EDITION ELECTRONIQUE N°333
Crise de l’énergie La Mamwé
des danaïdes
"A la Mamwé, il
y a toujours des restructurations à faire. Il
faut toujours assainir. Et quand on colmate ici ça se fissure ailleurs
" remarque un consommateur dans la rue, excédé par ces coupures à longueur
de journée.
Et pourtant la nouvelle direction de la Mamwé manifeste la volonté d'assainir les finances de la
société. Une partie des agents qui avaient été recrutés par l'équipe sortante
au moment des élections ont été licenciés. Le salaire et les avantages de
l'ancien directeur général ainsi que ceux de quelques autres dont le conseiller
juridique qui n'est autre que le premier président de la Cour d'Appel, ont été
supprimés.
Mais curieux est cet assainissement qui risque
de tuer l'entreprise et avec elle toute l'économie du pays. Pour faire des
économies d'énergie, la direction arrête carrément la production de
l'électricité pendant plusieurs heures chaque jour. Conséquences : il y a un
manque à gagner pour la Mamwé, pire l'économie du
pays déjà agonisante, risque de mourir à petit feu. Les quelques entreprises encore debout,
risquent de faire faillite Les populations courent le risque de consommer des
denrées alimentaires en état de décomposition le chêne du froid est rompu d'une
manière dangereuse pour la santé des consommateurs, faute d'électricité. Et du
coup, la lutte contre la pauvreté prônée ici et là devient une chimère...
Il faut s'en rappeler, il y a un an, à la
veille des élections législatives, les autorités de l'Union ont mobilisé plus
d'un milliard de nos francs pour l'achat de six groupes électrogènes sensés
venir mettre fin à la crise d'énergie qui frappe notre pays depuis de
nombreuses années.
Malheureusement l'achat de ces groupes a été
fait dans une totale opacité. Il n'y a pas eu d'étude sur le choix des groupes,
il n'y a pas eu non plus d'appel d'offre. Un bon matin, on a vu six groupes
électrogènes débarqués, sans que personne ne sache les tenants et les
aboutissants de cette transaction. Les techniciens de la Mamwé
ont été tenus à l'écart. Aujourd'hui, on découvre que ces groupes ne sont pas
appropriés, ils tournent trop vite et consomment beaucoup trop d'énergie. Ce
sont des groupes de secours qui sont utilisés pour des situations ponctuelles !
Lorsque le gouvernement a rompu son contrat
avec le CEE (Vivendi Réunion), la société était au bord de la faillite. Au lieu
de redresser la situation de l'entreprise, on l'a enfoncée davantage. On a
privilégié les dépenses non productives et inutiles : embauches démesurées,
aménagement des bureaux etc…
Aujourd'Hui la société se trouve
avec une dette de plus d'un milliard envers les Hydrocarbures et se trouve dans
l'incapacité de faire tourner ces groupes gourmands en énergie. La société des
Hydrocarbures ne veut plus livrer du gasoil à la Mamwé
sans être payée au préalable.
Soulignons que deux de ces moteurs qui ont été
achetés, il y a tout juste une année, sont tombés en panne et il n'y a pas de
garantie ! On a acheté comme on achète une voiture d'occasion…
Des députés à l'Assemblée nationale de l'Union
envisagent la mise en place d'une commission parlementaire pour établir la
vérité sur cette affaire de la Mamwé. N'oublions pas
que sans énergie c'est toute l'économie du pays qui est à terre. Aucun
investisseur étranger ne viendra mettre son argent dans un pays sans
électricité. Ce ne sont pas des mesurettes qu'il faut
pour redresser la situation de l'énergie aux Comores, c'est un véritable plan
d'énergie pour sortir notre pays de l'obscurité une fois pour toute, mais ceci
implique une volonté politique accompagnée d'une bonne gestion. Mais c'est
peut-être une chimère…
Anjouan - La Réunion - Mayotte
Un accord-cadre de coopération pour
l'enseignement agricole
Le lycée d'enseignement général et
technologique agricole (LEGTA) de Saint-Paul (La
Réunion), le lycée d'enseignement professionnel agricole (LEPA)
de Saint-Joseph (La Réunion), le lycée agricole de Coconi
(Mayotte) et l'Université de Patsy (Anjouan) ont
signé, vendredi 11 février 2005 à Saint-Joseph, un accord-cadre de coopération.
Le LEGTA de
Saint-Paul et le LEPA de Saint-Joseph ont une culture
de la coopération régionale. Depuis quelques années, notamment avec Anjouan,
ils multiplient les échanges. Les jeunes en fin de Brevet de technicien
agricole des deus lycées sont allés à
plusieurs reprises dans le Nioumakélé (Anjouan) pour
travailler sur la production laitière. Et deux techniciens suivent actuellement
un stage sur l'irrigation au Centre de formation professionnelle pour adultes
de Piton Saint-Leu.
L'accord-cadre de coopération signé vendredi
dernier par Bernard Isebe, proviseur du LEPA de Saint-Joseph ; Joseph Gestin,
proviseur-adjoint du LEGTA
de Saint-Paul et Fatima Bacar, responsable de
l'Université de Patsy (Anjouan), seul établissement
de l'Union des Comores disposant d'un département agricole de ce niveau sera
également paraphé par un représentant du lycée agricole de Coconi
(Mayotte) qui dispense des formations de niveau Brevet professionnel agricole.
Les établissements pourront ainsi benéficier des
concentrations de coopération et développer des échanges profitables aux
agriculteurs des trois îles. Cependant, il appartiendra à chaque établissement
de construire des partenariats particuliers avec l'université de Patsy.
Une agriculture qui progresse
La signature de l'accord cadre s'est déroulée
en présence d'Omar Houmadi, ministre de la
production, de l'agriculture et des transports de l'île autonome d'Anjouan. En
marge de la cérémonie officielle, le ministre a dressé un panorama optimiste de
l'agriculture anjouanaise. Il s'enorgueillit, par exemple, de la production
d'oignon passée en trois ans de 45 tonnes à 237 tonnes. Le ministre estime, compte-tenu de l'engouement des agriculteurs, que la production pourrait vers 2010 se
stabiliser à 400/450 tonnes pour Anjouan et à 1.000/1.500 tonnes pour les trois îles de l'Union des Comores.
Anjouan connaît également une bonne
progression de la production laitière, notamment concentrée dans la région de Nioumakélé, avec une moyenne par vache et par jour de 10
litres de lait, selon le ministre. L'Association des
éleveurs du Nioumakélé créée en 2001 rassemble 150
éleveurs de 13 villages. Son président, Mohamed Toybou,
note qu'elle a trois objectifs : l'encadrement des éleveurs, le développement
de la production et la commercialisation. L'unité laitière produit aujourd'hui
du lait conditionné également commercialisé dans les autres îles et du lait
caillé très prisé en Grande Comore. Mais le point
noir, selon Mohamed Toybou, demeure l'amélioration
génétique des vaches laitières. Les importations de vaches laitières et de
taureaux, tant de La Réunion que du Kenya n'ont pas donné les résultats
escomptés et les autorités agricoles envisagent de se tourner vers
l'insémination artificielle.
Multiplier les échanges professionnels
Le développement d'un petit élevage familial
de poules pondeuses s'est heurté à la question de l'importation de la provende.
Mais, selon Omar Houmadi, "la volonté de
développement aux Comores ouvre de nouveaux horizons". Et dans ce domaine,
la coopération avec l'Union réunionnaise des coopératives agricoles (Urcoopa), pourraient être
déterminante.
D'autre part, le ministre met l'accent sur la
production de tomates, regrettant la surproduction saisonnière. Le hors-sol
comme le goutte à goutte pour l'irrigation pourraient être des solutions Mais
elles exigent des investissements et de la technicité.
Il est certain que le développement des
échanges professionnels, objet de l'accord-cadre signé vendredi dernier à
Saint-Joseph pourrait permettre de franchir une à une les étapes d'un
développement profitable aux agriculteurs comoriens comme à leurs confrères
réunionnais
Issa Mohamed
Anjouan à l'heure de l'industrialisation: Mamadaly se lance dans la tuyauterie
Après un essai dans la confection du prêt à porter et la menuiserie semi industrielle, Mamadaly place la barre haut. La production des tuyaux pour les adductions d'eaux
L'investissement est de l'ordre de 300
millions Fc. Les établissements Mamadaly,
Mutsamudu (Anjouan), un des grands opérateurs économiques de la place, voire de
l'Archipel se lancent dans la fabrication des tuyaux de 20 à 110 cm de diamètre
et capable de résister à une pression de 16 bar. " Nous avons fait une
étude de marché, elle est concluante. Nous allons fabriquer des tuyaux selon
les normes internationales. Nous avons des enfants qui vont continuer sur le
commerce et nous les anciens nous allons partir dans l'aventure. L'industrie.
", soutient Nourddine Mamadaly, le concepteur du projet, un projet qui a reçu l'admiration d'un représentant de
la Banque mondiale. M. Mamadaly est né à Anjouan il y
a 71 ans mais très jeune d'esprit et jeune physiquement. Un Indien de l'ethnie Bohora qui, avec sa famille ont réussi, de père en fils, leur intégration
dans la société comorienne. Les Mamadaly sont avant
tout anjouanais et leur objectif immédiat : l'industrialisation de l'île et
cela dans l'intérêt, bien entendu, de l'ensemble des Comores. Le risque de la
concurrence des produits de Doubaï, les Mamadaly
l'ont intégrer dans leur étude de faisabilité. "
Nous allons retrousser les manches et nous mettre au travail car qui ne risque
rien n'a rien ", dit-il.
L'usine de Mamadaly
est située dans le site de Mpajée, à deux kilomètre
de Mutsamudu dans un hangar de 40 mètres de long . La
technologie est allemande avec des machines outils fabriquées sous licence en
Inde. L'usine qui doit commencer à tourner dans trois mois sera autonome en
matière d'électricité car elle sera équipée d'un groupe électrogène de 200 KVA. " Au début nous allons avoir deux techniciens
indiens pour nous assister et nous accompagner jusqu'à ce que nous puissions
voler de nos propres ailes, c'est à dire nous apprendre les ficelles du métier
", conclut l'homme d'affaires.
Une histoire et une tradition.
Il faut dire que l'industrie fait partie du
paysage économique d'Anjouan. C'est tout une histoire et une tradition.. Après les distilleries qui produisaient des essences à
parfum et le sisal par les sociétés
coloniales, il y a eu la société des
eaux de passy qui fabrique la célèbre
boisson Coca Cola et les autres produits
liés à la marque, il y a Ayatollah, grand ouléma de l'île et futur candidat
dit-on, à la prochaine présidentielle qui s'est lancé dans la fabrication des
matelas et de l'eau minérale. Auparavant les Mamadaly
s'étaient lancé dans le textile en faisant de la confection pour le prêt à
porter. Pour ne citer que ces quelques exemples.
C'est sur fond de crise aiguë que
l'industrialisation de l'île se fait. Il faut dire que les frustrations sont
parfois sources de grandes découvertes et d'innovations. L'Afrique du Sud a été
sur la pointe du progrès alors qu' elle subissait de
plein fouet l'embargo international sur tous les produits lors du régime de
l'apartheid. La crise qui frappe Anjouan pousse les habitants de cette île à se
débrouiller autrement. Résultat : l'île commence à s'industrialiser et pourquoi
pas peut devenir le pole industriel des Comores. Bien entendu cela suppose que
les problèmes liés à la crise séparatistes soient résolus pour permettre aux
futurs industriels de conquérir le marché local comorien.
H.H
Cellule d'Ecoute Ascobef:
Deux et trois ans de prison ferme contre deux jeunes coupables de détournement
et viol sur mineur
Jeudi 10 février dernier, le tribunal de
Moroni vient de condamner à deux et trois ans de prison ferme respectivement, Bacar Abdillah et Badaoui, tous deux originairs de
la ville de Mkazi, pour détournement et viol sur une
jeune fille de 13 ans au moment des faits.
L'affaire en question remonte au 24 décembre
de l'année 2003, lorsque la jeune fille, veillant sur sa mère malade à l'hôpital
El Maarouf, fut détournée et conduite à Mkazi où elle passera une nuit d'horreur en compagnie de
ses deux tortionnaires.
Ayant remarqué l'absence de sa fille, Mohamed
Saïd, père de la victime, alertera la gendarmerie qui effectuera quelques
recherches infructueuses toute la nuit.
Le lendemain, la fillette apparaît
complètement abattue et démoralisée et signalera son calvaire à son père qui
saisira immédiatement les services compétents.
Arrêtés et mise en détention provisoire, les
accusés s'évaderont à deux reprises avant d'être retrouvés. Désespéré par les
multiples rebondissements et le retard pris dans le jugement de l'affaire, le
père publia une lettre ouverte dont l'objet était " dénonciation d'un viol
sur mineur, d'un acte pédophile " le 25/ 02/ 2004 qui sera remise à plusieurs personnalités et
organisations. Ayant appris la mise en
place de la Cellule d'écoute et de prise en charge des enfants victimes d'abus
et de maltraitances quelques mois plus tard, il saisira les responsables afin
d'œuvrer pour que justice soit rendue.
A leur tour, les responsables de la cellule
multiplieront les contacts avec le milieu judiciaire. Dans un premier temps,
l'affaire sera jugée à huis clos le 10
janvier 2005 mais, en l'absence des accusés encore en liberté provisoire puis,
renvoyée au 10 février date à laquelle la sentence tombera .
Cette affaire n'est pas la première du
genre à avoir bénéficié de l'appui de la
cellule. En effet, il y a quelques mois seulement, une affaire similaire avait
été jugée par le tribunal de Moroni où l'auteur du détournement, Djounaid Ahamada originaire de Ndrouani, écopa de 2 ans de prison ferme accompagné de
douze mois de sursis avec une amende de 2 500 000fc.
Il convient de préciser que depuis la signature conjointe du protocole d'accord
en avril 2004 par le ministère de la santé publique et de la solidarité sociale
chargée de la promotion de la femme, l'Unicef et l'Ascobef
et, bien que la cellule n'a pas encore ouvert ses portes de façon effective,
elle a déjà eu à gérer 9 cas d'abus, de viols et de maltraitances dont les
victimes étaient tous des enfants.
Initiée par l'Ascobef
avec la bénédiction du Ministère de la Santé de l'île et bénéficiant de l'appui
financier de l'UNICEF, la cellule constitue une sorte de rempart face à la
montée de plus en plus inquiétante des diverses formes d'exploitation dirigées
contre les enfants à un moment où tout le monde s'accorde à reconnaître que
dans certains milieux, le plus souvent, les cas d'abus et de viols à l'encontre
des enfants sont réglés à l'amiable, moyennant des dédommagements d'ordre
matériel ou financier au profit des familles, alors que les vraies victimes
gardent au fond d'eux, à défaut d'une assistance psychologique, des
séquelles lourdes de conséquences, qui affectent leur équilibre mental. Cet état
d'impunité prédisposait les auteurs de ces délits à la récidive et n'assurait
naturellement pas la protection des enfants.
L'exploitation et la maltraitance des enfants
sont devenues hélas des réalités courantes dans notre pays. Les enfants en
souffrent énormément et il est temps que leurs cris de détresse soient entendus.
Rappelons qu'avant l'ouverture de la cellule,
dans l'espoir de trouver l'appui
nécessaire pour sortir de leur calvaire, il n'était pas rare de voir des
jeunes s'adresser au Centre
d'information et d'animation des jeunes de Hamramba,
pour se plaindre de maltraitance, de négligence, de harcèlement sexuel,
d'attentat à la pudeur, d'abus et parfois de viols. Aujourd'hui, avec la mise en place de cette structure soutenant les enfants en détresse, les cas
affluent.
Dans les jours à venir, les jeunes victimes de
services pourront, par téléphone, contacter de partout la cellule et bénéficier
aussi bien d'un soutien psychologique, médical que d'un suivi de leur cas, pour
que les auteurs des abus sexuels et de maltraitances ne restent pas impunis.
Ymyous
CULTURE
Coin cinéphiles : La fin des mondes
(1ère partie: Tamala 2010)
Il s'agit de trois films à l'esthétique et au
régime d'images ambivalent. Le rapprochement pourrait donc paraître à premier abord très arbitraire, l' analyse
peut toutefois expliquer cette approche.
"Tamala
2010" est un film d'animation réalisé par un collectif : T.O.L, il emprunte un décorum de science fiction type manga
pour mieux intégrer les signes qu'il emploie.
" A l'Ouest des rails 3 " est un
documentaire fleuve (9heures) de Wang
Bing, réalisé dans la province de Tiexi Qu en Chine.
C' est un documentaire faisant le
constat d'un lieu de la Chine de notre temps qui par sa durée offre une
impression d'espace quasi-inédite.
"Tess" l'adaptation cinématographique par Roman Polansky d'un roman du début du XXème
siècle se déroulant à la fin du XIXème siècle en
Angleterre est, est en surface une histoire d'amour sur fond historique, mais
ses enjeux se situent à la limite de la morale.
Un thème relie cependant ses trois oeuvres : c'est
l'idée de fin de monde, du passage d'un état à un autre.
Tamala 2010 se déroule dans
un lieu improbable, une galaxie peuplée de chats, ou pourtant les schémas et
enjeux économiques sont ceux de notre monde... La description
"sociale" de ce monde fantaisiste crée un décalage, qui nous ramène
d'autant mieux à nos espaces.
L'héroïne, la "Tamala"
du titre, est une icône de ce monde improbable, c'est son image qui est intégré
à l'information véhiculée pour mieux vendre les produits du puissant
conglomérat "Catty and
Co." Cette entreprise qui voue un attachement théologique à une
religion antique ayant pour Déesse Minerva domine
l'économie. TELS SONT les enjeux
politiques de cet univers.
L'aspect purement matérialiste de cette
entreprise est visible: les produits, les campagnes de pub ... Mais ce régime dominant, par sa
"religion", contrôle aussi l'inconscient des peuples conquis.
Au début du film nous ignorons la nature du
personnage principal. L'affichage du titre au générique est en fait un indice,
puisque son logo intégrant l'image de l'héroïne est une affiche publicitaire.
Le film se vend par son icône, son héroïne, c'est une mise en abyme de ce qui
se passe dans le corps même du produit qu'est le film Tamala
2010.
Notre monde comme celui des chats du films
obéit à une mécanique apparemment logique: des régimes en dévorent d'autres,
pour étendre leur soif naturelle mais démesuré de pouvoir.
Les individus ne peuvent rien, le
fonctionnement des systèmes capitalistes est un état naturel, ses lois sont
celles de la nature. Il n'y a pas réellement d'hommes de pouvoir au sein de ces
systèmes. Leurs logiques dépassent la morale, les hommes se hissant à leurs
têtes ne les recréent pas. Ils sont naturellement emportés.
Ils ne sont là que parce qu'ils répondent bien
au mouvement : arriver à ce point c'est rassembler des attentes. Et, croire avoir atteint le pouvoir c'est être
naturellement corrompu par les systèmes.
Ceux-ci n'ont que faire des raisons morales
individuelles, de la "justice". A ce propos on peut citer Rochefoucault :"L'amour de la justice n'est en la plus
part des hommes que la crainte de souffrir l'injustice." ( Réflexion morales)
Les systèmes se remplacent, par coups d'état
ou révolutions mais les lois naturelles restent. Cette idée de
destruction/reconstruction, dans le monde de Tamala
2010, est symbolisé par la déesse Minerva qui habite l'inconscient(les rêves) des chats de cet univers.
Le film nous montre un monde dominé par
l'anarchie, sur lequel s'installe, sans
que les citoyens suivent immédiatement son mouvement, un autre système. Comme
si les révoltes populaire étaient aveugles et que le
pouvoir ne concernait finalement que le pouvoir.
Dans Tamala 2010
seules les systèmes sont montrés, jamais les hommes à
leur tête, qui ne sont en fait que des exécutants.
Mounir ALLAOUI
( suite au prochain
numéro )
Lire... relire
Le Cherif de
Ngazidja ou le cœur a ses raisons
Xavier FRAUD,
(L'HARMATTAN,
2002, 315p)
Xavier et Sylvie ont quitté la Bretagne pour
retrouver les rivages de Ngazidja, huit années après y avoir rencontré leur
petite fille. C'est le long cheminement de leur histoire qui nous est conté,
depuis la première fois où l'idée de cette adoption s'est imposée à eux. Nous
les suivons, à la découverte de leurs amitiés africaines, en Sierra Léone au
fin fond de la forêt équatoriale, au Mali sur les boucles du
Niger, et sur l'île de la Grande Comore. Un parcours initiatique qui les guide vers un homme
qui allait bouleverser leur vie, "Le Chérif de Ngazidja".
C'est à la rencontre de son histoire et, bien
au delà de tous les préjugés, de la confrontation de la culture occidentale
face au monde de pensée traditionnelle d'une Afrique islamique et tolérante,
que l'auteur nous propose de l'accompagner
SPORT
Jeu de Pétanque : Les Comores à
Bruxelles
A cinq mois du Tournoi-Modial de Moroni-Maluzini (juin 2005), les équipes se débattent pour décrocher le titre d'Ambassadeur des Comores pour le championnat du monde, prévu en Belgique en Octobre prochain. Dans ce sens, les clubs poussent comme des champignons en terme de création, d'affiliation et de participation remarquable aux différentes compétitions officielles, organisées par la Fédération Comorienne de Pétanque (FCP) dans les divers coins de l'île. La présence de plus de 200 compétiteurs aux deux derniers tournois témoignent bien de la bonne santé de cette discipline. Les champions du dernier concours en triplettes est une équipe du Club-Sanfil, profondément rajeunie et tactiquement reformée.
Tous les ans, grâce à l'appui des autorités et
de divers donateurs, les Comores participent et avec éclat aux championnats du
monde du jeu de Pétanque. Le Président de la FCP Abdillah M'ze Boina
dit Franck exprime sa reconnaissance et
son espoir pour un avenir brillant de la Pétanque comorienne : '' Grâce à leur généreuse contribution et aux efforts
remarquables évertués sans cesse par les acteurs de cette discipline,
dirigeants et joueurs, aujourd'hui, notre pays fait parti des nations qui
forcent l'estime et l'admiration dans l'échiquier international.'' Les derniers exploits comoriens remontent en
2001, à Monaco : 11e sur 44 nations ; en 2002, à
Grenoble : 3e sur 23 pays, en Coupe des Nations, etc.
Signe de bon augure :
Si les foisonnements des clubs, l'engouement
croissant que manifestent les pétanqueurs et le
progrès réalisé par les joueurs sont un signe de bon augure pour la pétanque
nationale, eh bien ! le rêve de se hisser au podium à
Bruxelles en octobre prochain ne relève pas de l'utopie. Il est permis.
Rassuré, Ahmada capitaine, membre de la Commission
Technique de la FCP le confirme : '' Cette année, en
Belgique, nous comptons nous placer parmi le peloton de tête des quart des
finalistes. Nos joueurs évoluent bien et acquièrent de l'expérience aux fils
des rencontres. C'est un signe précurseur fiable.''
Actuellement, la FCP
gère plus de 20 clubs affiliés et autant d'autres en voie d'affiliation. Un
club est constitué en moyenne par sept à neuf équipes. La participation massive
des clubs aux deux derniers tournois (plus de deux cents compétiteurs)
organisés à Mbeni et à Moroni-Ajao,
de 8h 30 à 22h 17, illustre bien la bonne santé de cette
discipline.
Sport flegmatique
Le tournoi en triplettes de Moroni-Ajao du dimanche dernier a été structuré en sept
phases : la phase des poules, le cadrage, suivi des 16e
des finales jusqu'à la 3e place et à la finale.
La compétition a durée environ 16h 00 de temps, sans pause, sauf les dix minutes accordées
aux prières quotidiennes. En jeu de Pétanque, à part le championnat, national
ou international, les équipes se constituent librement, tout âge et tout sexe
confondus. C'est un sport flegmatique. Ainsi la compétition d'Ajao avait été caractérisée par un joueur âgé de 71 ans (Espoir-Club), et deux autres respectivement 15 ans de Bambadjani (éliminés en huitième des finales) et 14 ans du Club-Sanfil,
consacré champion du tournoi. Les joueurs s'étaient confrontés dans un climat
convivial, et animés d'un esprit sain d'émulation. Le
podium a accuilli,
4e (Sanfil) : Adina,
Nassuif et Njomea ; 3e (Arc
en ciel) : Abdallah, Djamal et Farid ; 2e (Djabal) : Assoumani, Bilal et Madi Ali ; et champion (Sanfil) : l'artiste et infaillible tireur Ali Moirab, , Djeleza et Johnny. La
prochaine compétition (20 février 2005) sera en doublettes, au boulodrome de Karthala, à Moroni.
BM Gondet
Ils ont dit …
Mourtadhoi Abdereman,
cadre technique du club-Espoir de Moroni-Coulée,
a laissé un impact crédible et historique en jeu de Pétanque au Congo-Brazaville. Il est double champion en 88 et 90 et
triple vice champion sur plus de 600 participants. Il qualifie de perfectibles
les joueurs comoriens.
''Ici nous disposons d'une bonne potentialité
des compétiteurs. Sur le plan technico-tactique, nous
n'avons pas grande chose à envier aux africains en général, et aux congolais en
particulier. Mais l'endurance fait défaut. Elle constitue un handicap à
surmonter à tout prix. Deuxième handicap, ici, j'ai l'impression (je peux me
tromper) que les concurrents jouent plus
pour le plaisir d'être ensemble. Or en Afrique continentale, les joueurs
participent à un concours dans le seul but de gagner. Il n'y a pas de partage.
C'est tout ou rien. Mais le fair-play prévaut toujours comme aux Comores. Et
enfin, nous manquons crucialement
d'infrastructures adéquates''
BM Gondet
Duklin : " Chat échaudé craint l'eau froide…
"
C'est avec la double casquette du ministre des Finances et du président par intérim de l'île autonome d'Anjouan que M. Dhoulkarnaïne dit Duklin nous a accueilli dans son domicile privé de Barakani. Budget consolidé et crise des hydrocarbures ont été les principaux sujets évoqués au cours de cet entretien.
La Gazette des Comores : Monsieur le ministre, cette fois - ci
Anjouan va, à travers le budget consolidé, réintégrer l'Union des Comores, je
pense ?
M. Duklin : Vous
savez que personne n'a intérêt à ce que le processus soit bloqué. Or nous
constatons que malgré nos bonnes volontés, certains veulent nous glisser des
peaux de banane. Le budget, nous venons de le recevoir il n’y a pas longtemps. je n'ai pas eu donc le temps de l'examiner. Seulement je
peux dire que chat échaudé craint l'eau froide. Nous avions précédemment cotisé
suite à l'accord du 20 décembre 2003. Résultat : des autorités de l'Union ont
détourné l'argent que nous avions déposé à la Banque Centrale pour
d'autres fins. Nous sommes obligés d'être prudents cette fois ci.
Et pourtant, dans certains milieux du pouvoir de l'Union
on dit que l'île autonome d'Anjouan n'a jamais réellement cotisé et que c'est
le contraire : Anjouan
a reçu de l'argent sans qu'elle ait apporté aucune contribution au niveau du
compte commun. Votre réaction sur ce sujet ?
M. Duklin: Vous
savez, c'est pas moi qui dit que
l'argent que nous avions cotisé a été détourné. Il y a eu une audite financière
faite par un cabinet de conseil neutre et qui a mis au jour tout ce que je
viens de dire. Et tout le monde sait, y
compris la communauté internationale, que l'argent déposé à la Banque centrale
par les îles et notamment Anjouan a été détourné par la suite. La règle du jeu
n'a pas été respectée
Monsieur le ministre, Au jour d'aujourd'hui, quel est le montant de votre contribution au
budget de l'Union ?
M. Duklin: Il faut
poser la question à notre Trésorier Payeur général. En tout cas personne n'a
intérêt à ce que les choses échouent. Le processus de réconciliation en cours
doit réussir. Nous sommes condamnés à vivre ensemble. Mais comme je l'ai dit, certains
veulent nous glisser, malgré nos bonnes volontés, des peaux de banane.
Concrètement qui veut vous glisser la peau de banane?
M. Duklin:Il y a
cette affaire des Hydrocarbures. Tout allait pour le mieux. On importait les
hydrocarbures ensemble et on se partageait la note et les cargaisons. Cela fonctionnait parfaitement et dans l'intérêt
des deux parties, jusqu'à une date récente. Et tout d'un coup on cherche à nous
étrangler en stoppant brusquement la livraison des carburants à Anjouan
-Hydrocarbures. Ce n'est pas juste !
Il semble que la Société Comores Hydrocarbures (SCH),
vous accordait des facilités de paiement or vous avez abusé de cette confiance.
Au lieu de régler une facture pour être livré par la suite, vous avez pris
l'argent pour importer du carburant, jusqu'à laisser une ardoise de 410
millions à la SCH. Qu'en dites-vous ?
M. Duklin: Nous nous sommes débrouillés pour importer du carburant quand
nous avons constaté que Moroni allait nous abandonner. Le carburant c'est un
domaine stratégique pour le développement d'un pays. Vous savez qu'encore une
fois nous avons intérêt à ce que cette affaire soit réglée car nous risquons
tous de perdre. Les deux parties, je veux dire. Actuellement nous avons procédé
à l'extension de notre dépôt. Nous avons
d'abord construit une nouvelle cuve et ensuite nous avons changé tout ce qui a
été vétuste car il fallait le faire: tuyauterie, vanne, etc.. Nous
pourrions donc stocker actuellement de grosses quantités pour quatre à six
mois. L'argent est donc utilisé dans cette opération d'extension et de
modernisation de notre dépôt.
Et si Moroni persiste dans sa position et exige le
versement d'une partie, des 410 millions Fc avant de
reprendre les livraisons des carburants sur Anjouan, quelle serait votre
solution dans l'immédiat ?
M. Duklin: A ce
moment là nous nous débrouillerons autrement car nous ne pouvons
pas nous laisser étrangler
économiquement. Les carburants on en trouve partout. Il suffit d'avoir l'argent
pour payer la facture.
Propos recueillis par Hadji Hassanali.
Conflit dans les villages : Du “Goungou” aux affrontements.
Le Préfet de la région de Dimani,
Mr Bacari Ahamada vient
d'être relevé de ses fonctions, suite aux affrontements qui ont opposé la
population de Ntsoralé à celle de Maweni.
Tout commence vendredi, jour de l'Ide El-Kabir. Les jeunes de Ntsoralé
organisent une soirée dansante. Une voiture conduit
par un nommé Nabou s'arrête, un groupe de jeunes venu
du village Mawéni
tente de rentrer dans la fête sans payer ; une bagarre s'en suit. Chassé
et poursuivi, le groupe réussit tout de
même à s'échapper et à regagner le village .
Le lendemain, des jeunes de Ntsoralé barrent la route à Nabou.
Celui-ci tente de passer en force en
proférant des injures aux habitants de Ntsoralé,
avant de faire demi-tour et de repartir vers Maweni.
Pour laver l'affront et punir celui qui osa insulter leur village,
les gens de Ntsoralé exigent que le coupable soit
puni de " Goungou ": cérémonie qui consiste
à raser le crâne du coupable, lui badigeonner tout le corps de noir de fumée et
le tourner en dérision en ne le laissant qu'un cache-sexe. Ensuite, le traîner
à travers les deux villages en l'obligeant à s'insulter.
Il arrive que des éléments sadiques poussent
les insultes trop loin et qu'ils battent le malheureux, ce qui entraîne souvent
des réactions lourdes de conséquences de la part des proche de la victime.
La brigade de gendarmerie de Combani Wachili interdit la tenue
du " Goungou
"; le châtiment de Nabou est alors remplacé par
une interdiction de traverser le village de Ntsoralé.
Le messager envoyé par les gens de cette localité pour annoncer la sentence se
fait passer à tabac par les habitants de
Maweni. Un notable du nom de Mr Achraf
et le maire de cette localité ramènent le blessé aux habitants de Ntsoralé. Mais, à leur tour, ces derniers battent le notable, prennent le maire en
otage et l'enferment dans un lieu secret. Ils
se rendent ensuite à Maweni, incendient une
maison et deux cases et font un siège.
Le Préfet originaire de Ntsoralé
demande l'intervention de l'escadron de la gendarmerie qui se rend sur les
lieux. Elle procède à l'arrestation de
plusieurs personnes de Ntsoralé parmi lesquelles se
trouvent des notables. Le lendemain, les
notables sont libérés afin de négocier la paix, mais la situation reste toujours très tendue ; les
gens de Ntsoralé attaquent Maweni.
L'escadron de la gendarmerie s'interpose et empêche les " va-t-en guerre " de pénétrer dans Maweni, mais, dans la confusion, les gens de cette dernière
localité, beaucoup plus nombreux que les autres s'infiltrent à Ntsoralé et incendient plusieurs maisons. Le mercredi,
plusieurs personnes sont arrêtées.
Des éléments seraient accusés par des habitants de Ntsoralé
de s'être livrés à des saccages de bananeraies, de vol de bijoux, de
destruction de Tv et autres. La justice populaire et la justice personnelle
tendent à prendre le pas sur le droit.
Les affrontements intercommunautaires deviennent monnaie courante dans
l'île de Ngazidja. On assiste à trop de scènes de violence ces derniers temps
opposant des localités voisines. Récemment, sous le regard indifférent des
spectateurs, un chauffeur a été frappé violemment à la tête, au carrefour de Gobadjou. Dans le
village d'Ourovéni( Badjini-est), un homme est mort après avoir reçu un coup de gourdin sur la
tête, suite à une dispute dont la cause serait une somme de 10 000Fc. Dans la localité de Chindini,
une famille s'est attaquée à une jeune fille qu'elle a passée à tabac.
Ngazidja tend à devenir un chaudron et les
esprits sont, plus prompts à
s'échauffer.
Les notables qui, dans le temps, calmaient les
humeurs tendues oublient leurs responsabilités ; certains jouent parfois le
rôle de catalyseurs, voire d'initiateurs des conflits au lieu d'œuvrer pour la
paix. Nous vivons dans une île où se succède une ribambelle de préfets que les
notables éjectent pour un oui ou pour un non.
Said Omar Hachim