Après le naufrage en mai dernier d'une barque chargée de 47 clandestins, il n'y avait eu que six rescapés, l'immigration clandestine entre les Comores et Mayotte est de nouveau sous les feux de l'actualité avec l'interception de 25 Anjouanais au large de l'Ile aux Parfums.

LA GENDARMERIE MARITIME DE MAYOTTE INTERCEPTE UNE BARQUE PARTIE D'ANJOUAN

Vingt-cinq clandestins arrêtés

Dans la nuit de samedi à dimanche dernier, la vedette de la gendarmerie maritime patrouille au large de Mayotte lorsqu'elle aperçoit en face de Bouéni, sur la côte sud de l'Ile aux Parfums, une embarcation. A bord, 25 immigrés anjouanais, douze hommes, deux femmes et onze enfants, tentant d'aborder clandestinement à Mayotte. Selon les gendarmes, l'embarcation était dans un état particulièrement alarmant. Les systèmes de direction et de propulsion avaient été bricolés avec des fils de pêche et des fils de fer. Les premiers éléments de l'enquête ont fait apparaître que la barque avait été volée il y a quatre ans à Mayotte.

L'an dernier, 7 000 clandestins comoriens ont fait l'objet à Mayotte d'une mesure de reconduite à la frontière. A cela s'ajoutent 7 000 autres, souvent des conjoints ou des enfants, qui se dénoncent volontairement pour rejoindre leur parent. Certaines de ces traversées sur ces embarcations de fortune baptisées familièrement "Japawa" se terminent tragiquement. Le 2 mai dernier, 41 clandestins ont trouvé la mort entre Anjouan et Mayotte.

Dans un premier temps on avait cru que la barque, à bord de laquelle se trouvait 47 personnes, avait pris feu suite à l'explosion d'un bidon d'essence. Selon notre confrère Via, la surcharge aurait provoqué le chavirage du "Japawa". Seuls deux hommes, trois jeunes filles et un bébé avaient pu être sauvés de justesse après sept jours de dérive par l'Aval d'Or, un chalutier breton, passant providentiellement dans le secteur.

 

Alain Dupuis JIR avec l'AFP

 

ARTICLE DU 8/7/98