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nfin! enfin! Ils se découvrent!...." Dans les révolutions,
disait Bonaparte, il y a deux sortes de gens : ceux qui la font, et ceux qui en
profitent". Il aurait pu ajouter: "ceux qui la font y laissent leur
peau et ceux qui en profitent se terrent". Ils se terrent parce que ce
sont des hommes de "bob sens" comme dirait HASSAN JAFFAR.
Ils savent que pour vivre heureux, il faut vivre cachés. Ils se terrent donc
pendant la révolution, et après elle, plus encore.
La
révolution ufwakuzi n'a pas échappé à la règle. Celui
qui voulait la faire, probablement le seul qui y crut un jour, est mort, les
autres ont brusquement disparu de la circulation: les militaires ont jeté les
armes.
Ils
furent les premiers à trahir. Ils ne se sont pas battus une seconde. Ils ont
fui devant les mercenaires, ils ont fait honte au drapeau. Les politiques,
ministres ou autres, ont bien vite tourné casaque. Nous les retrouvons dans
tous les régimes successifs qui, tous, à commencer bien sûr, par celui
d'Abdallah, ont stigmatisé les crimes du ufwakuzi.
Ils se sont assagis, ils ont sauvé les meubles. Enfin, les journalistes, ceux
qui avaient la tâche infâme d'encenser le MONGOZI jusque et y compris dans ses
excès les plus fous, et qui après se sont planqués pour ne pas avoir à rendre
des comptes.
Enfin!
Enfin! Ils commencent à remonter en surface! Au moins ce livre aura servi à
cela! Le peuple comorien a le droit de savoir! Il a le droit de juger ceux qui
l'ont mis à genoux par les fusils ou les slogans.
Alors,
puisque c'est toi, mon cher Hassan, qui comparais le
premier, dis nous tout d'abord, pourquoi tu m'as caché que tu étais soilihiste! Pourquoi ce livre, quand je te l'ai donné à
lire, bien avant tout le monde, tu l'as accueilli à bras ouverts, tu as cherché
toi-même l'éditeur, (en me déconseillant tous les autres, d'ailleurs!), tu m'as
tenu informé de l'évolution des démarches de l'éditeur, alors que j'étais
aux Comores.
Pourquoi
à ce moment-là tu ne l'avais pas trouvé abominable? Le moment n'était pas venu
de jeter le masque? Ou peut-être te disais-tu que Chamanga n'aurait pas le courage de braver les foudres des soilihistes? Ou était-ce comme le sous-entend Zaid avec finesse par amitié pour les finances de
l'éditeur? Non? Tu te ménageais plutôt cette petite sortie aujourd'hui
pour épater la galerie, ta galerie ?
Alors! La
chèvre et le chou?
Je ne
sais pas s'ils sont épatés. Après tout, pourquoi pas, l'homme est si crédule!
Mais moi, je vais te dire ce qui m'épate, c'est que tu aies pu garder ce double
masque si longtemps! Depuis 1978! Tu te rends compte? 35 ans! Entre deux airs,
entre deux chaises, entre la vie et la mort! Sous quelle perfusion, bon Dieu!
Et moi qui avais fini par croire que tu t'étais sincèrement repenti! Dans un
sens, je comprends! Tu as passé 3 ans, entre 1975 et 1978 à chanter les
louanges d'ALI SOILIH à la radio, puis 35 ans à jouer à cache-cache avec ta
conscience. Il fallait bien que ça explose un jour! Il fallait bien que tu te
soulages un jour! Voilà exactement, mon cher Hassan, "ce que tu étais venu
faire dans cette galère!"
Alors
nous te prêtons le merci que tu ne nous rendras jamais! merci!
Voilà qui est fait!
Je
disais tout au début : "enfin! Enfin! Il se découvre!" J'aurais voulu
dire "Enfin! Enfin! Le débat s'ouvre!" Hélas! Il n'en est rien pour
le moment! Car le journaliste qui parle ne nous a pas dit encore pourquoi entre
75 et 78 on n'entendait que des panégyriques à Radio-Comores
et pas d'informations! Pourquoi il ne nous disait rien sur les citernes, les
exactions du KOMANDO MWASI, les razzias dans les villages, pourquoi il
habillait d'or et de rêves les actes les plus infâmes comme la collectivisation
des terres à double vitesse, l'ordonnance scélérate des dépenses somptuaires,
l'autodafé que Hassan nie si fort aujourd'hui! Pourquoi les enquêtes
judiciaires se déroulaient en direct à la radio, le secret de l'instruction
ayant été définitivement piétiné, etc. Nous voulons avoir des informations
précises sur tout cela, et les avoir de première main, puisque nous avons la
chance d'avoir devant nous celui qui a été sous ALI SOILIH le Directeur de la
chaîne internationale à Radio-Comores. Mais M. le
Directeur nous renvoie à ses oeuvres sonores à la radio pour nous y apprendre
quoi? Rien que nous ne sachions déjà? Autre chose que ce que nous avons
entendu? Si c'est pour réécouter les balivernes des comités ou le "sa arba wa ichirin"
de sinistre mémoire! Merci! Ou alors aurait-on "inventé" des
archives? manipulé les quelques rares qui restent pour
qu'elles prêtent aux journalistes la voix qu'ils n'avaient plus, la voix qu'ils
avaient perdue du temps d'Ali Soilih?
Hassan
nous promet de "reparler" de ses "textes et bandes", car
nous dit-il "ces archives existent". Eh Bien mon cher Hassan, c'est à
ce moment-là que le débat s'ouvrira! Car il faut bien reconnaître que pour le
moment tu n’as rien réfuté du tout. Tu t'es contenté de dénégation, sans
l'ombre d'une preuve, tu n'as pas prononcé le premier mot de ta brillante
plaidoirie contre ce "mauvais réquisitoire". Je l'attends. Nous
l'attendons. Quand tu voudras. Où tu voudras. Comme tu voudras.
Tu
m'excuseras, mais tu comprendras quand même qu'il m'est très difficile
d'accepter l'argument selon lequel" La citerne" ne dit rien parce que
"l'Elan Brisé a tout dit. Je te cite: « Difficile après ça,
s'agissant de "ALI SOILIHI OU L'INDEPENDANCE
DANS LA CITERNE" de croire en une initiative courageuse ou de parler de
document scientifique. Tout à l'opposé de "ALI SOILIHI, L'ELAN BRISE ?"
de Youssouf Saïd Soilih et El-Mamoun
Mohamed Soilih, épinglé par Elaniou,
et qui a pourtant connu et continue à connaître d'autres fortunes, au
même titre que d'autres publications de référence qui occupent une place de
choix dans les bibliographies sérieuses. »
Comment
peux-tu écrire sérieusement une déclaration pareille? Quand on sort de la
clandestinité faut-il absolument qu'on fasse rire à ses dépens? Qui ne
voit là le parti pris d'un journaliste soit disant objectif et épris de vérité?
Tu me renvoies à une bibliographie des bons auteurs qui, eux, ont l'heur de te
plaire parce qu'ils ne disent rien ou si peu du vécu des Comoriens pendant les
années sombres. Tu voudrais que je les lise? Tu voudrais que je m'en inspire? Ou que j'écrive comme eux? Non! Mais! c'est
vrai? Aurais-tu l'intention de m'imposer des lectures? Et qu'est-ce qui te dit
que je ne les ai pas lus? Parce que je ne les cite pas? Je n'ai donc pas le
droit d'écrire ce que je veux? Comme je veux? Tu me rappelles cet autre
intervenant dans le site Lematindescomores, un soilihiste en colère, lui aussi, et qui trouvait que ce
n'était "pas un livre"! Qu'est-ce qu'un livre pour un soilihiste? Quelque chose qui lui fait plaisir?
Tu
m'excuseras, mais je ne peux pas comprendre que tu m'invites à aller
"interviewer" le fameux inspecteur AHAMADA.
je te cite: « il serait pour le moins
intéressant de savoir, si par exemple, dans le cadre des investigations
entreprises pour la confection de cet ouvrage, qui se veut être un document
historique, l'auteur a pris la peine, avant de s'en prendre à un certain
inspecteur Ahamada, si détestable soit-il (et
néanmoins toujours en vie et accessible) dans "l'affaire Dodo Tsungu Mme Fatima Abdou" [page 64] de recueillir
sa version et quel en était le traitement. Pour tout solde de tout compte, on a
droit à une histoire abracadabrante qui finit par des prétendus violents sauts
d'humeur du "Mongolien ».
Tu me
demandes de faire des interviews? C'est le monde à l'envers! Qui est le
journaliste? En somme tu me demandes de faire à ta place le travail que tu
aurais dû faire ? Tu voudrais que j'aille avec micro et enregistreur sous le
bras demander à l'inspecteur Ahamada pourquoi il
faisait ses enquêtes sous la torture et comment? Est-ce que tu l'as fait toi,
quand tu étais à Radio-Comores? Tu aurais dû! Et
maintenant, 25 ans après, il faudrait que je le fasse, moi? à
Quel titre? Je ne veux pas faire oeuvre d'historien! Quelqu'un, dans ce forum
l'a bien dit et compris; j'ai simplement donné un témoignage. Il dérange, sans
doute, mais je n'y peux rien. C'est au journaliste de recueillir d'autres
témoignages, de faire des recoupements, et d'expliquer. Maintenant, évidemment,
c'est un peu tard, pour l'information journalistique; mais tu peux essayer de
sauver la mémoire et les mémoires. C'est ce que tu nous as promis, je crois?
Très bien, nous attendrons! Il n'est jamais trop tard pour bien faire!
C'est
très curieux! J'ai l'impression que c'est ce qui tu me reproches, d'être
témoin, et témoin gênant! Si le débat se réduisait à des "archives", ( le terrain sur lequel tu voudrais nous amener ) ce serait
plus confortable pour vous, car les archives ne pleurent pas, elles n'ont pas
de blessures, elles disent 5, 10, 100 morts ou blessés, mais cela parle si peu
à l'imagination Les chiffres situent et ne rendent rien. La douleur d'un homme
qui meurt, oublié, abandonné dans une citerne, ou bien celle de la veuve qui
pleurera cet homme ou bien celle de l'orphelin voilà une douleur qui cogne et
l'imagination et la sensibilité de chacun. C'est pour cela que le témoignage est
irremplaçable.
Tu le
sais si bien d'ailleurs, que tu as tenté de jeter le discrédit sur ce
témoignage en déclarant que je n'ai pas vécu la moitié des événements que je
raconte. Je te cite : « En se mettant
lui-même en scène (alors que paradoxalement, la majeure partie des faits
relatés a eu lieu en son absence aux COMORES), en usant et en abusant du
"je" dans cet ouvrage, que d'aucuns à tort, qualifient de fidèle et
d'objectif, l'auteur prend incontestablement le risque de se faire passer pour
un donneur de leçon,.
En
d'autres termes tu m'accuses de faux témoignage au motif que je n'ai pas pu
vivre directement les événements que je raconte. Je croyais t'avoir tout dit
sur mon départ de Moroni! Et tu m'accuses de mauvaise foi? Qui dans cette
affaire est de mauvaise foi? Tu sais, et tu sais très bien que je n'ai pris le
chemin de l'exil qu'en août 1977 ( j'ai encore le
"titre de voyage" que m'a délivré la Préfecture de Mayotte après
avoir "annulé"! Mon passeport je le tiens à ta disposition! ) C'est
en mai 78 que votre régime a chuté! Cela veut dire que j'ai au contraire vécu
la majeure partie des événements.
De tous
ceux que je relate, je crois que le massacre d'Iconi,
est le seul que je n'ai pas vécu aux Comores. Tous les autres malheurs m'ont
frappé de plein fouet, alors que notre jeunesse, Hassan, s'en allait, en
lambeaux dans les citernes, les comités, les émissions de Radio-Comores..
Il se
trouve par exemple, que la manif des Moroniennes, je
l'ai vue, de mes yeux vue. On m'a dit que dès le lendemain, il y a eu la contre-manif que tu décris dans ton texte comme ayant été
préparée par des "soilihistes
inconditionnels". Celle-là, je ne l'ai pas vue, c'est vrai, c'est bien
pour cela que je n'en parle pas. Mais c'est à toi de nous en parler, non pas
avec ton témoignage, il n'est plus de saison! mais
avec ceux que tu auras recueillis, micro et nagra
sous le bras.
Ce sont
bien les archives que nous attendons de toi, pour démontrer que la
"Citerne" ne "tient pas la route" comme tu dis avec tant
d'aplomb! Les papiers que les chercheurs ont écrits sur tel ou tel aspect de la
politique ufwakuzi pour dire qu'elle est bonne ou
mauvaise? Oui! pourquoi pas après tout ! Il faut bien
se faire une idée! Il n'y a pas eu de journalistes pour couvrir les événements!
Il n'y a eu que des flagorneurs! Alors pourquoi pas? Mais franchement ! Ces
belles théories que voulez-vous qu'elles fassent à MTSUNGA ? (
c'est le nom de mon client infirme qui est mort de faim, d'oubli, de
révolution sous votre régime. ) J'en ai parlé dans la "Citerne".
Mais
peut-être n'a-t-il pas eu l'honneur d'être cité dans les 66 premières pages,
celles que tu as lues!.....Alors tu ne "connais pas"!!! C'est très
grave pour un journaliste de ne pas vouloir lire ce qui lui déplait! Surtout
quand il a autant d'autorité que toi! Tu as en effet pour toi la formation,
l'âge, l'expérience! Un peu d'honnêteté et de courage ( me
permettras-tu de te rendre le compliment ? ) ne te feraient pas de mal.
Tant de
mauvaise foi, de diatribes, de calomnies et de tissus de mensonges instruits
délibérément à charges, sans aucune preuve, à part celle, sujette à caution,
susceptibles de nourrir cette récurrente campagne de haine et de
désinformation, m'ont fait lâcher prise à mi-lecture, à la 66ème page. Et ce,
d'autant plus, que le reste de l'ouvrage lu en diagonal, était du même tonneau,
sinon pire !
Quand
nous commencerons le débat, c'est-à-dire quand tu auras publié tes abjections,
il faudra bien qu'on en discute. Je crois que cela peut prendre des jours, des
heures, des pages, plus de 66 peut-être, alors vas-tu lire en
"diagonale" tout le reste?
Je
crois bien qu'à ce moment-là, tout le monde sera obligé de boire le calice
jusqu'à la lie. Bonsoir!
ELANIOU