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L’Observatoire de
l’émigration clandestine anjouanaise vient d’établir un nouveau bilan des
accidents de kwassa kwassa, ces pirogues à moteur transportant des
clandestins d’Anjouan à Mayotte.
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Dix-sept accident ont fait 183 morts
ou disparus entre Anjouan et Mayotte
Le drame des kwassa kwassa
La
tragédie des Anjouanais cherchant au péril de leur vie à gagner l’eldorado
que représente pour eux Mayotte en embarquant sur des pirogues de fortune
désormais connues sous le nom de kwassa kwassa fait rarement la une de
l’actualité. L’Observatoire de l’émigration clandestine anjouanaise tient une
comptabilité effrayante des naufrages tout au moins de ceux qui sont connus.
Il vient de publier une nouvelle liste. Selon cet organisme, entre juillet
2000 et décembre 2001, dix-sept accidents ont été dénombrés. Ils ont fait 407
victimes, 183 morts ou disparus et 224 rescapés.
Les causes des catastrophes sont toujours les mêmes : panne de moteur,
surcharge, mer agitée ou encore manque d’expérience du pilote.
L’Observatoire relève deux accidents particulièrement meurtriers. Le 18
octobre 2001, un kwassa kwassa chavire à deux kilomètres des côtes
anjouanaises. On déplore neuf morts, trois hommes, deux fillettes et quatre
femmes et six disparus.
Le 25 octobre 2001, un kwassa kwassa part de Maraharé, à Anjouan, avec 28
personnes à bord, une fille et un garçon âgé de moins de 14 ans, quatre
femmes et 22 hommes dont les deux pilotes.
A son bord se trouvent également plus de 100 kilos de marchandises. Il fait
mauvais temps, la mer est très agitée. Vers 9 h, le pilote commence à
rencontrer de sérieuses difficultés face à de grosses vagues. Les passagers,
effrayés, sont unanimes pour renoncer à la traversée. Le pilote fait
demi-tour mais deux grosses vagues passent par-dessus bord. Le kwassa kwassa
se remplit d’eau. Les hommes refusent de descendre pour vider l’embarcation.
L’arrière commence à s’enfoncer. Les passagers se retrouvent à la mer. Six
heures plus tard, le pilote et une victime sont secourus par des bateaux de
pêche anjouanais. Les recherches pour retrouver d’autres survivants sont
demeurées vaines. Un passager seulement a pu regagner la plage à la nage.
Alain Dupuis
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