Avant-projet de constitution

 

 

Le peuple comorien, convaincu du bien fondé de l’Accord cadre pour la réconciliation aux Comores du 17 février 2001,

 

Affirme solennellement :

 

- sa volonté de puiser dans l’Islam, l’inspiration permanente des principes et règles qui régissent l’Union,

 

- de garantir la poursuite d’un destin commun entre les Comoriens,

 

- de se doter de nouvelles institutions fondées sur l’Etat de droit, la démocratie, et respectueuses de la bonne gouvernance et garantissant un partage du pouvoir entre l’Union et les Iles qui la composent, afin de permettre à celles-ci de concrétiser leurs aspirations légitimes, d’administrer, gérer librement et sans entrave leurs propres affaires et de promouvoir leur développement socio-économiques,

 

- de marquer son attachement aux principes et droits fondamentaux tels qu’ils sont définis par la Charte des Nations Unies, celle de l’Organisation de l’Unité Africaine, le Pacte de la Ligue des Etats Arabes, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et des Peuples, ainsi que les conventions internationales notamment celles relatives aux droits de l’enfant et de la femme.

 

Proclame :

 

- la solidarité entre l’Union et les îles et entre les îles elles-mêmes,

 

- l’égalité de droit entre les îles.

 

- l’égalité de tous en droits et en devoirs sans distinction de sexe, d’origine, de race, de religion ou de croyance,

 

- l’égalité de tous devant la justice et le droit de tout justiciable à la défense,

 

- la liberté et la sécurité de chaque individu sous la seule condition qu’il n’accomplisse aucun acte de nature à nuire à autrui,

 

- le droit à l’information plurielle,

 

- les libertés d’expression, de réunion, d’association et la liberté syndicale dans le respect de la morale et de l’ordre public,

 

- la liberté d’entreprise, ainsi que la sécurité des capitaux et des investissements,

 

- l’inviolabilité du domicile dans les conditions prescrites par la loi,

 

- l’inviolabilité de la propriété sauf nécessité publique constatée conformément à la loi et sous condition d’une juste et préalable indemnisation,

 

- le droit à la santé et à l’éducation pour tous,

 

- le droit de l’enfant et de la jeunesse à être protégés par les pouvoirs publics contre toute forme d’abandon, d’exploitation et de violence,

 

- le droit à un environnement sain et le devoir de tous à sauvegarder cet environnement.

 

Ce préambule fait partie intégrante de la Constitution.

 

 

 

 

Titre I

De l’Union des Etats des Comores

Ou De l’Union des Comores

 

 

 

Art.1 – L’Union des Etats des Comores / L’Union des Comores est une République, composée des îles / Etats de Mwali, Ndzuani, N’gazidja et Maoré.

 

L’emblème nationale est [Rouge, jaune, bleu, blanc, 4 étoiles, un croissant vert]

 

L’hymne national est :

[Udzima / Uvwamoja /Umodja] Wa Massiwa

 

La devise de l’Union est : Unité – Solidarité – Développement.

 

Les langues officielles sont le Shikomor, langue nationale, le français et l’arabe.

 

 

Art.2 – Une loi organique détermine le siège des institutions de l’Union.

 

Art.3 – La souveraineté appartient au peuple qui l’exerce, dans chaque île et dans l’ensemble de l’Union, par ses représentants élus ou par voie du référendum. Aucun groupement ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.

Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n’est valable sans le consentement des populations intéressées.

 

Art.4 – Dans les conditions déterminées par la loi, le suffrage est universel, égal et secret. Il peut être direct ou indirect.

Sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les Comoriens des deux sexes jouissant de leurs droits civils et politiques.

 

Art.5 – La nationalité comorienne s’acquiert, se conserve et se perd conformément à la loi. Aucun Comorien de naissance ne peut être privé de sa nationalité.

 

Art.6 – Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage, ainsi qu’à la formation civique et politique du peuple. Ils se forment et exercent librement leur activité, conformément à la loi de l’Union. Ils doivent respecter l’unité nationale, la souveraineté et l’intangibilité des frontières des Comores, telles qu’internationalement reconnues, ainsi que les principes de la démocratie.

 

 

 

 

Titre II

Des compétences respectives de l’Union et des Iles.

 

 

Art.7 – Dans le respect de l’unité de l’Union et de l’intangibilité de ses frontières telles qu’internationalement reconnues, chaque île / Etat administre et gère librement ses propres affaires.

Chaque île / Etat établit librement sa loi fondamentale dans le respect de la constitution de l’Union.

Les Comoriens ont les mêmes droits, les mêmes libertés et les mêmes obligations dans n’importe quelle partie de l’Union. Aucune autorité ne pourra adopter des mesures qui directement ou indirectement, entraveraient la liberté de circulation et d’établissement des personnes, ainsi que la libre circulation des biens sur tout le territoire de l’Union.

Les Iles / Etats comprennent un Exécutif et une assemblée élus ainsi que des collectivités territoriales dotées d’un organe délibérant et d’un organe exécutif élus.

 

Art.8 – Le droit de l’Union prime le droit des îles / Etats ;  il est exécutoire sur l’ensemble du territoire des Comores.

 

Art.9 – Relèvent de la compétence exclusive de l’Union les matières suivantes : Religion, nationalité, Monnaie, Relations Extérieures, Défense extérieure, Symboles nationaux.

Dans les matières de la compétence partagée de l’Union et des Iles, les Iles ont le pouvoir d’agir aussi longtemps et pour autant que l’Union ne fasse pas usage de son droit d’agir. L’Union n’intervient que si elle peut le faire plus efficacement que les Iles parce que : a) le règlement d’une question par une île pourrait affecter les intérêts des autres îles ; b) une question ne peut pas être réglée par une île isolément ; c) la sauvegarde de l’unité juridique, économique et sociale de l’Union l’exige. En ce cas, les Iles / Etats disposent, selon les matières, du pouvoir de prendre les mesures nécessaires à l’exécution des principes fondamentaux et des règles définies par l’Union ou à la réalisation des objectifs arrêtés par l’Union.

Une loi organique détermine, en tant que de besoin, les matières relevant de la compétence partagée de l’Union ou de compétences partagée des Iles/ Etats et les modalités de son exercice.

Relèvent de la compétence exclusive des Iles : Etats les matières ne relevant pas de la compétence exclusive de l’Union ou de la compétence partagée des Iles / Etats et de l’Union.

 

Art.10 – Les traités de paix, les traités de commerce, les traités ou accords relatifs à l’organisation internationale, ceux qui engagent les finances de l’Union, ceux qui modifient les dispositions de nature législative, ceux qui sont relatifs à l’état des personnes, ceux qui comportent cession, échange ou adjonction de territoire, ne peuvent être ratifiés ou approuvés qu’en vertu d’une loi. Ils ne prennent effet qu’après avoir été ratifiés ou approuvés.

Si la Cour Constitutionnelle, saisie par le Président de l’Union, par les Vice-Présidents, par le Président de l’Assemblée de l’Union ou par les Chefs des Exécutifs insulaires, a déclaré qu’un engagement international comporte une clause contraire à la Constitution, l’autorisation de la ratifier ou de l’approuver ne peut intervenir qu’après la révision de la Constitution.

Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont dès leur publication une autorité supérieure à celle des lois de l’Union et des îles, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l’autre partie.

 

Art.11 – Les Iles / Etats jouissent de l’autonomie financière. Elles / Ils élaborent et gèrent librement leur budget selon les principes applicables en matière de gestion des finances publiques.

Une loi organique fixe la quote-part des recettes publiques devant respectivement revenir à l’Union et aux Etats / Iles. Cette répartition est effectuée dans le cadre de la loi de finances annuelle de l’Union.

Dans les conditions prévues par la loi organique, les Iles / Etats peuvent créer au profit de leur budget des impôts et taxes non prévues par la loi de l’Union.

 

 

 

 

Titre III

Des organes de l’Union

 

 

1- Du Pouvoir Exécutif

 

 

Art.12 – Le Président de l’Union est le symbole de l’Unité nationale. Il est le garant de l’intangibilité des frontières telles qu’internationalement reconnues ainsi que de la souveraineté de l’Union. Il est l’arbitre et le modérateur du fonctionnement régulier de ses institutions. Il assure la plus haute représentation de l’Union dans les relations internationales. Il est le garant du respect des traités et accords internationaux.

Le Président de l’Union est le Chef du gouvernement. A ce titre, il détermine et conduit la politique de l’Union. Il dispose de l’administration de l’Union ; il  exerce le pouvoir réglementaire. Il nomme aux emplois civils et militaires de l’Union.

Le Président de l’Union est le responsable de la défense extérieure.

Le Président de l’Union détermine et conduit la politique étrangère. Il nomme et accrédite les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires auprès des puissances étrangères ; les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires étrangers sont accrédités auprès de lui. Il négocie et ratifie les traités.

Les actes du Président de l’Union sont contresignés par les deux Vice-présidents, faute de quoi ces actes sont nuls et sans effet.

Le Président de l’Union a le droit de faire grâce ; ce droit s’exerce sans contreseing.

 

Art.13 – Il est institué un Conseil présidentiel de l’Union composé du Président de l’Union et de Vice-Présidents, originaires de chacune des Iles / Etat. Le mandat des membres de ce Conseil est de quatre ans. La Présidence est tournante ; elle est assurée pour la durée du mandat par le membre originaire de l’île à qui échoit la fonction pendant que les membres issus des autres îles assurent les fonctions de Vice-Président.

Le Président de l’Union et les Vice-Présidents qui font équipe avec lui sont élus par l’Assemblée de l’Union à la majorité absolue de ses membres.

Avant d’entrer en fonction, le Président de l’Union et les Vice-Présidents prêtent serment devant la Cour Constitutionnelle selon la formule suivante et en langue comorienne.

 

[Texte en shikomore]

 

Les conditions d’éligibilité et les modalités d’application du présent article sont fixées par une loi organique.

 

Art.14 – En cas de vacances de la Présidence de l’Union pour quelque cause que ce soit ou d’empêchement définitif constaté par la Cour Constitutionnelle saisie par les deux Vice-Présidents, il est procédé à l’élection du nouveau Président de l’Union dans un délai maximum d’un mois à compter de la constatation de la vacance ou de l’empêchement définitif par la Cour Constitutionnelle. Les fonctions de Président de l’Union sont provisoirement exercées par le doyen d’âge des Vice-Présidents. En cas de vacances ou d’empêchement définitif d’un Vice-Président, il est procédé à son remplacement dans les conditions prévues par la loi fondamentale de l’Ile / Etat.

En cas d’absence ou d’empêchement temporaire, le Président de l’Union est suppléé par le doyen d’âge des Vice-Présidents.

 

Art.15 – Les fonctions de Président de l’Union et de Vice-Président sont incompatibles avec l’exercice de tout autre mandat électif, de toute autre fonction politique, de tout emploi public, de toute activité professionnelle publique ou privée ou de toute fonction dans un organe dirigeant d’un parti ou  groupement politique. Néanmoins, le Président et les Vice-résidents de l’Union peuvent être chargés d’un département ministériel.

 

Art.16 – Le Président de l’Union, assisté des deux Vice-Présidents, nomme les Ministres [Variante : Commissaires ] de l’Union et met fin à leurs fonctions. L’exécutif de l’Union est composé de manière à assurer une représentation juste et équitable des Iles / Etats.

Les fonctions de Ministres [Variante : Commissaire] sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat électif, de toute fonction de représentation professionnelle et de tout emploi public ou de toute activité professionnelle.

 

Art.17 – Le Président de l’Union doit promulguer les lois de l’Union dans les quinze jours qui suivent la transmission au Gouvernement de la loi définitivement adoptée ;  il peut, avant l’expiration de ce délai, demander à l’Assemblée de l’Union, qui se prononce à la majorité absolue, une nouvelle délibération de la loi ou de certains de ses articles. Cette nouvelle délibération ne peut être refusée.

 

Art.18 – Le Président de l’Union établit un rapport annuel sur l’état  de l’Union a l’intention de l’Assemblée de l’Union, de la Cour Constitutionnelle ainsi que des Assemblées et des Exécutifs des Iles / Etats.

 

 

 

2- Du pouvoir Législatif.

 

Art.19 – L’Assemblée de l’Union est l’organe législatif de l’Union. Elle vote les lois et adopte le budget.

Elle adopte les lois strictement nécessaires pour garantir la sécurité juridique des activités au sein de l’Union.

L’Assemblée de l’Union est composée de trente députés élus pour un mandat de cinq ans.

 

Art.20 – L’Assemblée de l’Union est composée pour moitié de représentants désignés par les Assemblées des Iles / Etats, à raison de cinq députés par Ile / Etat et pour moitié de représentants élus au suffrage universel direct dans le cadre d’un scrutin majoritaire uninominal à deux tours. La loi électorale précise les modalités du mode de scrutin ainsi que les circonscriptions électorales dont le nombre ne peut être inférieur à deux par Ile /  Etat. Chaque liste doit comporter un nombre égal de candidats originaires de chacune des Iles : Etats. 

Le président de l’Assemblée de l’Union est élu pour la durée de la législature. Une loi organique détermine les conditions et les modalités de l’élection des députés de l’Assemblée de l’Union et de son Président, le régime des inéligibilités et des incompatibilités, ainsi que les indemnités des députés.

Elle précise les conditions dans lesquelles sont élues les personnes appelées à assurer, en cas de vacance du siège, le remplacement des députés jusqu’au renouvellement général ou partiel de l’Assemblée de l’Union.

L’Assemblée de l’Union adopte, à la majorité des deux tiers de ses membres, son règlement intérieur. Avant la mise en application de celui-ci, la Cour Constitutionnelle se prononce sur sa conformité à la Constitution.

 

Art.21 – Aucun membre de l’Assemblée de l’Union ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions. Aucun membre de l’Assemblée de l’Union ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivi ou arrêté en matière criminelle ou correctionnelle qu’avec l’autorisation de l’Assemblée, sauf le cas de flagrant délit. Aucun membre de l’Assemblée de l’Union ne peut, hors session, être arrêté qu’avec l’autorisation du bureau de l’Assemblée, sauf le cas de flagrant délit, de poursuites autorisées ou de condamnation définitive. La détention ou la poursuite d’un membre de l’Assemblée de l’Union est suspendue si l’Assemblée le requiert.

 

Art.22 – Tout mandat impératif est nul. Le droit de vote des membres de l’Assemblée de l’Union est personnel. La loi de l’Union peut autoriser exceptionnellement la délégation de vote à un autre député. Dans ce cas, nul ne peut recevoir délégation de plus d’un mandat.

 

Art.23 – L’Assemblée de l’Union se réunit de plein droit en deux sessions ordinaires par an, dont la durée totale ne peut excéder quatre mois. Le calendrier des sessions est fixé selon les modalités déterminées par le règlement intérieur de l’Assemblée de l’Union.

L’Assemblée de l’Union est réunie en session extraordinaire, à la demande du Président de l’Union ou de la majorité absolue des députés, sur un ordre du jour déterminé. La session extraordinaire ne peut excéder quinze jours à compter de sa réunion.

 

Art.24 – Les séances de l’Assemblée de l’Union sont en principe publiques, sauf les cas prévus par le règlement intérieur de l’Assemblée. Les Ministres / Commissaires ont accès à l’Assemblée de l’Union. Ils sont entendus quand ils le demandent..

 

Art.25 – L’initiative des lois appartient concurremment au Président de l’Union et aux députés. Les projets de loi sont délibérés en Conseil Présidentiel et déposés sur le bureau de l’Assemblée de l’Union.

Les députés et l’Exécutif ont le droit d’amendement.

Les propositions de loi et amendements des membres de l’Assemblée de l’Union ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour conséquence, soit une diminution des ressources publiques de l’Union, soit la création ou l’aggravation d’une charge publique de l’Union.

Les projets et propositions de loi sont, à la demande de l’exécutif ou de l’Assemblée de l’Union, envoyés pour examen à des commissions créées par le règlement intérieur de l’Assemblée de l’Union ou spécialement établies à cet effet.

 

Art.26 – Les lois auxquelles la Constitution confère le caractère de lois organiques sont votées et modifiées dans les conditions suivantes. Le projet ou la proposition de loi n’est soumis à la délibération et au vote de l’Assemblée de l’Union qu’à l’expiration d’un délai de quinze jours après son dépôt. Les lois organiques sont adoptées à la majorité des deux-tiers des membres composant l’Assemblée de l’Union. Elles sont promulguées après déclaration par la Cour Constitutionnelle de leur conformité à la Constitution.

 

Art.27 – L’Assemblée de l’Union vote les projets de loi de finances dans les conditions prévues par une loi organique. Si l’Assemblée de l’Union ne s’est pas prononcée dans un délai de soixante jours, les dispositions du projet peuvent être mises en vigueur par ordonnance.

La Cour Suprême assiste l’Assemblée de l’Union et l’Exécutif dans le contrôle de l’exécution des lois de finances.

 

 

 

3. Du Pouvoir judiciaire

 

 

Art.28 – Le Pouvoir Judiciaire est indépendant du Pouvoir Législatif et du Pouvoir Exécutif. Les juges ne sont soumis, dans l’exercice de leurs fonctions, qu’à l’autorité de la loi. Les magistrats du siège sont inamovibles. Le Président de l’Union est garant de l’indépendance de la Justice. Il est assisté par le Conseil Supérieur de la Magistrature.

Une loi organique porte organisation de la justice dans l’Union et les Iles  / Etats. Elle porte statut des magistrats et détermine la composition et le fonctionnement du Conseil Supérieur de la Magistrature.

 

Art.29 – La Cour Suprême est la plus haute juridiction de l’Union en matière judiciaire, administrative et des comptes de l’Union et des Iles /Etats. Les décisions de la Cour Suprême ne sont susceptibles d’aucun recours et s’imposent au Pouvoir Exécutif, au Pouvoir Législatif ainsi qu’à toutes les juridictions du territoire de l’Union.

Une loi organique fixe la composition ainsi que les règles de fonctionnement de la Cour Suprême.

 

 

Titre IV

La Cour Constitutionnelle

 

 

Art.30 – La Cour Constitutionnelle est le juge de la constitutionnalité des lois de l’Union et des Iles / Etats. Elle veille à la régularité des opérations électorales tant dans les Iles / Etats qu’au niveau de l’Union, y compris en matière de référendum ;  elle est juge du contentieux électoral. Elle garantit enfin les droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques.

La Cour Constitutionnelle est garante de la répartition des compétences entre l’Union et les Iles / Etats et entre les Iles / Etats. Elle est chargée de statuer sur les conflits de compétence entre deux ou plusieurs institutions de l’Union, entre l’Union et les Iles / Etats et entre les Iles / Etats elles-mêmes / eux-mêmes.

Tout citoyen peut saisir la Cour Constitutionnelle sur la constitutionalité invoquée dans une affaire qui le concerne devant une juridiction de l’Union ou des Iles / Etats. Celles-ci doit surseoir jusqu’à la décision de la Cour Constitutionnelle qui doit intervenir dans un délai de trente jours.

 

Art.31 – Le Président de l’Union, les Vice-Présidents de l’Union, le Président de l’Assemblée de l’Union ainsi que les Présidents des Exécutifs des Iles / Etats nomment chacun un membre de la Cour Constitutionnelle.

 

Art.32 – Les membres de la Cour Constitutionnelle doivent être de grande moralité et probité ainsi que d’une grande compétence reconnue dans le domaine du droit. Ils doivent justifier d’une expérience professionnelle minimale de quinze ans comme magistrats, professeurs, avocats, praticiens du droit ou hauts fonctionnaires. Ils sont nommés pour un mandat de six ans renouvelables une fois.

Le Président de la Cour Constitutionnelle est désigné par ses pairs pour un mandat d’une durée de six ans non renouvelable.

Les membres de la Cour Constitutionnelle sont inamovibles. Sauf cas de flagrant délit, ils ne peuvent être poursuivis et arrêtés sans l’autorisation de la Haute Juridiction.

Les fonctions de membre de la Cour Constitutionnelle sont incompatibles avec la qualité de membre des institutions de l’Union ou des Iles /Etats, ainsi qu’avec tout emploi public ou activité professionnelle.

 

Art.33 – Une loi organique détermine les règles d’organisation et de fonctionnement de la Cour Constitutionnelle, la procédure suivie devant elle et notamment les conditions, modalités et délais de saisine ainsi que le statut, les immunités et le régime disciplinaires de ses membres.

 

Art.34 – Une disposition déclarée inconstitutionnelle est nulle et ne peut être mise en application. Les décisions de la Cour Constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent à toute autorité ainsi qu’aux juridictions sur tout le territoire de l’Union.

 

 

 

Titre V

De la révision de la Constitution

 

 

Art.35 – L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de l’Union et aux membres de l’Assemblée de l’Union. Pour être adopté, le projet ou la proposition de révision doit être approuvé par les deux tiers du nombre total des membres de l’Assemblée de l’Union ainsi que de par les deux tiers du nombre total des membres des Assemblées des Iles / Etats.

Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté atteinte à l’unité du territoire et à l’intangibilité des frontières internationalement reconnues de l’Union. La forme d’organisation de l’Union, telle qu’elle est prévue par la présente Constitution, ne peut faire l’objet d’une révision

 

 

 

 

Titre VI

Dispositions transitoires.

 

 

 

Art.36 – Les institutions de l’Union prévues par la présente Constitution seront mises en place conformément aux dispositions de l’accord cadre pour la réconciliation aux Comores ( Fomboni, 17 février 2001).

 

Art.37 – Les institutions de Maoré seront mises en place dans un délai n’excédant pas six mois à compter du jour où prendra fin la situation qui empêche cette île de rejoindre effectivement l’Union des Iles / Etats des Comores.

La présente Constitution sera révisée afin de tirer les conséquences institutionnelles du retour de Maoré au sein de l’Union es Iles des Comores.

 

 

Fait à Moroni, le 3 août 2001

 

Signés

 

ABODO Nourddine

ALLAOUI Nadjahe

ABDALLAH Kamaroudine

RIZIKI Djabir

MOHAMED Bakri

MOHAMED ABDOULOIHABI