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EDITION
ELECTRONIQUE N°89 DU 27/07/01 ACTUALITE :
SOCIETE:
POLITIQUE
COOPERATION
REGIONALE :
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ACTUALITE
Le port de Moroni connaît encore
une fois des sérieux problèmes liés au déchargement des marchandises. Des
centaines de containeurs s'accumulent dans une pagaille monstre le long des
quais. Durant plusieurs semaines, le port était paralysé, aucun débarquement de
marchandises ne pouvant se réaliser faute d'engins. La seule grue dont dispose
la société comorienne des transports maritimes (Socopotram) était tombée en
panne. Ces difficultés arrivent à un moment d'activités intenses, les mois de
juillet et août étant la période où les
« je viens » (comoriens de la diaspora) reviennent au pays pour
célébrer les grands mariages et réaliser leurs projets, faisant venir de France
et de Dubaï électroménagers, mobiliers, véhicules, matériaux de construction,
etc.
Cette année ils ont eu la mauvaise
surprise de ne pas pouvoir prendre possession de leurs marchandises. Les
commerçants qui font leurs meilleurs chiffres d'affaires au cours de cette
période estivale ne peuvent enlever leurs articles. Nos compatriotes de
l'extérieur sont furieux, certains sont obligés d'annuler les festivités de
leurs mariages. C'est un véritable scandale. Comment comprendre qu'une société
d'Etat qui a le monopole des activités portuaires comme la Socopotram, et qui
de surcroît fait taxer très fort ses services, ne soit pas en mesure de s'équiper
correctement en matière de débarquement ?
Il a fallu recourir au service
d'un représentant d'une agence de transit privée pour faire venir de Madagascar
une grue louée au prix fort. Cette société d'Etat gérée par un militaire est le
symbole de la « bonne gestion » du pouvoir en place. Il y a de cela
quelques semaines, un trou de plusieurs dizaines de millions de francs a été
constaté dans la caisse de la Socopotram. Le chef du gouvernement est intervenu
auprès de la commission chargée du contrôle de la gestion des sociétés d'Etat
pour enterrer cette affaire. Est-ce ainsi que l’on fait de la transparence ?
Said Omar BADAOUI
SOCIETE:
Une demie-douzaine de personnes ont été écrouées pendant que d'autres sont placés sous
contrôle judiciaire de ce réseau de fabrication de faux billets de francs
comoriens de 10.000 FC, 5.000 FC, 2.500 FC et 1.000 FC. En effet, selon la
déclaration du Ministère de l'Intérieur, c'est depuis un an environ que les
services de renseignements dudit ministère mènent des investigations pour
démanteler le réseau.
Les enquêtes ont permis
l'arrestation de deux personnes supposées être les tenants du réseau, un
certain Said Ali, originaire de Koimbani Oichili à l’Est de la Grande-Comore,
soupçonné d'être le cerveau de ladite affaire et le nommé Mistoihi, originaire
de Dzahani II. D'autres personnes dont les noms courent dans la rue qui
semblent impliquées dans cette affaire ne sont toujours pas inquiétées. Ils
bénéficieraient d'une protection en haut lieu de part leurs fonctions aux côtés
du chef de la junte au pouvoir. Deux autres personnes les nommés Hadadi,
propriétaire du restaurant le Quotidien, originaire de Mitsamihouli et Toihir
dit « James Or » originaire de Mitsoudjé ont été arrêtés et placés en
mandat de dépôt par la suite.
La Banque Centrale aurait fait
savoir aux autorités comoriennes que la Banque de France, garant du franc
comorien, exige que cette affaire poursuive son cours et que la justice fasse
son travail sans entrave. Ces derniers jours l’enquête qui avait semblé en
stand by a repris. Le conseiller politique du colonel Azali, Ousseine Boina
Boina a été entendu par la police judiciaire le mardi 24 juillet. Le secrétaire
général de la Présidence, M. Mahamoud Soilihi dit Lamartine, devrait être
convoqué incessamment également à la police. D’autres personnes
haut placées seraient sur la liste qui en compte 11 selon le Procureur
de la république.
L'affaire semble prendre une
tournure internationale du fait qu'un ressortissant suisse serait le cerveau de
cette affaire. Un Mozambicain serait également impliqué et recherché par la
police. Mais aussi des faux billets de 500 francs français auraient été
interceptés par la Banque Centrale et remis aux autorités compétentes. Il est à
croire que ces faux billets ont été fabriqués à l'île comorienne de Mayotte où
Said Ali a résidé un temps.
Des sources judiciaires
affirmaient hier que le Juge
d'instruction chargé de cette affaire aurait été dessaisi au profit d'un
autre juge à la demande du Procureur Général. Toujours est-il que dans cette
affaire, il y va de la crédibilité du franc comorien et de la bonne santé de
l’économie nationale.
S.O.B
SOCIAL
Du dimanche 22 au mardi 24 juillet se sont déroulés les
épreuves écrites du baccalauréat dans les îles de Grande-Comore et de Mohéli.
Les responsables de l'Education nationale ont mis tout en œuvre, et de la façon
la plus ferme pour appliquer les dispositions en vigueur qui régissent les
examens nationaux. En effet c'est la troisième année que les examens ont lieu
dans les dates prévues. Cela va de la crédibilité du baccalauréat comorien pour
être agréé dans les établissements universitaires partenaires.
Le proviseur du lycée de Moroni, M. Soilihi Djibaba, pense
en substance que « la session 2001 s'est inspirée de la philosophie qui a
conduit l'examen à la rigueur, au sérieux et à la discipline au niveau de tous
les partenaires concernés ». En général la première phase de l'examen
s'est déroulée comme prévu à la Grande-Comore et à Mohéli, en dépit de quelques
incohérences constatées au niveau de l'organisation, dues peut-être au
chamboulement du personnel de l'Education Nationale.
Il y a eu environ 1000 candidats de plus, ce qui représente
un taux d'accroissement de 45 à 50% par rapport à l'année dernière à cause de
la série A1, série littéraire mais qui intègre les sciences naturelles et
physique-chimie. Cela permet aux futurs bacheliers de s'inscrire dans des
filières scientifiques qui jusqu'à maintenant étaient inaccessibles aux
lauréats du Bac littéraire. « C'est aussi une occasion, compte tenu des
profondes mutations qui se sont produites dans le monde, de favoriser
l'insertion socioprofessionnelle de nos élèves », ajoute le proviseur.
Au total 3526 candidats se sont présentés et sont repartis
dans les centres de : Foumbouni (164), Mbéni (139), Mitsamiouli (466), Moroni
(2416) et Fomboni (341). Les épreuves orales commencent à se dérouler dès ce 26
juillet jusqu’au dimanche 29 juillet.
Adybat MZE
Dans les actions de développement les Organisations non
gouvernementales (ONG) occupent une place de plus en plus importante, en tant
que partenaire actif des bénéficiaires de projets. Aux Comores, il en existe
une dizaine à vocation nationale ou internationale dont fait partie DIA, qui
intervient essentiellement dans le secteur de la jeunesse, surtout à Mohéli. La
Gazette des Comores a rencontré son Responsable des programmes Océan Indien,
Fatma Cosadia, et de son Coordinateur du programme Comores, M. Daoud Ahmada,
qui ont bien voulu nous accorder une interview.
LGDC : Qu'est-ce
qui différencie Dia des autres ONGs opérant aux Comores ?
Fatma Cosadia : Il y a
des différences entre toutes les ONG. Chaque acteur non gouvernemental a ses
propres objectifs, ses méthodes, ses stratégies d'intervention. En outre, le
fonctionnement, et la démarche de toute structure sont liés à d'autres
paramètres tels que : l'origine et le volume de ses financements, le champ
géographique qu'elle couvre (les fonctionnements sont différents selon qu'on
est ONG internationale ou nationale), les domaines d'action.
Il est vrai que la coopération non
gouvernementale aux Comores est relativement récente mais petit à petit elle
fait son chemin. A côté des ONG internationales présentes, des opérateurs
nationaux émergent et se professionnalisent. C'est un processus qu'il faut
encourager et les ONG internationales de par leur expérience doivent soutenir
la structuration d'ONG nationales.
LGDC : Comment
procédez-vous pour élaborer les conditions de partenariat avec les acteurs de
base ?
F.C. : La base
de tout est le contrat qui définit les responsabilités et par conséquent les
obligations de chaque partie. Nous avons un engagement à honorer vis à vis des
acteurs/bénéficiaires mais eux aussi doivent s'impliquer et se positionner
autrement qu'en simples bénéficiaires. Aussi, avant toute réalisation, les
responsabilités doivent-elle être clairement exposées et acceptées.
LGDC : Pour
ce qui est de la hiérarchisation des priorités, entre ce qui est considéré
prioritaire par les bénéficiaires, ce qui se révèle important par les
conjonctures et ce qui vous paraît conforme à vos procédures, comment vous
réconciliez les choix ?
F.C. : Pas
toujours facile. La meilleure stratégie reste celle qui consiste à amener les
acteurs/bénéficiaires à faire la démarche de distinguer ce qui est
objectivement nécessaire de ce qui est superflu au regard de leur propre
situation et du contexte. Il faut néanmoins nuancer les notions de nécessaire
et de superflu. La vocation de Dia n'est pas uniquement de mener et
d'accompagner des réalisations urgentes. Notre rôle est de répondre aux
demandes des acteurs/ bénéficiaires fiables, motivés sur tout projet de
développement. Les réalisations que nous appuyons sont très diversifiées :
projets agricoles, éducatifs, assainissement... Ce qui compte, c'est le sérieux
et la motivation des acteurs/bénéficiaires que nous considérons comme des
partenaires à part entière.
LGDC : Que
va devenir l'interface entre les nécessiteux et les décideurs après Dia ?
F.C. :
D'autres interfaces existent déjà. Ce sont les acteurs non gouvernementaux
nationaux émergeants. Il s'agit maintenant de les aider à s'organiser, à
observer des règles de travail rigoureuses, avoir des exigences, produire des
résultats concrets et contribuer au développement du pays dans le respect du
rôle et des prérogatives des institutions et en complémentarités avec elles.
LGDC : Comment
vous évaluez avec les autres acteurs les impacts des projets que vous appuyez ?
F.C. : Les
méthodes d'évaluation sont variées. Elles s'adaptent à chaque projet. Quant aux
critères de réussite, ils restent l'amélioration de la situation des
bénéficiaires et l'implication de ces derniers dans la réalisation et le suivi
du projet.
LGDC :
L'éducation à la citoyenneté doit-elle constituer une composante de tous les
projets de développement ?
F.C. : Elle en
est certainement un préalable pour permettre aux acteurs bénéficiaires de jouer
pleinement leur rôle. En effet, nombreux sont ceux qui ignorent les contraintes
liées à la gestion d'un projet tant au plan financier, qu'au plan des
responsabilités. De même, beaucoup n'ont pas de culture générale du
développement. A titre d'exemple, ils ne font pas la différence entre les
protagonistes de l'aide au développement (ils confondent par exemple les rôles
des ONG internationales avec ceux des organisations intergouvernementales voire
des bailleurs de fonds). Il est donc important que les stratégies de mise en
œuvre de projets soient interactives de manière à susciter cet apprentissage de
la citoyenneté.
Propos recueillis par Dini Nassur
Du 9 au 11 juillet 2001 s'est tenu
à Lusaka le sommet de l'Organisation de l'Unité Africaine. C'est un sommet
spécial dans le sens où il est le dernier à porter les couleurs de l'OUA. La
naissance d'une nouvelle organisation continentale a été la raison essentielle
de ce sommet qui a vu la participation de 48 délégations. Il s'agit d'un
rendez-vous pris il y a plusieurs décennies auquel seuls quelques adeptes du
panafricanisme croyaient à sa réalisation.
Que peuvent être les enjeux de
cette nouvelle institution vieille en rêve pour un continent en pleine mutation
? C'était le 25 mai 1963 à Addis-Abeba que les pays africains nouvellement
indépendants ont scellé le pacte de la mise en place de l'Unité Africaine. La
jeune Organisation a vite pris les dimensions d'une structure d'accompagnement
à la libération totale de l'Afrique du joug colonial.
Avant 1963, seuls quelques
mouvements militaient pour la libération des peuples d'Afrique. Des
regroupements régionaux tel le Pan-African Freedom Mouvement of East and
Southern African se battaient pour la Libération du
continent. Après la création de l'OUA cette mission lui a été confiée et la
mise en place de la section Décolonisation avec le comité de libération à Dar
Es-Salam et des sous comité à Lusaka et à Conakry, l'OUA peut s'estimer avoir
accompli son devoir de libérer l'Afrique. Le continent a aujourd'hui tous ses
pays souverains exceptée, l'île de Mayotte à remettre
sous souveraineté comorienne et le Sahara occidental encore occupé par une
puissance cette fois-ci africaine.
La plaie la plus béante que
l'Afrique avait à soigner se trouvait en Afrique australe où le Portugal et
l'Afrique du Sud appliquaient des régimes d'épuration ethnique les plus
abominables de l'Histoire. L'effondrement de l'apartheid suivi par la
réconciliation du peuple arc-en-ciel sud-africain, est la plus grande victoire
que l'Afrique a remportée au cours du 20ème siècle. Cependant, l'OUA se
trouvait en position de gérer une autre bataille difficile à gagner. Ce sont en
effet les guerres et les conflits fratricides que le continent a vécu pendant des longues années. Du Nord au Sud du Sahara,
en brassant la région des Grands Lacs vers la corne de l'Afrique, le continent
a saigné.
L'organisation panafricaine a su
quand-même initier les réconciliations avec l'appui de l'ONU et des
organisations humanitaires au point de croire qu'une ère de paix peut enfin
souffler pour l'Afrique. La mission de l'Union Africaine est donc d'une autre
nature. Elle consiste à conduire un autre combat du même ordre. Celui de la
lutte contre le sous-développement qui frappe de plein fouet l'ensemble du
continent. Au moment où toutes les nations du monde cherchent à se regrouper
pour s'adapter à la mondialisation, l'Afrique n'est pas du reste.
Elle vient de réaliser le rêve de
N'Kwame Nkrumah, de légitimer l'idéal de Gamal Abdel Nasser, et d'affirmer la
volonté farouche de tous ces fils de l'Afrique combattante qui croyaient
profondément que le continent ne sera jamais fort pour ses peuples que lorsque
il sera uni économiquement, politiquement et institutionnellement. Cette idée
défendue par un extra-africain à la fin du XlXe siècle, l'avocat antillais
Henry Sylvester, théorisée par l'américain W.E. Burghart Dubois, le haïtien
Price-Mars et cultivée par les grands pionniers de la Négritude avec le
concours des révolutionnaires africains, est devenue une véritable idéologie
africaine.
Il faudrait saluer sincèrement le
Président Kadhafi qui a mis beaucoup de courage et des moyens pour la
concrétisation de notre idéal commun et souhaiter toutes les chances de
réussite à Amara Essy à qui il incombe la responsabilité de mettre en place les
bases de l'Union Africaine tant attendue par tout un continent. On ne peut que
rendre un vibrant hommage à celui qui, des années durant, s'est consacré à
rehausser l'image de l'Afrique, en rendant opérationnelle l'Organisation de
l'Unité, Salim Ahmed Salim à qui l'Histoire offrira certainement la chandelle
de la paix entre les peuples.
L'Union n'est pas un regroupement
à vocation politique, disons le, l'OUA s'en est chargée déjà. Nous aurons à
construire une institution à vocation économique avec ses corollaires
pluridisciplinaires et dans une approche de globalisation basée sur les
diversités nationales ce qui n'est pas facile mais forcement réalisable. Les
obstacles ne manqueront pas. Les diversités linguistiques, idéologiques,
religieuses et macro-stratégiques s'estomperont devant les exigences d'unité
monétaire, parlementaire et face à la nécessité des échanges et de complémentarités
à venir. Encore une fois, l'Afrique emploiera ses fils et filles légitimes pour
mettre en œuvres les instruments appropriés et spécifiques en vue de voir nos
pays se tenir les mains et rapprocher les cœurs et marcher together vers le
développement et la justice.
Oui, il appartient aux générations
nouvelles de prendre le flambeau de leurs pères autrement pour que l'Afrique
redécouvre ses capacités d'organisation et de solidarité à l'instar de ces
nations d'ailleurs qui, au fil des siècles se battent pour construire le futur.
Et comme l'a très bien dit Raoul Vaneigem « le monde est à refaire : tous
les spécialistes de son conditionnement ne l'empêcheront pas ».
Dini Nassur
Au terme de sa mission aux
Comores, M. J.H. Ottomayer a quitté définitivement Moroni où il a été remplacé
par M. Gilles Desesquelles, qui vient de prendre ses fonctions. Son arrivée
dans le pays s’inscrit dans un contexte politique marqué par le processus de
réconciliation nationale. Son action sera particulièrement appréciée dans le
domaine de l’appui à l’Etat de droit et à la démocratisation dont l’Union
Européenne s’est déjà engagée à financer.
Conseiller-Résident de la
Commission Européenne en République Islamique des Comores, Gilles Desesquelles
a une longue pratique des questions de développement puisqu'à la fin de ses
études de droit public et de sciences politiques et après quelques années dans
l'administration française, il entre à la Commission Européenne en 1978.
Pendant 10 ans aux Affaires Internationales de la Direction générale de
l'Agriculture, il est chargé de préparer la position de la Commission pour les
questions agricoles et alimentaires dans
les organisations internationales (GATT, FAO, CNUCED, PAM, Nations Unies). Par
la suite, M. Gilles Desesquelles a renforcé son expérience sur le terrain comme
Représentant FAO à Djibouti de 1987 à 1989, puis Conseiller Economique de la
Commission Européenne à Brazzaville-Congo de 1990 à1993 et au Sénégal de 1993 à
1998.
En novembre 1998, Gilles
Desesquelles a rejoint le siège de la Commission Européenne à Bruxelles, il a
participé notamment aux travaux impliquant la société civile dans le processus
de développement, et notamment l'approche coopération décentralisé qui favorise
le renforcement et la responsabilisation de acteurs du développement et
l'appropriation d'un développement durable. Ces multiples expériences
professionnelles de terrain et de gestion des politiques seront utiles pour ses
fonctions aux Comores. Gilles Desesquelles est né le 19 septembre 1946. Il a
passé près de la moitié de son temps en dehors de son pays d'origine au service
de l'idéal communautaire et se sent, de ce fait, partie prenante d'une "
citoyenneté européenne " et d'une " gouvernance démocratique
européenne ".
Dans une note à la presse, le
bureau de l'Union Européenne à Moroni a explicité le contexte politique de la
nomination du nouveau Conseiller-Résident de la Commission aux Comores. (Nous y
reviendrons dans nos prochaines éditions)
Depuis 1999, Dia une ONG
internationale installée aux Comores, s'emploie à former les acteurs comoriens
du développement par des actions concrètes sur le terrain. Ce rôle
d'accompagnement est venu à point nommé au moment où
les Comores s'engagent dans un processus de réorganisation politique,
économique et institutionnelle imposée par la remise en cause de l'ordre
établi.
Avec une petite équipe très
efficace, Dia (interface) ne se contente pas de faire réaliser des projets de
Développement. L'essentiel, selon les responsables locaux de l'ONG, c'est de se
servir des mico-projets comme un outil didactique d'éducation pour le
développement ce qui inaugure une nouvelle approche prometteuse de durabilité.
En effet, les démarches suivies jusque là consistaient à prendre comme finalité
la réalisation des projets en mettant en corollaire les aspects de reprise en
charge et la pérennisation des acquis. Les résultats sont mitigés dans le sens
où la plupart des projets réalisés deviennent sans lendemain parce que la
conception ne prenait que rarement en compte les études d'impact devant
intégrer les étapes du processus.
La démarche développée par Dia est
une innovation aux Comores. Elle part d'une vision globale des besoins en
développement dans les domaines de l'économie, de l'éducation, du social, de la
culture, de la communication et de l'éducation à la citoyenneté. La
hiérarchisation des priorités suit une logique d'adaptation entre les besoins
exprimés et les capacités d'appropriation des nécessiteux, une façon de
garantir la continuité de gestion des acquis du projet une fois réalisé. Le
partenariat se situe donc dans le contrat moral et matériel de travailler
ensemble avec les bénéficiaires dans les phases de conception, d'exécution et
de la mise en cohérence des outils de suivi, d'évaluation et de pérennisation.
C'est dans cette dynamique que des actions de développement sont réalisées dans
des domaines très variés tels la santé, l'éducation, l'environnement, l'insertion
professionnelle et l'appui aux activités génératrices des revenus en synergie
avec les acteurs sectoriels concernés.
Basée à Mohéli, Dia s'apprête à
développer son champ d'intervention dans les autres îles des Comores où des
appuis sont déjà fournis à quelques associations en éveil de
responsabilisation. Cependant, beaucoup d'efforts sont déployés au niveau de
Mohéli non pas parce que le siège social de l'organisation s'y trouve mais
parce que l'île de Djumbe Fatima a plus que jamais besoin de renforcer ses
capacités de revalorisation de ses ressources humaines et naturelles
susceptibles d'offrir un modèle de cogestion du développement. A cet égard, 445
acteurs ont été formés dans l'ensemble de l'île. La mise en réseau des associations de développement
est un chantier construit par Dia et ses partenaires et on peut ajouter à cette
heureuse initiative la constitution d'une Assemblée Générale des Jeunes ayant
pour vocation de concevoir et de réaliser des actions d'intérêt général
intracommunautaire, intercommunautaire et régional.
L'œuvre la plus visible que Dia a
réalisé est le Centre des ressources construite à Fomboni (chef lieu de Mohéli)
devenu un véritable espace de culture, d'apprentissage, de rassemblement et de
récréation. Ce centre dédié au Développement est équipé des outils
d'appropriation dont un fonds documentaire, un atelier informatique avec accès
à Internet, des expositions et un ensemble d'instruments d'accompagnement
didactiques et de loisirs adaptés au concept du développement participatif
reste une fierté de toute la jeunesse comorienne désireuse d'apprendre à
assumer des responsabilités.
L'ONG Dia soutient également les
acteurs de base, en formation technique et en gestion des ressources pour
l'exécution des projets générateurs des revenus. C'est ainsi que des
micro-projets dans le domaine de gestion des déchets, de transformation des
produits agricoles, d'atelier de confection et d'éducation maternelle ont été
entamés. Cette expérience qui mérite d'être partagée connaîtra une promotion
progressive à Mohéli et à la Grande-Comore, une extension à Anjouan et un
développement des échanges avec l'île sœur de Mayotte. C'est d'autant plus
nécessaire que le partenariat de confiance établi avec les institutions de
coopération bilatérale et multilatérale mais aussi des organisations nationales
et régionales du développement offre un champ d'action de choix pour confirmer
l'approche participative en cours.
Dini Nassur
Longtemps considéré comme une
"affaire" de famille, le mariage devient de nos jours un sujet qui
suscite une réflexion profonde dans la société comorienne. Cette situation
n'est pas le fruit du hasard. Elle est due sans doute aux
changements culturels et socio-économique que le pays traverse. On
constate depuis ces deux dernières décennies une révolution des mentalités chez
les jeunes cadres, filles et garçons.
Ayant subi l'influence de
l'occident, et après des études à l'extérieur, ils reviennent avec une conception
différente de celle de leurs parents vis à vis du mariage. Cette situation
prend de l'ampleur, l'on se rend compte que les couples qui réussissent aux
Comores seraient en grande partie ceux des intellectuels. Ils essayent de
réunir les conditions nécessaires pour le bon fonctionnement du couple et pour
éviter les discussions qui sont de nature à créer la polémique.
Les goûts, les choix et les idées
des deux partenaires sont la plupart du temps communs et partagent les mêmes
centres d'intérêts. Cela conduit à un climat d'entente et de compréhension.
Certes, ce constat n'est pas général mais d'après nos enquêtes, on n'est pas
loin de le confirmer. Jadis, devenir une femme instruite n'était pas chose
aisée dans une société où la tradition et les coutumes ne sont pas favorables à
son épanouissement. Malgré ces contraintes, la femme comorienne peut
aujourd'hui faire des études poussées et a les mêmes
chances de réussite que les garçons. Ceci, lui a permis d'avoir une ouverture
du monde extérieure et opter une attitude moderne.
De ce fait, l'homme accorde à la
femme intellectuelle la place qu'elle mérite. Ils possèdent la pudeur et la
délicatesse de se plaire, de se comprendre favorisant l'épanouissement et la réussite du couple.
Comme dans la vie de ce dernier, il y a des hauts et des bas, on se rend compte
néanmoins que les risques liés à la répudiation sont moindres dans un couple
instruit. On constate que sur dix couples instruits, trois se seraient séparés.
Ceci dit les intellectuels connaissent moins le divorce. Les femmes se montrent
moins agressives, pour avoir le rôle de
"dame d'honneur" et pour toujours. Les hommes, se présentent moins
arrogants et plus doux pour mériter l'honneur. Les deux époux trouvent un grand
réconfort en des sujets favoris comme par exemple l'éducation des enfants et
leur devenir.
Pour sauver leur propre mariage,
ils préfèrent plusieurs fois se mordre les langues. Ils insistent sur des
débats comme par exemple, devenir des parents et de voir grandir leurs enfants
dans la joie et dans le bonheur. Nous avons là une situation en or car
actuellement le mariage des intellectuels connaît une légère croissance aux
Comores après un recul sérieux des années précédentes.
Adybat MZE
POLITIQUE
Une délégation conduite par
Francisco Madeira séjourne actuellement aux Comores pour appuyer le processus
de réconciliation et de reconstruction des Comores. Elle entame une série de
rencontres avec les acteurs locaux en vue de faire avancer le processus en
cours. Après avoir rencontré les différents responsables politiques et de la
société civile à la Grande-Comore, la délégation est partie à Mohéli et à
Anjouan pour harmoniser les points de vue et de se rendre compte de l'avancée
des travaux relatifs à la mise en place des structures de la transition. Pour
ce qui est du pouvoir militaire, l'on apprend que le Président du Conseil
législatif vient de partir en France. Il semblerait que ce départ précipité
conduit le président en stage dans une école militaire. Affaire à suivre.
Le 18 juillet 2001 le Conseil
législatif s’est réuni en présence des dignitaires du pouvoir militaire et
certains représentants du corps diplomatique. Comme devant une Assemblée élue
dans une situation de normalité constitutionnelle, le Premier Ministre a fait
sa déclaration de politique générale et a demandé la confiance de continuer son
programme dans le cadre de la transition. Le Chef du gouvernement putschiste a
réalisé son show de séduction démocratique face à ce Conseil législatif désigné
par la junte militaire pour faire place et lieu d'une Assemblée législative.
Dans son discours programme
destiné à justifier les prolongations d'une transition non consensuelle, le
Premier Ministre a fait miroiter les participants par une très longue
plaidoirie sur ce que devrait être la bonne gouvernance à l'exemple des deux
ans de pouvoir militaire, brandissant le satisfecit des institutions de Breton
Wood. L'on fera comprendre peut-être à M.
Le ministre comorien des affaires
étrangères, M. Souef Mohamed El-Amine, qui a effectué cette semaine, une visite
de 24h à Maurice, a remis deux messages aux dirigeants du pays. Ces messages émanant du chef de la junte et de
son Premier ministre sont adressés au Premier ministre mauricien, Sir Aneerood
Jugnauth, et au vice Premier ministre et ministre des finances, M. Paul
Bérenger.
Dans ces deux messages, la partie
comorienne exprime des vives remerciements aux
autorités mauriciennes pour son soutien moral et financier au processus de
réconciliation nationale aux Comores. Non seulement Maurice a délégué en envoyé
spécial, le député José Arunasalon, en vue de suivre et d'aider le processus de
réconciliation dans l'archipel, mais l'Etat mauricien a également alloué une
enveloppe financière de US$ 1 million en vue de faire du nouvel ensemble
comorien une réalité.
D'autre part, toujours dans le
cadre des relations bilatérales entre Maurice et les Comores, l'amicale
Maurice/Comores a un nouveau président en la personne
de M. Swalay Dinally. Ce dernier a précisé que la santé sera la priorité des
échanges entre les deux pays durant la prochaine année. Les membres de
l'amicale ont organisé une soirée spéciale où ils ont invité le secrétaire
général sortant de la Commission de l'Océan Indien (COI), M. Caabi Elyachroutu
Mohamed, et son épouse, à dîner. Ce fut l'occasion pour l'amicale
Maurice-Comores de remettre un présent à l'ancien Premier ministre comorien, M.
Caabi Elyachroutu, qui quitte Maurice bientôt pour regagner son pays .
La date du 19 juillet 2001 avait
été proposée par la partie mauricienne en vue d'abriter une rencontre
réunissant le Colonel Azali, le Colonel Abeid, homme fort de l'île séparatiste
d'Anjouan, et M. Abbas Djoussouf, leader de l'opposition dans l'archipel. Mais,
depuis cette proposition, la partie comorienne n'a rien confirmé.
(Source Matera)
ECOLOGIE
Elle est vraiment belle, la petite bête. Avec ses yeux aux couleurs brillamment variées au creux des paupières ointes de lumière dorée, elle impose l'admiration. Sa robe est magnifiquement tissée en anneaux noirs descendant comme une crinières délavée mettant en relief un corps finement dressé. On dirait un type de chat sauvage en proie à un désir vital. Elle ne sort pas pendant la journée. Sa vie active est nocturne. Elle peut jaillir d'un buissons des fougères et se confondre avec les orchidées des terres arides ou avec les lantanas des abords de la route.
La civette n'est pas comorienne de souche. Ses ancêtres nous étaient venus d'ailleurs comme la majorité de la population comorienne. On suppose que l'île voisine de Madagascar qui avaient accueilli une forte migration des indo-malaisiens, nous a légué quelques civettes pour enrichir notre environnement. Les premiers colons français avaient introduit la civettes rasse aux Comores pour lutter contre les rongeurs et notamment les rats et les souris introduits eux aussi accidentellement.
Possédée par une liberté extrême, elle vit solitaire et la vie familiale se limite à la mère et aux enfants non sevrés. Elle s'est toujours battue à rester libre ce qui la rend rebelle à vie au point qu'elle est parmi les bêtes qui l'on n'arrive pas à apprivoiser. La civette vit généralement dans les milieux ouverts, humide ou sec, et en montagne jusqu'à 2000 mètre d'altitude. Sa période de gestation est de 8-9 semaines, avec en général 2 à 4 petits par portée. La civette a une durée de vie de 14 ans.
Chasseur nocturne, la civette rasse (Ngava) se nourrit de vers de terre, d'insectes, de crabes, de poissons, de reptile, de petits mammifères et de fruits. Comme les chats sauvages, la civette peut aussi capturer des volailles. Elle possède une glande qui secrète une substance de forte odeur ( zabadi) utilisée en parfumerie et en médecine. La nuit, celle qu'on appelle la petite mangouste des Indes se heurte aux routiers qui peuvent l'écraser pendant qu'un petit coup de frein pourrait la laisser continuer sa vie solitaire.
Dini Nassur
- Le grand chef de l'Etat gaulois refuse aux départements
français de la Caraïbe de participer comme entités à des regroupements
régionaux. Il claironne à qui veut l'entendre que la Gaule doit parler d'une
seule voix. Et pourtant dans l'Océan Indien le même chef gaulois voudrait que
les confettis de l'empire dans cette zone soient reconnus comme entités à part
entière. Nous on est resté narquois et pourquoi là-bas et pas ici ? On vient d'apprendre
que nos frères vont être intégrés à l'équipe de la Réunion lors des jeux des
jeunes à Madagascar et on dit que les dirigeants réunionnais ne sont pas chaud sur cette intrusion. "Etre gaulois pour être
libres" disaient naguère les responsables mahorais, il fallait dire
"Ne pas être mahorais pour être gaulois" c'est plus logique ?
- Lors du discours en comorien du colonel le 6 juillet, un
quidam était assis entre l'ambassadeur de… France bien sûr et l'inévitable chef
de mission. Son rôle consistait à jouer à l'interprète. Son Excellence a
beaucoup aimé l'histoire du colonel à propos du "mktré wa gudugudu, en
anglais good, good) dans la mosquée. Comme quoi le discours du colonel était
loin d'être inintéressant. Et l'histoire du vol des… dans l'église, vous
connaissez ?
- Certains ministres n'aiment pas beaucoup le PM et c'est un
doux euphémisme. Ils l'accusent de n'avoir pas de sentiments (tiens, tiens) et
pas de scrupules du tout. Messieurs, en politique il n'y as
pas de morale, et c'est connu.
- Pour l'opinion, l'histoire des faux billets n'ira pas bien
loin dans la mesure où les implications sont tellement énormes et risqueraient
de faire craquer le navire actuel. Et ce sera bonjour les dégâts !
- Une des conséquences du statut de collectivité départementale
à Mayotte est que chaque mahorais va se voir attribuer un nom, rien que ça !
Une commission de révision de l'état civil s'est réunie le 10 juillet pour
traiter du "nom identitaire du Mahorais". Comme l'écrivait "un
quelqu'un" c'est l'un des prix forts à payer pour s'ancrer dans la
République gauloise. Ce sera bientôt fini les Baco machin et Issoufou quelque
chose. C'est être gaulois pour être libre… en perdant bien sûr son âme.
- Les mesures de la Dirlo de Radio Comique pour limiter le
pléthore de personnel et assainir la boite n'ont pas eu l'aval du ministre de
tutelle qui a crée une levée de boucliers de la part des autres ministres
contre son projet. Et malgré tout, le colonel a entériné les mesures. Monsieur
le ministre, à quand une réconciliation avec la Dirlo ?
- Les autorités gauloises viennent de donner leur
bénédiction orbi et " tordue " à Air Austral pour le vol
Paris-Mayotte sans escale à Moroni (un pays étranger) mais en passant par
Nairobi (un pays machin) malgré les réticences d'Air Gauloise (ce sera pas rentable à court terme).
- Le ministre de l'Education vient de pondre une note pour
interdire à ses agents (entendre les profs) d'aller dans les "
déjeuners jevientistes ". Est-ce
raisonnable Excellence ?
- Le chef militaire de l'ambassade de… France bien sûr, va
partir malgré la demande du colonel pour qu'il reste un " pé ". Il
faut dire que ce bidasse outrepassait allégrement ses prérogatives et se prenait des fois pour un gouverneur colonial. Cela n'a pas
empêché certains de verser des larmes des crocodiles.
- COMORES Airlines ou en langage local Air Mabawa c'est
bonnet blanc ou blanc bonnet pour la masse. Il paraît que pour le retour il
faudra se lever de bonne heure sinon adieu Boulot Métro Dodo, ce sera Dodo
seulement.
CULTURE
Des miroirs et des hommes
Comme nous l'avons explicitement souligné lors de la
première parution de la chronique "Des miroirs et des hommes", dans
le petit préambule explicatif, il s'agit de nouvelles. Une nouvelle n'est pas
un article de presse. Une nouvelle, nous n'insisterons jamais assez, n'est rien
d'autre qu'une brève composition littéraire de fiction. Dans les genres
littéraires, elle serait la sœur cadette du roman. Et comme toue œuvre fictive,
cette série de nouvelles est le fruit de l'imagination. Toute ressemblance à
des faits ou des personnes existant ou ayant existé est fortuite.
Du destin des jeunes cœur
Elle était éblouissante. Leyna
était vraiment éblouissante, de ce genre de beautés indicibles, impossibles à
expliquer, parce que le lexique est assez maigre et léger pour arriver à
définir - n'en parlons plus décrire - ce rêve. La
mollesse de ses pas, la magie de son sourire, et la douceur dans le geste, tout
chez elle semblait tutoyer la perfection. Les yeux étirés finement bridés
avaient la couleur soyeuse de sa petite chevelure noire. Leyna était un écho
enrichi et étoffé d'une princesse Chirazienne qui devrait être son ancêtre.
A la voir, on la croirait sortie
directement d'un conte. On retrouvait même cette légendaire grâce féerique dans
son maintien, sa démarche, et aussi dans sa voix. Elle portait ses frêles 17
ans et sa fragile beauté avec une fière innocence, ainsi qu'un joli papillon
qui se pâme, en s'enivrant de pollen, sur une fleur, juste avant de servir de
déjeuner à un caméléon. Rien de plus soi : c'est la naturelle loi de la
prédation qui régit toujours les destins des créatures.
Elle se faisait des rêves qu'elle
imaginait revêtir de pétales de fleurs ; et s'amusait à enlever cette
doucereuse peau sitôt couverts et mélangés les rêves, comme un lot de cadeaux,
ou de délicieux bonbons qu'on salivait, du goût espéré, à les sortir de leurs
papillotes. Elle se concoctait ainsi, à longueur de journée, un chapelet de
rêves, qu'elle aimait à égrener, dans un élan gourmand et égoïste, dès qu'elle
se retrouvait seule.
Et s'il lui arrivait de ne pas
peindre ses idées en rose, alors elle poussait un peu la chansonnette. Elle se
mettait à chanter de sa petite voix toute faite de sucre tendre, dans sa
chambre ou à la cuisine. D'ailleurs, elle avait monté un groupe avec ses
copines de classe. Et elles s'entraînaient souvent à l'école. Elles
participaient, aux différentes occasions qui se présentaient, à des
manifestations en tous genres pour chanter. Leyna et ses copines chantaient
Toni Braxton, Mariah Carey, Céline Dion, Jocelyne Labil, Sonia Dersion… C'était
une de ses copines de la bande qui l'avait présentée à Lazid. C'était le copain
au mec à sa copine Farah.
Cela arrivait souvent, si ce
n'était le pote au gars à une copine, c'était l'amie à la petite copine à un
pote (on va s'y retrouver), qui voulait sortir avec l'une-là, ou l'autre-ci.
Dans cet enchevêtrement labyrinthique sentimental, les petits flirts et les
relations un petit peu poussées se nouaient ou/et se défaisaient au gré des
humeurs et des susceptibilités des uns et des autres, tout le long de la chaîne
des intermédiaires. Mais passons, donc Lazid a connu Leyna et sortit avec elle.
Au départ, elle ne voulait pas.
Elle avait peur, de plus ses parents le lui avaient interdit, en lui disant de
se concentrer sur les cours, et non sur les "histoires",
c'est-à-dire, sous-entendu, les histoires de copains-copines. Mais Farah lui
avait mis une telle pression, la traitant même de vieille schnouck, koko
msafarini… que, finalement elle céda, beaucoup plus pour faire plaisir à Farah
que pour autre chose. Là est la bêtise commune des jeunes cœurs : faire plaisir
aux autres, ou pire, faire comme tout le monde. Là est surtout le début d'une
descente aux enfers de la mode. Suivre le moove est la parade commune, mais
c'est aussi se jeter pieds et poing liés dans une trappe improbable.
Parce que non seulement les
"histoires" ne finissaient jamais, comme le disait le père de Leyna,
mais surtout parce que les séquelles pouvaient rester éternelles et profondes
blessures qui ne cicatrisaient pas, comme c'était souvent le cas. Une victime
de la mode, pour reprendre l'autre, n'a d'autre voie que celle qui lui fait
pendant, et qu'emprunte son corollaire la victime des douceurs.
" (…) Etre la dupe des
douceurs… " Lazid, Casanova d'opérette mais Casanova quand même, ne fit
pas de cadeau à Leyna. Beau gosse et infatigable charmeur, 32 ans passés,
marié-deux-enfants-puis-divorcé, il collectionnait les conquêtes, surtout les
petites, "petit-veau" comme le consacrait il y a peu l'expression. Il
travaillait à la Présidence, mais passait son temps à squatter les sorties des
écoles privées. A la recherche des petites "histoires". Avec l'expérience
qu'il put acquérir au fil des "scalps" qu'il constitua comme des
trophées, il arrivait aisément à entraîner ces enfants dans ses mailles, avant
de les emmener sacrifier sur l'autel de son égoïsme empreint d'un sadisme
maniaco-itératif.
Il promit à Leyna monts et merveilles,
la fit croire qu'il n'était jamais aussi amoureux, que c'était la première fois
qu'il ressentait cela, qu'il vivait avec elle un bonheur inégalé, qu'il était
l'homme le plus heureux du monde, et qu'il tenait à elle plus qu'à toute autre
chose ici-bas. Avec un regard que devait avoir Lovelace, et un sourire cousin
de celui de Valmont, il embarquait la douce Leyna sur des rêves fous que seules
la naïveté et l'innocence de son âge la faisaient s'y accrocher. Elle se
sentait heureuse, libérée, et avançait à l'aveuglette, faisant confiance à son
Roméo.
Lazid se fit tendre, romantique
même pour amadouer sa proie. Leyna se disait qu'on avait été injuste envers lui
; il n'était pas mauvais, ni salaud comme on le lui disait. Elle croyait se
rendre compte qu'on l'insultait pour rien, et qu'elle seule le comprenait.
Jamais elle n'avait connu de garçon aussi gentil, pensait-elle. Puis vint le
moment où Lazid décida de passer aux choses sérieuses. Deux mois ! on avait assez fait du chemin ensemble ! Et comme elle avait
une foi inébranlable en lui et en ses promesses, elle n'hésita pas longtemps
pour faire le grand saut. Juste le temps d'aller demander l'avis de son mentor
Farah. Enfin, histoire d'avoir la conscience tranquille, elle se cherchait
quelqu'un pour porter ensemble le chapeau.
De toutes les façons, il n'y avait
rien à craindre, Lazid était prêt à se mettre avec elle. Il lui avait promis un
beau mariage. Et lorsqu'il l'emmenait dans sa Renault 19, clim à fond, zouk
love langoureux en moderato, il la gâtait en lui couvrant de toutes sortes de
cadeaux, à elle, et aussi à ses copines. Il lui faisait ainsi miroiter un
bonheur sentimental et matériel à la fois, tout en lui montrant la belle vie
qu'elle allait vivre. " Des paroles, des paroles !… "
Devant tant d'attention et de
tendresse, même la plus vigilante des filles du prophète se serait laissée
piéger. Elle baissa totalement sa garde, en se disant qu'un homme comme
celui-là était une chance pour elle. Elle était loin de se douter que la
perfidie, comme l'avait déclamé l'autre, pouvait habiter un visage aussi
angélique que celui de Lazid. Leyna ne pouvait sentir le mensonge lorsqu'il lui
promit de lui demander en mariage sitôt, et de se marier avec dès qu'elle
aurait son bac, c'est-à-dire l'année prochaine.
" (…) Et pour montrer sa
belle voix… " On connaît la suite, la triste et malheureuse suite. Elle
s'offrit à lui. Il resta avec elle le temps qu'il lui fallut pour assouvir ses
désirs, et la sucer de tout son suc, avant de la laisser choir comme un laid et
piteux noyau d'un lointain souvenir d'un fruit jadis savouré. La malheureuse se
retrouva abandonnée, comme un vieux chiffon qu'on ne pouvait désormais plus
s'en servir. Et elle passa le reste de l'année à pleurer sur son sort.
Leyna croyait vivre un mauvais
songe. Et lorsqu'elle se fut remise, elle croyait être sortie de l'auberge,
elle croyait en avoir fini avec ces fantômes des rêves défunts et des blessures
impardonnables. Alors que s'ouvrait à elle les portes d'un enfer aussi
redoutable que la grande Géhenne. Celui-ci nous étant réservé après la mort,
tandis que celui-là, elle le vivait quotidiennement le long de sa petite vie.
Désormais Leyna était tombée dans la dangereuse spirale vicieuse où beaucoup de
jeunes filles y étaient poussées, et d'où elles ne ressortaient jamais qu'à la
déchéance intime, morale et physique qui s'ensuivait inéluctablement sitôt
entrées. Cruelle et absurde est le propre de la destinée de ces filles-là. Et
cruels et immondes sont ceux qui les y jettent, les donnant ainsi en pâture aux
monstres de la rue, à tous ces pédophages qui pullulaient, ces cannibales de la
vie des jeunes, et de surcroît aux démons de la survie.
Il n'était dorénavant question que
de survivre. Car la vraie vie était finie ; et elle passait le relais au
cauchemar qui commençait. Et elles s'enfonçaient dans ce bourbier du vice
jusqu'au cou, et même un peu plus, jusqu'à la pointe des cheveux, car elles
n'avaient rien à perdre, car, d'après elle, tout était déjà perdu. Elles y
allaient donc sans modération, luttant avec elles-mêmes pour éteindre le
dernier tison d'espoir qui couvait peut-être encore sous les cendres d'une vie
bêtement consumée.
Elles n'avaient de cesse d'essayer
d'étouffer et de tuer ce tiède cri de la morale, cette frileuse étincelle de la
raison, encore en sourdine, mais qui pouvait émerger de temps à autre, en
sursauts de conscience. Arrivé à ce stade psychotique, il était quasiment
impossible au souffrant de s'arrêter pour se regarder : l'horreur lui en serait
insupportable. Aussi lui demeure-t-il vital de persévérer dans cet état second
inhibitif, où il ne cherche inconsciemment que le suicide, à travers ces actes
improbables. Leyna, qu'elle le voulût ou non, qu'elle le sût ou non, se tuait à
petits feux.
Antoinette Deshoulières l'avait
très bien vu. Cette poétesse pensionnée du Roi-Soleil, et qui tenait salon dans
le Paris des grands du Royaume de France, eut la sagesse de dire les mots les
plus justes et les plus clairs dans ses vers que voici :
" (…) Etre la dupe des
douceurs
D'une troupe vaine et galante,
Est le destin des jeunes cœurs.
De cette conduite imprudente
Il n'est cœur qui ne se repente :
Tous les hommes sont des
trompeurs… "
La petite Leyna resta perturbée
dans sa scolarité et dans sa petite vie rangée, pendant un bon moment. Elle
rata à deux reprises le bac, et se mit à compter les mecs, comme on comptait
les jours de la semaine. Maintenant, ce n'était plus les petites
"histoires", mais les grandes. Elle ne se prenait que les grands
messieurs, ces messieurs de la grande administration, ou de la haute finance.
Les gros bonnets, plein aux as. Dans tous les cas, petites ou grandes, comme
l'avait prédit son père - qui pleurait encore la perte de sa fille - les
"histoires" ne finissent jamais.
SAST
Après son premier Festival organisé à Moroni, en mai dernier, Twamay, association comorienne pour la promotion de la culture, avait convié le public parisien à une rencontre le 30 juin dernier à la Maroquinerie (23, Rue Boyer). La rencontre portait essentiellement sur la culture des Comores et de l'Océan Indien, avec la participation de Jean-luc Raharimanana, écrivain malgache, et de Baco, musicien des Comores. Quelques ouvres du plasticien comorien Modali y sont présentées. Une lecture de texte avec de la musique était aussi au programme. Bravo à notre confrère et ami des artistes, Souef El-badawi.
Rendre ses lettres de
noblesse au théâtre comorien
Jusque là, ex-directeur général de
la Culture, de la jeunesse et des sports, musicien et photographe, Papakais de
son nom de plume, a quitté Moroni pour l'île de Mayotte où il se lance dans une
carrière de metteur en scène de ses propres écrits théâtraux.
Après avoir présenté sa pièce de
théâtre « Renard a volé Monsieur le Président » le 16 mars à l'île de
la Réunion au Centre Dramatique de l'Océan indien, Mohamed Zeine dit Papakais
remonte sur les planches avec la troupe de l'Alliance Franco-comorienne, à
l'île de Mayotte sur invitation du Centre Mahorais d'Animation Culturelle
(C.M.A.C) pour jouer sa pièce « Masihou et M'tsana ». Une pièce
co-mise en scène par Papakais et Modali, laquelle raconte l'histoire de deux
faux jumeaux aveugles ; Masihou qui voit
le soir et M'tsana qui voit le jour.
Equilibre précaire ou
triomphalisme ? La lumière va-t-elle l'emporter sur l'obscurité ? Vont-ils
pouvoir cohabiter ensemble ? Vont-ils se faire une confiance plus ou moins
aveugle ? Etre ou ne pas être ? Là est l'éternelle question ! Cette question fondamentale et
cruciale remet en cause toute leur vie, car projetés dans un lieu mythique ils
ne retrouvent plus leurs repères ni leurs valeurs communes.
Devenus des élus comme par
enchantement ils sont projetés dans ce lieu mythique où l'on forge le destin pour délivrer le village en
proie aux djinns. Répondront-ils à l'appel de Yatima, la belle promise pour
délivrer le village ? Être ou être mieux ! Pour accomplir cette mission, ils
recevront toutes les énergies conjuguées et c'est ainsi que Masihou deviendra
Masimou et M'tsana deviendra M'tsala, nos héros d'autrefois ! Fatalisme ou
ambition ? Triomphalisme ou accomplissement ? Des aveugles devenus héros ? au royaume des aveugles… Vous connaissez la suite.
Papakais se défend dans ses propos
de se réfugier derrière une quelconque mission ou un engagement, le théâtre
c'est avant tout une passion qu'il vit et partage avec des jeunes talentueux et
très passionnés tels que Mansour M'madi, Sultan Faissoil. Quand un passionné de
théâtre rencontre un autre passionné qu'est ce qu'ils se racontent ? C'est
ainsi que grâce à ces jeunes qui y croient et qui en redemandent.
Pour Papakais, le théâtre comme la
musique, la peinture, la photo… sont des opportunités qui nous aideront à
parler de notre pays d'une manière positive et citoyenne sans mission, ni
engagement autre que celui de l'artiste et de son œuvre. Papakais qui va mettre
en scène en fin d'année sa pièce Renard a volé Monsieur le Président, travaille
sur deux autres pièces intitulées « La faute de frappe » et
« L'apprenti dictateur ». D'après les contacts établis dernièrement,
une tournée est envisagée mais la confirmation se fait attendre.
Pour Papakais, le théâtre est tout
d'abord passion et partage, et il profite de cette opportunité pour remercier
les personnes qui partagent cette passion avec lui ainsi que les parents et
adultes qui le soutiennent. Après les échanges multiples dont la musique et les
sports avec Mayotte, c'est le tour du théâtre de monter sur scène.
HALED A.
SPORTS
Un tournoi de volley ball a été organisé
à la plage d'Itsandra Mdjini du 15 au 22 juillet 2001.
Plusieurs équipes d'Itsandra et de
Bandamadji y ont pris part. pendant une semaine, les habitants de cette
localité et ceux des villages environnants n'avaient d'yeux que pour la plage.
Filles et garçons se joignaient aux volleyeurs pour soutenir les équipes et
profiter de l'ambiance qui régnait, la
manifestation était couverte d'une sonorisation. Ce tournoi était surtout
marqué par la participation des filles, ce qui a donné du charme à ce tournoi.
La présence des équipes féminines est une première dans cette localité aux
fortes traditions volleyeuses.
Cette compétition a pu avoir lieu
grâce à l'initiative de Monsieur Aboubacar Abdallah Idarousse, lui même joueur,
et sponsorisée par plusieurs sociétés. Profitant des vacances, Il avait comme
motivation la relance de cette discipline dans cette ville où le volley ball a
fait sa première apparition dans notre pays. Après une semaine de rencontres,
Santos et Sankoulé, deux équipes d'Itsandra se sont trouvées en finale. La
première est composée de jeunes joueurs qui, grâce à l’adresse et à
l’excellence de leur jeu, sont, à n’en pas douter, l'espoir du volley Ball. La
seconde, Sankoulé qui est le club mythique des Comores car jusque là il a remporté
presque tous les tournois. Cette équipe est formée essentiellement des
joueurs internationaux à savoir
Moustoipha, Didika, Hadad et Claude pour ne citer que ceux là. Ce dernier qui
est l'ancien capitaine de l'équipe nationale et venant d'arriver de l'extérieur
était le manager de Sankoulé.
La finale a eu lieu le dimanche 22
en présence du Commandant Ismael Moegni Daho et du Directeur de la sûreté
nationale Monsieur Said Mohamed Mchangama. A l'issue de cette rencontre, Santos
a gagné le premier set. Les plus naïfs croyaient à une victoire de cette jeune
équipe. C'était le suspens total. Mais dès la reprise, la réplique ne s'est pas
faite attendre. Aidés par l'expérience des grands rendez-vous, les hommes de
Claude ont pris les choses au sérieux en gagnant les deux derniers sets. Et
comme à l'accoutumé Sankoulé a remporté cette finale
par le score de deux sets à un.
Le prochain tournoi sera organisé
par l'association TWAMAYA d'Itsandra-Mdjini au mois d'août. Reste maintenant à
savoir si ce qui se passe à la plage d'Itsandra réveillera ou non les autorités
sportives. Il est à signaler que ça fait déjà plusieurs années aucun tournoi de
cette discipline n'est organisé à l'échelle nationale en dépit de l'existence
d'une fédération de volley-ball. Le seul terrain de volley-ball qui se trouvait
à côté de radio Comores où les jeunes jouaient n'est plus. On a construit un
bâtiment à la place. Est ce comme ça qu'on développe le sport ?
Said Omar BADAOUI
BILLET
Les colonels commencent à se briser. Il y en avait trois
(Abete, Azero et Zoro). Les moutons, pour raison d'intellect limité, n'ont
jamais pu piger la sensation de leur mission, mais le canard gouvernemental
nous aide à brouiller les pistes de compréhension. Pour ne pas prendre bêtement
des plombs, nous n'allons pas vous expliquer de long en large la mission
confiée à chacun de ces trois officiers. Quand-même puisque vous aimez vous
amuser avec nous voilà quelques réfractions que nous avons faites pendant que
nous broutions à côté de Beit-Salam au moment où on remerciait Zoro pour
services rendus.
Il fallait écouter les griots de l'ambassade et de la Beit
qui, sous les effets du champagne, ont inconsciemment dévoilé les missions
secrètes confiées au trio-colonel du sépara et du pustchisme. "Le colonel
Joleaud alias Zoro avait pour mission de coordonner les commandements
inter-colonel pour foutre le bordel à Anjouan, la zizanie à Ngazidja, la fausse
euphorie à Mwali et un semblant de sécu à Maworé. Première mission accomplie. Enfin, faire exiler les deux colonels
comoriens à l’île Bourbon pour recommencer le processus et replonger le pays
dans la saga des coups d'Etats. Le départ de zoro est peut être programmé pour
faciliter l’accomplissement de cette dernière mission. Qui sait ?
Notre flair de moutons nous fait dire que zoro va être muté
en Nouvelle Calédonie sur les traces du vieux Fundi envoyé en vacances pour
céder la place au colonel A Bete. Les Kanaks l'attendront sans doute dans la
Grotte des Gendarmes pour fêter avec lui, sa venue au pays de Tchibaou. Adieu
Zoro, on aurait tant aimé qu'on te laisse libre et n’oublie pas ta Gazette d’or
!
Echos de la diaspora :
Un 747 aux couleurs comoriennes a atterri à l'aéroport de Moroni Hahaya cette semaine avec à son bord une première cargaison de “je viens”. Les Comoriens sont fiers de voir ce monstre des airs arborer le drapeau national. Malheureusement, la déception risque d'être grande lorsque ils découvriront qu'il s'agit d'une autre aventure " Ashley ". L'orgueil national sera flatté le temps d'un été !
Les Comores ont fêté avec faste, samedi 30 juin à Moroni, la naissance de "Comores Airlines". Il s'agit d'une nouvelle compagnie nationale de transports aériens, venue combler le vide laissé par la faillite d'Air Comores. Selon les propos du ministre comorien des transports, Mohamed Ali Attoumane, cette nouvelle société est créée par l'apport de capitaux allemands et comoriens, la part comorienne étant majoritaire. Le vol inaugural réalisé sur un appareil DC10 loué au Portugal est parti de Marseille, le vendredi 29 juin, dans une totale confusion avec 280 personnes à son bord pour atteindre Moroni, le samedi à la mi-journée.
C'est en effet, par simple lettre du 28 avril 2001, signée par le même Mohamed Ali Athoumane, que la société Continental Wings s'est vu désigner transporteur national de la République Fédérale Islamique des Comores. Continental Wings est la dénomination sociale de la société que Thomas Grothe, un entrepreneur allemand installé en Suisse exploitait en Afrique australe avant qu'elle ne tombe en faillite. Depuis, Continental Wings a retrouvé des couleurs qui l'ont poussé dans une dynamique pour arracher le marché juteux des vacancies comoriens de France.
Cette information a, bien évidemment, suscité une vive réaction des compagnies Yeménia et Sudan Airways qui assurent, bon an mal an, depuis quelques années, les liaisons entre la France et les Comores, dans l'espoir de combler leur manque à gagner des périodes creuses durant les vacances d'été. Aussi menacent-elles aujourd'hui de devoir interrompre leurs liaisons avec les Comores?
À cette confusion, créée par la surenchère des compagnies, s'ajoutent, depuis quelques semaines, des informations inquiétantes et préoccupantes, débitées à intervalles réguliers par "La Lettre de l'Océan indien" au sujet des transactions opérées actuellement par le gouvernement dans le domaine des transports aériens et qui laissent sous entendre que les Comores se trouveraient mêlées à des opérations fallacieuses, sans lendemain.
En effet, selon la "Lettre de l'Océan Indien" numéro daté du 26 mai, le vol inaugural de la compagnie "Indian Océan Airways" de Christian Bozon qui devait avoir lieu le 23 mai entre Dar Es-Salaam et Moroni a été annulé in extremis par le gouvernement comorien à la suite d'un rapport accablant pour Christian Bozon rédigé par l'Ambassade de France à Moroni et transmis aux autorités nationales. De même, selon les mêmes sources, l'Aviation civile française aurait demandé des précisions à son homologue comorienne à propos de la demande d'octroi de droits de trafic en France faites par "Les ailes des Comores" devenue par la suite "Comores Airlines", de Thomas Grothe. Il s'avère en effet que l'IATA basée à Genève a été dans l'incapacité de trouver trace de Grothe et de sa compagnie "Continental Wings" dans ses archives.
rappeler celle concernant "Ashley" qui a précipité la société Air Comores dans une banqueroute ayant entraîné sa liquidation,
En outre, le journal a révélé que les agences "Karibou Voyages" et "Vite voyage" basées respectivement à Paris et à Marseille et qui sont chargées de commercialiser les billets de la nouvelle compagnie ne seraient pas habilitées auprès de l'IATA. Toutes ces affaires, en tout cas, ne sont pas sans nous rappeler celle concernant "Ashley" qui a précipité la société Air Comores dans une banqueroute ayant entraîné sa liquidation, sous le régime Djohar. Elles ne sont pas non plus sans nous rappeler celle du "Kamaria air" dont tous les mystères ne sont pas totalement élucidées. Quels intérêts les Comores ont, à créer des compagnies avec des particuliers au lieu de rechercher une coopération avec des partenaires stratégiques, sérieux et expérimentés ?
De même, l'on se rappelle qu'au mois de mai 2000, au cours d'une tournée mouvementée en France, le colonel Azali Assoumani, flanqué de tout son cabinet, s'était engagé à trouver une solution à la problématique des vacanciers comoriens dépêchant en Suisse son directeur de cabinet d'alors, Hamada Madi Boléro aujourd'hui Premier ministre, pour en chercher une solution auprès de Christian Bozon.
Que sont Christian Bozon et Thomas Grothe? Quels intérêts les Comores ont, à créer des compagnies avec des particuliers au lieu de rechercher une coopération avec des partenaires stratégiques, sérieux et expérimentés? Quelles garanties apportent Bozon et Grothe à l'État comorien pour lui permettre aujourd'hui de risquer une rupture avec Yemenia et Sudan Airways, après avoir perdu la confiance d'Air France et de Emirates? Où est, en substance, l'intérêt des Comores et des Comoriens ?
Christian Bozon est un "homme d'affaires" français, installé à Genève en Suisse. Il fut un conseiller, très écouté, du président Taki avec qui, il fondait beaucoup d'espoirs pour résorber les difficultés financières de l'État. Il fut d'ailleurs le principal initiateur de la Société "kamaria Air" dont la gérance avait été confiée à Abdillah Mbaé, le beau-frère du président. Comme chacun sait, cette affaire a scandaleusement échoué après avoir mis à rude épreuve, une fois de plus, les finances de l'État (LOI 820). D'ailleurs, Christian Bozon est assigné en justice par la société "Euralair International" pour l'achat, en avril 2000, d'un aéronef d'une valeur de 4 500 000 $ US au profit de Kamaria Air dont il n'a jamais voulu en prendre possession ; ce qui lui a valu la saisie conservatoire de l'appareil et l'assignation à payer les dommages et intérêts correspondants. L'homme d'affaires revient aujourd'hui en force aux Comores en s'appropriant la gestion des hôtels Galawa, la seule entreprise rentable du pays dont le bail, avec la société sud africaine "Sun international", est arrivé à expiration.
Il fut ensuite récupéré par Marc Gaulin, aujourd'hui propriétaire de Karibou Voyages dont les liens avec les milieux, mercenariaux sont mis en évidence. La compagnie "Indian Océan Airways" dont la France ne voudrait plus entendre parler était destinée à des vols régionaux et particulièrement à l'acheminement de ses clients aux hôtels Galawa et Itsandra. Par ailleurs l'on sait que Christian Bozon n'a aucune expérience en matière hôtelière mais que l'opération est couverte par la Société financière d'exploitation hôtelière et de tourisme (Sofitour), financé par Raymond Claude Foex, ami de Jonas Savimbi, leader de l'Unita et dont Bozon n'est que le représentant (LOI N°936).
Thomas Grothe par contre est un entrepreneur allemand installé comme Bozon en Suisse, mais dont les liens avec celui-ci ne sont pas encore établis. Il fut introduit pour la première fois aux Comores par un neveu du Président Taki, résidant aux États-Unis, avec pour but d'essayer de redonner vie à sa société en y assurant les liaisons inter-îles et régionales. Il fut ensuite récupéré par Marc Gaulin, aujourd'hui propriétaire de Karibou Voyages dont les liens avec les milieux, mercenariaux sont mis en évidence dans la "Lettre de l'Océan indien N°950". La société que Grothe a hérité aujourd'hui n'est que le résultat du projet initié depuis avril 2000, par Bozon et Boléro mais que le gouvernement comorien n'a pas jugé utile de mettre en application, sur pression extérieure. L'État comorien n'est utilisé ici que par alibi pour couvrir une opération dont les véritables bénéficiaires sont des particuliers nationaux et étrangers.
En fait, Thomas Grothe n'a pas de compagnie à proprement parler. C'est un homme d'affaires qui loue des avions privés pour les mettre à la disposition des compagnies nationales dès lors que celles-ci arrivent à obtenir le droit de trafic aérien nécessaire. C'est ainsi qu'est née l'idée de créer la société de droit comorien dénommée "Comores Airlines" dont l'État n'aurait apporté aucun centime. Ce sont Azali, Fakri Mradabi et Boléro qui se sont substitués à l'État. En revanche, Thomas Grothe n'a fait que se porter garant de l'opération à la Banque mondiale.
Shwarts le luxembourgeois que l'on voit émerger actuellement, n'est que le parton de l'agence "Vite Voyages" de Marseille qui commercialise les billets de Comores Airlines avec Karibou Voyages à Paris sous la dénomination de GSA. Il est devenu actionnaire de "Comores Airlines" en déboursant à Thomas Grothe la somme qu’il a déposé en caution pour garantir la fiabilité du projet, devenant par la même occasion, le principal pourvoyeur de l’opération.
Ainsi donc, l'État comorien n'est utilisé ici que par alibi pour couvrir une opération dont les véritables bénéficiaires sont des particuliers nationaux et étrangers. Pour l'heure, MATS (Moroni Air Travel Service), la société parapluie qui représente Comores Airlines à Moroni et à Marseille, est installée route de la Corniche à Moroni, dans des locaux publics avec un effectif réduit, en attendant que les anciens locaux d'Air Comores promis lui soient mis à disposition.
Les Comoriens de Marseille sont naturellement heureux de pouvoir partir en vacances aux pays, même avec un billet 50 % plus chers (8000 FF) par rapport au prix du marché sur des vols réguliers à destination des pays de la région. Ce qui importe pour eux, c'est surtout d'avoir un vol direct qui leur épargne les tracasseries du voyage avec en prime une franchise de 50 kg. Que demander de plus au peuple?
La rédaction de Conscience comorienne
LIBRE OPINION
Libre opinion :
Les Comores existent-elles ? (3ème partie)
De plus, les historiens français au cours de leurs
recherches très sérieuses et très pointues ont tendance à relayer, mais sans le
vouloir sans doute, l'idée d'un ensemble comorien par définition éclaté ou en
conflits permanents (Martin : Quatre îles entre pirates et planteurs, Faurec :
L'Archipel aux sultans batailleurs). D'autres, tels Maurice, professeur émérite
à la Réunion, intervenant lors du 150e anniversaire du rattachement de Mayotte
à la France et depuis membre du groupe de réflexion parisien sur l'avenir
institutionnel de Mayotte, professent la légitimité de l'éclatement de la RFIC
et d'une décolonisation à la carte sous prétexte que les populations doivent
être libres de leur choix, au nom d'une redéfinition de la démocratie sans
doute valable dans les seuls espaces coloniaux susceptibles, de fait, de
désirer le maintien dans la France. Au cœur du vaste système des réseaux et des
luttes d'influence de telles productions, libellées universitaires qui plus
est, prennent une force singulière.
On constate alors, que les énergies et les paroles écrites
et diffusées s'exercent toutes dans la même direction et émanent toutes des
mêmes sources : il s'agit d'une pensée étrangère aux Comores elles-mêmes, d'une
véritable réécriture de l'histoire par ceux-là mêmes qui n'en sont pas les
acteurs naturels mais qui vont finalement entrer dans l'histoire des Comores
comme les vrais manipulateurs des consciences en servant de caution à la
puissance française.
Face à cette débauche de discours pernicieux (nous n'avons
repris ici que quelques exemples), il semble que, pendant longtemps, les
Comoriens n'ont pas éprouvé le désir de fonder nettement un contre discours. Il
faut alors se demander d'où provient cette faiblesse, tenter de comprendre pour
quelle raison les Comoriens ont ainsi laissé le champ libre à des propos
mensongers ou à des discours qui ne viennent pas d'eux et qui, de plus,
détruisent finalement l'espace même dans lequel ils vivent.
En fait il apparaît clairement qu'au delà des discours
mensongers tenus sur les Comores, la définition de l'unité comorienne tend à se
fonder sur un système de référence inadapté au contexte et partant incapable de
rendre compte de la réalité de cette unité. Les Comoriens se taisent ou sont
eux-mêmes victimes de ce système de référence.
On est obligé de noter comme un élément déterminant
l'incapacité des Comoriens à se dire comme tels ou plus exactement le fait que
pour un comorien il semble inutile de se dire comorien. Pour que le sentiment
unitaire puisse prendre corps au niveau du discours il convient qu'un certain
nombre de facteurs invitent à cette verbalisation et on a le sentiment que ces
facteurs ont jusqu'alors fait défaut aux Comores. Ainsi l'unité se vivrait mais
ne se dirait pas.
Il faut observer peut-être l'absence de recul du Comorien face à son espace naturel. Vivant dans l'Archipel, le commun des mortels ne dispose pas de représentation forte de son environnement et même de son positionnement dans la région. Les difficultés du système éducatif actuel ne favorisent pas cette prise de conscience. Ainsi dans le langage quotidien comme dans la vie il semble qu'il manque une référence globale. Je vis à Anjouan, ma sœur est à Mayotte, j'achète les cocos de Mohéli et j'envoie mon cresson à Moroni, cet espace est mien mais rien ne m'invite à le verbaliser comme tel. C'est d'ailleurs lorsque les Comoriens se trouvent à l'extérieur que soudain, l'angle de vision se modifiant, l'Archipel se dessine et prend corps au point de permettre à ceux qui ont à se situer par rapport à l'autre de se déclarer comoriens et de dire qu'ils parlent une langue qui est le comorien .
I. MOHAMED (pour le Groupe de Réflexion sur le devenir des Comores, GRDC)
Mamoudzou
Ce serait bienvenu de nous éclairer davantage sur le
processus qui nous amène à "choisir" une appellation du NEC parmi une
liste de propositions aux connotations aussi contradictoires et opposées :
République Islamique des Comores Unies, Union des Comores, Union des Etats des Comores,
Union des Etats autonomes des Comores, République fédérale islamique des
Comores...
Généralement le choix de l'appellation résulte d'un
consensus lorsque l'on est d'accord sur les fondements de l'Union, sur les
termes de la collaboration des parties... Tout ce temps perdu (4 ans de misère
morale) à cause de l'inimité des différents courants séparatistes anjouanais,
certes téléguidés de l'extérieur, a permis d'attiser notre conscience du danger
de la séparation des Comores.
Aujourd'hui, parler encore d'Etats aux Comores ne relève que
du mépris du peuple comorien. Poser la question à ce niveau de jeux de mots
(jeu de maux ?) en dit long sur le manque de sincérité de ceux que des
circonstances malheureuses ont amené à "négocier" (et à pactiser) afin
de résoudre les conflits comoriens. Non, la sincérité de ces gens, ni de leurs
donneurs d'ordre, n'a jamais été au rendez-vous.
Car seul a prévalu, pour certains leur maintien aux
pouvoirs, et pour d'autres la sauvegarde de leurs intérêts égoïstes, et cela au
prix du bradage des régions comoriennes, morceau par morceau (de Mayotte au
reste des autres îles). Non, l'on ne pourra jamais croire en ces gens là, et
ils garderont la même image de dilapidateurs de la patrie : en achetant le
silence des ténors de la classe politique comorienne, en forçant l'illusion des
aides économiques aux "régions" pour mieux enfermer les
"régionalistes" dans leur régionalisme.
Et pour ce qui est du "choix" de l'appellation,
seule aura un sens pour l'Histoire une appellation qui contienne les concepts
de République et d'Union. Donc, pour nous autres, ce sera la République de
l'Archipel des Comores (Unies). Seule appellation sensée pour tous ceux qui
croient aux Comores Unies et Uniques. A ceux ci je demande de voter à deux mains
levées. A bientôt
Mabadi A. (France)
Suite à l'article de l'ancien directeur de l'aviation civile
apparu sur la Gazette numéro 87 du 29 juin 2001 intitulé "la sécurité n'a
pas de prix", je voudrais apporter à la connaissance de tous que les
Comoriens de France n'ont pas manifesté parce que des mesures de sécurité ont
été mises en place. Contrairement à ce que vous prétendez, monsieur le
directeur, les mécontentements des comoriens de France à propos des contrôles
abusifs à l'Aéroport international de Hahaya ne date pas d'aujourd'hui.
Que ce soit la PAF ou l'AND, vous savez très bien que moi
qu'en matière de compétence il n y'a pas de différence. D'ailleurs je me
demande si réellement vous avez reçu des lettres d'encouragement. S'agissant de
l'inspection des passagers et de leurs bagages, vous savez très bien monsieur
le directeur que ça ne date pas non plus d'aujourd'hui, et ça n'a jamais fait
l'objet de contestation. Nous voyageons tous et nous savons très bien que ça se
passe comme ça dans tous les aéroports du monde. D'ailleurs ça nous rassure et
nous savons très bien que c'est pour notre sécurité que ces contrôles sont
effectués.
Le grand problème de l'aéroport international de Hahaya,
monsieur le directeur, consiste sur les contrôles abusifs des passeports.
"Vous êtes membres depuis 1985 de l'organisation de l'aviation civile
internationale" ; donc vous avez certainement visité beaucoup de pays. Est
ce qu'il vous est déjà arrivé de vous demander une carte d'identité pour
justifier que ton passeport t'appartient monsieur le directeur ?
Vous avez affirmé avec certitude que le comorien joue un
rôle très significatif dans le trafic des faux papiers en France et ailleurs :où encore à part la France ? Je voudrais donner une petite
précision sur ces accusations que le les autorités comoriennes prennent comme
prétexte pour rendre l'aéroport de Hahaya indésirable. D'abord il faut
comprendre qu'il y a une très grande différence entre des faux papiers et des
vrais-faux papiers. Le plus souvent le comorien fait une fausse déclaration
pour obtenir des vrais papiers et c'est ce qu'on appelle des vrais-faux papiers
: et croyez moi c'est une affaire qui peut durer plus de dix ans avant que la
justice donne un verdict. Ce n'est pas en cinq minute
que la police de Hahaya va pouvoir déterminer si les papiers lui reviennent de
droit ou non. D'ailleurs ce n'est pas une affaire de la police frontière.
Du moment que le voyageur porte un passeport non falsifié,
qui ne porte des ratures, et s'il ne fait l'objet d'un mandat d'arrêt, j'estime
qu'il a le droit de voyager sans trop poser des questions sur la façon dont il
a obtenu les papiers, ni même de lui demander une pièce d'identité pour
justifier que le passeport lui appartient.
Ahmed Mohamed Ben Charafa,
Mbéni
Avec les respects, l'obéissance que le mgazidja doit à
l'autorité étatique, il demande en échange un peu de compréhension. Le dicton a
toujours dit que toute vérité n'est pas bonne à dire. Mais cet enseignement est
destiné aux impies, aux hypocrites et aux démagogues. C'est une expression
bannie par le démocrate, interdite par la religion et réprimée par la loi.
Certes, certains milieux du monde moderne ont tendance à dissimuler la vérité
pour se faire estimer.
En réalité c'est une course engagée sur une terrasse. La
sincérité est l'un des meilleurs vertus de l'homme.
Que le ciel pardonne les démagogues délibérés. Logiquement le sens de cette
expression a ligoté la personnalité de grand-comorien jusqu'à ce qu'elle
accepte d'être un étranger dans son île. Aujourd'hui, la mondialisation exige
que l'enfant a le droit de savoir tout. Il convient donc de lui léguer la
véracité historique de ses origines. Mais l'énigme est que l'auditeur de Radio
Comores est chargé de mater toute personne qui oserait distinguer l'origine
d'un citoyen comorien. C'est une recommandation aberrante car outre la
nationalité, la fierté de chacun et son lieu de naissance. Que nous arrivons à
différencier la capitale fédérale et la Ngazidja authentique. Il est né dans
une famille nombreuse de l'Océan Indien où toutes les îles de cette région font
partie d'elle.
Cela ne doit pas cramponner la Grande-Comore d'être la sœur
de quiconque au risque de blesser les plus méritoires comme l'île de Zanzibar,
Pémba et autres. Il faut admettre qu'entre le droit du voisinage et celui de la
famille il y a une différence. Le langage géographique le confirme par
l'interposition des eaux du canal de Mozambique. Le borgne ne dirait pas le
contraire en assistant aux travaux quotidiens d'un seul œil orbitale.
La langue exposée à la rapidité de dents demeure vigilante pour ne pas se faire
broyer. Incontestablement les spécificités naturelles de Ngazidja ne sont pas
identiques ailleurs en particulier à Anjouan.
Toutefois, le peuple de la Grande-Comore n'est pas hostile à
une unité bien restructurée de l'archipel. Cette volonté ne devrait pas être
considérée comme une faiblesse en soi. Au contraire, la grandeur de cette île,
sa sympathie habituelle, son hospitalité reconnue, sa patience constatée, sa
docilité remarquable méritent en un mot, une qualification dévouée au lieu
d'une accusation méprisante. Ce peuple longtemps opprimé par une politique
raciale et clanique revendique à juste titre ce qui lui appartient devant les
nouvelles institutions. Les autorités républicaines ont la charge d'une
répartition équitable pour maintenir la paix les jours à venir.
Ngazidja a été toujours traumatisé depuis les assassinats
perpétrés de Hachime, Msa Foumou, Said Ibrahim, docteur Cheikh, Ali Soilihi et
Mohamed Taki. La déportation préméditée et humiliante du président Djohar a
rappelé aux habitants de Ngazidja tant de souffrances couvées depuis la
colonisation. Tout grand-comorien digne de ses origines, soucieux de l'avenir
de son île est conscient de la philosophie du séparatisme. C'est une nouvelle
forme de domination admise par l'opinion internationale et parrainée par les
arrivistes de tout bord. Les cacologies des affamés s'abstiennent d'en faire
état par crainte de perdre la boussole vers leur objectif commun. A l'état
actuel des choses, le meilleur pivot que les Wangazidja ne cessent de rêver est
celui qui mettra fin à la gémonie gratuite.
Un voisin mal intentionné est un ennemi juré selon la parole
prophétique. Le séparatiste persiste à vouloir se détacher de l'unité
authentique. Il est temps de dévoiler ses raisons. Ceci
Permettrait d'analyser son ambition dans les déclarations de
réconciliations. Ici ou ailleurs la confusion règne de manière à compromettre
les bons espoirs éventuels et mettre en doute les acquis loyalement conservés.
Chacun sait que la continuité de cette perturbation susciterait à la longue une
amnésie théorique qu'aucune thérapeute ne saurait y remédier. Nul n'est censé
ignorer qu'il n'y a pas de fumée sans feu. On dit souvent que pour guérir une
plaie infectée, il faut gratter la croûte. Le curetage est une opération
efficace pour les infections internes.
En effet, le souhait anjouanais n'est pas un délit en soi,
mais plutôt une aberration injuste et déplacée. Son absence aux festivités du 6
juillet en disait long et laisse derrière elle un mauvais souvenir. L'unité de
l'archipel était une idée faramineuse consentie par les faibles pour se faire
épauler par les plus forts. Sa mise en cause ne fait que maudire la mémoire des
anciens. Surtout ce qui ont la chance d'attirer le maximum de profits. Qui tire
la ficelle topographique de cette situation ? De toute manière, les intrigues
qui ont camisolé la personnalité de grand-comorien.
Jadis, n'auront pas de cours au 3ème millénaire. Dans certain logique, elle démontre que l'anjouanais n'a
nullement besoin d'une séparation définitive. C'est une dictée mal interprétée
ou mal rédigée par le néo-colonialiste assisté par les nostalgiques. A savoir,
si ce n'est pas une morsure d'une anguille sous roche. Tout le monde est
convaincu que l'autorité anjouannaise n'a pas omis la densité démographique de
son île. Mais elle veut changer d'épaule son fusil ; c'est un problème qui
n'incombe qu'à elle seule.
Dans les milieux officiels on se félicite de la réussite de
la dernière conférence des amis des Comores qui a eu lieu le 5 juillet 2001.
C'est une réussite extraordinaire certes, mais elle demande un examen de
probabilités approfondi car superficiellement c'est un cadeau empoisonné
destiné à toutes les générations d'aujourd'hui et demain. Les moyens du bord
étant bien limités chaque bénéficiaire doit songer au remboursement avant
l'acquisition. Les données actuelles stipulent qu'il n'y aura pas de pitié pour
le canard boiteux. En ce qui concerne l'inédit, il continuera à élucider dans
ses colonnes toute la lumière jusqu'ici dissimulée au
vue de la jeunesse de Ngazidja dépourvue d'interprète dans les instances
républicaines. Vive les Comores dans l'unité équitablement instaurée.
Souef Aliamani (Retraité à Mitsoudjé)
Trop facile ! Trop facile de vociférer à longueur de journée
sur le nouveau repreneur de l'EEDC quand on sait que la mort programmée de la
société de l'énergie, l'a été surtout à cause de notre comportement. Ne
sommes-nous pas à des degrés différents partisans de l'Etat providence qui doit
tout prendre en charge même et y compris nos factures d'électricité ? Qui d'entre
nous se soucier de celui qui va payer la lumière de nos rues, supporter les
factures de nos mosquées et nos écoles ? Qui ? Nous avons poussé à bout l'Etat
comorien à tout prendre en charge jusqu'à ne plus pouvoir payer. Nous avons par
lâcheté, achevé en un coup de semonce
notre unique société qui fut jadis la fierté de notre pays ?
Aujourd'hui comme hier qu'est ce qui a changé en nous ? Ne refusons -nous pas par tous les moyens aux agents de
l'énergie d'effectuer normalement leur boulot ? N'assistons-nous pas
indifférent au comportement de citoyens, qui refusent carrément qu'on relève
leur compteur ?
Rappelons-nous. Quand tout le pays a connu les mois noirs
sans énergie ni eau, il a fallu que la Caisse française de Développement
(CFD) offre les garanties
d'investissement urgent pour que la Générale des eaux consente à reprendre
l'EEDC. Il a fallu que M. Gindre prenne des risques énormes et s'implique
directement en finançant d'abord à hauteur de 600 millions les pièces de
rechange pour que les discussions sur le contrat d'affermage reprennent.
Certains esprits malsains font semblant d'ignorer que c'est
grâce à la CFD que la CEE reprend confiance en l'avenir et peut se targuer de
pouvoir électrifier tout le pays. Si aujourd'hui il est possible de donner la
lumière à plus de 99 nouveaux villages c'est parce que la CEE augmentera ses
capacités et achètera de nouveaux moteurs. Et puis il y a les nouvelles
méthodes de gestion saines et transparentes que les instituions financières
comme l'AFD posent comme conditions avant de décaisser, qui est
possible aujourd'hui d'espérer. Nous avons le devoir, en tant que consommateur
de soutenir ces nouvelles méthodes de gestion afin d'aider la CEE à s'en
sortir.
Il faudra refuser que des villages entiers se dressent pour
interdire la pose des compteurs collectifs. En quoi cela gène des citoyens qui
n'ont rien à se reprocher ! C'est en refusant ce genre de comportement qu'on
peu changer les mentalités de ce pays afin de pouvoir dans un avenir proche
responsabiliser les citoyens et imposer le respect de la chose publique.
Et puis quand des accidents de moteurs sont intervenus, et
ont failli briser le moral des responsables de la CEE, il a fallu que la France
offre un don de pièces de rechange pour que la lumière rejaillisse dans nos
foyers. Trop facile je le répète d'accuser les uns et les autres quand nous
n'avons vu personne d'autres s'intéresser à un secteur qui est à la base de
tout développement. Trop facile
!
Ahmed Mohamed Abdoulhamid Abdallah Ben Sultan
(Belmondo)
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