Boudouri à la tête d’Al-Watwan : Le nouveau défi du journal gouvernemental

 

Moroni, mercredi 26 juillet 2006 (HZK-Presse)Depuis mardi le journal Al-Watwan a un nouveau patron, en la personne de Mohamed Boudouri, qui fait partie de la première génération de journalistes formés sur place [ils sont une dizaine à avoir fait la section « journalisme » de l’Ecole nationale d’enseignement supérieur, l’ancienne Enac, à Mvouni, créée au début des années 1980].

 

La cérémonie de passation de service entre l’ancien directeur général, Mohamed Abdou Soimadou et son successeur, s’est déroulée au siège du journal en présence de l’ensemble du personnel et de quelques personnalités et confrères.

 

Dans leurs déclarations respectives, l’ancien et le nouveau patron du canard gouvernemental sont tombés d’accord sur la situation difficile que connaît la maison, notamment sur le plan financier et organisationnel.

 

« Une situation héritée de tous les régimes successifs de 1985 à ce jour », affirme Soimadou, et qui était à l’origine de la non parution le mois dernier de l’hebdomadaire, suite à l’incapacité de l’établissement à honorer ses dettes envers l’imprimeur.

 

Al-Watwan bénéficie d’une subvention publique budgétisée mais rarement débloquée, ce qui oblige la direction de l’établissement à puiser dans ses maigres ressources propres, générées, bon an mal an par les ventes et les espaces publicitaires.

 

Mais plus symptomatique du malaise de la presse comorienne en général, et du sort de cet organe gouvernemental, qui a soufflé l’année dernière ses vingt bougies, en particulier, c’est son incapacité à assumer son autonomie et à s’autofinancer.

 

« La survie du journal dépend encore aujourd’hui, dans une large mesure de la généreuse contribution de quelques pays amis, dont la Chine, la Libye et la France », reconnaît Mohamed Abdou Soimadou, avant de passer le relais au 12ème directeur général d’Al-Watwan en 21 ans d’existence. Une forte mobilité du personnel dirigeant qui reflète sans doute l’instabilité politique des Comores, soit en moyenne un directeur tous les deux ans.

 

Mohamed Boudouri, 46 ans, s’est donné l’ambition de relever « le défi d’une presse certes gouvernementale, mais qui ouvrira ses colonnes à toutes les sensibilités sociopolitiques du pays », promet-il.          

 

Selon une source proche du journal, le coût de revient d’un exemplaire est de plus de 500 fc alors qu’il est vendu en kiosque à seulement 300 fc. Soit un manque à gagner de 200 fc, ce qui suppose que sans la contribution extérieure (matériel informatique, papier et fongibles) apportée par certains pays amis, Al-Watwan aurait déjà mis la clé sous le paillasson depuis belle lurette. L’Etat se contente de verser juste le salaire des quelques 30 employés de l’établissement, soit l’équivalent de 2,5 millions fc par mois.  

 

El-Had Said Omar

260706/eso/hzkpresse/18h30



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