Déclaration de la Délégation Comorienne

A la Troisième Conférence Des Nations Unies

Sur les Pays les Moins Avancés

 

Par Monsieur Sultan CHOUZOUR, Conseiller Privé du Chef de l’Etat

Chef de la Délégation.

Madame le Président,

Honorables délégués

Mesdames, Messieurs.

 

Depuis bientôt quatre ans, les Comores sont confrontées à une grave crise séparatiste qui menace leur unité et leur intégrité. Cette crise a également aggravé considérablement la situation économique et sociale de la population dont la précarité a atteint un seuil critique. Dans ce contexte, toute stratégie de lutte contre la pauvreté passe nécessairement par le règlement de cette crise. C’est pourquoi, avec le concours de la Communauté Internationale, les Autorités Comoriennes déploient des efforts considérables dans la recherche d’une solution négociée de cette crise qui n’a que trop duré.

 

Ainsi, grâce aux efforts accomplis, des progrès significatifs et encourageants ont été obtenus se traduisant, notamment, par la signature de deux actes fondamentaux :

*   La Déclaration Commune de Fomboni signée le 26 Août 2000 par le Gouvernement et le Mouvement séparatiste de l’île d’Anjouan,

*   L’Accord Cadre pour la Réconciliation aux Comores signé le 17 Février 2001 par le Gouvernement, les Partis Politiques, et la Société Civile, sous l’égide de la Communauté Internationale.

 Cet accord a institué un certain nombre d’instances avec des missions spécifiques :

1-     Le Comité de Suivi composé des parties signataires et des représentants de la Communauté Internationale sous la coordination de l’OUA avec pour mission de «contrôler, superviser, coordonner et prendre toutes les mesures jugées nécessaires pour assurer la mise en œuvre effective de toutes les dispositions de l’Accord Cadre». Les travaux de ce comité ont démarré le 16 Mars 2001 et continuent non sans difficultés… Néanmoins, des progrès significatifs ont été enregistré et un large consensus a permis de définir les conditions de mise en place des autres instances prévues par l’Accord.

2-      La Commission Tripartite, « principal organe représentant le Gouvernement, l’Autorité d’Anjouan, les Forces politiques et la Société civile des Iles ». Elle a deux missions essentielles :

*   L’élaboration d’un projet de Loi Fondamentale à soumettre à l’avis de la population par voie référendaire.

*   Le ramassage des armes encore aux mains des milices dont il est prévu la réinsertion sociale.

La première réunion de cette commission qui aura lieu le 20 mai prochain fixera notamment les modalités de mise en place de la Commission Nationale Electorale Indépendante.

3-     La Commission Nationale Electorale Indépendante, dont les membres sont désignés par la Commission Tripartite. Elle a pour mission, notamment, «d’organiser, conduire et  superviser le référendum constitutionnel et tous les autres scrutins ».

 

Selon le calendrier prévu dans cet Accord, en décembre 2001, le pays devrait disposer de toutes les institutions électives prévues par la nouvelle constitution, mettant ainsi un terme à quatre années de crise politique et constitutionnelle.

 

Dans cette phase du processus qui demeure difficile et complexe, plus que jamais, le soutien de la communauté internationale est requis. A cet effet, nous lançons un appel solennel à toute la Communauté internationale - et principalement à ceux qui sont engagés avec nous dans ce processus, à savoir l’OUA, l’Agence Internationale de la Francophonie, l’Union Européenne, la Ligue des Etats Arabes, la France, sans oublier les pays de la Région, notamment Madagascar, l’Afrique du Sud et Maurice -, pour qu’Elle  soutienne et appuie le bon déroulement du processus dans les délais prévus par l’Accord Cadre.

 

Néanmoins, comme il est clairement établi que le succès de ce processus repose également sur la prise en compte des problèmes sociaux et économiques les plus urgents auxquels le pays est confronté, les Autorités préconisent l’organisation urgente d’une «Conférence des Amis des Comores», idéalement au mois de juillet prochain, pour la recherche de fonds destinés à financer un Programme d’urgence de Réconciliation et de Reconstruction Nationale défini par le Gouvernement. Cette démarche bénéficie du soutien actif de certains de nos partenaires, dont la Banque Mondiale qui exprime ainsi sa bonne appréciation des progrès accomplis par le Gouvernement en matière de bonne gouvernance, notamment dans le domaine de la gestion  rigoureuse des finances publiques.

 

Dans cet ordre d’idée, l’Accord Cadre de Réconciliation propose  également l’organisation d’une conférence des bailleurs de fonds pour financer le Programme National de lutte contre la Pauvreté dans le Nouvel Ensemble Comorien.

 

J’ai bon espoir que cet appel sera entendu pour permettre aux Comores de sauvegarder leur unité, de revenir à la normalité constitutionnelle, conditions indispensables pour gagner l’autre bataille qui revêt ici un caractère d’urgence : la bataille contre la pauvreté.

 

Merci, Madame le Président.

 

Bruxelles, Vendredi le 18 Mai 2001