Fin de la mission d’évaluation du FMI : Le pays fait des progrès, mais peut encore mieux faire…

 

Moroni, jeudi 27 juillet 2006 (HZK-Presse)La dernière mission d’évaluation du Fonds monétaire international (Fmi) vient de quitter Moroni sur une note de satisfaction, même si des efforts restent encore à faire en matière d’amélioration des recettes publiques et de maîtrise des dépenses, déclare le chef de la délégation, Christian Mumssen, lors d’un bref point de presse donné juste avant de prendre l’avion, au terme d’un séjour de deux semaines.

 

Pour le Fmi, les Comores ne peuvent accéder à un programme formel qu’après avoir entièrement rempli les conditions requises, qui se résument pour l’essentiel à l’instauration d’un climat propice à la transparence et à la bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques.

 

Il a été observé pour le premier semestre 2006 une contre-performance du cadre macro-économique, marquée par une détérioration d’un certain nombre d’indicateurs, ce qui réduit les perspectives vers un programme formel, explique Christian Mumssen. Le contexte électoral de la présidentielle d’avril mai dernier y aurait même contribué.

 

Il ressort de cette deuxième évaluation de l’année, qui est la première depuis l’arrivée au pouvoir du président Ahmed Abdallah Sambi, que le programme de surveillance en cours sera prolongé jusqu’à la fin de l’année 2006, et qu’il n’est pas exclu de parvenir à une Facilité de réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC), en fonction des progrès qui seront enregistrés d’ici à la prochaine évaluation prévue dans trois mois.

 

La mission du Fmi recommande même aux autorités comoriennes « d’agir très vite », en renforçant les mesures déjà prises, par d’autres initiatives susceptibles d’améliorer sensiblement le niveau des recettes, surtout au niveau des douanes où il faudra réduire les exonérations de droits et taxes.

 

Concernant l’Office d’importation et de commercialisation du riz (Onicor), le Fmi suggère le retour à la procédure d’appel d’offres international qui n’était plus utilisée depuis 1999, et ce dès la prochaine cargaison dont la commande est prévue pour octobre. 

 

Quant au contrat de la société de surveillance des activités douanières, la Cotecna [qui n’a pas été reconduit à son expiration], le Fmi s’abstient de toute recommandation. Toutefois l’évaluation externe devra s’opérer de manière indépendante sur l’ensemble des activités des ports aussi bien à Moroni qu’à Mutsamudu [ce dernier continue encore à échapper au contrôle des administrations centrales de l’Union]. L’objectif étant de créer un climat de confiance et de transparence à tous les niveaux de responsabilité des îles autonomes jusqu’à l’Union.

 

Christian Mumssen, chef du département Afrique, qui reconnaît que « le nouveau gouvernement a hérité d’une situation très difficile » insiste beaucoup sur la nécessité d’instaurer un climat de coopération permanente entre les différentes entités pour plus de transparence et pour réduire le poids des arriérés de salaires qui s’accumulent. C’est même un défi à long terme que le pays doit relever pour assainir le secteur financier et envisager une réduction du niveau très élevé de sa dette extérieure estimée à ce jour à plus de 120 milliards fc. 

 

Au nombre des problèmes passés en revue au cours des deux semaines d’évaluation, on retiendra celui du manque de transparence dans l’exécution du budget de l’Etat, notamment en raison du non respect de l’orthodoxie budgétaire.

 

C’est le cas en particulier des recettes à partager qui ne seraient pas versées en totalité au compte spécial du trésor, ouvert à la Banque centrale pour être redistribuées aux comptes des diverses entités, suivant les quotes-parts fixées par la loi de finances.       

 

Au sujet des prix à la consommation, la mission a observé une maîtrise de l’inflation. Les prix doivent toutefois refléter l’évolution des marchés internationaux, estime Christian Mumssen.  

 

Répondant à une question sur les engagements financiers des partenaires des Comores, pris à la conférence de Maurice de décembre 2005, et qui tardent à se concrétiser, le chef de la mission du Fmi se veut plus rassurant en affirmant que la plupart des promesses seraient même révisées à la hausse, en termes de contributions au programme d’investissement public pour la période 2006-2009. Les annonces faites se chiffraient à 200 millions de dollars.

 

HZK-Presse publiera un dossier économique spécial sur les résultats de l’évaluation du Fmi et les perspectives du deuxième semestre de l’année 2006.

 

El-Had Said Omar

260706/eso/hzkpresse/10h30



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