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EDITION ELECTRONIQUE DU 24 AVRIL 2005

 

Eruption du Karthala :"plus de peur que de mal "

 

L'activité du volcan Karthala s'est manifestée ces derniers temps par un type d'éruption qui a beaucoup suscité la peur et le désarroi pour la population de l'île. Ce volcan le Khartala est pour beaucoup de scientifique sujet à des interrogations et de curiosité de part sa genèse et sa structure.

 

Les citoyens de ce pays doivent apprendre à vivre avec ce phénomène naturel car c'est seulement avec l'information qu'on pourra vivre avec ses manifestations redoutables.

 

La naissance des Comores comme structure volcanique insulaire  est pour les géologues une anomalie. Cette anomalie s'explique par le fait que l'emplacement des Comores et bien d'autres dans le monde n'est pas conforme aux théories qui expliquent les manifestations volcaniques d'une façon générale.

 

Les Comores n'appartiennent pas ni à l'un ni à l'autre mais elles entrent dans un domaine océanique jugé plus où moins stables à l'intérieur de laquelle le volcanisme s'est manifesté et a donné naissance aux îles  Comores.

 

Pour expliquer ce phénomène, Wilson et plus tard Morgan ont développé l'hypothèse dite des " point chaud " en français " hot spot " en anglais et pour  les Russes " goryatchi totchek "

 

Suivant Morgan, les " point chaud "se localise dans des îles comme l'Islande, les Galápagos, les Açores. A l'intérieur des plaques, il a été signalé des îles comme Hawaii, le volcan sous-marin de Macdonald dans l'océan pacifique, les îles Canaries dans l'atlantique et Les Comores dans l'océan indien.

 

Pour se rapprocher des événements du Khartala, il convient de noter que depuis plus d'une année l'observatoire du CNDRS a enregistré une activité intense si bien qu'à certains instants l'éruption semblait imminente. L'éruption qui vient d'avoir lieu heureusement pour nous s'est focalisé au niveau du cratère et  les matériaux éjectés sont essentiellement constitués de gaz, de cendres et d'autres particules  solides.

 

L'éruption s'est beaucoup plus manifestée dans l'atmosphère et elle est caractérisée par une présence massive des nuages très denses et noirs dans les hauteurs du Khartala. Cette situation a été suivie par une série de foudres, d'éclaires et des précipitations extraordinaires par leurs natures et leur intensité. C'est dans la région de Hambou et un peu dans le Bambao le Mbadjini et  Dimani région la plus exposée aux aléas de ce climat hors du commun.

 

Mais que s'est  t-il passé dans le dernier processus d'éruption tel que nous l'avons analysé et suivant les observations effectuées plus haut ?

Au fond il s'agit d'un travail au sens physique du terme qui conduit les gaz volcaniques, s'élargissant d'un volume relativement petit  dans le magma avant l'explosion, allant d'un volume assez grand après l'explosion.

 

Ce processus qui aboutit à la formation des cendres  et autres produits  pyroclastiques est une dissociation des gazes renfermées dans la lave.

 

Ce phénomène, conduit à l'apparition sur l'endroit du cratère d'un cheminé en cendre et gaz.

 

Des calcules sur des éruptions similaires au Khartala  ont montré que la pression dans le magma avant l'explosion représente environ 107 pascals.

 

Ainsi la chute brusque de pression entre la base du cheminé et son sommet où la pression est pratiquement égale  à la pression atmosphérique 105 pascals  est considérable.

 

Cette chute est la cause d'une grande vitesse d'emmenée  des cendres  depuis la zone des températures magmatiques vers les zones ayant les températures de l'atmosphère d'où leur refroidissement soudain.

 

La vitesse des cendres varie de 100 à 260 mètres par seconde. Ce phénomène trouve son illustration dans la propagation rapide des cendres volcaniques depuis la cheminé du Kharthala vers les régions avoisinant du Dimani, l'Ouest de l'île et un peu plus tard le nord de l'île.

 

Un autre phénomène qui mérite notre attention car vécu et observé, c'est le phénomène électrique. A ce sujet et d'une façon générale, nous avons observé le fait que le processus d'éruption s'est transformé en générateur électrique.

 

Dans les hauteurs du cheminé  commence une désintégration macroscopique des charges  électriques suivi de la formation  de très fortes pôles électriques  conduisant à la formation des décharges.

 

Sur la cheminé du khartala et son flanc Ouest en particulier les décharges électriques caractérisé par les foudres très impressionnantes qui ont joué un rôle particulier et qui ont a accéléré les précipitations  a partir  des nuages concentré au sommet.

 

Les nuages volcaniques  observés sont considérés comme un système de dispersion en trois phases ; gaz- liquide-et particules solides. Elles sont analogiques aux nuages météorologiques mais suivant leur forte concentration  des particules en suspension, leur vitesse de déplacement, et le processus d'électrisation des nuages, la différence est beaucoup plus considérable.

 

C'est en effet ce phénomène qui est à l'origine des cendres qui se sont répandues partout , des courants d'eau grisâtre rappelant sa composition riche en cendres volcaniques qui ont coulés dans les localités de Vouvouni Séléa et Nioumadzaha.

 

Beaucoup de faits et manifestations peuvent êtres expliqués, mais  Nous nous limiterons à nos observations car cette partie des sciences de la terre est très vaste et passionnante.

 

Pour terminer l'illustration de l'éruption en cours il faudra noter que l'éruption est classée suivant trois critères :

 

1-Le volume des produits de l'éruption l'ampleur où son échelle.

2-La nature des matériaux provenant de l'éruption.

3-La dynamique(effusif, extrusif,  explosif où complexe)

 

Notre dernière éruption entre dans la classe 2 où les produits issus de l'éruption sont composés essentiellement ; de gazes, de cendres (très dominant cette fois ci) et les précipitations(pluies ayant causées des torrents d'eau grisâtre dans le Bambao).

 

En résumé, nous avons eu au cours de cette éruption une nappe phréato-magmatique qui à travers le cratère du Khartala s'est constitué en puissant réacteur chimique et un grand générateur électrique. A partir de ce système s'est échappé une quantité impressionnante de cendres, de gazes et de pluie. La lave n'a pas dépassé les limites du cratère.

 

L'émotion, la peur et la panique qui a pris une bonne partie de la population me permet d'explorer un certain nombre de réalité.

 

1-Il ne faut pas avoir des sentiments apocalyptiques dés que le volcan s'active car bien qu'il constitue un phénomène redoutable et dangereux, il demeure toutefois la seule raison qui fait que les Comores existent et continuent d'exister. Chaque éruption apporte un certain nombre d'avantage notamment une grande quantité de matériaux qui renforce et solidifie la structure insulaire.

 

S'agissant des mesures ou dispositions à prendre, il suffit d'être attentif pour connaître le type d'éruption qui vient de se manifester ainsi que sa localisation. Ceci est possible en écoutant la radio ou bien en observant les hauteurs du Khartala car sûrement l'on finit par s'en apercevoir de la nature d'écoulement sa direction et par la suite s'en éloigner du danger.

 

A Court terme, il serait prudent au niveau des différentes autorités  de mettre en place un mécanisme d'alerte efficace et des mesures à prendre notamment un plan d'évacuation et explorer les moyens requis.

 

A moyen terme, j'estime qu'un programme de géologie appropriée aux conditions locales doit être enseigner au niveau des classes des collèges car c'est seulement ainsi que nous pouvons vivre en harmonie avec ce phénomène redoutable du milieu volcanique insulaire.

 

Mohamed Maârouf

Ingénieur Hydrogéologue  

 

 

En bref :

 

*Said Larifou attendu à Moroni ce jeudi

 

Le leader du parti RIDJA est attendu à Moroni ce jeudi, après une longue absence. Tout le monde s'en souvient, Mr Said Larifou a été arrêté l'année dernière à la suite d'une manifestation organisée contre la hausse du prix du riz par son parti à Foumbouni dans la région de Badjini, à Mbéni dans le Hamahamé et enfin à Moroni. Il a été évacué à la Réunion pour des raisons de maladie.

 

*Le téléphone des présidents des îles d’Anjouan et de Mohéli vient d’être coupé

Le téléphone des présidents des Îles d’Anjouan et de Mohéli vient d’être coupé. On ignore le motif. Cependant, un directeur régional de Comores-Télécom ( ex-snpt) qui a été nommé à Mohéli par le directeur général n’a pas pu prendre ses fonctions. A son arrivée à l’aéroport de Fomboni, il a été refoulé.

Les autorités mohéliennes estiment que conférmement à la loi sur le partage des pouvoirs, le directeur général doit être nommé par un nouvel conseil d’administration désigné par les 4 présidents. Et le poste de directeur régional devrait émaner de l’autorité mohélienne.

 

*La CRC se prononce pour la tournate

Le dimanche 17 avril 2005, la CRC s'est réunie en conseil national. Elle s’est pronçée pour le respect de la tournante. Elle a estimé qu’il fallait  “ rapprocher la lettre à l'esprit  de  la constitution ”.  Le président Azali a fait une déclaration selon laquelle le prochain président de l’Union ne sera pas  un originaire de la Grande Comores.

Le mandat de la  présidence de l’Union devra revenir logiquerment  à  un Anjouanais. Les députés vont adopter une loi allant dans ce sens dans les prochains jours. 

 

 

La nuit la plus longue

 

 

En fin d'après-midi du dimanche 17 avril 05, des centaines de personnes rappliquent devant la Brigade de la Gendarmerie ; Ils veulent des informations sur l'endroit où les habitants des villages d'Idgikoundzi, Mawéni, Dgomadgou, Tsinimwapanga et les autres localités situées près du cratère du K seront déposés pour accueillir les leurs. Nombreux sont ceux qui prennent d'assaut les deux cabines téléphoniques situées à proximité ; certains font recours à la force pour s'approcher du téléphone et écouter les communications. Déformées de bouche à oreille, les nouvelles sont alarmantes : le volcan du Karthala est en éruption. Une radio locale de la région annonce la nouvelle alarmante. Un camion à benne traverse en trombe la route et l'on reconnaît des enfants. Mais, hélas il ne s'arrête pas. L'agitation s'empare alors de la foule qui ne sait pas où aller. Les larmes des mères sensibles coulent : elles ne sont pas sûres que parmi les gendarmes et les policiers envoyés au secours de la population de DIMANI, il y aura un bras fort pour hisser la vieille dans le mastodonte.

 

Maintenant il fait nuit et la route est pleine comme un œuf. Soudain, un bus s'arrête. Le chauffeur Achmed appelle Mme Echata Ahamada qui doit payer des frais du transport de ses enfants dont un fou. Ils viennent d'Idgikoudzi. Des voix s'élèvent spontanément dans la foule qui encercle le véhicule et insulte Achmed que l'on traite de voleur car les bus ont été réquisitionnés pour évacuer gratuitement la population des zones dangereuses. Achmed démarre alors le bus et s'en va. Mme Echat connue sous le nom de Masoukainata commence alors une marche sans direction à la recherche de ses enfants. Où doit-elle aller ? Certains lui conseillent la gare routière de Chalima là où le camion à benne a déposé ses passagers. D'autres lui parlent de la brigade de recherche. On lui conseille aussi d'aller voir au foyer Aouladilcomor ou à la NJS (le foyer d'accueil de la jeunesse et des sports). Les véhicules déposent donc les " réfugiés " à des endroits ignorés des proches qui passent la nuit la plus longue à les chercher.

 

La cellule de crise avait rassemblé les bus et les camions réquisitionnés à Coimbani Washili, pendant que la route est noire de monde. La population en détresse attend le long de la route des véhicules qui ne viennent pas. Une gigantesque panique s'empare de ce monde et au fur et à mesure que la nuit avance se transforme en une hystérie collective ; jamais les autorités  ne  sont aussi longuement accusées de lâcheurs. 

 

Tous les compte-rendus, dans une belle unanimité pointent du doigt les autorités avec le plan orsec qui n'a pas fonctionné efficacement. On a réquisitionné des véhicules pour transporter les gens, mais on n'a pas prévu où les accueillir. Des femmes, des enfants, des personnes âgées ont été lâchés dans Moroni sans savoir où aller. Certains d'entre eux ont passé la nuit à errer dans les rues de la capitale sans savoir où dormir ! On n'a pas suffisamment coordonné l'information en direction des populations pour leur dicter la conduite à tenir. Certaines stations radios ont alimenté la panique. Les déclarations des autorités n'étaient pas suffisamment claires et rassurantes sur l'évolution de la situation et la conduite à tenir.

 

L'élaboration d'un véritable plan orsec pour la protection de la population en cas de risque majeur s'impose. On a parlé, il y a quelques mois d'un plan de protection civile initié par le PNUD. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'a pas fonctionné efficacement. Il faudrait tirer les leçons et voir pourquoi si ce plan existe, n'a-t-il pas fonctionné.

 

Nos voisins de la Réunion et de Maurice plus exposés aux cyclones ont leur plan, les populations sont éduquées. Elles savent la conduite à tenir lorsque ces plans sont déclenchés.

 

 

Hachim Said Omar

 

 

Dr. Naoildine Houmadi Géophysicien du CNDRES s’explique à la Gazette des Comores: " Il s'agit d'une éruption effusive, avec émission de lave et sans explosion”

 

 

La Gazette des Comores : Naoildine que se passe t-il dans le Karthala ?

 

Naoildine : Enfin, il y a bien une éruption au Karthala et fort heureusement, elle n'est pas violente et est resté confinée dans la caldeira sans coulée.

 

Mais tout le sommet est recouvert de cendres volcaniques. Ceci est confirmé par un survol du volcan ce matin par une équipe de la cellule de coordination des urgences composée du Ministre de la Défense, du responsable de l'Observatoire et du photographe du CNDRS.Noter qu'un certain nombre de stations du réseau d'écoute sismique ne répond plus et qu'elles ont été probablement touchées par les effets de l'éruption ".

 

LGDC : Y-a-t-il éruption ou pas ?

 

 

Il s'agit d'une éruption effusive, avec émission de lave et sans explosion, de faible débit des émissions et d'un ampleur limitée comme le laissait prévoir les enregistrements sismiques montrant des séismes de faibles magnitudes et qui ne sont pas ressentis par l'homme dans les zones habitées de l'île et relativement éloignés du cratère.Durant la journée et jusqu'alors 22:00, il n'y a pas eu d'auréole lumineuse perceptible au sommet du Karthala et les cendres ont cessé d'être déversé notamment à Moroni.On peut donc penser que, après avoir déversé des cendres dans la capitale hier soir et fait sortir la lave à la surface du cratère, le volcan a dissipé l'important de son énergie et l'éruption ne durera pas longtemps et qu'elle rentre dans une phase de terminaison avec une baisse d'intensité sans pouvoir sortir de la caldeira.

 

LGDC :Peut-on être tranquile à l'heure actuelle ?

 

Naoildine :  La situation est sous contrôle avec un suivi de près des événements par les Autorités

nationales. La population peut reprendre une vie presque normale, mais il faut toutefois maintenir la vigilance jusqu'à confirmation de la cessation complète de l'éruption. Surtout informer la population, par la voix autorisée, sur l'évolution de la situation, éviter de s'approcher du sommet et de ne pas exposer les personnes sensibles (avec problèmes respiratoires, enfants et personnes âgées)  aux cendres volcaniques.*

 

LGDC :Quel bilan faites vous de cette éruption ?

 

L'après éruption consistera donc à faire les bilans : des dégâts, de la gestion du système d'alerte et des mécanismes de réaction du plan d'urgence que cette crise a permis de tester dans une situation réelle.

 

 Ensuite, il faudra remettre en place le réseau d'écoute sismique de l'observatoire et faire l'analyse détaillée des enregistrements sismique et tous les autres phénomènes associés à l'éruption et tirer les conclusions qui alimenteront la base de connaissances sur la prévision et la prévention des éruptions du Karthala.

 

Enfin, en tant que risque majeur du pays, les éruptions volcaniques devront faire l'objet d'une campagne d'information et desensibilisation de toute la population, notamment les jeunes (dans les écoles), non seulement sur les menaces réelles que présente l'éruption volcanique mais aussi ses atouts scientifiques et économiques et surtout les comportement à adopter face à ce genre de risque.

 

 

Le phénomène volcanique Les différents mécanismes éruptifs

 

 

Les produits émis par les volcans permettent de distinguer deux grands types de dynamismes éruptifs. Le premier est caractérisé par l'émission de lave, tandis que dans le second, le magma se fragmente en trois phases à la suite d'une explosion : liquide, solide et gazeuse. Selon la forme d'éjection de ces éléments, on parle d'éruptions de type retombée ou de type nuée ardente.

 

Les éruptions de lave :

 

Le magma liquide déborde du cratère et s'épanche sous l'effet de la gravité en empruntant les vallées qui entaillent les flancs du cône. La vitesse d'écoulement de la lave peut atteindre jusqu'à 75 km/h. Tout dépend de la fluidité de la lave, de sa composition, de sa température ainsi que de la pente du volcan. Si la lave est particulièrement visqueuse, elle peut former un dôme ou une aiguille pouvant atteindre plusieurs centaines de mètres de hauteur.

Dans certains cas, un lac de lave permanent peut se maintenir à l'intérieur du cratère, soit qu'il continue à être alimenté par la cheminée, soit qu'il résulte de l'accumulation de coulées très fluides n'ayant pas réussi à gagner les flancs externes du cratère.

 

Les retombées :

 

Certaines éruptions explosives fragmentent le magma et propulsent les ejecta, c'est-à-dire tout ce qui est rejeté par un volcan et qui n'est pas de la lave, plus ou moins verticalement hors du cratère.

Chaque éruption est caractérisée par une catégorie particulière d'ejecta. Ce sont ces produits qui, par leur accumulation, forment progressivement les cônes volcaniques.

 

Les écoulements pyroclastiques :

 

Ils correspondent à l'émission brutale et dirigée d'une émulsion intime de liquide et de gaz magmatique dans laquelle le gaz constitue la phase continue, transportant des éléments solides en suspension.

La nuée ardente est l'une des manifestations les plus courantes de ce type d'éruption ; c'est aussi la plus meurtrière !

Ces différents types de mécanismes éruptifs peuvent se succéder au cours de l'histoire d'un volcan, les retombées donnant naissance au cône alors qu'un écoulement pyroclastique peut se dérouler lors d'un épisode éruptif postérieur.

 

L'origine du magma

            

 La synthèse des données fournies par différentes études a permis de caractériser la roche-mère des magmas, la pyrolite, pierre qui se compose principalement de pyroxène et d'olivine. C'est elle qui constitue le manteau [1].

 

Il n'existe à l'intérieur du globe terrestre que deux zones présentant des roches en fusion :

 

* le noyau externe (mais, trop profond, il est séparé de la surface par des roches à l'état solide) ;

* la LVZ (Low Velocity Zone), étroite bande de roches partiellement fondues qui sépare la lithosphère [2] de l'asthénosphère [3].

Le reste de la planète est à l'état solide, la pyrolite aussi. Pourquoi celle-ci subit-elle alors une fusion donnant naissance au magma qui s'épanche en surface ?

 

Le déclenchement des éruptions 

          

Quatre facteurs semblent jouer un rôle particulièrement important dans le déclenchement des éruptions : le contrôle tectonique, la différenciation magmatique et le mélange des magmas, les éléments volatils, la résistance à la traction.

 

Le contrôle tectonique :

 

Si, dans les zones de distension, il semble évident que le magma puisse remonter le long des failles, en revanche, dans les zones de compression, les brusques variations de déplacement des plaques induisent alternativement l'ouverture, puis la fermeture de fractures par lesquelles s'insinue le magma.

 

La différenciation magmatique et le mélange des magmas :

 

La stratification de la chambre conduit à la séparation de différents magmas. Le mélange de ceux-ci et/ou l'irruption d'un nouveau liquide dans la chambre engendre un déséquilibre chimique et thermodynamique, initialement de très courte durée, de l'ordre de la semaine.

 

Les éléments volatiles :

 

Ils créent de fortes surpressions, lors de la transformation liquide/vapeur. L'eau, principal élément volatil, peut avoir trois origines : juvénile, elle provient du manteau ou de la plaque plongeante et est alors injectée dès la formation du magma ; météorique, elle s'infiltre au sein de l'édifice volcanique, pouvant atteindre le magma à grande profondeur ; superficielle, elle donne à l'éruption un caractère souterrain.

 

La résistance à la traction :

 

C'est la force opposée par l'édifice volcanique à la poussée exercée par le magma lors de sa remontée dans ce dernier.

La difficulté de prévision des éruptions volcaniques résulte de l'action conjuguée de plusieurs de ces facteurs.

 

La prévision des éruptions 

           

Sept risques volcanologiques majeurs ont été définis :

* les coulées de lave,

* les retombées,

* les écoulements pyroclastiques,

* les gaz,qui sont des risques primaires directement liés à l'activité des volcans.

* les lahars (ou torrents de boue),

* les glissements de terrain,

* les raz de marée, qui sont des risques secondaires.

Seule une parfaite connaissance de l'activité de base d'un volcan autorise l'interprétation d'une variation quelconque comme étant les prémices d'une éruption.

Les principaux paramètres mesurés de façon continue sont les suivants :

* L'activité sismique : les trémors, ébranlements sismiques très proches dans le temps et de faible intensité, trahissent la remontée du magma dans la cheminée.

* La déformation des sols : cette même remontée de magma provoque une augmentation du volume de l'édifice volcanique, certes très faible, mais quand même mesurable.

* Les variations magnétiques et gravimétriques : la présence de magma à faible profondeur induit des variations de contraintes des roches, qui modifient leur magnétisme naturel ainsi que leur résistivité.

* La température et le chimisme des fluides : toute modification de l'activité du volcan modifie les caractéristiques physico-chimiques des gaz émis par le volcan ou bien des eaux percolant à travers ce dernier.

L'ensemble des données recueillies peut être traité sur place si l'infrastructure existe, ou bien être envoyé par satellite à des centres de recherche éloignés, dans le cadre d'un vaste réseau de surveillance.

 

Un peu d'histoire

C'est aux anciens Grecs que l'on doit les premiers essais de rationalisation du phénomène volcanique.

 

Pour Thalès, la Terre était un disque flottant sur un océan dont les tempêtes déclenchaient séismes et éruptions.

 

Anaximandre invoquait la rencontre du froid et du chaud comme mécanisme déclencheur.

 

Platon  supposait l'existence d'un énorme fleuve souterrain, le Pyriphlégéton, alimentant en permanence les bouches éruptives.

 

Quant à Aristote, séismes et éruptions n'étaient pour lui que les spasmes d'un organisme vivant nommé la Terre.

Quelques philosophes sont allés vérifier sur le terrain la réalité de leurs interprétations, au péril de leur vie.

 

C'est ainsi qu'Empédocle  s'était fait construire un observatoire au sommet de l'Etna, dans le cratère duquel il finit par se jeter, désespéré par l'inefficacité de son travail.

 

Pline l'Ancien décrivit minutieusement dans son "histoire naturelle" les éruptions qu'il observait. Il périt lors de celle du Vésuve de 79 après J-C, en se portant au secours des habitants de Pompéi et de Stabies.

Il faut ensuite attendre la Renaissance pour que quelques progrès voient le jour. Deux grands courants de pensée s'affrontèrent alors.

Abraham Werner pensait que la Terre avait été longtemps recouverte par un océan au sein duquel toutes les roches se seraient formées par précipitation, les roches volcaniques (d'origine récente) n'étant que la conséquence des feux de charbon.

 

A l'opposé, James Hutton (1726-1797) affirmait qu'au centre de la Terre existait une zone en fusion, les éruptions n'en étant que la manifestation extérieure. C'est cette théorie qui fut peu à peu privilégiée au XIXème siècle, grâce à de nombreuses découvertes.

 

Robert Bunsen  réalisa les premiers prélèvements de gaz volcaniques sur l'Hekla, en Islande, en 1846. Henri Sainte-Claire-Deville  découvrit que la nature et le rapport des gaz varient au cours d'une éruption. Henry Sorby, s'inspirant des travaux de William Nicol, effectua les premières observations de lames minces au microscope polarisant. Enfin, Norman Bowen synthétisa, pour la première fois, des minéraux en laboratoire.

 

La volcanologie moderne a pour but de prévoir les éruptions. Elle se fonde sur l'observation permanente des volcans actifs. Le premier laboratoire fut créé par Ferdinand II de Bourbon en 1841 sur le Vésuve. Thomas Jaggar en implanta un sur le Kilauea en 1912. Il fallut attendre 1953 pour que celui de l'Etna fût édifié, à l'instigation d'Alfred Rittman et d'Haroun Tazieff [9]. Il fut ensuite détruit lors d'une Eruption.

 

Les grandes éruptions de l'histoire             

 

1679     Le Vésuve recouvre Pompéi d'une couche de cendres et de scories, et Herculanum d'une coulée de boue faisant plusieurs milliers de victimes.

1783     L'éruption fissurale du Laki, en Islande, provoque la mort de plus de 10000 personnes par les torrents de lave, mais aussi par ses projections de cendres qui recouvrirent la région et tuèrent le bétail.

1792     L'Unzendabe, au Japon, ensevelit 10000 personnes sous des torrents de boue.

1815     L'éruption du Tambora, en Indonésie, historiquement la plus puissante du siècle, fait 92000 victimes.

1883     L'éruption du volcan de l'île indonésienne de Krakatau provoque la mort de 36000 personnes par le raz de marée qu'elle engendre.

1902     La ville de Saint Pierre, à La Martinique, est anéantie avec ses 28000 habitants par une nuée ardente issue de la montagne Pelée.

1985     L'explosion du Nevado del Ruiz, en Colombie, entraîne la fonte du glacier sommital, engendrant des torrents de boue qui font plus de 20000 victimes dans la ville d'Armero.

Le Vatnajkull, en Islande, sans faire de victimes connues, isole toute une partie de l'île.

 

A LIRE :

 

Comores Les Nouveaux Mercenaires

((Pascal PERRI, L'Harmattan, 1994, 174p)

Pascal Perri nous entraîne au cœur des intrigues Comoriennes. Ils nous invite à une passionnante aventure internationale peuplée d'hommes d'affaires vérreux et de mercenaires sans scrupules.

A l'issue d'une longue et minutieuse enquête, Pascal Perri nous fait pénétrer dans les coulisses des trafics d'armes et des détournements de fonds publics. Il révèle les nouvelles stratégies régionales des pays arabes, de l'Afrique du Sud et des Etats Unis en Afrique orientale et revient sur le rôle véritable de Bob Denard et les circonstances précises de l'assassinat du président Abdallah.

Un livre à lire pour comprendre les relations franco-comoriennes et les nouveaux enjeux géostratégiques dans l'Océan Indien.

 

Les Comores Un Etat en construction

(Abdou DJABIR, L'Harmattan, 1993, 188p)

Construire un Etat moderne dans un petit pays pauvre et à partir d'une société éclatée, voila le pari que veulent gagner les comoriens depuis l'indépendance.

l'auteur dresse l'état des lieux. S'appuyant sur l'étude détaillée de la décennie 1980-1990, analysant le fonctionnement des institutions politiques et les données socio-économiques, il met à jour les atouts mais aussi les handicaps qui pèsent sur le développement des Comores. Il en ressort notamment que l'avenir ne dépend pas seulement de réformes structurelles internes et/ou de la bonne gestion du pays, mais aussi de tout un environnement élargi à l'Océan Indien à l'Afrique orientale et australe.

pour l'heure Mayotte est "assaillie par les réfugiés" venus des îles soeurs où l'économie est étouffée sous les ajustements structurels imposés par les institutions internationales. Et si des organismes inter-gouvernementaux de coopération inter-régionale, telle la commission de l'Océan indien, se sont mis en place, il reste beaucoup à faire pour éviter qu'ils soient simplement une bureaucratie lourde et coûteuse.

 

 

BIC : La nouvelle direction met en place une politique visant à placer le client au centre

 

 

Les 8 et 15 avril, la BIC-Comores a organisé à l'hôtel " Le Moroni" deux petits déjeuners-clientèle dans le but d'informer ses invités sur les procédures de financement du Commerce International.

Ces réunions animés par Daniel Bacon, ( collaborateur de la BNP PARIBAS, responsable de la formation  au sein de la Division Internationale et spécialiste du commerce international ) ont eu pour but d'échanger et de dialoguer sur les procédures existantes et de permettre aux intervenants de la BIC-Comores de répondre à toutes les questions posées par les clients présents.

A noter que Daniel Bacon, profitant de son passage aux Comores  a assuré une série de conférences destinées à certains collaborateurs dont les deux thèmes centraux concernaient l'accueil et les Fondamentaux du Commerce International.

La Bic-Comores poursuit sa politique visant à placer le client au centre de sa stratégie.

 

 

 

IAV : 51 %  de la population touchée en 1970 contre 60 % en 2005.

 

Le vendredi 15 avril 2005, le Ministre d'Etat, Ministre du Plan et de l'aménagement du territoire Monsieur Said Hamzan, le Représentant résident du PN UD et Coordonnateur du Système des Nations Unies aux Comores Mme Giuseppina Mazza et le Représentant de la FAO à Madagascar, Maurice, Seychelles et Comores Monsieur Martin Smith ont fait l'honneur de lancer dans la salle d'apparat de l'hôtel Le Moroni, devant des ministres, le président de l'Assemblée de l'Union, des députés, des Représentants des Organismes Internationaux, des membres d'ONG, des délégués syndicaux et les médias. La grande cérémonie du rapport national sur l'IAV (Insécurité Alimentaire et Vulnérabilité) 2003D 2004 en prononçant des discours qui ont déclenché des bordées d'applaudissements.

Monsieur Martin Smith tient à souligner que " le développement de la pêche, la mobilisation des Associations et des Syndicats avec la Coordination des Nations Unies permettront de vaincre ". Il ajoute que le rapport met en évidence les conditions de malnutrition aux Comores : en 1970, l'IAV touchait 51 % de la population comorienne contre 60 % en 2005.

Il exige d'approfondir les motifs, réactualiser les données, multiplier les contacts, les concertations de partenaires aux niveaux insulaires et apporter des réponses pertinentes. Il explique que la superficie cultivable réduite, le système de commercialisation des produits faibles, le faible revenu des ménages détériorent d'une façon alarmante la sécurité alimentaire en particulier en zone rurale de Ngazidja, Anjouan et Mohéli.

On est loin des statistiques fantaisistes affichées ces derniers temps par les autorités qui veulent faire croire aux Comoriens qu'ils vivent mieux. Comment avec un taux de croissance nul et une démographie galopante peut-t-on parler de progrès de niveau de vie ? Heureusement qu'il y a l'apport de la diaspora qui vient atténuer la pauvreté.

Le Représentant de la FAO  poursuit en martelant son réel plaisir de déployer ses efforts en plaçant au cœur de son combat la réduction du nombre des personnes affectées par l'IAV aux Comores :" je centre mon mot sur le processus de l'impact attendu rappelle-t-il… j'exige des idées, des pratiques, des débats autour de l'IAV, pour combiner et mesurer la progression humaine… Il faut un engagement collectif couvrant plusieurs stratégies impliquant les acteurs de diverses sensibilités, respecter le caractère participatif, une autonomie d'analyse, la polémique constructive, promouvoir l'action, le changement, les stratégies alternatives, entraîner les débats et soulever des partenariats."

Monsieur Hamza s'engage à augmenter la production de la pêche de manière à réduire voir éliminer les importations de viandes et de poulets budgétivores et inaccessibles à une frange la population.

 

Hachim Said Omar