EDITION ELECTRONIQUE DU 15 AVRIL 2005
A PROPOS DE RELATIONS
FRANCO-COMORIENNES
Malgré la dingue, la fièvre élyséenne est tombée. Ce minimum de
distanciation permet de tirer quelques enseignements d’une visite
présidentielle qualifiée d’historique par les uns et de non évènement par les
autres. Hors de toute spéculation sur un discutable prestige personnel, chacun
peut convenir sur l’exagération faite autour d’une banalité dans la vie
politique internationale et de la coopération bilatérale. La seule question qui
vaille, dans un tel cas de figure, est celle du rapport entre le coût et la
rentabilité du voyage. Mais c’est de la bagatelle pour certains. Passons !
Malheureusement, d’autres ont feint de croire
qu’il s’agissait pour notre président de se faire adouber par son homologue de
l’ex-puissance coloniale pour jouer aux prolongations d’une échéance
constitutionnelle arrêtée. L’enracinement d’une telle mentalité néocoloniale
produit encore un imaginaire peu amen, au regard de l’option démocratique. Puisqu’il
faut donc appeler un chat, un chat, rappelons que le temps du
« pré-carré » est entrain de céder le pas à celui de la
globalisation.
De même, les institutions prévoient une porte
de sortie dénommée « la tournante ». Ce n’est point ma tasse de thé, mais
toute lecture embrouillée du terme conduirait nécessairement à la logique de
déstabilisation permanente qui a été celle des réseaux de la françafrique depuis 30 ans déjà.
Evidemment, le cas échéant, les imaginations
ne manqueraient pas non lus pour transformer des oripeaux d’un monde en déclin
en nouveaux habits de la modernité démocratique, façon Eyadema fils et Cie.
Cependant, il y aurait peut être injure à
l’histoire que de songer, un seul instant, que le clan au centre du pouvoir de
l’Union aurait un mandat effectif (précédé de surcroît d’une période de
transition) pour une hypothétique prolongation d’un match nul
A moins que l’Union Africaine ne soit qu’un
« machin » comme disait l’autre, le processus de normalisation des
institutions démocratiques devrait se poursuivre avec l’appui des autres des
partenaires multilatéraux te bilatéraux, notamment Paris. Ces derniers
conviennent, le plus officiellement du monde, que les nouvelles institutions
ont besoin de s’éprouver, en donnant du temps au temps, avant d’en programmer
les inévitables amendements. Cela, malgré les esprits-chagrin et ceux qui
voudraient faire en sorte qu’un train ne serve qu’à cacher un autre…Etant de
ceux qui ont appelé à voter « non » lors du referendum constitutionnel,
j’affirme, sans aucun langage voilé, que le respect de l’esprit et de la lettre
des textes implique que notre prochain Chef d’Etat soit originaire d’Anjouan ou
de Mohéli. Les promoteurs de cette règle du jeu doivent en être les garants.
Sauf parjure !
Ceci étant, de la visite élyséenne, il est à
noter essentiellement le soutien obtenu par le Chef de l’Etat auprès de son
homologue en vue de la relance des programmes des institutions financières
internationales dans notre pays. C’est aussi un signal fort de la reprise d’une
coopération bilatérale mieux palpable malgré ses ambiguïtés.
Cependant, le moins qu’on puisse dire, c’est
qu’il aurait mieux valu attendre ce qui est mi à l’assiette de la commission
mixte avant un dîner officiel. A moins que quelque part, l’on avait prévu que
le met ne mériterait pas une cérémonie médiatisée, avec le paraphe présidentiel
qui sied à de telles circonstances.
La coopération bilatérale revient. Tant
mieux ! mais il est hélas permis de douter qu’elle puisse dépasser le
cadre des micro financements et de la mobilisation de l’épargne des migrants.
Mayotte se trouverait au centre des échanges
franco-comoriennes. Evidemment ! en espérant que la sempiternelle question
des flux migratoires ne soit l’alfa et l’oméga d’un enjeu tel que, de passage
récemment dans l’île, la Ministre de l’Outremer est estimée nécessaire
d’insister sur « la conduite d’une action persévérante et déterminée pour
faire accepter par les pays de la Région toute les conséquences du statut
français de Mayotte ». Et les élus Maorais au
parlement de l’hexagone de pérorer sur le rôle prééminent de l’aide française
au développement des Comores !
A ce demander où sont les instituts
scientifiques, les centres culturels, les banques, les grands hôtels touristiques
et autres entreprises « cofacées » assurant
la locomotive d’une réelle dynamique de développement de l’archipel. A les
entendre, on dirait que les Comores ont reçu tout l’argent du contribuable
français pour faire face à des modèles du genre Maurice, Seychelles, Singapour
ou HongKong. Bref, s’il y avait eu un miracle tricolore dans l’archipel, on
l’aurait quand même su. Mais, obnubilé par le « rêve réunionnais » du
RMI et de l’API, les départementalistes à Mayotte ne sauraient se joindre aux
préoccupation d’Abdou Diouf au sujet des échecs de la démocratie et du recul du
français à Haïti. Encore moins de la « vitrine brisée » à Abidjan. Ni
même de la quête identitaire cher à Aimé césaire.
Le président Azali a
eu ainsi raison de saisir l’opportunité de sa visite pour rappeler à l’opinion
française l’appartenance de Mayotte à l’ensemble comorien. Même si, on pourrait
espérer mieux, en terme de propositions audacieuses pour traduire la position
comorienne en actes concrets, en cette année du 30 ème
anniversaire de l’indépendance.
De son coté, dépositaire de la souveraineté
nationale, la majorité parlementaire à l’Assemblée de l’Union, devrait
s’inspirer de la démarche chinoise en la matière, en l’adaptant à nos réalités.
Un tel langage de vérité risquerait-il de
nuire à une coopération bilatérale décentralisée, fût-elle à vocation
régionale ?
On peut esquisser une réponse en paraphrasant
un propos de feu l’écrivain camerounais Mongo Béti : « ce serait
effectivement bien dommage, mais ce ne serait alors qu’un château de cartes qui
s ‘écroulerait. L’archipel y survivrait comme il a survécu à d’autres
tragédies ». J’y ajouterai seulement que ce serait tout autant valable
face aux sirènes d’un islam radical, se présentant comme l’exutoire de l’indignité et de la
misère.
Fort heureusement, au cours des échanges de
la dite commission mixte, les représentants des organisations de la société
civile ont su, dans une certaine mesure, exprimé une longueur d’avance sur les
acteurs politiques. Il ne reste à souhaiter qu’à Paris de sérieux projets de
développement économique viendront conforter les espoirs en de seines
réalisations, accordant la primauté à la réciprocité des intérêts sur la seule
logique déstabilisante du droit du plus fort dans sa zone d’influence. Ce que
la France condamne avec des élans lyriques au Conseil de Sécurité des Nations
Unies. A juste titre ! pourvu qu’elle s’entende elle-même et s’inspire des
applaudissements des peuples à cet égard pour donner enfin à la coopération
franco-comorienne le sens d’un commerce équitable d’un adulte et non d’une
relation adultère.
A moins que ce ne soit l’élite dirigeante
locale qui veuille continuer à jouer à la vierge effarouchée, dans l’espérance
inquiète d’une dote. Mais, dans le cas d’espèce, après plus d’un siècle et demi
d’attentes tourmentées, ce ne serait plus pour un grand mariage impliquant le
principe du « don, contre-don ». Il s’agirait donc plus tôt d’un
conte de fée, du genre « la belle au bois dormant ». Souhaitons donc
bon vent à notre délégation auprès de la Commission Mixte. Comme dit le
chroniqueur, habari za udunga
…
RMI/A : Revenu Minimum
d’Insertion/Activités
API : Allocation de Parent Isolé
(autrement surnommé « femme seule »)
H.
SOILHABOUD
Ecrivain
Ministère de
l’Intérieur
Le Ministre de l’Intérieur de l’île Autonome
de Ngazidja, Mohamed Chafiou Ahmed Djabir, a reçu le samedi 9 avril, l’ensemble des Chefs de
villages de l’Ile. Au menu des discussions, la mise en place effective des
communes après la promulgation de la loi relative par le Président de l’île.
Après les mairies pilotes et les Préfectures, c’est au tour des Chefs de
village de vivre la réalité de la mise en place des communes arrêtée à la base
de 1000 habitants, suivant des critères bien définis en matière de ressources
humaines.
Le groupement des villages environnant et de
réseau inter communes en structure communale unique intéresserait davantage le
Ministère de l’Intérieur pour la promotion de l’esprit de proximité et de
solidarité. Cette approche viserait à rapprocher les communes en vue de
prévenir les conflits intercommunautaires et faciliter la canalisation de la
communication avec les administrés.
LA V ° COMMISSION MIXTE FRANCO-COMORIENNE
La 5è commission mixte
franco-comorienne s’est tenu les 4 et 5 avril à Paris. Le ministre comorien des
Relations Extérieures, Soeuf Mohamed El-Amine et le ministre français délégué à la coopération
Xavier Darcos ont ouvert les travaux et ont apposé
leur signature au bas du procès-verbal.
Le parachèvement des institutions a ouvert la
voie à la reprise de la coopération entre la France et l’Union des Comores, en
sommeil depuis une dizaine d’années.
L’objectif de cette 5è
commission était de mettre en place un nouveau partenariat entre les deux pays
après dix ans de gel de ses travaux. La France aujourd’hui classée 5è partenaire des Comores derrière la Chine, a voulu
surtout, lancer des signaux fermes à l'ensemble de la communauté
internationale, indiquant clairement que la confiance entre les deux pays est
rétablie. Les deux parties, française et comorienne, ont esquissé les grandes
lignes de la reprise. À quelque mois de la tenue de la table ronde des
bailleurs de fonds, la France appuie les Comores pour réussir son passage à
l'inscription à l'initiative PPTE, pour bénéficier
d'un effacement d'une grande partie de sa dette extérieure, qui constitue un
frein sérieux à son développement.
Deux questions ont figuré à l’ordre du jour
des travaux, l’un portant sur la coopération et le développement et l’autre sur
la circulation des personnes et des biens, entendez par là le fameux visa
d’entrée à Mayotte et « l’immigration clandestine » principalement.
En ce qui concerne, le premier point, quatre
objectifs prioritaires ont été retenus :le renforcement de la gouvernance
et l’appui aux nouvelles institutions, l’appui au secteur du développement
humain, le développement rural et la promotion du codéveloppement
ainsi que la coopération décentralisée.
À propos de l’appui à la gouvernance, l’action
de la France va porter sur le renforcement des capacités institutionnelles,
notamment dans le secteur des finances publiques (capacités humaines et
transparence de gestion). L’étude d’un projet pour l’organisation de l’état
civil, la sûreté aéroportuaire et la protection civile bénéficieront également
de l’appui français.
L’essentiel de la coopération
franco-comorienne dans les trois années à venir va porter sur le secteur du
développement humain : la santé et l’éducation.
les objectifs poursuivis, par l'ensemble de
ces secteurs et des projets retenus sont ceux qui sont définis par les
objectifs du millénaire et le Document de stratégie de réduction de la
pauvreté. L’intervention française se concentrera en ce qui concerne la santé
sur deux domaines :l’aide à la gestion des urgences et des évacuations
sanitaires vers Mayotte et l’appui à la santé de la mère et de l’enfant, tout
particulièrement sur Anjouan.
La coopération en matière d’éducation
concernera l’éducation de base, l’enseignement technique, la formation
professionnelle et la promotion de la langue française par le réseau des
Alliances Françaises.
La
France a pris note de la demande formulée par la délégation comorienne d’un
appui à l’Université des Comores et apportera son soutien à la recherche de
bailleurs de fonds notamment dans le cadre de la coopération décentralisée.
En ce qui concerne le développement rural et
l'environnement, la France annonce l’identification en cours d’un projet de
développement rural à plusieurs composantes.
L’ensemble de ces objectifs prioritaires
retenus seront établis dans un Document Cadre de Partenariat (DCP) pour la période 2006-2008.
Des rencontres sectorielles pour les thèmes
retenus seront formalisées et une structure chargée du suivi des conclusions de
la commission sera mise en place.
Le deuxième thème sur la circulation des
personnes et des biens, les deux parties ont convenu de la nécessité de
réglementer et de sécuriser les mouvements de population entre les îles, en
luttant contre tout mouvement illégal d’une part et de faciliter l’obtention de
visa d’autre part.
Le sénateur mahorais Adrien Giraud connu pour
ses idées extrêmistes qui a pris la parole, comme à
son habitude, a fait un réquisitoire anti-comorien, falsifiant l’histoire de
nos îles en soutenant les thèses absurdes d’une Mayotte qui n’aurait rien de
commun avec les autres îles de l’archipel et a rejeté toute idée de suppression
du visa d’entrée à Mayotte.
Les autorités mahoraises ont obtenu « la partitipation d’équipes mahoraises aux compétitions
régionales dans l’Océan Indien ». Logiquement le feu vert a été donné pour
la participation de Mayotte aux prochaines des îles.
Quant aux requêtes présentées par les Comores
au dernier moment sur un important programme stratégique d’infrastructures
comportant cinq volets touchant notamment le domaine des transports : port
en eau profonde en Grand-Combe, la réhabilitation et la mise aux normes des
aéroports secondaires, la France a opposé un non recevoir.
La montagne a-t-elle accouché d’une
souris ? Certains parleront de saupoudrage, d’autres verront un appui
mesuré d’une coopération qui s’éveille.
Albert II, l’héritier du Rocher
Le
prince Albert prend à 47 ans les commandes des affaires de la principauté de Monaco.
Sur le plan politique, l’ère Rainier III est déjà
tournée depuis le 31 mars, date à laquelle le conseil de la Couronne a constaté
«l’empêchement pour raison de santé» de son père et lui a confié la régence.
Désormais c’est lui le patron de l’entreprise Monaco.
Prince héréditaire, marquis des Baux, le fils
de Rainier et de Grâce de Monaco devrait régner sous le nom d’Albert II. Bien que médiatisé depuis sa naissance le 14 mars 1958
mais moins exposé à la Une des magazines que ses deux sœurs, Caroline et
Stéphanie, le prince Albert reste relativement méconnu du grand public. A 47
ans, son altesse sérénissime va expérimenter la réalité d’un pouvoir auquel il
a été préparé depuis une vingtaine d’années. Après être longtemps resté dans
l’ombre de son père qui ne s’est jamais résolu à lui céder le trône, «le gentil
Albert», comme disent les Monégasques, s’est affirmé au fil des
ans.
Après des études poussées en économie et en
sciences politiques aux Etats-Unis, cet héritier consciencieux est, depuis quelques
années, associé aux décisions du cabinet princier. Il représente la principauté
à l’extérieur, lors des voyages officiels, aux Nations unies ou au Conseil de
l’Europe, dont il préside la délégation monégasque. En héritant du Rocher, de
lourdes responsabilités l’attendent. Ce micro-Etat de
2 km∑ où résident 32 000 habitants, le plus
petit après le Vatican, enserré entre mer et montagne est une véritable
entreprise dont la superficie est inversement proportionnelle à l’expansion
économique.
Un prince sportif et célibataire
Rainier III surnommé
«le prince bâtisseur» a fait de la principauté, le Hong-Kong
de la Méditerranée. Sous son règne, le Rocher est devenu une cité prospère qui
accueille casinos, luxe, tourisme populaire, entreprises de pointe et banques
d’affaires, soit près de 10 milliards de chiffres d’affaires annuels.
L’économie qui ne connaît pas de chômage, emploie le même nombre de postes que
la principauté compte d’habitants, les professions tertiaires sont tournées
vers les métiers de la finance et du tourisme. Près de 70 banques d’affaires et
quelques 35 000 comptes bancaires –plus de 50% étant détenus par des
non-résidents – assurent à Monaco des ressources financières sans précédent. Le
secteur du tourisme et notamment l’hôtellerie de grand luxe tient également une
place prépondérante.
L’héritier du Rocher est également un
personnage énigmatique, décrit comme discret par certains, timide pour
beaucoup. Avec une grande passion : le sport. Il excelle en judo, football,
natation, tennis, aviron et bobsleigh, discipline dans laquelle il a participé
aux quatre derniers Jeux Olympiques d’hiver. Il multiplie également les
présidences: du Comité olympique monégasque au Yatch
Club en passant par la Croix-Rouge monégasque et le Festival international de
télévision. «Le gentil Albert» a également une image élégante, amoureux de
culture et de mondanités.
Depuis longtemps déjà, il est l’une des cibles
favorites de la presse people qui se délecte pour son penchant pour la fête,
ses peines de cœur et son célibat. On lui prête régulièrement des liaisons,
mais aucune union ne semble en vue. Albert restant désespérément sans enfant,
Rainier III a pris soin de faire modifier la
Constitution pour garantir que la couronne de la principauté reste sur la tête d’un
Grimaldi. La loi du 2 avril 2002 ouvre ainsi la succession au trône aux frères
et sœurs du monarque, ainsi qu’à ses neveux et nièces. De quoi permettre à la
dynastie Grimaldi de continuer à régner très longtemps sur le Rocher.
Myriam Berber
Conférence-débat sur le
coelacanthe : Entre patrimoine mondial et survie locale
A l’initiative du comité national de gestion
du programme africain sur le
coelacanthe, une conférence-débat s’est tenue le vendredi 25 mars au Centre
national de documentation et de recherche scientifique (Cndrs). Plus d’une trentaine de personnes avaient
pris part à cette rencontre. L’initiative est à saluer car elle a permis aux
uns et aux autres de confronter leurs idées dans un débat à la fois passionné
et passionnant. On a senti que les gens étaient particulièrement intéressés par
le sujet. L’objectif de cette rencontre était de faire le point sur les
activités qui sont menées par le comité et d’éclairer les participants sur
l’état d’avancement des travaux sur ce fossile vivant. Mais comme dans tout
débat sur l’environnement qui se respecte dans les îles de la lune, un
participant s’est demandé où passe la manne déversée dans ce secteur ? Le
débat s’est surtout focalisé sur ce qui se passe dans la zone du coelacanthe. En effet ces derniers temps, la presse a fait
état, relatant une rencontre tenue en Afrique du Sud, que la capture sur les
côtes tanzaniennes de plusieurs coelacanthes, ne serait pas étrangère aux
travaux de concassage menés dans une localité du sud-Ouest de Ngazidja, une
zone considérée par les scientifiques comme abritant les principales grottes où
loge le coelacanthe. Il faut savoir que d'août 2004 au 12 janvier 2005, il y a
eu quelque dix neuf (19) prises de coelacanthes de plus enregistré sur la côte
de Tanga en Tanzanie, alors qu’il n’y avait eu que trois prises dans cette
zone, de 1972 à 2003. Ceci expliquant peut-être cela. Et comme tout le monde le
sait, le principe de précaution doit
prévaloir dans des cas comme celui-ci.
Un participant s’est aussi demandé si l’on
peut qualifier le coelacanthe d’espèce endémique aux Comores dans la mesure où
ce dernier se retrouve dans d’autres pays. La réponse donnée par les
conférenciers est qu’en l’état actuel des connaissances, c'est-à-dire des
quelques découvertes dans la région, les Comores sont les seules à abriter de
façon permanente une population significative de coelacanthes.
La conférence a posé la problématique de la
protection de l’environnement dans un contexte de difficultés économiques dans lequel
doivent faire face les communautés locales. Car comme l’avait rappelé un jour,
le professeur Raphaël Plante, un grand spécialiste du coelacanthe, lors d’une
mission aux Comores : ‘’ Il ne s’agit pas de mettre ici en balance la
survie d’une espèces, fût-il menacé et la vie des communautés locales. Il faut
faire en sorte que leur engagement pour la préservation de l’espèce soit payé
en retour’’.
En gros, Il est ressorti de cette rencontre,
qu’il faudrait demander aux autorités de mettre en œuvre les moyens pour qu’une
étude portant sur le recensement actuel des coelacanthes soit programmée. Le
dernier recensement ayant eu lieu il y a cinq ans, en novembre 2000. Il est
ressorti aussi, que les lois environnementales doivent être appliquées avec
plus de rigueur car à terme peut même se poser un problème de légitimité des
autorités. En plus, il est ressorti au cours des débats que les études d’impact
environnemental doivent être faites dans les règles de l’art et non pas de
façon formel comme cela semble avoir était le cas pour l’installation de ce concasseur qui fait tant de bruits dans
tous les sens du terme. Ne parlons plus des effets nocifs sur la santé de la
population riveraine et de la dégradation visuelle du site.
En définitive, la leçon qui mérite d’être
tirée concerne la façon la meilleure pour que les communautés riveraines de la
zone abritant le coelacanthe puissent tirer réellement profit de leur hôte,
sans scier la branche sur laquelle elles sont assises. Dans la déclaration sur
le développement humain durable en 1994, il est écrit que : ‘’ Le
développement humain durable des Comores dépend étroitement de la capacité du
Gouvernement et de la population à assurer une gestion saine des ressources
naturelles et à préserver l’environnement pour les générations futures. La mise
en œuvre du Plan d’action environnemental constitue une priorité et tous les
efforts doivent être faits pour introduire la dimension environnementale dans
l’ensemble des stratégies et programmes de développement’’. Comme on le
constate, le chemin est encore long et ardu. La balle est dans le camp des
décideurs à tous les niveaux et aux âmes de bonne volonté.
Hachime Abdérémane


Dissection coelacanthe en Tanzanie

Coelacanthe capturé en Tanzanie

Œuf de coelacanthe