abonnez-vous à la Gazette

 

EDITION ELECTRONIQUE N°333

 

 

Crise de l’énergie La Mamwé des danaïdes

 

 

"A la Mamwé, il y a toujours des restructurations à faire. Il  faut toujours assainir. Et quand on colmate ici ça se fissure ailleurs " remarque un consommateur dans la rue, excédé par ces coupures à longueur de journée.

 

Et pourtant la nouvelle direction de la Mamwé manifeste la volonté d'assainir les finances de la société. Une partie des agents qui avaient été recrutés par l'équipe sortante au moment des élections ont été licenciés. Le salaire et les avantages de l'ancien directeur général ainsi que ceux de quelques autres dont le conseiller juridique qui n'est autre que le premier président de la Cour d'Appel, ont été supprimés.

 

Mais curieux est cet assainissement qui risque de tuer l'entreprise et avec elle toute l'économie du pays. Pour faire des économies d'énergie, la direction arrête carrément la production de l'électricité pendant plusieurs heures chaque jour. Conséquences : il y a un manque à gagner pour la Mamwé, pire l'économie du pays déjà agonisante, risque de mourir à petit feu.  Les quelques entreprises encore debout, risquent de faire faillite Les populations courent le risque de consommer des denrées alimentaires en état de décomposition le chêne du froid est rompu d'une manière dangereuse pour la santé des consommateurs, faute d'électricité. Et du coup, la lutte contre la pauvreté prônée ici et là devient une chimère...

 

Il faut s'en rappeler, il y a un an, à la veille des élections législatives, les autorités de l'Union ont mobilisé plus d'un milliard de nos francs pour l'achat de six groupes électrogènes sensés venir mettre fin à la crise d'énergie qui frappe notre pays depuis de nombreuses années.

 

Malheureusement l'achat de ces groupes a été fait dans une totale opacité. Il n'y a pas eu d'étude sur le choix des groupes, il n'y a pas eu non plus d'appel d'offre. Un bon matin, on a vu six groupes électrogènes débarqués, sans que personne ne sache les tenants et les aboutissants de cette transaction. Les techniciens de la Mamwé ont été tenus à l'écart. Aujourd'hui, on découvre que ces groupes ne sont pas appropriés, ils tournent trop vite et consomment beaucoup trop d'énergie. Ce sont des groupes de secours qui sont utilisés pour des situations ponctuelles !

 

Lorsque le gouvernement a rompu son contrat avec le CEE (Vivendi Réunion), la société était au bord de la faillite. Au lieu de redresser la situation de l'entreprise, on l'a enfoncée davantage. On a privilégié les dépenses non productives et inutiles : embauches démesurées, aménagement des bureaux etc

 

Aujourd'Hui la société se trouve avec une dette de plus d'un milliard envers les Hydrocarbures et se trouve dans l'incapacité de faire tourner ces groupes gourmands en énergie. La société des Hydrocarbures ne veut plus livrer du gasoil à la Mamwé sans être payée au préalable.

 

Soulignons que deux de ces moteurs qui ont été achetés, il y a tout juste une année, sont tombés en panne et il n'y a pas de garantie ! On a acheté comme on achète une voiture d'occasion…  

 

Des députés à l'Assemblée nationale de l'Union envisagent la mise en place d'une commission parlementaire pour établir la vérité sur cette affaire de la Mamwé. N'oublions pas que sans énergie c'est toute l'économie du pays qui est à terre. Aucun investisseur étranger ne viendra mettre son argent dans un pays sans électricité. Ce ne sont pas des mesurettes qu'il faut pour redresser la situation de l'énergie aux Comores, c'est un véritable plan d'énergie pour sortir notre pays de l'obscurité une fois pour toute, mais ceci implique une volonté politique accompagnée d'une bonne gestion. Mais c'est peut-être une chimère… 

 

Anjouan - La Réunion - Mayotte  

Un accord-cadre de coopération pour l'enseignement agricole

 

Le lycée d'enseignement général et technologique agricole (LEGTA) de Saint-Paul (La Réunion), le lycée d'enseignement professionnel agricole (LEPA) de Saint-Joseph (La Réunion), le lycée agricole de Coconi (Mayotte) et l'Université de Patsy (Anjouan) ont signé, vendredi 11 février 2005 à Saint-Joseph, un accord-cadre de coopération.

 

Le LEGTA de Saint-Paul et le LEPA de Saint-Joseph ont une culture de la coopération régionale. Depuis quelques années, notamment avec Anjouan, ils multiplient les échanges. Les jeunes en fin de Brevet de technicien agricole  des deus lycées sont allés à plusieurs reprises dans le Nioumakélé (Anjouan) pour travailler sur la production laitière. Et deux techniciens suivent actuellement un stage sur l'irrigation au Centre de formation professionnelle pour adultes de Piton Saint-Leu.

 

L'accord-cadre de coopération signé vendredi dernier par Bernard Isebe, proviseur du LEPA de Saint-Joseph ; Joseph Gestin, proviseur-adjoint du LEGTA de Saint-Paul et Fatima Bacar, responsable de l'Université de Patsy (Anjouan), seul établissement de l'Union des Comores disposant d'un département agricole de ce niveau sera également paraphé par un représentant du lycée agricole de Coconi (Mayotte) qui dispense des formations de niveau Brevet professionnel agricole. Les établissements pourront ainsi benéficier des concentrations de coopération et développer des échanges profitables aux agriculteurs des trois îles. Cependant, il appartiendra à chaque établissement de construire des partenariats particuliers avec l'université de Patsy.

 

Une agriculture qui progresse

 

La signature de l'accord cadre s'est déroulée en présence d'Omar Houmadi, ministre de la production, de l'agriculture et des transports de l'île autonome d'Anjouan. En marge de la cérémonie officielle, le ministre a dressé un panorama optimiste de l'agriculture anjouanaise. Il s'enorgueillit, par exemple, de la production d'oignon passée en trois ans de 45 tonnes à 237 tonnes. Le ministre estime, compte-tenu de l'engouement des agriculteurs,  que la production pourrait vers 2010 se stabiliser à 400/450 tonnes pour Anjouan et à 1.000/1.500 tonnes pour les trois îles de l'Union des Comores.

 

Anjouan connaît également une bonne progression de la production laitière, notamment concentrée dans la région de Nioumakélé, avec une moyenne par vache et par jour de 10 litres de lait, selon le ministre. L'Association des éleveurs du Nioumakélé créée en 2001 rassemble 150 éleveurs de 13 villages. Son président, Mohamed Toybou, note qu'elle a trois objectifs : l'encadrement des éleveurs, le développement de la production et la commercialisation. L'unité laitière produit aujourd'hui du lait conditionné également commercialisé dans les autres îles et du lait caillé très prisé en Grande Comore. Mais le point noir, selon Mohamed Toybou, demeure l'amélioration génétique des vaches laitières. Les importations de vaches laitières et de taureaux, tant de La Réunion que du Kenya n'ont pas donné les résultats escomptés et les autorités agricoles envisagent de se tourner vers l'insémination artificielle.  

 

Multiplier les échanges professionnels

 

Le développement d'un petit élevage familial de poules pondeuses s'est heurté à la question de l'importation de la provende. Mais, selon Omar Houmadi, "la volonté de développement aux Comores ouvre de nouveaux horizons". Et dans ce domaine, la coopération avec l'Union réunionnaise des coopératives agricoles (Urcoopa), pourraient être déterminante.

 

D'autre part, le ministre met l'accent sur la production de tomates, regrettant la surproduction saisonnière. Le hors-sol comme le goutte à goutte pour l'irrigation pourraient être des solutions Mais elles exigent des investissements et de la technicité.  

 

Il est certain que le développement des échanges professionnels, objet de l'accord-cadre signé vendredi dernier à Saint-Joseph pourrait permettre de franchir une à une les étapes d'un développement profitable aux agriculteurs comoriens comme à leurs confrères réunionnais

 

 

Issa Mohamed

 

 

Anjouan à l'heure de l'industrialisation: Mamadaly se lance dans la tuyauterie

 

Après un essai dans la confection du prêt à porter et la menuiserie semi industrielle, Mamadaly place la barre haut. La production des tuyaux pour les adductions d'eaux 

 

L'investissement est de l'ordre de 300 millions Fc. Les établissements Mamadaly, Mutsamudu (Anjouan), un des grands opérateurs économiques de la place, voire de l'Archipel se lancent dans la fabrication des tuyaux de 20 à 110 cm de diamètre et capable de résister à une pression de 16 bar. " Nous avons fait une étude de marché, elle est concluante. Nous allons fabriquer des tuyaux selon les normes internationales. Nous avons des enfants qui vont continuer sur le commerce et nous les anciens nous allons partir dans l'aventure. L'industrie. ", soutient Nourddine Mamadaly, le concepteur du projet, un projet  qui a reçu l'admiration d'un représentant de la Banque mondiale. M. Mamadaly est né à Anjouan il y a 71 ans mais très jeune d'esprit et jeune physiquement. Un Indien de l'ethnie Bohora qui, avec sa famille ont  réussi, de père en fils, leur intégration dans la société comorienne. Les Mamadaly sont avant tout anjouanais et leur objectif immédiat : l'industrialisation de l'île et cela dans l'intérêt, bien entendu, de l'ensemble des Comores. Le risque de la concurrence des produits de Doubaï, les Mamadaly l'ont intégrer dans leur étude de faisabilité. " Nous allons retrousser les manches et nous mettre au travail car qui ne risque rien n'a rien ", dit-il. 

 

L'usine de Mamadaly est située dans le site de Mpajée, à deux kilomètre de Mutsamudu dans un hangar de 40 mètres de long . La technologie est allemande avec des machines outils fabriquées sous licence en Inde. L'usine qui doit commencer à tourner dans trois mois sera autonome en matière d'électricité car elle sera équipée d'un groupe électrogène de 200 KVA. " Au début nous allons avoir deux techniciens indiens pour nous assister et nous accompagner jusqu'à ce que nous puissions voler de nos propres ailes, c'est à dire nous apprendre les ficelles du métier ", conclut l'homme d'affaires.

 

Une histoire et une tradition.

 

Il faut dire que l'industrie fait partie du paysage économique d'Anjouan. C'est tout une histoire et une tradition.. Après les distilleries qui produisaient des essences à parfum et le sisal par les  sociétés coloniales, il y a eu la société des  eaux de passy qui fabrique la célèbre boisson  Coca Cola et les autres produits liés à la marque, il y a Ayatollah, grand ouléma de l'île et futur candidat dit-on, à la prochaine présidentielle qui s'est lancé dans la fabrication des matelas et de l'eau minérale. Auparavant les Mamadaly s'étaient lancé dans le textile en faisant de la confection pour le prêt à porter. Pour ne citer que ces quelques exemples.

 

C'est sur fond de crise aiguë que l'industrialisation de l'île se fait. Il faut dire que les frustrations sont parfois sources de grandes découvertes et d'innovations. L'Afrique du Sud a été sur la pointe du progrès alors qu' elle subissait de plein fouet l'embargo international sur tous les produits lors du régime de l'apartheid. La crise qui frappe Anjouan pousse les habitants de cette île à se débrouiller autrement. Résultat : l'île commence à s'industrialiser et pourquoi pas peut devenir le pole industriel des Comores. Bien entendu cela suppose que les problèmes liés à la crise séparatistes soient résolus pour permettre aux futurs industriels de conquérir le marché local comorien. 

 

H.H 

 

Cellule d'Ecoute Ascobef: Deux et trois ans de prison ferme contre deux jeunes coupables de détournement et viol sur mineur

 

Jeudi 10 février dernier, le tribunal de Moroni vient de condamner à deux et trois ans de prison ferme respectivement, Bacar Abdillah et Badaoui, tous deux originairs de la ville de Mkazi, pour détournement et viol sur une jeune fille de 13 ans au moment des faits.

 

L'affaire en question remonte au 24 décembre de l'année 2003, lorsque la jeune fille, veillant sur sa mère malade à l'hôpital El Maarouf, fut détournée et conduite à Mkazi où elle passera une nuit d'horreur en compagnie de ses deux tortionnaires.

 

Ayant remarqué l'absence de sa fille, Mohamed Saïd, père de la victime, alertera la gendarmerie qui effectuera quelques recherches infructueuses toute la nuit.

 

Le lendemain, la fillette apparaît complètement abattue et démoralisée et signalera son calvaire à son père qui saisira immédiatement les services compétents.

 

Arrêtés et mise en détention provisoire, les accusés s'évaderont à deux reprises avant d'être retrouvés. Désespéré par les multiples rebondissements et le retard pris dans le jugement de l'affaire, le père publia une lettre ouverte dont l'objet était " dénonciation d'un viol sur mineur, d'un acte pédophile " le 25/ 02/ 2004  qui sera remise à plusieurs personnalités et organisations. Ayant  appris la mise en place de la Cellule d'écoute et de prise en charge des enfants victimes d'abus et de maltraitances quelques mois plus tard, il saisira les responsables afin d'œuvrer pour que justice soit rendue.

 

A leur tour, les responsables de la cellule multiplieront les contacts avec le milieu judiciaire. Dans un premier temps, l'affaire sera jugée à huis clos  le 10 janvier 2005 mais, en l'absence des accusés encore en liberté provisoire puis, renvoyée au 10 février date à laquelle la sentence tombera .

 

Cette affaire n'est pas la première du genre  à avoir bénéficié de l'appui de la cellule. En effet, il y a quelques mois seulement, une affaire similaire avait été jugée par le tribunal de Moroni où l'auteur du détournement, Djounaid Ahamada originaire de Ndrouani, écopa de 2 ans de prison ferme accompagné de douze mois de sursis avec une amende de 2 500 000fc. Il convient de préciser que depuis la signature conjointe du protocole d'accord en avril 2004 par le ministère de la santé publique et de la solidarité sociale chargée de la promotion de la femme, l'Unicef et l'Ascobef et, bien que la cellule n'a pas encore ouvert ses portes de façon effective, elle a déjà eu à gérer 9 cas d'abus, de viols et de maltraitances dont les victimes étaient tous des enfants.

 

Initiée par l'Ascobef avec la bénédiction du Ministère de la Santé de l'île et bénéficiant de l'appui financier de l'UNICEF, la cellule constitue une sorte de rempart face à la montée de plus en plus inquiétante des diverses formes d'exploitation dirigées contre les enfants à un moment où tout le monde s'accorde à reconnaître que dans certains milieux, le plus souvent, les cas d'abus et de viols à l'encontre des enfants sont réglés à l'amiable, moyennant des dédommagements d'ordre matériel ou financier au profit des familles, alors que les vraies victimes gardent au fond d'eux, à défaut d'une assistance psychologique, des séquelles  lourdes de conséquences,  qui affectent leur équilibre mental. Cet état d'impunité prédisposait les auteurs de ces délits à la récidive et n'assurait naturellement pas la protection des enfants.  

 

L'exploitation et la maltraitance des enfants sont devenues hélas des réalités courantes dans notre pays. Les enfants en souffrent énormément et il est temps que leurs cris de détresse  soient entendus.

 

Rappelons qu'avant l'ouverture de la cellule, dans  l'espoir de trouver l'appui nécessaire pour sortir de leur calvaire, il n'était pas rare de voir des jeunes  s'adresser au Centre d'information et d'animation des jeunes de Hamramba, pour se plaindre de maltraitance, de négligence, de harcèlement sexuel, d'attentat à la pudeur, d'abus et parfois de viols. Aujourd'hui,  avec la mise en place de cette structure  soutenant les enfants en détresse, les cas affluent.

 

Dans les jours à venir, les jeunes victimes de services pourront, par téléphone, contacter de partout la cellule et bénéficier aussi bien d'un soutien psychologique, médical que d'un suivi de leur cas, pour que les auteurs des abus sexuels et de maltraitances ne restent pas impunis.

 

Ymyous

 

 

 

CULTURE

Coin cinéphiles : La fin des mondes

(1ère partie: Tamala 2010)

 

Il s'agit de trois films à l'esthétique et au régime d'images ambivalent. Le rapprochement pourrait donc paraître  à premier abord  très arbitraire, l' analyse peut toutefois expliquer cette approche.

 

"Tamala 2010" est un film d'animation réalisé par un collectif : T.O.L, il emprunte un décorum de science fiction type manga pour mieux intégrer les signes qu'il emploie.

 

" A l'Ouest des rails 3 " est un documentaire fleuve (9heures) de Wang Bing, réalisé dans la province de Tiexi Qu en Chine. C'  est un documentaire faisant le constat d'un lieu de la Chine de notre temps qui par sa durée offre une impression d'espace quasi-inédite.

 

"Tess"   l'adaptation cinématographique par Roman Polansky d'un roman du début du XXème siècle se déroulant à la fin du XIXème siècle en Angleterre est, est en surface une histoire d'amour sur fond historique, mais ses enjeux se situent à la limite de la morale.

 

Un thème relie cependant ses trois oeuvres  : c'est l'idée de fin de monde, du passage d'un état à un autre.

 

Tamala 2010 se déroule dans un lieu improbable, une galaxie peuplée de chats, ou pourtant les schémas et enjeux économiques sont ceux de notre monde... La description "sociale" de ce monde fantaisiste crée un décalage, qui nous ramène d'autant mieux à nos espaces.

 

L'héroïne, la "Tamala" du titre, est une icône de ce monde improbable, c'est son image qui est intégré à l'information véhiculée pour mieux vendre les produits du puissant conglomérat "Catty and Co." Cette entreprise  qui voue un attachement théologique à une religion antique ayant pour Déesse Minerva domine l'économie. TELS SONT  les enjeux politiques de cet univers.

 

L'aspect purement matérialiste de cette entreprise est visible: les produits, les campagnes de pub  ... Mais ce régime dominant, par sa "religion", contrôle aussi l'inconscient des peuples conquis.

 

Au début du film nous ignorons la nature du personnage principal. L'affichage du titre au générique est en fait un indice, puisque son logo intégrant l'image de l'héroïne est une affiche publicitaire. Le film se vend par son icône, son héroïne, c'est une mise en abyme de ce qui se passe dans le corps même du produit qu'est le film Tamala 2010.

 

Notre monde comme celui des chats du films obéit à une mécanique apparemment logique: des régimes en dévorent d'autres, pour étendre leur soif naturelle mais démesuré de pouvoir.

 

Les individus ne peuvent rien, le fonctionnement des systèmes capitalistes est un état naturel, ses lois sont celles de la nature. Il n'y a pas réellement d'hommes de pouvoir au sein de ces systèmes. Leurs logiques dépassent la morale, les hommes se hissant à leurs têtes ne les recréent pas. Ils sont naturellement emportés.

 

Ils ne sont là que parce qu'ils répondent bien au mouvement : arriver à ce point c'est rassembler des attentes. Et,  croire avoir atteint le pouvoir c'est être naturellement corrompu par les systèmes.

 

Ceux-ci n'ont que faire des raisons morales individuelles, de la "justice". A ce propos on peut citer Rochefoucault :"L'amour de la justice n'est en la plus part des hommes que la crainte de souffrir l'injustice." ( Réflexion morales)

 

Les systèmes se remplacent, par coups d'état ou révolutions mais les lois naturelles restent. Cette idée de destruction/reconstruction, dans le monde de Tamala 2010, est symbolisé par la déesse Minerva qui habite l'inconscient(les rêves) des chats de cet univers.

 

Le film nous montre un monde dominé par l'anarchie,  sur lequel s'installe, sans que les citoyens suivent immédiatement son mouvement, un autre système. Comme si les révoltes populaire étaient aveugles et que le pouvoir ne concernait finalement que le pouvoir.

 

Dans Tamala 2010 seules les systèmes sont montrés, jamais les hommes à leur tête, qui ne sont en fait que des exécutants. 

 

Mounir ALLAOUI

 ( suite  au prochain numéro )  

 

Lire... relire

 

Le Cherif de Ngazidja ou le cœur a ses raisons

Xavier FRAUD,

(L'HARMATTAN, 2002, 315p)

 

Xavier et Sylvie ont quitté la Bretagne pour retrouver les rivages de Ngazidja, huit années après y avoir rencontré leur petite fille. C'est le long cheminement de leur histoire qui nous est conté, depuis la première fois où l'idée de cette adoption s'est imposée à eux. Nous les suivons, à la découverte de leurs amitiés africaines, en Sierra Léone au fin fond de la forêt équatoriale, au Mali sur les boucles du

 

Niger, et sur l'île de la Grande Comore. Un parcours initiatique qui les guide vers un homme qui allait bouleverser leur vie, "Le Chérif de Ngazidja".

 

C'est à la rencontre de son histoire et, bien au delà de tous les préjugés, de la confrontation de la culture occidentale face au monde de pensée traditionnelle d'une Afrique islamique et tolérante, que l'auteur nous propose de l'accompagner

 

SPORT

 

Jeu de Pétanque : Les Comores à Bruxelles

 

A cinq mois du Tournoi-Modial de Moroni-Maluzini (juin 2005), les équipes se débattent pour décrocher le titre d'Ambassadeur des Comores pour le championnat du monde, prévu en Belgique en Octobre prochain. Dans ce sens, les clubs poussent comme des champignons en terme de création, d'affiliation et de participation remarquable aux différentes compétitions officielles, organisées par la Fédération Comorienne de Pétanque (FCP) dans les divers coins de l'île. La présence de plus de 200 compétiteurs aux deux derniers tournois témoignent bien de la bonne santé de cette discipline. Les champions du dernier concours en triplettes est une équipe du Club-Sanfil, profondément rajeunie et tactiquement reformée. 

 

Tous les ans, grâce à l'appui des autorités et de divers donateurs, les Comores participent et avec éclat aux championnats du monde du jeu de Pétanque. Le Président de la FCP Abdillah M'ze Boina dit Franck  exprime sa reconnaissance et son espoir pour un avenir brillant de la Pétanque comorienne : '' Grâce  à leur généreuse contribution et aux efforts remarquables évertués sans cesse par les acteurs de cette discipline, dirigeants et joueurs, aujourd'hui, notre pays fait parti des nations qui forcent l'estime et l'admiration dans l'échiquier international.''  Les derniers exploits comoriens remontent en 2001, à Monaco : 11e sur 44 nations ; en 2002, à Grenoble : 3e sur 23 pays, en Coupe des Nations, etc.

 

Signe de bon augure :

 

Si les foisonnements des clubs, l'engouement croissant que manifestent les pétanqueurs et le progrès réalisé par les joueurs sont un signe de bon augure pour la pétanque nationale, eh bien ! le rêve de se hisser au podium à Bruxelles en octobre prochain ne relève pas de l'utopie. Il est permis. Rassuré, Ahmada capitaine, membre de la Commission Technique de la FCP le confirme : '' Cette année, en Belgique, nous comptons nous placer parmi le peloton de tête des quart des finalistes. Nos joueurs évoluent bien et acquièrent de l'expérience aux fils des rencontres. C'est un signe précurseur fiable.''

 

Actuellement, la FCP gère plus de 20 clubs affiliés et autant d'autres en voie d'affiliation. Un club est constitué en moyenne par sept à neuf équipes. La participation massive des clubs aux deux derniers tournois (plus de deux cents compétiteurs) organisés à Mbeni et à Moroni-Ajao, de 8h 30 à 22h 17,  illustre bien la bonne santé de cette discipline.

 

Sport flegmatique

 

Le tournoi en triplettes de Moroni-Ajao du dimanche dernier a été structuré en sept phases : la phase des poules, le cadrage, suivi des 16e des finales jusqu'à la 3e place et à la finale.

 

La compétition a durée environ 16h 00 de temps, sans pause, sauf les dix minutes accordées aux prières quotidiennes. En jeu de Pétanque, à part le championnat, national ou international, les équipes se constituent librement, tout âge et tout sexe confondus. C'est un sport flegmatique. Ainsi la compétition d'Ajao avait été caractérisée par un joueur âgé de 71 ans (Espoir-Club), et deux autres respectivement 15 ans de Bambadjani (éliminés en huitième des finales)  et 14 ans du Club-Sanfil, consacré champion du tournoi. Les joueurs s'étaient confrontés dans un climat convivial, et animés d'un esprit sain d'émulation. Le podium a accuilli,  4e (Sanfil) : Adina, Nassuif et Njomea ; 3e (Arc en ciel) : Abdallah, Djamal et Farid ; 2e (Djabal) : Assoumani, Bilal et Madi Ali ; et champion (Sanfil) : l'artiste et infaillible  tireur Ali Moirab, , Djeleza et Johnny. La prochaine compétition (20 février 2005) sera en doublettes, au boulodrome de Karthala, à Moroni.

 

   BM Gondet

 

Ils ont dit …

Mourtadhoi Abdereman, cadre technique du club-Espoir de Moroni-Coulée, a laissé un impact crédible et historique en jeu de Pétanque au Congo-Brazaville. Il est double champion en 88 et 90 et triple vice champion sur plus de 600 participants. Il qualifie de perfectibles les joueurs comoriens.

''Ici nous disposons d'une bonne potentialité des compétiteurs. Sur le plan technico-tactique, nous n'avons pas grande chose à envier aux africains en général, et aux congolais en particulier. Mais l'endurance fait défaut. Elle constitue un handicap à surmonter à tout prix. Deuxième handicap, ici, j'ai l'impression (je peux me tromper) que les concurrents jouent  plus pour le plaisir d'être ensemble. Or en Afrique continentale, les joueurs participent à un concours dans le seul but de gagner. Il n'y a pas de partage. C'est tout ou rien. Mais le fair-play prévaut toujours comme aux Comores. Et enfin, nous manquons  crucialement d'infrastructures adéquates''

                                                                                                                      BM Gondet

 

 

Duklin : " Chat échaudé craint l'eau froide… "

 

C'est avec la double casquette du ministre des Finances et du président par intérim de l'île autonome d'Anjouan que M. Dhoulkarnaïne dit Duklin nous a accueilli dans son domicile privé de Barakani. Budget consolidé et crise des hydrocarbures ont été les principaux sujets évoqués au cours de cet entretien.

 

La Gazette des Comores :  Monsieur le ministre, cette fois - ci Anjouan va, à travers le budget consolidé, réintégrer l'Union des Comores, je pense  ?

 

M. Duklin : Vous savez que personne n'a intérêt à ce que le processus soit bloqué. Or nous constatons que malgré nos bonnes volontés, certains veulent nous glisser des peaux de banane. Le budget, nous venons de le recevoir il n’y a pas longtemps. je n'ai pas eu donc le temps de l'examiner. Seulement je peux dire que chat échaudé craint l'eau froide. Nous avions précédemment cotisé suite à l'accord du 20 décembre 2003. Résultat : des autorités de l'Union  ont  détourné l'argent que nous avions déposé à la Banque Centrale pour d'autres fins. Nous sommes obligés d'être prudents cette fois ci. 

 

Et pourtant, dans certains milieux du pouvoir de l'Union on dit que l'île autonome d'Anjouan n'a jamais réellement cotisé et que c'est le contraire :  Anjouan a reçu de l'argent sans qu'elle ait apporté aucune contribution au niveau du compte commun. Votre réaction sur ce sujet ?

 

M. Duklin: Vous savez, c'est pas moi qui  dit que l'argent que nous avions cotisé a été détourné. Il y a eu une audite financière faite par un cabinet de conseil neutre et qui a mis au jour tout ce que je viens de dire. Et tout le monde  sait, y compris la communauté internationale, que l'argent déposé à la Banque centrale par les îles et notamment Anjouan a été détourné par la suite. La règle du jeu n'a pas été respectée 

 

Monsieur le ministre, Au jour d'aujourd'hui, quel  est le montant de votre contribution au budget de l'Union ?

 

M. Duklin: Il faut poser la question à notre Trésorier Payeur général. En tout cas personne n'a intérêt à ce que les choses échouent. Le processus de réconciliation en cours doit réussir. Nous sommes condamnés à vivre ensemble. Mais comme je l'ai dit, certains veulent nous glisser, malgré nos bonnes volontés, des peaux de banane.

 

Concrètement qui veut vous glisser la peau de banane?

 

M. Duklin:Il y a cette affaire des Hydrocarbures. Tout allait pour le mieux. On importait les hydrocarbures ensemble et on se partageait la note et les cargaisons. Cela  fonctionnait parfaitement et dans l'intérêt des deux parties, jusqu'à une date récente. Et tout d'un coup on cherche à nous étrangler en stoppant brusquement la livraison des carburants à Anjouan -Hydrocarbures. Ce n'est pas juste !

 

Il semble que la Société Comores Hydrocarbures (SCH), vous accordait des facilités de paiement or vous avez abusé de cette confiance. Au lieu de régler une facture pour être livré par la suite, vous avez pris l'argent pour importer du carburant, jusqu'à laisser une ardoise de 410 millions à la SCH. Qu'en dites-vous ?

 

M. Duklin: Nous nous sommes débrouillés pour importer du carburant quand nous avons constaté que Moroni allait nous abandonner. Le carburant c'est un domaine stratégique pour le développement d'un pays. Vous savez qu'encore une fois nous avons intérêt à ce que cette affaire soit réglée car nous risquons tous de perdre. Les deux parties, je veux dire. Actuellement nous avons procédé à l'extension de notre dépôt.  Nous avons d'abord construit une nouvelle cuve et ensuite nous avons changé tout ce qui a été vétuste car il fallait le faire: tuyauterie,  vanne, etc.. Nous pourrions donc stocker actuellement de grosses quantités pour quatre à six mois. L'argent est donc utilisé dans cette opération d'extension et de modernisation de notre dépôt. 

 

Et si Moroni persiste dans sa position et exige le versement d'une partie, des 410 millions Fc avant de reprendre les livraisons des carburants sur Anjouan, quelle serait votre solution dans l'immédiat ?

 

M. Duklin: A ce moment là nous nous débrouillerons autrement car nous ne   pouvons  pas nous  laisser étrangler économiquement. Les carburants on en trouve partout. Il suffit d'avoir l'argent pour payer la facture.

 

Propos recueillis par Hadji Hassanali.

 

 

Conflit dans les villages : Du “Goungou” aux  affrontements.

 

Le Préfet de la région de Dimani, Mr Bacari Ahamada vient d'être relevé de ses fonctions, suite aux affrontements qui ont opposé la population de Ntsoralé à celle de Maweni.

 

Tout commence vendredi, jour de l'Ide El-Kabir. Les jeunes de Ntsoralé organisent une soirée dansante. Une voiture conduit par un nommé Nabou s'arrête, un groupe de jeunes venu du village Mawéni  tente de rentrer dans la fête sans payer ; une bagarre s'en suit. Chassé et poursuivi, le groupe  réussit tout de même à s'échapper et à regagner le village .

 

Le lendemain, des jeunes de Ntsoralé barrent la route à Nabou. Celui-ci tente de passer en force en  proférant des injures aux habitants de Ntsoralé, avant de faire demi-tour et de repartir vers Maweni.

 

Pour laver l'affront et  punir celui qui osa insulter leur village, les gens de Ntsoralé exigent que le coupable soit puni de " Goungou ": cérémonie qui consiste à raser le crâne du coupable, lui badigeonner tout le corps de noir de fumée et le tourner en dérision en ne le laissant qu'un cache-sexe. Ensuite, le traîner à travers les deux villages en l'obligeant à s'insulter.

 

Il arrive que des éléments sadiques poussent les insultes trop loin et qu'ils battent le malheureux, ce qui entraîne souvent des réactions lourdes de conséquences de la part des proche de la victime.

 

La brigade de gendarmerie de Combani Wachili interdit la tenue du  " Goungou "; le châtiment de Nabou est alors remplacé par une interdiction de traverser le village de Ntsoralé. Le messager envoyé par les gens de cette localité pour annoncer la sentence se fait passer à tabac  par les habitants de Maweni. Un notable du nom de Mr Achraf et le maire de cette localité ramènent le blessé aux habitants de Ntsoralé. Mais, à leur tour, ces derniers  battent le notable, prennent le maire en otage et l'enferment dans un lieu secret. Ils  se rendent ensuite à Maweni, incendient une maison et deux cases et font un siège.

 

Le Préfet originaire de Ntsoralé demande l'intervention de l'escadron de la gendarmerie qui se rend sur les lieux. Elle procède à  l'arrestation de plusieurs personnes de Ntsoralé parmi lesquelles se trouvent des notables. Le  lendemain, les notables sont libérés afin de négocier la paix, mais la  situation reste toujours très tendue ; les gens de Ntsoralé attaquent Maweni. L'escadron de la gendarmerie s'interpose et empêche les "  va-t-en guerre " de pénétrer dans Maweni, mais, dans la confusion, les gens de cette dernière localité, beaucoup plus nombreux que les autres s'infiltrent à Ntsoralé et incendient plusieurs maisons. Le mercredi, plusieurs personnes sont arrêtées.

 

Des éléments seraient accusés  par des habitants de Ntsoralé de s'être livrés à des saccages de bananeraies, de vol de bijoux, de destruction de Tv et autres. La justice populaire et la justice personnelle tendent à prendre le pas sur le droit.  Les affrontements intercommunautaires deviennent monnaie courante dans l'île de Ngazidja. On assiste à trop de scènes de violence ces derniers temps opposant des localités voisines. Récemment, sous le regard indifférent des spectateurs, un chauffeur a été frappé violemment à la tête, au carrefour de Gobadjou.  Dans le village d'Ourovéni( Badjini-est), un homme est mort  après avoir reçu un coup de gourdin sur la tête, suite à une dispute dont la cause serait une somme de 10 000Fc. Dans la localité de Chindini, une famille s'est attaquée à une jeune fille qu'elle a passée à tabac.

 

Ngazidja tend à devenir un chaudron et les esprits sont, plus  prompts à s'échauffer.

 

Les notables qui, dans le temps, calmaient les humeurs tendues oublient leurs responsabilités ; certains jouent parfois le rôle de catalyseurs, voire d'initiateurs des conflits au lieu d'œuvrer pour la paix. Nous vivons dans une île où se succède une ribambelle de préfets que les notables éjectent pour un oui ou pour un non. 

 

 

Said Omar Hachim