien pour la crise des salaires que pour les travaux de la deuxième session parlementaire de l'assemblée de l'Union ou encore dans l'optique de la formation du gouvernement de l'Union les tractations se multiplient. A cet égard, les parlementaires ont décidé d'appuyer sur l'accélérateur pour trouver une solution au mouvement social qui menace, notamment, de conduire à une année scolaire blanche mis de cinq jours seulement après la datte fixée pour les épreuves sportives du baccalauréat. Au même moment, le chef de l'Etat aurait engagé des démarches en direction des chefs des exécutifs des îles dans le cadre de la composition du nouveau gouvernement de l'Union attendu encore plus d'un mois après les législatives qui ont conduit une écrasante majorité mdjidjengo à la représentation nationale.

 

Après l'ouverture, hier après-mi, de la deuxième session extraordinaire de l'assemblée de l'Union, les parlementaires ont enchaîné hier, avec les travaux destinés à trouver une solution à la menace de plus en crainte d'une année blanche dans l'ensemble de l'enseignement primaire et secondaire de l'école publique consécutive à la crise des salaires dans l'administration publique d'Etat. Pour les parlementaires, il s'agit d'une ''priorité absolue'', comme l'a qualifié le député de la capitale, Cheikh Ali Bacar Kassim rencontré hier au CNAC où se déroulent les travaux.

 

Dans cette optique, le bureau de la chambre des députés a rencontré, dans la seule journée d'hier, la presque totalité des institutions et autorités directement concernées par la question du versement des salaires des agents de l'Etat.

 

A 1000 à l’heure...

 

 Ainsi ont ou devait défiler jusqu'en début de soirée à Bandamadji, les autorités financières du gouvernement de l'Union et de celui de Ngazidja, des autorités du ministère de l'Education de Ngazidja, des responsables du Comité d'harmonisation et d'autres encore.

Cette course contre la montre des députés s'impose du fait de la proximité du baccalauréat dont les premières épreuves doivent commencer dimanche avec le sport. L'objectif des députés est de ''faire en sorte que le calendrier des examens et, de manière générale, de l'année scolaire tel que fixé par le ministère de l'Education soit respecté.

 

A cet égard les députés considèrent comme acquises les disponibilités financières de l'Etat pour satisfaire aux revendications salariales ''légitimes'' des syndicats de l'Education (SNIC et SNPC) à la pointe du mouvement social et de l'ensemble de l'inter-syndical.

 

Avec un minimum

de volontés...

 

A ce propos, des parlementaires rappellent les chiffres sur les seules recettes douanières consigné dans le rapport, signé le 7 juin, par le directeur général des douanes, Oubeïdi Mzé Cheihi et qui indiquent qu'ente janvier et mai les rentrées s'élèvent à plus de 2, 503 milliards de francs avec un pic pour le mois de plus de 990 millions de francs pour le seul mois de février. ''Avec un minimum de volontés, il ne fait aucun doute que l'on aurait pu verser, pour l'essentiel les salaires dus'', concluent des parlementaires.

 

Parallèlement à la question de l'enseignement, les députés vont devoir examiner les conséquences du retard pris pour la formation du gouvernement de l'Union.

 

A cet égard se pose la question des personnalités qui continuent à siéger au parlement alors qu'elles occupent leur fonction ''précédente'' de ministre, de directeur d'entreprisse d'Etat ou encore de haut fonctionnaire de la présidence de la République.

 

Pour nombre de spécialistes, il s'agit d'une violation du règlement intérieur actuellement en vigueur à l'assemblée qui exige, dans son article 3, des députés de choisir ''par écrit'' et ''quatorze jours après leur nomination'' et précise qu'au-delà de cette limite les suppléants prennent leur place ''de droit''.

 

Cet appel au choix s'adresse, notamment, à l'actuel ministre des Finances, celui des Transports et celui des Relations extérieures de l'Union, au directeur de cabinet du chef de l'Etat et au directeur de la plus grandes des entreprises d'Etat, la Société comorienne des Hydrocarbures.

 

Par ailleurs, la question du retard pris pour la composition du nouveau gouvernement de l'Union continuer à agiter l'opinion. Des sources proches du gouvernement de Ngazidja indiquent que sur l'initiative du colonel Azali Assoumani, des tractations sont en cours pour parvenir à sa formation, dans les meilleurs délais.

 

Deux ou trois autres poids lourds du colonel.

 

C'est ainsi que des émissaires du chef de l'Etat ont rencontré le chef de l'exécutif de Ngazidja, Mzé Abdou Soulé Elbak pour voir ensemble les possibilités de la constitution d'une équipe qui refléterait, le plus possible, l'opinion telle qu'elle s'est dessinées à la sortie des législatives. La même démarche du colonel a été menée auprès des présidents mohélien et anjouanais, Mohamed Fazul et Mohamed Bacar. C'est, selon la même source, pour ''adopter une position commune'' que les trois chefs des exécutifs des îles se sont rencontrés hier à Mwali. Cette nouvelle opération du patron de l'Union serait conduite par l'actuel véritable numéro 2 du régime, le député et directeur général de la SCH, Aboudou Soefo soutenu, semble-t-il, par deux ou trois autres poids lourds du colonel.

 

Du côté des midjidjengo et de la majeure partie des députés de la majorité, cette démarche du locataire de Beït-Salam, suscite à la fois ''de l'enthousiasme et de la méfiance''.

 

A propos de

''main tendue''

 

A cet égard, les députés mdjidjengo et les exécutifs des îles ne seraient pas forcément sur la même longueur d'onde. Du côté de Bandamadji, la ''main tendue'' du président Azali n'est pas ''sans frais pour les mdjidjengo''. Selon un député anjouanais, le président de l'Union chercherait, par ce rapprochement, à obtenir des chefs des exécutifs des îles autonomes la composition d'un gouvernement élargi de pas mois de dix ministres en plus des vice-présidents actuels, ''ce qui ne peut être admis par la représentation nationale'', précise notre interlocuteur. ''Aussi bien au nouveau de l'Union que des midjijdjengo, les gouvernements doivent se conformer à la constitution''.

 

 

Crise des salaires dans le public

Le Ridja dénonce ''l'indifférence'' des pouvoirs publics devant la souffrance des plus 200000 âmes...

 

“Comment, s'interroge la formation de maître Larifou, les autorités peuvent-elles rester insensibles face aux cris de détresse de plus du cinquième de la population, endeuillée parce que ne trouvant pas à manger, ne payant pas les écolages et les soins des enfants, et les factures de courant''. Le Ridaj demande, entre autres, d'inscrire le remboursement de la totalité des arriérés de salaire (plus de 24 mois) dans le document à soumettre à la prochaine table ronde des bailleurs de fonds sur les Comores.

 

Dans une déclaration publiée cette semaine, le Rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie (Ridja) a exprimé son indignation face à la persistance e la crise sociale que connaît le pays, provoquée par le non paiement de cinq mois de salaire.

 

La formation politique de maître Saïd Elarif qualifie la situation de ''grave'' et dénonce ''l'indifférence'' des pouvoirs publics devant la souffrance des plus 200000 âmes qui dépendent des salaires des agents de l'Etat pour vivre. Le Ridja se demande, dans sa déclaration, ''comment des autorités qui devraient être les serviteurs de leur peuple décident unilatéralement de geler les salaires des agents, osant ainsi mépriser les conventions collectives et ignorer les lois et textes réglementaires en vigueur''.

 

3 milliards de franc retirés de la circulation

 

ix mois de salaires impayés, indique-t-il, ''ce sont 5000 agents qui sont privés de leurs devoirs et de leurs obligations administratives, sociaux et familiaux''.

 

Il rappelle que les six mois de salaires impayés, c'est 3 milliards de franc retirés de la circulation, rendant ainsi le quotidien du Comorien ''très précaire et incertain''. ''Comment, s'interroge la formation de Larifou, les autorités peuvent-elles rester insensibles face aux cris de détresse de plus du cinquième de la population, endeuillée parce que ne trouvant pas à manger, ne payant pas les écolages et les soins des enfants, et les factures de courant''.

 

Pour Ridja, les grèves des enseignants, des agents des finances et de l'ensemble des salariés de l'Etat, ''constituent l'exemple le plus éclatant de la montée en puissance de cet esprit de révolte populaire''. Il considère que les salaires sont importants et sont ''le garant de la cohésion sociale et un indicateur économique de grande importance''. Il demande, à cet effet, aux autorités de l'Union et des îles autonomes, et la communauté internationale ''d'examiner, avec l'attention requise, le problème des salaires en vue d'une solution immédiate''.

 

Dans la perspective de la table ronde

 

Après le processus de réconciliation nationale, le Ridja estime que les Comores doivent désormais se fixer un objectif de développement ''qui ne peut se faire que dans un pays socialement stable''. Ainsi, le parti demande de considérer le règlement des salaires comme ''une des conditions favorables à un décollage économique des Comores''.

 

A cet effet, il propose, l'organisation, ''dans un délai raisonnable'', d'assises nationales de type états généraux, devant réfléchir sur tous les aspects des salaires. Le Ridja demande, en fin, aux autorités respectives d'inscrire la paie des autres arrières de salaires qui s'élèvent à plus de 24 mois dans le document qui sera soumis à la prochaine table ronde des bailleurs de fonds sur les Comores.

 

Mmadi Moindjié