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EDITION ELECTRONIQUE N°303

 

Baccalauréat, crise sociale, entre assemblée de l'Union et gouvernement de l'Union…1 pas en avant, 2 pas en arrière

 

Le dispositif de sortie de crise que tente de mettre en place le bureau de l'assemblée est bloqué. C'est le moins que l'on puisse dire. En effet, le gouvernement de l'Union qui, selon l'expression d'un leader syndicaliste, ''détient le cordon de la bourse'' refuse de répondre à la convocation des représentants du peuple qui ont reçu, dès vendredi, les ministres de l'Education et des Finances de Ngazidja et le Comité d'harmonisation. Parallèlement, les syndicalistes, relayés hier par les plus de 2500 élèves qui devaient débuter, ce même jour les épreuves sportives du baccalauréat à Moroni (Lire en page 3, la déclaration de la coordination des élèves), mettent la pression sur les autorités en réussissant deux marches très suivies.

 

Le baccalauréat n'a pas commencé dimanche, à Ngazidja, contrairement ce qui a été initialement prévu. Une décision de l'office des examens de l'île autonome a reporté à plus tard les épreuves sportives qui devaient débuter hier dans le centre de Moroni. Toutefois, selon la même office, le reste du calendrier reste inchangé. Du moins, jusqu'ici.

 

L'Union ne répond pas

 

Cette décision a été, sans doute, dictée par le constat de la réalité de la fermeté syndicale par rapport à la position affichée depuis dimanche. Parallèlement, dans ses efforts pour trouver une issue à la crise sociale actuelle, le bureau de l'assemblée nation conduite par ses deux vice-présidents et le président de la commission des Finances, a poursuivi jusqu'en fin de soirée du vendredi, ses rencontres avec les structures concernées par la question des salaires. Ont, effectivement, répondu à l'appel des députés, les ministres concernés de l'île autonome de Ngazidja et la Commission d'harmonisation. L'exécutif de l'Union, bien qu'expressément invité, n'a pas répondu à l'appel des représentants du peuple et n'aurait pas jugé utile de motiver sa décision.

 

Selon les leaders syndicaux reçus par les députés (syndicat des professeurs, syndicat des instituteurs et le secrétaire général du syndicat des Finances) à la sortie de la rencontre, c'est, cette attitude du gouvernement de l'Union qui contribue à amenuiser toute chance de sortir de la crise actuelle. ''En effet, précise le coordinateur de l'Intersyndical, ''c'est l'Union qui détient le cordon de la bourse et il s'agit avant tout, pour parler familièrement, d'une affaire de sous''.

 

Le syndicaliste dit ''apprécier'', la volonté d'engagement des députés qui, entre autres, ont essayé d'obtenir des enseignements qu'ils suspendent leur mouvement en attendant de trouver une solution avec les autorités de l'Union. Mais, explique Ibouroi, cette volonté ''ne suffit pas car les grévistes veulent de l'espèce sonnant et trébuchant''.

 

Une affaire de sous”

 

La fermeté de la position syndicale était d'autant plus prévisible que le refus du gouvernement de l'exécutif de l'Union de répondre à la convocation des députés est perçu, par les représentants syndicaux, comme une absence totale de contrôle du législatif sur l'exécutif qui semble s'être fait une règle de ne répondre à aucune sollicitation des députés. Dans ces conditions, ''on ne peut se fier aux propositions de sortie de crise des députés alors que se sont les représentants de l'exécutif de l'Union qui détiennent la réalité de toute solution possible'', argumente Ibouroi Ali Toibibou.

 

A cet égard, l'inquiétude des enseignants est d'autant plus grande que, selon les représentants de la Communauté internationale, l'audit qui a été conduit par leurs soins (lire à ce propos, notre édition du mardi 22 juin) et dont les conclusions doivent être rendues publiques aujourd'hui, aurait révélé que ''le mécanisme conçu entre les parties comoriennes et la Communauté internationale pour sécuriser les salaires et les échéances de la dette extérieure a été contourné par les responsables de l'Union des Comores''. Certaines sources rapportées par l'Inter-syndiacl parlent de plus de 2 milliards 400 millions de francs qui se seraient ''tout simplement volatilisés''.

 

Aux profs de l'Université

 

Au cours d'une conférence de presse tenue vendredi, les membres du Comité d'harmonisation ont valsé entre la volonté de son président, l'ancien premier ministre sénégalais, Mamadou Lamin Loum, de caresser les autorités dans le sens du poil et celle d'autres membres qui accusent, dans des termes à peine voilés, les responsables de l'Union d'être, en grande partie, à l'origine de la crise actuelle des salaires.

 

Dans ses conditions, les enseignants du primaire, des lycées et des collèges ont décidé de maintenir leur position en trois points annoncée lors de leur dernière assemblée génale de dimanche dernier au Lycée SMC à savoir : ne pas remettre les notes de fin d'année, bloquer la tenue du baccalauréat et empêcher la rentrée prochaine.

 

Dans cette lancée, les professeurs d'Education physique et sportive avaient décidé d'inaugurer les piquets de grève, dès hier, jour prévu pour le début des épreuves sportives au Lycée de Moroni, à l'Institut national de la Jeunesse et des Sports et au Stade de Moroni.

 

Pour ce faire, ils avaient lancé un appel à leurs collègues enseignants des autres matières ''pour qu'ils viennent soutenir leur action''. Parallèlement, les professeurs des lycées et collèges ainsi que les instituteurs ont réitéré leur appel de dimanche dernier à leurs collègues de l'Université - qui, eux, ont reçu leurs salaires jusqu'en mars et dont - selon toute vraisemblance -, une décision de revalorisation indiciaire vient d'être décidée. Ils les exhortent ''à ne pas tenter de prendre leur place'' (lire à ce propos, notre édition N°299 du mardi 22).

 

Cependant, dans leur écrasante majorité, les syndicalistes n'excluaient pas, hier encore, la possibilité de parvenir à une solution ''en temps utile''.

 

Professeurs, élèves : maintenir la pression

 

Dans cette optique, ils disent apprécier la constitution au niveau l'assemblée nationale d'une ''cellule de crise'' sur les deux questions de la grève dans le primaire et de la tenue du baccalauréat que l'on sait fondamentalement liées à la crise des salaires. ''Nous sommes disposés à apporter notre contribution pour donner toute les chances à cette nouvelle démarche'' disait, en substance, un membre de la délégation des enseignants.

 

Parallèlement, toutefois, l'Union des Syndicats autonomes des travailleurs des Comores'' (ou Intersyndical) a décidé de maintenir la pression. C'est ainsi qu'elle a réussi sa démonstration de force à laquelle elle avait appel trois jours au paravent. En effet, samedi, la marche pacifique de protestation, le long de la petite boucle de la capitale, a été un franc succès en mobilisant plus d'un millier d'enseignements et autres employés de l'Etat avec comme slogan ''officiel'' : ''Payer le salaire est un devoir pour l'employeur''.

 

Intense correspondance

 

De même, les syndicats de l'Education ont procédé, hier, à la lecture d'un hitma pour remobiliser leurs propres troupes.

 

De même, elle a envoyé des lettres à tous les membres de la Communauté internationale (Etats, institutions et personnalités) impliqués dans le processus de réconciliation nationale (France, Maurice, Madagascar, OIF et Afrique du Sud, etc.). Dans cette abondante correspondance, les syndicalistes rappellent à chacun ses responsabilités dans la situation actuelle et demandent à tous de peser de tout leur poids pour qu'une solution soit trouvée dans les meilleurs délais. L'objectif de tout ce dispositif, résumait hier, le professeur de philosophie et secrétaire régional du syndicat des professeurs, Chabane Mohamed, c'est ''d'inciter les autorités à prendre conscience de la gravité de la situation''.

 

Hier, matin les élèves qui devaient subir les épreuves du sport ont organisé une marche de protestation qui les a conduit de l'Institut national de la Jeunesse et des Sports à Moroni à Itsandra sur la route de Beït-Salam, le bureau du président de l'Union, en scandant la ila ha il'la dhwahu (''Il n'y a de puissant qu'Allah'').

 

Coordination des élèves de Ngazidja : ''Nous ne pouvons pas faire des examens sans nos professeurs''

 

Dans une ''Lettre au peuple'' la Coordination des écoles publiques de l'île de Ngazidja écrit : ''Il semble que cette année, encore, on ne va pas échapper aux problèmes liés à l'éducation avec le bras de fer engagé entre les gouvernements entre eux et entre les autorités et les agents de l'Etat représentés, notamment, par le Syndicat national des professeurs comoriens, le SNPC, sur la question des cinq mois d'arriérés se salaire.

 

Nous, coordination des élèves de l'île de Ngazidja, lançons un grand appel à toutes les autorités politiques concernées pour qu'elles fassent tous - c'est à dire verser les salaires des enseignants - pour que les examens puissent avoir lieu dans des conditions normales.

 

En effet, on ne peut ignorer que faire faire les examens par d'autres personnes en lieu et places des enseignants en exercice - comme on le murmure dans les coulisses -, va créer de la haine entre eux et leurs remplaçants éventuels.

 

Sans compter les conséquences négatives de toute sorte sur une telle démarche. Nous n'avons pas oublié, à cet égard, ce qui s'est passé en 1998.

 

Nous pensons qu'il est inconcevable qu'on enlève à des gens qui se sont données pendant cinq mois à enseigner sans être payés, le droit de pouvoir contrôler le travail qu'ils on accompli de puis le début de l'année scolaire.

 

Au total et pour être claire, la coordination des élèves de l'île de Ngazidja et les élèves disent qu'ils ne peuvent faire des examens sans leurs professeurs.

 

Hackyimes Soulé

(Secrétaire général de la Coordination des écoles publiques de l'île de Ngazidja)

 

Délestage électrique : Pas encore de date officielle pour le retour à la normale

 

Le calendrier de délestage de courant électricité imposé aux usagers de certaines régions de Ngazidja par la société nationale de l'eau et d'électricité, la Mamwe, continue depuis plus de dix jours. En principe, après l'arrivé d'huile de vidange, si on s'en tenait aux explications des autorités de l'entreprise (lire à ce propos notre édition du mercredi 16 juin), la couverture de l'énergie devrait retourner à la normale en début de semaine dernière. Malheureusement, les responsables de la Mamwe refusaient, jusqu'à hier, de se montrer plus précis et tentent de minimiser le problème qui serait, maintenant, tout autre : ''Tout peut se régler d'un moment à l'autre'', nous disait un responsable technique de la société, avant d'ajouter : ''Il ne se pose pas de problèmes techniques. Ce qu'il y a, c'est que nos groupes électroniques ont besoin d'un certain temps pour redémarrer. Comme vous savez, renchérit-il, parfois, pour des questions de sécurité et ils peuvent s'étendre d'eux-mêmes''.

 

Toutefois, si les groupes devaient perdurer dans leur silence, la société se trouverait dans l'obligation de faire appel à une intervention extérieure pour leur remise en service.

 

Une carte

 

Cependant, de l'avis de certains techniciens de la Centrale de Vwadju, le problème serait beaucoup plus sérieux que ne veulent le dire les responsables. Selon eux, ''le code de redémarrage serait perdu et ils auraient du mal à le détecter''. Après plusieurs tentatives, les techniciens de la centrale, les locaux et un expatrié qui travaillent sur ces groupes, n'étaient, jusqu'à hier, pas parvenu à les  redémarrer. ''Nous avons un problème de redémarrage des groupes'', a reconnu un autre responsable technique de la boîte.

 

Cependant, d'autres sources de la même entreprise parlent d'une panne intervenue au niveau d'un des départs de la principale centrale du pays (le Départ 3) dont une carte aurait lâché.

 

Cette carte serait, selon la même source, attendue demain. Si tel était le cas, la fourniture électrique reviendrait à la normale le même jour au soir.     

 

Devant cette situation ''d'une certaine gravité'', les dirigeants de la Mamwe devaient faire recours à des techniciens étrangers pour débloquer la situation. Ils devraient arriver hier ou aujourd'hui de France, selon un responsable de la maison.

 

Des techniciens étrangers

 

Ce nouveau ''raté'' des nouveaux groupes ''agace'' de plus en plus les techniciens de la centrale : ''Cette nouvelle mésaventure ne serait pas arrivée si l'entreprise avait misé sur la formation et le recyclage de ses techniciens sur les nouvelles technologies. Aucun plan de formation n'a jamais été envisagé'', déploraient jeudi l'un d'eux. Il trouve les ''incessants appels à l'étranger'' ''dégradants'' pour l'image de marque de la société et ''humiliants'' pour le technicien.

 

Il rappelle que dans le cadre de l'installation des nouveaux groupes électrogènes, aucun technicien comorien n'a reçu la moindre bribe de formation qui lui aurait permis de faire face à d'éventuelles difficultés''.

 

Selon les mêmes techniciens, les difficultés que rencontrent les groupes pour redémarrer, sont dues au fait qu'ils sont trop longtemps restés éteints. D'autres techniciens craignent que les techniciens étrangers, ''ne révèlent d'autres problèmes''.

 

Par ailleurs, le directeur de la société doit, dès ce matin, reprendre ses fonctions suite à un décret du chef de l'Etat. Rappelons que Mahamoud Fakri Dine, avait démissionné de ses fonctions pour se présenter aux élections législatives de l'Union des Comores, dans la deuxième circonscription de

 

Moroni qui a été remportée par Cheik Ali Bacar de la mouvance Mdjidjengo.

 

Mmadi Moindjié