EDITION ELECTRONIQUE DU 29 AVRIL 2005
Conférence de presse de Said Larifou: “ Ne pas respecter la
tournante risquerait de ternir l'image de notre pays sur le plan international
”
Au cours d'une conférence de presse tenue ce
jeudi 28 avril, à l'hôtel Le Moroni,
l'avocat Saïd Larifou leader du parti RIDJA,
s'est exprimé sur la situation politique, sociale et économique qui
prévaut dans le pays notamment l'incontournable " tournante ". Il
a évoqué par ailleurs l'affaire Samson.
" Nous sommes la seule opposition qui
existe dans le pays. Les militants du parti RIDJA ont soutenu hier les
candidats qui se battaient pour la justice et la démocratie. Aujourd'hui nous
sommes déçus par la situation de désespoir qui prévaut dans notre pays. La
pauvreté a doublé et le Comorien n'a plus d'espoir quant à l'avenir de son
pays. Face à cette situation, nous ne pouvons pas croiser les bras.
Actuellement le RIDJA n'appartient à aucun camp politique.: ni Union ni
Mdjindjingo. Nous soutiendrons toute action qui ira dans le sens du bien-être
des Comoriens " a déclaré Said Larifou à l'ouverture de la conférence.
A une question qui lui a été posée concernant
le discours du camp du colonel Azali soutenant à l'envi que " les
Comoriens vivent mieux aujourd'hui que dans le passé ", Maître Larifou a
répondu : " Ce que je sais c'est que la pauvreté a doublé. Ma mère quand
elle se lève le matin son principal souci c'est se nourrir. Le pays sombre dans
la misère : pas d'électricité, pas de salaires pour les fonctionnaires et
agents de l'administration, la communication téléphonique la plus chère du
monde, tous les indicateurs de l'économie sont au rouge…On ne peut pas donc
parler d'une vie meilleure et encore moins d'une croissance ".
Interrogé sur la création de l'université, le
leader du parti RIDJA s'est exprimé ainsi : " certes nous avons besoin
d'une université pour nos enfants mais pas dans l'improvisation.
Je constate que l'actuel pouvoir s'est
précipité dans cette voie pour des raisons électoralistes ; il n'y a pas eu
d’étude de faisabilité, on ne s'est pas préparé, on a crée du jour au lendemain
une université, juste pour des raisons
électoralistes. Résultat : La qualité de l'enseignement ne répond pas aux
attentes de nos jeunes, beaucoup ont abandonné
cette université avec son enseignement au rabais. Je vous rappelle
d'ailleurs nous RIDJA, nous avons
manifesté contre la taxe de 50 FC sur le riz qui était destinée à financer
l'université car nous estimions que l'instauration de cette taxe était injuste
et rendait la vie des Comoriens plus dure ".Abordant le chapitre de la
tournante, Maître Larifou est resté ferme sur ses positions : "Quelles que
soient les raisons évoquées ici ou là, je suis favorable à la tournante. Car il
faut assurer le fonctionnement régulier du processus de réconciliation
nationale en respectant la constitution. Ceci contribuera à consolider l'esprit
de l'unité nationale. Ne pas respecter la tournante cela risquerait de créer
plus de problèmes et surtout cela ternirait l'image de notre pays sur le plan
international. Personne ne nous prendra au sérieux et personne ne viendra investir
dans ce pays. Je dois vous dire que notre démarche consiste en ce moment à
mener campagne auprès de la communauté internationale et des députés pour que
la tournante ait lieu et aille à Anjouan.
D'ailleurs notre parti se prépare pour la prochaine échéance
présidentielle, dans le respect de la tournante. Nous avons à Anjouan un
candidat de cœur mais nous n'excluons pas la possibilité d'un grand
rassemblement politique pour faire gagner le pays. Nous travaillons dans ce
sens avec des personnalités indépendantes dont certaines ont eu à assumer des
hautes responsabilités politiques au niveau national. Personnellement je suis
optimiste car nous sommes un pays jeune avec un peuple qui a soif de
changement, de démocratie et de modernité".
Et avant de clore sa conférence, Saïd Larifou
a répondu à une question sur le Samson dont il le dossier en tant qu'avocat
" Je suis constitué par les familles des victime du Samson pour défendre
ce dossier devant la justice. De ce fait, j'ai déposé une plainte contre les
pouvoirs malgache et comorien au tribunal de Majunga pour homicide involontaire
et non-assistance à personne en danger. J'ai effectué dix voyages entre La
Réunion et Madagascar. J'ai pris un postulant pour le suivi de ce dossier. J'ai
été ensuite surpris d'apprendre du procureur de Majunga que ma plainte était
irrecevable, que les procès verbaux de l'enquête ont disparu ou encore qu'une
autre information judiciaire est ouverte pour homicide involontaire sans la
non-assistance à personne en danger. La réalité dans cette affaire c'est qu'il
y a manipulation et celle -ci est l'œuvre de l'ambassadeur des Comores à
Madagascar, Mohamed Abdou, qui est, il faut le dire, du côté de l'armateur. Il
affiche d'ailleurs un mépris à l'égard de notre pays car il est venu avec un
autre bateau pour tuer encore des Comoriens. Vous savez que techniquement le
Samson n'était pas autorisé à transporter des colis et encore moins des
passagers. Il battait pavillon comorien car les autorités malgaches lui avaient
retiré le certificat de navigabilité pour des raisons techniques. Actuellement
une autre plainte est déposée en France par Maître EL-Anou et dernière
information, il y a des fortes chances que l'affaire soit jugée en France. Dans
cette affaire je voulais prendre l'opinion à témoin. "
HH
Congrès International de l'USATC : Caabi Elyachourti se porte garant
des Conventions Internationales.
Il a évoqué la genèse de la lutte syndicale.
Depuis le temps des mercenaires, "
une période de vicissitudes et d'embûches dressées sur la route, un
temps où ce mot tabou était synonyme d'opposition politique et où toute
velléité d'élan participatif était brisée. Mais nous avons hérité de ce duel
d'un cadre qui nous a renforcés ". Ivan Hoareau rappelle pour sa part: " les relations
historiques de la Réunion et des Comores dans la luttes pour les droits des
travailleurs et les thèmes majeurs sur lesquels nous avions
bâti notre union étaient La fin de l'apartaid en Afrique du Sud et Océan Indien zone de paix ; les Comores et la
Réunion sont des îles cousines et nous avons nos liens historiques et
géographiques à fortifier et à consolider…Les accords de Cotonou ont enterré
ceux de Lomé, ce qui entraîne une politique d'intégration régionale …Quelle
sera la place de chacun des pays de l'Océan Indien ? Nous allons faire valoir
le principe du Tripartisme , renforcer nos moyens de communication par le biais
de la Francophonie. Nous allons nous doter de moyens et d'outils informatiques,
multiplier les pistes qui vont abolir la distance qui nous sépare. Il faut un nouvel ordre qui passe par
l'abolition de la dette afin de mieux renforcer la maîtrise pour le
Développement. Un dialogue social où les Syndicats trouvent leur place. L'unité
nationale des Comores est un processus pour lequel l'USATC doit travailler.
", a déclaré le Secrétaire Général de la CGT section Réunion.
De son côté Omar Dico n'a pas hésité à
qualifier ce Congrès d'historique. Il a
évoqué : " le thème central de la lutte syndicale contre les dégâts
des ajustements structurels mal exécutés qui accentuent la pauvreté; les
Syndicats doivent travailler inlassablement à placer en avant et à la fin le
travailleur. Une participation effective et significative. Cultiver
l'expertise, mobiliser les ressources humaines, renforcer la capacité pour être
à la hauteur des ambitions. L'Union Africaine de la Confédération des Syndicats
Libres reste confiante. Elle exige le dialogue social nourri et entretenu. Dans
le cadre de son appui, elle veille sur la mise en route des programmes. "
Ibrahim Zakari du Bureau International des
travailleurs a exprimé " la
satisfaction d'être présent en ce jour écrit en lettres d'or dans les archives du mouvement syndical
comorien. Le BIT demeure convaincu que l'aide au développement et la
répartition des ressources passent par le Syndicat, force de proposition. Les
Délégués syndicaux comoriens négocieront et le Gouvernement comorien ne restera
pas insensible à la Convention qu'il a ratifiée… Brimer les droits humains
c'est ramer à contre courant. Le BIT apportera et renforcera le dialogue
social, instrument de rapprochement. "
Le Délégué de l'île d'Anjouan a pris la parole
et a demandé à la CGT, le BIT et la Communauté Internationale de dire à
l'actuel président de cette île comorienne de cesser de casser les
représentants syndicaux : " à Anjouan, le syndicat a été dissout et je
vous demande d'applaudir ceux qui ont osé venir ici parmi vous ; quiconque
parle de syndicat se fait battre, licencier ou emprisonner ; les larmes coulent
particulièrement dans la région de Domoni. Pourchassés par le président Mohamed
Bacar, des cerveaux comme Charkan Mzidou, Abacar Doudzou et d'autres encore ont
été contraints de fuir l'île et de s'exiler . Un même pays avec plusieurs
vitesses, c'est impensable. Le sentiment de terreur et d'injustice règne à
Anjouan. Si je suis présent ici maintenant, c'est grâce à l'USATC qui, en 2004
a ouvert un nouveau bureau. On m'a chassé de Mirontsi, mon village où
j'exerçais mes fonctions de professeur et envoyé à Bambao Mtoumi, pour le seul
motif que je suis syndicaliste. " Le Délégué de Mohéli a saisi pour sa
part l'opportunité pour dire que dans son île, il manque des cadres capables de
mener la lutte ; les bons éléments ayant utilisé le SNPC et le SNIC pour accéder
aux fonctions de commis de l'Etat ; ceux qui sont là manquent de culture
syndicale et par conséquent n'ont pas le pouvoir de s'affirmer.
Le président par intérim a chauffé la salle
par des salves d'applaudissements assourdissant en déclarant : " l'organisation
de ce Congrès constitue une marque de confiance, une marque de concertation et
de négociation de la part des membres de l'USATC. Je salue le partenariat qui
lie le mouvement national aux syndicats internationaux, qui a consolidé la
réconciliation nationale, et créé les conditions d'un véritable développement.
Le mouvement syndical est une action incontournable. Je souligne le climat de
paix qui règne dans le pays, malgré les arriérés de salaires, la crise
économique qui ne veut pas dire son nom. Je me porte garant des conventions que
l'Etat a signées et j'assure respecter, restaurer l'ordre qui fera évoluer le
climat ; l'engagement de l'Etat sera une réalité dans notre pays. Je déclare
ouvert le Premier Congrès de l'USATC ! "
Hachim Said Omar
Dans les coulisses
La Gazette a posé une question à Caabi
Elyachourti.
M.le Vice- Président, ce que vous avez avancé
correspond à un programme politique général et pour le mettre en application,
encore faut-il que vous assumiez les fonctions de magistrature suprême ; allez-vous vous portez candidat aux
élections présidentielles ?
Il a répondu ainsi :
Conformément à la constitution, les élections
présidentielles devront être tenues en 2006. Toutes les parties, sans exception
aucune, y compris la Communauté Internationale, adhèrent au processus et
souscrivent à ce calendrier électoral. J'assume un mandat politique, je suis
élu; je n'écarte donc pas l'hypothèse de me présenter, si j'estime que je peux
apporter ma contribution au développement de mon pays. L'unité des Comores n'a
pas de prix : nous devons tous défendre notre cher pays. L'expérience acquise
au cours de mon parcours politique (très souvent dans des conditions
difficiles) constitue un atout.
L'Ambassadeur de Chine visite l’observatoire du Karthala
Le mardi 26 avril, l'Ambassadeur de la
République populaire de Chine suivi d'une importante délégation s'est
rendu au CNDRS. Il a tenu à visiter en
priorité l'observatoire du Karthala (réseau d'écoute sismique) pour avoir un
maximum d'information sur la récente
éruption et sur le phénomène volcanique et sur l'histoire du Karthala.
L'ambassadeur a déclaré que le renforcement de la coopération
bilatérale entre la Chine et les Comores est un atout. La Chine est disposée à
apporter son aide aux Comores dans le domaine de la volcanologie. Il a ensuite
fait le tour des différents départements et laboratoires, avant de signer le livre d'or du Centre. Le
Directeur Ainoudin Sidi en a profité
pour montrer à l'Ambassadeur, le terrain
sur lequel il espère un jour voir le bâtiment à étage que la République
Populaire de Chine construira pour le développement de la recherche
scientifique aux Comores. L'ambassadeur lui a répondu " c'est la raison
pour laquelle j'ai tenu à venir avec mes architectes avec lesquels vous allez
étudier le projet."
Adduction d'eau : De l'amiante dans les tuyaux de la Ma-Mwé
"On qualifie l'eau de [source de vie]. Mais elle peut tout aussi
bien causer la mort ", écrivait une consœur travaillant pour un hebdomadaire
africain. Il est une réalité que les tuyaux qui distribuent l'eau, en Grande-
Comore, utilisés par la Ma-Mwé sont faits par de l'amiante- ciment. Un matériau
cancérogène. Cela concerne tout le réseau ; c'est à dire plus de dix kilomètres
de tuyauterie. Mais à la Ma-Mwé on relativise l'affaire de l'amiante : "
C'est vrai que le réseau de distribution d'eau de la Ma-Mwé est composé des
tuyaux faits à base de l'amiante -ciment. Il n'y a rien à cacher aux usagers
dans ce domaine. Seulement je peux
assurer les consommateurs que l'amiante est dangereux pour la santé par la voie
respiratoire. En revanche elle ne
nuie pas à la santé au niveau
gastrique et donc pas cancérogène. Une étude de l'Organisation mondiale de la
Santé (OMS) faite en 1980 atteste l'authenticité de cette analyse. Et j'ajoute
que nous travaillons dans le domaine de la distribution de l'eau en respectant
les normes de l'OMS. N'empêche, deux études sont faites depuis le temps de
l'EEDC et de la CEE pour remplacer les tuyaux à l'amiante-ciment qui ont 30 ans
d'âge par des tuyaux à polyéthylène haute densité (PHD. L'opération nécessite
un investissement des deux milliards FC
environ. ", explique Yahaya EL- Bakri, un spécialiste en hydraulique
urbain et directeur du secteur de l'eau à la Ma-Mwé.
Un autre problème expose les usagers à tous
les dangers. Bien que l'eau soit bien traitée à la source, il faut le
reconnaître, seulement il y a un problème au niveau de la conduite de cette eau
: c'est la vétusté de la tuyauterie qui présente des fissures partout. Il s'est
avéré en effet que des fuites sur le réseau existent et en abondance. Elles
seraient dues au mauvais état des conduites urbaines.
"
Il est une réalité que le réseau est défectueux à 60% et par conséquent
40% de l'eau qui part du château est récupérée et distribuée. Les 60% disparaissent. C'est une perte
énorme. Cette situation engendre souvent
des coupures d'eau et dérangent les consommateurs. Et au-delà du dérangement, il y a un danger pour la santé des gens. Car, voyez-vous,
le risque dans ce domaine c'est que d'abord, en Grande - Comore, le sol est
perméable et si l'eau ne coule pas
suffisamment dans les tuyaux, avec pression, il y a la possibilité que des eaux souillées et autres éléments
extérieurs s'infiltrent dans les tuyaux et favorisent le développement de
certaines maladies et là bonjour les dégâts!
Il y a quelques temps nous avions fait venir des spécialistes pour
repérer les fuites. Ils ont fait ce travail et ont colmaté quelques fissures
mais cela ne suffit pas. Il faut changer
tout le réseau. Ensuite, il faut noter qu'il y a un accroissement de la
population urbaine donc la demande d'approvisionnement en eau va, elle aussi
augmenter. Et s'il y a des pertes qui se
situent à 60% au niveau des conduites,
la Ma-Mwé ne pourra plus faire face à cette demande. Et enfin il existe un
autre problème et non des moindres : le fond de la citerne qui distribue l'eau
en ville est fait avec du bitume. Il est d'une notoriété publique que le
goudron est cancérogène. Une autre menace pour la santé des consommateurs. Il se pose donc un problème de santé publique
au niveau de la distribution de l'eau. Les autorités de tutelle doivent
agir. Si on ne revoit pas l 'étanchéité
du fond de château d'eau, on ne change
pas la tuyauterie, dès à présent, cela risque, demain, de nécessiter le double
de ce qu'il faudrait aujourd'hui avec un coût sanitaire, bien sûr. ",
prévient le directeur de la distribution
d'eau à la Ma-Mwé
L'eau qu'on appelle aussi l'or bleu est reconnue par la communauté internationale
comme étant un droit universel. Le XII ème congrès de l'Union africaine des
distributeurs d'eau (UADE) qui s'est tenu à Accra (Ghana), l'an dernier, estime
qu'on peut parler d'un " accès
raisonnable "à l'eau lorsque celui -ci correspond, à une quantité de 20
litres par jour et par personne. C'est également la position de l'ONU. On est, bien entendu,
loin de cet objectif. Ce qu'on peut exiger des princes qui nous gouvernent, en
revanche, c'est que l'eau distribuée aux populations soit propre à la
consommation car c'est la vie des usagers qui est en danger. Une chose est
certaine, on ne peut pas parler de " développement durable ou de "
lutte contre la pauvreté " en laissant distribuer des eaux souillées par
des tuyaux à l'amiante -ciment. Cela s'appelle démissionner de ses responsabilités. Nos gouvernants : de
l'Union comme ceux des îles doivent accepter de s'occuper de ce problème
fondamental qui se pose dans le pays : la distribution d'une eau potable propre
à la consommation.
Dans l'île de Mohéli lorsqu’il pleut
abondamment avec les crues des rivières,
il n y a plus de l'eau au robinet. Idem pour Anjouan où il est avéré que la
typhoïde qui fait des dégâts dans cette île est due en grande partie au fait
que l'eau est distribuée à la population sans être traitée. Autre aspect, il y
a lieu de préciser que les tuyaux
utilisés dans ces îles (Mohéli, Anjouan et peut être aussi à Mayotte) sont les
mêmes que ceux utilisés par la Ma-Mwé en Grande-Comore : des tuyaux faits à
base d'amiante-ciment avec trente ans d'âge. Force est donc de reconnaître que
l'heure n'est plus au conflit des compétences dans ce domaine ni aux palabres
sous le badamier. La santé des Comoriens et celle de tous ceux qui résident dans l'Archipel est dangereusement menacée par la distribution
d'une eau susceptible de véhiculer des bactéries et virus.
HH
10 ans d’emprisonnement requis pour un maître coranique pédophile
Le jeudi 17 avril 2005, la cour
criminelle a jugé Foundi Abou Bacar dit Cheick coupable de
violences sexuelles sur une jeune fille de dix ans. Foudi Abou enseigne le
coran. Il récidive après avoir abusé d'une autre mineure et purgé une peine de
deux ans à la maison d'arrêt de Moroni. Le procès du maître coranique a eu lieu
devant une imposante audience qui a
suivi avec attention le plaidoyer de l'avocat de la petite Réhéma. Il explique
l'intelligence carencée de la jeune
fille( elle est en classe deCP2 à un âge
où les autres enfants sont en 6ème) comme étant la conséquence des dégâts sordides
qui ont sapé son psychisme suite au comportement du Foundi . Elle déclare lui
avoir plusieurs fois rendu visites à son
domicile de Hadoudja à Moroni et le certificat médical confirme qu'il y a eu
pénétration. L'ampleur de cette sale affaire touche le cœur du pays où le bon
musulman n'est plus celui qui fait ses
prières et qui montre les repères étiques et morales de la religion qui donne
la valeur à celui qui la pratique, mais celui qui se laisse pousser la
barbichette, porte en permanence le bonnet et le boubou et fait la leçon de
morale à longueur de journée, alors que la plupart de ces porteurs de bonne
nouvelle ne sont que des hors-la-loi dénués de règle morale.
Ce qu'ils affichent à l'extérieur est le
masque qu'ils utilisent pour mieux tromper les gens. Le procureur exhorte à rompre le mur du
silence, à cesser de régler ces actes criminels à l'amiable et à porter les
affaires de viol sur les mineurs au tribunal afin d'éviter les récidives , car
ces pratiques persistent et mettent en
péril la survie de l'enfant Comorien.Il a demandé 10 ans d’emprisonnement dont
5 fermes.
A Marseille, à Mayotte comme à la Réunion, ces
pratiques des maîtres coraniques sont tous les jours sévèrement sanctionnées
par les tribunaux.
Hachim Said Omar
Communiqué de la Coordination
des Associations de la Diaspora Comorienne
Les 4 et 5 avril 2005 s'est tenue à Paris une
réunion de la commission mixte franco-comorienne annoncée et préparée depuis
longtemps par les autorités comoriennes et françaises.
L'Etat comorien avait annoncé par
l'intermédiaire du Ministre des Relations Extérieures et des piliers du parti
CRC du colonel Azali, désignés pour préparer cette réunion avec la partie
française, qu'elle allait réclamer l'engagement de discussions sur le retour de
Mayotte, et en attendant ce retour la suppression du visa Balladur qui fait
encore tant de morts (plus de 4000 personnes depuis 1995).
L'Etat français a déclaré par divers
porte-parole que cette commission ne devait parler que de la relance de la
coopération franco-comorienne, notamment en matière de lutte contre
l'immigration, c'est-à-dire essentiellement contre les Comoriens qui souhaitent
se rendre dans l'île comorienne de Mayotte.
La DIASCOM a pris connaissance du
procès-verbal de cette 5ème commission mixte franco-comorienne paraphé par le
ministre français de la coopération, M. Xavier DARCOS et par le ministre
comorien des Relations extérieures M. Soeuf ELAMINE.
La DIASCOM tient préalablement à se
désolidariser entièrement du contenu de cet accord, d'autant plus que son
préambule mentionne le fait que "des représentants de la diaspora " y
soient associés.
Affirmons le clairement : ces accords
respirent le renoncement et l'abandon de " Mayotte - Terre Comorienne
".
La DIASCOM ne cautionne ni l'esprit ni les
termes de ces accords.
L'esprit peut se résumer dans les propos du
ministre des Relations Extérieures, propos recueillis par l'agence Angola Press
" La question de Mayotte n`a pas été un motif de divergences entre la
France et les Comores lors de la réunion de la Commission mixte " et plus
loin " nous avons proposé que Mayotte s`associe aux compétitions sportives
organisées aux Comores et dans la région "
Ces propos, tenus pour la première fois par un
ministre comorien, sont plus qu'ambigus. Ils s'inscrivent dans une rupture
nette avec la revendication ferme et non négociable de l'intégrité territoriale
des Comores et de " Mayotte, terre comorienne ".
Le chapitre consacré à la circulation des
personnes est on ne peut plus clair : Le gouvernement comorien, pour la
première fois dans l'histoire des Comores indépendantes, signe un document
officiel franco-comorien, où les Comoriens sont considérés comme illégaux chez
eux sur l'île comorienne de Mayotte(…).
Le gouvernement prend la responsabilité
historique, à travers ces accords, de reconnaître à l'occupant français à
Mayotte un statut légal. Il pactise avec la France dans une répression d'une
soi- disante immigration illégale.
La DIASCOM, Coordination des Associations
de la Diaspora Comorienne en France,
conformément à ses principes et à sa charte,
dénonce avec la plus grande fermeté, ces accords iniques et contraires à
la loi internationale. Elle appelle :
-l'ensemble de la Diaspora à dénoncer ces
accords,
-l'Etat comorien à refuser de collaborer dans
la lutte contre les Comoriens qui souhaitent se rendre à Mayotte (reconnue
comme comorienne par toutes les instances internationales),
-l'Assemblée nationale comorienne à voter une
motion condamnant ces accords auxquelles elle n'a même pas été conviée,
-les Présidents et les Assemblées des îles
autonomes à refuser d'appliquer la partie politique de ces accords,
-l'ensemble des fonctionnaires comoriens à ne
pas appliquer des mesures de coercition contre nos compatriotes qui souhaitent
se rendre à Mayotte,
-l'Etat français à renoncer au principe du
chantage à la coopération qui est au centre des relations franco-comoriennes
depuis 1975, à prendre la mesure de l'évolution des conditions politiques,
économiques et démographiques dans l'archipel, et à cesser de mettre des
barrières entre les Comoriens de l'archipel.
Fait à Paris le 22 avril 2005
Le bureau et le Conseil d'administration de la
DIASCOM
Lire... relire
Etat français et colons aux Comores (1912-1946)
(Mahmoud IBRAHIME, L'Harmattan, 1997, 152p)
Les soubresauts que connaît l'archipel des
Comores depuis son indépendance en 1975 amènent de nombreux comoriens à
s'intéresser de plus en plus à leur propre histoire contemporaine. Ils espèrent
y trouver les raisons des mécomptes de tous ordres pour tirer des leçons qui
pourraient apporter une amélioration à leur pays.
Pourquoi en 1912 la France décide-t-elle de
faire de cet archipel sans ressources économiques suffisantes une colonie ?
Quelles sont les conséquences du rattachement des Comores à Madagascar entre
1912 et 1946 ? Quels rôles jouent l'administration et la colonisation aux
Comores pendant cette période?
Cet ouvrage analyse les conflits qui, dans
cette situation de colonisation, ont opposé les représentants de l'Etat
colonial français aux Comoriens et aux sociétés coloniales. Il examine les
mécanismes qui peuvent expliquer en partie l'archaïsme que connaît la société
comorienne aujourd'hui.
Le pouvoir de l'honneur : Tradition et contestation en Grande
Comore
( Sultan CHOUZOUR, L'Harmattan, 1994, 284p )
" L'honneur comme principe organisateur
de toute vie sociale " : c'est en partant de cette observation complète de
la société de la Grande Comore et pose les questions essentielles concernant
son évolution. Les Comores constituent une sorte de laboratoire où sont
concentrés des éléments socio-culturels issus des échanges multiples dont
l'Océan indien a été le cadre, influence française comprise. En décrivant
l'Islam comorien, généreux et ouvert, et la vie sociale et individuelle dont
les scènes essentielles se jouent dans le cadre de ce qu'on nomme le
grand-mariage, l'auteur annonce les grandes interrogations des Comoriens sur
leur identité et leur avenir : cet honneur érigé en système est-il compatible
avec le développement du pays ?