FRONT DEMOCRATIQUE

 

                              

Mayotte : Non au marchandage.

 

 

On en a parlé, on en parle, on en parlera : l'affaire de l'île comorienne de Mayotte revient sur le tapis. Au mauvais moment ! Où l'on croyait que le sort de Mayotte était scellé par la Constitution et où des conflits de compétences, plutôt malsains qu'inutiles surgissent dans les autres îles. Au point de se demander si de cette guéguerre de conflits à l'abandon de Maore, ce ne sont pas les mêmes forces qui y travaillent ?

 

De quoi s'agit-il ? Des déclarations du Ministre des Relations extérieures au cours de la conférence de presse du 26 octobre dernier, que le journal "Le Matin" rapporte en ces termes "Notre diplomatie à l'égard de Mayotte est de faciliter son intégration dans la région…Il faut la (Maore ndlr) sortir de son isolement. Nous voulons donner à Maore les moyens de son développement et l'accompagner vers son rayonnement à l'égal de La Réunion.". Des propos insoutenables et inadmissibles de la part du responsable de la diplomatie comorienne. Peut être que la langue lui a fourchu ? Et si c'était le cas ne vaudrait-il mieux s'en assurer auprès de la personne intéressée ? C'est ce que nous avons fait; malheureusement le ministre Elamine Souef, qui a la bougeotte, avait déjà pris son envol au lendemain même de sa fameuse conférence de presse. Alors nous sommes allés frapper à la porte de Beit-Salam, convaincus que le Chef de l'Etat est le véritable inspirateur de la diplomatie, ceci afin de lui faire part de l'attention que nous portons à l'île comorienne de Mayotte; chemin faisant nous informer sur ce qu'il y a derrière cette fameuse "volonté de redéfinition de la politique étrangère" et au delà de cette interpellation lui signifier notre indignation devant de tels propos. Un geste citoyen quoi ! Mais le maître des lieux n'a pas daigné nous recevoir, se jugeant peut être au-dessus de la loi, hors d'atteinte des interpellations des citoyens.

 

Or le sujet est grave puisqu'il s'agit du choix d'une politique portant atteinte à l'unité et à l'intégrité de notre territoire. En effet qu'y-a-t-il derrière ces choix politiques qui combinent le retrait de la question de Mayotte du débat annuel de l'Assemblée Générale des Nations Unies et l'intégration de Mayotte dans la région au même titre que La Réunion ? N'est ce pas l'expression d'un marchandage inavouable parce que scandaleux, guidé par des intérêts à courtes vues du type : je te cède sur Mayotte et tu me soutiens dans l'affaire des conflits de compétences ? N'est ce pas ce qui ressort de cette tentative de récupération, accompagnée de l'éviction de L'U.A. (Union Africaine) du dossier de la crise comorienne par le truchement de l'O.I.F. (Organisation Internationale de la Francophonie) pour le règlement de ces conflits de compétences ?

 

Face à cette aventure qu'est le largage de Mayotte, nous en appelons à la conscience nationale pour réagir. Mayotte c'est l'affaire de l'Union et de tous : partis politiques, syndicats, citoyens de tous bords, en somme tous ceux qui se sentent concernés par l'intérêt supérieur de la Nation.

 

Refusons le sacrifice de Mayotte pour les intérêts mesquins de ceux qui gouvernent.

 

Réagissons, car seule l'action peut faire bouger les choses : amener la France à ouvrir des négociations pour régler la crise de Mayotte et le Gouvernement de l'Union à respecter l'aspiration de nos quatre îles à voir la question de Mayotte se régler un jour.

 

 

Moroni le 07/11/02

 

Le Bureau Exécutif du Front Démocratique