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dimanche 4 juin 2006

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Vive la France et la Coloniale

 

Extrait JIR DU 3 JUIN 06

La scène du grand roupillon sonore que vous avez sous le nez s’est passée à Moroni, vendredi dernier, à deux mètres de la tribune présidentielle, face aux délégations étrangères, jour de l’investiture d’Abdallah Mohamed Sambi, président de l’Union des Comores. Comme dirait l’autre, j’y étais.... Alors je vous raconte, comme promis. Arrivé jeudi après midi sur Air Austral en compagnie, à la traîne, de la délégation française composée de Paul Vergès, Houssen Amode, DGS à la Région, et Bruno Clément-Bollé, général et patron des forces armées dans l’océan Indien, j’emprunte le tapis rouge et un petit escalier menant au salon d’honneur. Du coup, je fais comme mes petits camarades. Je serre les cuillères des personnalités du coin qui se tendent, ministres, machins, patins, conseillers, alignés en file indienne pour recevoir en chef d’Etat sans la musique, le drapeau, les troufions - Paul Vergès président de la... Région. Vergès est aux anges, Houssen Amode aussi qui bise de ci de là des gens du coin et même de vieux lascars en embuscade dans le bled depuis des lustres. Ace niveau de l’histoire, vous vous demandez sans doute ce que venait foutre ici en cette occasion et pas vraiment au titre du Croissant-Rouge, mais aux frais du contribuable, Houssen Amode, directeur général des services de la région Réunion. Je me le demande aussi. Cela dit, connaissant le “très fort taux de corruption” qui gangrène le pays, les ressortissants du coin s’interrogent et moi avec, vous pensez bien, sur les allers et retours effectués depuis des années en Grande-Comore par ce bon monsieur Amode pour le compte de la région Réunion... L’ambassadeur de France est là pour recevoir la délégation, une Américaine aussi, troufion dans l’armée, appointée CIA, fraîchement débarquée de Maurice qui photographie tout le monde... parce que de l’avion d’Air Austral débarquent aussi des Ricains de Maurice, l’ancien Premier ministre Mauricien, l’ambassadeur du Pakistan, une demidouzaine de représentants des pays arabes, trois Chinois de Chine, quelques barbus... Après s’être reposés et rafraîchis, les trois lanciers de la délégation française quittent l’aéroport, emmenés par un ambassadeur de France chapeauté, direction l’ambassade, et moi plus simplement et à mes frais, l’hôtel Moroni dans lequel règne un intense et joyeux merdier façon ambiance de sommets africains, avec gardes du corps et boubous multicolores. Je vous passe rapidement sur les contacts locaux, qui m’en racontent deux ou trois mignonnes, des politico-financières réunionnaises, dont on reparlera sans doute un de ces quatre, et me confortent sur ce que l’on savait déjà, à savoir d’une part que la France est en train de se faire virer de la zone, Madagascar y compris, par les Américains, et de l’autre que l’ancien président Azali, ses anciens ministres, la magistrature, les chefs militaires et une tripotée de pandores locaux ont vécu comme les corbeaux sur le fromage, sur la bête, sur le dos de la population, ont volé le pays, pillé les subventions, tout le fric. Les caisses sont vides. Azali est un voleur. Ce qui n’est un secret pour personne, ni pour l’ambassade de France ni même pour la région Réunion. Seule différence, aujourd’hui on le dit, les Grands-Comoriens en premier qui affirment, et ce n’est pas le plus triste de l’histoire, qu’ils vivaient bien mieux, beaucoup mieux, du temps de ce bon président Abdallah, lorsque Bob Denard et ses mercenaires chargés d’assurer la sécurité du vieux président et la stabilité du pouvoir pendant dix-sept ans participaient indirectement au développement du pays... Et on se retrouve vendredi en tout début d’après midi dans le jardin de l’un des palais présidentiels. Installés sous des bâches - il pleut par instant comme vache qui pisse - nous faisons face à la tribune présidentielle. Il y a de tout, les représentants de doublevé Bush, le ban et l’arrière-ban des pays arabes, l’Iran, l’Arabie Saoudite, la Palestine, Sylla le premier ministre malgache, le vice-président tanzanien avec madame munie de ses 34 gardes de corps, Mbéki pour l’Afrique du Sud et des Chinois de Chine comme s’il en pleuvait, déjà fortement implantés dans le pays... Les Français de France sont là aussi, qui ont seulement dépêché Wiltzer, un ancien ministre délégué à la coopération... Et tout le monde s’installe avec tout le monde, sauf les ministres et les chefs d’Etats que l’on place face au peuple et aux délégations étrangères, à droite de la tribune officielle, et Paul Vergès à part, à gauche du président, entre les magistrats de la Cour constitutionnelle et une dizaine de grosses fatous encapuchonnées et couvertes d’or... Je vous passe les prières et discours de bienvenue des uns et des autres et les paquets de flotte qui dégringolent de temps à autres des bâches, pour faire place à Azali, l’ancien président voleur, hué, insulté comme il se doit, salué à chaque instant par une méchante bronca populaire. Lequel Azali se lève et peinard, comme si de rien était, se met à décorer et à biser notre ancien ministre de la Coopération, le Sud-Af, le Tanzanien, le Mauricien... de l’étoile d’Anjouan. Jusqu’à Wilfrid Bertile, absent, qui a hérité de l’ordre du Croissant Vert... au titre de la coopération régionale ; un Bertile dont on reparlera sous peu. C’est à ce moment-là que Paul Vergès se rendort, face au peuple et aux délégations étrangères, dont celle des Américains, amusées de voir ronfler l’ancien révolutionnaire, indépendantiste communiste de la zone occupée océan Indien. Vive la France et la coloniale ! Et puis le vent se met brusquement à souffler. La pluie redouble et dégouline maintenant sur le paletot de Paul Vergès, ce qui le réveille, et c’est heureux vu que c’est au tour du nouveau président de grimper sur l’estrade et de causer à son peuple, en turban, en arabe, en comorien, en français... Le discours est islamique mais modéré, par conséquent rassurant pour les Occidentaux, pour le moment du moins.... L’inquiétant est ailleurs. D’une part dans les caisses qui sont vides. Avec cette question : qui va renflouer le pays, qui fera demain bouffer les Comoriens ? L’Occident, l’islam modéré, les autres, les musclés ? D’autre part parce que Sambi promet dans l’immédiat aux anciens dignitaires de la taule pour corruption. Alors qu’à deux mètres de là, Azali se fend la poire, fort du soutien des chefs militaires, des magistrats, des gendarmes... et bonjour le coup d’Etat qui s’annonce. Et la journée se termine, plutôt bien d’ailleurs, sous la pluie, dans la cour du palais, par un défilé militaire, comme elle avait commencé, dans une cohue bien sympathique, avec un frétillant colonel de notre gendarmerie nationale en uniforme et en poste à Moroni au sein de l’ambassade de France, qui use de toutes les ficelles diplomatiques pour se faire prendre en photo avec Paul Vergès. Ce qui fut fait. Puis avec notre ambassadrice qui gambade partout à la recherche de Paul Vergès “... faut attendre monsieur Vergès, faut l’attendre, il marche moins vite que nous...”. Lequel Vergès n’était pas perdu, mais au calme tout simplement, qui sait par expérience que la bourgeoisie finit toujours par se rendre, se faisait prendre en photo par Houssen Amode, le DGS de la région Réunion, en compagnie d’un Malgache tout content de retrouver le guide...

 

SOURCE JIR DU 3 JUIN 2006

 


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