ARTICLE DU 13/02/02  SOURCE LE JIR

 

 

Océan Indien  

 

 

L’Observatoire de l’émigration clandestine anjouanaise vient d’établir un nouveau bilan des accidents de kwassa kwassa, ces pirogues à moteur transportant des clandestins d’Anjouan à Mayotte.

Dix-sept accident ont fait 183 morts ou disparus entre Anjouan et Mayotte

Le drame des kwassa kwassa

La tragédie des Anjouanais cherchant au péril de leur vie à gagner l’eldorado que représente pour eux Mayotte en embarquant sur des pirogues de fortune désormais connues sous le nom de kwassa kwassa fait rarement la une de l’actualité. L’Observatoire de l’émigration clandestine anjouanaise tient une comptabilité effrayante des naufrages tout au moins de ceux qui sont connus.
Il vient de publier une nouvelle liste. Selon cet organisme, entre juillet 2000 et décembre 2001, dix-sept accidents ont été dénombrés. Ils ont fait 407 victimes, 183 morts ou disparus et 224 rescapés.
Les causes des catastrophes sont toujours les mêmes : panne de moteur, surcharge, mer agitée ou encore manque d’expérience du pilote.
L’Observatoire relève deux accidents particulièrement meurtriers. Le 18 octobre 2001, un kwassa kwassa chavire à deux kilomètres des côtes anjouanaises. On déplore neuf morts, trois hommes, deux fillettes et quatre femmes et six disparus.
Le 25 octobre 2001, un kwassa kwassa part de Maraharé, à Anjouan, avec 28 personnes à bord, une fille et un garçon âgé de moins de 14 ans, quatre femmes et 22 hommes dont les deux pilotes.
A son bord se trouvent également plus de 100 kilos de marchandises. Il fait mauvais temps, la mer est très agitée. Vers 9 h, le pilote commence à rencontrer de sérieuses difficultés face à de grosses vagues. Les passagers, effrayés, sont unanimes pour renoncer à la traversée. Le pilote fait demi-tour mais deux grosses vagues passent par-dessus bord. Le kwassa kwassa se remplit d’eau. Les hommes refusent de descendre pour vider l’embarcation. L’arrière commence à s’enfoncer. Les passagers se retrouvent à la mer. Six heures plus tard, le pilote et une victime sont secourus par des bateaux de pêche anjouanais. Les recherches pour retrouver d’autres survivants sont demeurées vaines. Un passager seulement a pu regagner la plage à la nage.

Alain Dupuis