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EDITION ELECTRONIQUE DU 29 AVRIL 2005

 

 

Conférence de presse de Said Larifou: “ Ne pas respecter la tournante risquerait de ternir l'image de notre pays sur le plan international ”

 

Au cours d'une conférence de presse tenue ce jeudi 28 avril, à  l'hôtel Le Moroni, l'avocat Saïd Larifou leader du parti RIDJA,  s'est exprimé sur la situation politique, sociale et économique qui prévaut dans le pays notamment l'incontournable " tournante ". Il a  évoqué par ailleurs l'affaire Samson.

 

" Nous sommes la seule opposition qui existe dans le pays. Les militants du parti RIDJA ont soutenu hier les candidats qui se battaient pour la justice et la démocratie. Aujourd'hui nous sommes déçus par la situation de désespoir qui prévaut dans notre pays. La pauvreté a doublé et le Comorien n'a plus d'espoir quant à l'avenir de son pays. Face à cette situation, nous ne pouvons pas croiser les bras. Actuellement le RIDJA n'appartient à aucun camp politique.: ni Union ni Mdjindjingo. Nous soutiendrons toute action qui ira dans le sens du bien-être des Comoriens " a déclaré Said Larifou à l'ouverture de la conférence.

 

A une question qui lui a été posée concernant le discours du camp du colonel Azali soutenant à l'envi que " les Comoriens vivent mieux aujourd'hui que dans le passé ", Maître Larifou a répondu : " Ce que je sais c'est que la pauvreté a doublé. Ma mère quand elle se lève le matin son principal souci c'est se nourrir. Le pays sombre dans la misère : pas d'électricité, pas de salaires pour les fonctionnaires et agents de l'administration, la communication téléphonique la plus chère du monde, tous les indicateurs de l'économie sont au rouge…On ne peut pas donc parler d'une vie meilleure et encore moins d'une croissance ".

 

Interrogé sur la création de l'université, le leader du parti RIDJA s'est exprimé ainsi : " certes nous avons besoin d'une université pour nos enfants mais pas dans l'improvisation.

 

Je constate que l'actuel pouvoir s'est précipité dans cette voie pour des raisons électoralistes ; il n'y a pas eu d’étude de faisabilité, on ne s'est pas préparé, on a crée du jour au lendemain une université, juste pour  des raisons électoralistes. Résultat : La qualité de l'enseignement ne répond pas aux attentes de nos jeunes, beaucoup ont abandonné  cette université avec son enseignement au rabais. Je vous rappelle d'ailleurs  nous RIDJA, nous avons manifesté contre la taxe de 50 FC sur le riz qui était destinée à financer l'université car nous estimions que l'instauration de cette taxe était injuste et rendait la vie des Comoriens plus dure ".Abordant le chapitre de la tournante, Maître Larifou est resté ferme sur ses positions : "Quelles que soient les raisons évoquées ici ou là, je suis favorable à la tournante. Car il faut assurer le fonctionnement régulier du processus de réconciliation nationale en respectant la constitution. Ceci contribuera à consolider l'esprit de l'unité nationale. Ne pas respecter la tournante cela risquerait de créer plus de problèmes et surtout cela ternirait l'image de notre pays sur le plan international. Personne ne nous prendra au sérieux et personne ne viendra investir dans ce pays. Je dois vous dire que notre démarche consiste en ce moment à mener campagne auprès de la communauté internationale et des députés pour que la tournante ait lieu et aille à Anjouan.  D'ailleurs notre parti se prépare pour la prochaine échéance présidentielle, dans le respect de la tournante. Nous avons à Anjouan un candidat de cœur mais nous n'excluons pas la possibilité d'un grand rassemblement politique pour faire gagner le pays. Nous travaillons dans ce sens avec des personnalités indépendantes dont certaines ont eu à assumer des hautes responsabilités politiques au niveau national. Personnellement je suis optimiste car nous sommes un pays jeune avec un peuple qui a soif de changement, de démocratie et de modernité".

 

Et avant de clore sa conférence, Saïd Larifou a répondu à une question sur le Samson dont il le dossier en tant qu'avocat " Je suis constitué par les familles des victime du Samson pour défendre ce dossier devant la justice. De ce fait, j'ai déposé une plainte contre les pouvoirs malgache et comorien au tribunal de Majunga pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger. J'ai effectué dix voyages entre La Réunion et Madagascar. J'ai pris un postulant pour le suivi de ce dossier. J'ai été ensuite surpris d'apprendre du procureur de Majunga que ma plainte était irrecevable, que les procès verbaux de l'enquête ont disparu ou encore qu'une autre information judiciaire est ouverte pour homicide involontaire sans la non-assistance à personne en danger. La réalité dans cette affaire c'est qu'il y a manipulation et celle -ci est l'œuvre de l'ambassadeur des Comores à Madagascar, Mohamed Abdou, qui est, il faut le dire, du côté de l'armateur. Il affiche d'ailleurs un mépris à l'égard de notre pays car il est venu avec un autre bateau pour tuer encore des Comoriens. Vous savez que techniquement le Samson n'était pas autorisé à transporter des colis et encore moins des passagers. Il battait pavillon comorien car les autorités malgaches lui avaient retiré le certificat de navigabilité pour des raisons techniques. Actuellement une autre plainte est déposée en France par Maître EL-Anou et dernière information, il y a des fortes chances que l'affaire soit jugée en France. Dans cette affaire je voulais prendre l'opinion à témoin. "

 

 

HH

 

 

Congrès International de l'USATC : Caabi Elyachourti se porte garant des Conventions Internationales.

 

Il a évoqué la genèse de la lutte syndicale. Depuis le temps des mercenaires, "  une période de vicissitudes et d'embûches dressées sur la route, un temps où ce mot tabou était synonyme d'opposition politique et où toute velléité d'élan participatif était brisée. Mais nous avons hérité de ce duel d'un cadre qui nous a renforcés ". Ivan Hoareau  rappelle pour sa part: " les relations historiques de la Réunion et des Comores dans la luttes pour les droits des travailleurs  et  les thèmes majeurs sur lesquels nous avions bâti notre union étaient La fin de l'apartaid en Afrique du Sud et  Océan Indien zone de paix ; les Comores et la Réunion sont des îles cousines et nous avons nos liens historiques et géographiques à fortifier et à consolider…Les accords de Cotonou ont enterré ceux de Lomé, ce qui entraîne une politique d'intégration régionale …Quelle sera la place de chacun des pays de l'Océan Indien ? Nous allons faire valoir le principe du Tripartisme , renforcer nos moyens de communication par le biais de la Francophonie. Nous allons nous doter de moyens et d'outils informatiques, multiplier les pistes qui vont abolir la distance qui nous sépare.  Il faut un nouvel ordre qui passe par l'abolition de la dette afin de mieux renforcer la maîtrise pour le Développement. Un dialogue social où les Syndicats trouvent leur place. L'unité nationale des Comores est un processus pour lequel l'USATC doit travailler. ", a déclaré le Secrétaire Général de la CGT section Réunion.

 

De son côté Omar Dico n'a pas hésité à qualifier ce Congrès d'historique. Il a  évoqué : " le thème central de la lutte syndicale contre les dégâts des ajustements structurels mal exécutés qui accentuent la pauvreté; les Syndicats doivent travailler inlassablement à placer en avant et à la fin le travailleur. Une participation effective et significative. Cultiver l'expertise, mobiliser les ressources humaines, renforcer la capacité pour être à la hauteur des ambitions. L'Union Africaine de la Confédération des Syndicats Libres reste confiante. Elle exige le dialogue social nourri et entretenu. Dans le cadre de son appui, elle veille sur la mise en route des programmes. "

 

Ibrahim Zakari du Bureau International des travailleurs a exprimé "  la satisfaction d'être présent en ce jour écrit en lettres d'or  dans les archives du mouvement syndical comorien. Le BIT demeure convaincu que l'aide au développement et la répartition des ressources passent par le Syndicat, force de proposition. Les Délégués syndicaux comoriens négocieront et le Gouvernement comorien ne restera pas insensible à la Convention qu'il a ratifiée… Brimer les droits humains c'est ramer à contre courant. Le BIT apportera et renforcera le dialogue social, instrument de rapprochement. "

 

Le Délégué de l'île d'Anjouan a pris la parole et a demandé à la CGT, le BIT et la Communauté Internationale de dire à l'actuel président de cette île comorienne de cesser de casser les représentants syndicaux : " à Anjouan, le syndicat a été dissout et je vous demande d'applaudir ceux qui ont osé venir ici parmi vous ; quiconque parle de syndicat se fait battre, licencier ou emprisonner ; les larmes coulent particulièrement dans la région de Domoni. Pourchassés par le président Mohamed Bacar, des cerveaux comme Charkan Mzidou, Abacar Doudzou et d'autres encore ont été contraints de fuir l'île et de s'exiler . Un même pays avec plusieurs vitesses, c'est impensable. Le sentiment de terreur et d'injustice règne à Anjouan. Si je suis présent ici maintenant, c'est grâce à l'USATC qui, en 2004 a ouvert un nouveau bureau. On m'a chassé de Mirontsi, mon village où j'exerçais mes fonctions de professeur et envoyé à Bambao Mtoumi, pour le seul motif que je suis syndicaliste. " Le Délégué de Mohéli a saisi pour sa part l'opportunité pour dire que dans son île, il manque des cadres capables de mener la lutte ; les bons éléments ayant utilisé le SNPC et le SNIC pour accéder aux fonctions de commis de l'Etat ; ceux qui sont là manquent de culture syndicale et par conséquent n'ont pas le pouvoir de s'affirmer.

 

Le président par intérim a chauffé la salle par des salves d'applaudissements assourdissant en déclarant : " l'organisation de ce Congrès constitue une marque de confiance, une marque de concertation et de négociation de la part des membres de l'USATC. Je salue le partenariat qui lie le mouvement national aux syndicats internationaux, qui a consolidé la réconciliation nationale, et créé les conditions d'un véritable développement. Le mouvement syndical est une action incontournable. Je souligne le climat de paix qui règne dans le pays, malgré les arriérés de salaires, la crise économique qui ne veut pas dire son nom. Je me porte garant des conventions que l'Etat a signées et j'assure respecter, restaurer l'ordre qui fera évoluer le climat ; l'engagement de l'Etat sera une réalité dans notre pays. Je déclare ouvert le Premier Congrès de l'USATC ! "

 

 

Hachim Said Omar

 

 

Dans les coulisses

 

La Gazette a posé une question à Caabi Elyachourti.

 

M.le Vice- Président, ce que vous avez avancé correspond à un programme politique général et pour le mettre en application, encore faut-il que vous assumiez les fonctions de magistrature  suprême ; allez-vous vous portez candidat aux élections présidentielles ?

 

Il a répondu ainsi :

 

Conformément à la constitution, les élections présidentielles devront être tenues en 2006. Toutes les parties, sans exception aucune, y compris la Communauté Internationale, adhèrent au processus et souscrivent à ce calendrier électoral. J'assume un mandat politique, je suis élu; je n'écarte donc pas l'hypothèse de me présenter, si j'estime que je peux apporter ma contribution au développement de mon pays. L'unité des Comores n'a pas de prix : nous devons tous défendre notre cher pays. L'expérience acquise au cours de mon parcours politique (très souvent dans des conditions difficiles) constitue un  atout.

 

 

L'Ambassadeur de Chine visite l’observatoire du Karthala

 

Le mardi 26 avril, l'Ambassadeur de la République populaire de Chine suivi d'une importante délégation s'est rendu  au CNDRS. Il a tenu à visiter en priorité l'observatoire du Karthala (réseau d'écoute sismique) pour avoir un maximum d'information  sur la récente éruption et sur le phénomène volcanique et sur l'histoire du Karthala. L'ambassadeur  a déclaré  que le renforcement de la coopération bilatérale entre la Chine et les Comores est un atout. La Chine est disposée à apporter son aide aux Comores dans le domaine de la volcanologie. Il a ensuite fait le tour des différents départements et laboratoires,  avant de signer le livre d'or du Centre. Le Directeur  Ainoudin Sidi en a profité pour montrer à  l'Ambassadeur, le terrain sur lequel il espère un jour voir le bâtiment à étage que la République Populaire de Chine construira pour le développement de la recherche scientifique aux Comores. L'ambassadeur lui a répondu " c'est la raison pour laquelle j'ai tenu à venir avec mes architectes avec lesquels vous allez étudier le projet."

 

 

Adduction d'eau : De l'amiante dans les tuyaux de la Ma-Mwé

 

 

"On qualifie l'eau de  [source de vie]. Mais elle peut tout aussi bien causer la mort ", écrivait une consœur travaillant pour un hebdomadaire africain. Il est une réalité que les tuyaux qui distribuent l'eau, en Grande- Comore, utilisés par la Ma-Mwé sont faits par de l'amiante- ciment. Un matériau cancérogène. Cela concerne tout le réseau ; c'est à dire plus de dix kilomètres de tuyauterie. Mais à la Ma-Mwé on relativise l'affaire de l'amiante : " C'est vrai que le réseau de distribution d'eau de la Ma-Mwé est composé des tuyaux faits à base de l'amiante -ciment. Il n'y a rien à cacher aux usagers dans ce domaine.  Seulement je peux assurer les consommateurs que l'amiante est dangereux pour la santé par la voie respiratoire. En revanche elle ne  nuie  pas à la santé au niveau gastrique et donc pas cancérogène. Une étude de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) faite en 1980 atteste l'authenticité de cette analyse. Et j'ajoute que nous travaillons dans le domaine de la distribution de l'eau en respectant les normes de l'OMS. N'empêche, deux études sont faites depuis le temps de l'EEDC et de la CEE pour remplacer les tuyaux à l'amiante-ciment qui ont 30 ans d'âge par des tuyaux à polyéthylène haute densité (PHD. L'opération nécessite un investissement  des deux milliards FC environ. ", explique Yahaya EL- Bakri, un spécialiste en hydraulique urbain et directeur du secteur de l'eau à la Ma-Mwé. 

 

Un autre problème expose les usagers à tous les dangers. Bien que l'eau soit bien traitée à la source, il faut le reconnaître, seulement il y a un problème au niveau de la conduite de cette eau : c'est la vétusté de la tuyauterie qui présente des fissures partout. Il s'est avéré en effet que des fuites sur le réseau existent et en abondance. Elles seraient dues au mauvais état des conduites urbaines.

 

"  Il est une réalité que le réseau est défectueux à 60% et par conséquent 40% de l'eau qui part du château est récupérée et distribuée.  Les 60% disparaissent. C'est une perte énorme.  Cette situation engendre souvent des coupures d'eau et dérangent les consommateurs. Et au-delà du  dérangement, il y  a un danger pour la santé des gens. Car, voyez-vous, le risque dans ce domaine c'est que d'abord, en Grande - Comore, le sol est perméable et si l'eau  ne coule pas suffisamment dans les tuyaux, avec pression, il y a  la possibilité  que des eaux souillées et autres éléments extérieurs s'infiltrent dans les tuyaux et favorisent le développement de certaines maladies et là bonjour les dégâts!  Il y a quelques temps nous avions fait venir des spécialistes pour repérer les fuites. Ils ont fait ce travail et ont colmaté quelques fissures mais cela ne suffit pas. Il faut  changer tout le réseau. Ensuite, il faut noter qu'il y a un accroissement de la population urbaine donc la demande d'approvisionnement en eau va, elle aussi augmenter. Et s'il y a des  pertes qui se situent à  60% au niveau des conduites, la Ma-Mwé ne pourra plus faire face à cette demande. Et enfin il existe un autre problème et non des moindres : le fond de la citerne qui distribue l'eau en ville est fait avec du bitume. Il est d'une notoriété publique que le goudron est cancérogène. Une autre menace pour la santé des consommateurs.  Il se pose donc un problème de santé publique au niveau de la distribution de l'eau. Les autorités de tutelle doivent agir.  Si on ne revoit pas l 'étanchéité du  fond de château d'eau, on ne change pas la tuyauterie, dès à présent, cela risque, demain, de nécessiter le double de ce qu'il faudrait aujourd'hui avec un coût sanitaire, bien sûr. ", prévient  le directeur de la distribution d'eau à la Ma-Mwé 

 

L'eau qu'on appelle aussi l'or bleu est  reconnue par la communauté internationale comme étant un droit universel. Le XII ème congrès de l'Union africaine des distributeurs d'eau (UADE) qui s'est tenu à Accra (Ghana), l'an dernier, estime qu'on peut parler d'un  " accès raisonnable "à l'eau lorsque celui -ci correspond, à une quantité de 20 litres par jour et par personne. C'est également  la position de l'ONU. On est, bien entendu, loin de cet objectif. Ce qu'on peut exiger des princes qui nous gouvernent, en revanche, c'est que l'eau distribuée aux populations soit propre à la consommation car c'est la vie des usagers qui est en danger. Une chose est certaine, on ne peut pas parler de " développement durable ou de " lutte contre la pauvreté " en laissant distribuer des eaux souillées par des tuyaux à l'amiante -ciment. Cela s'appelle démissionner  de ses responsabilités. Nos gouvernants : de l'Union comme ceux des îles doivent accepter de s'occuper de ce problème fondamental qui se pose dans le pays : la distribution d'une eau potable propre à la consommation.

 

Dans l'île de Mohéli lorsqu’il pleut abondamment  avec les crues des rivières, il n y a plus de l'eau au robinet. Idem pour Anjouan où il est avéré que la typhoïde qui fait des dégâts dans cette île est due en grande partie au fait que l'eau est distribuée à la population sans être traitée. Autre aspect, il y a lieu de  préciser que les tuyaux utilisés dans ces îles (Mohéli, Anjouan et peut être aussi à Mayotte) sont les mêmes que ceux utilisés par la Ma-Mwé en Grande-Comore : des tuyaux faits à base d'amiante-ciment avec trente ans d'âge. Force est donc de reconnaître que l'heure n'est plus au conflit des compétences dans ce domaine ni aux palabres sous le badamier. La santé des Comoriens et celle de tous ceux qui  résident dans l'Archipel est  dangereusement menacée par la distribution d'une eau susceptible de véhiculer des bactéries et virus.    

 

HH

 

 

10 ans d’emprisonnement requis pour un maître coranique pédophile

 

 

Le jeudi 17 avril 2005, la cour criminelle  a  jugé Foundi Abou Bacar dit Cheick coupable de violences sexuelles sur une jeune fille de dix ans. Foudi Abou enseigne le coran. Il récidive après avoir abusé d'une autre mineure et purgé une peine de deux ans à la maison d'arrêt de Moroni. Le procès du maître coranique a eu lieu devant une  imposante audience qui a suivi avec attention le plaidoyer de l'avocat de la petite Réhéma. Il explique l'intelligence  carencée de la jeune fille( elle est en classe deCP2 à un  âge où les autres enfants sont en 6ème) comme étant la conséquence des dégâts sordides qui ont sapé son psychisme suite au comportement du Foundi . Elle déclare lui avoir  plusieurs fois rendu visites à son domicile de Hadoudja à Moroni et le certificat médical confirme qu'il y a eu pénétration. L'ampleur de cette sale affaire touche le cœur du pays où le bon musulman n'est plus celui qui  fait ses prières et qui montre les repères étiques et morales de la religion qui donne la valeur à celui qui la pratique, mais celui qui se laisse pousser la barbichette, porte en permanence le bonnet et le boubou et fait la leçon de morale à longueur de journée, alors que la plupart de ces porteurs de bonne nouvelle ne sont que des hors-la-loi dénués de règle morale.

 

Ce qu'ils affichent à l'extérieur est le masque qu'ils utilisent pour mieux tromper les gens.  Le procureur exhorte à rompre le mur du silence, à cesser de régler ces actes criminels à l'amiable et à porter les affaires de viol sur les mineurs au tribunal afin d'éviter les récidives , car ces pratiques  persistent et mettent en péril la survie de l'enfant Comorien.Il a demandé 10 ans d’emprisonnement dont 5 fermes.

 

A Marseille, à Mayotte comme à la Réunion, ces pratiques des maîtres coraniques sont tous les jours sévèrement sanctionnées par les tribunaux.

 

 

Hachim Said Omar

 

 

 

Communiqué  de la Coordination des Associations de la Diaspora Comorienne

 

 

Les 4 et 5 avril 2005 s'est tenue à Paris une réunion de la commission mixte franco-comorienne annoncée et préparée depuis longtemps par les autorités comoriennes et françaises.

 

L'Etat comorien avait annoncé par l'intermédiaire du Ministre des Relations Extérieures et des piliers du parti CRC du colonel Azali, désignés pour préparer cette réunion avec la partie française, qu'elle allait réclamer l'engagement de discussions sur le retour de Mayotte, et en attendant ce retour la suppression du visa Balladur qui fait encore tant de morts (plus de 4000 personnes depuis 1995).

 

L'Etat français a déclaré par divers porte-parole que cette commission ne devait parler que de la relance de la coopération franco-comorienne, notamment en matière de lutte contre l'immigration, c'est-à-dire essentiellement contre les Comoriens qui souhaitent se rendre dans l'île comorienne de Mayotte.

 

La DIASCOM a pris connaissance du procès-verbal de cette 5ème commission mixte franco-comorienne paraphé par le ministre français de la coopération, M. Xavier DARCOS et par le ministre comorien des Relations extérieures M. Soeuf ELAMINE.

 

La DIASCOM tient préalablement à se désolidariser entièrement du contenu de cet accord, d'autant plus que son préambule mentionne le fait que "des représentants de la diaspora " y soient associés.

 

Affirmons le clairement : ces accords respirent le renoncement et l'abandon de " Mayotte - Terre Comorienne ".

 

La DIASCOM ne cautionne ni l'esprit ni les termes de ces accords.

 

L'esprit peut se résumer dans les propos du ministre des Relations Extérieures, propos recueillis par l'agence Angola Press " La question de Mayotte n`a pas été un motif de divergences entre la France et les Comores lors de la réunion de la Commission mixte " et plus loin " nous avons proposé que Mayotte s`associe aux compétitions sportives organisées aux Comores et dans la région "

 

Ces propos, tenus pour la première fois par un ministre comorien, sont plus qu'ambigus. Ils s'inscrivent dans une rupture nette avec la revendication ferme et non négociable de l'intégrité territoriale des Comores et de " Mayotte, terre comorienne ".

 

Le chapitre consacré à la circulation des personnes est on ne peut plus clair : Le gouvernement comorien, pour la première fois dans l'histoire des Comores indépendantes, signe un document officiel franco-comorien, où les Comoriens sont considérés comme illégaux chez eux sur l'île comorienne de Mayotte(…).

 

Le gouvernement prend la responsabilité historique, à travers ces accords, de reconnaître à l'occupant français à Mayotte un statut légal. Il pactise avec la France dans une répression d'une soi- disante immigration illégale.

 

La DIASCOM, Coordination des Associations de  la Diaspora Comorienne en France, conformément à ses principes et à sa charte,  dénonce avec la plus grande fermeté, ces accords iniques et contraires à la loi internationale. Elle appelle :

 

-l'ensemble de la Diaspora à dénoncer ces accords,

-l'Etat comorien à refuser de collaborer dans la lutte contre les Comoriens qui souhaitent se rendre à Mayotte (reconnue comme comorienne par toutes les instances internationales),

-l'Assemblée nationale comorienne à voter une motion condamnant ces accords auxquelles elle n'a même pas été conviée,

-les Présidents et les Assemblées des îles autonomes à refuser d'appliquer la partie politique de ces accords,

-l'ensemble des fonctionnaires comoriens à ne pas appliquer des mesures de coercition contre nos compatriotes qui souhaitent se rendre à Mayotte,

-l'Etat français à renoncer au principe du chantage à la coopération qui est au centre des relations franco-comoriennes depuis 1975, à prendre la mesure de l'évolution des conditions politiques, économiques et démographiques dans l'archipel, et à cesser de mettre des barrières entre les Comoriens de l'archipel.     

 

Fait à Paris le 22 avril 2005

Le bureau et le Conseil d'administration de la DIASCOM

 

 

Lire... relire

 

Etat français et colons aux Comores (1912-1946)

 

(Mahmoud IBRAHIME, L'Harmattan, 1997, 152p)

 

Les soubresauts que connaît l'archipel des Comores depuis son indépendance en 1975 amènent de nombreux comoriens à s'intéresser de plus en plus à leur propre histoire contemporaine. Ils espèrent y trouver les raisons des mécomptes de tous ordres pour tirer des leçons qui pourraient apporter une amélioration à leur pays.

 

Pourquoi en 1912 la France décide-t-elle de faire de cet archipel sans ressources économiques suffisantes une colonie ? Quelles sont les conséquences du rattachement des Comores à Madagascar entre 1912 et 1946 ? Quels rôles jouent l'administration et la colonisation aux Comores pendant cette période?

 

Cet ouvrage analyse les conflits qui, dans cette situation de colonisation, ont opposé les représentants de l'Etat colonial français aux Comoriens et aux sociétés coloniales. Il examine les mécanismes qui peuvent expliquer en partie l'archaïsme que connaît la société comorienne aujourd'hui.

 

 

Le pouvoir de l'honneur : Tradition et contestation en Grande Comore

 

( Sultan CHOUZOUR, L'Harmattan, 1994, 284p )

 

" L'honneur comme principe organisateur de toute vie sociale " : c'est en partant de cette observation complète de la société de la Grande Comore et pose les questions essentielles concernant son évolution. Les Comores constituent une sorte de laboratoire où sont concentrés des éléments socio-culturels issus des échanges multiples dont l'Océan indien a été le cadre, influence française comprise. En décrivant l'Islam comorien, généreux et ouvert, et la vie sociale et individuelle dont les scènes essentielles se jouent dans le cadre de ce qu'on nomme le grand-mariage, l'auteur annonce les grandes interrogations des Comoriens sur leur identité et leur avenir : cet honneur érigé en système est-il compatible avec le développement du pays ?