LE GOUVERNEMENT SAMBI CONFRONTE AUX PREMIERES DIFFICULTES         

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epuis l'installation du nouveau gouvernement, il y a juste 5 mois, l'équipe sambi se bat sur tous les fronts ; l'habitat social, l'emploi,  la réhabilitation des infrastructures routières, le paiement des salaires , la restructuration des entreprises étatiques, l'économie et la justice.
 Et c'est bien sur ces deux derniers secteurs que le système bat de l'aile avec la mini -crise économique et les rebondissements des affaires concernant la corruption. Face à des difficultés qui ne cessent de prendre de l'ampleur jour après jour l'on se demande quelles sont les mesures à prendre pour éviter les effets d'une crise socio- politique ?
Des le mois de juin après l'investiture du nouveau chef d'état,le gouvernement a pris la décision de faire baisser les prix de certains produits de premier nécessité comme : le riz, le sucre , le carburant , le ciment etc. Il faut dire que  le riz apparaît comme étant l'aliment de base par excellence des  comoriens et il est passé de 350fc à 175fc.

Cette décision prise à la va vite pour répondre aux promesses électorales n'a  fait l'objet d'aucune négociation avec les partenaires sociaux.

Elle apparaît aux  yeux des petits commerçants et des grossistes comme une pilule amère ; deux mois après , les effets ont  commencé  à se faire sentir ; ces  derniers  n'ont pas tardé à réagir à l'idée de vendre leurs produits à perte. il est repassé à 250fc le kilo. De son coté, le gouvernement se retrouve acculé avec une perte sèche de 400millions de FC  de taxe unique sur la vente de 10000t du riz importés en mai dernier.
Cette situation a poussé les importateurs à bouder  les appels d'offres sur les importations du riz et d'autres produits et denrées de premier nécessité.

Face à cette mesure controversée, la grogne commence à se faire sentir auprès de la population ce qui n'est pas  étonnant car  la baisse des prix annoncés sur les autres produits n'a jamais été appliqué. De même  que la pénurie de certains produits comme la viande, les volailles … pendant le mois de ramadan n'a fait que contribuer à la détérioration de l'image de la nouvelle administration.

En ce sens, les reformes engagées par l'état pour restructurer les activités portuaires ont accentué d'avantage la crise ; notamment avec la décision de rompre le contrat qui liait la compagnie de manutentions des Comores ( comaco) et l'état au profit du groupe AL-MARWAN. Sur ce cas, le gouvernement a manqué l'occasion de sensibiliser la population sur les effets indésirables qu'une telle décision  peut provoquer. Résultats des courses, beaucoup des je viens et des commerçants mécontents ont déambulé plusieurs mois dans le port de Moroni avant de pouvoir dédouaner leurs marchandises.

Pour juguler cette crise, et y voir clair, l'état  doit obligatoirement dissiper cette brume épaisse qui plane sur l'économie et  principalement dans les activités portuaires. il va falloir y mettre de l'ordre; à commencer par maîtriser les coûts liés à l'exploitation du port de Moroni qui accuse un surplus de taxes : taxe unique pour l'état, pour les banques, taxes pour je ne sais qui….trop c'en est trop, car  le peuple en a assez d'engraisser une minorité, lorsque l'on sait  que le sac de riz arrive  au port de Moroni, fret compris à 6000fc et qu' au final, il est vendu entre 12000 et 15000fc chez  le détaillant.

Nous espérons également que le choix  porté sur cette nouvelle société pour l'exploitation du port, aille dans le sens, de la modernisation des infrastructures portuaires et de l'amélioration des droits et des conditions du travail pour les dockers.

De même que le gouvernement doit  amorcer le dialogue avec les partenaires sociaux à chaque fois qu' il est amené à prendre de importantes des décisions sur les différents secteurs . Nous espérons avec force qu'avec de tels engagements de la part de nos gouvernants, se concrétiseront dans l'assiette de tous les comoriens. Tout cela ne peut tenir que lorsqu'il existe un cadre juridique qui va protéger les droits et les personnes.
Engagé dans un processus de création d'une justice dynamique et impartiale pour honorer une promesse  électorale, le gouvernement a publié des son installation aux affaires, une liste de 36 personnes dont la majorité  étaient des membres de l'ancien régime.  Elles ont été  interdites de quitter le territoire pendant l'instruction des affaires de malversations et de corruption en cours. Dans cette logique de faire triompher la vérité, certains d'entre eux  ont été écroués à la maison d'arrêt de moroni. Mais un mois après, les tentatives de subordinations, pour faire libérer les prévenus culminent. Ce qui n'est  pas étonnant car c'est le système de moinahatrou qui triomphe au dessus de la justice ; les délégations villageoises, des amis de ces prévenus ne cessent de tenter par tous les moyens de voir un tel magistrat ou un membre du gouvernement pour faire libérer leur prisonnier. C'est l'habitude dans notre pays, tu peux commettre un crime, mais une fois en prison, c'est tout le village qui se mobilise pour te voir libre et t'accueillir en héros de ta sortie de prison.

Dieu seul sait que ces manœuvres exercent une forte pression  auprès  des magistrats et des politiques. malgré la volonté affichée, de faire triompher la justice.
Malheureusement, cette volonté, cette soif de justice finissent toujours par céder à cette forte pression exercée par le pouvoir traditionnelle sur l'appareil judiciaire. Ainsi, deux mois après leur incarcération, la chambre d'accusation de la cour d'appel de Moroni  a décidé la mise en liberté conditionnelle de ces prévenus. Cela a suscité des vives réactions de la part du ministre de la justice et de la classe politique en général. Et la suite tout le monde la connaît; ces magistrats  ont quitté le pays pour se réfugier à l'étranger après avoir rendu une telle décision. N'est-ce pas là ou se trouve la pente glissante pour ce nouveau gouvernement ? mais comment faire triompher cette justice équitable et impartiale dans une société habituée à la corruption ? dans cette société ou tout le monde est corrompu, le système judiciaire se retrouve également infecté. A ce stade, comment peut on demander à cette structure judiciaire polluée de rendre justice. C'est comme demander à un malade de guérir avant de lui avoir administré le médicament de la guérison.

Pour que ce jeune gouvernement aille loin dans la noble mission qui est de relever cette nation du gouffre, il se doit d'avancer au pas à pas ; La course contre le temps pouvant lui être fatale. Pour cette raison, le gouvernement doit prendre en compte le poids de la tradition et de la rupture socio-politiques que traverse notre pays aujourd'hui; en associant la population en l'occurrence sur les notables et les politiques sur la protection des biens et de personnes dans chaque village, chaque région et dans tous les medias pour expliquer l'esprit de la  loi et l'intérêt d'une justice équitable.
Dans cette nouvelle politique judiciaire, la limite du pouvoir des notables doit être définie et cela en commun accord avec les principaux concernés. Je pense également qu'avec l'installation des communes, la pression exercée par les notables sur le pouvoir central va diminuer petit à petit.
Quant à la rupture politique, les principaux leaders sont sonnés de cette nouvelle manière de faire de la politiques que l'administration Sambi se veut le chantre. Hier, ils se croyaient intouchables, mais aujourd'hui, ils sont très vulnérables comme tous les comoriens. Ainsi, ils vont joué sans cesse les troublions dans le paysage politique, pour empêcher l'appareil judiciaire de fonctionner normalement.

Sur les nouvelles mesures que le gouvernement doit prendre, je m'associe pleinement à l'idée du président Sambi de faire appel à des magistrats expatriés pour remettre l'appareil judiciaire comorien en marche. Mais là encore, je suis persuadé que toute la classe politique va torpiller ce projet dans l'œuf. Ils sont conscients que ces magistrats expatriés ne comprendront pas la corruption à la comorienne( le moinhatrou) et c'est pourquoi, ils lanceront une campagne de dénigrement pour tuer toutes les bonnes initiatives le moment venu. Des l' arrivée de ces magistrats expatriés dans le pays, l'organisation d'un séminaire semble nécessaire ; sur le thème d'une justice équitable pour tous et la corruption est le cancer de tous.
De même que pour dépolluer appareil judiciaire,  L'état doit également accorder à nos magistrats des stages perfectionnement de un à trois mois dans des pays amis. Ainsi pour réaliser les ambitions en matière d'éducation , économiques… chaque comorien doit s'approprie l'esprit de justice et  non lui
laisser le choix d'avoir recours aux méthodes traditionnelles pour que justice lui soit rendue.