Messieurs les chef et secrétaire de Cabinet de Madame la Ministre de l'Outre Mer.

 

L

es employés municipaux de Bandrele viennent de brûler le village d'Hamouro !

 

Hamouro est un petit village de Mayotte qui dépend de la ville de Bandrele située à 5 km. Hamouro a un tort : il est habité en grande partie par des Anjouanais, population immigrée souvent clandestine.

 

D'après le journaliste de RFO qui a réalisé le reportage télévisé, la gendarmerie venait de vider Hamouro  de ses hommes. Restaient les femmes, les enfants et les personnes âgées.

 

N'écoutant que leur courage, c'est dans ce contexte que les employés municipaux ont brûlé sélectivement les maisons des Anjouanais, avec leurs pauvres mobiliers. On les voit attiser les flammes sur les maisons de bambou, de pisé et de végétaux tressés. La caméra glisse sur des chats carbonisés et des forces de l'ordre apparemment passives. Un des plus beaux villages traditionnels de Mayotte n'est plus.

 

Cette mère de 12 enfants n'a plus rien et pleure son désespoir, ce vieillard hurle son incompréhension et témoigne que beaucoup de Mahorais sont eux mêmes descendants d'Anjouanais...

 

Ces actes de xénophobie sont ignobles, odieux dans leur contexte particulier, à tel point qu'on peine à trouver les mots pour exprimer son dégoût...

 

Il n'y a pas si longtemps qu'un enfant malade était sorti d'un dispensaire à Mayotte, que des pogroms étaient organisés dans certains villages où, à coups de haut parleurs, on sommait les "étrangers de partir sous huit jours".

 

Nous demandons à Madame la Ministre de donner les instructions nécessaires pour qu'une enquête soit immédiatement diligentée, que des décisions énergiques soient prises, afin de montrer que , dans ce futur département français, ces actes de barbarie, contraires aux droits de l'homme les plus élémentaires, contraires à la loi, ne seront plus tolérés.

 

Jean-claude Genest, secrétaire du syndicat SCDEN-CGT-Mayotte