Lettre ouverte à la justice comorienne
Messieurs,
Vu votre silence
complice, je me trouve dans l'obligation de m'adresser à vous en prenant le
public à témoin. Je ne vous demande pas une quelconque clémence. Non, loin de
là. Je fais beaucoup plus appel à vos responsabilités de magistrats, de garants
du Droit et des Libertés, ainsi qu'à votre sens du devoir. Je reste convaincu
que vous n'ignorez pas que je suis dans mon droit. En effet, lors de mon procès
du 14 juin 2001, la présidente Mme Tassemine s'est basée sur la loi du 18 avril
1939 pour prononcer son « verdict », ignorant superbement l'ordonnance
n°58-917 du 7 octobre 1958 modifiant la loi du 18 avril 1939.
Cette ordonnance stipule
en son article 1er alinéa 4, je cite : « Les dispositions du Décret-loi du
18 avril 1939, fixant le régime des matériels de guerre, armes et munitions
sont applicables aux départements de la Guadeloupe, de la Guyane, de la
Martinique, Réunion, ainsi que Saint-Pierre-et-Miquelon ». Ce qui implique
que la loi du 18 avril 1939 n'était pas applicable aux Comores à l'époque
coloniale. Encore moins maintenant que les Comores sont indépendantes. Cette
loi du 18 avril 1939 n'est même pas applicable actuellement à Mayotte.
A cela je me permettrai
d'ajouter que le code pénal comorien, ne réprime pas la détention d'armes, sauf
dans les attroupements et les réunions. Ce qui est loin d'être mon cas
(Articles 301 et 93 du code pénal comorien). Je me permets également de vous
rappeler l'article 111-3 du nouveau code pénal, je cite : « Nul ne peut
être puni pour un crime ou un délit dont les éléments ne sont pas définis par
la loi ». Conclusion : la présidente Mme Tassemine n'a pas rendu un
verdict mais bien une sentence.
Aussi, j'estime que vous
avez une part de responsabilité dans cet acte d'injustice. Dans cette affaire,
la présidente Mme Tassemine n'a été rien d'autre que le bras droit exécuteur
des sales besognes. Que Dieu le Tout puissant puisse avoir un peu de pitié pour
vous, car je ne puis tenir pour raisonnable que vous puissiez à ce point rester
prisonniers de vos instincts d'une facture peu honorables et de vos peurs.
Moroni, le 30 juin 2001
CHEIKH
ALI BAKARI
Maison
d'arrêt, Moroni