EDITION ELECTRONIQUE DU 18 MARS 2005
Interview du ministre des finances de l’île autonome de
Ngazidja : « Instaurer une culture de la transparence »
La Gazette des Comores : Après la promulgation
du budget de l'Union, celui de l'île de Ngazidja vient d'être voté. Quels
enseignements peut-on tirer de ce budget 2005 ?
Le ministre Younoussa : d'abord, il faut
souligner que c'est le premier budget consolidé du pays à être voté depuis bien
longtemps. Il se devait de répondre à la nouvelle configuration des Comores. Il
a été difficile à établir, toutes les conditions n'étaient pas réunies.
L'article 9 sur le partage des compétences entre l'Union et les îles n'est
toujours pas exécutoire. La Cour Constitutionnelle doit rendre un arrêt
définitif avant l'entrée en exécution des lois organiques. C'est un budget
forcé, comme il en fallait un, on a dû recourir au consensus pour l'établir. Il
a été voté seulement à la fin du mois de janvier et promulgué en février.
Les recettes s'élèvent à 24 milliards 750
millions. Après avoir enlevé les dépenses obligatoires (dette extérieure et
contributions : 3 milliards 847 ; pensions :1 milliard 212 et 560 millions de
prestations de service), il restait à partager entre les entités conformément à
la loi sur les quotes-parts 16 milliards 330 millions (Ngazidja 27,40 %,
Ndzuani 25,70, Mwali 9,40 % et l'Union 37,50 %). Grâce à l'arbitrage du FMI, la
masse salariale qui était prévue au départ à 14 milliards a été réduite à 11
milliards.
Pour ce qui concerne l'île de Ngazidja, les
recettes allouées représentent 4 milliards 474 millions plus 978 millions de recettes
propres.
LG DC : revenons précisément sur le budget de
Ngazidja, quelles sont vos priorités ?
M. Y : Nos priorités s'inscrivent dans le
contexte national. Les institutions prévues par la constitution doivent êtres
installés : Exécutif, Assemblée, Conseil économique et social, Conseil de la
diaspora. C'est la première priorité, il va de soi. La deuxième priorité c'est
la mise en place des collectivités territoriales. Les communes doivent être en
place avant la fin de l'année. Nous avons prévu 280 millions pour les assister
dans leur mise en place. Autre priorité c'est la préparation de la Conférence
des bailleurs qui aura lieu bientôt. Il faut préparer des dossiers solides pour
le financement des projets et des réalisations. Ce qui suppose des études et
des expertises qu'il faudra financer. Et enfin la priorité des priorités
l'Education et la Santé qui absorbent les 2/3 du budget.
LG DC : Et la sécurité intérieur ?
M.Y : C'est aussi une priorité bien
évidemment. Le budget a validé le statut quo en attendant que les lois
organiques s'appliquent. Après la mise en place de l'article 9, les éléments et
les institutions dont la mission est la sécurité intérieure viendront avec les
crédits qui leur sont déjà attribués.
LG DC : Etes-vous satisfait de la façon dont
le transfert des compétences se réalise au niveau des finances ?
M.Y : pour le moment nous avançons . Au niveau
des Douanes et des impôts, les Conseils de surveillance mises en place
provisoirement (article 5 de la loi des finances) pour sécuriser les recettes
et préparer les textes réglementaires et législatifs travaillent. Les autres
aspects comme les Sociétés d'Etats et les établissements publics attendent la
décision de la Cour Constitutionnelle ou le vote des lois prévu à la session
d'avril. Je constate des avancées, il faut les mettre sur les rails et après on
tirera les leçons.
LG DC : Avez-vous des inquiétudes ?
M.Y : oui, le retard pris dans la mise en
place du budget. Nous sommes dans un programme de surveillance. Sommes-nous
tous sensibilisés pour réussir ? Est-ce que cette volonté de respecter les
engagements pris pour réussir est partagée par tous , îles et Union ? C'est une condition essentielle pour la
stabilisation et pour l'obtention de l'aide au développement des bailleurs.
LG DC : Est-ce que les ressources humaines
existent ? Si oui sont-elles à même de jouer le jeu ?
M.Y : Les ressources humaines existent dans
l'ensemble. Sont-elles dans nos mains ? Vont elles jouer le jeu de la rigueur
et de la transparence ? À Ngazidja, nous ouvrons les portes à toutes les
compétences. Il faut créer la confiance et croire à la réussite du processus en
cours. Certes il y aura des difficultés et des crises. J'ai une approche
scientifique, il faut chercher à diminuer les tensions. Le chemin parcouru est
tout de même encourageant.
LG DC : Comment comptez vous maîtriser le mal
comorien de la corruption et en finir avec les réseaux installés dans les
administrations financières et autres établissements publics ?
M. Y : Je mesure l'ampleur de la tâche, mais
nous ferons tout ce qui est à notre pouvoir pour faire face à ce fléau qui
ronge notre pays. Des dispositifs sont en élaboration, je ne les dévoilerai pas
pour le moment. Il faut développer une culture de la transparence. Dans
l'histoire de notre pays, il n'y a jamais eu d'évaluation de l'exécution du
budget à la fin de l'année. Je compte instituer une évaluation trimestrielle de
l'exécution budgétaire à Ngazidja. Il y a un seul compte de l'île à la BC. Il
n'y aura pas de chéquier. Nous ouvrirons trois comptes : salaire,
fonctionnement et Assemblée. Toutes les semaines il y aura répartition sur ces
comptes. Aucun dépassement de chapitre ne sera autorisé. Je peux vous affirmer
qu'il n'y aura plus de réquisitions. Ce système d'engagement de dépense
n'existera plus. Il faut sécuriser les recettes et maîtriser les dépenses
rigoureusement. Je vais favoriser la formation et le développement du corps des
inspecteurs.
LGDC : Vous avez du pain sur la planche
monsieur le ministre ?
M.Y : Je vais inviter les partenaires sociaux
dans les prochains jours pour les informer de ces mesures ainsi que la
transparence des comptes et des mouvements que nous instaurons. Le contrôle des
fantômes de l'Education et de la FOP se fait déjà avec le concours des
syndicalistes qui ont intérêt aussi à la maîtrise de la dépense. Chez les
instituteurs, un premier contrôle sérieux a été fait, il a révélé plus d'une
centaine de gens qui figurent sur les états de salaire et qui ne sont nulle
part dans les écoles. Nous affirmons que toute fausse information de la part de
chef d'établissement ou de service sera pénalement sanctionnée. Il faut faire
ce premier pas : permettre un règlement des salaires à chaque fin de mois et
d'une façon durable et permettre aux services de l'Administration de
fonctionner pleinement. Il ne servirait à rien de payer des fonctionnaires
s'ils n'ont pas les moyens pour travailler.
LGDC : Certains ont pris cet engagement avant
vous sans jamais le réaliser.
M.Y : C'est le défi que je me lance et je
tiens à le relever. Je vous dis que si on rate cette chance, ce n'est pas une
entité qui ratera, c'est toute la nation comorienne. Nous avons intérêt à
composer d'une manière loyale l'Union et lis îles. Nous devons nous fixer des
objectifs et les réussir.
LGDC : les enseignants veulent relancer le
mouvement de grève, il semble que les engagements pris ne sont pas respectés,
le mois de janvier n'a pas été payé.
M.Y : le budget a été promulgué en février.
Ceux qui ont encaissé les recettes de janvier auraient dû verser 310 millions
destinés aux salaires à l'île, conformément à la loi sur les quotes-parts ; ils
n'ont versé que 125 millions à ce jour. Malgré cela nous avons fait l'effort de
payer tout le primaire et les lycées. Avec les fonds propres à l'île, on vient
de payer les collèges et la santé, il reste une vingtaine de millions pour
boucler janvier. Vous savez, les transferts se font par la Banque Centrale,
tout est clair. Ceux qui veulent mentir à la population doivent le savoir. Où
sont passées les recettes qui ne sont pas rentrées dans le compte de la BC ?
Selon le ministère des finances de l'Union,
sur 600 millions, les hydrocarbures n'ont versé que 200 et Anjauan n'aurait pas
versé la totalité de ses recettes.
LGDC : quel est votre sentiment à propos de la
réconciliation et le respect des engagement pris de part et d'autre ?
M.Y :
C'est un processus qui commence et tout commencement engendre des
difficultés. Il faut trouver les solutions qui passent nécessairement par le
dialogue et la concertation. Les institutions du nouvel ensemble comorien sont
complexes et difficiles à mettre en place. Il faut que chacun y mette du sien
et nous réussirons, car nous sommes sur le même navire.
LGDC : Vous avez été incarcéré pendant près de
trois mois. Avez-vous gardé un sentiment d'amertume ? Qu'avez-vous retenu de
cette expérience d'un ministre en fonction, en situation de privation de ses
libertés ?
M.Y : Certains voulaient peut-être faire
échouer le processus de réconciliation. Pour ma part je ne garde pas rancune de
l'injustice auquel j'ai fait l'objet. Il faut améliorer le fonctionnement de
l'institution judiciaire et garantir son indépendance pour éviter qu'elle soit
instrumentalisme par le pouvoir politique. Pour cela il faut instaurer les
mécanismes qui protègent les magistrats des influences politiques. ll faut que
la justice garantisse la liberté et les droits fondamentaux de la personne.
C'est comme cela que les citoyens auront confiance en leur justice et qu'on
pourra créer véritablement l'Etat de droit que réclame le peuple comorien.
Ma profonde conviction c'est qu'il faut
réussir la réconciliation nationale et notre justice a un rôle essentiel à
jouer.
Séminaire du gouvernement : Un plan d’action pour 2005 "
Un séminaire de gouvernement a eu lieu les 15
et 16 mars à l'hôtel Le Moroni. De nombreux
fonctionnaires et cadres ainsi que les représentants des organismes
internationaux y ont pris part.
C'est le colonel Azali, président de l'Union
des Comores qui a ouvert et présidé les travaux. Les autorités de l'Union veulent faire de
" 2005, l'année du développement ".
Dans son discours d'ouverture le président
Azali a tracé le contour de ce séminaire: " l'ambition de ce séminaire
s'articule autour de trois objectifs principaux : d'abord une évaluation du
plan d'action gouvernementale adopté en 2004, pour en connaître les
réalisations et en déterminer les atouts.
Cela nous permettra également de savoir les
limites qui l'ont marqué et les
contraintes éventuelles rencontrées.
C'est aussi la meilleure façon de réaliser une
plus grande précision dans la détermination des orientations pour le plan
d'action 2005, les actions entreprendre et les taches à réaliser, pour mieux être
en mesure de faire face aux défis et enjeux qui s'offrent à nous.
En fin, ce séminaire est voulu pour être
l'espace d'un débat riche approfondi sur
la marche de notre appareil administratif, qui est la force motrice de toute
action à entreprendre. "
Les ateliers ont travaillé durant ces deux
jours sur différents thèmes portant sur le développement, le partenariat et
l'administration.
Selon le secrétaire général du vice-président
Caabi, Mohamed Ahmed, ce séminaire concernait
tous les secteurs d'activité et des cadres techniques des îles ont pris
part aux travaux qui ont préparé les documents soumis au séminaire. " En
tout cas en ce qui concerne mon secteur, la santé, toutes les entités étaient associées. A en croire la réaction
des uns et des autres, les résultats de ce séminaire sont tangibles : tout le
monde était là et n'en parlons pas des
Mohéli et Anjouan qui sont venus en grand renfort ", déclare
Mohamed Ahmed..
Cependant les membres du gouvernement de
Ngazidja n'ont pas cru bon de répondre à l'invitation qui leur a été adressés.
Un ministre de l'île nous a déclaré : "L'Union nous a envoyé une
invitation, nous, membres des gouvernements des îles autonomes, mais nous avons décliné cette
invitation parce que nous n'avions pas été associés et nous ne voulions pas
faire de la figuration. Cependant nous saluons la tenue de ce séminaire..
Toutefois nos cadres y ont pris part ».
Un séminaire de plus ?
Le séminaire a offert le cadre d'un débat
constructif, espérons qu'il a permis à tous de prendre pleinement conscience de
la réalité des problèmes qui se posent à notre pays.
Le nouvel Ambassadeur de France a présenté ses lettres de créance
Christian Job, a présenté au colonel Azali,
président de l'Union des Comores, ses lettres de créance le vendredi
11mars. La cérémonie a eu lieu à Beit Salam. Christian Job succède à Pierre
Lajaunie. Ce dernier a quitté les Comores après un séjour de cinq années
passées dans notre pays.
Agé de soixante-deux ans, le nouvel
ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire
auprès de l'Union des Comores
était en poste dans le territoire français de Walis et Futuna où il exerçait les fonctions d'
Administrateur Supérieur (ADSUP). Préfet et ex colonel de la gendarmerie,
Christian Job connaît très bien notre zône de l'Océan Indien. Il a eu à exercer des hautes fonctions dans
l'administration réunionnaise. La Gazette des Comores souhaite au nouvel
ambassadeur de France la bienvenue et un bon séjour dans notre pays.
Mise en place des communes
Les députés de l'île de Ngazidja viennent de
voter la loi sur les communes. Il s'agit
d'un acte important qui rentre dans le
cadre des compétences exclusives de
l'île et qui va permettre aux villes et villages qui remplissent les conditions
requises notamment liées à la démographie d'asseoir leurs communes . On se
souvient qu'il y a plus d'un an le Président Mzé Soulé El Bak , face à l'émergence des communes de fait partout dans l'île, a
pris une ordonnance autorisant à titre transitoire et expérimentale la mise en
place des communes. La ville de Moroni fut la première à répondre en désignant
ses conseillers et en élisant un maire, mais qui, en état actuel de la
situation n'a pas encore pris officiellement ses fonctions en raison des
problèmes d'installation n'ont encore résolus.
Nous avons rencontré Ali El Mihdhoir Said Abdallah membre du
Comité d'Appui aux Structures Communales
(CASC ) qui a été au centre de l'élaboration et des débats sur les
textes, pour nous faire part de ses observations. Il nous a avoué qu'un premier
pas fut franchi, certes, mais le plus important reste à faire, celui de la mise
en œuvre des communes. Les Comores selon
lui, ont enregistré beaucoup de textes de loi sur les communes malheureusement
ils sont demeurés lettres mortes.
Aujourd'hui il espère qu'avec la volonté
affichée du Président de l'Ile et la détermination de la population de Ngazidja
à vouloir gérer leurs propres affaires, déjà à pied d'œuvre, les communes vont
bientôt voir le jour.
Cependant, comme le CASC ne cesse de le
révéler, la mise en place des communes est l'affaire du gouvernement qui doit
parer au plus pressé en dégageant les voies et moyens propres à assurer
l'installation des communes.
Dans le domaine de la formation jugée
prioritaire, la coopération décentralisé va certes apporter ses fruits car la
rencontre de la PACA avec le CASC qui a eu lieu tout récemment à Moroni, nous
avons appris que la formation est retenue. Un projet visant à former à
l'Extérieur des formateurs va être finalisé.
Célébration de la journée internationale de la francophonie
C’st une journée de fête et une occasion pour
célébrer la langue française, qui unit les 175 millions de locuteurs recensés
dans le monde, et qui rassemble aussi les millions de personnes vivant dans les
63 Etats et gouvernements membres de l'OIF.
"La Journée internationale de la
Francophonie est l'occasion de valoriser la langue que nous avons en partage,
toute la richesse de la diversité de nos cultures, la force des valeurs
humanistes auxquelles nous sommes attachés." souligne Abdou Diouf,
Secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Pour rappel, la date du 20 mars a été retenue
en commémoration de la signature, le 20 mars 1970 à Niamey (Niger), du Traité
portant création de l'Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT),
première institution intergouvernementale de la Francophonie devenue en 1998
l'Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF). L'Agence est
l'opérateur principal de l'Organisation internationale de la Francophonie.
A l'occasion de cette journée, l'Agence
universitaire de la Francophonie (AUF) via le Centre d'Accès à l'Information
(CAI) de Moroni célèbre la Journée de la Francophonie en organisant une semaine
porte ouverte consacrée à la découverte de l'Internet du 17 au 21 mars 2005.
Pour marquer encore plus cette journée, le
Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS) ouvrira
son musée au public le dimanche 20 mars 2005 de 9:00 à 17:00 pour un voyage
dans " les 1000 ans de l'histoire des Comores ".
Le Centre d'Accès à l'Information (CAI) de
Moroni se décline comme une infrastructure de formation, d'accès à
l'information et à la documentation scientifique et technique, d'accès à des
ressources logicielles et pédagogiques et d'appropriation des TIC. Le CAI est
un espace ouvert notamment aux étudiants, aux enseignants, aux chercheurs ainsi
qu'à d'autres acteurs ressentant le besoin de recourir à ses services.
La semaine porte ouverte est réservée aux élèves
des lycées pour des séances d'information et de découverte de l'Internet.
Ainsi, une demi-journée est consacrée à un groupe de 20 élèves pour
l'utilisation de la salle libre accès Internet sous la supervision d'un
moniteur. L'objectif est de les sensibiliser sur le rôle des TIC en tant que
moyen d'accès à l'information et d'appropriation des savoirs.
Ecotourisme :Un créneau qui se cherche dans les îles de la lune
Les belles îles de la lune, le débat
concernant la nature du tourisme à développer ne semble pas avoir beaucoup avancé dans la mesure où on a pas
encore défini de façon claire les grandes orientations dans ce domaine. Il faut
savoir aussi que le plan directeur national du tourisme date de 1996, c'est
dire qu'il a besoin d'un grand toilettage au vue des multiples changements
intervenus tant dans le secteur que sur le plan institutionnel, même si le
document en elle même constitue une source de référence indéniable. Pour
certains, il faudrait d'abord dans un premier temps, faire venir les touristes et dans un deuxième temps déterminer les
conditions pour le développement de l'écotourisme. En effet, un des blocages de
l'arrivée des touristes est
l'enclavement qui rend le prix du billet extrêmement cher. La
combinaison de deux serait l'idéale. Et quand nous savons que c'est un marché
situé principalement dans les pays du Nord
et que " filière globale
" est dominée par les " tour operators" de l'aval, nous mesurons
l'énorme travail qu'il faudra abattre pour renverser la vapeur. La création d'un
département d'écotourisme à l'Université des Comores est un signe positif mais
comme nous le savons une hirondelle ne fait pas le printemps et surtout si le
temps est instable.
Certains praticiens de l'écotourisme comme
l'Association EquaTerre, qui a produit un plan de développement de
l'écotourisme à Mohéli, a défini l'écotourisme comme étant : " … une forme de tourisme qui
s'intéresse aux ressources écologiques et aux dimensions culturelles des
régions visitées… Il vise à minimiser l'impact de l'activité sur
l'environnement. Il est maîtrisé et génère des revenus au bénéfice des
populations locales. Il contribue à la préservation du milieu naturel et humain
dont les populations bénéficient, ce qui permet de réduire leur dépendance sur
les activités déprédatrices des ressources. " Ainsi donc le patrimoine naturel et culturel
doit être valorisé par le développement d'un écotourisme maîtrisé. Les revenus
et les conditions de vie des populations locales sont améliorés grâce aux
retombées directes et indirectes de l'activité.
Même si le développement de l'écotourisme
peut-être considéré comme un élément clé
pour la réussite du développement socio-économique de nos îles, en permettant
d'assurer aux communautés locales des retombées économiques propres, il n'en
demeure pas moins qu'il faut prendre en compte toutes les données disponibles
pour éviter de tomber dans des voies sans issues et dans les désillusions. Le
développement économique du secteur dépend aussi de la bonne image que nous
donnerons de la protection de notre environnement, mais il est surtout
dépendant du développement du tourisme, d'une façon générale. Miser sur le tout
écotourisme nécessite de déployer des trésors d'ingéniosités que nous sommes
loin d'avoir acquis.
Faire que le rêve devienne réalité
Pour développer ce créneau les spécialistes
préconisent le développement d'un écotourisme prenant en compte la spécificité
et la sensibilité des écosystèmes de notre pays et par la production d'un
schéma d'aménagement touristique destiné à fixer les sites de développement
touristique, à la fois pour ce qui concerne la localisation des hôtels, des
équipements touristique légers et en favorisant
les investissements privés dans ce secteur et en assurant à l'extérieur
une information ciblée et adéquate des atouts naturels et culturels du pays. Et
surtout, donner la priorité aux projets villageois car il convient de toujours
le rappeler : la plupart du temps ceux qui tirent les dividendes en aval sont
aussi ceux qui les tirent en amont.
Le débat est lancé mais il nous faut savoir
que l'écotourisme ne pourra se développer que sur les activités que nous
mettrons en œuvre autour de ce que les mêmes spécialistes appellent les " actifs spécifiques ". C'est à
dire notre riche biodiversité et notre culture spécifiques. Et comme nous
vivons dans l'ère de l'économie globale, la bataille est féroce et rien n'est
gagné à l'avance. L'écotourisme n'est en définitive que ce que nous avons de
meilleur à offrir. A nous de faire que le rêve devienne réalité.
Hachime Abdérémane
Réponse de la Maire de Paris
à propos d’une “ rue des Comores dans la
capitale française ”
Le 21 janvier dernier, j'adressai une longue
lettre ouverte à M. Bertrand Delanoë, Maire de Paris (France) pour lui demander
de soutenir et de faciliter la nomination d'une rue, d'une avenue, d'une place,
ou d'un boulevard de la capitale française en l'honneur les Comores.
La réponse signée non pas par M. Delanoë, mais
par M. Philippe Lamy, un des conseillers du Maire vient de me parvenir il y a
quelques jours.
Vu la réaction et l'intérêt exprimé sur le
sujet par beaucoup de Comoriens aussi bien à l'intérieur qu' à l'extérieur du
pays, il m'a semblé nécessaire de partager cette réponse avec les médias, en
particulier avec ceux qui, comme la Gazette des Comores ou le site web
Conscience Comorienne avaient publié l'intégralité de ma lettre ouverte.
J'ai trouvé la réponse de M. Philippe Lamy
assez brève mais encourageante. Sans donner
plus de détails, il écrit: "Nous prenons bonne note de votre proposition
qui sera étudiée attentivement".
Evidemment j'apprécie le mot "attentivement", cependant je
pense qu' il aurait été beaucoup plus intéressant pour nous de savoir qui
conduira cette "étude", et surtout sa nature et sa durée.
En tout cas, sans vouloir revenir aux
différents arguments développés dans ma lettre ouverte, j'espère que
"l'étude" dont parle M. Lamy produira un résultat positif et que les
Comores n'auront pas à subir le même sort que le chevalier de Saint-Georges
alias le "Mozart Noir", ce célèbre grand musicien et homme d'armes du
18eme siècle, natif de la Guadeloupe, qui n'a eu droit à une rue parisienne que
quelques deux cents ans après sa mort.
Encore une fois, le moment est venu pour que Paris célèbre les Comores.
J'invite donc tous les Comoriens de Paris, en
particulier ceux qui peuvent voter lors des prochaines élections municipales, à
rester à l'écoute, juste au cas où l'étude dont M. Lamy fait référence n'était
pas satisfaisante.
Charif Hachim
Paysages mentaux, « les cendres du temps »
De Wong Kar-Waï Ouyang Feng qui vécut à la
" Montagne-du-Chameau-blanc " avait pour ambition de devenir un grand
bretteur. Après le mariage de son frère avec la femme qu'il aimait, il partit
pour le désert. Devenu un agent de tueurs, il engageait d'excellents bretteurs
pour divers contrats.
Il passait ainsi son temps à écouter les
problèmes de ses commanditaires : des villageois, " un androgyne "
schizophrène qui se nommait successivement Yin et Yang, et une jeune fille
pauvre qui voulait venger son frère.
Yaoshi, un homme qui vient toujours de l'Est,
apporta un jour à Feng un vin magique nommé " une vie sans souci ".
Ce vin magique pouvait soi-disant permettre d'oublier les problèmes du passé.
Le colonel Azali, président de l’Union des
Comores a ouvert et présidé du mardi 15 au mercredi 16 mars un séminaire sur
le « plan d’action du gouvernement
pour 2005 ». Les autorités de l’Union Les Cendres du temps ",
Wu xia-pian (film de chevalerie) intimiste et " abstrait " se déroule
essentiellement dans un désert. La plupart des personnages s'y croisent. Le
lieu n'est pas directement un contexte justifiant l'action. Les personnages y
vivent dans l'attente. Ils attendent des contrats, des combats rarement
justifiés par leurs passions. Certains se battent pour l'argent, tuer est un
métier, d'autres ne se battent plus, ou se battront hors de l'espace du film.
Ces chevaliers errants vécurent leurs passions
en d'autres lieux, d'autres temps. Des femmes les attendent, ou les ont
attendus.
Tandis qu'ils baignent dans la chaleur du
désert, leurs pensées sont sans cesse tournées vers d'autres paysages, des
images du passé.
Tout le film semble se situer hors du présent,
hors de l'action. Les combats deviennent purs moments de contemplation, les
corps en pagaille nous font perdre nos repères. D'un plan à l'autre, on passe
d'un souvenir, au désert qui imprègne physiquement les personnages.
Le paysage n'est pas seulement contemplé, il est
vécu. Le désert n'est pas uniquement un lieu de l'action, il est très présent
mentalement.
Les plans sont assez indépendants. L'espace
s'organise très peu par le biais des corps, des axes regards. Le temps est discontinu.
C'est un temps très subjectif, les personnages génèrent beaucoup d'images, bon
nombre d'entre eux sont narrateurs à un moment ou un autre du film.
Ainsi cette inconstance de la narration, ces
changements de temps, de lieux, nous permettent difficilement de situer le
temps des images. Les voix-off illustrent rarement l'image. Les souvenirs
semblent se perdre. Et le vin " une vie sans souci " ne fonctionne
pas uniquement comme un élément magique, mais aussi comme une métaphore.
On n'oublie pas, l'objet est bien présent, il
a juste perdu sa forme, la recherche de cette forme, de ce temps perdu, peut
alors devenir une obsession. Après avoir bu le vin " une vie sans soucis
", Feng se souvient juste qu'une femme l'a attendu : les paysages, les
lieux où ont vécu ses souvenirs restent présents à son esprit, seule l'idée
concrète de cette femme et son identité sont perdues.
D'autres personnages remplaceront l'idée
" femme qui attend " par un paysage ou un élément du paysage. Un
bretteur veut voir " les pêchers en fleurs " avant de devenir
aveugle. En fait c'est sa femme, Fleur-de-pêcher, qu'il désire revoir.
Par l'action du vin " une vie sans soucis
", Yaoshi (personnage pivot) qui aime aussi la femme du bretteur aveugle
n'en gardera qu'une métaphore : il aime les pêchers en fleurs (comme
Fleur-de-pêcher). Il se retirera dans une île de pêchers en fleurs.
Paysages mentaux et description des lieux se
succèdent sans réelle distinction. Le désert est à la fois très présent et très
éloigné. Les saisons se suivent. La nuit et le jour semblent se situer dans le
même espace, à l'image d'un des personnages qui est Yin et Yang, homme et
femme, et qui se bat contre lui-même.
La constance du désert s'alterne aux visions
fugaces de la mer en mouvement ou d'un lac au bord duquel semblent flâner des
personnages. Une image de jour d'un bois, s'insert dans une conversation se
déroulant de nuit dans le gîte de Feng.
Tout tient par une grande musicalité de
l'image. Les changements de lumière, le rythme des éléments composant certains
plans de paysage renvoient très clairement à la bande-son, aux musiques du
film. Les paysages sont autant des phénomènes intérieurs qu'extérieur.
Et
malgré le désordre qu'aurait pu donner cette succession incessante d'images du
présent, du futur, du passé, de paysages mentaux, et réels, provenant de
différentes subjectivités, une cohérence s'établit par le rythme même des
images.
L'espace de l'image gagne ainsi une
consistance singulière par le refus du réalisateur d'organiser son film selon
des lignes et des perspectives classiques et conformes au genre.
(Présenté au dernier festival de Cannes, 2046 devrait sortir avant la
fin de l'année en France. L'acteur Tony Leung Chiu Waï qui interprète le
sabreur aveugle dans Les Cendres du temps, avait reçu le prix d'interprétation
à Cannes en 2000 pour sa prestation dans In the mood for love du même Wong
Kar-Waï.)
Mounir Allaoui
Droit de réponse accordé au Secrétaire d’Etat à la coopération
Suite à un article paru dans le journal la
Gazette du 11 mars 2005, un certain Abdou Said originaire de Mdjamawé a
affirmé, je cite " le pouvoir de
Moroni cherche à déstabiliser Anjouan pour que la tournante ne puisse pas avoir
lieu comme prévu " et de pousser plus loin " le Secrétaire d'Etat à
la coopération a donné de l'argent à Bagoulam pour déstabiliser Anjouan ".
Des telles accusations sont dignes d'une
crapule délinquant qui, au lieu de travailler pour réussir, s'acharne à mettre
son intelligence au service de mal. Il invente à cet effet des scénarios
catastrophes dignes de la mafia pour détruire les personnalités d'hommes
intègres.
Je démens de telles accusations qui ne riment pas avec ma personnalité et qui
sont contraire à l'esprit de l'Union des Comores, garant de la stabilité et l'unité
du pays. Il serait déplacé qu'une autorité de l'Union puisse agir ainsi.
Il faudrait que le menteur Abdou Said se rende
compte qu'un tel acte ne restera pas impuni et que j'userai de tout mon pouvoir
pour que la justice soit faite. De tels hommes habitués à semer le doute et les
troubles sont incapables de réussir.
Je ne fais que regretter et condamner ces
fausses accusations.
Cette affaire prouve encore une fois la
légèreté des médias qui lancent des informations de nature à discréditer l'Etat
sans les avoir vérifiées au préalable.
Dans un contexte politique complexe, le
journaliste doit assumer ses responsabilités. Sur cette affaire, je ne
reculerais devant rien pour y faire la lumière dans le respect et la fermeté
des lois.
Les
responsabilités des uns et des autres seront déterminées.
Moustadrane Abou