Respecter la volonté du peuple

 

Les Comoriens viennent de clore le processus de mise en place des institutions de la nouvelle configuration de l'Etat comorien. Ils ont choisi une majorité sans équivoque. Depuis son indépendance, l'archipel, amputé de l'île de Maore a connu successivement, l'Etat unitaire, révolutionnaire et laïque d'Ali Soilihi, la République fédérale et islamique d'Ahmed Abdallah qui n'avait de fédéral que le nom et s'apprête à expérimenter l'Union des Comores, une forme d'Etat qui se situe entre la fédération et la confédération.

 

Le séparatisme qui a secoué notre pays depuis 1997 a débouché sur un type d'institutions qui a pris le contre-pied de l'organisation étatique qu'a connu notre pays depuis 1975. L'Etat central est dépouillé de la gestion quotidienne des affaires, il ne conserve que les missions régaliennes. Les îles se sont arrogés l'essentiel des prérogatives jadis exercées par le gouvernement central.

 

Bon ou mauvais, c'était le prix à payer pour la réconciliation.

 

Les Comoriens ont voté pour ce type d'organisation étatique, nous sommes tenus de respecter la volonté du peuple. Elle est la seule qui fonde la démocratie. Vous aurez beau avoir les meilleures institutions du monde, si vous n'avez pas la volonté de les respecter, elles ne serviront à rien. La Plupart des constitutions dont se sont dotées les Etats africains sont très démocratiques, ce n'est pas pour autant qu'elles garantissent les libertés et le bien être des populations!

 

Commençons par mettre en application les constitutions voulues par les Comoriens et après on en tirera les leçons. Certes, leur mise en application ne sera pas simple, mais avec de la bonne volonté, les différents dirigeants issus du suffrage universel direct surmonteront les difficultés inhérentes à ce type d'institutions. Pourvu qu'ils changent de comportement. Qu'ils aient la volonté de servir l'intérêt général au lieu de penser d'abord à se servir. La prise en charge par les îles de leur destin n'est pas forcement mauvaise, à condition que les politiques mises en place soient convergentes. Et ça sera le rôle et la mission de l'Union de coordonner et d'harmoniser les différentes actions de développement.

 

Au travail! Nous avons suffisamment perdu de temps. Il n'y a plus de place pour les palabres et tergiversations inutiles. Le peuple a tranché.

 

SOA – source La Gazette des Comores