EDITION ELECTRONIQUE N°334
Procès de la Banque centrale : La
démesure
Après des
mois d’enquête préliminaires et d’instruction et la mobilisation de
plusieurs avocats, le procès de la Banque centrale des Comores (BCC) a eu lieu
le lundi 21 et le mardi 22 février au Palais de justice de Moroni. Dix-huit
heures d’audience sous la présidence de Moina Halima Djoubeïr, une femme qui
malgré sa jeunesse, s’est montrée à la hauteur en conduisant les débats avec
compétence équité Le réquisitoire du
Procureur de la République est sans commentaire : cinq ans pour le
gouverneur Ibrahim ben Ali dont trois ferme et deux avec sursis et pour les
autres accusés six ans chacun dont quatre ferme et deux avec sursis.
Huit agents de la Banque centrale sont
poursuivis et jugés pour vol. Le
gouverneur de la Banque Centrale Ibrahim ben Ali pour sa part a été inculpé
de « complicité ». Il faut souligner qu’à
l’époque des faits, il exerçait les fonctions de contrôleur de la BCC. Ibrahim
ben Ali a été défendu par deux avocats : Maître Ibrahim Mzimba et le Réunionnais Maître Rémi Boniface
. La partie civile était représentée par un autre Réunionnais Maître
J.P. Gauthier qui dès l’ouverture du procès
avait demandé la requalification du chef d’accusation d’« Abus
de confiance et non de vol ».
Quant à maître Boniface dès l’ouverture des
débats a soulevé plusieurs irrégularités de procédure dont la plus importante
est l’inculpation du gouverneur Ibrahim Ben Ali. Il a
soulevé « l’absence des faits ». Car pour inculper quelqu’un il
y a « une obligation de notifier
Les faits , or
il n’y a pas de faits. Personne n’a mis en cause Ibrahim Ben Ali. Pas de fait
pas d’inculpation ».
Plusieurs témoins ont défilé à la
barre et parmi lesquels Mlle Zaïnaba qui a
succédé Ibrahin Ben Ali au poste de contrôleur . Après son retour de stage à la Banque de France
cette dernière a voulu mettre en pratique ce qu’elle venait d’apprendre c’est
alors qu’elle a découvert le pot au rose, « et grâce aux méthodes
instaurées par Ibrahim ben Ali », a t-elle affirmé. M. Michaux, magistrat
et conseiller à la Banque de France et chargé du dossier des banques centrales
de la zone franc, venu de Paris pour témoigner a tenu à souligner le sérieux et les compétences du
gouverneur Ben Ali.Il a rappelé que : « Le
gouverneur de la Banque Centrale des Comores définit la politique monétaire du
pays et grâce à Ibrahim ben Ali, la BCC a pris une autre image. Mais la Banque
centrale est une vieille dame ça prend du temps ».
Il y a eu également le témoignage du
gouverneur sortant, Saïd Ahmed Saïd Ali qui a donné sa recette en matière de
contrôle : « Moi, je faisais le contrôle au début et à la fin du
moi ».
Pour le procureur de la République « Les
vols ont augmenté avec l’arrivée d’Ibrahim à la tête de l’institution ».
Réplique du Maître Boniface : « C’est Ibrahim ben Ali qui a renforcé
la procédure de contrôle quand il a été nommé à la direction de la BCC, avec
les résultats que l’on connaît : la découverte du système de vol mis en
place par les trieurs.»
Dans sa plaidoirie maître Boniface a dénoncé
« le comportement inacceptable du procureur qui a tronqué une citation de
la jurisprudence de la Cour de cassation » à propos de la complicité
par passivité. Le code pénal exige un acte positif pour la qualification de
complicité, or dans le cas d’espèce il n’y en a pas. Se référant à une
jurisprudence de la Cour de Cassation, le procureur de la république n’a pas
poursuivi la lecture de la citation jusqu’à la fin. Maître Boniface a sorti et
brandi la jurisprudence visée et affirmant que « le procureur n’a pas
été honnête car il n’a pas lu la citation jusqu’à la fin. S’il avait poursuivi
la lecture il aurait lu que la complicité par passivité nécessite qu’il ait
collusion, autrement dit qu’il y ait entente ou collaboration
. Or ce n’est pas le cas, personne n’ a affirmé
avoir à aucun moment avoir reçu le consentement ou la collaboration de M.. Ben
Ali dans cette affaire.
Maître Boniface a par ailleurs déclaré
qu’ « en demandant la peine excessive de cinq ans d’emprisonnement
dont trois ferme pour le gouverneur Ibrahim Ben Ali, le procureur a voulu faire
un jeu or ce n’est pas un jeu. Ce n’est pas en montant la barre aussi haut
que le tribunal sera amené à prononcer une peine d’emprisonnement à l’égard de
M. Ben Ali. Le tribunal est souverain dans sa décision».
Quant à Maître Mzimba, il a abondé dans le même sens
,« La complicité d’Ibrahim ben Ali dont vous parlez, Monsieur le
Procureur, elle est inexistante car il n’y pas de fait positif et il n’y a pas eu non plus collusion
». Il a poursuivi sa plaidoirie
par la mis en évidence du rôle éminent en matière de politique monétaire et
l’accomplissement avec sérieux et compétence dans l’exercice de ses fonctions
de M. Ben Ali.
Les deux avocats du gouverneur ont conclu en
demandant la relaxe de leur client.
Pour les huit autres prévenus, deux ont
reconnu leurs faits :
Ali Boina et Ibrahim Ahamada,
« faute avouée et à moitié pardonnée ». Les autres
bien qu’ils soient mis en cause par leurs collègues co-accusés ont continué à nier, c’est le cas de l’ancien caissier, M. Yahay défendu par
Maître Fahmi Saïd Ibram. Tous persistent et signent qu’ils n’ont « pas
commis de vol ». Le ministère des Finances, ministère de tutelle de la BCC
qui a été représenté par Abdallah Mohamed Mouhiddine demande réparation demande
500 millions Fc de réparation plus les
intérêts qui seront calculés au taux pratiqué par de la BCC
actuellement.
Quant à l’avocat de la partie civile maître
Gauthier, il a demandé pour sa part 200 millions, l’équivalent du montant du
vol.
Avant que l’affaire soit mise en délibérée,
Mme la présidente et comme il est de tradition a demandé aux uns et aux autres
ce que ils souhaitent ajouter dans les débats. Deux ont reconnu leurs fautes et
ont demandé pardon ! Ali Boina et Ibrahim Ahamada les autres jurent qu’ils
« n’ont rien fait ». Quant à Ibrahim ben Ali, il a dit « Je pense que
le Tribunal a compris que mon seul souci est de servir le pays avec efficacité
et loyauté ».
L’affaire est mise en délibérée pour le 10
mars prochain.
Toutes fois on est en droit de s’étonner qu’on
ait choisi d’utiliser la langue comorienne alors que deux des avocats ne la
parlent pas. L’équité et l’efficacité des débats auraient milité pour le choix
de la langue française, une des langues nationale comprise par tous les
prévenus et leurs avocats. Quand on sait que la langue comorienne comporte des insuffisance dans la précision des terminologies et des
concepts juridiques, il aurait été souhaitable d’utiliser le français au cours
de l’audience. Est-il besoin de souligner que les instruments utilisés (code de
procédure pénal et autres) sont rédigés en français ? De même que les
enquêtes judiciaires ?
La Rédaction
L’incident d’audience
Dans son réquisitoire,
le Procureur de la République Idi Bazia. avait
traité le conseil d’administration de la Banque centrale et les
avocats non Comoriens présents dans la salle d’audience de
« voleur » « Wédzi » en comorien.
« J’ai moi-même épousé une
étrangère mais je dois dire que ce sont des voleurs ». Ce qui a provoqué
la colère des Maîtres Boniface et Ghauthier qui ont quitté la salle, soutenus par
tous les autres avocats présents. « Si le procureur ne présente pas ses
excuses, il n y aura plus de plaidoiries », avait averti Maître Boniface,
un des avocats d’Ibrahim ben Ali. M. Idi Bazia a dû présenter publiquement ses
excuses pour permettre la poursuite l’audience ..
H.H
Vie
religieuse : célébration annuelle de
la memoire de SAID ADELKADER
AL-DJELANI
Par Djalim Ali
Ce lundi 21 février 2005 de l’année
grégorienne correspondant au 10 Muharram 1425 hégirien, les adeptes de la
Confrérie Al-Qadiriyya ont, comme à l’accoutumée,
célébré la mémoire du Grand Soufi Sayyid Abdel-Kader Al-Djélani, fondateur
de la Confrérie « Tariqa » Al-Qadiriyya, la jumelle de la Shadhiliyya,
au cours d’une grande cérémonie religieuse qui s’est déroulée dans la « Zawiyya Salimata Hamissi ». Empreinte
de ferveur et de recueillement, cette cérémonie a été ponctuée par trois
moments forts : la lecture du « Maoulid »,
prière relatant la vie et l’œuvre du Prophète Muhammad, la prêche prononcée
pour la circonstance, enfin, le « daira »,
danses liturgiques qui mettent les « mourid »,
adeptes, en état de transe en vue de communier avec Dieu.
Pour la prêche de circonstance, l’honneur a
échu au Cheikh Mchawacha qui, dans les termes les
plus énergiques, n’a pas manqué de fustiger les attaques dont les confréries
« les tariqats » sont de plus en plus
l’objet de la part des jeunes oulémas acquis à l’idéologie wahabite
d’Arabie Saoudite. L’essentiel de cette prêche se résume en ce que, selon
l’orateur, il y a en Islam deux conceptions religieuses s’exprimant par le
canal de deux voies, la « Charia » et la « Tariqa »
qui ne se contredisent pas mais plutôt se juxtaposent et se complètent.
D'une part, il y a les traditionnalistes,
les docteurs de la Loi Islamique « la Charia », qui considèrent que
la seule pratique véritable en islam est celle basée uniquement sur le Coran et
la Sunna qui doivent être interprétés littéralement dans leur sens explicite.
Selon eux, le croyant musulman doit s'en tenir à ce qui est extérieur, « dhahir » , clair et apparent.
D'autre part, il faut noter la conception des Cheikhs des confréries qui
conçoivent différemment la question relative à la pratique religieuse. Ceux-ci
réagissent contre le dessèchement de la religion par les juristes et les
théologiens, considérant que l'application des préceptes tirés du Coran et de
la Sunna ne constituent que le premier degré de la marche ascendante qui
conduit à la connaissance de Dieu.
Quant les Oulémas orthodoxes se contentèrent
de dire "Dieu est unique", cette formule prononcée avec foi a,
certes, une parfaite valeur liturgique; mais, les soufis estiment que cela est
insuffisant car le croyant doit aboutir à une prise de conscience totale et
profonde de l'unicité de Dieu, conscience à laquelle il ne peut parvenir qu'avec
le secours de guides illuminés par la grâce du divin. De cette conception, se
formeront les premières confréries religieuses musulmanes aux
XIII ème siècle avec
à la tête de chacune d'elles un Cheikh qui en fut le fondateur ou le guide
incontesté.
La « tariqa » , terme arabe signifiant "chemin, route, voie" a
pris deux conceptions techniques successives en mystique musulmane. Aux IXè -Xè siècles de l'ère
chrétienne, c'est une méthode de psychologie morale pour guider pratiquement
des vocations individuelles" . Après le XIè siècle, cela devient l'ensemble des rites
d'entraînement spirituel préconisés pour la vie commune dans les diverses
congrégations musulmanes qui commencent dès lors à se fonder".
Une de ces congrégations musulmanes ou
confréries est la Qadiriyyat qui est actuellement
l'une des plus répandues dans le monde musulman, plus particulièrement en
Afrique Noire. Cette confrérie est fondée par le sûfi hanbalite Said Abdel Kader Al-Djilani à
Bagdad en 1127. D’origine persane, Abdel Kader AI-Djilani, , est né à Nif ( Iran ) en 1077
et est décédé en 1166 à Bagdad où son tombeau devient l'objet de vénération et
un lieu de pèlerinage.
Dans notre pays, les confréries sont des
institutions relativement récentes puisqu'elles datent de près d'un siècle. Dès
le début de la deuxième moitié du 19è siècle, les
confréries avaient commencé à jouir d'une importance grandiose vis à vis des
comoriens. Elles tiennent une place très importante dans la vie religieuse des
comoriens. Elles sont très largement répandues, surtout en Grande-Comore
et à Anjouan et pratiquement, tout comorien fait partie d'une de ces
confréries : la Shadhuliyyat, la Qadiriyyat, la Rifa’iyyat, la Dandarawiyyat et la Allawiyyat.
La Qadiriyyat est
partie de Zanzibar où elle a été introduite par Said
Omar Al-Qullataîn dont la tombe se trouve à Welezo (banlieue de Zanzibar). Son développement et sa
diffusion restent l’œuvre de Cheikh Uwais Ben
Muhammad de Brava (Barawa en Somalie) qui reçut
l'initiation à la tariqat al-Qadiriyya
de ce dernier.
Le fameux Said
Muhammad Bin Cheikh Al-Maarouf
« s’était affilié à la Confrérie Qadiriyyat,
sous la patronage de Cheikh Uwais qu’il avait
rencontré à Zanzibar » (Chouzour), avant de
prêcher pour la Shadhuliyyat.
L’introduction de la Qadiriyyat
aux Comores, vers la fin du 19ème siècle est l’œuvre
de Cheikh Mohamed Ahmed, initié également à la confrérie à Zanzibar par Cheikh Uwais .
Cheikh Mohamed Ahmed qui en fut le principal propagateur est un Grand-
comorien, décédé en 1930 et dont la sépulture se trouve à Ntsoudjini,
son village natal. Selon Chouzour, « l’action de
diffusion de la confrérie s’est développée dans les années 30 à partir des
villes d’Itsandra et de Ntsudjini,
où de nombreux sharifu (descendants du Prophète) s’en
étaient faits les ardents représentatifs défenseurs. Parmi ceux-ci, on peut
citer Mwigni Bahassani, Said Ahmed Charif, Cheikh Hassani
et Cheikh Insa de Vhanambwani ».
Quant à son introduction à Moroni où domine la Shadhuliyyat,
elle fut l’œuvre de Cheikh Soidri, farouchement combattu
par les tenants de cette dernière qui « ne pouvaient souffrir la
concurrence d’aucun autre ordre ». Cheikh Soidri
a été suivi par d’éminents et grands notables de Moroni qui se sont alors
affiliés à la Qadiriyyat, notamment Cheikh Bacar Abdallah dit Fundi Bacar, Cheikh Ahmed Bacheikh,
Cheikh Mustakim, Said Zeina, Foundi Ali Mchangama, pour ne citer que ceux-là. De nos jours, le rayonnement de la Qadiriyyat est
assuré par Said Muhammad Al-Djélani,
Grand Cadi de la Grande Comore, et gérant principal de
la Zawiyyat de Moroni.
La Qadiriyyat qui
compterait environ 20% des Grand-Comoriens et 5% de
Mahorais (statistiques très anciennes) possède plusieurs zawiyas dans chaque
ville ou village des Comores où elle est implantée. Mais la principale Zawiya
est celle de Moroni, construite par Sainte Salimata Hamissi, une femme de grande piété qui avait fait le vœu
d’ériger une mosquée au profit de l’ordre « Qadiriyyat »
si elle revenait vivante de son dernier pèlerinage des Lieux saints de l’Islam.
Rappelons que cette femme que je me permets de classer parmi les « Femmes
Saintes » de l’islam au même titre que Rabiyya Al-Adawiyyat, avait effectué plusieurs voyages à la Mecque
et à Bagdad où elle allait principalement visiter le Mausolée de Said Abdel Kader Al-Djilani. Paix
à l’âme de cette femme.
Université des Comores
Le professeur Jean du Bois de Gaudusson de
l’Université Montesquieu de Bordeaux et président de l’Agence Universitaire de
la Francophonie a donné une Conférence sur « les nouveaux conflits en
Afrique et les nouvelles solutions pour les régler et les prévenir dans les
locaux de l’IFERE le mardi 22 février 2005 à 16
heurs. De nombreuses autorités ont y ont
pris par notamment le vice-président Caabi El-Yachroutu, le ministre des affaires étrangères Amin Seufou, les membres de la Cours constitutionnelle ainsi qu
le président de l’Université Damir Ben Ali.
Après avoir tenté de cerner ces nouveaux types
de conflits et passé en revue les causes, le conférencier a présenté sa vision
des choses et montré qu’il n’y a pas le même type de conflit partout en
Afrique. Certains sont sanglants et d’autres se limitent à des crises
politiques. Il s’est interrogé si plus de 40 ans après les indépendances
africaines, on peut continuer à voir derrière ces conflits la main invisible du
colonisateur. Il a par ailleurs mis en avant le fait que la stabilité en
Afrique passe par la démocratie et le droit. Même si les élections ne sont pas
tout à fait transparentes, elles continuent néanmoins à forger une conscience
démocratique.
Malheureusement le débat n’a pas pu avoir lieu
car quelques intervenants ont monopolisé la parole et n’ont pas tenu compte du
temps ! Mais c’est une habitude comorienne, malheureusement.
La fin des mondes: 2. "A l'Ouest des
rails" de Wang Bing.
"Tamala
2010" est peuplé de chats, le film "A l'ouest des rails" de Wang Bing est peuplé de chinois.
L'espace, la langue parlée dans le film n'est
pas le français. Pourtant la majeure partie de son public était parisien. Cette oeuvre, n'a été distribuée que dans une
salle parisienne sans doute à cause de sa durée exceptionnelle: neuf heures.
Le film de Wang Bing
se déroule à Shenyang dans la chine profonde, autour et dans Tiexi Qu, un gigantesque complexe industriel né du temps de
l'occupation japonaise. Les habitants de ce lieu sont les acteurs du film.
"A l'Ouest des rails" est un film
engagé, dans le sens où le réalisateur et la caméra font réellement corps avec
"le sujet". Le cinéaste vit au rythme des lieux qu'il visite, il
n'installe pas de dispositif, il est accueilli, écoute, c'est un ami discret.
Les gens qu'il suit et filme, font ce qu'ils ont à faire. Ils sont dans leur
rythme de vie même s'ils se tournent parfois vers la caméra pour dire des
choses qu'ils considèrent comme importantes : "Filmes cet endroit. Il n'en
restera bientôt plus rien." La
forme de l'oeuvre comme les lieux filmés, les systèmes comme les hommes qui les
vivent, tout est sur le point de sombrer. En Chine, le prolétariat n'est plus
la base de l'économie. Ce film ,qui vit réellement
dans son impuissance la fin d'un système, en est donc un constat. Le but de
l'oeuvre n'est pourtant pas vraiment de faire changer les consciences (Wang Bing dit lui même qu'au départ il ne filmer ses usines
que pour s'entraîner), car elle n'a pas était vue par ceux qu'elle pourrait
faire réagir, les habitants de Shenyang ou même le peuple chinois.
Il s'agit là d'un drôle de phénomène : des
jeunes cinéastes chinois qui filment un monde, qu'ils ne peuvent réellement
montrer aux gens qui le peuple.
Wang Bing comme Jia Zhangke est un cinéaste de
festival, la majorité de son public est cinéphile. Pourtant ce qu'il montre ne
se justifie pas uniquement par son art mais surtout par le mouvement de la vie.
Son oeuvre peut-être qualifié de "réalistes", car les artifices sont
réduits.
C'est un cinéma qui semble se dérouler en
"direct" comme le dit si bien Dominique Païni
(l'ex-directeur de la cinémathèque française) dans les bonus du DVD du film. Ce qui ne signifie pas que le point de vue
soit noyé, comme pour les émissions dites de réality-tv
(ce qui fait l'aura de la réality-tv ce n'est pas la
substance du monde filmé, mais le médium, le média, la télé elle même). Chez Wang Bing, à-priori, ce qui
semble vibrer dans l'image c'est le lieu, pas le prétexte, pas l'aspect glamour
que pourrait faire revêtir l'image aux choses, aux phénomènes.
Ce cinéma vise-t-il un public, c'est-à-dire
cherche-t-il à répondre à des attentes, ou se contente-t-il de se faire, comme
on peut se contenter de s'exprimer à soi autant qu'aux autres? En fait nous le
savons assez bien, du moins on nous l'a assez souvent répété "je est un
autre".
Wang Bing fait un geste
qu'il croit nécessaire, un geste instinctif. Il a une caméra
, il regarde, garde en toute conscience se qui se déroule devant ses
yeux. En nous contentant d'être à Shenyang au moment du tournage du film, nous
aurions peut-être pu ressentir l'idée, la sensation que tente de nous procurer
les neuf heures du film... "peut-être", rien
n'est moins sûr. Le cinéaste, "cet homme à la caméra" a l'avantage de
ne pas être pris au dépourvu, il suit les événements. Mais nous n'avons
peut-être pas tous cette rigueur, cette lucidité du regard. "A l'ouest des
rails" est une oeuvre singulière guidé par la nécessité de son contexte.
( suite au prochain numéro)
Mounir Allaoui
Air Austral ajoute Marseille et Moroni à son
réseau long-courrier
Réunion - Marseille et Marseille - Moroni -
Mayotte - Réunion, l'arrivée en juin prochain d'un troisième Boeing 777
permettra à Air Austral, outre l'ouverture de ces nouvelles lignes, de
desservir six fois par semaine l'île aux parfums en gros-porteur et de porter
jusqu'à onze fréquences hebdomadaires en période de pointe les vols sur Paris.
Il sera immatriculé F.OMAY.
Baptisé Karibou il donnera une nouvelle dimension à
Air Austral. Sorti flambant neuf des chaînes de Boeing en mai, le troisième
Boeing 777 sera mis en ligne en juin et pour l'exploiter les effectifs de la
compagnie seront portés de 520 à 600 personnes essentiellement par le
recrutement de pilotes, d'hôtesses et de stewards. "Notre objectif quand
nous nous sommes lancés sur le long-courrier était de nous substituer à Air Lib
et de conquérir 26 % de part de marché sur la métropole, rappelle Gérard Ethève, président du directoire et directeur général d'Air
Austral. Avec deux B.777 nous avons fait 20 % en
2004. Le troisième devait nous permettre d'atteindre 26 % sur l'axe Réunion -
Métropole".
Le 14 juin, Air Austral inaugurera la desserte
de Mayotte en Boeing 777 à raison de six vols hebdomadaires qui remplaceront
les deux à trois fréquences en B.737.
"L'amélioration de la productivité nous permettra de baisser de 12 % les
tarifs sur le Réunion - Mayotte et de 15 % sur le Mayotte - Réunion -
Paris", indique Gérard Ethève.
Baisses tarifaires sur Mayotte
En matière de fret, ce sont 12 tonnes qui
seront offertes par vol soit la capacité du B.737
exploité en cargo une fois par semaine dont Air Austral se séparera en juin.
"Les baisses tarifaires pourront atteindre jusqu'à 20 % pour certaines
catégories de fret. L'arrivée du B.777 donnera à
Mayotte les capacités qu'elle réclame notamment pour exporter les produits de
l'aquaculture qui se développe", explique Gérard Ethève.
Air Austral ouvrira également le 17 juin un Réunion - Marseille et dans la
foulée un Marseille - Moroni - Mayotte - Réunion chaque semaine. "La
communauté comorienne représente 200 000 personnes dans le sud de la France,
rappelle Gérard Ethève. A cela s'ajoutent 70 000
Mahorais."
Sur Paris, desservi aujourd'hui
quotidiennement, le nombre de fréquences passera de une à trois vols de plus
par semaine en période de pointe. Dix rotations sont d'ores et déjà programmées
pour juillet - août.
Fin 2005, avec la consolidation de son réseau
et l'ouverture des nouvelles dessertes, Air Austral projette de transporter 720
000 passagers dont 267 000 sur le long-courrier, la différence sur son réseau
régional. Elle espère réaliser un chiffre d'affaires de 200 millions d'euros.
Source JIR du
4/2/2005
La Mecque en Tapis Volant
(par MSAM )
Plus de 300 candidats au pèlerinage à la
Mecque sont rentrés chez eux effondrés de l'aéroport de Hahaya.
Ils y avaient passé plusieurs jours à attendre un avion dont ils pensaient
avoir payé le siège des mois auparavant. Ces femmes et hommes désespérés ont
versé chacun plus de 1300 ? à deux agences de voyage
pour le transport et le séjour dans tentes ou des logements collectifs au
confort très sommaire. Etaient aussi inclus les taxes saoudiennes et le coût du
mouton à sacrifier.
Pour beaucoup de ces pèlerins trompés, la
somme représente le revenu de plusieurs années, le produit de la vente d'un
terrain ou l'épargne d'un parent émigré.
Dans la mesure où de drame touche les plus
humbles - ceux disposant de plus de moyens ou d'entregent sont partis par les
vols réguliers - il sera vite oublié. La classe politique va s'entendre pour sur-politiser l'affaire, la réduire à un énième épisode du pseudo-affrontement entre le président de l'Union et les
présidents des îles et après 3 semaines les places publiques et les forums
parleront d'autre chose.
Chaque côté va souligner la responsabilité de
l'autre dans ce désastre. Les zélateurs de M. Azali
avancent que l'une des agences (Youabaks Company) appartient à M. El Back président de la Grande-Comore ; les laudateurs de ce dernier se gaussent de
l'incapacité des autorités de l'Union de réunir les conditions d'un pèlerinage
sûr, lesquelles répondent que le commerce du voyage est libéralisé, pour
s'entendre rappeler que tous les gouvernements des pays musulmans veillent à ce
que des conditions minimales de bien être physique et social soient respectées.
Ping, pong et ping et pong, etc. , etc..
Aucune autorité nationale ou insulaire, aucun
député, aucune société civile, aucun parti, aucun syndicat n'a élevé la voix
pour que de pauvres citoyens récupèrent les 650000 KMF
(environ 1300 ?) payés aux agences des voyages soit plus de 3 fois les 500 US $
de revenu annuel moyen du Comorien selon le FMI..
Dans un pays où, les responsables, aiment
voler la vedette aux Imams le vendredi dans les mosquées, la zizanie du
pèlerinage conduit à s'interroger sur le sérieux des engagements, et les
compétences des acteurs.
Le pèlerinage ne coûte rien à l'Etat central,
ni aux autorités insulaires. Au contraire il donne un peu de trésorerie, et
l'état profite de l'hospitalité du Roi saoudien pour envoyer des dignitaires et
les amis gratuitement dans un pèlerinage luxueux et où même la tente au pied du
Mont Arafat est climatisée, avec un serveur indo-pakistanais.
Un président d'une île relativement désouvré peut
largement passer un mois à rendre visite aux « Hadji » revenus de la Mecque et
entre les nombreux mercis au Tout Puissant, trouver les versets du coran qui
font hocher de la tête ses supporters. Les agences de voyage ont tout à gagner,
de pèlerins satisfaits. Les propriétaires des 2 agences ont chacun une longue
expérience dans les services. Chaque année le départ des pèlerins de M. Elbak prouve qu'Allah s'accommode bien des hasards de
l'improvisation, mais ses clients reviennent généralement satisfaits de son
assistance sur les lieux saints. M. Bourhane,
propriétaire de Iburaq Voyage, est à son premier
essai, mais il a prouvé dans son entreprise de sécurité, qu'il pouvait tenir
des engagements et obtenir la fidélité de ses clients.
Aujourd'hui les 2 entrepreneurs sont en froid.
Chacun prétexte de défaillances de l'autre pour excuser l'échec.
La vérité est que ce scandale devait arriver
un jour. Les 2 grandes agences portent la responsabilité cette année, mais
l'état, et les autres professionnels du secteur ne peuvent se considérer
innocents.
Le pèlerinage est une affaire complexe, qui se
prépare minutieusement dans tous les pays. Même dans les pays non musulmans,
les administrations s'impliquent pour prévoir des dispositions permettant de
venir en aide à leurs citoyens en cas de difficultés dans les lieux saints. De
grands pays occidentaux y placent des représentants de confession musulmane
pendant la durée du pèlerinage.
Les autorités de grands pays musulmans comme
la Malaisie, où la concurrence est féroce entre agences de voyages, s'assurent
qu'un cahier de charges est respecté. Ce pays a reçu plusieurs fois la palme de
la meilleure organisation des autorités saoudiennes. Ses ressortissants
reçoivent une bonne information religieuse et pratique sur les lieux saints
avant de partir.
Aucun acteur comorien, état compris, ne peut à
lui seul s'engager longtemps à l'avance pour garantir la location d'un ou
plusieurs avions. L'état a le devoir de demander aux
agences au moins 6 mois à l'avance, de se réunir ensemble pour un cahier de
charges sur le pèlerinage. Les agences remplissant les conditions de sérieux et
de solidité financière ( sans que celle ci soit à un
niveau qui empêche de nouveaux entrepreneurs créatifs de prendre pied) doivent
se mettre en pool pour l'affrètement d'un avion. Les prestataires doivent
s'assurer pour le cas où le voyage ne pourrait être réalisé ; de toute façon
l'agence fera passer l'addition au client. Les médias, agences de voyage,
compagnies d'assurance et les banques doivent aussi informer et persuader le
candidat au pèlerinage de prendre une assurance pour les cas d'annulation et
autres problèmes pendant le séjour. La concurrence sera sauvegardée et chaque
agence pourra jouer de son expérience, de son organisation et de sa gestion
pour offrir sa meilleure prestation à un prix acceptable pour ses clients tout
en incluant une marge saine.
Nous avons vu que les 2 agences qui ont fait
défaut ne sont pas les plus faibles. Elles avaient le plus grand nombre de
pèlerins. Elles peuvent survivre à ce qui devrait être un coup fatal pour de
plus petites entités appartenant à des gens de peu de moyens et de moindre
notoriété. Ce n'est pas une raison, pour que le client trompé, soit obligé de
partager la conséquence des fautes de l'agence. Il doit être remboursé dans sa
totalité n'ayant aucune responsabilité dans l'annulation du voyage. A l'agence
seule de supporter son risque commercial en s'engageant auprès de prestataires
saoudiens sans s'être assuré du transport. Si le client, comme les agences le
proposent, accepte de convertir son argent en paiement pour le pèlerinage de
l'année prochaine, une compensation doit lui être proposée. Cet argent lui
apporterait des intérêts dans une banque. Il doit aussi recevoir une garantie,
en cas de cessation d'activité de l'agence, pour toute raison que ce soit. Aux
autorités et aux organisations de défense des consommateurs de protéger les
intérêts des pèlerins.
Les autorités nationales ont certainement
senti le scandale venir. Pour de basses raisons partisanes, ils n'ont rien
tenté, pensant tirer profit de la déconfiture des adversaires, sans aucune
pensée pour le pauvre citoyen. Leurs piètres performances des années passées ne
sont pas une excuse à leur lâche passivité.
On ne peut terminer sans s'arrêter sur le
refrain « ah ! La la ! Nous
Comores seul pays sans avion de transport. Ah ! Si on avait un grand joujou ».
Ici au moins, sans compagnie aérienne étatique, nous sommes en bonne compagnie
et je cite : la Suède, les USA, la Suisse, l'Afrique du Sud, le Kenya,
l'Australie, l'Allemagne, la Bosnie Herzégovine, la France, la Tanzanie,
Certains de ces pays ont certes de grandes compagnies battant pavillon
national, mais les états - pour les plus riches - ne possèdent que des avions
servant à la défense et au service public. Pour le transport de passagers, ils
se sont tous désengagés, au mieux ils sont actionnaires minoritaires. Certains
régimes pétroliers subventionnent leur compagnie nationale, en leur vendant
l'essence à un prix symbolique, mais même dans ces pays l'état a de plus en
plus de difficultés à maintenir cette dépense. Les Comores n'ont ni les moyens,
ni le savoir-faire pour opérer un avion gros porteur qui pour être rentable
doit voler en moyenne 10 heures par jour. Entre les Comores et la France, les
volumes, ne peuvent pas rémunérer une exploitation permanente. Seuls des
amateurs très amateurs, des rigolos et des aventuriers tenteront la gageure et
toujours pendant la haute saison des vacances. Reste l'option régionale. Là les
choses bougent.
Air Tanzanie a été reprise par South African, Kenya Airways par KLM , maintenant sous
Air France-KLM, Air Madagascar est sous
l'administration de LUFTHANSA (la compagnie allemande), LAM, la mozambicaine
cherche désespérément un repreneur, Air Seychelles et Air Mauritius
( légèrement déficitaire l'année dernière) jouent intelligemment sur les
partenariats. Il est temps de s'inscrire dans la dynamique régionale, pour se
raccorder aux flux continentaux et intercontinentaux et donner aux Comoriens un
vrai choix de routes et de prix. Pour attirer les grandes compagnies
internationales en vols directs, il faut un développement économique et
touristique dont on ne voit pas poindre le nez. C'est ce qui avait été amorcé
avec Emirates et Sun International. L'aéroport,
infrastructure importante est une condition nécessaire mais très insuffisante.
De grands aéroports sous utilisés et décrépis existent aux quatre coins du
monde.
Pour l'année prochaine Holambe
propose aux responsables publics et aux directeurs d'agences de voyage d'aller
à la Mecque en tapis volant. C'est beaucoup plus à notre portée. Il suffit d'en
rêver et ces importants personnages libéreront une vingtaine de places pour les
vrais pèlerins.
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VOYAGE SOUS UN PARFUM DE DINOSAURE. |
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Le Président comorien a entamé le lundi 31
janvier un voyage officiel en France de deux jours. Il a rencontré dès le
lundi à 16H30, le Président français Jacques
CHIRAC. A l’occasion de la rencontre qui a duré selon les services du
protocole et de la sécurité 6 minutes, il a été abordé comme seul sujet la
question de l’islamisme aux Comores. Le gouvernement français est préoccupé
en haut lieu, sur les questions de sécurité intérieures des Comores, en
raison selon lui de la proximité des frontières entre les deux pays (sic). De
quelles frontières s’agit-il, l’énigme est entière, même si des diplomates
français évoquent l’île de la Réunion. Outre raison de cette préoccupation,
est la place d’hommes connus comme proche des milieux islamistes
internationaux dans l’entourage du Chef de l’Etat. Allusion a été faite aux
ministres de l’Education et des affaires étrangères. Le Président comorien, déboussolé par cette
question inattendue a tenté de replacer le débat sur les questions du
développement. C’est alors que le Président CHIRAC, lui a demandé de discuter
de la question avec son conseiller chargé de la cellule africaine M. DEBONNECORSE. Il s’est excusé. Les deux hommes se sont
séparés. Le Conseiller chargé de la cellule africaine a poursuivi les
discussions. Tout d’abord, les crises institutionnelles
liées aux lois organiques. La France, veut absolument que cette question soit
réglée une fois pour toute. Le gouvernement a été acteur ardent dans la
rédaction du texte constitutionnel, ce n’est donc pas le moment de s’attarder
sur des questions supposées résolues. Le colonel Azali,
s’est engagé à trouver une solution rapide aux problèmes. Il a par ailleurs,
soulevé la question du refus de Mohamed Bacar de
respecter les engagements pris et les compétences dévolues à L’Union. La
France a rétorqué que le fait d’interprétation du texte par les uns comme par
les autres, renouvelant qu’elle est étrangère, à sa rédaction. Au niveau du possible prolongement du mandat
en raison du retard pris dans la mise en œuvre des institutions, la France
estime qu’un texte n’a de valeur que s’il est appliqué par tous. Aucune
disposition n’étant prise en ce sens, elle ne serait donc pas favorable, à un
sursoit du mandat de la présidence de l’Union, comme d’ailleurs pour toutes
les autres institutions. Le Président comorien a donc tenté d’arracher un
accord de principe sur le soutien de Paris, à la tenue de la conférence des
bailleurs de fonds et aux négociations avec la banque mondiale. La France ne saurait s’engager en ce moment,
auprès des Comores tant que la situation de la sécurité (re
sic) et du respect des institutions ne sera clairement établie. La séance est
levée. La visite aura durée au sein du Palais de l’Elysée, près d’une heure
et demie. Dans la soirée, le ministre déléguée à la
Coopération M. DARCOS a offert au Quai d’Orsay, un
dîner en son honneur. Près du tiers des Comoriens conviés ne sont pas allés.
Dans des termes diplomatiques, le ministre français a tenté de calmer le jeu
en évoquant les progrès accomplis dans le processus de réconciliation
nationale. Le lendemain à 16H15,
le colonel Président a rencontré le ministre français des Affaires étrangères
M. Michel BARNIER. Avec lui, plusieurs questions
sont évoqués notamment les relations entre la France et l’Afrique, la
Francophonie, la coopération universitaire, les questions sociales et l’aide
à la coopération. Au paravent, il avait visité son ami, M. Abdou DIOUF, secrétaire
général de la Francophonie où il était question encore une fois du partage
des compétences et du respect des accords de Paris. Sur les questions de fonds, on peut conclure
que la visite n’ a apporté aucun fruit. C’est un
échec diplomatique sur toute la ligne. A ce niveau le colonel Président a été
le premier à s’en apercevoir. A son retour du Quai d’Orsay dans la soirée, il
s’en est pris en public à son Hôtel, à son ministre des Affaires étrangères,
allant jusqu’à lui renvoyer de l’Hôtel. Le message a bien été entendu car dès
le mercredi matin, il a pris le premier avion en partance pour l’Afrique de
l’est. Il a regagné Moroni jeudi, selon les fonctionnaires des Affaires
étrangères comoriennes. Nous avons appris, que le protocole présenté
au Président aux Comores, était loin de celui retrouvé sur place. Il a rédigé
un discours qu’il devait prononcer aux députés à l’Assemblée nationale, au
moment où, Jean Louis Debré, a renoncé à sa réception, et a préféré prendre
l’avion avec d’autres parlementaires vers la Turquie. Autre point qui a
choqué le Président, la présence à son arrivée de la secrétaire d’Etat aux
Doms Toms, seule personnalité du gouvernement partie l’accueillir au nom de
Jacques CHIRAC. Sachant que le Quai d’Orsay est composé actuellement de quatre
ministres et secrétaires d’Etat : M. Michel BANIER,
M. Xavier DARCOS, M. Renaud MUSELIER
et Mme Claude HIAGNERE, la présence de la
secrétaire d’Etat aux Doms Toms, Brigitte GIRARDIN, a été interprétée comme
un désaveu diplomatique. C’est cela qui a choqué le colonel, auquel il faut
ajouter la qualité des personnes présentes à son dîner. Le colonel a eu une autre dent contre son
entourage. Il aurait voulu faire de cette visite le tremplin, pour une
revanche politique envers les Comoriens qui l’ont désavoués à trois reprises.
Il ne fallait pas oublier que si les Comores étaient en Europe, les
présidentielles de l’union des Comores seraient invalidées et pour cause
seulement 38% des inscrits se sont rendus aux urnes au second tour après le
désistement des deux autres candidats. La commission nationale électorale
indépendante, ayant refusé de valider les élections, il est revenu à la
francophonie d’Abdou Diouf d’envoyer ZINZINDOUE,
pour lui désigner Président. Ensuite, il y a eu les élections législatives de
l’Union, les Comoriens lui ont désavoué, en ne lui accordant que cinq députés
sur les quarante deux que compte le parlement. Puis, il y a eu les
législatives des îles, le colonel ne compte que 7 députés à Ngazidja, un
député à Mohéli et Zéro à Anjouan. Autant conclure que pour les Comoriens, Azali est le Président de la communauté internationale.
Il a donc voulu montrer à ceux qui défient son autorité, qu’il est aussi le
Président de la DIASPORA comorienne. Il a donc chargé aux Affaires étrangères et
à la CRC, son parti, d’organiser les Comoriens de
Paris et Lyon pour l’accueillir nombreux aux Aéroport. Chose perdue. Aucun
comorien excepté ceux de l’Ambassade, n’a fait le déplacement. A Lyon où il a
été reçu dans la matinée du mercredi 2 février par l’Adjoint au Maire M. TOUREL, les Comoriens qui ont fait le déplacement se
comptaient des doigts de la main. Il a d’ailleurs déclaré à France 3
Rhône-Alpes, qu’il est venu en France, pour examiner les Accords de
coopération entre la région Provence Alpes Cotes d’Azur et la Grande Comore. (re re
sic) Force donc, est de constater que non
seulement, il a du mal à se faire reconnaître comme le Président des
Comoriens, mais en plus, il aura encore du mal à faire croire qu’il est
internationalement reconnu, sauf pardon, il pourra se targuer d’être
probablement le Président de la Francophonie. Sur la forme du voyage, il a beaucoup à
dire. Nos diplomates sont loin des capacités qu’on est en droit de leur
prêter. Comment une visite prévue depuis plusieurs jours, n’a pas pu avoir un
calendrier précis ? Sans vanter les efforts de notre rédaction, jusqu’à jeudi
dernier, les dates des rencontres n’étaient pas arrêtées. C’est alors que
tantôt on parlait d’une visite à Marseille, tantôt c’est Lyon et même mardi
après midi, l’Elysée affichait sur son site une réunion à Marseille.
L’interview accordée à la télé régionale de Lyon, où il a évoqué la Région de
Marseille, prouve que même les discours n’étaient pas si bien préparés. Autre boutade diplomatique, le colonel est
allé rencontrer Jacques CHIRAC, une mallette à la main, chose qui ne se fait
pas dans une tête à tête. Bien que la France a eu une volonté de minimiser sa
propre invitation à cet égard, les spécialistes ont remarqué que le Président
CHIRAC a porté une cravate mauve, alors que dans pareil cas, elle est soit
bleue soit rouge .Un autre détail a frappé les initiés, la photo rendue
publique, n’a été tirée ni sur le perron comme il est de coutume, ni en face
d’un symbole républicain comme les drapeaux des deux nations ou Marianne. A
se demander alors pourquoi la France a-t-elle accordée cette visite ! La
rédaction a tenté d’avoir des explications auprès du personnel diplomatique.
La réponse est sans équivoque : « Le Président CHIRAC a voulu satisfaire un
diplomate qui a rendu beaucoup de service à son pays, mais rien n’est attendu
de cette visite ». En effet c’est l’ex ambassadeur de France aux Comores, LAJAUNIE qui a remué ciel et terre pour arracher ce
rendez-vous. Autre fait improvisé, le Quai d’Orsay, n’a prévu en aucun moment
un point de presse. Dans la nuit du lundi, le colonel a affirmé à la presse
qu’il fera une conférence de presse le mercredi. Le jour venu, la conférence
a été annulée sans explications. Ironie du sort, toutes les visites de
travails entamés par ses prédécesseurs, sont tous couronné par un point de
presse. Ahamed ABDALLAH en 1978, a signé les
Accords de Défense, la création de la Banque Centrale. Il a été salué par
Robert Galley à l’époque Ministre de la
Coopération. Il a obtenu la visite de ce dernier aux Comores. Le Président
DJOHAR, d’abord venu en visite de travail, a obtenu l’engagement de Paris
sous François Mitterrand, d’accompagner le développement des Comores. Au
cours du point de presse Mitterrand a annoncé l’annulation d’une partie de la
dette des Comores. Il fut aussi convié comme invité d’honneur lors de la fête
nationale le 14 juillet 1993. Il a obtenue de Paris, la visite officielle de
François Mitterrand aux Comores. En 1997, lors de la visite de travail de Taki, il a été annoncé lors du point de presse, la
préférence française dans les privatisations, la contribution de Paris au
règlement des arriérés de salaires et la rénovation des Accords de défense
signés en 1978. Cette fois ci, il est important de noter que
la Première visite Officielle d’un Président comorien en France, est aussi
celle où dans le monde, il n’y a aucune déclaration commune ne serait-ce que
symbolique, ni point de presse ne serait-ce que pour évoquer les divergences.
Encore une fois, le pays va rentrer dans « le Guinness » des avant premiers
mondiaux. A savoir, si cet échec n’était pas
programmé. Sinon comment comprendre que tous les dinosaures de la politique
comorienne, invités à prendre part au voyage, aient
déclinés l’invitation, y compris les plus français que les Français ? A se
demander s’ils n’ont pas tendu ce piège pour avoir les coudés franches, dans
les batailles qui s’annoncent dans les prochains jours. Le 05 février 2004. |
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COMMUNIQUE DE PRESSE N°3
Un mois après la mise en place du collectif
« Comores – Solidarité – Tsunami », les actions de prévention,
d’information et collecte de fonds engagés par le comité du collectif ont
permis de collecter près de 6 032 181 Fc. Cet argent
provient essentiellement des contributions importantes des villages, des
mosquées, des administrations publiques, des établissements privés et des
simples citoyens comoriens.
Cette mobilisation sans précédente de la
population en faveur des victimes des Tsunamis démontre la générosité du peuple
comorien et sa capacité à se solidariser des peuples frères et amis frappés par
les calamités naturelles. Les villages de la Grande Comore
ont montré encore une fois leur tradition séculaire fondée sur la solidarité et
l’entraide. La participation des salariées des entreprises privées et des
fonctionnaires en dépit des difficultés financières qu’ils traversent, prouvent que la catastrophe naturelle qui a frappé les pays
d’Asie et d’Afrique a ému toutes les couches de la population.
Les autorités publiques ont montré également
leur disponibilité à appuyer cette initiative citoyenne. Le Vice Président du
Gouvernement de l’Union des Comores en charge de la solidarité et de la santé
entouré de tout son cabinet a reçu le Comité le 28 janvier 2005. A cette
occasion, il a apporté son soutien moral
et financier à cette grande opération de solidarité.
L’importance des fonds collectés et la forte
adhésion des comoriens à cette cause sont le fruit des actions de prévention et
de sensibilisation engagées par le Comité de « Comores – Solidarité – Tsunami »
à travers les médias. Des émissions ont été organisées à l’Office de Radio et
Télévision des Comores (ORTC), à Radio Ngazidja et à Mtsangani Télévision (MTV). Ces émissions ont connu un
succès et un engouement populaires qui prouvent encore
une fois que tous les comoriens se sentent concernés par cette catastrophe sans
commune mesure.
En outre, l’implication réelle des imams et hatubs des la Grande
Comore dans cette opération a été la raison
principale du succès de l’opération de collecte de fonds. Ces derniers n’ont
ménagé aucun effort pour sensibiliser la population dans leurs prêches, de la
nécessite d’apporter secours et assistance
aux victimes des Tsunamis. L’importante réunion du 30 janvier 2005 des imams
et hatubs à la mosquée Al Quassimi
de Moroni, présidée par son éminence le Grand Mufti, a permis à elle seule, de
collecter près de 3 millions de Fc.
En adoptant un nouveau plan d’action de deux
semaines le 26 janvier 2005, le Comité axera ses activités dans les prochains
jours sur la sensibilisation et la prévention dans les établissements scolaires
et dans les villages et villes de la Grande Comore et
des autres îles. Il compte à cet effet sur la contribution, la générosité et
l’implication de tous les Comoriens, des administrations publiques, des
différentes institutions de la
République, des établissements scolaires et universitaires pour la réussite de
l’opération.
Fait à Moroni, le 3 février 2005
LA TOXICOMANIE ET L'ALCOOLISME
Le comment
Personne ne veut devenir toxicomane ou alcoolique.
Il n'en demeure pas moins que bien des gens continuent de tomber dans le piège.
La question le plus souvent posée est « Comment ? ». Comment mon fils, ma
fille, mon père, ma sour ou mon frère ont-ils pu
devenir menteur, voleur, quelqu'un à qui personne ne peut faire confiance ?
Comment est-ce possible ? Et pourquoi n'arrêtent-ils pas de consommer ?
LES ORIGINES DE LA
TOXICOMANIE
D'abord et avant tout, il faut comprendre que
les substances qui modifient l'activité mentale sont essentiellement des analgésiques
(substances qui font disparaître la douleur). Pour qu'une drogue soit attirante
aux yeux d'une personne, il faut que la personne en question ressente une forme
quelconque de tristesse, de désespoir ou encore de douleur physique.
LE CYCLE DE LA
TOXICOMANIE
La toxicomanie suit essentiellement les étapes
suivantes : :
Prenons l'exemple de quelqu'un qui doit faire
face à un problème ou qui ressent une forme quelconque de tristesse ou de
désespoir ou encore qui souffre d'un malaise physique. Il peut s'agir d'un
adolescent qui vit sa première peine d'amour, d'une grand-maman souffrant
d'arthrite ou d'un homme dans la force de l'âge qui se demande pourquoi il n'a
aucun succès dans son travail. Il peut s'agir en fait de n'importe qui, peu
importe son âge.
Le sujet commence à boire ou à prendre des
drogues. L'alcool ou les drogues SEMBLENT régler son problème. Il se sent
mieux. Et comme il SEMBLE mieux en mesure de mener sa vie, les drogues prennent
une grande importance à ses yeux
Il augmente graduellement sa consommation de
drogues. Il est alors pris au piège. Le problème qu'il tentait de régler au
départ par les drogues ou l'alcool s'estompe de sa mémoire. À cette étape, tout
ce à quoi il pense est de se procurer des drogues et d'en consommer. Il perd la
capacité de contrôler sa consommation et ne tient pas compte des conséquences
désastreuses de sa toxicomanie.
Le toxicomane tente maintenant de cacher sa
consommation de drogues à ses amis et aux membres de sa famille. Il commence à
souffrir des effets de sa propre malhonnêteté et de sa propre culpabilité. Il
peut se replier sur lui-même, et il est difficile de lui faire entendre raison.
Il peut aussi adopter un comportement étrange.
Plus il boit ou plus il consomme de drogues,
et plus il se sent coupable et déprimé. Il laisse de côté son intégrité
personnelle, allant jusqu'à mentir et à voler pour financer son alcoolisme ou
sa toxicomanie. Ses relations avec ses amis et les membres de sa famille, sans
compter son rendement au travail, se minent radicalement.
TOXICOMANIE ET
TOLÉRANCE ACQUISE
Les drogues et l'alcool sont maintenant
l'aspect le plus important de sa vie. Il a sacrifié son travail, ses économies,
ses rêves et ses ambitions dans le seul but de maintenir l'effet analgésique et
engourdissant qu'il ressentait lorsqu'il a commencé à consommer. Or, il est
ironique de constater que sa capacité à ressentir le « high
» (ou pic d'effet) de l'alcool ou des drogues diminue
graduellement à mesure que son organisme s'adapte à la présence des substances
étrangères. Il doit donc consommer de plus en plus pour ressentir un effet
quelconque au point de devoir consommer pour arriver simplement à fonctionner.
À mesure qu'il persiste à boire ou à consommer
des drogues, son organisme continue de s'adapter à la présence de ces
substances. C'est à ce moment que le nouveau toxicomane commence à ressentir
l'état de besoin. Il ressent en effet un désir insurmontable de consommer et
fera tout pour éviter la douleur qui accompagne le sevrage.
Il vient de traverser une frontière invisible
et intangible. Il est devenu un toxicomane ou un alcoolique.
PROGRESSION DE LA
TOXICOMANIE
À mesure que progresse son alcoolisme ou sa
toxicomanie, le sujet devient de plus en plus perdu et revêche. Il se trouve
emporté par des montagnes russes émotionnelles occasionnées par sa consommation
d'alcool ou de drogues, tant et si bien qu'il peut donner l'impression de
souffrir d'une maladie mentale. Il peut sembler très passionné et enthousiaste
lorsqu'il se trouve sous l'effet du high, mais
lorsque les drogues commencent à ne plus faire effet, il devient déprimé et
léthargique. Il peut même sombrer dans une dépression engendrée par les
drogues. À cette étape, le toxicomane est pris dans une spirale brutalement
descendante. Il doit faire face au problème de trouver l'argent pour acheter
ses drogues et tenter de sembler normal aux yeux de ses amis, de sa famille et
de son employeur. Même s'il voulait mettre un terme à sa consommation, il est
maintenant pris au piège. Les drogues qu'ils consomment l'ont changé, tant
physiquement que mentalement.
CHANGEMENTS DE
PERSONNALITÉ
L'alcoolisme et la toxicomanie à long terme
peuvent modifier la personnalité du sujet. C'est ce que l'on appelle la «
personnalité biochimique ».
En voici quelques caractéristiques :
a.. · subit des sautes
d'humeur ;
b.. · n'est pas fiable
et est incapable de terminer les projets qu'il entreprend ;
c.. · a du ressentiment
inexprimé et des haines secrètes ;
d.. · devient
malhonnête et ment aux membres de sa famille, à ses amis et à son employeur ;
e.. · s'éloigne des
êtres chers et se replie sur lui-même ;
f.. · peut sembler
souffrir d'une dépression chronique ;
g.. · peut commencer à
voler les membres de sa famille et ses amis.
Les toxicomanes ne peuvent pas cesser de consommer
pour deux raisons :
· l'état de besoin
créé par les résidus des drogues présents dans l'organisme
· la personnalité
biochimique engendrée par les drogues et le mode de vie du toxicomane.
ASPECTS BIOCHIMIQUES
DE LA TOXICOMANIE ET DE L'ÉTAT DE BESOIN
Lorsqu'une personne boit ou consomme sans
cesse des drogues, son organisme devient sursaturé de métabolites (substances
formées par l'organisme à partir de l'alcool ou des drogues). Ces métabolites,
même s'ils sont rapidement retirés de la plupart des tissus organiques, peuvent
être retenus par les tissus adipeux (graisses) et y rester pendant des années.
Lorsque le toxicomane ou l'alcoolique essaie
d'arrêter de consommer, les métabolites des drogues ou de l'alcool sont libérés
dans la circulation sanguine. C'est alors qu'il peut se produire un besoin de
consommer presque impossible à résister. Ce serait comme tenter de cesser de
fumer en continuant de fumer une ou deux cigarettes par jour.
En raison de la présence de ces métabolites
dans le sang, même en quantités infimes, le cerveau réagit comme s'il subissait
un sevrage. Les sites récepteurs des cellules du cerveau qui se sont adaptés à
de grandes quantités de métabolites des drogues doivent maintenant se contenter
de très faibles quantités de métabolites. Le cerveau « réclame » donc du
toxicomane qu'il lui fournisse des drogues. C'est l'état de besoin. La seule
façon de mettre fin à cette sensation consiste à prendre plus de drogues ou à
boire plus, et le cycle recommence de plus belle.
La qualité de l’information dépend celle du
débat citoyen : Médias en crise
Par Ignacio Ramonet
– Le Monde dilomatique
Rien ne symbolise mieux le désarroi de la
presse en France, confrontée à une baisse alarmante de sa diffusion, que la
récente disposition du quotidien Libération, jadis maoïste, à favoriser la
prise de contrôle de 37 % de son capital par le banquier Edouard de
Rothschild... Il y a peu, le groupe Socpresse, qui
édite quelque 70 titres dont Le Figaro, L’Express,
L’Expansion et des dizaines de journaux régionaux, a
lui-même été acquis par un fabricant d’armes, M. Serge Dassault. Et l’on
sait qu’un autre industriel de l’armement, M. Arnaud Lagardère, possède
déjà le groupe Hachette (1), qui détient quelque 47 magazines (dont
Elle, Parents, Première) et des quotidiens comme La Provence, Nice-Matin ou Corse-Presse. Si
cette chute de la diffusion venait à se poursuivre, la presse écrite
indépendante risquerait peu à peu de tomber sous le contrôle d’un petit nombre
d’industriels – Bouygues, Dassault, Lagardère, Pinault, Arnault, Bolloré,
Bertelsmann... – qui multiplient les alliances entre eux et menacent le
pluralisme.
Le principal groupe indépendant de presse
écrite, La Vie-Le Monde, a lui-même connu récemment
d’importants soubresauts, et en particulier la démission du directeur de la
rédaction du Monde. En raison du rôle fondamental de ce journal dans la vie
intellectuelle française, il faut souhaiter qu’il demeure à l’abri des
prédateurs qui le convoitent, et que la nouvelle étape qui commence se caractérise
en effet moins par la mise en scène et plus par « la recherche de
l’exactitude » permettant aux lecteurs de « trouver une référence,
une réponse sûre, une validation », bref, « un journal où la
compétence prime sur toutes les connivences », comme l’écrit Jean-Marie
Colombani dans Le Monde du 16 décembre 2004.
La chute touche désormais la presse de
référence. Pour la première fois depuis plus de quinze ans, elle n’épargne pas
Le Monde diplomatique. Notre journal, qui constatait, depuis 1990, une régulière
augmentation de sa diffusion, et qui, entre 2001 et 2003, a connu une
hausse record de ses ventes – supérieure à 25 % ! –, éprouvera
sans doute en 2004 (les résultats définitifs ne sont pas établis) un recul de
sa diffusion d’environ 12 % (2). La plupart des grands quotidiens de
la presse nationale connaîtront également des baisses sérieuses qui viendront
s’ajouter souvent à celles déjà subies en 2003.
Le phénomène est loin d’être circonscrit à la
France. Le quotidien américain International Herald
Tribune, par exemple, a vu ses ventes baisser, en 2003, de 4,16 % ;
au Royaume-Uni, le Financial Times a chuté de
6,6 % ; en Allemagne, au cours des cinq dernières années, la
diffusion a baissé de 7,7 %, au Danemark de 9,5 %, en Autriche de
9,9 %, en Belgique de 6,9 %, et même au Japon, dont les habitants
sont les plus gros acheteurs de journaux, le recul a été de 2,2 %. Au
sein de l’Union européenne, au cours des huit dernières années, le nombre de
quotidiens vendus a diminué de 7 millions d’exemplaires... A l’échelle
mondiale, la diffusion payante de journaux chute, en moyenne, chaque année, de
2 %. Certains en viennent à se demander si la presse écrite ne serait pas
une activité du passé, un média de l’ère industrielle en voie d’extinction.
Ici et là, des titres disparaissent. En
Hongrie, le 5 novembre 2004, le quotidien Magyar Hirlap
(propriété du groupe suisse Ringier) a jeté l’éponge.
La veille, 4 novembre, à Hongkong, l’hebdomadaire de référence sur les
questions asiatiques Far Eastern Economic
Review (propriété du groupe américain Down Jones)
cessait de paraître. En France, le 7 décembre 2004, le mensuel Nova
Magazine a également suspendu sa parution. Aux Etats-Unis, entre 2000
et 2004, plus de deux mille postes ont été supprimés dans la presse
écrite, soit 4 % des emplois. La récession frappe aussi les agences de
presse qui alimentent en informations les journaux. La principale d’entre
elles, Reuters, vient d’annoncer une réduction d’effectifs de 4 500
salariés.
Les causes externes de cette crise sont connues.
D’une part, l’offensive ravageuse des quotidiens gratuits. En France, en termes
d’audience, 20 Minutes est déjà en tête et touche plus de 2 millions
de lecteurs par jour en moyenne, loin devant Le Parisien (1,7 million) et
un autre gratuit, Metro, lu chaque jour par
1,6 million de personnes. Ils drainent vers eux d’importants flux
publicitaires, les annonceurs ne distinguant pas le lecteur qui achète son
journal de celui qui ne le paie pas.
Pour résister à cette concurrence, certains
titres, surtout en Italie, en Espagne, en Grèce et en Turquie proposent chaque
jour, pour un petit supplément de prix, des DVD, des
bandes dessinées, des CD, des livres, des atlas, des encyclopédies, mais aussi
des collections de timbres ou de vieux billets de banque, ou encore des
services de verres, des jeux d’échecs, etc. Ce qui renforce la confusion
entre information et marchandisation, avec le danger que les lecteurs ne
sachent plus ce qu’ils achètent. Les journaux brouillent leur identité,
dévalorisent le titre et enclenchent un engrenage diabolique dont on ignore
l’issue.
L’autre cause externe est, bien sûr, Internet,
qui poursuit sa fabuleuse expansion. Au cours du seul premier trimestre 2004,
plus de 4,7 millions de nouveaux sites web ont
été créés. Il en existe actuellement dans le monde quelque 70 millions, et
la Toile compte plus de 700 millions d’usagers.
Dans les pays développés, beaucoup délaissent
la lecture de la presse – et même la télévision – pour l’écran de l’ordinateur.
L’ADSL (Asymetric Digital Subscriber Line), en particulier, change la donne. Pour des
prix variant entre 10 et 30 euros par mois, on peut désormais s’abonner à
l’Internet rapide. Déjà, en France, plus de 5,5 millions de foyers ont
accès en très haut débit à la presse en ligne (79 % des journaux du monde
possèdent des éditions en ligne), à toutes sortes de textes, à du courrier, des
photos, des musiques, des émissions de télévision ou de radio, des films, des
jeux vidéo, etc.
Bidonnages en série
Il y a aussi le phénomène des « blogs », si caractéristiques de la culture du web, qui ont explosé partout au cours du second semestre
2004, et qui, sur le ton du journal intime, mélangent parfois, sans complexe,
information et opinion, faits vérifiés et rumeurs, analyses documentées et
impressions fantaisistes. Leur succès est tel qu’on en trouve désormais dans la
plupart des journaux en ligne. Cet engouement montre que beaucoup de lecteurs
préfèrent la subjectivité et la partialité assumées
des bloggers à la fausse objectivité et à l’impartialité
hypocrite d’une certaine presse. Et la connexion à la galaxie Internet à
travers le téléphone-portable-qui-fait-tout risque
d’accélérer encore le mouvement. L’information devient encore plus mobile et
plus nomade. On peut savoir, à tout moment, ce qui se passe dans le monde.
En Inde, la société Times Internet, filiale
multimédia du quotidien Times of India, diffuse vers
les téléphones portables, chaque mois, plus de 30 millions d’informations
sous la forme de SMS (Short Message Service), une
technologie qui offre une communication rapide, brève et pas chère. Au Japon,
en Corée du Sud, un nombre de plus en plus important de personnes s’informent via leur portable. Elles y reçoivent des
émissions de radio mais aussi des chaînes en continu. Résultat : tous les
secteurs d’information, en dehors d’Internet, perdent de l’audience, tant la
concurrence entre médias est devenue sévère (3).
Mais cette crise a aussi des causes internes
qui tiennent, principalement, à la perte de crédibilité de la presse écrite. En
premier lieu parce que celle-ci appartient de plus en plus, on l’a vu, à des
groupes industriels qui contrôlent le pouvoir économique et sont en connivence
avec le pouvoir politique. Et aussi parce que le parti pris, le manque
d’objectivité, les mensonges, les manipulations et même tout simplement les
bidonnages ne cessent d’augmenter. On sait qu’il n’y a jamais eu d’âge d’or de
l’information, mais ces dérives atteignent maintenant des quotidiens de
qualité. Aux Etats-Unis, l’affaire Jayson Blair, ce
journaliste vedette falsificateur de faits, plagiaire d’articles copiés sur
Internet et inventeur de dizaines d’histoires, a causé un tort colossal au New
York Times, qui avait souvent publié en « une » ses
affabulations (4). Ce journal, considéré comme une référence par les
professionnels, a vécu à cette occasion un véritable séisme : les deux
patrons de la rédaction, Howell Raines et Gerald Boyd, ont été contraints à la démission, et un poste
d’ombudsman (médiateur) a été pour la première fois créé, confié à Daniel Okrent, un essayiste et ancien rédacteur en chef du
magazine Time.
Quelques mois plus tard éclatait un scandale
encore plus retentissant. Il concernait le premier quotidien des Etats-Unis,
USA Today. Ses lecteurs découvraient avec stupeur que
son reporter le plus célèbre, Jack Kelley, une star
internationale qui sillonnait la planète, avait interviewé 36 chefs d’Etat et
couvert une dizaine de guerres, était un faussaire compulsif, un « serial
bidonneur ». Entre 1993 et 2003, Kelley
avait inventé des centaines de récits sensationnels. Comme par hasard, il se
trouvait toujours sur le lieu de l’événement et en ramenait des histoires
exceptionnelles. Dans un de ses reportages, il prétendait avoir été témoin d’un
attentat dans une pizzeria à Jérusalem, décrivait trois hommes qui mangeaient à
côté de lui et dont les corps, soulevés par l’explosion, étaient retombés avec
les têtes séparées et roulant dans la rue...
Son reportage le plus grossier, paru le
10 mars 2000, concernait Cuba. Kelley avait
photographié une employée d’un hôtel – « Jacqueline » –, dont il
racontait en détail la fuite à bord d’un frêle esquif et la noyade tragique
dans le détroit de Floride. En réalité, cette femme – de son vrai nom Yamilet Fernández – est en vie, n’a jamais vécu pareille
aventure, et un autre journaliste de USA Today, Blake
Morrison, l’a rencontrée et a pu vérifier que Kelley
avait affabulé (5). Les révélations de ces fraudes, considérées comme l’un
des plus grands scandales du journalisme américain, ont coûté leur poste à la
directrice de la rédaction, Karen Jurgensen, et à
deux autres dirigeants importants : Brian Gallagher,
son adjoint, et Hal Ritter, responsable de l’information (6).
Plus récemment, en pleine campagne électorale,
un nouveau séisme déontologique secouait l’univers des médias. Dan Rather, le présentateur vedette du journal télévisé de CBS
et de la prestigieuse émission « Sixty
minutes », a reconnu avoir diffusé, sans les avoir vérifiés, de faux
documents pour prouver que le président Bush avait bénéficié de soutiens pour
échapper à la guerre du Vietnam (7). Dan Rather
a annoncé qu’il abandonnait sa fonction et se retirait.
L’intox sur l’Irak
A tous ces désastres, il faut encore ajouter
la reprise par les grands médias transformés en organes de propagande, en
particulier la chaîne Fox News (8), des mensonges de la Maison Blanche à
propos de l’Irak. Les journaux n’ont ni vérifié ni mis en doute les
affirmations de l’administration Bush. S’ils l’avaient fait, un documentaire
comme Fahrenheit 9/11, de Michael Moore, n’aurait pas eu un tel succès,
l’information qu’apporte le film étant disponible depuis longtemps. Mais
occultée par les médias.
Même le Washington Post ou le New York Times
ont participé au « bourrage de crâne », comme l’a bien montré un
spécialiste des médias, John Pilger :
« Bien avant l’invasion, ces deux quotidiens criaient au loup pour le
compte de la Maison Blanche. A la “une” du New York Times, on pouvait lire
les titres suivants : “Arsenal secret [de l’Irak] :
la chasse aux bactéries de la guerre”, “Un déserteur décrit les progrès de la
bombe atomique en Irak”, “Un Irakien parle des rénovations des sites d’armes
chimiques et nucléaires”, et “Des déserteurs confortent le dossier américain
contre l’Irak, disent les officiels”. Tous ces articles se sont révélés de la
propagande pure. Dans un courrier électronique interne (publié par le
Washington Post), la journaliste vedette du New York Times, Judith Miller,
admit que sa source principale était M. Ahmed Chalabi,
un exilé irakien et un prévaricateur condamné par les tribunaux, qui avait
dirigé le Congrès national irakien (CNI) basé à Washington et financé par la
CIA. Une enquête du Congrès conclut plus tard que presque toute l’information
fournie par M. Chalabi et d’autres exilés du CNI
était sans valeur (9). »
Un officier de la CIA, M. Robert Baer, a
révélé comment fonctionnait ce système d’intox : « Le Congrès
national irakien prenait ses informations auprès de faux déserteurs et les
refilait au Pentagone, puis le CNI passait ces mêmes informations à des
journalistes en leur disant : “Si vous ne nous croyez pas, appelez donc le
Pentagone.” Vous aviez ainsi une information circulant en boucle. Comme
ça, le New York Times pouvait dire qu’il avait deux sources sur les armes de
destruction massive en Irak. Le Washington Post aussi. Les journalistes ne
cherchaient pas à en savoir plus. Et d’ailleurs, souvent, les rédacteurs en
chef leur demandaient de soutenir le gouvernement. Par patriotisme
(10). »
Le rédacteur en chef du Washington Post, Steve
Coll, a dû renoncer à ses fonctions le 25 août
2004, après une enquête mettant en évidence le peu de place accordé aux
articles qui contestaient la thèse du gouvernement dans la période précédant
l’invasion de l’Irak (11). Le New York Times a fait aussi son mea culpa.
Dans un éditorial publié le 26 mai 2004, il a reconnu son manque de
rigueur dans la présentation des événements ayant conduit à la guerre et a
regretté d’avoir publié des « informations erronées ».
En France, les désastres médiatiques ne sont
pas moindres, comme l’a montré le traitement des affaires Patrice Alègre, du bagagiste d’Orly, des « pédophiles »
d’Outreau et de Marie L., qui prétendait avoir subi une agression à
caractère antisémite dans le RER D (12). Le phénomène est identique dans
d’autres pays. En Espagne, par exemple, après les attentats du 11 mars
2004, les médias contrôlés par le gouvernement de M. José María Aznar se sont livrés à une manipulation, tentant
d’imposer une « vérité officielle » pour servir des ambitions électorales,
occultant la responsabilité du réseau Al-Qaida et
attribuant le crime à l’organisation basque ETA.
Toutes ces affaires, ainsi que l’alliance de
plus en plus étroite avec les pouvoirs économique et politique, ont causé un
tort dévastateur à la crédibilité des médias. Elles révèlent un inquiétant
déficit démocratique. Le journalisme de bienveillance domine, alors que recule
le journalisme critique. On peut même se demander si, à l’heure de la
globalisation et des mégagroupes médiatiques, la
notion de presse libre n’est pas en train de se perdre.
« Idées saines »
En ce sens, les déclarations de M. Serge
Dassault confirment toutes les craintes. Dès sa prise de fonctions, le nouveau
propriétaire du Figaro déclarait aux rédacteurs : « Je souhaiterais,
dans la mesure du possible, que le journal mette plus en valeur nos
entreprises. J’estime qu’il y a quelquefois des informations qui nécessitent
beaucoup de précautions. Il en est ainsi des articles qui parlent des contrats
en cours de négociation. Il y a des informations qui font plus de mal que de
bien. Le risque étant de mettre en péril des intérêts commerciaux ou
industriels de notre pays (13). » Ce que M. Dassault
appelle « notre pays », on l’aura compris, c’est son entreprise de
fabrication d’armes, Dassault Aviation. Et c’est sans doute pour la protéger
qu’il censura une interview sur la vente frauduleuse d’avions Mirage à Taïwan. Ainsi qu’une information sur des conversations
entre M. Jacques Chirac et M. Abdelaziz Bouteflika
portant sur un projet de vente d’avions Rafale à l’Algérie (14).
Ses récentes explications sur les raisons qui
l’ont conduit à racheter L’Express et Le Figaro – un
journal, a-t-il déclaré, « permet de faire passer un certain nombre
d’idées saines » – ont renforcé l’inquiétude des journalistes (15).
Si l’on rapproche ces propos de ceux tenus par
M. Patrick Le Lay, patron de TF1, sur la
véritable fonction de sa chaîne, géant des médias français – « Le métier
de TF1, avait-il déclaré, c’est d’aider Coca-Cola à vendre son produit. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain
disponible (16) » –, on voit à quels dangers peut conduire
le mélange des genres, tant paraissent contradictoires l’obsession commerciale
et l’éthique de l’information.
Ce mélange des genres peut aller très loin, à
l’insu des lecteurs. Walter Wells, directeur de l’International Herald Tribune (qui appartient au groupe New York Times,
lequel est coté à Wall Street),
a récemment mis en garde contre les conséquences de l’entrée en Bourse des entreprises
de presse : « Souvent, ceux qui doivent prendre une décision
journalistique se demandent si celle-ci fera baisser ou monter de quelques
centimes la valeur boursière de l’action de l’entreprise éditrice. Ce genre de
considérations est devenu capital, les directeurs des journaux reçoivent
constamment des directives dans ce sens de la part des propriétaires financiers
du journal. C’est un fait nouveau dans le journalisme contemporain, ce n’était
pas ainsi avant (17). »
Sur Internet, cette confusion qui finit par
piéger les lecteurs peut encore aller plus loin. Ainsi, le site Forbes.com, du
magazine économique américain Forbes, utilise un nouveau procédé pour faire de
la publicité, intégrant directement des liens promotionnels dans le contenu des
articles. Les annonceurs achètent des mots-clés, et, lorsque la souris de
l’internaute passe dessus, une fenêtre contenant un message publicitaire
apparaît. Les journalistes ne sont pas informés par avance sur les mots-clés
achetés par les annonceurs, mais certains se demandent si on ne va pas bientôt
leur demander d’écrire des articles en utilisant des mots précis dont on espère
qu’ils rapporteront gros à l’entreprise de presse.
De plus en plus de citoyens prennent
conscience de ces nouveaux dangers. Ils expriment une extrême sensibilité à
l’égard des manipulations médiatiques et semblent convaincus que, dans nos
sociétés surmédiatisées, nous vivons paradoxalement en état d’insécurité
informationnelle. L’information prolifère, mais avec une garantie de fiabilité
nulle. Il arrive souvent qu’elle soit démentie. On assiste au triomphe du
journalisme de spéculation et de spectacle, au détriment du journalisme
d’information. La mise en scène (l’emballage) l’emporte sur la vérification des
faits.
Au lieu de constituer le dernier rempart
contre cette dérive due aussi à la rapidité et à l’immédiateté, de nombreux
quotidiens de presse écrite ont failli à leur mission et contribué parfois, au
nom d’une conception paresseuse ou policière (18) du journalisme d’investigation,
à discréditer ce qu’on appelait jadis le « quatrième pouvoir ». Notre
fondateur, Hubert Beuve-Méry, rappelait
toujours : « Les faits sont sacrés, l’opinion est libre. » Mais
l’attitude qui se répand dans les médias semble inverser cette formule. De plus
en plus de journalistes considèrent que ce sont leurs opinions – rarement
étayées – qui sont sacrées, tandis qu’ils n’hésitent pas à déformer les faits
pour les contraindre à justifier leurs opinions.
Dans un tel contexte qui voit l’enthousiasme
militant refluer tandis que s’étend une vision pessimiste de l’avenir, la
rédaction du Monde diplomatique s’attèle à améliorer
son contenu éditorial et considère que rien n’est plus important que de ne pas
trahir la confiance de ses lecteurs. Nous comptons sur leur mobilisation et
leur solidarité pour défendre l’indépendance de notre journal et la liberté
qu’elle nous garantit. la meilleure manière de nous
soutenir étant de s’abonner sans tarder et d’abonner ses amis.
Nous souhaitons être le journal de la société
en mouvement, de ceux qui veulent que le monde change. Et nous nous efforçons
de demeurer fidèles aux principes fondamentaux qui caractérisent notre manière
d’informer. En ralentissant l’accélération médiatique ; en pariant sur un
journalisme des lumières pour dissiper la part d’ombre de l’actualité ; en
nous intéressant à des situations qui ne sont pas sous les projecteurs de
l’actualité mais qui aident à mieux comprendre le contexte international ;
en proposant des dossiers encore plus complets, plus approfondis et mieux
documentés sur les grandes questions contemporaines ; en allant au fond
des problèmes avec méthode, rigueur et sérieux ; en présentant des
informations et des analyses inédites et souvent occultées ; et en tentant
d’aller à contre-courant des médias dominants. Nous demeurons persuadés que de
la qualité de l’information dépend celle du débat citoyen. La nature de
celui-ci déterminant, en dernière instance, la richesse de la démocratie.
Ignacio Ramonet.