EDITION ELECTRONIQUE N°332
Résultat de la visite d’Azali
en France:
Rien de consistant
Le président Azali a
regagné les Comores lundi dernier à bord du vol régulier d'Air Austral. Il a
été accueilli par une foule nombreuse. Il faut dire que le pouvoir n'avait pas
lésiné sur les moyens : circulaires administratives demandant aux agents de
l'Etat de se rendre à l'aéroport, des dizaines de véhicules loués, la
réquisition des voitures administratives…Plusieurs discours de bienvenue
avaient été prononcés, bref c'était la liesse générale à l'aéroport Said Ibrahim. Pour peu, on aurait cru que le colonel venait
d'être sacré président à Paris par le chef de l'Etat français !
Beaucoup semblent oublier que les Comores sont
indépendantes depuis le 06 juillet 1975. Il faut dire qu'en envoyant la
ministre des DOM et TOM accueillir le président comorien à son arrivée à
Roissy, les autorités françaises n'ont pas contribué à soustraire la confusion.
Quoi de plus normal qu'un chef d'Etat qui
reçoit un autre chef d'Etat ? C'est le b a b a des relations internationales.
Trente ans après leurs indépendances les Comoriens ont besoin d'une
décolonisation mentale. Il serait temps qu'ils se rendent compte que le destin
de leur pays se joue à Moroni et non à Paris. Il est entre leurs mains et l'ancienne
puissance colonisatrice n'est qu'un partenaire, un partenaire certes
privilégié, mais un partenaire tout de même.
Nous écrivions dans notre édition du 28
janvier " c'est de la suite que donneront les autorités françaises aux
réelles difficultés que connaissent les Comores, difficultés qui
s'appellent absence d'infrastructure
économiques adéquates, dette, pauvreté, santé, enseignement, que nous jugerons
de l'utilité de ce voyage tellement attendu et tant crié et non du poignet de
main chaleureux que se donneront Chirac et Azali
".
Malheureusement, rien de concret n'a été
annoncé à la suite de cette visite. On s'est contenté de parler de commission
mixte et de plaidoyer auprès des partenaires multilatéraux UE, FMI, BM en faveur de notre pays. Tout le monde sait que les
sommets des chefs d'Etat sont faits pour les effets d'annonce. Les dossiers
sont traités avant par les techniciens et on laisse la bienséance aux
présidents pour annoncer les bonnes choses.
Des deux choses l'une, ou le voyage du président
comorien a été prématuré et mal préparé ou le partenaire français n'avait rien
de consistant à offrir aux Comores.
.Malheureusement, les résultats sont là :
aucun geste concret de la France n'a été annoncé à l'issu de cette visite
officielle. Tout le monde se souvient que lorsque notre voisin Marc Ravalomanana a été reçu par Chirac après la crise malgache,
la France a annoncé la suppression de la dette malgache, l'octroi de plusieurs
milliards d'euros à la Grande île. Et quelques jours plus tard, le Club de
Paris a prononcé un moratoire de la dette malgache.
On
aurait aimé saluer la réalisation de cette visite officielle du chef de l'Etat
comorien, visite qui intervient après cinq années de gèle de la coopération
franco-comorienne et à la suite d'une longue crise séparatiste. On aurait aimé
proclamer comme certains confrères comoriens qu'elle est une réussite sur tous
les tableaux.
Malheureusement, pour le moment, les retombées
de ce voyage qui aura coûté beaucoup de millions au trésor public comorien sont
maigres.
SOA
La grève des enseignants : Pas de
bousculade sur le chemin des écoles
La voix du Secrétaire Général du Syndicat
National des Professeurs des Comores a appelé à la reprise des cours à partir
du lundi 07 février.
Cependant, les élèves du primaire
continuent à vaquer, le Syndicat
National des Instituteurs des Comores estimant que le protocole d'accord est
tronqué et que naturellement, la poursuite du mouvement de grève est l'issue
logique de la décision prise par les autorités. Le SNIC
se refuse à signer un protocole d'accord qui stipule que le mois de novembre
sera payé du 28 février au 30 mars et celui de décembre du 30 avril au 30 juin
et qui ne mentionne aucune date à laquelle le salaire de janvier sera versé.
Le S.G du SNPC qui,
interrogé une fois sur Djabal TV avait annoncé que
jamais les profs ne reprendraient le chemin des Lycées et Collèges sans le
versement de toutes les arriérées de 2004 se déclare satisfait, dans la mesure
où ces arriérées ne tomberont pas dans le panier de la dette intérieure comme
c'était le cas pour celles de 2000. Cette
psychose est donc écartée : "le mois de novembre sera payé à partir du 28 février,
celui de décembre à partir du 30 avril. " a-t-il dit. Le Ministre de
l'Education Nationale, lui aussi a parlé
d'une victoire dans la mesure où les enseignants ont obtenu ce qu'ils
demandaient : "ils doivent reprendre les cours à partir du lundi, étant
donné que nous avons respecté leurs exigences. " a dit Mr Mohamed Iliass.
La
tension est au paroxysme ce dimanche 6 janvier et les débats qui reposent sur
la prise à témoin de la coordination des élèves du privé et du public, la
fixation d'une date à laquelle le paiement du mois de janvier sera
effectué, le règlement de novembre 2004
avant le 28 février et celui de décembre avant le 30 avril, se déroulent sous
la médiation du Ministre de la défense Mr Msaidié.
L'on avance que le voyage du chef de l'Union des Comores et de son imposante
délégation à Paris a absorbé beaucoup de fonds et que pour des raisons
d'assainissements de la FOP, ce qu'ils demandent est
impossible à honorer. Finalement l'option de la participation des élèves est
écartée par les autorités.
Le jeudi 10 février 2005, les élèves et
certains profs ne se bousculent toujours pas devant les portails des
établissements publics et des bruits courent qu'ils font opposition à la
décision du SNPC.
"Comment reprenez-vous les cours alors
que vous n'avez même pas perçu le traitement de janvier, comme si vous ne savez
pas que plusieurs pactes ont été trahis ? Si vous rentrez pour rompre en cas de
non respect du protocole, alors je vous plains car malheur à vous ! " a fait comprendre Asma, une élève
de première à un enseignant. L'écho des propos de cette élève est repris par
tous ses collègues qui, excédés par la faillite du système scolaire, redoutent
la menace d'un nouvel arrêt des cours qui, comme un nuage de tornade suspendu
dans le ciel peut s'abattre à tout
moment sur eux ; ils aspirent à un enseignement régulier, la mobilisation de
leur volonté active ne plie jamais. La triste condition qui a gâté les choses,
c'est d'avoir réussi à diviser l'unité du SNIC et du SNPC. " L'on continue à payer sur la base d'une
vieille grille indiciaire datant de 1958 ; certains enseignants vétérans
touchent quarante mille francs, eux qui les ont enseignés. L'instituteur tire
le diable par la queue pour survivre : nous avons entamé cette grève afin de
toucher trois mois d'arriérés ; octobre a été versé, mais il manque janvier et
c'est donc 3-1+1=3." a fait constater Ada du SNIC.
Dans ces conditions incongrues, la fin de
cette grève si terrible qui a secoué les élèves pendant quatre semaines aboutit
à la division de l'organisation syndicale,
longtemps considérée comme l'unique
cheval de bataille de la lutte pour les droits élémentaires dans notre pays. Le
SNIC ne veut pas donner confiance à des personnes qui
préfèrent une année blanche plutôt que de verser deux mois d'arriérés de
salaires. Les professeurs se verront obligés de travailler jusqu'en juillet au
lieu du 26 juin, afin de synchroniser avec Anjouan et il y aura échange de
jury, voire de surveillants. La fin de la grève n'a donc pas connu d'apothéose.
Said Omar Hachim
Épidémie de " dingue "
Depuis un mois, une épidémie de dingue frappe
la population de Ngazidja. C'est une sorte de grippe qui ressemble à une crise
de paludisme. Elle s'attaque aux membres supérieurs et inférieurs et
s'accompagne d'une forte fièvre. En quelques minutes, le malade est terrassé.
Elle s'attaque à toutes les catégories de la population : personnes âgées,
enfants, adultes bien portants etc… Interrogé, le
ministère de la santé publique s'est contenté de répondre " qu'une note a
été envoyée chez tous les médecins pour leur signifier qu'il ne s'agit pas de
crise de paludisme, mais d'une forme de dingue provoquée par un virus ".
Toujours est-il qu'il s'agit d'une véritable épidémie qui continue de
s'attaquer à de plus en plus de gens.
Dispute de véhicules
La semaine dernière on a assisté à une
véritable bataille entre le tout puissant directeur général de la SNPT qui fait la pluie et le beau temps dans ce pays et le
directeur de cabinet du président de l'Union. Ce dernier qui est le responsable
administratif du parc automobile de l'Etat avait demandé à plusieurs reprises
au directeur général de la SNPT de rendre une Laguna qui faisait partie d'un lot de quatre véhicules
achetés pour le compte du gouvernement par la SNPT.
Estimant que charité bien ordonnée commence par soi, M. Omar Mgomri patron de la boîte refuse de rendre une des Laguna et se l'est appropriée.
Il a fallu employer les gros moyens pour
récupérer le véhicule dans le parking de la SNPT :
les militaires sont arrivés avec l'équipement conséquent (grue, camion, chaîne etc…) et ont embarqué le véhicule.
Voilà ce qui arrive lorsqu'il n'y a plus de
règles dans un Etat ! Le gouvernement veut un véhicule ? On téléphone au patron
des Hydrocarbures ou à celui de la SNPT et la voiture
est achetée ! Et petit à petit ces directeurs prennent la grosse tête et se
prennent pour le bon dieu
Précisons de la Bic
Dans notre article " La BIC à l'heure de
Western Union " paru dans notre dernière édition, nous avions écrit que
l'ouverture d'un guichet Western Union à la BIC pourrait se faire dans le
courant du deuxième trimestre. La direction de la BIC précise que le projet
existe mais il serait prématuré d'avancer de date d'ouverture de cette
activité. D'autre part la BIC n'a pas la prétention de disputer le marché à la SNPT, elle ne réalisera qu'une petite part de cette
activité.
Un lecteur demande “une rue des Comores” à
Paris
Nous continuons la publication d’une lettre de
M.Hachim Charif qui vit aux
Etats-Unis et qui trouve le fait qu’il n’existe aucune rue qui porte le nom des
Comores est une anomalie. Il demande au maire de Paris de rectifier cette
anomalie de l’histoire.
Lors de la guerre 1914-1918, le premier soldat
noir entré dans le fort de Douaumont reconquis était un Comorien, mort
misérablement depuis sur un lit d'hôpital, et qui avec la fierté et l'orgueil
qui caractérisent la personnalité comorienne, a laissé à son fils dans son
testament, la mission de garder pieusement la médaille militaire et la croix de
guerre avec citation qui lui avaient été décernées pour sa bravoure, parce
qu'il estimait qu'il avait fait tout son devoir comme tout bon Français".
Que dire des nombreux autres soldats comoriens
qui se sont battus pour la France pendant les deux Guerres Mondiales, en
Indochine et en Algérie. Je note
cependant que Verdun a sa place, Bir Hakeim son pont, l'Algérie son boulevard, l'Indochine,
Saigon et la Kabylie leurs rues dans la capitale française, mais pas les
Comores. Je crois que ce ne serait pas
trop exagérer que de parler d'une gaffe historique, laquelle doit être corrigée
le plus rapidement possible.
Je ne savais pas s'il fallait rire ou pleurer
lorsqu'en feuilletant le plan atlas de Paris, j'ai constaté que même Satan
avait son impasse quelque part dans le 20eme
arrondissement de Paris, mais encore une fois pas les Comores, cette vieille
amie et ancienne colonie de la France.
A vrai
dire les Comores ne méritent pas une rue à Paris. Elles méritent une avenue ou un boulevard
voir même une place non seulement à Paris, mais également dans les villes à
forte immigration comorienne telles que Marseille, le Havre, Dunkerque ainsi
que dans toutes les autres grandes villes françaises, en hommage à tous ces
comoriens qui ont servi dans les différents corps de l'armée française ou qui
ont travaillé sur un des nombreux bateaux de la marine marchande française,
après la seconde Guerre Mondiale. Pour
beaucoup d'entre nous, il s'agit d'un grand-père, d'un père, d'un oncle, d'un
voisin ou simplement d'un comorien anonyme.
En tant que politicien, vous n'êtes pas sans
savoir qu'il existe aujourd'hui à Paris une très forte communauté comorienne,
estimée officieusement à près de 100.000 personnes et
composée de la première, deuxième et troisième génération. Sachant que la plupart de ces comoriens ont
la nationalité française, donc le droit de vote, il serait à mon avis
politiquement ingénieux de nommer une rue, une avenue, un boulevard ou une
place après les Comores, cela avant les prochaines élections municipales. Je peux vous garantir que si vous poursuivez
cette idée, toutes les voix des franco-comoriens iront de votre côté. Cela serait d'autant plus avantageux pour
vous qu'il n'existe pratiquement pas de risque politique en mettant en oeuvre
cette idée. De plus, vous mettriez fin à
une majeure négligence historique.
Conscient de la longue procédure qu'exige un
projet de baptême pour une nouvelle artère dans votre ville, et imaginant
toutes les difficultés rencontrées par la commission chargée de trier les noms
de nouvelles rues, et surtout considérant le volume des demandes que Paris
reçoit, j'ai choisi de vous contacter directement par lettre ouverte afin
d'accélérer le "dossier Comores".
Comme beaucoup, et même s'il a fallu attendre
près de deux cents ans après sa mort, j'ai applaudi lorsque votre ville a eu le
courage et la sagesse de baptiser une rue dans le 1er arrondissement, en
l'honneur du chevalier de Saint-Georges, ce célèbre musicien et homme d'armes
du 18eme siècle, natif de la Guadeloupe et surnommé
le "Mozart Noir". J'espère que
votre ville saura encore une fois faire preuve de ce même courage et cette même
sagesse pour le cas des Comores qui attendent depuis 1843. Le moment est venu pour que Paris célèbre les
Comores.
Je note enfin qu'on trouve à Paris des rues
portant les noms de quelques anciennes colonies: Congo, Gabon, Dahomey,
Madagascar, Niger, et Sénégal.
Cependant, je ne peux pas m'empêcher de finir cette lettre sans penser
aux autres anciennes colonies françaises d'Afrique qui à mon avis devraient eux
aussi et à juste titre, avoir leurs rues dans la capitale française, pour leur
contribution politique, militaire, économique, et culturelle à votre pays en
général et à votre ville en particulier.
Je pense notamment au Mali, au Tchad, à la Côte d'Ivoire, la Guinée, la
Mauritanie, la République Centrafricaine, le Burkina Faso, le Togo et
Djibouti. Pourquoi ne pas intégrer dans
le nouveau plan local d'urbanisme de Paris (PLU) un imposant monument dédié à
toutes ces anciennes colonies africaines?
Pour ma part, j'espère que la prochaine fois
que je visiterai Paris, ce sera pour l'inauguration de l'avenue des Comores.
Veuillez agréer Monsieur le maire l'expression
de mes sentiments les plus respectueux.
Charif Hachim
Une amie taiwanaise me disait qu'un film même
si il était esthétiquement flamboyant, s'il n'agissait pas en rapport au
contexte, à l'histoire de son "lieu", ne pouvait avoir d'importance.
"
Agir en rapport au contexte, à l'histoire de son lieu " ne signifie pas
réagir d'un point de vue " social ", le lieu peut autant être le
système des studios, la ville, le pays, un rapport au théâtre ou à la
littérature. Ce qui importe c'est le présent. Le cinéma " glane "
dans le réel, il est un art qui a immédiatement affaire à la réalité. Quel que
soit son degré d'abstraction, s'il s'agit d'un cinéma de " prise de vue
", la réalité du tournage plus que " le sujet " est en jeu.
Je n'ai vu que des films récents de HHH, Les Fleurs de Shanghai et ses deux films sur la
jeunesse taiwanaise : Goodbye South
Goodbye et Millenium Mambo.
Ces
œuvres me font d'autant plus croire qu'un film ne doit pas traiter uniquement
" de sujets ". Ce qui est essentiel au cinéma c'est le temps,
l'espace…
Une histoire est véhiculée par un langage, la
narration n'appartient pas au cinéma, le cinéma peut se jouer hors de codes
narratifs spécifiques à un certain type de littérature (le roman).
Cependant les scénarios de films se veulent
souvent romanesques, avec leurs thèmes, leur sens de l'exposition, leur manière
de faire voir la psychologie de leurs personnages. En fait souvent les
scénarios de film sont des pseudos romans. Dans l'écriture du scénario, ne peut
donc se trouver ce qui fait essentiellement œuvre dans un film.
Les images cinématographique cernes des lieux. Un film de
cinéma est toujours plus ou moins un documentaire, même lorsqu'il est tourné en
studio. Un film est une trace de la réalité plus qu'une "idée" de la
réalité.
Les
matériaux du cinéma n'étant pas à la base de pures abstractions, mais
l'organisation d'éléments de la réalité, ce que contient le film l'englobe
toujours. C'est aussi le cas pour les autres arts, mais ce qu'ils représentent
n'a souvent rien à voir avec leurs matériaux de base... Metz parlait de l'aspect
tautologique du cinéma.
Le cinéma pioche à partir du réel les choix,
l'arbitraire qui le composera. La peinture figurative ou l'image picturale part
du choix arbitraire de ses matériaux à l'arbitraire de sa représentation du
réel.
Ce que HHH semble
mettre en œuvre est un aspect essentiel de son médium, il tente de capturer
autant les personnages que les lieux. Le monde, le lieu n'est pas un arrière
plan, il est l'enjeu du film. La psychologie n'est qu'un point de vue, elle
n'est pas nécessaire à une bonne compréhension.
Chez HHH, on assiste au passage de situations sensori-motrices à
des situations optiques et sonores pures, pour employer les termes qu'utilisait
Gilles Deleuze en désignant "La nouvelle vague" et le
"néo-réalisme".
Le
cinéaste taiwanais s'occupe peu de psychologie, ce qui semble l'intéressait
c'est la situation. Il ne crée pas des histoires mais des situations. Ses
personnages réagissent dans un monde dont-ils ne sont pas le centre. Leurs
destins ne sont pas cernés, mais au fil du film leurs lieux de vie nous
imprègnent. Nous ne nous identifions pas aux personnages, mais nous les
accompagnons dans leurs " mondes flottants ".
Dans
son essence, le cinéma est un art habitable, il confond peut-être déjà l'art et
le monde. La question du réalisme est toujours centrale pour le spectateur de
cinéma, même si ce réalisme n'est souvent qu'une convention. Le cinéma ne peut
pas échapper à cette question parce qu'il est par son essence, " sa
technique ", immédiatement lié à la réalité. Dans son essence, le cinéma
est autant impliqué que les organes humains qu'il prolonge : il est l'œil,
l'oreille à des moments données. Le cinéma enregistre le présent, il est un
présent sans cesse rejoué…
La
question d'un cinéma du réel est donc obsolète car l'image cinématographique
est toujours plus ou moins un cinéma du réel. Même si certains films (pour
parler en termes qualitatifs) ont peut-être plus de présence, sont plus
conscients de leurs procédés, de leurs enjeux.
Le
cinéma de Jean Rouch par exemple, montre bien le fait que le film est un projet
compris dans une réalité qui le dépasse. Ce cinéma désigné comme " un
cinéma du réel ", joue autant sinon plus que le cinéma de fiction. Il
souligne son jeu, le spectateur sait qu'il est dans un dispositif. Le
dispositif mis en exergue contraste avec la géographie du lieu. On peut dire de
ce cinéma qu'il a eu réellement lieu.
Mounir Allaoui
Ceci est un cauchemar. J'ajoute: un cauchemar
collectif. Je l'écris parce qu'il faut en sortir définitivement. C'est la
première page d'un long bilan qu'il nous faut faire absolument aux Comores,
mais aussi partout en Afrique. Pour les Africains de ma génération, en effet,
voici venue l'heure du bilan. Que sont devenus nos rêves des années soixante ?
Pour l'heure, je voudrais ouvrir le débat de
l'état des lieux qui pourrait bien commencer par cette période très riche et
très controversée dans laquelle nous sommes entrés un dimanche après-midi...
Souvenez-vous! Ce jour là, le cri d'un certain Ali Soilih
réveilla le petit archipel:
Wananchi!...
Deux ligues vivent une
situation conflictuelle ; les plaisantins qualifient, à tort ou à raison,
d'Unioniste la première, et de Mdjidjengo la seconde.
La communauté sportive
de Ngazidja, en général, et les Fans du Football en particulier, assistent sur
deux championnats des Comores parallèles. Ils se demandent sur quel Saint se
vouer. Certaines localités qui gèrent 2 ou plusieurs équipes des 2e et/ou 1er division jouent l'équilibriste. Elles ont engagé 1 ou
deux équipes dans chacune de ces championnats, convaincues que le bout du
tunnel constitue un point utopique. Ce conflit relève d'une nature atavique. Le
sang des Sultans batailleurs bouillit encore dans les veines de leurs petit
fils.
Les dirigeants notoires de chacune de ces ligues nous livrent leur impression, suite à une question de la rédaction. Laquelle de vos ligues peut-on qualifier de rebelle ?
Massoundi , Président de la ligue
du Centre
''Ecoute, une instance sportive régionale doit
naturellement collaborer avec le Ministère régionale des sports et la
fédération dont elle relève c'à d la FCF. L'île Mdjidjengo de Ndzuani, pour
l'intérêt du football local a estimé nécessaire de décentraliser les instances
organisatrices des matches (ligues) en zones. Actuellement leur championnat
fonctionne bien et par bavu. A Ngazidja, le Ministère a voulu adapter le sport
régional par rapport aux contraintes locales. Il s'efforce d'alléger les
diverses charges qui pèsent sur les équipes, de créer un climat ouvert et aptes aux joueurs pour mieux s'exprimer et à faciliter le
bon fonctionnement du championnat local en créant trois ligues. Hélas, la FCP et sa ligue indésirable sabotent ses mesures adéquates.
De multiples négociations ont été entamées entre elles et les équipes des 1eres et 2e division pour les ramener à la raison ; mais en
vain. Ces deux instances ont un passé flou, et une gestion financière opaque.
Ils nous (Volcan-club) ont extorqué 150.000 Fc. Si j'imagine la situation cauchemardesque qu'endurent
les équipes de Dieu, cela me donne la nausée. Je pense que moi je suis dans les
normes puisque je me soumets à la volonté du Ministère et des équipes de
Ngazidja, qui m'ont élu démocratiquement.''
MohamedMabuku, Secrétaire de la
Ligue FCP
''Permettez-moi d'abord de vous rappeler que
les textes qui régissent le sport comorien, promulgués en 1979 définissent (et
reconnaissent) la FCF
comme une association des associations. Elle fédère les ligues régionales, dont
chacune par île. Cette compétence est renforcée par la loi n°86-006/AF publiée
sur le territoire national en 1986. Certaines personnes mal intentionnées nous
qualifient, à tort, d'être auto proclamateurs et indésirables. Ils se targuent,
à tort ou à raison, d'être charismatiques et les plus adulés par les équipes de
Ngazidja. Eh bien ! l'article 13 des statuts de la FCP est explicite. Pour destituer une ligue devenue
impopulaire, les ¾ des équipes de 1ere et 2e division
sont aptes à convoquer une assemblée générale et agir dans ce sens. Je leur
lance le défi. La conjoncture politique n'a rien à voir avec les équipes
sportives, qui sont de nature apolitiques. Ce qui me surprend Abdouraouf, Chef de division des sports de Ngazidja était
un membre actif de la commission régionale d'appel de cette ligue qu'il
s'acharne à diaboliser. Hier notre ligue était légale. Aujourd'hui qu'il a été
éjecté, elle devient illégale. Je ne suis pas hostile à la création des 30
ligues, mais il faut des textes. L'assemblée générale nationale, c'à d des
ligues légales aura lieu à Moili en avril prochain, et le championnat des
Comores, phase nationale, est programmé à Ndzuani en
août prochain. Sommes-nous rebelles ? Non, nous sommes dans les normes ''
Equipes de Ngazidja : à vos marques, prêtes,
partez. Mais pour aller où ?
BM Gondet
Un groupe de jeunes comoriens viennent de
créer une " jeune chambre internationale ". C'est une association qui
s'inscrit dans un mouvement international qui regroupe quatre cents milles
jeunes de moins de quarante ans repartis dans cent quatre pays. Sa mission
principale est de contribuer à la formation des leaders dans tous les domaines.
Chaque
année, ses membres se retrouvent en Congrès mondial et dans les différentes
Conférences de Zone (Europe, Amérique, Asie et Afrique).
La
Jeune Chambre Internationale collabore étroitement avec des ONG et des
Organisations Internationales comme l'UNESCO, l'UNICEF, l'OMS ou la Chambre de
Commerce Internationale (ICC).
Depuis plus de 50 ans, les membres de la JCI, citoyens âgés de 18 à 40 ans, s'investissent pour le
bien de leurs cités. Portés par des valeurs humanistes, ils proposent des
solutions innovantes aux problèmes de la société, les testent et les
transmettent à des tiers partenaires
En 2005, Kamal Abdallah crée la JCI Comores
" Il était une fois une dizaine de jeunes
hommes, sortis de la guerre, décidés à construire l'Europe, à la recherche
d'une méthode nouvelle pour incarner leur volonté de servir l'intérêt général.
Ils découvrirent la Jeune Chambre Economique. Ils redécouvrirent le civisme.
Ils le conjuguèrent d'une manière moderne en partant de l'économie et en lui
donnant une dimension internationale… " - Yvon CHOTARD,
préface d'Agir et Réussir, 1991 (président fondateur de la JCEF).
Se ralliant au concept de Jeune Chambre
Internationale né aux Etats-Unis dès 1915, Kamal Abdallah, Marius Razafimaudimby, et Djamil Mahamoud proposent à de jeunes chefs et cadres d'entreprise
de fonder la JCIC. L'association se veut indépendante
de tout courant politique, religieux ou syndical.
La JCIC adhère aux
valeurs de la JCI énoncées dans son credo : l'esprit
et la liberté d'entreprendre, la solidarité internationale, le respect de la
personne humaine, le respect de la loi, la valeur de l'engagement et la
noblesse de l'action au service de la communauté.
Une organisation qui se structure
La Jeune Chambre International Comores compte
actuellement 34 membres. Une mission de la" jeune chambre économique " de la Réunion
composés de deux personnes : Hervé Charlanes et Dauminique Oudin s'est rendu à
Moroni du 03 au 05 pour une première formation des membres de la JCIC à la méthodologie des jeunes chambres internationales
et aux méthodes de direction des commissions. Les membres se sont constitués en
cinq commissions qui vont concevoir et réaliser des projets. Tous les membres
de la JCIC travaillent au sein de commissions selon
une méthodologie de conduite de projet à laquelle ils viennent d'être formés :
enquête, analyse, planification, action, évaluation et transmission.
Le bureau exécutif comprend 6 membres, il est
constitué du Président, de trois Vice-Présidents,
d'un Secrétaire Général et d'un Trésorier.
Tous les mandats sont élus pour un an. La JCIC offre ainsi la possibilité à chacun de prendre des
responsabilités et d'élargir ses compétences dans différents domaines
(formation, ressources humaines, communication, programme, international…).
Chacun accède à un niveau croissant d'initiative, de responsabilité et de
décision : au sortir de la JCIC, on s'engage dans sa
cité dans d'autres associations, dans la vie civique et politique.
400 000 membres dans le monde
La JCI compte plus
de 100 pays affiliés regroupés en quatre zones, soit plus de 6000 structures
locales.
La Jeune Chambre Economique Française est la
seule organisation nationale présente dans chaque zone grâce aux DOM TOM.
Depuis sa création, elle a donné deux Présidents Mondiaux à la JCI .
La Jeune Chambre Economique Française est
l'initiatrice de nombreux projets soutenus par des organisations
internationales. Parmi elles, la Journée Universelle des Droits de l'Enfant.
La JUDE est, en 1989, une action locale de la JCE de Romilly-Seine. Reprise par
d'autres JCEL les années suivantes, puis par des JCE étrangères en 1993-94, elle est reconnue par JCI en 1995. La JCEF sensibilise
des députés et obtient en avril 1996 la reconnaissance du 20 novembre comme
Journée Nationale des Droits de l'Enfant
La JCI est une
organisation non gouvernementale (ONG) prenant une part active dans le système
des Nations Unies, dont plusieurs agences de l'ONU comme l'UNICEF et la CNUCED. La JCI a des accords de
coopération avec la Chambre de Commerce Internationale (ICC), l'Association
Internationale des Étudiants en Sciences Economiques (AIESEC),
l'Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS),
l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l'Organisation des Nations Unies
pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) et la Fondation
interaméricaine (FIA).
Fernando SANCHEZ ARIAS préside la JCI pour 2004. De nationalité vénézuelienne, titulaire d'un
diplôme en gestion des entreprises, il s'est spécialisé en psychologie et
éducation appliquées à l'entreprise. Educateur, animateur, coach et
conférencier, il dirige son propre cabinet conseil international, spécialisé
dans la coaching. Il est le concepteur principal de JCI LEAD, le séminaire JCI officiel des compétences au leadership.
Le parcours : on entre à la JCIC en tant qu'observateur puis postulant. Cette période
permet de prendre connaissance de la JCIC, ses
valeurs, son mode de fonctionnement. Le postulant est ensuite coopté par les
membres et adhère à la JCIC. Au cours de son
itinéraire Jeune Chambre, le membre peut diriger un projet (il est "
Directeur de commission ") et être élu aux différents postes d'un Bureau
(du local à l'international). Ses pairs peuvent solliciter pour lui le titre de
" Sénateur JCI ", qui récompense un
engagement remarquable : il devient alors membre à vie de JCI,
conseiller de sa JCI locale
La jeune chambre comorienne va participer au
mois de mai à la conférence de zone des jeunes chambres qui aura lieu à
Cotonou.
Au mois de novembreils
prendront part à conférence mondiale qui aura lieu à Viennes et qui
réunira 6 000 membres.
C'est la Jeune Chambre Economique française
qui a parrainé la jeune chambre comorienne.