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LE PORTAIL DE LA PRESSE COMORIENNE
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PRISE D'OTAGE A L'AMBASSADE DES COMORES A PARIS Le diplomate était
un escroc Un conseiller
diplomatique de la junte comorienne a été arrêté à Paris après avoir séquestré un
notaire pour lui soutirer 160 millions de francs. La version selon laquelle l'escroc
préparait un coup d'Etat n'est guère plausible. Au contraire, son implication dans une
affaire d'extorsion de fonds éclabousse l'entourage immédiat du colonel Azali. L'histoire
racontée par Jean Marc Ducos dans Le Parisien tient
du film comique. L' ambassade des Comores,
déjà épinglée il y a quelques mois pour ne pas honorer ses loyers, est une fois encore
le théâtre d'une affaire rocambolesque. Deux escrocs jouant aux apprentis barbouzes et
un complice, employé de l'ambassade des Comores à Paris, sont parvenus à contraindre un
notaire de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) à signer des chèques pour 160 millions
de francs sur son compte professionnel de la Caisse des Dépôts. Leur soit-disant
objectif: financer un coup d'Etat dans ces îles de l'océan Indien où les changements de
régime ont été bien souvent l'uvre de mercenaires , à l'image de Bob Denard. Le
trio a été écroué à la fin de la semaine
dernière par le juge Etienne Appert , du parquet financier de Paris. "Leur
montage reposait sur mon silence. Désormais, je vis dans la crainte", confie le
notaire dans Le Parisien. Il avait été
contacté à la mi-juillet par un homme se présentant comme chargé d'affaires d'une
personnalité voulant acheter en toute discrétion une somptueuse propriété de 160 MF en
bordure du stade Rolland-Garros. "Cette
propriété était effectivement à vendre. L'acheteur ne voulait pas se déplacer. Je
suis allé le voir et on est venu nous
chercher au pied de l'immeuble", poursuit le notaire, qui se présente rue Marbeau à
Paris dans les locaux de l'ambassade. Il est introduit dans un bureau. "On m'a bandé
les yeux et j'ai été menacé. Ils m'ont expliqué qu'ils voulaient financer un coup
d'Etat aux Comores. J'ai dû remettre les clés de mon étude après avoir demandé par
téléphone au personnel de partir. Ensuite, j'ai donné les instructions pour éditer les
chèques et ils m'ont rapporté un reçu que j'ai été forcé de signer", continue
la victime qui a été séquestré pendant sept heures. Un mercenaire
mythomane Une
fois relâché, le notaire a prévenu la police qui a surveillé l'utilisation des
chèques. Mohamed Maoulida, 35ans, employé à l'ambassade des Comores, trop imprudent,
s'est présenté dans une agence de banque American Express pour demander le paiement en
espèces de 500 000 francs sur un chèque de l'étude. Aussitôt arrêté, il mettra en
cause un homme déjà connu pour des escroqueries aux lingots d'or, Noël Dubus, 32 ans.
Avec l'un des chèques, il avait acheté pour un million de francs deux berlines haut de
gamme, saisies depuis. Les
recoupements ont permis de remonter à Laurent Van Tottelsberg, 35 ans, qui se dit
mercenaire et directeur d'une société de gardiennage à Tel-Aviv, en Israël, et dont le
bateau parisien est une simple boîte aux lettres. Le prétendu soldat de fortune vit à
l'hôtel et les policiers retrouveront dans sa chambre un chèque d'une valeur de 70
millions de francs ainsi que trois pistolets 9 mm. "Le chèque m'a été remis par
Noël Dubus pour préparer le coup d'Etat. Je travaille pour la DGSE ( l'agence d'espionnage française) et j'ai
infiltré cette organisation", osera-t-il dire aux enquêteurs. Vérification faite,
le faux mercenaire est un mythomane qui par le passé a déjà collaboré avec Dubus. Le
trio a été mis en examen pour extorsion de fonds avec séquestration. Reste
à comprendre pourquoi les trois escrocs évoquent l'objectif d'un coup d'Etat alors que
l'opération visait à enrichir des comptes personnels. Cette affaire pourrait bien
éclabousser aux Comores l'entourage immédiat du chef de la junte. Le colonel Azali
apparaît en effet que Mohamed Maoulida avait été nommé conseiller diplomatique, contre
l'avis du personnel de l'ambassade, par Amin Soéfou, ancien ministre de l'éducation du
colonel Azali qui a ensuite hérité du stratégique fauteuil de directeur de la société
nationale des hydrocarbures. L'escroc parisien serait d'autre part lié à l'épouse du
colonel dénoncé par les opposants pour être la "trésorière" du pouvoir. La
moralité douteuse de Mohamed Maoulida faisait déjà l'objet de spéculations diverses
aux Comores. Maintenant qu'il est en prison, ceux qui le soutenaient au sein de la junte
auront à rendre des comptes. Le Quotidien de la
Réunion du 26/09/2000.
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